LE SECRET DES TEMPLIERS

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Si le titre vous allèche, j’ai le regret de vous dire que je n’ai pas l’intention de vous parler de trésor accumulé par ces moines soldats que furent les pauvres chevaliers du Christ, ni du graal, ni de la pierre philosophale de ces adeptes de l’Art Royal, mais d’un projet que le fondateur des Templiers, saint Bernard de Clairvaux, avait concocté sur le plan social et qui, de nos jour, prend un certain relief. Que dis-je c’est plus, beaucoup plus  qu’un relief, c’est un Himalaya tellement ce qu’avait concocté ce mystique exceptionnel colle, au-delà du temps, avec notre actualité.

Voyons ce que fut le rôle des templiers, et surtout qui était Bernard de Claivaux, sur l’échiquier européen et cela pour ne point s’étonner si le fantôme de cette milice rode inlassablement dans notre inconscient comme s’ils cherchaient à parachever son œuvre ignominieusement sacrifiée.

Bernard était un religieux mais surtout un mystique. Son état mystique avait exalté ses capacités de telles sortes qu’il était aussi un politique, un économiste, et les questions sociales ne le laissait pas indifférent.

Il lutta contre ce qu’il appelait le rationalisme de l’école d’Abélard et l’orthodoxie mécaniste de la scolastique comme l’illustre la somme théologique de saint Thomas d’Aquin où tout procède par déduction logique. Pour illustrer cette opposition il suffit de dire que pour Abélard la théologie était un discours sur Dieu alors que pour saint Bernard elle était un non-discours sur Dieu.

Il fut un conseillé écouté des seigneurs et des rois de l’époque. D’une activité prodigieuse, on le voit un jour à Vézelay prêchant la seconde croisade, quelques mois après en Allemagne, à Spire ou l’empereur Conrad III fut tellement séduit par l’homme qu’il se croisa aussitôt. Il lutte contre le roi de France Louis le Gros, prenant partie pour l’évêque de Paris et l’archevêque de Sens. Par ailleurs Il permet l’élection du pape Innocent II contre son rival Anaclet…

Grand bâtisseur, on compte que de son vivant, il fonda en Europe 72 abbaye ou commanderies.

Bernard fut un meneur d’homme. Son magnétisme faisait s’évanouir ses contradicteurs les plus acharnés et soulevait ses adeptes. Il fut doté de dons exceptionnels. Il guérit un enfant aveugle (Fromageot, Tonnerre et son comté, p.32). On lui prête bien d’autres guérisons.

C’était aussi un voyant. Il pressentit ce qu’allait être le sort de l’Europe, et c’est, me semble-t-il, ce qui explique ce que l’on a désigné du nom du SECRET DES TEMPLIERS.

Durant les années 70 certains l’on comprit mais ont suivi le chemin d’une reconquête par la puissance en négligeant la transformation de la pensée. L’échec était inévitable.

Que voulut Bernard de Clairvaux ?

Il voulut « donner une âme à l’Europe ».

Mais c’était un chrétien particulier puisqu’il était partisan du christianisme primitif, il souffrait de voir les Lombard et les juifs pratiquer l’usure, alors que le christianisme l’interdisait. C’est pourquoi, pressentant avec une intuition transcendante dès cette époque, les troubles sociaux que la recherche effrénée du profit ne saurait manquer d’engendrer, il décida et obtient des chevaliers du Temple que leur Ordre observe trois vœux : pauvreté, chasteté, obéissance. En conséquence, les Chevaliers, en entrant dans l’Ordre, faisaient don de leur richesse.

L’Ordre du Temple, de ce fait, devint très riche. Ils utilisèrent cet argent, et l’or obtenu par transmutation, pour construire des routes dans toute l’Europe, des commanderies, des abbayes, des ateliers, etc., permettant ainsi la libre circulation des hommes des idées, des marchandises, par la création de lettres de change, celle des monnaies, et ce, avec un maximum de sécurité en ces époques difficiles et troubles.

Le procédé d’obtention d’or par les procédés alchimique ou autre leur fut enseigné au sein des maisons de la sagesse d’Afrique du Nord. Le fond documentaire de ces université étaient le même que celui de la Bibliothèque d’Alexandrie crée en 332 avant J-C.

Pourquoi ce changement d’appellation de « Pauvre Chevalier du Christ » à celui de « Chevalier du Temple » ?

On dit, bien souvent,  que lors du débarquement d’Hugues de Payns et de ses huit compagnons en Terre sainte, ils furent logés dans une maison jouxtant le temple de Jérusalem.

Cette explication me semble en cacher une autre plus significative. Si Bernard de Clairvaux leur conserva cette dénomination c’est parce que ses idées très larges, sa chrétienté, lui faisait concevoir  des idées plus vastes, plus universelles, concernant l’esprit du christianisme primitif et que la notion de Temple (il y eut des temples Grecs, romain, Egyptiens, mazdéens) lui faisait adopter une notion, beaucoup plus élevée spirituellement que celle d’église.

Peut-on comprendre la particularité de saint Bernard ?

Quand une énergie se transforme en une autre il y a toujours une perte. Cette loi porte le nom d’Entropie. Les conséquences de cette loi sont nombreuses et apparemment irréversibles ; elles postulent la fin de la terre dans le froid absolu… Mais ce n’est pas pour demain !

Cependant une exception subsiste : celle présentée par les êtres vivants et particulièrement l’être humain. Dépense-t-il de l’énergie ? Elle est immédiatement remplacée ou récupérée par l’ensemble des systèmes énergétiques biologiques, c’est la néguentropie. Evidemment le vieillissement est là pour nous dire que la néguentropie n’est pas victorieuse. Mais la néguentropie peut être victorieuse quant elle élabore un nouvel être au sein d’une mère soumise à l’entropie.

Cette néguentropie joue chez tous les êtres vivants. Mais l’homme possède une forme de néguentropie qui est particulière qui mérite le nom de « surnéguentropie ». Quand il est éveillé, tel Bernard de Clairvaux, il peut accéder à une néguentropie universelle à l’origine de la vie et de ce que l’on appelle pouvoirs paranormaux, ce qui lui permet de « réparer » ce qui est considéré comme irréparable sur le plan biologique ou autre. Parmi ces phénomènes étonnants, Bernard de Clairvaux en posait un capital, c’est celui d’influencer par le truchement de la parole.

Certains possèdent ce don d’une manière naturelle sans passer par l’éveil mystique. C’est le cas de « meneurs d’homme », des « grands tribuns ».  Par leur volonté transmise par la parole et l’énergie en elle incluse, ils ont été la cause de nombreux bouleversements sociaux.

Qu’en est-il de saint Bernard ? Il était doué de pouvoirs. Son action psychologique était telle que (je pense à ses prêches de Vézelay et à ceux de Spire ou des foules se ralliaient à lui) elles fascinaient, soulevait et mettait presque en état second les foules qui l’écoutait.

Dans un but qui se manifeste au-delà de son temps, et donc pour les temps futurs, Bernard demandait aux Templiers d’observer les trois vœux que j’ai signalés précédemment.

Le premier est le vœu de pauvreté.

Bernard semble avoir prévu huit siècles en avance les troubles sociaux qu’apporteraient à l’Europe, sinon au monde, l’appétit sans limite et sans barrière morale du profit.

Le prêt à intérêt était interdit par le christianisme primitif. Celui-ci n’avait pu prévoir la venu du profit illimité, conséquence de la révolution industrielle telle qu’elle se présente de nos jours. Une intuition transcendante le lui a-t-elle fait prévoir et lui a-t-elle  fait prendre la décision de demander à ses disciples, les Templiers, le vœu de pauvreté ?

Il va de soi qu’il ne lui était pas possible de demander que la totalité des biens possédés par les Templiers soit délégués à l’Ordre. Il semble  bien que ce vœux de pauvreté soit fonction du cas individuel (marié, enfants, etc.).

Mais dans sa conception de « l’âme de l’Europe », il répudiait la notion de profit sans limite, incontrôlé, et il supprimait cet appétit de lucre par son « vœu de pauvreté ».

Le deuxième vœu était celui de chasteté.

Que l’on ne se méprenne pas. La chasteté n’est pas la continence sexuelle. Il ne demandait pas à tout les Templiers de se faire énuque.

Certains Templiers pouvaient être mariés ou le désirer. Ce que voulait saint Bernard c’est la primauté de « l’Agapé » sur « l’Eros », ou l’amour sacralisé, « divin » et inconditionnel pour le conjoint… Et non l’inverse comme trop de civilisations décadentes en ont donné l’exemple… Et la notre semble en prendre le chemin.

Le troisième vœu était celui d’obéissance.

Nulle société ne peut vivre lorsque les règles sociales sont systématiquement bafouées. Le respect d’un certain nombre de principes sociaux et que l’on peut définir par le terme d’obéissance est indispensable à la vie en société.

 

Les trois principes majeurs formulés par Bernard de Clairvaux ne sont pas des principes religieux ou spirituels ; ce sont des principes sociaux et moraux, immuable pour la survie de toute société.

Il voilait avec ces trois principes, constituer « l’âme de l’Europe ». Son rêve s’est évanoui cent cinquante ans après sa mort. Aussi de nos jours l’Europe ne saurait affirmer sa vrai grandeur tant qu’elle n’a pas trouvée son âme, cette âme que lui avait préparé Bernard de Clairvaux et sans laquelle elle ne saurait survivre.

Avec toute mon amitié.

BALANÇOIRE ENTRE FRANC MAC’ ET BIGOTS…

21692695Je dis souvent que la Franc Maçonnerie est un centre initiatique « qui pourrait » être extraordinaire si les franc Maçons n’étaient pas ce qu’ils sont. 

Je signale d’emblée que je ne suis pas le juge suprême et encore moins le nombril du monde. Je ne fais que constater selon ce que j’ai ressenti, compris ou cru comprendre, comme je le dis si souvent. Disons tout de même que je ne suis ni un émule de Léo Taxil (cet anti maçon d’opérette qui séduisit le pape au XIXe siècle) ni un « bouffe curé ». Cette dernière catégorie d’anticléricaux pullule bien souvent dans les centres initiatiques, signe indubitable qu’ils ont du chemin à faire. Il en est de même pour les antimaçonniques enragés dont l’orgueilleuse Eglise fait partie.

Traîner de pareilles casseroles ôte toute espérance d’évolution. Une rétrospective correctrice ne se réalisera jamais car les concepts biaisés sont tellement ancrés qu’ils rendent impossible tout retour en arrière malgré les meilleures volontés. La parole sacrée du maître et la facilité béate du confessionnal se retrouve partout car la routine en a bien huilé les gongs… Nous retrouvons le même cas de figure dans l’Eglise catholique romaine et apostolique dont le pontife souverain règne sur le Vatican et une multitude d’âmes crédules laissée sciemment dans l’ignorance du sens réel des fondements de leur religion.

Ce peuple ingénu et de bonne foi, fervent du catéchisme des homélies et des encycliques, est donc abusée autant par les Églises que par les centres initiatiques. Et cela d’une manière telle que j’en ai des frissons dans le dos.

Écoutez les curés orateurs, ils sont le reflet des maçons discoureur. Tout deux enseignent la vérité et ne peuvent que se « bouffer le nez ».

L’Église mystique, l’Église institutionnelle ne sait plus ce qu’elle est, tout comme la maçonnerie a oublié les fondements de la spiritualité. Ces deux institutions ont le même ennemi commun que je résumerais en un seul mot : LES MOTS.

Ce que l’on nomme « baratin » est un ennemie terrible car sa dimension spéculative associé à la langue de bois en fait l’outil de conquête du pouvoir des plus nuls mais de plus dégourdis, futée et brillant orateurs et rhétoriciens, qui tiennent de ce fait le haut du pavé et distillent des discours harmonieusement pernicieux pour « éduquer » leurs fidèles. Ainsi s’élaborent des lignées spéculatives fausses que certains psychologues baptisent fort justement « filiation menteuse ».

Je ne vais pas m’attarder sur des détails, aussi irais-je directement à ce qui me parait essentiel. Quoique ce qui précède mérite attention…

Autant dans la maçonnerie que dans l’Église n’existe de formation structurée et efficace à la spiritualité et à la mystique autrement que par des mots. On parle abondement avec des phrases profondes (ce qui est bien) mais rien n’est fait pour apprendre à appliquer INDIVIDUELLEMENT dans la vie courante ce genre de conseils. C’était pourtant le programme des anciennes « écoles de mystère », que ce soit celles d’Égypte ou de Delphes et Eleusis ou encore de Samothrace ! Et plus tard les Templiers firent de même sous l’impulsion de ce grand saint qui fut Bernard de Clervaux.

Comme si, à cet interface avec l’absolu, l‘homme était capable de trouver son chemin seul. Les solipsistes marquent le triomphe de leur petit « moi ». Quel orgueil cet individualisme forcené au nom de la liberté… que même la psychanalyse ne partage pas !

Que nous le voulions ou non, nous avons besoin d’être suivi non pas par un maître ou un gourou mais par un formateur, un ami, un guide qui nous aide pour nous laisser ensuite voler de nos propres ailes pour aller ou bon nous semble.

Réfléchissons un instant à ce qui faisait dire à Newton : « Je suis sur des épaules de géants »…

La mystique comme la spiritualité repose essentiellement sur la non-pensée, non pensée difficile à apprendre, à moins de considérer que quelque secondes de silence intérieur, ou une petite ronflette, suffisent pour se croire au septième ciel. Et, grand dieu ces gens là pullulent et sont entretenus dans leurs croyances par leur miroir aux alouettes cérébral ou des gourous cousin de l’oncle pik-sous !

Autant chez les francs maçons que chez les catholiques, c’est l’ignorance totale et entretenue du sens réel de la mystique dont le seul nom contient le terme « muet ». Cette dimension nécessaire du silence intérieur dans lequel ils pataugent, et racontent des balivernes (dont la meilleure est la phrase qui émaille les vieux missels : « Mettez-vous en présence de Dieu ». Si vous savez comment faire je suis preneur !) Eh bien les neurosciences le leur conseillent. Elles mettent en évidence que le « cerveau mystique » qui est muet, est localisé « grosso modo » dans l’encéphale cérébral droit.  

Combien parlent du cerveau droit sans savoir ce qu’il est, c’est devenu un gargarisme comme le mot alchimie que les « branchés », de l’arrière boutique des universités, recrachent doctoralement de leur cervelle spongieuse.

Oui, le cerveau mystique existe bien chez l’homme. Il est pourvu d’une puissance extraordinaire. Hélas il a un défaut impardonnable : il permet d’accéder à la liberté. Et cela aucune société de l’accepte car elle distille sa propre vérité, son propre sens de la liberté qui est une cage bien aménagée.

Mais on n’écoute pas la science car en ce domaine de la spiritualité on n’a de leçons à ne recevoir de personne.

Les théologiens l’ignorent et les scientifiques ne l’aiment pas. Les uns parce que l’intuition permet de saisir le monde de l’absolu les autres parce que ce cerveau n’est pas raisonnable dans le sens terre à terre du terme. Vous vous imaginez son pouvoir de sauter directement aux conclusions sans passer par un raisonnement logique ? Cela rendait furieux et désespérait le grand Gaston Bachelard devant ce prodige d’intuition qu’est la « Table de classification des éléments » qui ne repose sur aucune logique mais qui structurent notre monde matériel… à méditer dirait Zarathoustra !

Alors je ne me fais pas d’illusion, cet article est un coup de bâton dans l’eau qui s’attirera des critiques aigris de la part des malheureux détenteurs de la vérité qui ne veulent pas être secoués dans leur quiétude béate.

Le bandeau sur les yeux c’est cela et c’est une utopie de croire qu’il soit tombé. C’est une phase du rituel Maçonnique qui est pourtant claire. Mais bon comme je ne suis pas Franc Maçon, je ne suis pas « passé sous le bandeau » et de ce fait je ne vais pas interférer avec les définitions officialisées par l’aréopage pontifiant au couvre chef ouvragé.

Je lis avec beaucoup d’intérêt les romans écrits par des francs maçons car ils traduisent le milieu sociétal dans lequel ils baignent.

Je me suis intéressé à l’œuvre d’Eric Giacometti & Jaques Ravenne (maître maçon). L’ouvrage qui m’est tombé sous la main, si je puis dire, est le septième Templier. (Edition Fleuve noir. Pocket, Univers Poche. N°15166. 2011).

Si j’étais gêné par la structure du récit, écrit à deux mains, filant dans trois directions différentes (trop découpé à mon goût dans le balancement temporel, de 1307 à nos jours, ou l’on sent que chacun des auteurs s’est attribué un côté du balancier). Je me sentais mal à l’aise par l’inévitable manque de fluidité lié à des ruptures temporelle parfois agaçantes. Mais laissons cela puisque l‘essentiel n’est pas là.

Dès la page 12 j’ai été surpris par le passage suivant ou un Templier exprime son attachement à la théologie intellectuelle de Thomas d’Aquin:

« – Ne vous moquez pas. Seigneur ! Ici les pierres ont des oreilles et les arbres des yeux. Ils rapportent tout au Malin.

Malgré le froid qui figeait son visage, Foulque faillit éclater de rire. Depuis qu’il était entré au service de l’ordre du Temple, il avait entendu des milliers de fois de telles histoires ou la superstition l’emportait toujours sur la raison. Lui qui avait suivi à Paris les cours fameux de Thomas d’Aquin dont l’Eglise, disait-on, allait faire un saint. A cette époque, il n’était qu’un adolescent, mais il avait appris que l’exercice de l’intelligence se devait d’être la mesure de toutes choses, visible et invisible… »

La dernière phrase est des plus significatives. Elle traduit l’incompréhension de la mystique templière et aussi de celle qui fut à l’origine de la franc Maçonnerie.

Non, en mystique et en toute spiritualité digne de ce nom l’exercice de l’intelligence ne tient pas le haut du pavé. Elle est (peut-être, et c’est vraiment incertain.) la mesure des choses visibles mais pas du tout de celles des choses invisibles.

C’est sur le viol de cette évidence que reposent les « filiations menteuses » affirmatives de leurs concepts ou le psychisme spéculateur est roi. Elles cherchent à glorifier l’intelligence qui mesure tout mais qui a aliéné le sens de la liberté. Les « intelligents » par leurs discours tendancieux et brillamment démonstratifs entretiennent les mirages de la relativité du monde afin de nous en rendre dupe. Les tribuns politiques vont dans le même sens. Les seuls épargnés sont les artistes même si un certain art, dit moderne, est parfois le reflet délétère des discoureurs.

Ainsi sont dupes, depuis des siècles, les femmes et les hommes qui bâtissent notre société et plus particulièrement les fidèles chrétiens et les « loges bleues » des Francs Mac’.

De cela les Templier n’étaient pas dupe. Leur fondateur Bernard de Clairvaux leur avait tracé le chemin de la théologie mystique en s’insurgeant, tout comme François d’Assise, contre les spéculateurs ceux qui inféodaient la mystique à un catéchisme, à la réflexion intellectuelle. Si la théologie se présente actuellement comme un discours sur Dieu pour Bernard elle était un non-discours sur Dieu.

Ce grand saint a lutté toute sa vie pour préserver ce non discours et l’a inculqué à ses fils spirituels que furent les Templiers.

Sa lutte contre Pierre Abélard en est la preuve. Ce théologien intellectualisa la théologie, ce qui rendit furieux Bernard qui le fit condamner, avec l’appui de Guillaume de St Thierry, par deux conciles. Rien n’y fit, le poison fit son effet, et l’intellectualisme gagna la partie et finit par gangrener l’Eglise sauf les Templiers.

C’est pourquoi il a toujours existé une Eglise Templière. C’est pourquoi la Grand Maître était secondé par un « grand maître occulte » (qu’il connaissait) lequel présidait à la formation de certains chevaliers sur la plan mystique afin de les amener à quitter la relativité de notre monde pour devenir des « éveillés », des « Libérés » des « tchen gen », selon les orientaux, ou hommes véritables. Ce n’est qu’à partir de cet état qu’un certain Roncelain de Foss les formaient à l’utilisation de la « tête parlante » ou Baphomet » aux voyages astraux et différentes technique pour découvrir l’univers, dont l’alchimie occupait une place centrale par son échange avec la vie universelle.

Que dire de plus à ceux qui résonnent alors qu’il faut crever le tambour ?

Quelle vérité en cette sentence : « Il y en a qui savent tout mais ne comprennent rien »

 

Avec toute mon amitié.

LA TÊTE PARLANTE DES TEMPLIERS

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Dans mon dernier article je signale l’existence d’une tête « parlante », ayant appartenu à un esclave noir antillais. Elle était similaire à celle des Templiers que d’aucun identifient avec le mystérieux Baphomet dont l’alchimiste Fulcanelli traite la dimension symbolique en ses Demeures Philosophales.
Je rapporte, à ce propos, qu’un ecclésiastique : le dominicain Jean-Baptiste Labat, ou père Labat, aurait rapporté, dans son ouvrage monumental Nouveau voyage aux isles de l’Amérique[1] , qu’une tête s’exprimait avec précision sur l’avenir et aussi des phénomènes se déroulant à des milliers de kilomètres à la ronde.
Ce curieux fait se réalisait sous l’injonction d’un esclave noir condamné pour commerce avec le démon (il fallait s’y attendre !) et ne sachant ni lire ni écrire. Les résultats furent inouïs de précisions… de quoi « énerver » nos para psychologues aveuglés par la méthode scientifique ou qui pataugent dans le rêve.
Tous ceux qui analysent le « paranormal » (qui est en réalité normal) le font en bon matérialistes néo cartésiens en s’imaginant que ces phénomènes vont livrer leur secret sous les fourches caudines de la méthode scientifique.
Le concept scientifique est tellement associé à la crédibilité que tout le monde en use et en abuse comme la publicité ou le « scientifiquement prouvé » est devenu vendeur. Tous les « chercheurs » sont plus ou moins matérialistes même s’ils se réclament d’une quelconque spiritualité, bien souvent mal comprise d’ailleurs. Ils étudient les faits, jusqu’aux racines de la physique quantique dont ils ignorent ce qu’elle est. Le mot séduit. Alors cette physique déferle sur la mode et couronne les snobs.
Comment dire un mot à ceux qui s’écoutent parler ? Le cercle de l’univers se réduit à leurs ronds de jambes. Comment leur dire que les choses sont simples sans qu’ils montrent leurs groins rigolards ?
Et oui, la démarche initiatique fondamentale est antiscientifique dans le sens ou l’entendent les néo cartésiens[2]. Elle procède trop à rebrousse poil de nos habitudes de penser pour être crédibilisée par nos barbes académiques.
Ne pas négliger la simplicité en général. Ne pas négliger surtout la simplicité des lois universelles abordées par le versant intuitif et spontané de la pensée holoscopique. Cette pensée capable de trouver une totalité dans un fragment de partie. Tant que l’apprentissage de la non-pensée ne sera pas à l’ordre du jour, la pieuvre de l’ego nous retiendra dans notre petit monde sous-marin…
Moi, je suis humble. Moi, je suis bon. Moi, je suis charitable, regardez mon œil, il est plein d’amour ! Moi, je suis spirituel…
Que de mirages issus de la poche d’encre de la pieuvre moi-moi-moi ! Faut bien rigoler parfois de la misère humaine surtout quand celui qui écrit ces méchantes balivernes n’est pas au-dessous du panier. « Rire est le propre de l’homme » nous dit François Rabelais car ce grand homme n’ignorais pas que le rire rend propre… Je vais vous confier un secret : il ne peut pas exister de mystique triste !

Certains on lu mon précédent article ou saint Vincent Depaul dit avoir vu et entendu une tête parler et était capable de le reproduire. Je n’insiste pas beaucoup sur la similarité des procédés entre les tenants des connaissances africaines et celle transmises à Vincent. Ces lectrices et lecteurs m’ont demandé d’approfondir le sujet, de donner des références si possibles. En fait je vais disserter pour me faire plaisir car il y a trop longtemps que j’ai pu écrire un article en toute tranquillité… Inutile d’insister sur le fait que ces deux têtes tirent leur origine du continent africain. Je ne reviendrais pas sur la bibliothèque d’Alexandrie et leur succursales que furent les maisons de la sagesse des Ismaéliens ou musulmans, juifs et chrétiens étudiaient ensemble…
Je rappelle le passage de la lettre que Vincent écrivait à son protecteur M. Comet :
« j’appris pendant mon esclavage de ce vieillard turc à qui je vous ai écrit que je fus vendu, du nombre desquelles curiosités est le commencement, non la totale perfection du miroir d’Archimède ; un ressort artificiel pour faire partir une tête de mort, de laquelle ce misérable se servait pour séduire le peuple, leur disant que son dieu Mahomet lui faisait entendre ses volontés par cette tête et mille autres belles choses géométriques, que j’appris de lui../.. »
Certes je ne suis pas sorbonnard dans l’âme mais je vais tenter de donner une image plus précise du sujet car si les têtes bavardes se rencontrent aisément, notamment dans le milieu de l’ésotérisme pontifiant et « pompier », les têtes parlantes sont beaucoup plus rares, surtout quand elles sont séparées de leur corps !  Peut-être faudra-t-il un jour accrédité la légende d’or de Jacques de Voragine ou le pieu auteur décrit certains saints qui se baladent, impromptu, la tête sous le bras ?
Ma concierge affirme, à bon escient, que la canonisation fait parfois des dégâts. De mauvaises langues disent que, même non canonisée cette dame a perdu la tête. Je ne partage pas leur point de vue car je sais mon amie, au franc parler, d’une intelligence brillante sous le torchon. Souffrez donc que je ne puisse commenter ces propos boulevardiers si expressifs qui ne manquent pas de lucidité pastorale.
Trêve de badinages. Parfois j’abuse de cet espace de liberté qu’est mon blog. Je me donne une claque, et revenons à nos moutons.
Qui était donc ce Père Labat, ce dominicain, ce chien de Dieu, comme on appelait ces hommes en blanc qui firent griller les Cathares du midi de la France pour soignaient l’âme, en faisant hurler de douleur le corps torturé ? Chiens féroces, la truffe à l’air, flairant toutes les hérésies, même de pacotille, susceptible d’alimenter un bûcher salvateur.
Le barbecue humain était leur spécialité. Et ma concierge à l’esprit pratique me souffla un jour à l’oreille qu’ils auraient du s’associer avec des anthropophages.
Le Père Labat, était à lui seul un monument. Monument d’érudition, d’esprit pratique et inventif et phare intellectuel au sens de l’organisation hors pair. Un être brillant donc qui fut professeur de philosophie et chose beaucoup plus rare à son époque : professeur de mathématique donc, la logique et lui faisaient bon ménage et ne se perdait point dans des approximations qui furent à l’origine du déclin et de la mort de bien des entreprises.
Notre blanc curé débarqua aux Antilles en 1694 ou il va témoigner d’une prodigieuse activité. Partout où il passait il réformait, construisait, perfectionnait. Journellement il prenait de multiples notes. A partir de celle-ci il tracera une vision des Antilles capitale pour son siècle. Ses témoignages sur la flibuste restent une source essentielle d’une grande importance pour les historiens. Sans son témoignage les pirates et flibustier des Caraïbes nous seraient bien moins connus et les enfants n’aurais jamais pu rêver, avec Tintin, sur le trésor de ce polisson mal intentionné aux prises avec le capitaine Haddock : Rackham le rouge.
L’histoire de notre blanc inquisiteur est un merveilleux roman qui fait passer du calme conventuel, des moines carillonneurs, au péril des curés artilleurs. Labat embarque sur les voiliers de la flibuster pour rencontrer les canailles, pour échanger courageusement car ces lascars n’ont que faire d’un inquisiteur. Et oui, Labat fréquente les forbans qui écument la mer des Caraïbes, ceux qui dressent les cartes aux trésors qui tissent nos rêves d’enfant.
Et oui, Labat est un turbulent qui seras chef canonnier en Guadeloupe, qu’il aura fortifiée (la tour dite « Labat » en est un souvenir), et va déguster l’occasion de flanquer une fessée aux Anglais. C’est donc un être haut en couleur, franc buveur[3], mélange d’œnologue, d’ethnologue, d’explorateur, de Vauban, de professeur Tryphon Tounesol et de capitaine Haddock. Il est sabre au clair sur tous les fronts à toutes les occasions !
Il débarqua tout au nord de la Martinique au village de Macumba ou encore actuellement les habitants parlent de lui avec respect et reconnaissance. En ce lieu, non loin de l’église, est une plaque commémorative de son passage où à sa seule lecture on devine l’ouragan qui habitait cet homme.

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Eglise minuscule, trapue, basse sur pate pour résister aux éléments et pourtant pleine de poésie et surtout de surprise.

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L’imposante charpente traduit un véritable langage à la manière des colombages de nos vieilles maisons. Certes, tout cela est récent car les cyclones savent montrer l’impermanence de notre réalité. Mais les Martiniquais sont profondément attaché à leur tradition et ne sauraient trahir ce qui leur fut transmis. Les reconstructions cherchent le plus souvent à restituer ce qui fut détruit par la colère des dieux.

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A la croisée de la nef et du transept est la croix de saint André.
X des croisements, rayons lumineux, creuset…

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La grande surpris dans cette église est le baptistère grossièrement sculpté dans un bloc de pierre ne pouvant être arraché par les fureurs célestes et à peine bousculé par les tremblements de terre.

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Le lourd baptistère et son couvercle de bois qui une fois soulevé réserve à l’hermétiste une surprise.

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Baptistère du père Labat reproduisant le symbole du « sel » alchimique pour exprimer le sel baptismal.
Notre prêtre était donc de son époque fortement influencé par le Songe de Poliphile, ouvrage du moine vénitien Francesco Colonna transpirant l’alchimie à chaque page ou les espaces sont confondus et se révèlent. Un rêve, une réalité, un rêve dans le rêve traduisent des dimensions qui coexistent et communiquent. Les têtes parlantes en expriment une réalité…
Mais dans cette église le baptistère à lui seul montre que le père Labat avait une connaissance précise de l’art sacerdotal ou alchimie. Aussi se fit-il un plaisir de rapporter des anecdotes en rapport avec le fameux Baphomet des Templiers dont il ne pouvait ignorer l’existence.
Hélas, la justice de cette époque, comme actuellement à un autre niveau, méprisait la vie[4] en complète opposition avec cette science du vivant qu’est l’alchimie. Mais l’anecdote, que vous attendez, ne saurait pour cela être passée sous silence. La voici donc rapportée par le père Labat :
« Un nègre, convaincu d’être sorcier et de faire parler une petite figure de terre, fut condamné par la justice, nous dit le père Labat, à être brûlé vif. M. Vandel (directeur de la compagnie du Danemark) s’étant trouvé sur son chemin lorsqu’on le menait au supplice lui dit : « Eh bien, tu ne feras plus parler la petite figure, elle est rompue. » Le nègre lui répondit : « Si vous voulez, monsieur, je ferais parler la canne que vous avez à la main. » Cette proposition étonna tout le monde. M. Vandel pria le juge qui était présent de sursoir pour un moment à l’exécution, pour voir si le nègre viendrait à bout de ce qu’il promettait, et, cela ayant été accordé, il donna sa canne au nègre, qui l’ayant plantée en terre et fait quelque cérémonies autour, demanda à M. Vandel ce qu’il voulait savoir »[5].
Au passage suivant, de cette histoire, le haut commerçant, qui attendait une importante cargaison du Danemark, énumère ses demandes : Le vaisseau était-il parti ? Qui avait embarque ? Quand arrivera-t-il ? Que lui était-il arrivé en cours de route…
Après avoir réfléchi et s’être livré à nouveau à ses « cérémonies », le Noir, poursuit Labat, dit à monsieur Vandel « d’approcher de sa canne » et qu’il entendrait la réponse à ce qu’il voulait savoir. En effet, M. Vandel s’étant approché entendit une petite voix claire et distincte qui lui dit :
« Le vaisseau que tu attends est part d’Elseneur un tel jour, c’est un tel qui le commande, il a tels passagers avec lui, tu seras content de sa cargaison, il a souffert un coup de vent en passant le tropique qui lui a rompu son petit hunier et emporté sa voile d’artimon. Il mouillera ici avant trois jours. »
Le noir ne laissa pas d’être mené au supplice et exécuté, et trois jours après, le vaisseau étant arrivé, « on vérifia à la lettre toute la prédiction ».
Ainsi donc justice était faite. Mais quelle justice ?
S’agissait-il d’une voix démoniaque ou de l’au-delà ?[6] Certainement pas car l’homme véritable, celui que les orientaux appellent « tchen jen » est capable d’entendre les évènements et d’être à l’écoute du monde comme Pythagore écoutait la musique des sphères.
Seul les SIMPLES peuvent y accéder…
Alors quand certains, haut gradés de sociétés d’ésotérisme se disent « initiés »[7] et parlent de spiritualité, j’ai envi de pleurer sur la misère des hommes et sur ce sorcier sacrifié par la bêtise humaine, comme le furent les Templiers.
Moralité de papa gâteau: soyez simples et vous ne perdrez ni la tête… ni le cœur.

Avec toute mon amitié.

 

 [1] Cet ouvrage est le récit, en six volumes, de son séjour aux Antilles, entre 1694 et 1707. Réédité en 1931, 1993, 2005 et 2006.
[2] Bien évidemment il existe des scientifiques qui savent ce que la science veut dir et s’engage sur des sentiers parallèles et fructueux comme ce fut le cas pour Isaac Newton ou Eugène Chevreul.
[3] Le rhum du père Labat, distillé aux iles Maries Galantes, est célèbre pour ses 59° d’alcool.
[4] Il est vrai qu’on ne demande pas à la justice de respecter ni la vie ni les hommes, mais d’appliquer les lois avec toute la rigueur. Donc il ne s’agit pas de justice, car la justice qui n’est pas de ce monde. Notre justice relative demande donc une autre apellation.
[5] Ce passage peut se compulser à la page 123 de l’édition 1931.
[6] Il y a de fortes chances pour que la quasi-totalité de cette cérémonie, devant la canne, n’ai servie à rien si ce n’est à noyer le geste ou la parole essentielle dans des incantations ou palabres inutiles. Nous retrouvons cette attitude chez les alchimistes et les thaumaturges. Secret et dissimulation de la simplicité vont souvent de pair. La complexité occupe les intelligents… qui savent tout et ne comprennent rien.
[7] Sachant combien le terme « initié » fleure la prétention, certaines sociétés ésotériques emploient le terme « initiable». Terme neutre qui n’a aucun sens précis. Jeu de mot et insignifiance qui permet de passer entre la tapisserie et le mur sur lequel elle est collée. C’est le comble de la maigreur disions-nous dans nos blagues enfantines.

LA FAUSSE FIN DES TEMPLIERS

ob_377834_09-univer-sel-03Cette histoire fut publiée en 1970, par mon instructeur l’alchimiste Roger Caro, qui l’exhuma de ses archives pour rédiger un ouvrage intitulé Légenda des Frères Aînés de la Rose Croix. Cependant, au fil de nos dix années d’amitié et de coopération il me confia certains aspect de cette histoire qui ne sont qu’esquissés dans son ouvrage somme toute très général. Je préviens donc les lecteurs habitués à des histoires plus ou moins crédibles sur les Templier que celle qui suit n’est pas issue de mon imagination mais bien d’archives privées qui pour moi ne sauraient être sujet à caution face à leur grand âge et aux diverses traduction nécessaires faites au fil des siècles pour informer correctement les nouveaux alchimistes de leur rang.

Si j’écris cette histoire, qui peut paraître assez banale, c’est pour éveiller l’attention des adeptes eux même sur deux point : l’inanité de rejet de l’alchimie du cinabre par ceux qui pratiquent celle de la stibine ou autre avec leur régulé étoilé ou non. Je m’adresse aussi à ceux qui tendent à dévaloriser la voie du cinabre. Peut-être changerons-t-ils d’avis en découvrant l’origine de l’alchimie de Fulcanelli que laisse supposer cet anneau particulier qu’il portait au doigt à l’occasion de ses conférences.

Enfin je réponds à ceux qui bavardent inutilement sur de forums, qui bien souvent sont des conglomérats de mégères, que l’alchimie en qualité de voie initiatique ne repose pas sur une spiritualité faite de mots, mais d’actions précises et efficaces comme ce fut le cas à l’époque de saint Bernard, avant qu’Abélard ne vienne, au cœur du Moyen âge, intellectualiser la théologie.

 En 1307 quand les Templiers furent arrêtés, certains parvinrent à s’échapper et à se réfugier à la Commanderie Templière de Londres. Cependant le Roi Edouard d’Angleterre avait l’intention de les séquestrer. Ils décidèrent donc de rejoindre d’autres Templiers réfugiés en Écosse, dans l’île de Mull.

Le groupe insulaire le plus ancien était là depuis 1307 et nous étions en 1314. La communauté s’était structuré et avait adopté une nouvelle constitution. C’est à cette occasion, dit la légende, que Pierre AUMONT (ancien grand Maître provincial d’Auvergne) fut élu Grand Maître (le grand Maître fut Roncelin de Fos pour les uns ou Geffroy de Gonneville pour d’autres). A ce moment pris naissance L’IDEE de ce qui deviendra la maçonnerie Écossaise.

Ce concept ne faisait pas l’unanimité des chevaliers car les Grands Maitres (et aussi les Maîtres) étaient d’abord, comme leurs nom l’indique, des enseignants qui possédaient des connaissances en alchimie qui devait être transmises. AUMONT, et ses compagnons, choisirent de pérenniser l’Art Royal essentiellement par des symboles, ce qui provoqua progressivement, au fil des générations, la perte des connaissances alchimiques dans sa dimension initiatique (qui était proche de celle de l’ouverture du Satoris, ou éveil, des Taoïstes, obtenu par la pratique le za-zen) et, perte également, de la nécessaire pratique au laboratoire qui permet à l’éveillé de saisir les lois universelles et les puissances qui y résident…

 

Naissance de l’alchimie des ex templiers.

Dans le groupe, nouvellement constitué, l’un des chevaliers érudit : Guy de Montanor avait été reçu brillamment docteur es alchimie. Il avait reçu l’enseignement, théorique et pratique du laboratoire, d’un maître du Temple. Au sein de cette communauté écossaise Il rencontra d’autres condisciples ayant reçu le même enseignement dont Gaston de la PIERRE PHOEBUS qui n’avait pas achevé son instruction.

Guy de MONTANOR mena à son terme sa formation et ils décidèrent de constituer un groupe capable de perpétuer l’alchimie. Vu l’importance de l’enseignement, la logique et la sécurité voulaient que tout resta secret comme s’était le cas au sein de l’Ordre du Temple.

 

Naissance de l’Eglise Templière.

Vingt chevaliers formèrent un groupe homogène. Parmi eux se trouvaient d’anciens prieurs Templiers ordonnés prêtres. Révoltés contre l’attitude du pape CLEMENT V à l’égard du Temple, ils fondèrent une Église indépendante du souverain pontife avec les mêmes rites, mais dont la hiérarchie s’arrêterait aux cardinaux (à cette époque les cardinaux n’étaient pas obligatoirement ordonnés prêtres ou évêques comme de non jours). Guy de MONTANOR en fut le premier Patriarche. Ainsi naquit l’Église templière qui se perpétua jusqu’à nos jours sous le nom associatif d’Église Universelle de la Nouvelle Alliance comportant maintenant des évêques mais point de cardinaux.

 

Le blason de l’Église templière et du centre alchimique.

Quatre ancien Templiers possédaient maintenant la connaissance alchimique : Guy de MONTANOR, Gaston de la PIERRE PHOEBUS, Pierre LE BON DE LOMBARDIE et RICHARD, dit RICHARD L’ANGLOIS, parce qu’il était issu de la Commanderie de LONDRES…

Comme cette Commanderie les avaient bien accueillis dans leur exil, ils adoptèrent son blason avec l’agnus Dei portant un bâton à la croix pattée (figurant sur les clés de voûte du château de TORTOSE en Terre Sainte. en lui ajoutant le Beauceant.

 

Le pape alchimiste Jean XXII

En cette année 1316, Le Pape JEAN XXII vient d’être élu à Avignon.

En Ecosse les compagnons alchimistes désirent revoir la France et se rendre à Avignon dans l’espoir de pouvoir s’intégrer à l’Église pour former un Ordre particulier comme il en exista tant. Ils quittent donc l’écosse mais ils débarquèrent en Bretagne dans la baie de Lorient (Morbihan)  pour remonter l’estuaire de la Blaye, rivière qui traverse Saint-Gonery pour se rendre à Pontivy. La rivière cesse d’être navigable aux portes de l’ancienne commanderie d’Hennebont. Ils débarquèrent donc car devaient se trouver, parmi eux, des anciens templiers du lieu qui eurent le temps, en 1302, de prendre la fuite en mer pour gagner l’Angleterre ou l’Écosse…

A Hennebont le groupe put donc se pourvoir en monture pour se diriger vers le nord, aux portes de l’actuel département des Côtes d’Armor. Ils suivirent les berges de la rivière Blaye jusqu’à Saint-Gonnery. C’est là, évidemment, une direction aberrante pour se rendre au sud de la France.

Point n’est besoin d’être grand clerc pour supposer qu’il s’agit d’une étape préliminaire nécessaire pour visiter quelques caches templières. La plus prosaïque des suppositions est celle de se procurer de l’or pour les frais de voyage. Ce qui confirme qu’un personnage important de l’ancienne commanderie d’Hennebont était parmi eux car le secret de l’emplacement d’un dépôt précieux n’était pas divulgué à tous, très loin de là !

Je rappelle que, d’après Eugène Canseliet, l’alchimiste Fulcanelli partait la bague du supérieur de cette commanderie Templière. Cela laisse supposer que cet anneau s’est transmis grâce au supérieur, de cette commanderie, qui échappa à l’arrestation des Templiers… La conclusion coule de source et chacun pourra la faire. Il n’est donc pas impossible que Fulcanelli ait fait partie, au XIXe siècle, des descendants de ce groupe d’alchimistes. Je ne puis me hasarder plus loin  dans les suppositions à moins d’écrire un roman. Cela fut fait en 2011 pour les lecteurs amateurs inconditionnel de merveilleux.

C’est donc à partir de Saint-Gaunery que le groupe prit la route du sud vers Avignon ou ils arrivèrent en novembre 1316. Ils sollicitèrent une entrevue avec Jean XXII. L’entretient fut loin d’être chaleureux, au point que nos chevaliers craignaient pour leur sécurité et même pour leur vie. Il semblait donc que leur aventure s’arrêtait là quand il y eut un changement aussi brusque que radical dans l’attitude du pape. Que c’était-il passé ? Incidemment Guy de Montanor venait de prononcer le nom du célèbre montpelliérain Arnaud de Villeneuve. Ce dernier n’était-il pas ce fameux médecin qui enseignait l’alchimie à Barcelone, puis à la Faculté de Médecine de Montpellier ou il révolutionna la médecine en la rendant indépendante des doctrines Arabes, où il eut comme élève le Bienheureux Raymond Lulle ? N’était-il pas ce professeur de médecine que les Cours d’Europe s’arrachaient ? N’avait-il point été appelé par Clément V pour qu’il le soigne de la gravelle ? Clément V  n’avait-il pas publié une encyclique dans laquelle il adjurait de lui faire savoir ou était son Traité de la pratique de la médecine ?

Habilement manœuvrée, la conversation permis de convaincre le pape que le groupe était possesseur des connaissances alchimiques chère à Arnaud et à l’origine de ses miraculeuses guérisons à travers l’Europe. Dès lors le souverain pontife fut des plus réceptifs et très avenant. Il finit même par leur proposer de  les organiser en Ordre religieux particulier avec comme unique mission de perpétuer la philosophie alchimique.

Passionné au-delà de toutes espérances, Jean XXII leur proposa de loger en son palais. En contrepartie Guy de Montanor et Pierre le Bon de Lombardie leur enseigneraient l’alchimie. Leur Ordre serait en réalité une fraternité et son nom fut décidé : Frères Aînés de la Rose-Croix.

La croix est ici celle du Christ, avec toute la mystique que cela suppose, et la rose rouge était la pierre philosophale qui nait au cœur du Chris, etc. Ce fut donc un groupement d’alchimistes chrétiens comme c’était le cas lorsqu’ils étaient Templiers.

Le pape suggéra alors à Gaston de la Pierre Phébus d’agrandir la fraternité et de retourner en Ecosse pour quérir de nouveaux compagnons.

Sur le chemin du retour le groupe des 17 chevaliers qui l’accompagnaient furent attaqués aux environs du Mans par une troupe de brigands. Il y eut un véritable carnage. En ce lieu est, encore actuellement, une ferme que se nomme La Massacrerie car Il y eut 47 cadavres ! 13 furent des seigneurs et parmi eux Gaston de la Pierre Phébus.

Les cinq survivants arrivèrent à Avignon.

Afin de garder la main mise sur le groupe, le pape mit à leur tête son neveu le cardinal de Vias. Cela évitait aussi que se perpétue cette Eglise Templière SANS LE PAPE.

Le pape avait donc bien manœuvré car il tenait à sa merci cet Ordre secret.

Mais les choses se retournèrent contre le pape. Le cardinal de Vias mourrait assassiné. Et le pape échappa de justesse à l’empoisonnement de sa nourriture. Les empoisonneurs étaient Hugues Géraud (évêque de Cahors) et d’autres ainsi que le médecin Jacques d’Amant.

Le siège du responsable de l’Ordre étant vaquant les frêres se réunirent pour élire leur nouveau chef. Ils quittèrent Avignon et vivent encore de nos jours en perpétuant l’enseignement alchimique aux femmes et aux hommes sincères, motivés et de bonne volonté.

Voila c’est une histoire très résumée que je viens de vous conter. J’ai choisi les points à développer et atrophié ceux qui seraient trop longs à exposer au risque de vous endormir béatement.

J’espère que ce fut agréable et peut être, sait-on jamais, quelque peu instructif…

Mais ne doutez pas un seul instant que je sois devenu conteur non pas pour vous endormir mais pour entretenir notre amitié.

LE MYSTÈRE DU TEMPLE

 

Sans-titre-1L’alchimie la tête dans l’onde et le flux temporel.

Que toute confusion disparaisse : je ne vais pas parler des chevaliers du temple, même si parfois j’aborde le sujet en diagonale. Du concept de temple, j’en exclus ceux qui parlent de temple intérieur même si cela n’est pas dépourvu de valeur. 

En lisant mes articles, vous avez dû saisir (en reniflant souvent votre désaccord) que l’introspection de nos modernes psychologisants me fait dresser les cheveux sur la tête. Donc, il est inutile que je vous dise que je ne les aimes pas. Cependant, je n’ai jamais dit que certaines de ces ratiocinations ne sont pas dépourvues d’intérêt…  

Selon votre serviteur (brave mais obtus, … vous le pensez !) Si  une introspection est entreprise, elle doit être brève et solidement encadrée.

Beaucoup iraient volontiers pendant 20 ans vers le divan de Freud ou celui de Jung. Voyez-vous chers amis en ce genre d’exercice périlleux, je choisis préférentiellement des praticiens qui ont recueilli des « techniques » de sagesse depuis la nuit des temps comme celle des maîtres taoïstes ou des Tchanistes. Devant leur savoir, nos modernes investigateurs de la psyché ne font pas le poids.

Face à mon attitude, vous pourriez me targuer d’intolérant, d’ignorant, de primaire et demeuré. Je n’ai qu’une réponse à vous fournir cher fins lettrés. J’ai fait l’expérience de la psychologie universitaire (j’en ai entendu des balivernes dans les amphis.) et de la technique des vieux maîtres. Je parle donc de mon expérience personnelle et du résultat que j’ai vu obtenir et de celui que j’ai obtenu. Ma fausse modestie, de têtu indécrottable, m’interdit de parler davantage.

Je dirais, pour clore ce chapitre, que mon opinion est prête à changer si on me montre les bienfaits, sur le plan initiatique, de certains procédés modernes de psychanalyse.  Après tout, les opinions sont faites pour changer : sinon comment atteindre la vérité ?

Bref, je ne vais pas parler du temple intérieur mais de celui de pierre, celui qui fait une coque protectrice à notre faible constitution, pour que nous puissions éclore puis grandir et partir à la conquête de l’Univers.

Je dois tout de même ajouter que j’écris pour me faire comprendre et non pour manier les subtilités de notre belle langue, subtilité qui trop souvent nous embrume les cervelles. Je ne suis point littéraire mais plutôt un lourd guerrier qui ne fait pas de quartiers. Cela vous l’avez compris, j’espère…

 Il est sûr que les édifices religieux du passé, les églises médiévales par exemple, sont construites selon des plans qui leur confère une signification ésotérique.

Pourquoi ? Parce que les Églises ont voulu conserver leur lien avec les religions à mystères qui les ont précédées. La preuve avec des sept ordinations qui correspondent aux sept initiations généralement pratiquées dans les écoles de mystères. C’est aussi la raison pour laquelle se trouvent des analogies avec le temple maçonnique et certaines sociétés secrètes Amérindiennes.

Le plan qui préside – réellement dans le cas d’une église, fictivement dans celui d’un atelier maçonnique – à la construction du temple relevé d’une technique mystérieuse que traduit le nombre d’or. Ce secret transmis de génération en génération est celui du temps.

Le sens premier du mot « temple » est « division du temps ».

Donc inutile d’insister sur le fait que le temps divisé où plié donna templier. Les templiers étant les maîtres de la division du temps. Vue de l’esprit pourriez-vous me rétorquer puisque le temps est immuable. Question à monsieur je-sais-tout ; qu’en savez-vous si le temps est immuable ? La relativité vous a pourtant montré que ce n’est pas le cas. Oui, nous ne nous déplaçons pas à la vitesse de la lumière pour pouvoir parler d’un temps relatif !

Je m’interroge sur certaines de ces affirmations de nos anciens comme l’expression : « Le passé, le futur, le présent coexiste : seule notre conscience se déplace. »

L’un de mes amis m’a affirmé qu’il avait vu un individu retourner dans le passé en vivant intensément le présent. Il me raconta l’anecdote suivante :

« C’était pendant la dernière guerre mondiale. Des tracts devaient être imprimés pour éviter les massacres des Juifs. Le coursier arriva à l’imprimerie avec les montages de lettres hébraïques prêtes à être placée sous presses. Un geste maladroit fit tomber la plaque et les lettres s’éparpillèrent sur le sol. C’était grave car la vie de milliers d’êtres humains était en danger. Personne dans l’atelier ne connaissait l’hébreu, ne l’écrivait ni ne savait le lire pour reconstituer le texte. C’est alors que Jérôme, le petit vendeur de journaux, un peu mystique à ses moments perdus, prit en vrac toutes les lettres et s’assit dans un coin en demandant de ne pas être dérangé. 30 minutes après il avait reconstitué la plaque sans faute en ne connaissant pas un mot d’hébreux. Il avait fait glisser sa conscience dans le passé pour pouvoir lire la plaque et la recopier… »

Oui, mais quel rapport avec le temple ?

C’est pour dire que les prêtres anciens recevaient une formation pour les rendre capables de célébrer un office en étant en harmonie totale avec la Cène du Christ. Il y participaient ! Cela évidemment d’une manière non intellectuelle mais réelle. L’ancien office où messe de Saint-Pie V fut structuré de manière à faciliter ce glissement pour un prêtre convenablement préparé.

Il en fut de même pour le temple maçonnique.

Actuellement cette capacité est perdue autant dans l’Église que dans la maçonnerie. C’est la raison essentielle de la dégradation des Églises et de la franc-maçonnerie. Donc, les Templiers actuels ne sauraient retrouver leur véritable sens qu’en renouant avec leurs antiques connaissances. Dans le cas contraire, Église, maçonnerie où Templiers sont à ranger dans la catégorie folklore.

Avec toute mon amitié.

 

NOTES SUR L’ORIGINE DE L’ALCHIMIE TEMPLIERE

Je suis pris entre trois feux (oh spécialistes des triades : ça vous étonne ?) :

Celui de la préparation de ma valise pour aller sous d’autres cieux.

Celui de la préparation prématurée des fêtes de Noël : creusons-nous les méninges pour faire des cadeaux !

Celui de la rédaction de mes conférences. Attention ne faut pas décevoir les barbes académiques…

Entre tout ça il y a juste de quoi glisser une feuille de papier à cigarette.

Mais à l’occasion de l’élaboration de mes exposés il est des passages que je dois plus ou moins exclure ou fortement résumer. Ces choses marginales (et non ces épluchures, s’il vous plait !) m’ont paru être digne d’éveiller votre intérêt. Aussi permettez-moi de soumettre mes spéculations savantissimes à votre soif de savoir. Acceptez-les donc puisque vous n’aurez plus l’occasion de me lire pendant près de deux mois jusqu’au moment où les amandiers seront en fleur et que les alchimistes pencheront leur grand front studieux sur leur fourneau. Et oui, car la fonte de la blanche-neige correspond à celle du blanc-seing ou signature du « sel » blanc.

Bon, assez pirouetter doctement en fanfaronnant et entrons dans le vif du sujet.

 Le mot alchimie est extrême instructif par sa seule étymologie. Le terme est issu de l’arabe alkimia (la chimie) qui s’est conservé en occitan dans le terme alkimie ou alquimia, comme en espagnol.

Le mot kimia, par l’intermédiaire du syriaque dérivé du grec proviendrait de l’égyptien kem-it qui signifie « noir » qui évoquerait le pays noir ou Égypte. Ce nom provenant de la couleur des alluvions du Nil, car ce pays s’avère être à l’origine de l’alchimie.

Enfin dernier point à considérer, c’est qu’en arabe le mot al-kimia est synonyme d’al-iksir ayant donné en français élixir. Nous savons que l’alchimiste extrait des élixirs soit sous forme de médecines ou du fameux élixir de longue vie.

Je vous arrête : je n’en ai jamais dégusté ! Mais je vous souhaite de pouvoir un jour en siroter. Il paraît que cette liqueur empoisonne comme de la crotte de cochon. Je vous laisse à votre future dégustation parfumée et à votre vie à rallonges de vieux beau ou de vieille peau rafistolée…

 

Vous n’ignorez pas qu’Alexandre le Grand sorti du berceau et encore boutonneux conquit un territoire immense accompagné des conseils judicieux d’Aristote. Mais nul n’échappe à la camarde et c’est ce qui lui arriva un peu tôt.

Après son dernier voyage, dans un cercueil de cristal, ses généraux se partagèrent son immense empire et c’est ainsi que le général Ptolémée hérita, entre autres domaines, de l’Égypte et du port d’Alexandrie.

Voilà où commença une histoire ou se mêle religion grecque et égyptienne. C’est à cette occasion que les Égyptiens transmirent l’alchimie à la Grèce alexandrine.

Comme sur le bord du Nil on ne maquait pas de papyrus certains érudits ne lésinèrent pas sur cette matière à portée de main et se mirent à écrire des volumes successifs. Et voilà comment , en 300 après Jésus Christ une encyclopédie alchimique vit le jour en vingt-huit volumes sous le pinceau d’un certain Zozime de Panopolis. Et c’est à cette occasion qu’apparurent les symboles alchimiques comme « semence du dragon », « rosée », « eau divine », « eau de mer », « eau de lune »…

En lisant en VO une pareille pléthore de renseignements on se demande si ce n’est pas à cette occasion que naquit l’expression « s’emberlificoter les pinceaux ».

Le monument de Zozime (ce qu’il en reste évidemment) fut traduit en français entre 1887 et 1888 par Berthelot et Ruelle.

Ces textes nous apprennent qu’en Égypte alexandrine l’alchimie était sous le contrôle du souverain et du clergé. La publication des livres d’alchimie était interdite. Et pourtant il y eu une « fuite » dont je vais vous parler. Par ailleurs les prêtres avaient gravé leur secret sous formes d’hiéroglyphes. Je me suis éclaté en vous en offrant une traduction dans mon livre « Les secrets alchimiques de Montpellier » (éditions Fortuna). Mais là n’est pas mon propos.

 

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Revenons donc aux Ptolémées héritiers de l’Égypte. Ils furent des monarques intelligents et cultivés, avides de savoir. C’est ainsi que Ptolémée philadelphe fit contruire en 332 avant J-C la fameuse bibliothèque d’Alexandrie. Des étudiants affluaient du monde entier à tel point qu’elle devint trop petite et que différents centres furent créés à la périphérie et parfois à plusieurs dizaines de kilomètres de la capitale. Des armées de copistes s’affairaient donc pour alimenter ces nouvelles universités.

Je vous dis cela pour qui vous ne puissiez croire que les documents de la bibliothèque d’Alexandrie furent à jamais perdus lors de son incendie. En réalité rien (ou quasiment rien) ne fut perdu.

Mais revenons à nos campus périphérique d’Alexandrie.

C’est dans l’un d’eux, à Mendès, que Bolos Démocritos osa braver l’interdit d’écrire un ouvrage d’alchimie. C’est ainsi qu’en l’an 200 avant J-C  fut publié le premier livre d’alchimie qui s’appelait Physika. Peut-être Démocritos fut-il fusillé ? Je l’ignore !

En tout cas l’histoire a une suite.

D’abord en 30 de notre ère c’est l’occupation romaine, ensuite après le mort de Mahomet c’est l’invasion musulmane qui poursuivit sa route jusqu’à l’Espagne. C’est là que, beaucoup plus tard, Nicolas Flamel vint chercher ses connaissances sur l’alchimie.

Mais quel fut le sort des documents de la bibliothèque d’Alexandrie ?

Ils furent récupérés pas les musulmans, mais pas n’importe lesquels, il s’agissait des Ismaéliens Fatimides très « branché » ésotérisme, l’esprit ouvert à tel poins qu’ils avaient des contacts avec les juifs et les chrétiens. Ce sont les Fatimides qui fondèrent le Caire et ouvrirent des universités ou les documents d’Alexandrie furent étudiés. Ces « maisons de la sagesse » accueillirent aussi bien les juifs que les chrétiens. Vous venez de comprendre d’où est sortie l’alchimie des Templiers !

 

Voilà je vous ai livré un truc que je n’ai pas souvent lu, il est vrai que je ne lis pas beaucoup, qui donne un aperçu des courants alchimiques qui traversèrent notre pays. Je n’ai pas tout dit à ce propos car je n’ai pas le temps.

 

Voilà le moment de vous souhaiter à toutes et à tous un joyeux Noël. Que vos enfants soient émerveillés et vous heureux de voir leur joie. S’ils sont grands que Noël soit une fête du cœur et de tendresse autour d’une coupe de champagne. Vive 2011 dans la joie. Je fais de grosses bises aux dames ! ben quoi messieurs, pourquoi ce rire égrillard aussi gras qu’aviné !

NOTES POUR UNE CONFÉRENCE CHEZ LES TEMPLIERS

Soyons clair, le chapitre suivant ne fait pas partie du résumé de ma future conférence, c’est un jeu de vilain qui survient chez moi par crises épisodiques. Puissiez-vous me pardonner deux fautes graves. La première qui consiste à introduire un sujet sérieux par une plaisanterie, la seconde mon langage assez peu protocolaire pour les puristes.

 

Discours désabusé d’un dinosaure aux grenouilles enflées.

 Mes chers amis, j’ai coutume de dire que je suis un dinosaure enfermé au fond d’un placard. Je fais de mon mieux pour que l’horizon de ma vie ne se borne pas à celui d’un écran d’ordinateur. J’essaye d’élargir mon domaine en faisant sauter de temps en temps l’une des neuf étagères de mon réduit à balais. Aussi, c’est avec joie que j’accepte périodiquement de préparer une conférence. C’est pour moi l’occasion de voir des têtes de tous les calibres où se manifeste la vie de différentes manières. Il en est comme dans mon courrier, des jaloux, des contents des heureux. Je les accepte tous car ils sont la vie, la beauté de la vie, sa bêtise incarnée aussi. Rassurez-vous je ne me mets pas au dessus du panier. Je n’ai pas du sang bleu comme celui de certains mollusques pourvus en vanadium au lieu de fer et je présume que les aristocrates de toutes les époques ne pouvaient pas travailler avec du sang azur de pareille origine.

Dans mon placard les bruits du monde me parviennent lointains et j’ai parfois l’impression qu’il s’agit d’un sacré cirque. Dans tous les domaines, ils se racontent des balivernes pour faire briller les yeux des autres et se faire mousser. La mousse est telle qu’elle fait sauter le bouchon comme celui d’une bouteille de champagne. Et oui, ils finissent par perdre la tête, ce que traduit à sa manière désobligeante ma concierge qui dit à qui veut l’entendre : « ils deviennent aussi c… qu’une valise sans poignée ». Il faut dire qu’elle en voit passer de tous les calibres dans sa « loge » ma veuve gardienne ! Franchement ce n’est pas de la haute philosophie, mais ça veut dire ce que ça veut dire. À force d’inventer des paradigmes plus délirants les uns que les autres on finit par perdre de vue les axiomes. On en rajoute avec des anglicismes débile style Free-lance qui remplace le simple mot indépendant, on en perd totalement les pédales et un dinosaure comme moi qui ne connaît pas un traître mot d’anglais est projeté dans un monde qui perd son identité. Je préfère encore le langage des ados avec leur SMS. La phonétique de notre langue a le mérite d’être vectrice de messages sensé et même spirituel. Celui de nos bellâtres rigolos qui vous regardent avec mépris car vous utilisez le mot guide, conseiller, entraîneur ou nautonier à la place de coach. Cette fleur de bêtise qui vous parle la bouche en oviducte avec une emphase idiote me stupéfie ! Cela suffit pour comprendre pourquoi notre économie s’est effondrée. Les phénomènes sociaux ne sont que le reflet de la superficialité confondante de chacun de nous. Quand règne l’esbroufe et le vent on récolte la tempête, et ça commence à chauffer dans tous les sens du terme !

 

Heureusement qu’aucun coach en alchimie n’a pu ouvrir mon placard. S’il l’avait fais, il aurait eu droit au frisson de la mort comme dans le film Parc du jurassique. Dois-je vous confesser que je lui aurais mordu le derrière férocement, pour l’humilier dans sa bêtise affectée, le cuistre ! Coach, coach…seules les grenouilles savent de quel gargarisme il s’agit. Dans notre société grégaire, c’est la mode du franglais. Notre troupeau est coaché par l’individu alpha. « Dites, vous m’avez regardé ? J’avais bien la bouche en cul-de-poule quand j’ai dit coaché ? »

 Toutes bonnes intentions ont une fin, la récréation est finie. Maintenant que vous avez bien rigolé, car rire est nécessaire pour une bonne santé, c’est une autre page qui se tourne. Je vais être sérieux comme un pape puisque je vais vous parler d’alchimie, d’Ordre du Temple et d’histoire en général où le graal est omniprésent. Ce qui suit est la préparation d’une conférence pour mes grands amis Belges. Cela leur évitera de prendre des notes et d’être un peu plus attentif au langage non verbal.

 

C’est quoi le Graal ?

 Le célèbre livre PercevalLe roman du Graal de Chrétien de Troyes (1135-1183) fut écrit en 1180 sur la demande de Marie de Champagne (fille d’Aliénor d’Aquitaine et du roi de France Louis VII), dont le fils Henri II (1166-1197), fut roi de Jérusalem.

Aliénor d’Aquitaine femme lettrée qui protégea, avec sa fille Marie de Champagne, Chrétien de Troyes er Robert de Boron. Marie commanda au poète Chrétien de Troye la queste du Graal. Remarquons qu’Aliénor fut d’abord reine de France puis reine d’Angletaire, ce qui explique peut-être que la queste du Graal ait traversé le chanel.

L’histoire – romancée pour satisfaire aux cours lettrée d’Aliénor et de Marie,– se déroule en Bretagne et l’auteur dit avoir trouvé son sujet dans un livre mystérieux que de nombreux historiens s’acharneront ensuite à identifier. Ce livre, Wolfram von Eschenbach (1170-1220) l’a trouvé.

  Miniature du templier souabe Wolfram von Eschenbach.
Quand j’ai vu cette illustration les oreille de Wolfram on eu le don d’éveiller mon illarité. Jusqu’au moment ou j’ai compris que notre illustre chevallier voulait attirer l’attention sur la phonétique cabalistique.

Codex_Manesse_149v_Wolfram_von_EschenbachWolfram d’Eschenbach, était un Templier allemand que l’on appelait le Templier Souabe, originaire de la région qui vit naître, en 1193, Albert le Grand, comte de Bollstädt, alchimiste de l’école de Montpellier, maître de st Thomas d’Aquin et évêque de Ratisbonne. Wolfram reprit le sujet, en 1207, soit 27 ans après Chrétien de Troyes, Son œuvre maîtresse est Perceval. Il semble que notre Templier allemand ait puisé, aux mêmes sources que son prédécesseur, ce qui lui fait affirmer que ces drames correspondent à une réalité historique. Pour lui ces évènements ne se déroulent pas en Bretagne, mais dans le midi de la France.  Cette particularité fut mise en évidence en 1979 par Paulette Duval qui relève dans l’histoire des expressions d’origine espagnoles (La pensée alchimique et le conte du Graal. Edition Honoré Champion, Paris 1979)

Cette particularité ne surprend pas quand on sait que Perceval fut, d’après certains textes, couronné Roi Pécheur gardien du Graal dans la cité du roi en Corbière. Et nous savons que Corbière, près de la Méditerranée, est très réellement un lieu montagneux méridional chargé de mystères, où résidait le centre initiatique, pré chrétien, des corbeaux. Il n’est donc pas anodin de remarquer que le nom de Wolfram est composé de wolf, qui signifie loup en langue germanique et de hramm qui a le sens de corbeau. Dans cette région des Corbières ou se trouve Narbonne et Carcassonne, le vicomte de Carcassonne, ville sise aux pieds du massif, s’appelait Trencavel, ce qui en langue occitane signifie exactement Perceval.

Il existe deux descriptions du Graal : une coupe et une pierre.

La coupe est le graal pour Chrétien de Troyes.

La pierre est le graal pour Wolffram d’Eschenbach.

Et Wolffram fait le lien entre le graal et les Templiers. Mieux, pour lui les templiers sont les gardiens du Graal. Voici ce qu’il écrit :

 «  je connais bien le Graal. Il est défendu à Montsalvage parent de braves et nombreux Templiers qui souvent s’éloignent pour courir les aventures…

Ils forment une troupe redoutable. Ils ont un mode particuliers de se nourrir que je dois vous apprendre ; leurs vivres proviennent d’une pierre, dont la nature est incorruptible et qui ce nombre lapis exillis. C’est par la vertu de cette pierre que le Phénix se consume et renaît de ses cendres, oui, le Phénix jette sa dépouille aux Flammes et, revêtu de plumes étincelantes, en sort plus beau qu’auparavant. Point de malade et elle empêche également la vieillesse.

Cette pierre se nomme aussi le Graal. »

 Toutes ces qualités du bétyle appelé lapis exillis (petite pierre ou encore pierre d’exil) correspondent à celles de la pierre philosophale, exilée d’un autre espace. Et des termes tel le phénix, cet oiseau imaginaire au corps écarlate renaissant de ses cendres, sont couramment employés en alchimie. Fréquemment cet oiseau figure dans les frontispices des livres d’adeptes de cet art.

Gravure du phénix, XIXe siècle.

Remarquons que le mot phénix est synonyme de cinabre et aussi conséquemment de vermillon issu du cinabre, car le mot grec phoinix signifie rouge. Il faut dire en passant que les rubriques écrites en vermillon dans le missel, reposant sur l’autel de l’église chrétienne latines, ont aussi le sens de résurrection.

De cela il faut en conclure que le sang du Christ coagulé (coagula alchimique) recueilli dans sa coupe est le graal. Si l’on voit le contenant, le graal est la coupe. Si l’on voit le contenu le graal est la Pierre rouge. Il n’y a donc pas d’incompatibilité entre les deux définitions. Cela est d’autant plus évident puisqu’il ne peut exister de graal-pierre sans le vase comme il ne peut exister de graal-vase sans la pierre. L’alchimie le démontre, lorsque la Pierre naît dans la verrerie ou vaisseau ou vaissel qui tangue violemment sous la poussée des vagues de la mer rouge.

   Illustration du Roman du Roi Arthur et des Chevaliers de la Table ronde d’Alfred W Pollard, 1917.

Si les templiers gardent la pierre, probablement contenue dans un vaisseau ou coupe, c’est que les techniques de fabrication et la dimension spirituelle qui accompagnent sa fabrication étaient transmises par le grand maître au sein de l’enseignement de l’Ordre du Temple. De ce fait Wolfram von Eschenbach savait de quoi il parlait et le dit quand il assimile les gardiens du Graal aux Templiers dépositaire d’une connaissance plusieurs fois millénaire.

 

Origine de la connaissance alchimique des Templiers.

 Tout à commencé un siècle avant que ne paraisse les textes de Chrétien de Troyes, en 1118, au moment ou le roi Baudoin II de Jérusalem pactise avec l’Ismaélien Aboul-Fawa et échange Tyr contre Damas.

 Baudoin II, cousin de Baudoin I, donne aux pauvres chevaliers du christ une maison proche du temple de Salomon, d’où leur nom de Templier.

 Cette entente entre l’islam et la chrétienté ne peut se comprendre que si l’on connaît mieux l’ismaélisme d’où sont issus les fatimides.

 

1 L’ismaélisme.

 L’Ismaélisme est un mouvement révolutionnaire islamique dont la chrétienté actuelle aurait bien besoin. Il est né au milieu du VIIIe siècle, fondé sur le principe de l’imama, c’est-à-dire sur la reconnaissance de l’autorité d’un chef non élu, mais désigné par son prédécesseur.

Ce mouvement religieux est issu des Chiites en 765. Le calife est choisi parmi les descendants d’Ali, cousin et gendre de Mahomet.

Leur philosophie était un hymne à la tolérance préconisant une pluralité de voies pour accéder au salut.

Ce qui nous intéresse ici c’est la réforme sur laquelle il repose et qui consiste à faire triompher l’Esprit sur la Lettre et la vérité sur la loi.

Dans le domaine intellectuel l’Ismaélisme libère l’esprit de tous ce qui pourrait lui faire obstacle ou le conditionner.

Cette réforme s’exprime aussi par l’élévation de la fois et de la pensée à un niveau tel que disparaissent toutes oppositions entre l’une et l’autre et qu’elle deviennent alors complémentaires dans la poursuite du même but : l’intégration complète de l’homme à l’existence. Sur le plan politique et social, ce mouvement réformateur lutte pour mettre en œuvre l’égalité et la justice, au profit de tous ceux qui vivent dans la société islamique, qu’ils soient arabes ou non arabes, musulmans ou non musulmans.

Durant le califat fâtimide, les Ismaéliens acceptèrent dans leur administration toutes personnes choisies selon le mérite et la compétence. Ainsi les membres des autres obédiences de l’Islâm ainsi que les Juifs et les Chrétiens étaient admis aux plus hautes fonctions.

En 1004 le sixième calife fatimide Al-Hakim bi-Amr Allah fonde au Caire la Maison de la sagesse, Dâr al-Hikma, dans laquelle sera favorisée l’étude des sciences hellénistique. Juristes, médecins, astronomes, astrologues, mathématiciens et alchimistes fréquentent son importante bibliothèque. Si l’on considère toute la période fâtimide dans son ensemble, on doit souligner que Musulmans, Juifs, et Chrétiens ont vécu paisiblement et ont travaillé ensemble.

Ces lieux sont des sortes d’universités[5], dans la lignée de la bibliothèque d’Alexandrie de l’Époque hellénistique.

À partir de 1060, le territoire des fâtimides se réduisit jusqu’à ne plus comprendre que l’Égypte.

Il est aisé de découvrir d’où provient cette connaissance des Fatimides.

 

2 De la bibliothèque d’Alexandrie aux Maisons de la Sagesse

 Alexandrie, l’an 332 avant JC. Le roi d’Égypte Ptolémé construit une gigantesque bibliothèque à Alexandrie contenant tout ce que la terre peut livrer de document dans tous les secteurs de la connaissance. En ce lieu se réunissent pour enseigner tous les plus grands savants du monde connu.

L’importance de la bibliothèque est telle que plusieurs centres verront le jour dans des localités du delta éloignées de plusieurs kilomètres. Ces centres posséderont des copistes pour dupliquer les documents de la grande bibliothèque. Ils deviendront à leur tour d’importants centres ou enseigneront des maîtres. C’est dans l’un d’eux que Bolos Démocritos enseigna l’alchimie en 144 avant JC. Il aurait écrit un livre Physika kai Mustica, qui est probablement le premier livre d’alchimie.

Les Fatimides qui règneront plus tard sur l’Afrique du Nord de 910 à 969 chez les Berbères (ce qui explique leur actuel rejet par les musulmans algériens) devinrent maître de l’Égypte de 969 à 1171, où ils fondent le Caire. Dans cette ville le calife fatimide Al-Hâkil fonde une maison de la sagesse. Ils eurent à leur disposition un véritable duplicata de la bibliothèque d’Alexandrie qui avait brûlé, mais dont les documents, ou leur reproduction, n’avaient pas disparu dans les agglomérations situées à la lointaine périphérie de la capitale.

Les maisons de la sagesse (en arabe بيت الحكمة, transcrit par Dâr al-Hikma, Bayt al-Hikma ou Beit Al-Hikma) étaient donc des hauts-lieux du savoir puisé dans les plus anciennes connaissances. Dès le VIIIe siècle La maîtrise de la fabrication du papier permis de rédiger de nombreux livres que l’on trouve par milliers, encore de nos jours, dans des châteaux du désert, notamment en Mauritanie. Fort heureusement, la communauté européenne se préoccupe actuellement de leur sauvegarde.

 

3 Les maisons de la sagesse et le savoir des Templiers.

 Les juifs et les Templiers fréquentèrent les maisons de la Sagesse. Les « cadres » de l’Ordre furent formés non seulement à l’alchimie, mais aussi à la spiritualité fondamentale qui n’a pas de frontières religieuses. C’est probablement là qu’ils connurent l’existence de l’Amérique.

Au sein de l’Ordre l’alchimie se transmettait en sept degrés, comme le dit fort clairement Johann Valentin Andreae (1586-1654) en ses Noces chymiques de Chritian Rose-Croix., en ses sept jours constituants chacun un chapitre du livre.

Chez les Templiers, les futurs alchimistes étaient formés par les maîtres de commanderies.

La dimension spirituelle prenait tous son sens universel indépendant de tous préceptes religieux. Il était capital que l’alchimiste soit prêt au moment de la mondification, ou création des mondes. Sans cette préparation le risque est grand de sombrer dans la folie. Il ne s’agit par là d’un effet d’annonce mélodramatique. En effet, ce moment crucial de la naissance des mondes tournant sur eux-mêmes (roue-bis) est celui où l’adepte devient la matière qu’il œuvre. On appelle cela les noces chimiques. Christian Rose-croix s’en est fait l’écho dans son livre Les noces chymiques. divisées en sept étapes correspondant aux sept degrés de formations dont je viens de parler. Ce sont ces noces qui inspirèrent les troubadours et leurs cours d’amour.

Cette fusion nécessite d’abord un amoindrissement considérable de l’ego et surtout une prise de conscience génératrice de notre métamorphose provoquant la paix de l’âme vis-à-vis de nos inévitables transgressions. Les Orientaux diraient que le karma dans ce qu’il a de nécessaires rachats est vécu ici et maintenant dans le creuset d’une âme en plein bouleversement. Dans un certain sens c’est déjà l’œuvre au blanc. Ce n’est qu’à cette condition que la conscience peut être enlevée pour le voyage initiatique fondamental qui n’a rien de folklorique et rien de cérémonieux dans quelques temple secret truffé de symboles qu’ils soient fondamentaux ou non.

La quasi-totalité des sociétés dites initiatiques ne font que singer (excusez ma dureté) le voyage initiatique réel dont elles ont perdu jusqu’aux notions les plus élémentaires concernant la mystique.

Il est donc possible de juger si un alchimiste l’est réellement dans son attitude dans la vie. Il est bien évident qu’un violent, revendicateur, médisant etc, imbu de ses connaissances et dépositaire de la vérité jusqu’à devenir gourou est, pour employer la terminologie de ma technicienne de surface, « à côté de la plaque. » Les « alchimistes » fous ou délirants abondent, j’en connais. Si certains parviennent à se ressaisir, et je les applaudis du fond du cœur, je pense en particulier à Jean Laplace qui fut un moment hypnotisé par l’aigle universitaire. Malheureusement beaucoup d’autres sombrent corps et biens.

Quant un adepte vous affirme « mon heure est venue afin de révéler la vérité » vous pouvez dire que le bonhomme est complètement sonné. Les tentatives réitérées de la sublimation ou se consomment des noces chymiques systématiquement ratées, les précipitent progressivement dans l’abîme car il ne sont pas prêts et n’obtiennent que le rire homérique des dieux.

Andreae-1616-000-tp 

Johann Valentin Andreae a publié en 1616 à Strasbourg Les Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz. 

Christian Rose Croix le spécifie en son premier jour de noces chymiques :

« Prend garde à toi,

Examine-toi toi-même ;

Si tu ne t’es pas purifié assidûment

Les noces te feront dommage.

Malheur à qui s’attarde ici-bas.

Que celui qui est trop léger s’abstienne. »

 

4 Que s’est-il donc passé chez ceux qui perdent la raison ?

La mondification est le moment crucial où la conscience de l’être est aspirée vers le haut. Suivre le courant ascendant n’est pas une mince affaire. Christian Rose-croix en donne une image avec une corde à laquelle il faut s’accrocher :

« On descendra une corde : celui que s’y suspendra, sera délivré. »

À peine eut-elle achevé ce discours, que la vieille dame ordonna à ses serviteurs de lancer la corde dans la tour à sept reprises et de la ramener avec ceux qui auront pu la saisir. »

Toute la difficulté réside à saisir la corde et à rester accroché pour que les forces supérieures puissent nous hisser jusqu’au sommet.

Évidemment il s’agit là du symbole de la verticalité de l’être. Mais son sens n’est pas théorique puisque c’est la réussite de cette épreuve de « sublimation », quand le « résidu stérile » ou compost retombe, qui conditionne la réussite du Grand Œuvre. On ne peut saisir toute l’importance de cette phase ascensionnelle si on ignore le sens des neuf hiérarchies spirituelles et par la même occasion notre aventure consciente post mortem.

C’est pour souligner cette extraordinaire dimension que Violet Leduc a fait figurer l’alchimie à l’entrée de la cathédrale de Notre Dame de Paris. Assise sur son cathèdre et tenant une échelle à neuf barreaux, elle délivre deux puissants messages. D’abord que l’évêque peut être une femme, comme dans l’Église des Gaules et ensuite que tout alchimiste doit connaître les neuf étapes du Grand Œuvre. La réussite n’est totale que lorsque l’adepte, propulsé par le feu de la sublimation, monte les échelons de l’échelle, c’est-à-dire est suffisamment pur pour rencontrer une à une les neuf hiérarchies céleste dont la plus basse est celle des anges et celle qui la précède les Archanges, et un échelon plus haut les Archées… J’ai déjà parlé de ces neuf hiérarchies que l’on retrouve dans les neuf carrés du corporal, ou linge blanc, sur lequel le prêtre posait l’hostie quand il célébrait avant 1968 le sacrifice eucharistique (messe). Une telle rencontre ne se fait, comme je l’ai dit, que post mortel, mais ici, c’est avec les yeux ouverts que l’adepte monte à l’échelle.

Petit aparté, l’épée excalibur du roi Arthur a le même sens cabalistique que celui d’échelle, contraction du mot « escalier » et « pur » avec reversement – comme celui de la boule – du b en p. C’est ainsi que la boule est devenue poule. Cela donna naissance à la haute lignée des Hautpouls sise dans les Corbières et dépositaire des secrets de Rennes le Château étroitement liée à l’initiation des corbeaux et à celle de l’alchimie.

Quant à cette ascension dans les sphères célestes, je n’ai pas de texte à soumettre à votre jugement, mais seulement la dernière gravure du Mutus liber, ou livre muet, ce livre d’image relatant par des planches toutes les étapes du Grand Œuvre. La quinzième et dernière a le même sens que la quinzième et dernière station du chemin de croix des églises qui se fait face à Dieu, devant l’autel. Pour les puristes, l’échelle devenue inutile et couchée à terre est pourvue de 11 barreaux au lieu de neuf car dans ce livre sont pris en considération les deux étapes du hors d’œuvre (d’où le terme culinaire puisque l’alchimie est une « cuisine »). La première est la fabrication du sel et la dernière la projection qui provoque la transmutation, nécessaire à la préparation d’élixirs.

Dans cette planche deux phylactères portent chacun la même inscription (inscription bissée donc à double sens) : Oculatus abis, c’est à dire « tu t’en vas clairvoyant. ». J’invite le lecteur à lire cette inscription « l’œil d’Apis », dieu égyptien qui porte le soleil entre ses cornes et réside à Memphis. De même l’anagramme de l’auteur Jacobus Sulat marque la signature du Sieur des Marez.

Je m’égare un peu puisque mon but n’est pas de commenter le Mutus Liber, si bien réalisé, depuis des lustres, par Eugène Canseliet, F. C. H. qui continu à apprendre dans la lumière glorieuse de la bienfaisante éternité.

Quand l’adepte revient de ses neufs étapes, sa besace n’est pas vide. Il est devenu Adepte (avec un A majuscule) et ne peut que quitter l’endroit où il vivait, car sa divinisation est accomplie.

Rêvons un peu. On peut dire que certains templiers sont parmi nous. Vous pouvez les croiser dans la rue. Mais ils se gardent bien de s’intégrer à une société initiatique. Ils sont des électrons libres aidant celles et ceux qui sont réellement avides d’avancer. Fort heureusement pour eux, il n’y en a pas beaucoup, et de ce fait le coach free-lance a un bizness cool ! ! !

 

Des maisons de la sagesse à la papauté d’Avignon et à Montpellier.

En 1314, la fin tragique de l’Ordre du Temple n’a pas affecté la transmission des connaissances issues de la Bibliothèque d’Alexandrie et des Maisons de la Sagesse. La liberté de l’esprit se paye toujours très cher. Les cathares le savent. Les Fatimides le savent aussi qui sont encore persécutés par les intégristes musulmans algériens jusque dans leur réminiscence en basse Kabylie au pays des Berbères.

Donc, l’Ordre du Temple fut persécuté, torturé, brûlé… Cependant beaucoup se réfugièrent dans d’autres Ordres religieux ou s’exilèrent notamment en Allemagne, Espagne ou Angleterre. Ces proscrits, détenteurs de la connaissance des sciences spirituelles cherchèrent à transmettre leur savoir. C’était leur devoir sacré, même si la difficulté paraissait très dangereuse. En effet, ceux qui s’étaient intégrés à d’autres ordres religieux ne pouvaient transmettre leur savoir car lié par les règles de leur communauté d’adoption. Épisodiquement quelque moinillon recevait une formation dans le laboratoire d’une pharmacie-infirmerie du monastère. C’est probablement de cette lignée qu’est issu en Allemagne le célèbre moine-alchimiste Bazille Valentin. Le laboratoire dans l’oratoire était pour eux une extraordinaire opportunité qui ne pouvait qu’engendrer des Adeptes dignes de ce nom. Cependant la lignée de transmission restait difficile à perpétuer. Ce rôle vital, essentiel, reposait donc sur les épaules des exilés, libres de leurs activités.

Certains se réfugièrent en Angleterre, mais le roi ne tarda pas à les traiter en bannis, de telle sorte que leurs biens et aussi leur sécurité étaient menacés. Certains se réfugièrent en Écosse. En ce lieu paisible les dépositaires de la connaissance alchimique (un était docteur ès alchimie) purent faire le point sur leurs savoirs et éventuellement compléter celui de leurs compagnons d’infortune. Ces échanges durèrent plusieurs mois. Ainsi, dans cette école écossaise, se forma un groupe de 25 chevaliers dépositaire d’une solide connaissance des sciences spirituelles et alchimiques héritées de l’Égypte antique, des Grecs d’Alexandrie et des Ismaéliens Fatimides du Caire et d’ailleurs. En 1317 le groupe d’alchimiste décida de revenir en France sous le nom de Frères aînés de la Rose+Croix. Ce nom marquait leur origine qui était celle de la Fille aînée de l’Église ou Église des Gaules (Église Gallicane ancienne) et celle des mystiques Roses+Croix dépositaires des sciences spirituelles et de l’alchimie.

Leur mission fut de perpétuer la connaissance mystique et alchimique. Donc il ne fut pas question de restaurer l’Ordre du Temple, mais de pérenniser les connaissances templières sans se rallier à des groupements portant l’étiquette de Templiers ou de Rose+Croix. Très mystique, mais indigné par le comportement du pape à leur égard, ils créèrent une Église indépendante de la papauté. Ainsi naquit l’Église templière (qui existe encore de nos jours sous le nom d’Église Universelle de la Nouvelle Alliance) et dont le siège social est à Montpellier. Ils prirent comme blason celui du cardinal du Luxembourg comportant un pélican nourrissant ses trois petits. Il est encore à l’honneur actuellement.

Le 7 août 1316, JEAN XXII est élu pape à Avignon. Le 17 novembre le groupe sollicitait une audience de Sa Sainteté. À La suite de cet entrevue il les logea au palais et le souverain Pontife fut formé à l’alchimie. Le groupe garda son rôle d’enseignant et leur Église persista, ce qui ne manque pas de paradoxe.

Le groupe quitta Avignon 1333, et s’installa dans le Var dans la commanderie templière de Montfort-sur-Argens. Ils quittèrent la commanderie en 1334, et se séparèrent pour perpétuer leur mission.

À La suite de quoi des imperators se succédèrent à la tête de l’Ordre jusqu’à nos jours.

 

 

Salut dinosaurien tonitruant à tous ceux qui eurent le courage de lire la présente.