PANPSYCHISME ET ALCHIMIE

bre04Le mot panpsychisme provient du grec « pan » qui signifie « tout » ou « partout » et « psyché » désigne l’Esprit. C’est donc un terme qui exprime la présence de l’Esprit en toutes choses. Nous devons cette expression au philosophe britannique Galen Strawson (né en 1952).
Aussitôt que ce concept fut connu, les électrons et les protons furent déclarés spirituels par les fans de l’ésotérisme et du Nouvel Age. Bref, la présence partout de l’Esprit se répandit comme une trainée de poudre. L’ésotérisme entier s’en gargarisait dans ses cénacles délirants. Ce fut la découverte du siècle, une percée mystique de la pensée matérialiste, une victoire glorieuse des spiritualistes bidons qui lui donnèrent un relief surréaliste et l’assimilèrent ipso facto au dénouement d’une grande enquête à la Rouletabille ou à l’Arsène Lupin. Ainsi les rosicruciens, et d’autre sociétés initiatiques, en firent leur grand secret ! Secret de polichinelle évidemment qui servait à enduire de miel, leur philosophie fatiguée, pour attirer les mouches.
Face aux longues plaintes des gentils frères ou frater que je torture sous le fer rouge de mon langage peu châtié, J’exécute un rétablissement sportif dans le domaine du raisonnable pour ne plus martyriser ces âmes malheureuses de croyant indéfectible en leur philosophie universelle… Qu’est-ce que je suis méchant !

Galen Strawson était frustré, avec beaucoup de ses collègues contemporains, face au problème matérialiste du dualisme. Je rappelle que le dualisme prône que les phénomènes mentaux sortent du champ de la physique et donc de la matière.
La version la plus connue du dualisme a été formulée en 1641 par René Descartes qui a soutenu que l’esprit était une substance immatérielle qui va donc s’opposer à la matière et ne rien à voir avec elle.
Le panpsychisme ne prétend pas que les atomes soient conscients au sens ou nous le sommes. Mais seulement que certains aspects relevant du mental ou de l’intégration du vécu (donc une mémoire comme la manifeste l’eau) sont présents dans les systèmes physiques les plus simples. Des formes d’Esprit ou d’expériences plus abouties émergent dans les systèmes plus complexes. Nous retrouvons ici le concept complexité-conscience de Teilhard de Chardin quand il établit un parallélisme entre l’augmentation de complexité de la matière avec, à chaque étape de sa complexification, un surplus de conscience jusqu’au fameux «pas de la réflexion» qui caractérise les hommes (in L’apparition de l’homme).
En 2006 Strawson précisait certains points de sa philosophie. Et en particulier la différence qui existe entre un système manufacturé, comme une table, et un système auto-organisé fruit des poussées naturelles, et que l’on trouve donc autour de nous sans que l’homme ne l’ait fabriqué en maison, automobile, avion ou chaise.
Les agrégats constituant les objets manufacturés qui ne s’organisent pas eux-mêmes ne peuvent avoir de but ni d’intention propre. Mais nul ne saurait prédire les manufactures du futur susceptible de créer des objets capables d’avoir des volontés individuelles. Il semble que l’IA (Intelligence Artificielle) en soit l’une des premières manifestations. Mais cela est une autre histoire.
Dans les systèmes auto-organisés les agrégats subissent des expériences et s’organisent spontanément en formes de plus en plus complexes par différents processus dont la sélection naturelle.

Le panpsychisme n’est pas une idée neuve. La plupart des gens y croyaient autrefois et beaucoup le font encore et parmi eux les alchimistes. Partout dans le monde, les peuples traditionnels voyaient l’univers comme vivant et, en un certain sens, conscient et présent à lui-même : les planètes, les étoiles, la terre, les plantes et les animaux avaient tous un esprit, une âme. De ce concept cher à nos aïeux a émergée l’astrologie, l’alchimie minérale, et la spagyrie et les diverses phytothérapies. Tout comme les Archidoxes de Paracelse, les concepts fondamentaux de l’Anthroposophie, de Rudolf Steiner, reposent sur ce vitalisme universel.
L’alchimiste dans son laboratoire œuvre sur un minéral qui comme tout minéral s’est auto-organisé au sein de la terre. De ce fait il est pourvu d’esprit. Mais son organisation, et donc sa progression, est freinée par le manque d’esprit générateur d’organisation. Aussi le rôle essentiel de l’alchimie sera de lui en fournir afin de la faire progresser. D’où cette parole, que l’on trouve dans nombre de grimoires, qu’adresse la matière à l’alchimiste clairvoyants:
« Aide-moi et je t’aiderais ! »
Là où le mystère demeure complet est comment une matière faiblement organisée comme un minéral peut-elle aider un homme si ce n’est par l’intermédiaire de l’Esprit qu’ils partagent ?

« L’Esprit-Saint vous enseignera » dit le Christ à ses apôtres…
Toute la dimension transcendante de l’alchimie se trouve là indissolublement liée, en Occident, au christianisme mystique.

Avec toute mon amitié.

VOUS DITES SURRÉALISME ?

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Rassurez-vous, je n’ai pas l’intention de vous asséner une analyse de texte du Manifeste du surréalisme d’André Breton (1896-1966) ou de vous parler des pensées de Paul Éluard (1895-1952). D’ailleurs, je serais bien ennuyé pour faire un pareil  exposé puisque j’ai perdu ce genre de bouquins à l’occasion de mon déménagement.

Alors, je m’assieds confortablement au coin du feu en mâchonnant un bâton de réglisse tout en me vautrant dans mon fauteuil préféré, je vais vous livrer mes états d’âme sur cette bande d’utopistes révolutionnaires des années 20, ou le communisme européen (1917-1989) était tout neuf et l’ésotérisme encore effervescent tandis que Fulcanelli (1839- ?) surgissait de l’ombre.

Ainsi, à côté de Freud (1856-1939) et de Marx (1818 -1883), les surréalistes Magnifièrent Nicolas Flamel (1330-1418), Éliphas Lévi (1810-1875) et bien d’autres.

L’amour et la révolution forment avec l’alchimie (et quelques bribes de magie) le triptyque du surréalisme. Le but en est de libérer la créativité de toute contrainte et de toute logique.

 

Quel philosophe ignore l’intérêt d’André Breton, et de tous les poètes et peintres groupés autour de lui, pour le rêve, l’alchimie et l’amour ? Ce mouvement surréaliste fut essentiel dans l’art du XXe siècle. Il eut comme adhérents Éluard, Aragon, Desnos, Artaud, Char – pour n’en citer que quelques-uns – qui découvrirent l’ésotérisme.

Le plus curieux, c’est que cette rencontre s’est faite avec une intention étrangère au monde de l’hermétisme, de celui de la franc-maçonnerie ou du rosicrucianisme pourtant en vogue en ce début de siècle où fleurissant la théosophie.

Les surréalistes voulaient libérer les forces créatives que l’aliénation sociale empêche de s’éveiller.

Cependant, le concept révolutionnaire devint utopique lorsque Breton et ses amis se réclamèrent de Marx et de Freud car le marxisme et la psychanalyse sont incompatibles avec leur démarche. Ceux qui me lisent régulièrement savent pourquoi.

L’épanouissement du surréalisme s’est réalisé dans la conjugaison de deux motifs apparemment contradictoires : l’ésotérisme et la révolution.

L’appellation de surréaliste indique que ces artistes s’étaient mis en quête d’une « sur-réalité », c’est-à-dire d’une réalité « autre », d’une réalité invisible qui structure le réel, qui le crée. En ce lieu, nous sommes au cœur de l’alchimie qui œuvre au-delà du réel.

Les surréalistes cherchèrent à accéder et à explorer cette réalité. Ils voulurent changer la vie en l’inscrivant dans leur projet révolutionnaire qui hélas ne pouvait leur être d’une grande utilité par leur dimension intellectuelle. En effet une idéologie, ou un concept, ne peut qu’obscurcir la silhouette de la surréalité. Cela est dû à la structure même du cerveau humain qui ne peut saisir « l’envers du miroir » en intellectualisant sans prendre le risque d’être confronté au mensonge. C’est ce qu’ont observés les expérimentateurs dans les laboratoires des neurosciences : l’encéphale intellectuel (gauche) cherche à donner une explication à tout sans reculer devant le mensonge.

De ce fait, le concept révolutionnaire choisi fut incompatible avec l’approche de la surréalité. Un grand bénéfice en résultat malgré tout car le marxo Freudisme en devenant une véritable religion dans les milieux intellectuels, il permit au surréalisme de se faire connaître tout en le desservant… étrange paradoxe !

C’était le moment où Kandinsky inventait l’art abstrait en voulant rendre visible cet invisible qui structure toutes choses dont l’art figuratif ne représente qu’un habillage. L’invisible est permanent dans l’art quand Watteau et Poussin utilisent le nombre d’or, eux aussi travaillaient, avec discrétion, sur l’invisible.

Le problème est que l’invisible qui imprègne l’art du passé a, autour des années 20, fait exploser ce dernier exactement comme s’il voulait signifier qu’il devenait urgent de le situer vis-à-vis du cosmique.

Intégrer toute forme d’art dans le cosmique est le défi du futur qui ne saurait se réaliser qu’en utilisant harmonieusement nos capacités cérébrales révolutionnaires que nous ignorons encore.

Cette communion de la création avec les forces universelles ne caractérise pas uniquement l’art mais notre vision du monde y compris dans les divers domaines scientifiques.

En qualité de science des causes l’alchimie a donc son rôle à jouer, comme l’avaient bien compris les surréalistes. Ce mouvement est le vagissement d’une humanité nouvelle et révolutionnaire qui aurait enchanté Teilhard de Chardin…

L’humanité est une fleur, … nous n’avons pas fini de compter ses pétales.

Avec toute mon amitié.

De METENOÏA au TRIANGLE des Francs Maçons

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Métanoïa est, à la foi, un terme biblique et initiatique dans le sens le plus absolu. Sa présence dans les textes sacrée se conçoit car il met en exergue ce joyau incomparable qui s’avère être à la fois le plus noble et extraordinaire. C’est un don le plus précieux de l’esprit mais aussi le plus envahissant qui soit: la pensée.

Cette pensée, roule dans notre tête sans jamais s’arrêter (et que certains appellent à juste titre la « folle du logis ») et parfois ne nous rend pas la vie facile quand nous voudrions dormir. Il lui arrive de perturber notre quiétude somnolente en s’activant, à mauvais escient — et cela contre vent et marées —, jusqu’aux pointes de l’aurore. Indomptable, elle analyse des sujets futiles, ou angoissants, qui disparaissent au chant du coq. Peut-être faudrait-il voir là un rapport avec le mythe des vampires ?

Le premier pas de l’initié seras d’apprendre à se débarrasser de ses nuisances nocturnes (ou diurnes) en ritournelles harassantes fruit d’une pensée maitresse chez elle et qui se manifeste à tout moment en ignorant superbement la volonté de l’individu qui l’héberge.

La pensée est parfois un cheval emballé qu’il faut apprendre à remballer car elle est génératrice d’angoisses et de tourments. Cet acte est un premier pas vers la maitrise de nous même. Que le Christ lui-même préconise de mettre à notre ordre du jour.

N’ayons pas peur des mots. Prenons le terme qui émaille toutes phrases sous le soleil méridional (et d’ailleurs) celui servant de ponctuation dans les phrases. C’est le mot « putain ». Hors de ce conteste, de vocabulaire de chantiers, il sonne, de façon très grossière et méprisante. Curieusement il témoigne éloquemment du rôle de la pensée. C’est un peu comme si des « éveillés » ou initiés voulurent marquer au fer rouge les habitudes populaires… et cela pour indiquer une piste. En effet, ce terme est issus du verbe latin « puto, putas, putare, putaui, putatum » ( que l’on retrouve dans « supputer ») qui signifie : « je pense ». Que le nom désignant le fait de penser, « je pense », soit devenue synonyme de « prostituée » en dit long sur la nature et la valeur de mes pensées!!!

Cala laisse supposer que la pensée est souvent une mauvaise coucheuse ?

Tout réside donc dans elle. D’où la parole du Christ :

« Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur. » (Matthieu V,28)

Voila qui est clair à propos de ce que nous devons apprendre à maîtriser !

Mais cela ne concerne par uniquement le côté sexuel car je n’ai point l’intention de vous transformer en fleur bleu ou en bigot ou bigote aguerrie… Laissons la lettre à qui est aveugle à l’Esprit.

Pourquoi est-ce si difficile à saisir que notre seule bonne volonté ne puisse nous mener à bon port ? Parce que tout simplement nous avons tendance à nous imaginer (permettez-moi d’incriminer, dans cette déviance, les Églises et les centres qui se disent spirituels ou initiatiques) que la méditation, ou les lectures édifiantes, qui nous changent intérieurement et nous bouleversent même, vont régler le problème et nous faire avancer dans notre progression vers les portes de l’absolu. Faux, archi-faux ! Le problème ne peut être réglé si, d’une manière ou d’une autre, la pensée (ou l’image, car l’image est l’ancêtre du mot) joue un rôle ! Restons réaliste : il est impossible de maitriser, ou domestiquer la pensée par la pensée elle-même ! Être juge et partie quel beau rôle pour nous faire rouler dans la farine par cette « folle du logis » !

Trop souvent quand je parles de métanoïa nombreux sont ceux qui font référence à un maître à penser oubliant que l’initiation ne doit placer aucune lumière au dessus de sa tête sans s’imaginer, pour cela, être au-dessus du panier.

Etre ouvert à tout mais ne croire en rien et expérimenter, toujours expérimenter, voila le seul critère qui conduit à la réussite en tout domaine. Ceux qui écoutent, ceux qui réfléchissent superbement, ceux qui parlent, jugent et ne vérifient pas, n’expérimentent pas et croient tout ce que leur dit un « sage » ou qu’ils considèrent comme tel, ceux là ne réussirons jamais même s’ils écrivent des livres brillants et faisant preuve de culture immense.

Ma concierge, parfois fruste en ses paroles lapidaires mais poète à ses heures, est pétrie de cette vérité rude et « terreuse » qui transcende toutes subtilité sémantique… Cette grande Dame, et précieuse amie, me disait récemment dans sa lumineuse lucidité quelque peu béotienne (souffrez que je vous la cite sans adaptation ni préambules): « l’érudition ne change pas un couillon ! »(sic)

Métanoïa…Quel mot barbare ! Si j’aborde ce sujet qui peu paraître une lubie de linguiste ou d’étymologiste, en mal de bavardage, c’est que le sens de ce vocable grec (généralement mal traduit) est fondamental sur le chemin de TOUTES spiritualités que ce soit celle d’Occident ou d’Orient. Ce SEUL terme indique le SEUL chemin possible reposant sur une évidence trop souvent passée sous silence car non significative aux yeux de beaucoup : l’homme, tous les hommes qui peuplent notre planètes sont pourvues (physiologiquement parlant) du même cerveau et du même système nerveux central et possèdent donc les mêmes « outils » intellectuels et spirituels. Si le milieu culturel varie, le fonctionnement cérébral reste un dénominateur commun par la « sécrétion » d’un phénomène invisible et impondérable mais fondateur de notre ego hyperdimentionné : la PENSÉE.

« JE pense dont JE suis » disait notre cher champion tricolore René Descartes. Que les philosophes me pardonnent mon outrecuidance d’incompétent en ce domaine marginal de l’ergothérapie, même si métanoïa entre dans le cadre d’une rééducation de la PENSÉE ou le JE s’annonce comme misérable dans son hypertrophie emphysémique.

 

Le traduction habituelle du mot métanoïa.

Selon l’éthymologie grecque la plus pure (la trop pure comme nous le verrons), montre que dans le mot métanoïa il y a «noïa» que l’on rencontre dans d’autres termes comme celui désignant cette maladie mentale qui est la paranoïa car «noïa» provient du Grec «noos» qui signifie PENSÉE.

Cette interrogation, à propos du sens de ce vocable grec rarement employé, si ce n’est dans la Bible, concerne essentiellement les courants philosophiques ou religieux, surtout chrétiens. Il est bien souvent compris, et donc traduit, différemment. Cette incertitude provient essentiellement de la difficulté de plus en plus grande à accepter cette locution qui traduit une transformation libératrice de la pensée dans un milieu doctrinaire guindé qui désire non pas transformer cette pensée, mais la canaliser, la guider pour finalement l’aliéner à une foi, à une cause. Tout cela évidemment place une majorité d’individus sous la « coupe » d’une minorité et s’avère être une démarche carcérale et donc contre-évolutive. En ce lieu le verbiage subtil du clergé dominateur, rompu à la rhétorique, s’efforce brillamment de prouver le contraire… Écoutons le rire gargantuesque de Rabelais en son abbaye de « Telaime ».

Mais avant de poursuivre achevons d’analyser le sens de ce mot qui contient le préfixe « méta » que l’on trouve dans métamorphose ou changement de forme. Ainsi métanoïa signifie en grec « changement de la pensée », « changement de la manière de penser » ou encore « changement de mentalité », ce que les religieux ont souvent interprété comme « conversion ».

Nous verrons combien les diverses interprétations reposent le plus souvent sur des concepts désireux d’accréditer, surtout dans le milieu religieux, des interprétations en accord avec les préceptes du moment. La doctrine chrétienne change au cours des siècle (la langue française également) en fonction des dogmes adoptés au fil des conciles. Nous arrivons ainsi au curieux phénomène que la traduction du terme proposé par les  Églises chrétiennes soit « repentance ». Quel mot que voilà ! D’où sort-il ? Mystère ! C’est un mot qui n’existe pas dans le dictionnaire ! Mieux encore, il n’est même pas dans le Cathéchisme de l’Église Catholique édité en 1992 (chez Mame/Plon) sous la signature du pape Jean-Paul II !

La canalisation de la pensée, des fidèles d’une Église, aboutit donc à un néologisme incompréhensible. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y a là une incongruités qui fait perdre toute valeur à une « repentance » surréaliste qui s’avère n’être qu’une canalisation percée.

Faut-il s’étonner de ce genre de dérive ?

 

Métanoïa à la lumière de différentes traductions.

L’erreur, très grave, qui aboutit à une absurdité, repose sur la mauvaise interprétation du texte grec des évangiles en particulier et du Nouveau Testament en général. C’est ce qu’a fort bien démontré André Chouraqui en ses remarquables traduction néotestamentaires.

Les traducteurs des Évangile oeuvrent comme si les textes étaient rédigées en Grec le plus pur de l’empire. Erreur ! Car, les Apôtres, « même lorsqu’ils écrivaient directement en grec, pensaient tous en sémites. » (in l’Évangile selon Marc p. 17  Éditions Lattès. 1992) De ce fait les écrits évangéliques ne sont pas des textes grec pur mais une sorte de patois (grec-sémite) : la koînê, écrit et parlé à l’époque du Christ. Des générations de traducteurs (et cela depuis des siècles) n’ont pas assez tenue compte du milieu linguistique dans lequel furent rédigées les Écritures. Le « grec » des Évangiles est en réalité de l’hébreu ou de l’araméen et même du samaritain « grécisé ». Il ne s’agit pas de quelques mots ça et là conservés de la langue parlée à l’époque du Christ comme le fameux « éphpheta » utilisé à l’occasion du sacrement de baptême ou encore « skandalizein » ; ce sont beaucoup de locutions qui ne sont compréhensibles qu’en se référant à l’hébreu ou à l’araméen. Même la construction des phrases est fortement marquée par l’esprit sémitique. Cette sortes de dialecte, n’est donc qu’apparemment une langue identique à celle des autres provinces de l’empire.

Comme beaucoup d’exégètes ne connaissaient bien que le grec ou l’hébreu MAIS RAREMENT LES DEUX LANGUES, les traductions usuelles (surtout la TOB ou traduction œcuménique de la bible) prêtent le flanc à de sérieuses critiques et surtout a des « adaptations » n’ayant plus de rapport avec le sens des textes initiaux.

Dans l’évangile de Matthieu nous avons au huitième verset du troisième chapitre la phrase suivante selon les traductions habituelles (Bible de Jérusalem ou de Segond):

« Produisez donc du fruit digne de la repentance (metanoia), »

Si nous compulsons la traduction d’André Chouraqui nous obtenons la phrase suivante :

« Faites donc un fruit qui vaille pour le retour (métanoïa) »

 

Métanoïa et le retour aux origines

 Ce mot retour (qui est un changement axé sur une inversion) est en directe relation avec la métamorphose qui commence par un être « normal » pour passer par des étapes de structure différentes et enfin retourner (ou redonner) un être analogue (mais non identique) à l’être initial. L’embryologie des grenouilles en est un exemple avec les différentes étapes de têtards qui finissent par se transformer en grenouille. Le monde des insectes est extrêmement riche de ces transformations comme la libellule qui devient un terrible prédateur avant de se métamorphoser en gracieuse fée des ruisseaux et des jardins.

Mais le milieu végétal est plus représentatif du phénomène. Les fleurs se présentent d’abord isolées, éparses sur une branche.. A l’étape suivante elles se regroupent pour former des grappes d’abord très aérées, puis de plus en plus serrées pour finir par former une fleur qui les contient toutes comme dans la marguerite ou le cœur jaune et les pétales sont de petites fleurs. En 1952 le botaniste Henri Gaussen appela ce phénomène, de la condensation multiflorale pour un retour à une seule fleur, la SURÉVOLUTION. C’est un retour au origines, à un niveau supérieur à la manière d’une spirale, après une restructuration, une « métamorphose ».

Métanoïa revêt, dans la Bible, le sens d’un retour « métamorphoseur ».

 

L’homme et son « retour » dans sa métanoïa

Mais commençons par l’origine du phénomène en question. L’homme de la préhistoire vivait très bien en harmonie avec son milieu car avant que se manifestent la dernière glaciation (celle dite de Wurm pour les Alpes) le climat était très doux pour ne pas dire tropical et les hommes se nourrissaient facilement. Il vivaient en harmonie avec la nature dont ils percevaient, par leur pensée intuitive, tous les mouvement, toute la vie. Il n’éprouvaient pas la nécessité de développer un outillage. Bâtons et pierres suffisaient pour chasser ou se défendre. L’essentiel de leur pensée n’était pas intellectuel comme de nos jour, mais intuitif, en communion permanente avec tout ce qui est vivant dans un univers informel et peu de mots suffisaient à leur vocabulaire. La pensée intellectuelle, rationnelle, spéculative n’était presque pas utilisée. Certes ils auraient pu la développer mais il pensaient autrement un peu à la manière des chaman. C’était en fait le règne de la pensée mystique (dans une sorte d’« âme groupe » car l’individu n’existait pas, de même que l’ego) en harmonie avec l’univers entier. Ils étaient la conscience de la nature et même de l’univers. Une conscience informelle mais puissante. Cela ressemble étrangement à l’Éden biblique…

Vous commencez maintenant à deviner le sens de retour… Que certains appellent réintégration. Il ne diffère en rien de celui proposé par les Écritures. Mais, poursuivons le récit.

Vint alors progressivement le froid. La vie devint plus difficile, il fallut se protéger de la baisse des températures en se réfugiant dans des grottes d’où il fallait parfois déloger un ours. La chasse devenait ardu aussi l’outillage se dévelopa et les hommes devinrent stratèges pour piéger les bêtes et éviter de se faire attaquer par la tribus voisine. C’est ainsi par nécessité que se développa notre pensée rationnelle. Et au fil du temps elle fini par effacer et réduire au silence la pensée intuitive qui harmonise l’être avec ses congénères et avec la nature et l’univers.

Métanoïa est le retour à la pensée préglaciaire en maitrisant la pensée rationnelle pour lui donner sa juste place qui est celle de nous servir seulement quand nous en avons besoin. C’est un retour en pleine conscience de ce que signifie cette capacité, qui n’appartient qu’à l’humain.

Retrouver, avec la pleine conscience de sa valeur, la pensée intuitive en sortant de la dimension grégaire des moutons (ce qui est bien signifié dans l’Église, par le symbole polysémique qu’est la sacrifice de l’agneau pascal).

Depuis le début du XXe siècle ce processus d’inversion, de RETOUR, est en marche. Cela correspond au fait que l’intellectualisme n’est plus une nécessité vitale et nous avons le loisir et la possibilité de développer ce que nous avions exclu. La raison de cette démarche ? Elle est capitale non seulement à titre individuel mais surtout pour l’humanité entière qui se doit de franchir ce cap pour aborder une autre phase de son évolution. Ce retour est en réalité un renversement une convergence de surévolution, ou évolution convergente, fort bien traduite par Pierre Teilhard de Chardin avec son point oméga au sommet d’un cône ou d’un triangle, sommet ou se réalise la surévolution fusionnante et donc la divinisation de l’être.

Métanoïa est bien un acte de retour à la maitrise de la pensée spéculative pour l’amener à sa propre antériorité sans le grégarisme (ou sans son « âme groupe ») provoquant ainsi une conscience individuelle nouvelle ; un « éveil » une libération de l’être de son excès de rationalité provoquant la venue du « royaume des cieux » qui libère de toutes les injustices et de toutes les tyrannies du monde…

Nous sommes loin du concept de la misérable et douteuse « repentance » inconnue de nos dictionnaires et de nos académies.

Le retour n’est pas une pirouette. Ce n’est par le retour à l’individu que nous étions hier, avant la glaciation de Wurm, ou à la suite d’une lecture ou d’une conversation… Certes, à la suite d’une conférence, d’une lecture ou d’une homélie nous pouvons nous sentir changés au plus profond de nous-même, plein d’une spiritualité nouvelle, converti même à une religion… nous changeons notre manière de vivre mais nous ne changeons pas notre manière d’être. Cela n’est donc pas le retour ou métanoïa.

Métanoïa est un retour aux origines, un changement d’état de conscience, et de ce fait une transformation beaucoup plus profonde que celle reposant sur les actions et exactions de notre pensée rationnelle. Notre réflexion dit précisément que nous somme face à notre reflet dans un miroir, que ce que nous voyons est virtuel. Métanoïa c’est retourner de l’autre côté du miroir… et voir la réalité.

 

Le chemin du retour

Alors un seul chemin existe : celui qui passe par notre corps, par notre physique. C’est cela la particularité de Métanoïa. Parvenir à réapprendre à laisser s’exprimer notre pensée intuitive jugulée par notre pensée rationnelle grâce aux particularités de notre corps. C’est le seul chemin possible qui fut toujours employé par les Orientaux avec le Yoga, le Qi Gong ou les arts martiaux. Ce passage par le corps, avec des postures particulières, existait aussi dans les centres initiatique d’Éleusis, de Delphes ou de Samotrace… Les choses n’ont pas changées sauf que les premiers chrétiens ont constituée le centre initiatique de « retour » ou métanoïa à travers les étapes du sacerdoce (qui n’existent plus depuis 1968) dont les étapes sont : la Cléricature, l’Ostiarial, le Lectorat, l’Exorcistat, l’Acolytat, le Sous Diaconat, le Diaconat, la Prêtrise et l’Épiscopat.

Évidemment ses étapes sont devenues au fil du temps uniquement régentées par la pensée spéculative. Le « retour » de l’Église préconisé par le pape Jean XXIII n’avait pas d’autre but, mais son successeur Paul VI fut un intellectuel…

Métanoïa c’est donc un retour au-delà du nous-même actuel, au-delà de l’intellect qui nous envahis, de notre raison résonnante comme le dit fort justement René ALLEAU à la page 101 de son Aspect de l’alchimie traditionnelle : « Qui raisonne, résonne : il faut crever le tambour. ». C’est à cette seule condition que peut s’amorcer un mouvement de métamorphose engendrant un changement d’état de conscience véritable retournement par lequel l’homme est changé et rendu sensible aux forces universelles. Ainsi l’homme peut-il s’ouvrir à plus grand que lui-même en lui-même et à l’extérieur de lui-même. Et cette ouverture n’est pas une vue de l’Esprit…

J’insiste…Ne confondons pas cela avec les bienfaits de la lecture d’un grand spirituel. Car ce grand spirituel a fait ce chemin de retour et nous donne seulement les repaires pour que nous sachions si notre « éveil » est là ou non. Les auteur le plus significatif à ce propos sont Goethe, Rudof Steiner, Isha et René-Adolphe Schvaller de Lubic, Fulcanelli et René Alleau…

Parfois il est possible de discerner des filiations initiatiques. Ainsi en 1768, le docteur Metz, médecin spagyriste (et donc alchimiste) sauve la vie du jeune Goethe (cf. Goethe, Poésie et vérité, livre VIII. Gray, Goethe the Alchimist, Cambridge Universsity Press, 1952 et Alexander von Bernus, in Alchimie et médecine p 173, 184-185)

Le docteur Metz transmis très probablement le concept de Métanoïa au jeune Goethe. On se rend compte de l’omniscience du génie allemand par ses intuitions fulgurant dont la plus impressionnante fut celle, à mon avis, de la connaissance de l’hélice d’ADN support de la vie.

Nul n’ignore que le jeune Rudolf Steiner étudia minutieusement la vie et l’œuvre de Goethe. Il eut accès à des documents inédits. Peut-être faut-il voir là un lien initiatique débutant avec le médecin alchimiste Metz et transmis à Rudolf Steiner par des documents ayant appartenu à Goethe ?

Quant à René Alleau il traduit fort bien le début de son éveil à la page 132 de son livre Aspects de l’alchimie traditionnelle publié en 1953 (l’auteur est décédé en 2013) :

« L’illumination ouvrait à l’adepte les portes d’un royaume auprès duquel l’or, la santé, le pouvoir temporel, la célébrité mondaine, ne représentent que des hochets indignes d’un philosophe. Ce royaume était — et il est encore — celui de la transconscience ou de l’éveil que l’on doit, plus simplement considérer comme l’état « VÉRITABLE », « MUR » et « ADULTE » de la conscience sinon de la conscience actuelle.

Or cet état, comme le prouve de trop rares éclairs produits en nous en certaines circonstances par des intuitions d’une beauté, d’une vérité, d’un accord enfin PARFAIT, ne représente dans notre condition habituelle qu’un accident imprévisible, une série de chances heureuses, de rencontres bouleversantes dont nous doutons dès qu’elles cessent tant elles sont fugitives. » (j’ai souligné deux mots.)

Tous on bénéficié, d’une manière ou d’une autre, d’une formation de base (que von Bernus qualifie – en parlant de Goethe – de « rencontre primordiale » suivie d’une formation menant à l’éveil) pour accéder à ce retour.

C’est d’abord cette démarche qui doit être accomplie sans cela nous restons dans notre pauvreté et surtout piégés par notre pensée rationnelle et tentaculaire que n’effraie pas le mensonge, et cela à notre corps défendant, comme cela fut prouvé abondamment, par les neurosciences. Mais c’est une autre histoire…

 

Le triangle divin des églises et le delta lumineux maçonnique

Évidemment les symboles les plus anciens, issus d’une pensée omnisciente, de l’Église ne peuvent que traduire la connaissance de métanoïa, puisque le retour, que ce terme signifie, est fondamental irréfragable pour donner accès à la véritable mystique.

Le triangle religieux est la représentation de la Sainte Trinité : le Père, Le Fils et le Saint Esprit.

Quant aux Francs Maçons, il rattachent cette tripartition à la formule : éminemment intellectuelle rationaliste et… catastrophique ! : Bien penser, bien faire, bien dire ou à la devise utopique de la république des français : Liberté, Égalité, Fraternité… Avouons qu’il y a là matière à ergoter sur les idéologie de tout poil.

Mesurez combien face au « retour » préconisé par métanoïa ces interprétations restent pauvres, superficielles et anti-spirituelles même si on ajoute à la trinité divine celle des triades memphite, osirienne ou thébaine et même les trois molécules de l’ADN et d’autres agrégats atomiques énergétiques en triades. Baratin, baratin… On s’écoute parler pour le plaisir des dieux.

Autant dans l’Église que dans la Maçonnerie ces différentes explications ne sauraient aiguiller le lecteur, désireux de méditer toutes les significations possibles, vers un nouvel état de conscience, ou une « ouverture du Satori, comme le disent les praticiens du Zen… ou encore vers l’ouverture du « troisième œil » comme le disent, en nos antres secrets et mystérieux, beaucoup de de « rigolos ». Je reparlerais, dans un article à venir de ce très réel « troisième œil ».

La physiologie moderne nous éclaire beaucoup plus que des billevesée symboliques enrichissant un catalogue de sens et de non sens.

Le sieur La palisse dirait qu’un triangle isocèle ou équilatéral (ou presque) a un côté droit et un gauche. Le droit concerne les capacités perceptives surrationnelles. Du gauche émanent nos capacités intellectuelles, rationnelles. Le troisième sommet représente la rencontre de ces deux capacités cérébrales de ces deux genres de pensées. Les côtés qui convergent vers le sommet, pour se rencontrer au sommet lui-même, représentent ce que les neuro-physiologistes appellent la pensée cruciforme car il se trouve à la rencontre des deux manières de cogiter. C’est cette pensée cruciforme qui donna tout son sens à l’antique Rose Croix alchimique (la vraie et non pas celle de nos société qui portent ce nom).

Au point de rencontre de ces deux genre de pensée (donc au centre de la croix) jaillit la rose rouge qui conduit à la rose mystique et à l’escarboucle qui est la pierre philosophale.

Il est donc tout à fait logique d’ajouter une croix sous le triangle, ce qui lui donne le sens de soufre dans la nomenclature de l’ancienne chimie et de l’alchimie. Et le soufre correspond au corps et à la souffrance (cabalistiquement parlant)

 

Mon formateur, Roger Caro, fut le premier à mettre en évidence les rapports entre le soufre et le corps, entre le mercure et l’âme (intellect) et entre le sel et l’esprit. Dans la cohérence de ces rapport aucun adepte praticien au laboratoire ne saurait s’inscrire à contrario.

Donc le soufre correspond à la souffrance du corps et de l’âme (l’esprit en est exclu). Évidemment cette souffrance ne doit pas être mal comprise au point de se flageller dans un masochisme sanguinolent. La souffrance en question concerne l’observation de nos ressentir plus ou moins douloureux pour prendre conscience de leur existences, qu’ils soient moraux ou physique des plus bénins au plus forts. En fait il s’agit de se sentir vivre, d’être présent à travers nos perceptions et donc à travers notre corps. Notre intellect tend à négliger notre organisme. Il convient donc de remédier à cela pour pouvoir avancer sur le plan spirituel et mystique. Évidemment cela nécessite des exercice bien précis car cette perception doit s’encrer définitivement dans notre inconscient.

Ce triangle symbolisant la trinité divine porte souvent, à l’intérieur, une inscription les quatre lettre hébraïques du nom divin qui se lisent de gauche à droite: yod, hé, vov, hé.

Cette inscription ne fait que confirmer que les trois côtés et les trois sommets du triangle correspondent bien à la trinité divine. Je n’entrerais pas ici dans les détails de ce que les occultistes appellent le trétragrammaton et ses pouvoirs occultes ou magiques. Tout cela favoris beaucoup plus l’endormissement que l’éveil et n’entre donc pas dans mon programme. Je dois dire au passage que tout ce qui est orienté vers le merveilleux et le magique superficiel dénote chez l’individu soit une fuite de la réalité (c’est « réparable ») soit une fascination pour le merveilleux et les pouvoirs (c’est très difficilement « réparable »).

Dans un autre genre de triangle nous avons un œil que la majorité identifie comme étant l’œil de Dieu. Ce qui déplais fort à certains Francs Maçons qui n’aiment pas parler de Dieu, car associé aux religions et donc au dogmatisme qu’ils repoussent avec un grondement dans la voie prêt à mordre. Il le regardent d’un mauvais œil (excusez ce mauvais jeux de mots) car il semble aller dans le sens « dogmatisé » des Églises en oubliant qu’eux même sont dogmatisés car intégrés dans un système. Inutile d’ergoter puisque chacun voit midi à sa porte.

 

L’interprétation de ce triangle « occulé » ne correspond pas obligatoirement à l’œil de Dieu qui observe tel l’ancien « œil de Moscou » des soviets…

L’œil de la trinité divine peut être aussi l’œil de la trinité humaine (corps, âme et esprit) les deux trinités se superposent au point que l’œil de l’homme peut devenir l’œil de Dieu et ce devenir est d’autant plus évident que Dieu, immatériel par définition, n’est pas pourvu d’un œil comme celui dessiné dans le triangle.

Cet œil est donc soit la manifestation d’un anthropocentrisme soit pire encore l’homme se considère comme étant Dieu. Certains n’hésitent pas à franchir le pas car en ésotérisme on trouve le meilleur mais aussi tous les tableaux cliniques de délires plus ou moins mystiques fumeux ou farfelus.

Revenons à nos moutons…Cette particularité de l’œil de la trinité humaine capable de connaitre son créateur est confirmé par les mystiques chrétiens, avant qu’Abélard ne viennent intellectualiser la théologie. Ce fus le cas d’Hugues de Saint-Victor (+1142). Dans son œuvre sur les sacrements :

« Hugues enseigne que l’image de Dieu en l’homme rend la créature rationnelle capable de connaître son créateur et que cette image est trinitaire » (Hilda Graef Histoire de ma mystique, p 147 (édition « livre de vie »)

Le même auteur poursuit à la même page :

« Au-delà de l’œil du corps et de l’œil de la raison, il y a un troisième œil qui voit Dieu au dedans de l’âme, et qui est « l’œil de la contemplation ». Les deux, l’œil de la raison et l‘œil de la contemplation on été aveuglé par la chute. »

La chute étant, évidemment, l’envahissement de notre paix par la raison résonnante qui génère toute les transgressions.

Le triangle est le symbole de la pensée cruciforme. Quand cette pensée est active l’individu « éveillé » ne s’en sert qu’en fonction du besoin. Quand cette pensée n’est pas nécessaire il entre dans un silence. Dans ce silence monte un bien être, une joie d’observer le monde ou toutes choses sont découvertes pour la première fois. Tout cela est liée à l’inexistence de l’ego qui laisse sa place aux puissances universelles qui enfin peuvent observer leur création avec l’œil de l’homme. En d’autre termes Dieu observe sa création grâce à notre œil. Et de ce fait, nous comprenons d’une manière surationnelle les mécanisme de l’univers et le Grand Œuvre alchimique, au laboratoire, devient alors un jeu d’enfant… car nous sommes réellement enfant puisque le monde est tout neuf pour nous car nous ne nous posons pas de questions comme le font ces gamins prétentieux, bouchés et handicapés que sont les adultes. Cela nécessite une nouvelle naissance, ce qu’a fort bien expliqué l’historien Mircée Éliade (1907-1986) tout au long de son œuvre extrêmement riche.

Quand notre œil devient disponible pour que le Créateur puissent observer sa création, c’est une nouvelle naissance avec un supplément d’âme qui n’est autre que l’omniscience émanant naturellement du commerce avec les puissances créatrices. Telle est la surévolution, ou nouvelle naissance. Cela est traduit par le troisième chapitre de l’évangile de St-Jean :

« Il y avait un pharisien nommé Nicodème ; c’était un notable parmi les Juifs.

Il vint trouver Jésus pendant la nuit. Il lui dit :

« Rabbi, nous le savons bien, c’est de la part de Dieu que tu es venu nous instruire, car aucun homme ne peut accomplir les signes que tu accomplis si Dieu n’est pas avec lui. »

Jésus lui répondit : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de renaître, ne peut voir le règne de Dieu. »

Nicodème lui répliqua : « Comment est-il possible de naître quand on est déjà vieux ? Est-ce qu’on peut rentrer dans le sein de sa mère pour naître une seconde fois ? »

Jésus répondit : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu.

Ce qui est né de la chair n’est que chair ; ce qui est né de l’Esprit est esprit.

Ne sois pas étonné si je t’ai dit qu’il vous faut renaître. »

Nous retrouvons le concept de retour dans renaissance. André Chouraqui (1917-2007) traduit les versets sur la renaissance de la manière suivante :

« Amen, amen, je te le dit : nul s’il ne nait d’en haut, ne peut voir le royaume de Dieu »

Remarquons le terme VOIR qui a remplacé celui d’ENTRER des traductions courantes de la Bible. Ce n’est pas du tout la même chose car il s’agit de la vision du Royaume dès l’ici et le maintenant. Nous retrouvons donc le symbole fondamental de l’œil dans le triangle. Vision divine dans l’oeil humain et vision humaine dans « l’œil » divin. Perceptions qui s’inversent et s’harmonisent au fil le la promiscuité des deux « oeils ».

Cet œil dans le triangle, René Alleau en a saisi toute l’importance et l’exprime en ces termes à la page 141 de son livre « Aspects de l’alchimie traditionnelle » :

« Nous avons indiqué déjà que les principales opérations liées à l’élaboration du Grand6Oeuvre ont été divisées en trois stades distinct ou en trois « œuvres ». Ces trois « œuvres » répondent à leur tour à une triade « matière première-mercure-soufre »…

Il s’agit donc de pénétrer dans un labyrinthe symbolique à trois dimensions, dans un espace virtuel et dans un temps « sacré » qui, par rapport aux conditions habituelles de l’entendement, se trouvent situées de l’AUTRE côté du miroir. Cet AUTRE monde dans le monde du rêve est l’image inversée mène à l’éveil comme le songe à la veille, si bien que, par un reversement des valeurs, dans ce cas, c’est le monde de l’état de veille qui devient onirique et dont il convient de tenter de s’éveiller »

Cette nouvelle vision liée à l’éveil, est la conséquence d’une renaissant à un degrés supérieur. En réalité c’est une nouvelle genèse qui vas engendrer une nouvelle exégèse qui n’est autre que l’exploration et la conquête d’un nouveau monde. Nous retrouvons la SURÉVOLUTION, où naissance d’un être nouveau en ce point oméga cher à Teilhard de Chardin.

Ce concept n’était pas étranger aux mystiques et alchimistes musulmans. Ainsi, le grand Jabir ibn Hayyan (Géber en latin) né au VIIIe siècle fut membre d’un groupe mystique appelé « Frères de la Pureté et de la Fidélité » qui est à l’origine d’une science dite Science de la « balance » (mizan) pour laquelle il ne s’agissait pas de masses à peser (maza est un ancien nom de l’alchimie, en langue franque, qui est devenu massa, masse, d’où pesée et balance) mais de constater qu’à toute genèse correspond une exégèse (du grec « mener hors de… »).

De genèse en genèse, l’homme s’élève jusqu’à la transfiguration. Spirale évolutive dont les échelons sont des genèses et donc de nouvelles naissances. L’Église ancienne (avant 1968) a conservé ce concept à travers les sept ordinations ou chacune est une genèse suivie d’une exégèse (ou temps d’études et de méditation) qui une foi achevée aboutit à une nouvelle « ordination-genèse ».

Le concept de renaissance est indissolublement lié à toute progression spirituelle, à chaque nouvelle vision du monde, ou à chaque étape naît un homme nouveau de la dépouille d’un vieil homme, comme le dit si bien Paul de Tarse dans ses épitres.

Avec toute mon amitié.

 

Que l’année 2014 soit pour vous un grand pas en avant vers votre retour avec cette joie et ce bonheur qui lui sont indéfectiblement associé. Ceci étant dit je déboucherais le champagne pour vous éclabousser de joie. BONNE ANNÉE ! ! !

 

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L’ENIGME DES « AA » DES « AAA » ET DES « AAAA » – 4 –

Amicalement à Bruneau d’Hendaye

Cet article est la suite de l’énigme des AA, des AAA, et des AAAA 1, 2 et 3.

 Nous voilà parvenu au bout de notre périple jalonné par de multiples « A » et fractionné en quatre étapes pour le confort de votre lecture et la bonne respiration de celui qui les rédige.

Nous sommes donc maintenant au cœur de notre sujet ou tout ce qui a été dit dans les 3 articles précédents pourra fructifier. Enfin ! je l’espère…

 Précision : si vous lisez le texte qui suit sans avoir lu les articles précédents, vous vous privez d’une démarche nécessaire et votre compréhension seras tronquée. Ainsi vous trahirez l’esprit que j’ai cherché à vous faire partager.

 Que les « experts » de la croix cyclique d’Hendaye se rassurent, je n’ai pas cherché à rivaliser avec le grand Fulcanelli. Dois-je avouer que sans son Mystère des cathédrales je n’aurais jamais déniché un monument aussi digne d’intérêt ? Je n’ai pas non plus voulu faire ombrage à ces multiples auteurs qui publient des articles qui ne sont pas dépourvus d’intérêt.

 Atterrissons (sur terre évidemment) tout à côté de nos AAAA avec lesquels nous allons tenter d’établir un échange le plus fructueux possible.

Je vous vois venir avec votre humour un peu béotien pour m’affirmer qu’il s’agit d’un prélude à un éternuement, auquel il manque le « tchoum » libérateur ! Soyez rassuré, je ne suis pas enrhubé ! Ma tête, selon les premières expertises médicales, ne contient pas un fromage à la place du cerveau. Bon, ça ne vole pas bien haut tout ça !

 Pour situer le sens de ces quatre voyelles il nous faut revenir à Dax, dans les Landes, où Vincent Depaul passa une partie de son enfance et entreprit ses études grâce à son protecteur et ami M. De Cormet. C’est la générosité de cet homme de Loi qui lui permit de s’inscrire à l’université de Toulouse. Il faut souligner l’instruction exceptionnelle que reçut Vincent afin qu’il puisse changer la mentalité de son siècle, d’où son ordination à la sortie de l’adolescence. Ses connaissances théologiques et ses dons d’orateur (il les montrera en diverses occasions surtout lors de ses conférences du mardi où il formera le haut clergé) étaient celle d’un prince de l’Église.

 Je dois ici insister sur l’emplacement géographique de la ville de Dax, tout au sud des Landes, jouxtant la frontière avec le département des Basses-Pyrénées qui devint Pyrénées-Atlantiques en 1969. Quand naquit Vincent les départements n’existaient pas, nous étions au sud de l’Aquitaine, dans la Gascogne, à deux pas du pays Basque. Ainsi Bayonne est à 53 Km et Hendaye à 70 km. C’est à Hendaye que se trouve le mystère de AAAA. C’est maintenant que je vais essayer de synthétiser plusieurs choses pour tenter de vous montrer le sens profond de l’œuvre de Fulcanelli et de Canseliet. Cependant, soyez indulgent dans vos opinions car cette tache n’a pas toujours été facile. Dame, pour clarifier les choses il m’a fallu piocher au-delà du raisonnable et solliciter la chance !

 

 À la recherche de « AAAA ».

 Au cœur de la vieille ville, l’église Saint-Vincent domine la baie de Chingoudi faisant suite à l’estuaire de la Bidassoa, fleuve frontière au débit capricieux. Cet édifice basque fut construit pour la première fois en 1598 et détruit à plusieurs reprises lors des guerres contre l’Espagne entre 1793 et 1813. En définitive ce sanctuaire fut bâti et rebâti et donc profondément remaniée sans perdre pour cela son caractère régional.  

 À côté de cette église paroissiale se dresse une croix gravée dont l’alchimiste Fulcanelli décrypte le sens en son livre Le mystère des cathédrales paru en 1926 et dont son ami Jules Boucher,– l’auteur du célèbre ouvrage la symbolique maçonnique, qui devint la « bible » des Francs Maçons,– écrivit un article 10 ans plus tard dans la revue « Consolation » pour commémorer l’événement.

 Le large public n’aura connaissance de cet ouvrage de Fulcanelli qu’à la parution du livre à grand succès Le Matin des Magiciens de Louis Pauwel et Jacques Bergier publié chez Gallimard en 1960 et réédité dans les collections de poche.

 N.b. Le chapitre du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli intitulé La croix cyclique d’Hendaye inspirera de nombreux commentateurs adeptes de la spéculation car c’est le seul passage de l’ouvrage du prestigieux auteur qui ne traite pas de l’énigme du Grand Œuvre des alchimistes. C’est donc une porte ouverte à la spéculation. Aussitôt rassurés, nos bretteurs sortirent de leur réserve flamberge au vent car ils ne risquaient plus le ridicule. Oui, si vous désirez être baladés des pyramides d’Égypte au jeu de tarot pour parvenir jusqu’aux « champs à haute fréquence hyperdimentionnels » qui vont vous faire découvrir d’autres espaces, lisez et vous ne serez pas déçus. Ce ragoût de tout ce qui traîne, dans les arrière-boutiques péripatéticiennes d’occultisme, est à votre disposition. Je vous laisse ma part sans rechigner.

 « Près du transept méridional, écrit Fulcanelli, une humble croix de pierre, aussi simple que curieuse, se dissimule sous les masses vertes du parvis. Elle ornait autrefois le cimetière communal, et c’est seulement en 1842 qu’on la transporta près de l’église, à la place qu’elle occupe aujourd’hui. Quant à l’origine de cette croix, elle est inconnue et il nous fut impossible d’obtenir le moindre renseignement sur l’époque de son érection. Toutefois en prenant pour base de supputation la forme du soubassement et celle de la colonne, nous pensons qu’elle ne saurait être antérieure à la fin du XVIIe siècle ou au commencement du XVIIIe. » (p.217 édition 1970)

 Cette croix était donc, à l’origine, indépendante de l’édifice religieux. Elle fut donc réalisée spécifiquement pour le cimetière qui jouxtait l’église puis déplacée, de quelques dizaines de mètres en 1842, pour rejoindre le parvis de l’église.

Elle fut probablement érigée en même temps, ou peu après, que la première construction de l’édifice religieux, ce qui accrédite les suppositions de Fulcanelli quant à son age.

Il faut remarquer que sa présence dans le cimetière l’a, certes, protégé lors de la destruction de l’église mais surtout lui donne un sens global particulier. En effet, le fait qu’elle ait été placée initialement dans le domaine des morts revêt son message d’une dimension eschatologique. De ce fait elle est associée à toutes fins : fin d’un cycle, fin d’un temps. Il n’y a donc pas lieu d’être étonner du sens particulier de son message. L’originalité réside en la manière dont le message fut transmis à travers des erreurs voulues et des images parfois naïves qui ne manquent pas d’être déroutantes pour un chrétien.

Actuellement elle s’élève sur son socle de trois marches. Son piédestal a la forme d’un parallélépipède rectangle reposant sur l’une de ses deux bases carrées. Les 4 faces rectangulaires sont ornées de symboles. Sur la surface carrée supérieure s’élève une colonne cannelée au sommet de laquelle est une petite dalle horizontale de faible épaisseur. Ce carreau rectangulaire aux bords inférieurs chanfreinés sert de support à la croix qui se dresse au sommet et dont la branche horizontale est gravée, sur deux lignes, d’une inscription entourée d’un cartouche. Au sommet de la branche verticale est inscrit un X ou croix de saint André.  

 Les supputations de Fulcanelli sur la date d’érection de cette croix correspondent à cette période ou vécu Vincent Depaul (1581-1660), à Dax situé à 70 kilomètres de là, et dont la puissante mystique prenait son assise sur des concepts ésotériques non condamnés par l’Église. Le secret de Vincent ne peut être uniquement celui de l’alchimie puisque la connaissance de cet Art en génère d’autres en ouvrant les yeux sur les lois universelles.  De ce fait il n’était pas toujours très catholique. Cela explique sa sympathie pour le socinianisme naissant proche par certains points de l’arianisme et du jansénisme dont son ami l’évêque d’Alet Nicolas Pavillon manifestera, par son ascétisme et sa charité, l’appartenance de cœur.  

N.b. Ceux qui œuvrent au laboratoire alchimique sans en distinguer la profondeur spirituelle christocentrique (et donc Rose+Croix dans le sens mystique du terme indépendamment de toute association portant ce nom) sont des chercheurs d’or. C’est donc du vent. Vanité, vanité… Car souvent leur souffle est le support d’un verbiage étourdissant.

Ceux qui font n’importe quoi et sont les tenants d’une alchimie éclatée en alchimie spirituelle, psychologique, érotique, poétique et même météorologique (« transmutation » du temps d’un jour à l’autre) en d’autres termes tous ceux qui  parlent et n’arrêtent pas de parler sont de vrais « souffleurs » ayant perdu le souffle de l’esprit et qui nous pompent l’air (qu’est-ce que c’est méchant ça !). Désolé d’apparaître, en votre honorable compagnie, comme hérissée d’épines (l’acacia m’est connu). Bon, ça va, j’ai compris, il va falloir que je me soigne !

Je vais tirer le vin de ma déchéance jusqu’à la lie… Je vous propose un petit verre (hic ou sic) de chanson paillarde qui raisonnait, les jours de fête, dans ma chambre d’étudiant : « La rose a des épines, toi KK tu n’en as pas. ». Ça y est je ne suis plus en odeur de sainteté auprès de la bonne société. Avant de m’enfoncer dans les miasmes de l’infamie, je souhaite à mes frères paillards de s’abreuver gaillardement à la dive bouteille ! Heureusement que je n’écrit pas ça dans un bouquin, car alors ma notoriété en prendrais un sacré coup… comme ça me fait ni chaud ni froid j’en déçoit plus d’un.

 J’ai rarement lu un commentaire sur le texte suivant de Fulcanelli, texte qui fait suite aux précédents et qui est fondamental pour saisir le symbole de cette croix :

   « La croix d’Hendaye, par la décoration de son piédestal, se montre bien le plus singulier monument du millénariste primitif, la plus rare traduction symbolique du chiliasme, que nous n’ayons jamais rencontré. On sait que cette doctrine, acceptée tout d’abord pui combattue par Origène, saint Denys d’Alexandrie et saint Jérôme, bien que l’Église ne l’eût point condamnée, faisait partie des traditions ésotériques de l’antique philosophie d’Hermès » (idem. Supra p. 217).

    Le millénarisme ou chiliasme (du Grec Khilias, mille) prône des cycles de 1000 ans et de sept mille ans, ce qui rejoint ce que j’ai dit précédemment sur les sept étoiles de la petite Ourse. Dans la chrétienté cette idée se répandit largement au cours des premiers siècles. Elle fut tantôt acceptée, tantôt refusée, mais comme le dit fort justement Fulcanelli, elle ne fut jamais condamnée par l’Église, ce qui exclue donc son appellation de secte comme on peut le lire trop souvent dans les dictionnaires et encyclopédies et même sur Internet.

 Le millénarisme spécifie qu’avant la fin du monde il y aurait une première résurrection des sages qui vivrons pendant 1000 ans dans le bonheur. C’est gênant cette histoire ça fait réincarnation, vous ne trouvez pas ? C’est contraire à l’idéologie catho ça !

 Et oui, vous avez compris, le rejet de cette doctrine est en réalité la conséquence du rejet de la réincarnation par saint Jérôme et saint Augustin. Quant ils décidèrent de rayer, d’une manière arbitraire, la réincarnation de la chrétienté ils furent obligés de rayer également le millénarisme même s’il reposait sur l’ancien testament (Apocalypse chapitre XX), d’où l’attitude de l’Église qui ne pouvait la condamner.

N.b. je traite ce sujet de la réincarnation, (à ne pas confondre avec la métempsychose qui, en Inde, fait le bonheur des vaches sacrées), avec des références de lettres entre Jérôme et Augustin, dans mon livre Holoscopie de la Spiritualité occidentale.

Après ce rejet de la migration des âmes (réincarnation d’un Homme, après sa mort, dans un autre corps humain) sans justifications factuelles, les théologiens se sont mis à l’œuvre pour asseoir cette opinion d’une manière apparemment inébranlable. Si vous lisez ce genre de littérature justificative ne perdez jamais de vue qu’un théologien est comme un bon psycho sociologue, il est capable de prouver n’importe quoi (surtout s’il est démesurément conditionné depuis le catéchisme) et son contraire, ce qui fait les choux gras des prélats et des politiques qui ont là une réserve giboyeuse et indéfectible. Alors, si vous êtes un bon-chrétien intelligent, ne vous laissez pas « avoir ». Soyez sûr qu’on ne peut demander une pareille ouverture d’esprit au Vatican. Peut-être qu’en notre période de désertion des brebis ce serait trop tenter les théologiens d’ouvrir de fausses fenêtres… ce fut le cas pour le sacerdoce féminin.

N.b. Pour résoudre le problème de l’impossibilité de l’ordination des femmes (faux problème, crée par des misogynes, puisque dans l’Église primitive les femmes pouvaient être prêtre et évêque) les théologiens proposèrent de remplacer la cérémonie d’ordination par une nomination. Ainsi n’importe qui, après examen des connaissances, pouvait être nominé prêtre. Suggestion : il faudrait installer des distributeurs automatiques d’hosties dans les buffets de gares.

 Admirez au passage l’élégance et la discrétion avec laquelle Fulcanelli exhume subrepticement des choses qui fâchent (en frôlant la réincarnation) tout en évitant le scandale. C’est l’une des marques de l’Adeptat.

 N.b. Il ne faut pas confondre « Adepte », avec l’initiale majuscule, et « adepte » avec l’initiale en lettre minuscule. L’Adepte est celui qui a réussi, et l’adepte est celui qui participe, apprend et cherche, on emploie souvent à propos des adeptes débutants le terme de « fils de science » ou « enfant de l’art ». Évidemment, et vous l’avez compris, les dirigeants des AA étaient des Adeptes… au moins deux dont l’un était Vincent Depaul.

 

Les inscriptions sur les bras de la croix.

 Sur le bras horizontal de la croix on lit l’inscription latine suivante, en lettres majuscules, disposée sur deux lignes et encadrée :

 OCRUXAVE S

PESUNIC A

 

Derrière cette inscription, sur la même branche horizontale on peut lire les quatre lettres I. N. R. I., ce qui lie le sens des deux inscriptions, les rendent inséparables et complémentaires. Cette particularité des étroites relations entre les deux faces d’un même mur fut abondamment démontrée par l’ésotériste Schwaller de Lubick (1887-1961) dans ses études des temples égyptiens dont l’ouvrage magistral Le temple de l’Homme (1950 éditions Schindler au Caire) reste une référence.

Disons au passage que les murs n’ont pas toujours été un obstacle pour la vision de nos pères, et particulièrement pour les Égyptiens, ce qui leur permettait d’élaborer des relations symboliques qui sont loin d’être évidentes pour nous.

 Fulcanelli remarque qu’en première lecture il semblerait qu’il s’agisse de la phrase bien connue :

O crux ave spes unica

se traduisant par :

« Salut, oh Croix, unique espoir. »

 

Cependant c’est une inscription dont la disposition est volontairement erronée car elle isole, en bout de ligne, la lettre S qui aurait due être liée à « pes » (qui signifie « pied ») en tronquant le mot « spes » (qui signifie « espérance ») quant à la lettre A qui devrait être solidaire du mot « unica », elle est séparée d’un espace. Cela prouve que ce n’est pas par manque de place que le s de « spes » fut séparée du mot. Donc, ces anomalies sont voulues pour attirer l’attention sur le sens caché de cette inscription apparemment banale pour les catholiques. La phrase devient alors, avec ses anomalies :

 

O CRUX AVE S PES UNIC A.

 

Les deux lettres isolées doivent donc être assemblées, et ne peuvent constituer que le mot l’AS, c’est-à-dire l’unité selon l’auteur latin Vitruve. C’est d’ailleurs là l’origine de l’as (figure seule) dans le jeu de carte. D’où l’as celui qui est unique, le meilleur, en une chose.

 

L’inversion des pôles

 Nous avons vu précédemment que A isolé a déjà le sens d’unité (de pôles terrestres Arctique et Antarctique). Il va donc être question des pôles et la lettre S exprimera de ce fait un phénomène solaire (cab. = polaire) hélicoïdal qui précipitera le Pole nord Arctique (A) vers le Pole sud (S).

Ce Pole Sud s’abrège par les initiales PS qui ne sont pas l’abréviation de post scriptum mais indiquent bel et bien le basculement du nord vers le sud.

C’est la raison pour laquelle ces deux lettres furent gravées par des initiés (de l’inversion du N ou du nord) sur certaines dalles en étroite relation avec l’énigme de  Rennes le Château.

 Cette tradition s’est traduite, au XIXe siècle par l’inverse de la lettre N ou И. C’est la raison pour laquelle on trouve ce caractère inversé sur la croix (IИRI) surmontant la pierre tombale du curé initié de Rennes le château, (village d’où l’on voit les sommets des Pyrénées). Elle figure aussi dans certaines inscriptions normales, montrant sur un linteau de porte par exemple, la présence d’un initié de haut niveau.

 Parmi les occultistes se trouvent des ésotéristes sérieusement initiés. Ainsi l’un d’eux a réédité le tarot de Marseille à sa manière en inversant les N du titre de deux cartes alors que le jeu en comporte huit contenant la lettre N : La Tempérance, La Maison-Dieu, La Lune, Le monde, Le pendu et La roue de Fortune. Ici le choix est révélateur puisque furent choisies, pour inverser le N, les deux cartes qui montrent une incontestable inversion ou rotation : le Pendu dont la tête est en bas et la Roue de fortune en rotation. Pour ces deux cartes voir le site w.w.w.regnabit.com. d’où j’ai extrait ces précieux renseignements dont je remercie ici l’auteur qui affirme :

 « Nous l’avons vérifié, aucune autre carte de ce jeu de tarot n’a de N inversé. Les autres N sont tous à l’endroit.
Nous en déduisons donc que l’inversion du N a été associée à ces deux cartes pour des raisons précises. »

 Ce qui ne manque pas d’intérêt, c’est la roue de fortune en qualité de dixième carte toujours marquée du X chiffre romain correspondant à la croix de saint André, gravée au sommet de la branche verticale de la croix cyclique d’Hendaye. Le X confirme donc ici la rotation puis inversion de l’axe terrestre.

 

tarot-12-le-pendu

                       roue-de-la-fortune

 

 

Inversion du N du nom des cartes LE PENDU et de la ROUE DE FORTUNE qui sont la dixième et la douzième du jeu de tarot. Elles symbolisent l’inversion du Pole nord (N) devenant S (sud). 

Ces deux cartes du site w.w.w.regnabit.com confirment sans ambiguïté le sens d’inversion du Pole nord devenant Pole sud, ce que traduit fort bien le N inversé.

Dans le département de l’Aveyron, mon ami Alain Cross a attiré mon attention sur une inscription gravée sur le linteau d’une porte. C’est une phrase en lettres majuscules rédigées au XIXe siècle sans espaces entre les mots et dépourvue d’apostrophe :

 

LAИDELAREPUBLIQUEFRAИCAISE

POMIER1848

Par leur absence deux points essentiels sont mis en lumière : l’apostrophe et les espaces entre les mots.

Par ailleurs le mot POMIER est le nom du propriétaire de la gentilhommière dont on retrouve les registres d’état civil à Réquista non loin de là. L’étroitesse de la porte s’explique par les impôts sur les fenêtres et les portes qui en 1841 avaient donné lieu à une révolte populaire.

Indépendamment de cette histoire d’impôts il y eut en septembre de la même année des manifestations républicaines contre Louis-Philippe. Tout cela explique l’inscription au-dessus de la porte.

Cependant derrière cette officialité se cache un jeu phonétique qui fait de Pomier « la paume y est », qui caractérise l’alchimie. On retrouve la même manière de procéder à propos du vitriol qui inspire tant de glose chez les Franc Maçon mais n’est autre chose que l’anagramme de « l’or y vit », ce qui est déjà tout un programme.

Au-dessous de cette inscription du XIXe siècle se trouvent deux branches de laurier (l’or y est).

En bref, ce texte apostrophe le lecteur pour attirer son attention sur l’inversion du nord et sur des espaces particuliers.

Par le sens d’espace on ne peut que discerner une étrange parenté avec ce que traduit l’inscription sur la croix cyclique d’Hendaye. En d’autres termes les initiés qui se caractérisant par l’N inversé savent depuis toujours qu’en l’an ***, un espace particulier sera le refuge des hommes guidés par l’an-ge.

En phonétique le s français vient du s latin ou francisque, ou de ci ou ti  ou ki francisque, ce qui correspond à ce que dit Fulcanelli :

 « La lettre S qui emprunte la forme sinueuse du serpent, correspond au khi (X) de la langue grecque et en prend la signification ésotérique. C’est la trace hélicoïdale du soleil parvenu au zénith de sa course à travers l’espace, lors de la catastrophe cyclique. »

Le S traduit donc un basculement des pôles qui fait décrire au soleil la forme apparente du S dans le ciel. 

 En résumé : AS signifie l’inversion de l’axe (A) de la terre ayant pour conséquence le déplacement hélicoïdal (S)du soleil

 De cette inversion géographique il ne peut qu’en résulter une catastrophe sans précédent accompagné de gigantesques secousses telluriques suivies par l’éveil de l’activité volcanique très violente. Les volcans éteints depuis des millions d’années se réveilleront, et d’autres se créeront. Nul ne sera à l’abri sur une terre de feu dont les côtes seront ravagées par des tsunamis gigantesques. Cela est précisé par le sigle INRI qui signifie, en bref, que la terre sera régénérée par le feu. Nous y reviendrons.

La phrase gravée sur la croix donne une précieuse indication lorsqu’on la traduit:

Il est écrit (ocrux) que la vie(ave) se(S) pied (pes) en un unique (unic) sa

En clair :

Il est écrit que la vie se réfugie (ou prend pied) en un seul espace.

 Pourquoi la vie devra se réfugier en un seul lieu ? La réponse est derrière la croix dans l’inscription I.N.R.I.

Là encore nous avons plusieurs manière d’interpréter ces quatre lettres. La première, religieuse, résumée par les initiales des quatre mots : Iesus Nazarenus Rex Iudaeorum (Jésus de Nazareth roi des juifs). Dans le cas qui nous préoccupe elle n’est pas significative.

La seconde : Igne Nitrum Rari Invenitum (Le feu du nitre rarement trouvé) cette interprétation est essentiellement destinée à l’œuvrant au laboratoire lui rappelant qu’une matière qui active le feu puisse disparaître. Donc, cette inscription n’ajoute rien au sens que nous cherchons à élucider, mais spécifie l’opération essentielle pour réussir la séparation ou premier œuvre. Cette particularité n’est d’ailleurs pas étrangère à la fondation de l’hôpital de la Salpetrière par saint Vincent Depaul.

La troisième est la bonne car elle se traduit par Igne Natura Renovatur Integra (La nature totale rénovée par le feu).

En bref le message est le suivant :

Sur notre terre, la nature sera violemment rénovée par le feu et un seul espace existera où certains hommes pourront se réfugier pour que se perpétue la connaissance.

 N.b. Vous aurez compris que la connaissance n’est pas ici celle des scientifiques, mais plutôt celle qui accompagne la sagesse. Que les vrais sages se tranquillisent : les faux sages qui parlent bien et pullulent en nos contrées n’ont aucune chance de tromper la galerie. Je leur souhaite tout de même bonne chance, même s’ils n’en ont aucune. Quel hypocrite je fais !

 Les quatre faces rectangulaires du piédestal vont expliciter le message et lui donner une dimension qui dépasse notre perception en faisant une allusion très nette à une hiérarchie céleste qui accompagnera ceux qui échapperont au cataclysme, cataclysme marquant la fin de notre monde (je n’ai pas dit la fin du monde) lié au fait que la terre excédée « secouera ses puces ».

 Mais ce « A » isolé signale à l’attention les quatre A gravés sur le pes, ou sur le pied du monument c’est-à-dire sur le piédestal de la croix. Ceci étant dit, l’inscription se lit facilement dans la langue des oiseaux.

De ce fait le S isolé dans l’inscription n’est pas que seulement le sigle du sud mais prend aussi le sens de Seul et renforce la signification d’UNIC…A.

Le symbolisme est ici à double entrée comme le laisse supposer les dimensions « psychiques » de l’Adeptat capable d’appréhender, dans la banalité, plusieurs niveaux de réalité.

 

Le soleil dévorant gravé sur la face ouest du piédestal.

 Hendaye soleil

Le soleil affolé manifestant une

« ronde infernale » dans le ciel durant 24 heures.

 

Visage grimaçant enfermé dans un cercle avec des yeux globuleux et pourvu d’un front, d’un nez et d’un menton curieusement vestigiaux. Visage souffrant ou colérique, comme « compressé » pour pouvoir être enfermé dans un cercle. Grimace d’enfermement donc dans un espace réduit, véritable prison.

Les 32 rayons (16 grands et alternés 16 petits) qui entourent ce soleil, semblent la manifestation d’une furie comme on peut le voir dans les actuelles bandes dessinées. Ce rayonnement est, lui aussi – à la manière de celui d’une ampoule électrique – enfermé dans le cercle.

Ces valeurs numériques, multiples de 4, militent pour un enferment entre quatre murs, c’est-à-dire un isolement en un lieu dont il est impossible de sortir. Quant au multiple de 8 il milite en faveur de la course hélicoïdale de l’astre diurne à la suite du basculement des pôles.

 16, c’est aussi i6 ou Isis la déesse qui réunit les membres de son époux démembré par Seth. Donc, déesse de la cohésion, siège de la cohérence, qui n’assume plus son rôle et déroute le soleil aux antipodes…

 Aux quatre coins du rectangle entourant le soleil est gravé quatre étoiles à six branches ou sceau de Salomon qui représente l’union du feu et de l’eau qui caractérise le cataclysme, dont le feu de la terre provoque des raz de marées. D’autre par ces quatre étoiles à six branches spécifient que cette furie du soleil se déroulera en seulement 24 heures (6X4).

 

La lune décroissante gravée sur la face nord du piédestal.

 Hendaye lune

La lune sur le piédestal de la croix, d’après l’article de Jules Boucher (1936)

 Étrange cette représentation de l’astre nocturne au profil humain, avec un œil déporté sur le côté du visage comme celui des oiseaux et d’autres animaux qui n’ont pas la vision du relief car leurs yeux ne sont pas sur la face mais les côtés de la tête. C’est une gravure naïve, comme ces dessins que l’on peut voir dans la littérature enfantine.

Évidemment cette naïveté n’est qu’apparente, elle fut dictée par la nécessité de faire passer un message à ceux qui ont les yeux ouverts.

J’ai suffisamment parlé des anges de la lune que les anciens voyaient. Si cela vous choque d’une manière ou d’une autre, relisez les précédents articles.

Le sculpteur de cette croix nous dit d’où provient son inspiration sur l’inversion des pôles, car des êtres ont inspiré ce sage quant à ce qui nous attend d’une manière inéluctable depuis le XVIIIe siècle quand la science naissante devenait matérialiste et que les dimensions spirituelles s’estompaient face à l’abdication des Églises happées par le mercantilisme réducteur générateur de haine (N).

 

L’étoile à huit branches.

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L’étoile à huit branches gravée sur le piédestal de la croix, côté est, d’après l’article de Jules Boucher (1936).

 

Cette étoile désigne à la foi le cosmos et le processus de régénération de la terre et des hommes, ceci étant dit en fonction du précédent article évidemment.

Le chiffre 8 caractérise ici la régénération, c’est pour cela que les anciens baptistères gallicans avaient 8 cotés.

Cette étoile indique aussi notre voyage dans les étoiles (auprès des hiérarchies célestes) pour apprendre et nous régénérer. Il s’agit évidemment d’un voyage post mortem afin que nous puissions revenir plein d’énergie et avec de bonnes résolutions.

Cette étoile rappelle donc de garder les yeux tournés vers le ciel… si nous voulons accéder à cet espace unique ou pourrons se réfugier les hommes de bonne volonté.

Quand les reins seront impitoyablement sondés, croyez-moi si vous le voulez, il n’y aura plus beaucoup de réelle bonne volonté chez ceux qui se disent « initiés » et spirituels chercheurs de vérité ! Ces allumeurs de réverbères ne pourront supporter l’éclat de cette étoile qui vint se poser en gloire sur la grotte de Bethléem.

C’est dans cet esprit qu’il faut lire cette phrase : « Dans les cités de fer je chante un chant d’étoile » qui fut écrite par l’alchimiste allemand Michel Mayer en-tête de son bel ouvrage Atalante fuyant.

 La croix est les quatre A.

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Les 4 A, côté sud devant la croix.  D’après Jules Boucher (1936)

Ici c’est glissé plusieurs coquilles, dont la plus importante est que les 4 A ne sont pas enfermés dans un cercle mais dans un ovale dont le grand axe est vertical.

 Quant on regarde cet ovale contenant une croix on est surpris par la ressemblance avec un œil-de-bœuf fermé par une croix en barreaux de fer qui était souvent l’ouverture aérée des greniers.

Le bœuf étant lié au nord (septentrion) l’œil-de-bœuf est donc un regard dirigé vers le nord et la croix sera celle des quatre saisons.

Remarquons qu’ici l’œil-de-bœuf regarde vers le sud, c’est-à-dire à l’inverse de son orientation, ce qui se passe de commentaires…

Cette croix est l’image stylisée de la roue de fortune du tarot. Les quatre A désignent les quatre âges de l’humanité qui se succèdent : l’age d’or, l’age d’argent l’age de bronze et l’age de fer qui est le notre qui arrive donc à sa fin, d’où l’inscription sur la branche horisontale de la croix.

 Dans les églises cette représentation plus élaborée est généralement sculptée sur les tympans. Le Christ central est représenté entouré par les quatre apôtres qui se superposent, évidemment, aux quatre A. Chacun d’eux représente donc un âge de l’humanité. Et pour souligner cette concordance chacun est symbolisé par un animal. La lettre initiale A d’Animal étant suffisamment suggestive pour les cabalistes.

Ainsi Saint Marc correspond au Lion, saint Luc au Taureau, saint Jean à l’Aigle. Quant à Saint Matthieu il correspond à l’homme qui n’est pas un animal mais « Un ange déchu qui se souvient des cieux », d’où parfois sa représentation par un ange. Je ne vous ferais pas l’injure de vous prendre pour un âne en vous disant où trouver la lettre A dans le mot ange.

 Mais le plus important est l’enfermement du Christ en majesté dans cet ovale que l’on appelle amande mystique. L’amande est évidemment l’aimant, (souvenez-vous de saint Amand) ce qui signifie que chaque changement d’age est accompagné ou précédé par un changement magnétique, précédant le changement des pôles géographiques comme on peut le constater actuellement.

 

 Pourquoi l’inversion des pôles ?

 Souvenez-vous de l’interprétation de la peinture murale de saint Amand. Cela traduit l’analogie et le lien étroit entre magnétisme et amour. Ce n’est pas une vue de l’esprit et cela fut compris très tôt par les poètes comme Folco de Baroncelli qui écrivait :

 « L’amour est la grande force éternelle qui agrège les mondes et féconde les fleurs. »

 Quant au professeur Henri Prat – biologiste à la Faculté de Marseille – il spécifie (in Le champ unitaire en biologie, p 50, édit. P.U.F. 1964) à propos d’une expression de Teilhard de Chardin :

 « Les commentateurs de Teilhard de Chardin ont été intrigués par une certaine phrase énigmatique : « L’Amour est la plus universelle, la plus formidable et la plus mystérieuse des énergies cosmiques. »

Pourquoi « cosmique » et pourquoi « universelle » ? L’amour, croit-on communément, n’est-il pas une notion spécifique humaine ou, à tout le moins, biologique ? Dans la pensée de Teilhard, que vient donc faire l’amour au niveau du cosmos ? Nous sommes en mesure de dire : l’Amour n’est qu’un des aspects des forces d’attraction qui constitue l’élément fondamental de l’Univers. Il est une des formes – peut-être la plus haute –, du champ unitaire, organisateur du cosmos. »

J’ouvre une parenthèse pour les mécréants bricoleurs. En alchimie sans cette force de cohésion il est impossible de réaliser l’opération dite « coagula ». Vous voyez ce que ça veut dire l’Art d’Amour ? Je ferme la parenthèse.

 Et Prat de poursuivre en donnant la clé de la lettre N (Haine) et de son inverse И (amour) :

 « Alors ? dans cette perspective, comment interpréter « la haine » ? Celle-ci, assimilable à un « amour négatif », peut être envisagée comme une inversion du sens d’écoulement du temps. Comme toujours cette inversion, changeant toutes les attractions en répulsions, est assimilable au « mal ».

 La raison d’un bouleversement terrestre est compréhensible dans la mesure où un lien d’inséparabilité particulièrement puissant unit le magnétisme terrestre à l’amour que manifestent les hommes d’une manière ou d’une autre. La désagrégation de cet amour provoque immanquablement la désagrégation des forces qui maintiennent l’équilibre terrestre.

 Oui, le N ou « haine » ne peut s’écrire qu’inversé par ceux qui on conscience de sa signification cosmique et sont donc de véritables initiés. En résumé, quand l’amour, que manifestent les hommes sur notre planète diminue pour laisser place à la tiédeur (vomie par le Christ) ou à la haine, alors notre terre manque de « forces de cohésion » et devient malade pour finir par manifester de graves perturbations magnétiques dont l’inversion des pôles est l’inéluctable  conséquence marquant par là le moment prophétisé par le Christ de la séparation du « bon grain » de « l’ivraies ».

 

L’arche de pierre.

Quel peut-être ce lieu unique ou les hommes pourront se réfugier en attendant la fin du cataclysme ? Évidemment il ne peut s’agir que des Pyrénées. Pourquoi un autre massif montagneux ne pourrait pas jouer ce rôle comme les Alpes ou l’Himalaya ? C’est parce que les Pyrénées ont une particularité unique au monde. Aucun massif montagneux, que ce soit la Cordillère des Andes ou les chaînes de l’Himalaya, avec ses 14 sommets dépassant 8000 mètre, n’a pas la particularité des Pyrénées.

En effet, les racines des Pyrénées plongent dans le feu (pyr = feu) des entrailles de la terre car elles sont beaucoup plus profondes que celles de n’importe qu’elles montages au monde, son orogénèse (formation) est exceptionnelle ce qui en fait, de l’atlantique à la Méditerranée, un immense vaisseau de pierre capable de surnager dans le magma de roches fondues. C’est dans ce sens qu’il faut interpréter la légende de saint Jacques de Compostelle selon laquelle ses amis placèrent son corps sur un bateau de pierre sans voile ni gouvernail et embarquent avec lui, pour s’échouer dans un estuaire galicien. Remarquons que les pèlerins de l’Europe doivent franchir les Pyrénées pour parvenir à Saint Jacques de Compostelle et beaucoup passait, et passent encore, devant la croix cyclique d’Hendaye.

 On peut comparer ces montagnes à l’Arche de Noé. C’est d’ailleurs cette particularité qui en fait une Haut-Lieu initiatique, et où, même actuellement, la spiritualité est présente plus qu’ailleurs. Telle est la raison de la présence d’un Tarascon dans l’Ariège qui n’est autre qu’une référence à l’invincible Tarasque, ou dragon, tellurique qui sourds des grandes profondeurs et maintient dans ses puissantes griffes l’union en un seul bloc de la chaîne montagneuse.

 

L’homme mystérieux d’Hendaye.

 Mais non loin de là, un homme du XIXeme siècle qui fut maire d’Hendaye  ne pouvait pas ignorer l’existence de cette croix dans le cimetière. Il a voulu immortaliser cette arche à sa manière. Pour cela il n’a pas hésité à y mettre le prix. Il s’agit d’Antoine d’Abbadie d’Arrast (1810-1897), dont la présence des 5 voyelles AAAAA dans son nom (suite de AAAA) ne doit pas vous surprendre.

La première chose que l’on apprend de sa vie de jeune adulte, c’est qu’en 1836 a l’age de 26 ans, il rejoint, avec l’aide d’Arago, une mission scientifique au Brésil organisée par l’académie des sciences, afin de réaliser des observations magnétiques terrestres.

 

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Signalée par les AAAA de la croix cyclique d’Hendaye : L’arche fut symbolisée par le château d’André d’Abbadie d’Arrast (AAAAA). Actuellement propriété de l’académie des sciences. Ce grand savant était un brillant astronome, et un géographe émérite par ailleurs linguiste et orientaliste. Il fut membre de l’académie des sciences dès 1867 puis en devint le président.

Les variations du champ magnétique, l’étude sismique et la linguistique seront au cœur de ses préoccupations outre la défense des valeurs et de la langue du pays basque.

 De 1838 à 1849 il explore l’Éthiopie avec son frère Arnauld et rapporta une carte de ce pays peu connu. De très nombreuses études météorologiques, linguistiques, ethnologiques vinrent compléter ses fructueuses recherches sur le terrain.

 Savant universel, outre ses travaux de cartographie , il en étudia la geologie , la géographie  et l’archéologie  ainsi que l’histoire naturelle .

À la suite de cette expédition, il publia des rapports sur la topographie, la géographie et un catalogue de manuscrits éthiopiens. Son intérêt pour les langues et les facilités de les assimiler lui fit publier un dictionnaire ambarique -français. À la suite de cette brillante expédition sa notoriété de grand savant fut solidement établie.

 En récompense de ses travaux, il fut décoré de la médaille d’or de la Société de géographie  et reçut la Légion d’honneur .

 Mais ses travaux scientifiques ne s’arrêtent pas là. Il entreprend des expéditions qui le tiennent à cœur notamment celle de continuer l’étude du magnétisme terrestre et observer les éclipses solaires ou le passage de Vénus devant le Soleil.

 En 1860, il commença à faire bâtir, par Eugène Viollet Le Duc, son château qui fut achevé en 1870 et dont la dernière pierre, encore absente, aurait du être posée par Napoléon III. Cette cérémonie n’a pas eu lieu à cause du désastre de Sedan marquant la naissance de la IIIème République.

 Au sein de cette bâtisse néogothique se trouve une grande verrière blasonnée qui éclaire le grand escalier gardé par un Éthiopien qui ouvre l’accès à de multiples pièces et chambres agencées différemment à l’image d’un pays ou d’une culture. Dans cette riche diversité l’hermétisme est en permanence sous-jacent. Les divers savoirs réunit sous le même toit avec, courant sur les façades, une véritable ménagerie. Rien ne saurait mieux traduire l’arche de pierre qui flotte sur l’océan car en ce lieu surélevé les eaux bleues barrent l’horizon derrière les arbres verdoyants du parc seigneurial.

 Après les études linguistiques des différents idiomes orientaux, ce polyglotte approfondi la langue basque, tout en manifestant son intérêt et sa maîtrise de la langue des diplomates ou gay science dont il traduisit le message essentiel et complémentaire de celui de la croix cyclique d’Hendaye. Dans ce dernier cas il utilise le rébus dans les décorations extérieures et intérieures du château. Ces jeux d’esprit sont destinés aux hermétistes. Ils restent actuellement à déchiffrer par mon ami Bruneau d’Hendaye car ils sont étroitement liés à l’histoire de son pays. En voici un exemple.

 

abbadie serpent

Domaine hermétique de A gardé par le serpent qui descend des trois AAA (trois tours), le long de l’Axe du « ciel ». Les morsures de ce gardien du pivot de l’Art sont agressives et venimeuses. Sans l’avoir vaincu il est impossible de pénétrer dans le « palais du roi ».

En d’autre terme nul n’entre ici s’il ne connaît le secret des cristaux pointus et agressif de sel  A (« Ammoniac » ou Alcali), dont la « morsure » est corrosive. C’est le véritable pivot de l’œuvre alchimique dont la révélation vient d’en haut ou d’un ami mandaté par le « ciel ».

Photo provenant du cite consacré au château d’Abbadie.

 

Le visiteur ésotériste sera surpris du langage qui court sur les façades, tantôt un vaste serpent, ou bien un chat, une conque marine ou un crocodile toute cette animalerie surprenante n’est autre que le vocabulaire de la gay science chère aux alchimistes. Faut-il s’en étonner ?

Ainsi le chat qui attrape un rat n’est autre qu’une manière d’exprimer que le K (chat) maîtrise l’art (rat). Il en est de même pour le crocodile qui garde l’entrée qu’il faut lire « crocs-ko-dis-le »… En d’autres termes : dit le sésame « crocs-ko » ou vrai nom et vraie forme du sel sans cela l’entrée (du Grand Œuvre alchimique ) te restera scellée à jamais.

 

abbadie croco

Le crocodile prêt à mordre garde l’entrée du château. Il montre que celui qui ignore l’importance des crocs salins ne saurait pénétrer en ce lieu. Sa langue bien évidente dit quelle langue il « parle ».

Photo provenant du site des amis du château d’Abbadie.

 

Avant que naisse Fulcanelli, un grand ésotériste et probablement alchimiste basque parvint à déchiffrer la croix cyclique d’Hendaye et à traduire son message dans toutes son envergure grâce à ses capacités intellectuelles et aussi fort bien servi par sa fortune considérable. J’espère que cela ne vous étonne pas !

Mais le plus curieux de cette étrange histoire est l’apparition parmi les sommités scientifiques du XIXeme siècle d’un hermétiste de talent qui tente de dire à ses collègues qu’il serait temps de tourner casaque et d’aborder les recherches sur un autre plan que celui des sciences matérialiste avec ce christocentrisme qui lui fit léguer son château à l’académie en exigeant la présence permanente d’un prêtre dans la chapelle aujourd’hui désertée, pillée et désaffectés, lourde de cette  tristesse qui respire la promesse trahie.

 

Suite de cet article :  PROPOS SUR LES MORTS ET LA CROIX ALCHIMIQUE D’HENDAYE

 N.b. À la suite de la lecture de cette série d’articles certains lecteurs me demandent de publier sous forme de plaquette les textes réunis. Qu’en pensez-vous ? Un petit mot de votre part dans le style oui je suis d’accord pour la publication m’aiderais à prendre une décision. Évidemment le texte serait enrichi pour l’occasion avec la collaboration de mon ami Bruneau d’Hendaye… s’il le souhaite évidemment !

 

 

MA MÈRE EST-ELLE MA MÈRE… Qui suis-je ?

Cet article est inspiré, en partie, de l’opinion de l’abbé Henri Stéphane, prêtre agrégé de mathématique chassé de son diocèse pour ses idées subversives. Enseignant dans les classes de préparation aux grandes écoles, ses conférences privées furent tellement prisées par ses élèves qu’ils les réunirent en un livre, édité par Dervy, sous le titre Introduction à l’ésotérisme Chrétien.

À travers l’histoire de ce prêtre, influencé par René Guénon et les philosophies orientales, se manifeste des réflexions réalistes sur l’évolution qui furent l’occasion de traiter différents sujet. La zone d’action des sciences matérialistes est ici clairement définie. Quant à celle de la science spirituelle, elle permet d’aborder l’origine d’un chapelet de causes clé de l’évolution et répondant en fin de compte à la question fondamentale que chacun de nous se pose : Qui suis-je ?

 

Il est des marginaux de la religion comme des marginaux des états, ils sont exclus avec perte et fracas. Certes, les choses ne sont pas aussi violentes que le laisse supposer cette phrase lapidaire, mais d’une manière douce ou violente aucun marginal quel qu’il soit ne peut survivre dans une société lobotomisée car il donne des pustules aux appareils de pouvoir qui en font des brebis galeuses.

La raison de ce rejet inconditionnel est simple c’est celle de ne pas prendre le risque de voir détournée de leurs « devoirs » les électeurs ou les ouailles parquées en sécurité, avec œillères, dans les limites d’une bétaillère. Cependant, une bizarrerie est strictement appliquée : pas de cloches !

État, Église, (remarquez les mêmes initiales que celles d’Euro) tous deux luttent à leur manière et pour y parvenir l’un va créer l’École Nationale d’Administration (E.N.A.) l’autre le petit et le grand séminaire. De l’un sortiront les Préfets, de l’autre les prêtres et évêques. Leur but essentiel sera de maintenir les structures en pratiquant le conditionnement afin qu’aussitôt franchie certaines limites, naisse chez les individus dissidents un sentiment d’insécurité, de peur d’être déconsidéré et évincé ou d’être excommunié, ce qui revient au même.

Acquérir sa franchise, sa liberté, n’est pas chose facile, et il faut une réelle force de caractère pour accepter l’exclusion. C’est ce qu’a affronté l’abbé Henri Stéphane, de son vrai nom André Gircourt, issue d’une petite noblesse lorraine. Il est né à Nancy en 1907, et mort en 1985. Il fut appelé D.G.M, c’est-à-dire le Dernier Grand Maître (de l’ésotérisme chrétien). Avant lui, le G. M. de l’ésotérisme chrétien fut Nizier Philippe Vachod appelé Maître Philippe de Lyon, qui à l’inverse de l’abbé Gircourt n’écrivit pas, mais fut un grand mystique et théurge sans être prêtre.

C’est donc grâce à des textes recueillis par ses amis qui assistaient régulièrement à ses conférences privées que l’abbé montra sa dimension d’ésotériste et aussi sa différence vis-à-vis de ses collègues ecclésiastiques.

Ayant obtenu son bac de Mathématique, il passe sa licence de math et réussit l’agrégation en 1933. En 1934 il entre au séminaire et en 1939 obtient une licence et un master de théologie. En 1940 il est ordonné prêtre sous les bombes de la seconde guerre mondiale, ce qui laisse supposer aisément la suite…

C’est en 1942 qu’il découvre le symbolisme de la croix de René Guénon, ce qui lui valut d’être appelé « prêtre guénonien » car le discours de Guénon convenait à son esprit mathématique. À travers ses réflexions élargies il découvre les doctrines orientales et en parle dans son cours d’instruction religieuse. Averti, l’évêque le convoque, et sans entendre ses explications lui retire le pouvoir de confesser et le chasse du diocèse. Ici une remarque s’impose : le prélat a outrepassé ses droits car une pareille sanction ne pouvait provenir que des décisions d’un tribunal ecclésiastique. Cette précipitation au mépris du droit canonique traduit une peur viscérale de voir certaines vérités dérangeantes être dévoilées. Actuellement cette attitude de mépris des lois et la peur n’a pas changée. On retrouve d’ailleurs le même comportement dans l’appareil d’État, et pour des raisons analogues (C.f. Rapport parlementaire des sectes dont l’illégitimité frise la mascarade mais atteint son but : apeurer le troupeau et garder chaque individu tremblant (avec œillère et sans cloches ! ) dans la prison d’une bétaillère).

Rejeté en qualité de prêtre desservant ou aumônier, car privé d’une partie de ses pouvoirs sacerdotaux, Gircourt aurait pu se défroquer mais il choisit de devenir professeur de mathématique à l’école Ste Geneviève de Versailles tenue par les Jésuites et consacré à la préparation aux grandes Écoles scientifiques. Dans sa profession Gircourt entretenait de bons rapports avec certains professeurs, en particulier avec Pierre Leroy, qui était professeur et directeur du laboratoire de biologie du Collège de France et ami personnel (et disciple) du jésuite Teilhard de Chardin. Leur chambre était voisine et l’appui amical de l’abbé l’a souvent réconforté. Un autre de ses amis fut le professeur de lettre, Jean Palou, auteur de livres réputés sur la Franc-Maçonnerie et grand guénonien, mais l’abbé refusa catégoriquement de se faire initié dans la Maçonnerie.

Avec le jésuite Leroy, il du avoir de longues conversations sur l’évolution des espèces. Le vieux professeur lui confia son malaise sur ce sujet qui fut à l’origine de l’ostracisme, jeté par l’Église, sur Teilhard de Chardin.

À l’instar de mon article précèdent (NOTRE CORPS INVISIBLE, le Feu & le temps. ) Gircourt ne consacre pas la théorie de l’évolution comme une vérité fondamentale, mais comme une vérité qui reste à prouver !

Avec pertinence il fait remarquer le scepticisme de Jean Rostand vis-à-vis de l’évolutionnisme :

« C’est une hypothèse (la théorie de l’évolution) dont on ne peut se passer, c’est, pour l’instant, la seule explication rationnelle de la « genèse » des êtres vivants. » (Page 391 de L’introduction à l’ésotérisme chrétien, édition Dervy, Paris 2006)

Et je fus séduit pas cette affirmation d’ésotériste réel, pourvu de cette profondeur qui manque à la quasi-totalité des sociétés secrètes ou discrète qui ne sont initiées à « pas grand-chose » ; car à travers l’étude des symboles on retrouve la même attitude d’esprit que celle des sciences matérialistes. Aussi, j’ai éprouvé un vrai bonheur quand ce prêtre marginal – porte cigarette au bec, et regard vif – atteint en une phrase le fond du problème, et le fond du mal qui ronge notre société et l’empêche d’aller au-delà d’une certaine « réalité », au-delà du visible au cœur d’une réelle initiation :

« Ce besoin d’explication rationnelle est une maladie mentale – ou une « passion mentale » – de l’homme moderne qui, incapable de saisir les vérités essentielles, cherche à compenser son impuissance métaphysique par la « recherche » scientifique. » (idem supra)

 

Doc.9-1

Et notre prêtre, avec cette lucidité prophétique, pose le problème comme il se doit, comme le firent les alchimistes modernes tel Roger Caro à la page 54 de son ouvrage Bible Science et alchimie réédition (2004):

« Si l’homme descendait du singe, on se demanderait pourquoi il y a encore des singes et pourquoi ils n’ont pas la même morphologie que nous, ne serait-ce que dans le nombre de chromosomes qui, on le sait, est particulier à chaque espèces. »

Gircourt pense de même et se demande pourquoi on se pose une pareille question. Il va plus loin que Roger Caro en parlant de nos ancêtres reptiles dont le lézard sera pris en exemple. Et il fait remarquer que la réalité voudrait que l’homme soit inclus dans le lézard (à fortiori dans le singe), au moins génétiquement parlant et que le lézard, tout comme le singe, serait donc potentiellement un homme ! Et il conclut fort à propos que ce genre de raisonnement n’intéressent pas nos contemporains qui préfèrent les brumes de la phénoménologie (philosophie qui consiste à comprendre l’essence des choses par la conscience) et de l’existentialisme (Doctrine fondée sur le fait que l’homme est libre et responsable de ses actes). Avec ça, nous allons loin ! ! !

Et notre abbé excédé nous dit en levant les yeux au ciel :

« Qu’est-ce que cela peut bien me faire, à moi, que l’homme descende, ou non, du lézard ? » ( idem supra)

C’est à ce moment qu’il enfonce le clou, si je puis dire. Il s’exclame excédé que l’homme actuel est atteint d’une étrange manie qui consiste à vouloir faire sortir le plus du moins, le supérieur de l’inférieur ! Il affirme, non sans raison, que cette tendance démocratique à tout faire sortir « d’en bas » à quelque chose de morbide qui répugne à tout homme sain d’esprit !

Peut-on situer l’origine de l’humanité sur le plan même de l’existence ? Et Jean Rostand répond :

« En admettant l’hypothèse de l’évolution, on ne pourra jamais connaître la cause de cette évolution. »

Tel est l’aveu d’impuissance, car la cause est essentiellement d’un autre ordre que ses effets, rejoignant en cela le phénomène de potentialité contenu dans toute néguentropie (sens inverse de le l’entropie destructrice) comme celle qui fait surgie cet ordre moléculaire et cellulaire qui préside à l’élaboration d’un petit d’homme dans le ventre de sa mère. L’effet de la fécondation est connu, mais la cause, où est-elle ? D’une manière globale l’enchaînement des « causes » se confond avec la « verticalité ». De « cause » en « cause », ou de plan en plan, on aboutit à la cause première qui est « en dehors » de tous les plans et « au-dessus » de toutes les causes. On reconnaît là l’empreinte de René Guénon et plus particulièrement son symbolisme de la croix que Gircourt a su extraire de son abstraction pour lui donner visage humain. Mais ce disant notre prêtre aborde une verticalité « parallèle » si je puis dire, responsable du chapelet des « cause », il s’agit des hiérarchies spirituelles qui ne restent pas inactives dans leurs béatitudes ! Sans cela pourquoi existeraient-elles ? Par exemple l’ange incorpore en l’homme l’intelligence universelle et est donc la cause de notre conscience du Moi, et de notre propre pensée. Il est la cause de nos inspirations. Cette seule connaissance vaut son pesant d’or pour les alchimistes.

La cause se trouve donc sur un autre plan alors que les sciences matérialistes évoluent sur un plan tout à fait « horizontal » et ne parviendront donc jamais à en sortir et à nous fournir la « cause » qui se situe à un niveau, évidemment supérieur qu’ils se refusent à imaginer.

Et notre prêtre de remarquer :

« Mais cette question de causalité n’intéresse guère nos contemporains : ils se complaisent dans la « recherche » pour elle-même, indéfinie et sans but : l’art pour l’art ! »

Oui, la « verticalité » n’intéresse pas les scientifiques racornis refusant d’écouter leur cœur et leur intuition. Combien ai-je pu rencontrer, parmi mes anciens collègues scientifiques, des ergoteurs sur les protocoles expérimentaux qu’ils rendaient aussi complexes que l’entortillement sophistiqué de leurs neurones cérébraux paumés. Le résultat pourrait s’appeler : l’art d’accoucher d’une souris ! Ne nous étonnons pas si presque tous les scientifiques cherchent et aucun ne trouve. Mais seulement voilà, c’est par là que passe l’argent des contribuables… Et ça, ça me révolté !

L’interrogation essentielle n’est pas celle si bien mise en exergue depuis des décennies par les Presses Universitaires de Frances (P.U.F.). Ce repaire de diplômés et de mandarins, fer de lance des sciences matérialistes, se rallie en effet sous la devise : « Que sais-je ? ». Alors que l’interrogation essentielle, fondamentale est : « Qui suis-je ? ». J’ose espérer qu’un éditeur ouvert saura créer cette collection sans se borner à des interrogations psychanalytiques ou aux cérémonies vaudoues…

À ce « Qui suis-je ? » aucune hypothèse ou recherche scientifique ne peut répondre. À cette interrogation Quel est mon père, et quelle est ma mère ? Peut-on répondre que c’est cet homme et cette femme qui m’ont conçu dans leur communion amoureuse ? Non, car se faisant ils ne savaient pas que c’était « moi » ; cela aurait pu être « un autre ». L’origine de mon « être » véritable se confond avec l’origine des espèces et l’origine de la vie. Mon être ne provient pas de mon père ou de ma mère biologique, à plus forte raison pas du singe ou du lézard !

Il y a bien longtemps, quand je bourlinguais dans l’océan Indien, j’ai eu l’occasion à diverses reprise de visiter la plus grande ile (Noci Bée) de l’archipel des Comores située dans le canal de Mozambique au nord de Madagascar. En ce lieu un roi gouvernait. Son successeur n’était pas son fils biologique. Aidé de son chaman, il rendait visite à son peuple et adoptait ainsi son futur successeur. C’est de cette manière qu’il « trouvait » son véritable fils. Ne croyez-vous pas que cette filiation est aussi valide, si ce n’est plus, que la biologique ?

Évidemment cela nécessite de décoincer un peu notre illusoire sentiment de propriété et d’accepter qu’il soit possible d’enfanter l’enfant d’un autre. L’évolution des évènements tend à nous le rappeler depuis qu’existe des mères porteuses. N’en doutez pas, en réalité toutes les mères sont porteuses !

 

Je dédie cet article à Mickaël mon filleul.