DE RENNES LE CHÂTEAU Á L’ALCHIMIE

Voici l’extrait d’une conversation très récente avec une journaliste.

JOURNALISTE: Vous avez écrit deux livres sur Rennes le Château. Pour quelle raison développé-vous un discours supplémentaire sur ce même sujet ? Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire de nouveau, à travers votre roman Le secret des Corbeaux de rennes le château, alors que la production littéraire sur Béranger Saunière est inflationniste?

LEON GINESTE : Vous vous doutez que si j’écris c’est que j’ai quelque chose à dire. Bref, J’ai essayé d’approfondir certains points qui me paraissent fondamentaux et qui ouvrent des perspectives. Peu importe l’inflation des publications sur ce sujet. J’informe sur ce que j’ai compris ou cru comprendre. Le lecteur décidera du bien fondé de mes publications.

Les deux premiers ouvrages, qu’il s’agisse de Rennes le château la carte des trésors ou Ermestine, restent des livres de synthèse très généraux sur le sujet, à l’instar de Holoscopie de la spiritualité Occidentale qui l’est pour les fondements de l’alchimie avec l’alchimie expliquée par son langage. Les deux ouvrages sur l’énigme du Razes sont, en réalité, de brefs comptes rendus de recherches. Ils sont loin de traduire ma pensée. Pour y parvenir j’ai du écrire un roman. Pourquoi un roman ? C’est un genre littéraire qui permet de s’appuyer sur tout ce que je connais sur l’énigme de l’abbé Saunière avec en bonus la possibilité d’imaginer, de la manière la plus réaliste plausible des liens entre les faits de cette étrange histoire. Le roman permet une broderie adaptée aux évènements sans trahir l’esprit qui me semble le plus adapté. Par ailleurs ce nouveau livre est inséparable de deux points essentiels : l’alchimie et l’origine de cette même alchimie. Cette orientation fait passer le récit d’un plan purement romanesque d’aventure à celui d’anticipation-fiction. En d’autres termes j’ai voulu en faire un mélange d’informations sérieuses et de distractions pour aborder des problèmes existentiels tout en se délectant d’une histoire de trésor…

Pourquoi parler d’alchimie à propos de l’énigme de rennes le château ? Parce qu’elle est la clé de ce qu’à voulu dire Bérenger Saunière à travers l’agencement de son église. J’insiste en ce sens car bon nombre de chercheurs refusent catégoriquement la dimension alchimique de cette histoire alors que l’évidence crève les yeux. Cette cécité a le don de m’agacer quelque peu car elle repose sur une véritable ignorance (ou refus ?) de la mentalité des « honnêtes hommes » du XIXe siècle rompus aux jeux de mots et aux allusions. Béranger Saunière n’y échappais pas, pas plus que son collègue, de Rennes les Bains, l’abbé Boudet !

J. : Pouvez-vous être plus précis et démontrer cette évidence des symboles alchimiques, accommodés par l’abbé Saunière dans son église de Rennes le Château ?

L.G. : La démonstration est simple et pour cela il n’est même pas nécessaire de pénétrer dans l’église. Le porche lui-même est suffisamment expressif. Rappelons d’abord que l’alchimiste œuvre sur les quatre éléments. Chacun d’eux est symbolisé, dans l’ancienne nomenclature chimique avant 1813, par un triangle. Sur le porche nous voyons un grand triangle le sommet dirigé vers le haut qui n’est autre que celui de L’ELEMENT FEU. Pour préciser le sens les plaques de céramiques qui le constitue sont de couleur jaune avec des involutées qui soulignent l’analogie avec les flammes. Précisons que l’alchimie est appelée PHILOSOPHIE PAR LE FEU, ce qui est une belle démonstration du sujet abordé dans la symbolique de l’église. Mais le plus important n’est pas là. A la base de ce triangle de céramique flamboyante nous avons deux gargouilles, les deux seules de l’édifice, dont on peut se demander ce qu’elles font là. De simples rigoles de pierre non ouvragés auraient pu suffire. L’une représente un homme irrévérencieux qui tire la LANGUE, l’autre un OISEAU. La lecture de ce rébus est évidente. Le sens symbolique de cet édifice repose non seulement sur l’alchimie des éléments mais aussi, et surtout, sur la LANGUE DES OISEAUX. Cette langue se réfère à la phonétique, aux anagrammes, aux inversions et étymologies approximatives issues du grec ou du latin. C’est la raison pour laquelle elle est aussi appelée langue du cheval ou cabale. Le terme de cheval sous-entend « cheval de somme ». Animal qui porte LA SOMME… DES CONNAISSANCES. Et les connaissances transmises dans cette église dépassent ce que l’imagination sait concocter de mieux.

J. : Pourriez-vous expliquer ce qu’est l’alchimie ?

L.G. : Auriez-vous l’intention de me faire écrire un quatrième livre ? Evidemment je plaisante ! Mais le sujet est si vaste qu’il nécessiterait la rédaction d’un ouvrage. Expliquer ce qu’est l’alchimie est une chose, mais rectifier les idées erronées à son propos, et il en circule des tonnes, en est une autre. Les deux réunies font un Himalaya de rectifications ! Je vais malgré tout tenter de vous répondre sans trop flirter avec le succinct.

L’alchimie œuvre fondamentalement avec les phénomènes vitaux, avec la vie. C’est pour cela qu’elle est d’abord médecine. Elle n’est donc pas une métallurgie et encore moins de la chimie, même si en arabe le mot alchimie signifie « la chimie » avec une connotation sacrée dont nos scientifique n’ont cure. C’est art s’appelle en effet « art sacerdotal », ce qui le relie aux racines de la spiritualité, et plus particulièrement du christianisme, indépendamment de toute sphère ecclésiale.

Quand on évoque la vie on a tendance à considérer la nature avec les champs, les fleurs et les forets avec les animaux qui la peuple et puis, évidemment, l’humanité qui la cultive. La vie est incontestablement cela mais n’est pas que cela. C’est une sorte d’énergie qui est à l’origine d’un courant de pensée qui eut ses beaux jours à la faculté de médecine de Montpellier. C’est le vitalisme dont le représentant, sur le plan national, fut le brillant professeur Bartez au caractère exécrable ! Mais cela n’entrave pas sa valeur et sa statue trône, avec celle du professeur Lapeyronnie à la porte de la faculté de Médecine. Pour les vitalistes les phénomènes biochimiques trouvent leur moteur dans une énergie vitale qui les animent et les entretiens. « L’énergie » VIE dynamise la matière biologique.

Somme toute cette particularité pourrait rester une sorte de querelle de chapelle entre la physiologie moderne inaugurée par Claude Bernard et les anciens friands du concept phlogistique dépassée. Tout cela change si je dis que, pour l’alchimiste, la vie dépasse spatialement notre biosphère terrestre. Elle enveloppe notre système solaire, elle lui est intimement liée. C’est cette particularité qui a donné naissance à l’astrologie car les astres, chacun à leur manière, sont des donneurs de vie.

Cette correspondance avec ce que l’on appelait l’astrologie judiciaire (jugement de Dieu annoncé par les astres) s’inscrit dans une tradition très ancienne liée à la vie. Cette fois il ne s’agit plus uniquement de la vie biologique mais de la vie événementielle. Que les choses soit claires : Il n’y a qu’une vie inscrite dans l’espace organique en même temps que dans le temps à l’origine de l’histoire d’un individu ou d’une société ou même d’une planète. L’une est inséparable de l’autre, l’une est le reflet de l’autre. L’astrologie est née du concept vitaliste de l’alchimie que les adeptes cherchaient à mieux comprendre. La biologie spatio-temporelle reste à redécouvrir depuis que l’astrologie s’est séparée de l’alchimie. La vie est une pulsion basale organique en même temps qu’un océan de causes.

La thérapie ne saurait procéder de l’astrologie. Je pourrais faire une analogie grossière en comparant l’astrologie à l’écran d’un ordinateur qui traduit en image ce que lui dicte l’unité centrale analogue à l’alchimie.

Seule l’alchimie, ou la carte mère et le processeur de notre ordinateur, permet d’agir, de guérir, et non l’image qui est sur l’écran. Réaliser des travaux sur une image, tel certain astrologues actuels, est sans aucune répercutions sur la réalité. Seule l’unité centrale est capable de rectifier l’image qui est sur l’écran de l’ordinateur et donc d’élaborer un autre ciel à son patient ! Paracelse parle de « transplantation » ou soustraction de l’effet nocif d’une planète :

« On ne peut forcer le ciel, dit Paracelse, mais il est possible à l’Art (alchimie) de faire un autre ciel à l’homme dans ses maladies ; les arcanes (les secrets alchimiques) existent à cet effet. C’est pourquoi les Arcanes sont un ciel puissant dans la main du médecin. L’autre médicament consiste à libérer l’homme de la sphère et de la puissance de Saturne. Cela s’accomplit par la transplantation de l’homme ; on doit le soustraire à une planète et le soumettre à une autre.»

Vaincre le déterminisme, traduit dans un thème astrologique, à l’aide des remèdes alchimiques, telle est l’idée de Paracelse qui n’est qu’une conséquence logique de la multi dimension du phénomène vital. Guérir une maladie par l’alchimie c’est rectifier un destin, lui extirper une « maladie » existentielle. En qualité d’alchimiste Paracelse ne pouvait penser autrement. Je le répète : un thème astrologique est une image analogique dont le code secret d’interprétation est dans le laboratoire de l’alchimiste, dans cette énergie vitale avec laquelle il œuvre pour fabriquer sa pierre philosophale qui transmute autant les vies que les métaux, ce qui rend négligeable, et même méprisable, la dimension métallo génétique de la transmutation.

Au plaisir de vous retrouver à travers histoire des mystérieux et puissants CORBEAUX qui sont au cœur de l’énigme de Rennes le château.

LE GRAND SECRET DE RENNES LE CHÂTEAU

 rennes-le-chateau-diableVoici un brouillon qui est un court extrait de mon futur roman, dont le titre de cet article n’est que son sous-titre pour éviter de déflorer le mystère. Si je l’ai écrit c’est que les articles de mon blog ne me permettaient pas de tout dire dans les meilleures conditions. Il était nécessaire d’effectuer une synthèse à travers une fiction qui permet d’exprimer, au-delà du rationnel, bien des choses qu’il est difficile de formuler autrement. Si vous être intéressé. Je puis vous prévenir lorsque le livre seras imprimé. Me prévenir par mon E-mail personnel. D’ici là soyez patient(e) car non seulement il me faut l’achever mais encore trouver un éditeur, ce qui risque de prendre des mois voire des années. Cependant le fait de signaler votre intérêt ne peut que favoriser la décision d’un éditeur.

Évidemment l’important n’est pas le style (en gestation avant de trouver sa facture définitive) mais les sujets traités.

 

« …En réponse à son interrogation une Opel Corsa se rangea doucement à côté de sa petite C1. Un homme le salua d’une brève inclinaison de tête et s’approcha du monument en tenant à la main un bouquet de fleur champêtre. Guy salua à son tour d’un « Bonjour Monsieur » et  dit et guise de bienvenue la première phrase qui lui vint à l’esprit:

– Curieux monument !

Un peu bête, se dit Guy, mais bon il faut dire quelque chose à moins de vouloir passer pour butor. Heureusement que la bienséance pardonne les paroles vides. Il avait toujours été fâché avec ses phrases jugées nécessaires pour entretenir de bonnes relations.

L’homme le regarda avec un léger sourire et répondit en posant sa main sur le haut de la grille :

– Oui, en effet, c’est un curieux monument qui fut érigé à la mémoire de l’un des fondateurs de l’Ordre ésotérique de Menphis Misraîm.

– Excusez mon ignorance. S’agirait-il d’un groupe folklorique ?

L’homme le fixa surpris puis se mit à rire.

– Ah cher monsieur, confondre l’ordre Maçonnique de Menphis-Misraim avec un groupe Folklorique à quelque chose de si inapproprié que j’en parlerais à mes amis qui ne manquerons pas de partager mon hilarité. Votre méconnaissance est déroutante, mais toute excusable.

Cet homme en complet bleu nuit dans un paysage bucolique avec sa manière de s’exprimer vieille France rayonnait la saveur d’un autre âge. Guy l’appréciait comme ce suc de la petite aristocratie terrienne qui avait su garder sa grandeur pendant que la noblesse de Cour s’enfonçait dans le mensonge et la prévarication jusqu’à en perdre la tête dans tous les sens du terme.

– Je suis confus d’avoir… L’homme l’interrompit d’un geste de la main pour poursuivre:

– Ce n’est pas grave d’ignorer l’histoire de l’ésotérisme de la région. J’ai seulement été tellement surpris par votre interprétation que j’ai crue à une plaisanterie.

Guy se sentait dépité et voulu défendre sa mauvaise interprétation.

– Memphis est pourtant Égyptien !

L’homme le regarda d’une manière étrange, comme s’il comprenait ce désir puéril de ne pas avouer une ignorance que notre société actuelle déshumanisée assimile à de la faiblesse que tout individu se doit de surmonter.

– Oui mais il n’est pas folklorique ! rétorqua l’homme en souriant.

Lui rendant son sourire Guy ajouta en pinçant les lèvres:

– J’ai de la difficulté à croire qu’un groupe se référant à Memphis, cette capitale de l’Égypte de l’ancien Empire, puisse être autre chose que folklorique puisque chacun sait que certaines connaissances des égyptiens sont perdues à jamais depuis 4000 ans.

L’homme le regarda surpris par ce désir immodéré de vouloir à tout prix descendre dans l’arène aussi décidât-il de ne plus lui offrir de raison pour débuter un duel moucheté:

– Vous m’étonnez d’avoir situé Memphis dans l’histoire d’Égypte au lieu de vous référer, comme à l’accoutumée pour beaucoup de nos contemporain, à la ville du Tennessee, aux États-Unis, ou à la fameuse discothèque Parisienne et même à la célèbre chanson d’Eddy Mitchell. L’homme s’inclina et posa son bouquet au pied de l’obélisque et se releva lentement, évidemment c’est pour moi une agréable surprise de savoir qu’existent des gens quelque peu éduqués en dehors de ce que racontent les médias. Je me présente René de Chefdebien et il lui tendit la main.

Guy la prit et se présenta à son tour, ce qui fit rire une seconde fois l’aristocrate qui s’écria:

– Quelle coïncidence ! Carl Gustav Jung parlerait de synchronisité… Si votre nom a un rapport avec le fameux curé de Rennes le Château du XIXe siècle, nos ancêtres se sont rencontrés et ont même entretenus des liens d’amitié. Avec de pareilles coïncidences il est difficile de ne pas supposer que l’histoire est parfois un recommencement.

– Sait-on jamais ! Dans la nature tout n’est que cycles, tout meurt et tout renait plus particulièrement les végétaux. En tout cas vous êtes là au bon moment car je m’interrogeais justement sur l’origine de ce monument que, manifestement, vous devez bien connaitre. Seriez-vous un descendant de ce Chefdebien qui est honoré ici ?

– Mon illustre ancêtre, vicomte d’Armissan est, en effet, célébré ici. De temps en temps je viens me recueillir en ce lieu pour lui rendre hommage car son rôle sur le plan spirituel fut considérable. Des évènements importants, liés à l’ésotérisme, et à la spiritualité, sont inséparables de ce  petit édifice car mon ancêtre, tout comme ses ascendants et descendants, eut une vie occulte riche que ne saurait traduire complètement cette brève inscription commémorative pourtant élogieuse.

*

Ne nous trompons pas sur la ville de Narbonne. Tout en état la plus importante ville du département de l’Aude elle à toujours été une petite cité qui fut, et reste d’une manière discrète, capitale dans le domaine de la sagesse et de la spiritualité. L’imposant archevêché en témoigne qui fut d’un grand rayonnement à l’époque des papes d’Avignon. Même si cette cité a l’air de somnoler, en réalité elle ne fait que couver des richesses qu’il serait mal venu de confondre avec la routine ou l’ennui. Le cœur de Narbonne attend le moment opportun pour se mettre à battre.

Mon ancêtre François-Marie, le premier à avoir reçu ce prénom, est né en 1753, sous le règne de Louis XV. Il fonda ici en 1780 l’Ordre de Philadelphe de Narbonne qui n’est pas un Ordre ésotérique quelconque puisque sa création fut ordonnée, en 1779, par la roi Louis XVI, en souvenir de la bibliothèque d’Alexandrie fondée par Ptolémée Philadelphe, afin de  sauvegarder une connaissance que l’entourage du monarque savait en péril. Narbonne fut choisi avec le village d’Armissan retiré aux pieds des montagnes de la Clape sous l’égide de la vieille famille du vicomte. Cet endroit retiré fut jugé suffisamment éloigné de la Capitale pour que les précieuses archives soient protégées de tout mouvement populaire avec, en dernier ressort, la possibilité de se réfugier en Espagne… ou ailleurs.

Ces documents sont très anciens. Ils s’ajoutent à un fond considérable de connaissances transmis par les plus vieilles familles aristocratiques des Corbières. Ces textes décrivent, en particulier, des procédés pour guider l’homme vers sa  réalisation totale, ce qui ferait pâlir de jalousie nos modernes psychanalystes, et aussi nos spiritualistes bavards !

– Les groupements ésotériques tels… Memphis-Misraim, que vous venez d’évoquer, ne devraient-ils pas être dépositaires de ses connaissances ?

– Cela fut vrai un bref laps de temps… penché au-dessus du socle de l’obélisque étouffé  sous des entrelacs de branches il ajouta: fort heureusement les faits sont têtus, et les lois fondamentales, sont imputrescibles. Ils sont durs et inébranlables comme le socle de ce mémorial malheureusement ils ont été, peu à peu, recouverts par les branches et le lierre touffu des adaptations et interprétations. Ces diverses transformations furent le terreau malsain dans lequel a germé la plante vénéneuse du mensonge et de la divagation. Fort heureusement la sauvegarde eut lieu par l’intermédiaire de la famille Chefdebien, et d’autres, qui perpétuèrent la fière devise suffisamment expressive:

« Je suis Homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger».

L’homme est plus grand que nous le croyons puisque le Christ lui même nous a dit selon l’évangile de Jean: « vous êtes des dieux »… Ce qui sous entend que l’homme doit s’éveiller à sa vraie nature et non se laisser emprisonner par des croyances.

Cette connaissance, tout ce qu’elle sous entend, fut désignée par l’expression latine arcana arcanarum ou AA, ce qui signifie arcane des arcanes. C’est donc le secret des secrets, plus exactement le secret alchimique qui, vous vous en doutez, ne peut qu’être  capital.

Quoi qu’il en soit cette société de Philadelphe de Narbonne donna naissance, en 1838, à l’Ordre de Memphis qui s’associa à celui de Misraim pour donner en 1899 l’Ordre de Memphis-Misraim. Il s’agissait de Franc Maçonnerie qui était déjà à son déclin par la perte de ses valeurs et en particulier des Arcana Arcanarum. La véritable connaissance ne saurait se transmettre, comme dans une école, à un groupe mais à des individus en particulier. Telle était la manière de procéder des Arcana Arcanarum qui ne se délivrait qu’a la suite d’un long cursus d’étude de l’ésotérisme. Le savoir fondamental s’il est ouvert à tous n’est pas démocratique. Tous les adolescents peuvent entrer au Lycée nul ne peut leur certifier l’obtention du bac. Dans les deux cas le travail individuel s’avère nécessaire. Face à la dégradation du savoir lié à plusieurs facteurs, dont celui de la rétention d’information, les Arcana Arcanarum se sont dégradés et perdus.

Guy s’appuya à son tour sur la grille du monument et interrogea en regardant l’obélisque :

– Quel serait alors le rôle des sociétés tels les francs Maçons et les Rose-croix qui fleurissent de nos jours ?

– Je vais vous surprendre et surtout ne le dites à personne, il eut un sourire matois et un éclair de malice traversa ses yeux, c’est le même que celui des religions: Tenter de garder les individus dans un minimum de morale et de bienséance. Leurs connaissances ésotériques et symbolique est superficielle et restent, d’une manière globale, des lieux communs. Tout leur « enseignement » reste verbal et théâtral sans atteindre l’être par le biais de « techniques » adaptées et précises.

La véritable connaissance n’est l’apanage que de ceux qui s’en montrent réellement désireux. Pour se donner bonne conscience les sociétés ésotériques répètent à souhait qu’il y à beaucoup d’appelés et peu d’élus. Évidemment cette maxime est fausse car tous les appelés sont élus. Cependant les appelés, formatés par les sociétés ésotériques, se fourvoient bien souvent par leur propre faute, par leur manière de concevoir la liberté, la spiritualité et l’univers. Un appelé formaté par un quelconque groupement s’il a réponse à tout et est attiré par le mystère et le désir d’acquérir des pouvoirs n’a aucune chance d’être élu. C’est une huitre fermée à jamais. Tel est le sort de 90,9% des spiritualistes de notre époque dont l’harmonique la plus basse est celle du « Nouvel Age » et des groupements se consacrant au « développement personnel ».

– Sans vouloir être indiscret, cette connaissance votre ancêtre François-Marie en était dépositaire ?

Chefdebien sorti la main de sa poche et croisa ses doigts en coupe pur répondre un peu embarrassé:

– Évidemment. C’est d’ailleurs l’une des raisons d’être de ce petit monument qui marque essentiellement l’emplacement d’un évènement capital et aussi le rattachant autant à la quintessence du celtisme par ses croix qu’aux racines des mystères égyptien par son obélisque. Tout cela est synthétisé par les fameux Arcana Arcanrum. L’un de vos ancêtres, cher monsieur Saunière, le savait puisqu’il avait accès aux archives de ma famille. De ce fait, vous vous en doutez, cet endroit, qui conduit au pied de Rennes le Château, est en étroite relation avec l’énigme de votre arrière Grand oncle le prêtre Bérenger Saunière.

Chefdebien fouilla dans sa poche et sortit les clés de sa voiture. En les faisant rouler dans sa main il poursuivit:

-je suis obligé de vous quitter, et soyez persuadé que je suis heureux d’avoir fait votre connaissance.

Il s’éloignait quand Guy lui lança vivement:

-Pourrions-nous nous revoir? »

 

 

Avec toute mon amitié dans le souhait d’une année merveilleuse pour vous.

 

BÉRANGER SAUNIÈRE CURÉ ALCHIMISTE

rennes-le-chateauBéranger Saunière? Quel curé de campagne !

Bon vivant, un pactole à ses pieds et trousseur de sa servante et à l’occasion, de la cantatrice du moment… Un épouvantail pour grenouille de bénitiers, bigots et intégristes.  Une salissure incontestable, mais incompréhensible, dans ce paysage religieux du XIXe siècle. Avait-il un esprit si affûté qu’il connaissait les dessous secrets de la religion, et ses dérives, au point de la moquer ?

Depuis près d’un siècle il en a fait couler des fleuves d’encre de toutes les couleurs et les pages des brochures et livres écrits à son sujet s’accumulent. Un Himalaya ! N’en doutez pas, le mont sur laquelle est perché son village de Rennes le Château à son équivalent en tonnes de papier.

En ce lieu, ou le mystère vous fait la nique, tout le monde observe et s’observe, tout le monde s’exprime tant bien que mal. En haut sur le piton il y a du monde au balcon pour crier « j’ai raison ! » ou « eurêka j’ai trouvé… » Aussi les librairies ne manquent pas pour vendre les chefs-d’œuvre du moment. C’est un vrai théâtre de boulevard qui fait chaud au cœur. Diantre ! Nous ne sommes pas dans le midi pour rien !

La température du lieu varie en fonction des évènements, tantôt en ébullitions quand parait le livre mythique Da Vinci code et tantôt c’est l’explosion lorsque Bugarach, tout à côté est intronisé, par une bande de cinglés, haut lieu de la fin du monde. Et puis la pression retombe, tout se dégonfle, tout le monde souffle et tout le monde cherche encore sans discontinuer tandis qu’afflue du monde entier des bus bourrés de touristes en mal de mystères.

Je ne me place pas en marge des barjos car pour chercher il faut être passionné et la passion est un grain de folie. Qu’elle s’adresse à une femme ou à une feuille de papier elle reste analogue à une poussée  hormonale qui vous comble de bonheur mais vous rend aveugle.

A rennes-le-Château les chercheurs les plus assidus finissent souvent par devenir non-voyant par excès d’hormone, même si leur verve est toujours en action et ne se tarit jamais pour faire grandir, encore et encore, l’Himalaya de papier.

Le porche de l’église du village m’a toujours intrigué par son grand triangle de céramique en flammes jaunes reproduisant le symbole du feu dans l’ancienne nomenclature chimique qui est restée celle des alchimistes.

Gra4tEOUwKy2qR8AD8VFAA7UpgE@236x565Porche de l’église de Rennes le Château surmonté de son triangle de feu.

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Symbole des quatre éléments selon la nomenclature De l’ancienne chimie et de l’alchimie.Le triangle du feu se superpose auTriangle jaune qui orne la toiture du porche.

 

Évidemment cette seule particularité pourtant criarde, ne saurait permettre d’affirmer que notre curé fut alchimiste. Disons que cela m’a mis la puce à l’oreille sans pour cela trouver un fait significatif, un fait incontestable.

J’ai donc attendu béatement, car je ne suis pas pressé, jusqu’au jour ou j’ai visité le petit musée, attenant à l’église, endroit quelque peu désert contenant des écrits, considérés sans grande valeur, de notre curé richissime. Il faut dire que dans ce village très particulier les textes originaux ou les objets significatifs sont soustrait du lieu par crainte qu’un hurluberlu plus intelligent que les autres découvre, grâce à eux, une piste du trésor. Alors on élimine jusqu’à transformer ce lieu payant en une visite saharienne pour gogos. C’est l’un des charmes du lieu ou personne ne cherche mais où tout le monde est à l’affut.

XBYLL8-gA9JJKBnA2esF9qJF1pc@500x375La page du cahier de Béranger Saunière. On peut voir sa signature sous UNIVER SEL. 

En quittant cet étrange musée ma nuque se mit à vibrer. Signe qui m’est coutumier quand se présente quelque chose d’intéressant. Je ne levais pas la patte comme un chien à l’arrêt ou intéressé par la bas d’un lampadaire. Non. Je m’immobilisais, au garde-à-vous, comme tétanisé, devant une vitrine qui pouvait paraître sans grand intérêt puisque notre curé désœuvré s’était apparemment amusé à griffonner n’importe quoi sur deux pages d’un grand cahier comportant cependant la signature de notre abbé comme gage d’authenticité.

u_niLe mot « univer sel » avec la signature de Saunière qui confirme que cette « faute » est revendiquée.

Sur la page de gauche notre ecclésiastique s’était appliqué à parfaire ses pleins et ses déliés. A la plume d’oie il avait calligraphié, en gros caractères, le mot UNIVERSEL. Ce qui m’intrigua c’était la forme inusitée en deux mots distincts : « UNIVER » suivi plus loin de « SEL ».

Le mot SEL est manifestement  mis en évidence par cette curieuse scission du mot UNIVERSEL. Chacun sait que le « sel[1] » est l’ingrédient le plus important de la pratique alchimique et de sa fameuse triade alchimique : soufre + mercure + sel, qui n’est pas sans rapport avec les fameux trois points des Francs Maçons. Comprenez donc pourquoi je remis sur le tapis l’interrogation suivant : Béranger Saunière était-il alchimiste ? Et la page de droite alla dans ce sens.

Elle était ornée d’une grande fleur de lys noire (qui ne connait l’œuvre au noir des alchimistes ?) aux contours doublés d’un trait fin ; tandis que de son sommet une ligne verticale s’élevait pour aboutit à une étoile à six branches ou sceau de Salomon qui n’est autre, dans la nomenclature alchimique, que le symbole de la pierre philosophale. Ce n’était pas banal, et là je ne pouvais fermer les yeux.

fleur de lysLa fleur de lys noire surmontée d’une étoile symbole de la pierre philosophale.

Généralement cette étoile à six branches n’est pas retenue comme significative en qualité de symbole alchimique car le sceau de Salomon est l’étoile des juifs, celle que les Nazis de la guerre de 39-45 faisaient coudre sur les vêtements des hébreux pour les reconnaitre et puis hélas les anéantir dans la cruauté la plus atroce.

Une chose est incontestable : La fleur de lys est, en notre pays, Le symbole royal. Et tout le monde sait que notre turbulent curé était royaliste. Il manifestait son opinion tambour battant jusques en  chaire, ce qui lui valut d’être exilé, un temps, au séminaire de Narbonne.

Cette fleur n’est-elle que la manifestation de son choix politique ? Peut-être, mais alors, pourquoi la couleur noire et son lien avec l’étoile qui est au-dessus, comme si l’un était lié à l’autre, si ce n’est pour affirmer la dimension alchimique de son dessein ?

Comment ne pas faire le lien avec ce vitrail alchimique qui se trouvait près de la sacristie de l’ancienne église Saint-Jean à Rouen.

« Ce vitrail figurait, nous dit Fulcanelli en son Mystère des cathédrales (les éditions étant multiple et paginées différemment… voir l’index à « Etoile et conception »), la conception de saint Romain.

Son père, Benoit, conseiller de Clotaire II, et sa mère Félicité, étaient couchés dans un lit,  entièrement nus, selon l’usage qui dura jusqu’au milieu du XVIe siècle. La conception étant figurée par une étoile qui brillait sur la couverture en contact avec le ventre de la femme… »

Il existe une voie alchimique, chère à Irénée Philalèthe et à Isaac Newton, qui fut pratiquée par Fulcanelli et qui est décrite abondement dans ses ouvrages Le mystère des Cathédrales et Les demeures philosophales, c’est la voie dite du régule étoilé. Le régule c’est l’étoile Regulus de la constellation du Lion. C’est l’une des quatre « étoiles royales » des Perses, il y a environ 5 000 ans, et qui  constitue aujourd’hui avec Arcturus  (constellation du Bouvier) et Spica (constellation de la Vierge) le triangle du printemps. Et chacun sait que le printemps est la date favorite des alchimistes pour commencer leurs travaux.

Régule, Régulus… c’est toujours le petit roi, qui ne saurait être mieux représenté par une fleur de lys (seule, les multiples fleurs de lys sont pour le blason du roi). Quant à l’étoile conduisant à la pierre philosophale, et qui se manifeste à la surface du creuset, et donc au dessus de l’enfant roi (voir la citation précédente de la naissance de Saint Romain), elle ne saurait être mieux représentée par le sceau de Salomon symbole de la pierre philosophale.

Cela m’a semblé des plus évident car notre curé, frais émoulu du séminaire, fut vicaire à Alet les bains, cet ancien évêché dont le curé, son supérieur, n’était autre qu’un érudit : l’abbé Lasserre lequel fut informé de bien des mystères, comme le montre sa brochure sur Notre-Dame de Marceille. Évidemment les archives de l’ancien évêché ne lui furent pas étrangères.

Cet ancien évêché s’enorgueilli d’avoir eu à sa tête Mgr Nicolas Pavillon, ami de l’alchimiste Vincent Depaul (sic) dont on peut admirer les ostensoirs très particuliers. En effet leur habitacle recevant l’hostie n’est pas circulaire, comme à l’accoutumée, mais en forme d’hexagramme inscrivant un sceau de Salomon. Faut-il s’étonner si les vitraux de la cathédrale saint André sont en forme de sceau de Salomon ?

Mh1i10bLjP0UL_ngT2VQVo6IgZ4@500x375Vitrail, en étoile, de l’église saint André, ancienne cathédrale de Mgr Nicolas Pavillon, d’Alet-les-bains.

Cette étoile est omniprésente dans le Razès on la trouve aussi bien sculptée sur un avant solier d’une maison d’Alet-les-bain, à une centaine de mètres de la cathédrale, que dans l’église saint Martin de Limoux ou les vitraux sont aussi en forme d’étoile à six branches.

 

tHsPoX7vHUwRAd1JAMDmzeM1GDQ@500x375Sceau de Salomon sur l’avant-solier d’une maison d’Alet-les-bains.

 A103ICD72bJYbU0kjUe8SwQWsyg@412x476Blason d’un évêque alchimiste à Limoux (église saint Martin) Soleil, lune et les trois corps dans le creuset.

Evidemment là encore les historiens peuvent rétorques qu’il s’agit de là mise en évidence des racines judéo-chrétiennes de l’Eglise. Cette opinion étant battue en brèche par les égyptologues qui affirment que nous somme égypto-chrétiens. Béranger Saunière le savait-il ? Les vieilles habitudes encroutent, et tuent, tous ceux qui ne remettent jamais en cause les axiomes…

Malgré ces correspondances troublantes, il manquait encore un élément flagrant pour confirmer que notre curé était alchimiste.

Et cet élément je l’ai trouvé sous le porche de l’église. En fait il fallait s’y attendre si le beau triangle flamboyant avait, très réellement, un sens alchimique en signalant que l’église était la demeure d’un philosophe par le feu (nom donné aux alchimistes car leur feu est particulier et généralement tenu secret) il se devait donc d’y avoir, à cet endroit, des renseignements supplémentaires.

ZIkjlDmikaU0Wc0oQvVXRWiHSRE@500x375Clé de voûte de la porte de l’église de Rennes le Château. Elle porte le blason du pape Léon XIII avec sa devise Lumen in cœlo, lumière dans le ciel.

L’anomalie qui se présente ici c’est la présence du blason d’un pape particulier alors qu’il devrait y avoir les armes génériques de la fonction, comme dans la cathédrale de Narbonne, ou se trouve uniquement la tiare et les clés de saint Pierre. Il est vrai que Léon XIII était membre de l’Académie des Arcade qui fleurait l’alchimie… Dans ce cas le blason est en adéquation avec le triangle de feu. Encore un clin d’œil ?

La présence de la devise, qui n’a aucune raison d’être là si ce n’est pour spécifier quelque chose de précis, est vraiment mise en évidence. En d’autre terme elle est une clé (comme la clé de voute qui la supporte) pour saisir le message de notre curé.

Je n’avais pas appréhendé complètement le sens de ces quelques mots latins jusqu’au jour où, en parcourant un petit ouvrage de l’alchimiste Grillot de Givry (1874-1929), je lu ce passage sur le feu alchimique, de son Grand Œuvre :

« Il est l’influx astral, l’éclair cœligène jaillissant de la nue sur l’athanor. » p. 26, Editions Traditionnelles, 1978.

L’athanor c’est le « fourneau » des alchimistes. Dans ce « fourneau » la pierre philosophale est en préparation. Mais le plus important n’est pas là. C’est cet « influx astral, cet éclair coeligène qui jaillit de la nue ». C’est le feu secret, et sacré, imagé  par le grand triangle jaune du porche qui pointe vers les cieux… LUMEN IN CŒLO  se superpose exactement à l’éclair cœligène (éclair généré par le ciel). Est-il nécessaire de poursuivre ?

u_niCahier de Béranger Saunière représentant « l’éclair cœligène » descendant des nues universelles vers l’enfant royal représenté par la fleur de lys. Cette descente de l’esprit astral se superpose au triangle de feu jaune qui orne le porche de l’église.

L’inscription qui court sur le cintre, au-dessus de la porte, confirme ce que dit le blason, en clé de voûte:

« Hic domus Deil est et porta coeli. », ici est la maison de Dieu et la porte du ciel.

Cette porte est, comme nous venons de le voir, une porte que « l’éclair cœligène » permet d’ouvrir pour entrer dans la maison de dieu. Nous avons là toute la transcendance de l’alchimie. C’est entrer dans le sacré, dans la maison de Dieu. Ceux qui ne sont pas prêts, et tripatouillent au laboratoire, ne peuvent que rencontrer le diable derrière la porte que l’on ne peut vaincre que par le signe de croix, c’est-à-dire le creuset[2]… Belle leçon de Béranger qui, à n’en pas douter, fraternisait avec l’athanor.

Y a-t-il de l’or ? Peut être bien que oui, peut-être bien que non ! mais quand est découverte la puissance astrale l’or pâlit, s’estompe et disparaît, au profit de la bonté et de la vérité.

Avec toute mon amitié.

 

[1] Le sel alchimique n’est par le chlorure de sodium utilisé pour la cuisine. La seule analogie avec le contenu d’une salière est la couleur blanche de la substance cristallisée.

[2] Le mot creuset provient de croix car dans la basse latinité, crucibulum, creuset, a pour racine crux, crucis, croix.

 

 

 

LES AVENTURIERS DE RENNES LE CHÂTEAU

ob_7dd7e4_page-carnet-de-flamel-2L’ancien comté du Razès est au sein des monts des Corbières qui s’étirent entre Narbonne et Perpignan. Ils sont réputés pour leur miel et vignoble très particuliers que l’antique Rome venait déguster. Les flancs de coteau gorgés de soleil y sont pour quelque chose. Mais en ses replis obscurs dorment des secrets qui parfois remontent très loin dans la nuit des temps comme cette grotte (la Caune d’ Arago) ou s’abritait le fameux homme de Tautavel, homme le plus vieux d’Europe. Une énigme qui résonne dans la nuit des temps…

Un lieu, un autre siècle, ou le doctorant, que j’étais, appliquait la télédétection à l’archéologie sans trop savoir vers ou j’allais, quel sens réel avait cet endroit mais ou une synchronicité menait la danse.

Tautavel, son musée préhistorique, mais surtout ses anciens seigneurs que l’on connaît moins. C’est le berceau des futurs Périllos, qui furent détenteur d’une fortune aussi soudaine que colossale. Ils finirent par acquérir la seigneurie de Périllos, sise non loin d’Opoul, dont le mystère trame un lien étroit avec l’alchimie et l’histoire indiscernable de Rennes le Château qui tisse son intrigue jusqu’à Montpellier ville chère à la cantatrice Emma Calvé résidant en sa villa Harmonie.

Le célèbre adepte François Cambriel naitra à deux pas de là, à La Tour de France. Il dira dans son livre [1] « avoir vu Dieu durant son enfance ». Il le découvrira, dit-il, à cet endroit (sous l’égide des trois poires du blason de Périllos) en galopant dans des garrigues inhospitalières de l’ancienne seigneurie de ce Raymond (roi du monde en Occitan) qui fut grand maitre de l’Ordre de Malte. Oui, ce lieu est chargé d’un parfum d’éternité. Les millions d’années de l’homme de Tautavel en témoignent.

Rennes le Château, village haut perché, eut au XIXe siècle, un curé de campagne : Béranger Saunière. Il aurait découvert un trésor d’objets précieux et aussi de connaissances impénétrables qui hantent le statuaire, et les milles subtilités symboliques qui courent sur les murs et le plafond, tout en captant la lumière des vitraux, d’une église qu’il rénova. Fantasmagories sulpiciennes bariolées en ce XIXe siècle finissant ?

Lieux qui inspirèrent les prouesses d’Arsène Lupin par son auteur, Maurice Leblanc, mystérieusement informé des recoins obscurs des évènements liés à ce lieu. Mais pourquoi fichtre !

Pays curieux que mon oncle me fit découvrir en ma parlant de l’académicien Pierre Benoît qu’il avait connu au village de Bizanet.

Mais oui, que penser de la fascinante beauté de la dernière reine de l’Atlantide : Antinéa [2] ? Cette souveraine mystérieuse d’un continent englouti dont le jeune Pierre Benoît devinait la présence dans les roches tourmentées des monts Alaric [3] ou dit-on, dort le trésor de trois rois ?

L’aventure, à Rennes le Château, n’est pas dans les bibliothèques ou sous la fourche caudines des marteaux piqueurs ou encore celle du feu d’artifice tonitruent de la dynamite. Le trésor est ailleurs… tout en étant là ! C’est celui d’une survivance difficile à approcher qui imprègne les monts des Corbières tout entiers.

A Rennes le château, plus rien n’est à découvrir. Le petit musée lui-même s’est désertifié au fil des années. Rien n’est à trouver en ce lieu si ce n’est… le fabuleux trésor ! Trésor qui fait fantasmer le monde entier à travers des spéculations plus ou moins abracadabrantes car l’imagination de beaucoup s’est épuisée. Il ne reste que quelque gouttes de bon sens, puisque la gourde d’inspiration s’est asséchée au cœur du désert de rocaille peuplé par la fantaisie d’un autre ecclésiastique campagnard : l’Abbé Boudet. Ce curé du village voisin de Rennes-les-Bains était un érudit cinglé, licencié en Anglais, qui peupla les alentours de son village de dolmen et de menhir qui n’existent pas.

Lieu de fous-fous ? Non lieu de faux-fous !

Mais que trafiquaient donc nos curés dans les coins obscurs de leurs presbytères ou de leurs sacristies ? Quelle marotte les animait au point de leur faire peupler leurs églises d’énigmes et la campagne environnante de leurres ? Il y a bien une raison à cela ! Et cette raison ne pouvait être quelconque, capitale même pour orchestrer des «fuites» auprès des auteurs célèbres de cette fin de siècle auquel le grand Jules Verne lui-même n’échappa…

Et puis cette particularité de ces ecclésiastiques à vouloir passer pour de pauvres hères excessifs, déraisonnables, un peu fous pour ne pas dire complètement cinglés !

Cela me rappelle cette remarque fondamentale de l’alchimiste René Alleau :

« De cet abaissement volontaire, la «Haute Science» elle-même ne témoigne-t-elle pas en choisissant de se nommer «la science des fous» et en assignant à la lame majeure du Tarot, nommée le «Mat», le «Fou» ou l’ «Alchimiste», une place paradoxale entre le «Monde» et le «Bateleur» qui crée l’illusion du jeu ? Les prétoriens n’ont-ils pas déguisés le Christ en bouffon de carnaval ? N’ont-ils pas joués au dés les vêtements du «fils de l’homme» et cet exemple de la subversion totale des valeurs ne nous prouve-t-il pas que ce monde-ci à été déjà souverainement jugé? Comment n’éprouvons-nous pas le profond retentissement de cette réplique :

« All ibn Abdan connaissait un fou qui divaguait le jour et passait la nuit en prière.

  • Depuis combien de temps, lui demanda-t-il un jour, es-tu fou?
  • Depuis que je sais. »[4]

Nul n’est besoin de faire l’éloge de la folie avec Erasme. Mais méfions-nous des gens qui «déraillent»… Sortir de l’ordinaire c’est se faire cataloguer. Mais c’est surtout courir en toute liberté vers la solution de bien des problèmes.

Les auteurs Giacometti&Ravenne disent avec justesse qu’à l’instar de Rome capitale de la chrétienté, ou de la Mecque capitale des Musulmans, Rennes le Château est la capitale mondiale de l’ésotérisme. Cela est incontestablement vrai. Pourquoi?

D’abord l’existence de ce mystère en attire d’autres plus généraux mais concomitants comme celui de sociétés secrètes, des pouvoirs occultes de l’homme sans oublier celui des origines ou des mystères de la matière dont l’approfondissement fut à l’origine de cette physique «folle» et déroutante qu’est la physique quantique détentrice des clés de notre réalité.

Aussi en ce lieu se croisent les chercheurs de différents horizons animés d’un élan commun que bien souvent ils ignorent: Cathares, Druides, Franc Maçons et Rosicruciens de tous bords, ainsi que Templiers sans oublier les alchimistes.

Cette effervescence est parfaitement illustrée par les multiples titres de livres des deux librairies du village.

Par moment des poussées délirantes se propagent jusqu’à Bugarach [5], tout à côté, ou le monde entier attendait l’apocalypse… et l’avènement des extraterrestres.

En ce lieu l’imagination fatiguée côtoie le délire. Délire que certains confondent avec la réalité.

Un pays de faux-fous ? Peut-être mais il ne faut pas les confondre avec les fous-fous qui sont partout y compris dans l’hémicycle du palais Bourbon !

Certains écrivains tirent leurs épingles du jeu en gagnant un trésor sans toucher à une pioche. Ce fut le cas pour le best-seller mondial Da Vinci code. Il en est de même pour Giacometti et Ravenne. Mais ces auteurs manifestent une autre dimension qui traduit une aura particulière en harmonie avec celle du mystérieux curé. Ces auteurs ont créé une histoire imaginaire en s’appuyant sur des faits réels qui montrent à eux seul combien ces événements énigmatiques les fascinent. Et ils ne pouvaient que découvrir les multiples ramifications possibles que l’on retrouve dans l’ensemble de leurs ouvrages.

Ces deux romanciers sont de vrais aventuriers à l’instar de l’américain Steve Berry avec son «L’héritage des Templiers». Je ne connais pas tous les écrivains, mais ces deux on un supplément d’âme que les autres n’ont pas. Ce n’est pas le tout d’écrire encore faut-il ressentir une passion qui prend ses racines dans les secrets de l’être qui se révèle subrepticement au fil des pages.

Quand on désire absolument défendre une opinion. Ce seul désir empêche de flirter avec les racines de bien des mystères. Si l’imagination est lâchée nous explorons bien des faits inaccessibles à ceux qui «ne veulent pas perdre pied». L’imaginaire a parfois des éclairs de réalisme que la logique ne peut atteindre.

Les romans de cet ordre sont dans ma bibliothèque tout à côté des plus sérieux concernant l’énigme de Rennes Le Château. Pour moi ils ont la même valeur, ce que mes amis ne comprennent pas toujours. Je suis obligé de leur répondre – pour ne point engager un échange qui promet d’être barbant – que j’adore mélanger les torchons avec les serviettes !

Il est vrai qu’il est difficile pour beaucoup de sentir la relativité de notre monde. Les imaginatifs le savent intuitivement aussi leurs images suivent des chemins parallèles à la réalité et parfois la rencontre. J’aime suivre leur chemin car il m’inspire et surtout m’amuse en constatant combien le monde est merveilleux et non dépourvu d’humour.

Il m’arrive de rire aux éclats en voyant le trajet suivi par l’idée imaginaire d’un auteur qui d’un seul coup rencontre la réalité puis s’en éloigne par manque de prise de conscience, ou pour une toute autre raison.

Concrètement qu’est-ce que cela veut dire. Pour l’expliquer mieux vaut prendre un exemple simple dans le livre l’Apocalypse de Giacometti & Ravenne.

Avec un code « apocalyptique » contenant 666, dont j’ai mal saisi l’origine, nos deux auteurs découvrent une série de chiffres mis en évidence sur la pierre tombale (par «un procédé aussi simple que complexe!») de la marquise d’Hautoul dont le château est celui de Rennes le Château. Ce code est 66654. Il donne sur la pierre tombale le mot NIGLA , mot hébreux qui signifie apocalypse.

Nous voila donc au cœur du sujet car l’énigme du roman est liée à ce curieux NIGLA pondu par une acrobatie de l’imagination désireuse de donner une cohérence à l’histoire.

Nos auteurs poursuivent donc leur roman avec le nom d’une villa «Nigla» sous laquelle réside le mystère…

Leur imagination les conduit donc au village d’Arques ou se trouve cette demeure imaginaire alors que la solution de l’énigme est ailleurs si l’on considère que nigla n’est autre que l’anagramme d’un mot occitan, langue que parlait la comtesse.

Il s’agit de galin, c’est-à-dire galina ou poule en occitan.

En d’autres termes leur imagination libérée, pour les besoins d’un roman, les a conduits vers le secret de « l’apocalypse » détenu par les Hautpouls plutôt qu’ailleurs. Généralement les chercheurs passent outre alors qu’il s’agit d’un fait sérieux, solide, découvert par cette curieuse capacité humaine de sauter aux conclusions sans passer par un raisonnement logique. En bien des cas la science en bénéficia comme la découverte de la table périodique des éléments par Mendeleïev, celle de la relativité par Einstein, ou la découverte des molécules cycliques par Kekulé. Je donne d’autres exemples, dans Holoscopie de la spiritualité Occidentale, de ces découvertes à l’origine du renouvellement des connaissances.

Le chemin de l’imaginaire est un gage de vérité que n’a pas toujours la logique rationnelle.

La suite c’est à chacun de la faire en prenant bien garde de ne plus utiliser les sentiers battus. C’est toute une aventure croyez moi, et elle en vaut la peine car elle s’inscrit en harmonie avec le développement de l’être.

Au fait sommes-nous sur de bien connaitre les Hautpoul au paradoxal blason peuplé de coqs ?

Les chercheurs de trésor seront surement déçu par cet article qui pour eux aura un goût d’inachevé, d’autre en seront fécondés, donc… Que ceux qui ont des oreilles entendent.

Avec toute mon amitié.

[1] In Cours de philosophie hermétique ou d’alchimie (1843).

[2] Antinéa mot où l’initiale A est ma même lettre que celle qui achève le nom. C’est l’image du commencement qui rejoint la fin à la manière du serpent qui se mord la queue ou l’ouroboros des alchimistes.

[3] Qui devinrent dans son imaginaire les roches du Hoggar saharien.

[4] René Alleau. Aspects de l’alchimie traditionnelle p 149. Editions de minuit, Paris 1953. Sous couvert d’orientalisme l’auteur développe toute la dimension de la mystique alchimique cherchant à atteindre « l’éveil » qui caractérise le tchen jen ou homme véritable.

[5] Bugarach est le nom d’un capitaine utilisé par Jules Vernes dans l’un de ses romans. Il semblerait donc qu’au XIXe siècle l’histoire de Rennes le Château était connue, avant l’heure, par des auteurs mystérieusement informés. Par qui ? Et surtout pourquoi ? Cela est encore un mystère.

LA COLOMBE DES CORBEAUX de Rennes le Château

Fee

LA FEE DE ROC DE FA linteau d’une maison du village.

Je dois dire pour la énième fois que mes articles sont le résultat de ma compréhension, à un moment donné, de certains faits ou de certains concepts. Ils ne sont donc que le reflet de ce que j’ai cru saisir au moment ou je les écrits. Comprenez qu’ils sont en perpétuelle évolution et ne sont donc pas le duplicata de ce que j’ai exprimé hier où dirais demain… reflets, ils le sont surtout de ce que j’ai envie de dire un peu comme si je m’imaginais lequel, parmi vous tous, allait faire l’effort de lire.

Oui il y a parfois une sorte de communion avec vous qui fréquentez mon terrier et de cela, j’en suis profondément heureux car, avec cette étrange communion, vous devenez, toute et tous, mes amis.

Je ne suis pas attaché à mes écrits, ils ne sont pas inscrits dans la pérennité et c’est la raison pour laquelle je les laisse à votre disposition pour que vous puissiez en profiter au mieux, et leur donner même une suite selon vos goûts, sans pour cela vous les approprier…

Ce que j’apprécie le plus, ce sont les critiques car du moment qu’elles sont dénuées de cette agressivité qui caractérise les constipés et plus particulièrement les snobinards qui se disent « branchés ». Je dois avouer que  j’ignore si le branchement lumineux en question se fait par-devant ou par-derrière, étrange dilemme car nous sommes à l’époque des prises universelles. Eh oui, notre société dépravée  négocie un retour in petto aux activités vénériennes de Sodome et Gomorrhe. C’est là, vous vous en doutez, une constatation et non un jugement.

Parmi ces naufragés outre les fofolles gravement atteintes figures ceux qui cherchent à me faire dire que c’est « la queue qui remue le chien ». Décidément, vous pouvez le constater, l’appendice de contentement semble à l’origine de bien des méfaits.

Exception faite de ces deux cas gravissimes de recherche insensée du plaisir à pavaner en affichant une différence souvent artificielle, les critiques sont pour moi fructueuses. C’est une matière à réflexion qui efface cette impression, difficile à assumer, d’être le seul à parler.

Sans vous connaître toutes et tous, je pense souvent à vous car j’ai parfois envie de vous faire des cadeaux. Certaines et certains m’écrivent pour me dire qu’ils ont, en effet, reçu un cadeau. C’est un bref moment ou comme un vieux corbeau, je me lisse un peu l’ego. Ah l’esprit ! il fait communier et laissez-moi rigoler quand certains affirment qu’il vient aux tables et je ne crois pas qu’il soit question des « saintes tables » de nos chapelles. Car la sainteté de nos jours a bien triste mine puisque naufragée quelque part dans cette mer de chaises vides qui inonde  nos églises.

Dans les églises le tabernacle contenant les hosties ne furent pas toujours au centre de l’autel, pour des raisons sanitaires, car les rats vecteurs de la peste pullulaient et pouvaient endommager la « présence réelle » ou réserve d‘hosties. Elle était donc enfermée dans un récipient en métal précieux accroché au plafond, du côté de l’Épître (côté droit en regardant l’autel lorsque le prêtre tourne le dos aux fidèles en regardant l’Est) par une longue chaîne. C’était la colombe de l’eucharistie ou péristère.

Les religieux des siècles passés associaient dont la colombe avec le saint Esprit comme le souligne les évangiles lors du baptême du Christ, dans le Jourdain, par Jean-Baptiste (Luc III, 21).

Cette forme symbolique du péristère, qui sera appelé plus tard le ciboire et deviendra une coupe, non sans analogie avec le Graal, est significative quant au sens intrinsèque des hosties. Pour nos anciens la communion était essentiellement une réception de la colombe de l’Esprit saint à travers le sacrifice du Christ. Ce fait étant le prolongement de cette affirmation du Christ : « L’Esprit Saint, vous enseigneras ».

Cela étant dit pour ceux qui confondent la communion avec du cannibalisme… manger de la viande humaine, celle du Christ, et boire son sang comme Dracula et les vampires. J’ai souvent entendu cela y compris chez des gens censés être cultivés comme cette jeune femme, major de science po., fille d’une amie. Je ne vous cache pas que cette belle femme m’a laissé les bras ballants pour tout autre chose que pour l’harmonie suggestive de son personnage.

J’ai souvent entendu des incohérences par ceux qui ne seraient pas supposés, vu leur culture, ne pas analyser les faits au premier degré.

Que les choses soient claires : Je ne cherche pas à défendre une position doctrinale, Je me limite à souligner l’importance de l’Esprit saint (si étroitement assujettit au laboratoire alchimique) chez nos pères et surtout leur manière de le comprendre.

Le mot colombe contient de multiples sens qui indiquent combien les Églises de connaissance (et non les Églises de croyance telle les Églises Catholiques Orthodoxes ou Protestantes ) savaient mettre en exergue des sens ayant trait aux travaux d’alchimie interne (physio-psycho-spirituelle) et plus précisément au laboratoire ou l’alchimie externe qui est donc une résultante ou s’exalte une spiritualité à l’état pur. Ce qui veut dire que parvenu à ce stade l’œuvre au laboratoire devient plus spirituelle que celle de l’oratoire. C’est pourquoi d’Opéra, il devient grand opéra ou Grand Œuvre.

Beaucoup d’alchimistes restent au stade de l’Opéra car ils ne savent pas faire la jonction avec l’esprit.

Évidemment, les spiritualisant ne sauraient accepter ce genre de manipulations qui leur paraissent pour le moins curieuses et même incongrues par rapport au confort béat de l’édredon qu’est  la spiritualité méditative ou l’être dialogue souvent avec lui-même dans un bien-être douillet. Impossible, dans ce cas, de saisir la transcendance de la matière, Impossible, de surprendre l’Esprit en action dans les fondements de la matière à travers ses pulsations vitales.

Cela étant dit pour ceux qui confondent la communion avec du cannibalisme… manger de la viande humaine, celle du Christ, et boire son sang comme Dracula et les vampires. J’ai souvent entendu cela y compris chez des gens censés être cultivés comme cette jeune femme, major de science po., fille d’une amie. Je ne vous cache pas que cette belle femme m’a laissé les bras ballants pour tout autre chose que pour l’harmonie suggestive de son personnage.

J’ai souvent entendu des incohérences par ceux qui ne seraient pas supposés, vu leur culture, ne pas analyser les faits au premier degré.

Que les choses soient claires : Je ne cherche pas à défendre une position doctrinale, Je me limite à souligner l’importance de l’Esprit saint (si étroitement assujettit au laboratoire alchimique) chez nos pères et surtout leur manière de le comprendre.

Le mot colombe contient de multiples sens qui indiquent combien les Églises de connaissance (et non les Églises de croyance telle les Églises Catholiques Orthodoxes ou Protestantes ) savaient mettre en exergue des sens ayant trait aux travaux d’alchimie interne (physio-psycho-spirituelle) et plus précisément au laboratoire ou l’alchimie externe qui est donc une résultante ou s’exalte une spiritualité à l’état pur. Ce qui veut dire que parvenu à ce stade l’œuvre au laboratoire devient plus spirituelle que celle de l’oratoire. C’est pourquoi d’Opéra, il devient grand opéra ou Grand Œuvre.

Beaucoup d’alchimistes restent au stade de l’Opéra car ils ne savent pas faire la jonction avec l’esprit.

Évidemment, les spiritualisant ne sauraient accepter ce genre de manipulations qui leur paraissent pour le moins curieuses et même incongrues par rapport au confort béat de l’édredon qu’est  la spiritualité méditative ou l’être dialogue souvent avec lui-même dans un bien-être douillet. Impossible, dans ce cas, de saisir la transcendance de la matière, Impossible, de surprendre l’Esprit en action dans les fondements de la matière à travers ses pulsations vitales.

Méditez et prévenez-moi quand vous saurez ou vous en être et si vous estimerez avoir parcouru un chemin important sans être assujetti à des puissances que vous êtes incapables de reconnaître. Bonne chance.

La voie initiatique occidentale qu’est l’alchimie demande autant d’effort que les autres voies et ceux qui ne foutent rien et bricolent dans leur coin, ceux qui veulent affirmer leur liberté d’en faire à leur guise car ils savent tout ou pire encore sont des « chanels » divinement inspirés, ou presque, ceux là ne risquent pas de décrocher le pompon. De grâce Non ! vous n’allez pas me parler du Nouvel Age !

La langue grecque étant celle de la rédaction initiale des Évangiles, c’est dans l’étymologie grecque que le mot colombe livre toutes ses acceptions.

Ne voulant pas survolter vos neurones (ni les miens), je ne vais donc pas étaler les multiples bravades gaillardes d’un étymologiste vétéran, je vais me cantonner à résumer le strict nécessaire à la compréhension pour les fatigués que nous sommes depuis notre sortie de la classe terminale… de maternelle ou lire est devenu une perte de temps et un ennuie souverain.

 En grec le mot colombo ce n’est pas un flic célèbre (ça, vous le savez déjà mais je n’ai pu résister à le dire) mais un oiseau aquatique  que l’on appelle le plongeon.

Donc colombo est aussi bien la colombe qu’un oiseau qui plonge pour poursuivre le poisson dans l’eau.

Ces deux sens se complètent car dans l’iconographie religieuse l’oiseau qui survole le baptême du Christ et donc la descente de l’Esprit est souvent représentée à la façon d’un oiseau plongeant… à la manière d’un faucon, ce qui ne caractérise pas (vous vous en doutez) la blanche colombe !

Je signale en passant que le colombin est un minerai de plomb à ne pas confondre avec des crottes.

Le terme Péristéra est synonyme de phassa qui se dit aussi phatta en grec, terme voisin de l’ancien français fata = fée (occitan fada, fado ou fa. ) le village Roc de fa (rocher des fées) dans l’Aude en est l’illustration d’autant que l’on peut rapprocher ce terme de phasma (grec) ayant le sens d’apparition, vision, signe des dieux, phénomènes céleste extraordinaire dont la descente de l’Esprit réjouit le cœur des alchimistes.

Roc de fa est donc un lieu particulier ou le fantasme (invisible) se superpose à la réalité. Mais cela a une raison d’être en ce  royaume de l’antique société initiatique des corbeaux.

Mais ce prétendu fantasme ne serait-il pas la descente de cet esprit, ce columbos dont les alchimistes de la région avaient nécessairement besoin pour que leur matière puisse se faire pêcher afin de pouvoir être mondifiée ?

Alors, nous comprenons mieux la colombe qui survole la vierge et l’enfant Jésus dans ce tableau de la sacristie d’Arques non loin de Roc de fa. Au fait ce rocher sacré ne serait-il pas cette pierre qui nous vient de la blanche colombe, laquelle plonge en ce lieu pour lui donner une dimension qui ne demandait qu’à être découverte… par les petits corbeaux !

Avec toute mon amitié.

LE NOMBRE 17 DE RENNES LE CHATEAU

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L’Église de nos pères, du premier millénaire, celle qui mérite le nom d’Église Universelle car indivise (à ne pas confondre avec son homonyme l’Église Catholique qui se dit universelle du seul fait qu’elle est  présente partout !), cette Église primitive n’avais pas subit les ravages égocentriques de l’intellectualisme et était encore imprégnée de l’enseignement du Christ. Elle pratiquait énormément le symbolisme dans la liturgie et ses relations avec le suprasensible. L’on comprend fort bien que les milieux de l’ésotérisme, notamment la Franc Maçonnerie, aient cherché à perpétuer cette dimension avec plus ou moins de bonheur.

Cependant les prêtres cultivés du XIXème siècle, siècle d’or de l’occultisme, pouvaient approfondir le sens spirituel des symboles d’une manière beaucoup plus pertinente que les laïcs car ils avaient à leur disposition des histoires « confidentielles » de l’Église conservés dans leurs bibliothèques presbytérales comme à Alet-les-Bains (ancien évêché ou régnait Nicolas Pavillon ami de l’alchimiste saint Vincent Depaul) administrée (au XIXeme siècle) par le curé érudit J.-Th. Lasserre accompagné de son  jeune vicaire l’abbé Bérenger Saunière.

Actuellement le rejet, ou la séparation du symbolisme avec sa dimension mystique chrétienne fait passer à côté de bien des trésors et de bien des compréhensions comme cette irritante énigme du nombre 17, omniprésent à Rennes le Château, dont j’ai donné par ailleurs une interprétation (Rennes le Château la carte des trésors) mais dont l’origine liturgique fut quelque peu négligée alors que son importance, en fonction des protagoniste de cette histoire, est pourtant des plus évidente.

Évidemment nous ne pouvons que rester dans le symbolisme de la messe tridentine que célébrait l’abbé Saunière et ses successeurs jusqu’en 1968, année ou les réformes du concile Vatican II furent appliquées dans le désarroi que l’on connait au point de profondément perturber saint Padre Pio qui en perdit, non sans pertinentes raisons, son sourire…

La liturgie antique recèle des trésors insoupçonné car étroitement liée à l’esprit des premiers chrétiens dont la préoccupation essentielle était de tout sacraliser, y compris les lois de la nature, et surtout de se diviniser, ce qui permit une effervescence alchimique dans les officines des monastères. De ce genre de recherches spagirico-alchimique nous sont resté des vins ou liqueurs à fin thérapeutiques comme la bénédictine et la chartreuse ou encore la fameuse blanquette de Limoux (qui était élaborée selon la méthode non champenoise. Actuellement les producteurs nous abreuvent faussement de « blanquette champenoise » en cherchant à surfer sur la notoriété du champagne). La blanquette d’origine est un vin doux fruité naturel et pétillant. Il n’existait pas de blanquette brute ou demie brute. C’était donc un vin effervescent de dessert à consommer avant les sucreries, peu alcoolisé mais fruité sans adjonction de sucre. Son action était donc essentiellement énergétique et thérapeutique sans négliger pour cela le plaisir de la table.

Actuellement on abreuve les touristes d’un « vin » pétillant sec ou artificiellement sucré sous le nom de blanquette traditionnelle. Ceci étant dit pour prévenir celles et ceux qui veulent profiter pleinement de la quintessence du terroir de l’ancien comté de Razès. Ne vous fiez pas aux gros revendeurs mais aux tout petits producteurs… si vous en trouvez !

Il est vrai que je ne suis pas hors sujet puisque je vais parler de la messe (que les bouffeurs de curé me pardonnent mon outrecuidance !) durant laquelle le prêtre dégustait un vin doux qui n’était autre que du muscat comme dans les Pyrénées Orientale… Muscat dont on vient d’inventer la version sèche (comme il se doit !) à faire frémir d’indignation les dieux ! Je dis cela car notre monde a besoin de douceur au lieu de s’éclater le palais avec des produits décapants, pour les chiottes, sortis de l’imagination de  Belzébuth le dieu des mouches « à miel », bras droit de Mammon le saint patron du fric.

Durant cette messe, que pratiquent toujours les   Traditionnalistes, le prêtre encensait, dans la partie de l’office appelée « offertoire », les offrandes (hostie et calice). Avec l’encensoir il traçait, au dessus du pain et du vin eucharistique, trois croix qu’il entourait de trois cercles. Cette manière de procéder est très ancienne et remonte à la primitive Eglise des Gaules, à l’époque ou fleurissaient les voutes romanes du premier millénaire. La croix inscrite dans le cercle était un symbole fondamental de l’Eglise Gallicane ancienne ou Eglise primitive universelle. Donc ne croyons pas à sa simple adoption par l’Eglise Celtique, mais à son universalité. En effet, à l’occasion de l’ordination d’un clerc, moment ou on imposait la tonsure, l’évêque coupait – en signe d’adoption par l’Eglise – cinq mèches de cheveux à l’ordinant prélevées sur le front, la nuque, puis les tempes gauche et droite. On voit là que le cercle est symbolisé par la tête et la croix par les cinq coupes de cheveux.

Ce symbole était analogue au cercle du soleil se levant sur la croix de l’autel orienté à l’Est dans toutes les églises.

La tête de l’ordinant, ou l’ordinant lui-même dois se confondre avec le Christ solaire, en en mot entreprendre la démarche, vers la lumière, de sa divinisation dont les étapes successives seront les sept ordinations menant à l’épiscopat. Ces niveaux de croissance nécessaires furent malencontreusement supprimés par le concile Vatican II. De ce fait les prêtres et les évêques perdent la validité de leur ordination car non étayée et non murie par la réception de sacramentaux particuliers et le franchissement de paliers successifs nécessaires à la « maturation ». Ainsi, selon l’Eglise traditionnaliste, le pape Benoîts XVI n’est pas évêque (donc n’est pas pape légitime) car il fut invalidement consacré épiscope selon le cérémonial (Pontifical et cérémoniaire des évêques — invalide, je le répète —de Paul VI) issu des décisions imprudemment concoctées par les cardinaux du concile Vatican II. Je me suis permis cet aparté quelque peu iconoclaste et hérétique, pour les bons Catho et papistes inconditionnels, car il me fallait donner du bon grain à moudre à ceux qui s’intéressent à la prophétie des 111 papes attribuée à saint Malachie d’Armagh (1094-1148)…

Le cercle associé à la croix était un symbole fondamental, autant était-il celui de l’illumination intellectuelle que de l’illumination mystique. C’est pourquoi dans la cire du cierge pascal, (la flamme est assimilée à la lumière du Christ) de coupe circulaire étaient planté en forme de croix cinq clous symbole de la passion, et cela même si en réalité il n’y en eu que quatre ou peut-être même trois seulement.

Ces cinq clous étaient disposés d’une manière identique aux cinq coupes de cheveux lors de l’ordination à la cléricature ou premier ordre mineur (il y avait cinq ordinations mineures) symbole d’adoption provenant d’une pratique usité chez les romains qui s’officialisait, dans l’empire, par une cérémonie durant laquelle l’adoptant coupait une mèche de cheveux à l’adopté.

Actuellement l’officiant dispose d’une hostie monumentale dont la grandeur se rapproche tellement d’un ustensile de spectacle que j’en reste stupéfait avec une envie irrépressible de rigoler. Je dois me faire violence pour rester conciliant, en ce théâtre, car on ne saurait exiger des peoples de cultiver la discrétion !

Depuis fort longtemps il existe des hosties de huit à dix centimètres de diamètre à l’usage du prêtre, et cela depuis les temps immémoriaux ou la table de communion en sigma reproduisait le croissant lunaire… mais là n’est pas mon propos, même si l’analogie alchimique est fascinante… faut-il en être surpris ?

Durant l’office la grande hostie du célébrant était posée au centre d’un linge blanc ou  corporal (support de corps du Christ, d’où le nom de ce linge sacré). Mais le remarquable ouvrage La Messe, études archéologiques sur ses monuments (1883) de Charles Rohault de Fleury qui fut édité par A. Morel et Cie, libraires-Editeurs, nous livre bien des particularités en usage dans la liturgie des premiers siècles que l’on a pu relever dans les bas-reliefs des sarcophages, dans les miniatures du manuscrit de Cambridge ou dans l’ivoire du Dôme de Milan. Ainsi la page 32 du premier volume nous apprend que pour la Noël, à l’occasion de la Transfiguration (fêtée le 6 août) et à l’Ascension, la grande hostie était accompagnée de plusieurs petites, dont 4 formaient une croix avec la grande au centre, puis 12 autres étaient disposés en cercle autour de la croix, formant ainsi une croix celtique avec 17 hosties.

Nous retrouvons cette croix « celtique » autant au sommet de l’obélisque érigée sur la pierre tombale du vicomte de Chefdebien (sur l’ancienne route nationale de Narbonne à Couiza) que dans l’église de Rennes le Château agencée par l’abbé Béranger Saunière.

Au-dessus du bénitier, derrière les quatre anges qui forment le signe de la croix, on peut voir une belle croix celtique dont le cercle est agrémenté de 16 billes (4 fois 4) dont la 17ème est au centre de la croix.

Soulignons au passage que le grand œuvre alchimique (voie du cinabre) repose sur le facteur 4 à l’instar de bien des passages de la Genèse. Ainsi 40 est la clé alchimique du récit de Moïse.

Dans le Grand Œuvre, la phase dite Solve (la matière est soit en solution soit à l’état liquide comme l’eau du bénitier) se déroule en 8 mois philosophiques (ne correspondant pas à des mois de notre calendrier tout en lui étant proportionnel). Ce chiffre 8 est, comme l’on sait, un multiple de 4 (4X2). Solve caractérise donc « l’ouverture » de la matière première, son changement d’état, ici de l’état solide à l’état liquide, afin de pouvoir devenir apte à capter l’énergie nécessaire à sa mutation, laquelle poussée à l’extrême est une véritable métamorphose.

J’ouvre une parenthèse pour dire à ceux qui bidouillent dans un labo, pour trouver la pierre qui transmute en or, qu’ils peuvent s’atteler s’ils n’ont pas trouvé l’esprit. Je parles là à plus de 80% des « alchimistes ».

Il faut dire que la partie méridionale de notre pays est favorisée comme le souligne l’alchimiste Cambriel (qui fut, oh ! surprise, fabricant de draps à Limoux) d’autant plus favorisée qu’elle se trouve en hauteur comme le village de Rennes le Château.

Telle est, avec ce chiffre 8, l’une des raisons ésotérique de la forme octogonale des anciens baptistères dont l’eau baptismale correspond à la matière liquide (solve) chargée d’esprit lequel va se communiquer au baptisé lorsque le prêtre lui dira : « ephata (ouvre-toi) ».

Solve est une phase nécessaire et donc universelle qui caractérise toutes les « voies » alchimiques issues de la Genèse de Moïse, que ce soit celle du cinabre, du régule étoilé ou du verre avec la « rosée » dite aussi voie humide. C’est la raison pour laquelle les auteurs parlent tantôt de l’un, tantôt de l’autre, de ces procédés en se gardant bien de spécifier qu’ils mélangent tout. Évidemment cela ne fait pas la joie des chercheur (sauf de ceux qui ont lu et relu pour la énième fois), mais, comme disait l’ancien humoriste Fernand Reynaud : « C’est étudié pour »…

Il est en effet une maladie mortelle très répandue qui consiste à lire, pour s’informer et à oublier en se gardant de relire et relire, action qui caractérise uniquement les gens motivés. Sans lire, relire et relire autant faire pipi dans un violon… et après ça on veut connaître la musique ? L’attitude ne saurait être différente en ce qui concerne le décryptage de toute énigme y compris celle de Rennes le Château.

La croix celtique de notre bénitier est très particulière, puisque le cercle qui entoure le centre de la croix comporte 16 billes, plus exactement 4×4 ce qui est, dans la voie du cinabre, le nombre de mois philosophiques nécessaires pour fixer (solidifier) la pierre ou coagula. Mais ce n’est pas tout, une 17ème bille est placée au centre de la croix répondant au 17 constitué par les deux lettres surnuméraires du « LE » incongru de l’inscription : PAR CE SIGNE TU LE VAINCRAS qui aurait due s’écrire PAR CE SIGNE TU VAINCRAS. La lettre L est la 12 ème de l’alphabet et le E la 5ème. La somme donne un 17 très particulier puisqu’il correspond à la croix constituée avec 5 hostie dans un cercle de 12 Il y a donc un désir de désigner la croix celtique de l’aube de l’Eglise. Nous avons aussi une désignation de l’est avec insistance pour désigner un lieu sacré inviolable dans un carré bien défini.

A la lumière de ce que je viens de vous raconter il semble que le livre intitulé La vraie langue celtique et le cromlech de Rennes-les-Bains écrit par l’abbé Boudet ait une raison d’être des plus essentielles car le cercle d’hosties se superpose aisément au cercle du cromlech. Au chercheur de trouver la croix !

Aurais-je tord de croire que notre curé avait des accointances avec l’Eglise primitive ? Il est aisé de comprendre que face à une Eglise ayant perdu l’Esprit (et cela dès le XVIIème siècle), certains êtres profondément motivés aient éprouvé le besoin d’approcher davantage « le flambeau » de la vérité qui jaillit au centre de la croix (logique cruciforme). Trop souvent l’on ne prend pas conscience qu’une recherche de la rectitude, dans une profonde spiritualité active engendre, sans l’intermédiaire du livre ou de la logique rationnelle, la Connaissance.

Et cette connaissance conduit à bien des trésors, trésors des  plus concrets que l’intelligence la plus vive n’aurait jamais permis de découvrir.

Avec toute mon amitié.

LE BLASON PAPAL DE RENNES LE CHATEAU

J’ai à votre disposition, chère lectrice et cher lecteur, un troisième épisode sur mon analyse du livre de Daniel Dugès « Rennes le Château un chapitre maçonnique secret ». L’éditeur doit être content car je fais de la pub gratuite. Il va falloir que je lui réclame une petite aumône pour m’acheter une cuisinière… non, pas une cuisinière en chair et en os !

Dans cet article j’ai étudié succintement le blason qui est au fronton de l’église de Rennes le Château, histoire de rafraichir mes connaissances en héraldique et aussi pour vous les faire partager tout en jouant sur les mots… et les émaux aussi !

Ce livre est pour moi un vrai trésor car il me permet d’exprimer ce que j’ai compris ou cru comprendre non seulement sur Rennes le Château, mais aussi sur l’Église et la franc Maçonnerie. Si vous avez lu mes précédents articles où j’insiste  sur leur difficulté à saisir le sens profond de la spiritualité ainsi que celui des symboles vous partagerez mon intérêt pour cet ouvrage qui est écrit semble-t-il, par l’un des leurs.

Ce livre m’a livré, si je puis dire cela sans jeux de mots, la solution à mes interrogations sur la Maçonnerie et surtout a mieux saisir les raisons essentielles de cette difficulté qu’ont les Maçons à interpréter les symboles dans leur plénitude non intellectuelle. Bien souvent ils sont adeptes de René Guénon qui malgré, ou à cause, de sa grande érudition reste la parfaite illustration de ce qu’il ne faut pas faire. Car n’en doutons pas, la simplicité pure reste le seul sentier capable de se faufiler jusqu’aux cieux.

Cette érudition qui s’entasse au fil des exposés ou « planche » (exposé périodique fait par chaque franc maçon) reste un leurre sans racines, et donc sans intérêt réel sur le plan spirituel, même si elle ne manque pas de séduction. Car la spiritualité est desservie par les mots.

Ces abstractions, qui tissent les ouvrages de René Guénon, enracinent la pensée de l’auteur dans la cervelle des lecteurs admiratifs. C’est ainsi que naissent de fausses croyances ou manière de penser. Cette attitude d’attachement ne peux que conduire à établir des idéologies partiales. C’est ainsi qu’est refusé le bien fondé de l’alchimie au laboratoire parti pris qui conduit à ignorer la véritable dimension de l’oratoire.

Telle est la raison pour laquelle Bouddha disait de ne placer aucune lumière au-dessus de sa tête.

C’est parce que cet ouvrage est sérieux et original que j’ai pu réaliser cette synthèse. Donc, merci monsieur Dugès.

Petite note: 

Cet article est la suite des deux premiers qui sont les suivants dans l’ordre de leur publication:

COMMENTAIRES AUTOUR D’UN LIVRE sur Rennes le Château.

COMMENTAIRES AUTOUR D’UN LIVRE sur Rennes le Château (suite)

Ce que dit l’auteur…

L’auteur présente le blason du pape Léon XIII (1810-1903), gravé sur la clé de voûte dominant la porte d’entrée de l’église, comme hautement significatif. Pour lui c’est un indice de la présence en ces lieux d’un chapitre chrétien maçonnique lequel use de l’église pour ses cérémonies.

Au XIXe siècle ce souverain pontife publia, en effet, la dernière bulle condamnant la « Franc-maçonnerie » non chrétienne. Elle ne s’adressait donc pas aux Francs Maçons de Rennes le Château !

Le groupe qui officiait dans l’église revendiquait donc, par la présence de ces armoiries, une tradition maçonnique chrétienne opposée à la maçonnerie laïque condamnée à juste titre par celui qui est considéré comme le plus grand pape de la chrétienté et dont la longévité, pour un homme de constitution chétive laisse planer, si je puis dire, un point d’interrogation (Nota:l’auteur n’écrit pas les derniers termes qui sont de mon cru). 

En plaçant les armes de ce souverain pontife sur la clé de voûte Saunière illustre son antimaçonnisme républicain et par la même occasion son idéologie royaliste.  

En réalité, affirme l’auteur, cette disposition des armes pontificales montre qu’ « il s’agit bien là de la lutte d’une maçonnerie chrétienne contre une maçonnerie laïque. »

 

Dans le blason officiel de Léon XIII, l’étoile de la comète possède six raies (branches) et elle se dirige vers la gauche (vers l’ouest) et donc vers le couchant.

Disons en passant que j’ai signalé précédemment la correspondance de l’étoile avec l’arcane 17 du jeu de tarot qui s’appelle « l’étoile »…

Chez Saunière, à l’entré de l’église, cette étoile n’a plus que 5 raies et se dirige en sens inverse vers la droite et donc vers l’est, vers le levant. Ce serait donc, d’après l’auteur, l’étoile maçonnique à 5 branches dite « étoile flamboyante ».

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Armes officielles de Léon XIII

D’azur au cyprès de sinople planté sur une plaine de même accompagné au francs quartier d’une comète d’or et en pointe de deux fleurs de lys d’argent, à la fasce d’argent brochant sur le tout

La formule  « Lumen in coele »  (une lumière dans le ciel) est inscrite sous les armes. Elle correspond à la formule associé à ce pape dans la prophétie de St Malachie que l’Église met en doute.

La devise est en réalité, nous dit toujours Dugès, le nom du chapitre qui devait donc s’appeler « Une lumière dans le ciel ».

Le blason de Léon XIII s’avère être un prétexte pour placer  l’étoile maçonnique et le nom du chapitre dès l’entrée de l’église, annonçant ainsi, si je puis dire, la couleur ! C’est, là encore une brillante interprétation.

Mes commentaires…

Ce blason ecclésiastique met en évidence l’opposition du maçonnisme gallican avec le maçonnisme républicain(condamné par le propriétaire de ces armes), car cette maçonnerie liée idéologiquement à la république, n’est qu’un artefact de la maçonnerie gallicane puissamment mystique. Elle est une adaptation, considérablement appauvri, d’une connaissance bi-millénaire, transmise par le Christ, de processus initiatiques, symboliques et spirituels.

La maçonnerie révolutionnaire, vestigiale pourrait-on dire, n’a pas d’histoire ni d’héritage et n’a pu dépasser la lettre et ses abstractions. Le discours anti-dogmatique et trop souvent politico-social ne correspond pas aux exigences de l’être, pas plus que le spiritualisme spéculatif. Prisonnier des mots le néo-maçonnisme révolutionnaire est devenu lettre morte,  un « attachement » frein du développement diraient les orientaux. Ceci étant dit la maçonnerie actuelle reste une fraternité non dépourvue d’intérêts sur d’autres plans que celui de la connaissance.

De la même manière que la religion décadente la croyance a effacé la connaissance. Tout est fait, par des équilibristes de la rhétorique, pour transformer en synonymes ces deux termes diamétralement opposés…

L’écusson va donc êtres chargé de sens afin de montrer, dans la mesure du possible, la présence de cette maçonnerie christocentrique inséparable du roi chef de l’Église de France. Je rappelle que l’ Église attachée au souverain est l’Église gallicane. Le chef de l’État français (souverain ou non !) était chef et protecteur de l’Église. Il reste quelques vestiges de cette tradition puisque pendant longtemps le chef de l’état français remettait à un prélat la barette cardinalice. J’ai vu une photo où le président de la République René Coty remettait dans les salons du palais de l’Élysée la barette cardinalice à Mgr Roncalli, le futur pape Jean XXIII.  

Cette Église des Gaules avait deux faces l’une maçonnique réservée à « l’élite » l’autre aux simples « croyants ». Sa particularité résidait au fait qu’un « croyant » pouvait devenir « connaissants » et qu’un « connaissant » pouvait accéder au sacerdoce et à l’épiscopat (consécration d’évêque) car avant le Concile de Trente (1545-1563) et même jusqu’au XVIIIe siècle les séminaires étaient souvent embryonnaires et n’existaient pas dans tous les diocèses. Seule les Université dispensaient un véritable enseignement de théologie.

Arrivé à la fin de son périple initiatique (dans la sacristie de l’église) le chevalier Rose Croix est face à un vitrail représentant la crucifixion. Derrière la croix on remarque un immense pont, allusion au pont qui menait à Jérusalem mais qui ici prend un autre sens. C’est celui de pontife, nom latin que portait les prêtres rois (et Melchisédek). Ce nom de pontife fut donné ensuite aux aux évêques. Car les évêques sont censés établir un « pont » entre le ciel et la terre, le visible et l’invisible a l’instar de tout alchimiste digne de ce nom, ce qu’était notre Rose-Croix.

Cela veut-dire que secrètement, comme l’indique cabalistiquement le nom de sacristie, le chevalier Rose Croix était intronisé évêque. Remarquons ici que St Jean et la Vierge Marie ont la tête proche de ce pont, ce qui souligne leur qualité de pontife et les désignent comme représentant ESSENTIELS de l’Église.

Cet écu papal a donc sa raison d’être pour signaler un chapitre monarchique et gallican détenteur d’une tradition de grande portée mystique.

Je précise, à qui qui me soupçonne de vouloir propager une idéologie royaliste ou d’extrême droite, qu’il faut comprendre ici le monarchisme beaucoup plus dans le sens de protection par le chef de l’état (qu’il porte une couronne ou non) que politique.

Sur le plan initiatique le changement de régime politique du monarchisme à la République ne s’est pas fait sans mal, en réalité il ne s’est pas fait du tout ! 

 J’imagerais ce fait par une grossière analogie. La maçonnerie chrétienne devenue laïque c’est comme si, à un charretier, on confisquait cheval et charrette, chargée d’un lourd fardeau,  pour les remplacer par une trottinette ! Nous somme donc loin du compte pour pouvoir véhiculer un pesant charroi (chargé ici des connaissances et de « techniques » mystiques millénaires).

Donc le charretier désespéré cherchera un autre « cheval » (Bérenger Saunière) et une autre « charrette » (L’église de Rennes le château). La trottinette c’est évidemment la maçonnerie républicaine (intellectuelle abstraite et, à son corps défendant, matérialiste) bien incapable de véhiculer les valeurs essentielles de la mystique caractérisant l’initiation Occidentale, ce que certains appellent la tradition primordiale, en ignorant de quoi il s’agit. Ainsi, à la suite de Saunière, ces connaissances furent-elles perdues et se réfugièrent-elles en quelques rares officines discrètes d’alchimistes que l’on pourrait appelé des « aigles blancs »… à la retraite !

Cette Église royaliste (je répète: royaliste pour des raisons non politiques) véhiculait donc de précieuse « techniques » mystiques ancestrales pour favoriser le développement de certains êtres demandeur de connaissances au-delà des dogmes qui imprègne l’esprit des croyants qui ont une foi du « charbonnier »… Mais tout le monde n’a pas l’esprit « charbonnier » !

En ces temps là, et depuis l’Église primitive, cohabitaient donc harmonieusement une Église de croyance (exotérique) liée aux rituels tels la messe et les divers sacrements avec une Église discrète de connaissance (ésotérique) liée aux rituels maçonniques. Les deux rites étant complémentaires ils ne pouvaient que cohabiter puisque l’un est la structure de l’autre et l’un est la lumière de l’autre.

De ce fait il est normal de trouver une concordance entre les sept ordinations de l’Eglise et les sept étapes initiatiques maçonniques, tout comme il y a sept heures « canonniales » dans la journées c’est-à-dire sept heure de prières (différentes l’une de l’autre) réparties dans la journée d’un moine. Ces étapes étant le reflet d’une connaissance intuitive des lois de la matière dont les sept champs énergétiques de l’atome, sur lequel gravitent les électrons, est une belle illustration.

Le temple maçonnique était donc généralement l’église… Tout en célébrant certaines cérémonies en des oratoires privés, cela dans certaines conditions.

Ces oratoires privés se sont transformés en temple maçonnique républicain dès la révolution. Et les Maçons n’ont plus jamais mis les pieds dans les Églises et se sont mis bien souvent à « bouffer du curé » ! Et les curés le leur on bien rendu en disant que le diable était en goguette dans les loges ! Nous atteignons là le summum de l’absurde…

C’est d’ailleurs pour avoir un oratoire privé que Bérenger Saunière avait aménagé, dans sa villa, une véranda avec un autel surmonté de la statue de Marie Madeleine dans la même posture que sous l’autel de l’église (cette statue de la sainte accroupie avec les doigts croisés sur ses genoux a disparue mais je l’ai vue sur ce petit autel il y à plus de 35 ans. Il n’est pas impossible qu’à l’origine elle devait figurer dans la grotte du jardin de l’église mais j’en doute vu le parfait état des peintures lorsque je l’ai examinée).

C’est ce processus de réalisation spirituelle, en marge des Écritures (Bible) mais sous-entendue par elles comme dans les paraboles du Christ— que l’Église attribuait à la tradition orale,— qui fut véhiculée par la maçonnerie chrétienne.  De ce fait, elle ne pouvait avoir la moindre accointances avec la maçonnerie laïque de pure invention lié à une adaptation à un gouvernement laïque qui, actuellement, offre divers couleurs allant de la politique psychologisante à une tradition chrétienne biaisée comme dans différents rites tel Memphis Misraim que Rudolph Steiner a tenté en vain de faire renouer avec le christianisme ésotérico-mystique des « élites » de l’Église initiatique.

Les élans brisés, pour diverses raisons, aboutirent à tout un spectre de petites Églises « gnostiques » (souvent éphémères ou rococo) qui ne sont que des projets avortés se dissolvant dans l’inutilité et l’indifférence générale en servant tout au plus à assouvir le besoin d’autorité de quelques évêques avides de notoriété et bien souvent autoproclamés.

A ces deux courants de connaissances parallèles et complémentaires  (esotérique= maçonnisme et éxotérique= religion)  correspondent deux moyens de transmission de la tradition, l’une écrite (exotérique) l’autre verbale (ésotérique)

On ne peut nier l’existence d’une tradition orale dans l’Église des premiers temps, puisque nous en percevons les échos depuis Saint Paul :

«Retenez les traditions que nous vous avons données soit par notre parole soit par notre lettre.» (2 Thessaloniciens III, 6, 1 Corinthiens XI, 2).

Dans les évangiles, il apparaît très clairement que le Christ était un enseignant, et tout spécialement dans sa relation avec ses disciples. Cela signifie bien plus que le simple fait de prêcher en leur présence. Il les a instruits, et en cela il fait penser mutatis mutandis à la méthode des rabbins. Cela implique que Jésus a entraîné ses disciples, en particulier les douze, à apprendre, et plus encore, il les a entraînés à apprendre par cœur… mais quelle quantité de connaissance leur as-t-il inculqué comme le dit très clairement St Jean en TERMINANT son évangile :

 « Jésus a fait encore beaucoup d’autres choses ; si on les écrivait en détail, je ne penses pas que le monde même pût contenir les livres qu’on écrirait. » (St Jean XXII, 25… ou Évangile de Jean Chapitre 21, verset 25)

Certes, il n’y eut rien de secret… pour les apôtres ! Et de cette immense bibliothèque verbale croyez-vous que nous connaissons tout ? Croyez-vous que le Christ n’a pas livré a ses apôtres, sans faire de secret, certaines lois fondamentales de la réalisation des Hommes ? Des connaissances que l’on croit oubliées ne pourrait-il rester des parties précieusement conservées pour structurer cette Église de Jean qui n’est autre que la maçonnerie christique protégée par les rois et alliée à celle de la « pierre » ou de Pierre ?

L’Église Gallicane ancienne (à ne pas confondre avec les Églises Gallicanes actuelles) n’était pas formée uniquement de croyants, comme actuellement, mais aussi de connaissant. Et la « sainteté » des connaissant a toujours échappée, comme elle échappe encore aux commandeurs des croyants.

Les connaissant ayant maintenant  disparus de l’Église, elle est de ce fait en très grand péril car la demande de savoir est, chez les âmes qui s’incarnent, de plus en plus forte et, en ce moment, autant l’Église que la maçonnerie et les multiples centres d’ésotérisme sont incapable d’étancher leur soif.

Abordons maintenant l’analyse du blason du pape Léon XIII…

A dextre (à droite correspondant à la gauche quant on regarde le blason) se trouve une comète dont l’étoile comporte 5 branches ou rais, alors que sur le blason officiel il est de 6 rais.

Précisons que le nombre de rais de la comète n’est pas toujours de 6 puisqu’il est parfois de 5 si l’on en croit le blason gravé en 1902, du vivant de Léon XIII, sur un mémorial de Toulouse. L’étoile du blason de Rennes le château est de ce fait difficilement imputable, d’une manière certaine, à un désir de signaler une étoile maçonnique à 5 branches.

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Dans les manuels d’héraldique le « meuble » que l’on appelle comète obéit à des règles précises fixant le nombre de raies.

 Ainsi quant la comète est radiée de 8 pointes on ne signale pas le nombre dans le texte qui accompagne le blason. Si ce nombre est supérieur ou inférieur à 8, il doit être signalé dans le texte : Etoile radie de 5 ou 6 pointes… Dans l’écu de ce pape le nombre de raies n’étant pas signalé, l’étoile a obligatoirement 8 pointes. Comme ce n’est pas le cas il y a donc une erreur soit dans le texte soit dans la représentation des armes. Cela fragilise donc considérablement l’interprétation du sens symbolique de la comète de Rennes le Château et il est donc aléatoire de lui attribuer in petto le statue d’étoile flamboyante des francs maçons.

Remarquons en passant qu’exceptionnellement un héraldiste français accepte la présence de 6 raies ou 8 à une comète. C’est le cas du Comte Alphonse O’Kelly de Galway dans son  Dictionnaire archéologique et explicatif de la science du blason qui fut publié en 1901, c’est-à-dire après la reproduction du blason papal au fronton de l’église de Rennes le Château.

Le lecteur aura remarqué que dans le texte qui décrit la comète d’or il est spécifié qu’elle se situe en FRANC Quartier, c’est-à-dire que sa lumière se manifeste au lieu ou résident (quartier) les Francs. Ce sens est souligné  par l’inversion du l’orientation de la comète qui au lieu de se diriger vers l’occident (à gauche de la porte) se dirige vers l’Orient (à droite de la porte) et nous savons que la queue d’une  comète est toujours orientés à l’opposé de l’endroit ou brille le soleil. Elle désigne donc le soleil levant ou, « l’Orient de Rennes le Château » ce qui signifie qu’il s’agit du lieu maçonnique de rencontre du village. Par exemple si un FM veut désigner un lieu de rencontre à  Couiza il dira « à l’orient de Couiza ». L’orient a aussi un sens très important pour le laboratoire des alchimistes. C’est également  pour cette raison que le prêtre était tourné vers l’orient pour célébrer la messe.

Il y a trois sources essentielle d’énergies cosmiques pour l’alchimiste, celle provenant du nord issue de la Terre Mère, et c’est l’une des raisons pour lesquelles la chapelle de la vierge est orientée vers le nord. Dans la littérature médiévale cette importante particularité fut immortalisée par l’épopée du roi Arthur dont le nom désigne le pole Arctique ou le pôle nord…. C’est une autre histoire. Ce « feu » particulier est symbolisé par une étoile à 5 branches liée à la Vierge.

Nous avons aussi l’énergie solaire qui est parfois nécessaire et enfin son filtre nocturne, si indispensable, qui est la lune.

Le blason de Rennes le Château, tout comme celui de Toulouse, présente donc une importante anomalie par rapport aux armes officielles.

Une barre horizontale appelée « fasce » par les héraldistes est infléchie vers le haut pour être transformée en arc-en-ciel dans les blasons de Rennes le Château et celui de Toulouse. Il semble que cette forme arquée ait voulue faire coïncider le sens avec la 102e prophétie de St Malchie : Lumen in caelo « Lumière dans le ciel » puisque l’arc en ciel s’écrit « arcus caelestis » qui signifie aussi « météore en forme d’arc » cette lumière « météoritique » étant pourtant déjà représentée par la comète. C’est donc une insistance dans le sens de « feu du ciel », marquant par la l’importance de la « manne » céleste des alchimistes, ce qui est confirmé par la devise sous les armes.

En effet « Lumen in caelo » est écrit ici vec une orthographe différente « Lumen in coelo ».  Le a est remplacé par la lettre o, ce qui exprime cabalistiquement que « le A est comme le O » ou plus clairement « le bas est comme le haut ». Le lieu est donc hermétique puisque la table d’Emeraude, texte alchimique par excellence dit :

« Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut 

Et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas »

Nos alchimistes Rennais ont même précisé qu’ils recueillaient l’O (eau) du ciel, ce qui est spécifié par les chardons représentés sur la tapisserie de la villa Béthanie.

Ce chapitre maçonnique était donc dépositaire de la science sacerdotale inséparable du christianisme mystique bien compris.

 

Avec toute mon amitié.

L’UNIVERS SELON SAUNIÈRE

Les nombres ont toujours joué un rôle important dans notre vie et Pythagore en est le chantre incontestable. Leur représentation géométrique a laissé des traces dans le langage populaire comme l’expression : « Un point c’est tout ! » pour marquer l’achèvement. Cela montre que l’unité est la notion essentielle, cependant on ne peut l’exprimer. Elle est à la foi le tout et l’infime partie composante de ce tout. Telle est la raison pour laquelle les sages on dit :

 « Tout est en tout »

 Cette affirmation passait pour folle et incompréhensible dans la première moitié du XXe siècle et cette expression hermétique fut raillée et a jeté le discrédit sur les partisans de cette philosophie alchimique.

 Actuellement les choses ont changé depuis la découverte de l’hologramme. Une photographie prise sous un éclairage laser se traduit par une image indéchiffrable à la lumière normale. Si on l’éclaire au laser l’image rendue est en 3D. Si ce cliché est brisé (il est sur plaque de verre), chaque fragment éclairé au laser restitue une image entière en 3D : Chacune des parties de la plaque contient le tout. Les physiciens appellent cela la multiplicité simultanée.

 Nous pouvons dire que tout est dans tout, cela est d’autant plus manifeste que l’univers a une structure holographique. Il ne reste plus à nos philosophes railleurs qu’à s’incliner devant les vieux maîtres dont le front studieux se penche sur leur matière, en gestation, qui manifeste le tout, c’est-à-dire l’univers en miniature.

 Telle est la raison pour laquelle Béranger Saunière écrivit en grosses lettres sur son cahier : UNIVER SEL

Certes, cabalistiquement c’est l’univers seul, ou le sel un et vert qui correspond à Gullivers (le printemps de la geule ou celui du… gouleau), mais ici notre curé gardien d’athanor a associé l’univers au sel, le même sel que celui de la langue « seltique » de son collège l’abbé Boudet dont tout chercheur connaît son fameux livre : « La vraie langue celtique et le cromlech de Rennes-les-bains ».

En alchimie le sel est fondamental. Évidemment, et vous l’avez compris, ce n’est pas le chlorure de sodium de nos salières. Telle est la raison pour laquelle notre alchimiste en soutane l’a mis en évidence.

 Ce support de l’esprit qui pénètre cette matière et la rend vivante puis se diversifie en quatre éléments de formes triangulaires est synthétisé par l’étoile à 6 banches ou sceau de Salomon, qui est cabalistiquement le sel des monts ou sel provenant des hauteurs qui féconde la terre. Ces choses-là n’arrivent qu’au printemps. Alors ne soyons pas surpris si l’ex libri de Béranger Saunière était justement un sceau de Salomon.

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Cet ex libri est très particulier puisqu’il comporte un cercle surmonté d’une croix qui est le symbole du cinabre et de l’antimoine.

À la pointe du triangle d’eau est le symbole du soleil, qui est un point dans un cercle ou un point dans l’O. C’est donc une mise en évidence de l’importance de solve qui se caractérise par la liquéfaction qui est une fusion métallique dans la voie dite voie sèche.

 D’ailleurs Béranger Saunière a fort bien représenté l’univers sel ou sel de l’univers, planant au-dessus des eaux comme le dit la genèse. Il a bien représenté l’énergie sous forme de nuages au-dessus des  vagues. Sa signature montre qu’il s’agit d’un document lui ayant appartenu, montrant pas là qu’il était possesseur du mystère d’Archadie. Oui, lui aussi était en Archadie. L’académie des Archades en était la manifestation sociale avec le pape Léon XIII en tête.

De ce fait on ne saurait mettre en doute certaines activités de notre énigmatique curé.

Remarquons que de la surface des eaux partent deux courants (en bas à gauche) qui vont imprégner toutes matières.

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Vous pouvez toujours penser que Saunière n’était pas adepte. Cependant la particularité de l’église de Brénac associée aux « farces » cabalistique de l’abbé Boudet sans oublier ce que je viens de vous raconter, tout ça est suffisant, me semble-t-il pour s’interroger sérieusement. Pour moi le doute n’est plus possible.

 

Je vous laisse à vos cogitations et je vous souhaite plein de bonnes choses. En toute amitié.

RENNES LE CHÂTEAU : L’ÉPÉE BRISÉE DES MÉROVINGIENS

Dans mon livre Rennes le Château la carte des trésors, j’aborde le problème de décryptage de la dalle mortuaire de la baronne d’Hautpoul de Blanchefort que le curé Béranger Saunière effaça, mais dont on retrouva l’inscription, fort heureusement, dans le bulletin scientifique de l’Aude. Les lettres de cette l’épitaphe présentent des anomalies que l’on remarque aisément sous la forme de lettre décalées, anormalement petites ou en minuscule alors que s’imposait la majuscule.

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Dans mon ouvrage précité j’ai remarqué le dessin de l’épée brisée en joignant les lettres formant les mots : MORTE EPE : M décalé à droite, O dans le nombre romain MDCOLXXXI, le R d’ARLES au lieu d’ABLES, le T absent d’HAUTPOUL, le e minuscule de NOBLe, le E petit de NEGRE , le P petit et décalé de SEPT, le E petit de DE . C’est, évidemment une expression cabalistique qui intègre une certaine approximation. L’épée brisée se dessine sur la dalle en joignant le M décalé à droite à la lettre O de MDCOLXXXI. Sur son chemin cette ligne rencontre le E de DE et le P de SEPT , soit 4 lettres des 8 des mots MORTE EPE. A partir du O lieu de la brisure, d’autres lettres dont mises en évidence en montant vers le R d’ARLES, et le I absent de CT.

La garde de l’épée est formée par la lettre minuscule e de Le, le E de NEGRE et le E de DE.

J’ai établi le lien avec l’alchimie grâce à la tombe d’un chevalier alchimiste dite « tombe du croisé » qui, à la place d’une inscription mortuaire, comporte un tube de pierre contenant son épée morte ou brisée selon la disposition schématique ci-dessous.

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J’ai montré aussi que cette interprétation ne nuisait nullement à la théorie de Jean-Pierre Monteil sur le déplacement du trésor. (Les dossiers secrets de Rennes le Château, page 50 et suivantes éditions Belfond 1981)

 La polysémie est monnaie courante dans une histoire de cette envergure, cela évidemment en rapport étroit avec le moyen d’expression cher aux alchimistes.

Donc un autre sens s’attache à cette épée en étroit rapport avec la fin de la dynastie mérovingienne dont on entent souvent parler dans cette histoire de trésor. Je ne suis pas un fan de cette histoire et pourtant…

 Dans les territoires gouvernés par les mérovingiens nous découvrons que l’Oie est devenue un instructeur de ce peuple en lui révélant à l’âge du fer des secrets analogues à ceux qu’enseignèrent les anges déchus aux hommes de l’âge du bronze. De la est née la légende de la reine Pédoque (reine à pieds d’oie) du languedoc.

Le pied d’oie signifie que c’est sur l’oie que tout repose. En effet, la dynastie mérovingienne reposait, à certains égards, et non dés moindres, à cette période de l’histoire, sur l’Oie !

 Depuis longtemps, des races armées de fer ont expulsé même de Grèce les premier habitants aux armes et aux cuirasses de bronze. Le progrès chez les mérovingiens va être l’invention de l’acier. Il s’agira, bien entendu, d’un secret qui assurera pendant quelques siècles aux artisans mérovingiens une réputation exceptionnelle pour la qualité merveilleuse des lames d’épée qu’ils fabriquaient. Or, le dépositaire du grand secret, le laboratoire mystérieux d’où provenait ce métal qui battit les Arabes à Poitiers, métal qui rendait invincible et d’où dérive probablement le légende de l’épée Excalibur du roi Arthur, était symbolisé par l’oie.

 Les procédés les plus modernes de recherche chimique ou spectrométriques ont mis en évidence la réalité de ces affirmations légendaires. Les recherches ont démontré que ces artisants utilisaient des lingots de fer puddlés en forme de fuseau dont une extrémité était étirée pour former une petite barre de fer pur. Ces éléments devaient ensuite être carburés pour former de l’acier, bien des siècles avant l’invention de nos procédés modernes. Les artisans devaient donc provoquer la cémentation au moyen d’une matière organique riche en carbone.

 De vieilles légendes germaniques, recoupées par les chroniques d’historiens arabes de IXe siècle, racontaient que les mérovingiens réduisaient le fer pur en fins morceaux, les mélangeaient avec de la farine et donnaient le tout en pâture à des troupeaux d’oie soigneusement gardées, dont les excréments étaient utilisés pour forger les célèbres lames. La cémentation se faisait en vase clos à température relativement basse.

 L’examen des épées ainsi forgées a confirmé les affirmations des Arabes. Une série de dosages du carbone et de l’azote dans ces lames fait toujours se dégager des teneurs en azote qui varient du simple au double entre les parties carburées ou non. Les experts actuels sont donc d’accord pour convenir que les excréments d’oies, en raison de leur richesse en carbone et en azote, ont certainement pu remplir le rôle d’agent de cémentation que lui attribuaient les légendes.

 Ceci étant dit je voulais dire à propos des épées mérovingiennes qu’une épée brisée peut fort bien représenter la mort de la dynastie… ce qui ne saurait laisser insensibles les investigateurs des mystères du Razès à l’affût d’une nouvelle interprétation de la pierre tombale de la marquise de Blanchefort.

 Voilà c’était un petit aperçu sur un sujet qui pourrait intéresser les chercheurs de rennes le château, les amis des Mérovingiens et ceux de la reine Pédoque.

 Sur ces bons mots, je mets ma belle cravate caca d’oie pour aller rendre visite à des voisins dont l’amitié est solide comme… devinez !

 

Avec toute mon amitié.

RENNES LE CHÂTEAU : LA CHAPELLE INITIATIQUE DE BRÉNAC

A Brigitte, Monique, Sylvain, Jean-Louis et Alain en souvenir de notre visite à l’église de Brénac sous un joyeux et magnifique soleil de printemps.

 

Cet article est la suite de «Les trois croix de Brénac.» Je rappelle que Brénac est un village situé à 12 kilomètres, à vol d’oiseau, de Rennes le Château. Il est surtout voisin (8 km) de l’église d’Antugnac ou Bérenger Saunière, le « curé aux milliards », fut le desservant provisoire en l’absence de curé attitré.

Il n’est pas sans intérêt de savoir que l’unique écrit de ce prêtre énigmatique est le recueil de certains de ses sermons, qu’il prononça à Antugnac (« Mon enseignement à Antugnac », Éditions Bélisane1984).

Pendant 13 mois, de mai 1890 à juin 1991, Bérenger Saunière assurera donc un double service.

Il était curé de Rennes le Château depuis 5 ans et sa jeunesse, il avait 38 ans, lui permettait d’assurer le parcours harassant pour descendre de son perchoir de Rennes le Château, qui domine la région, et parcourir encore plusieurs kilomètres pour se rendre à Antugnac.

Ainsi, le 6 juillet il est présent dès six heures du matin  pour faire le catéchisme aux enfants jusqu’à 8 heures, moment de l’office dominical avec messe, procession dans le village et aspersion d’eau bénite.

La présence si tôt le matin de Bérenger laisse supposer qu’il partit de Rennes le Château avant 5 heures. Certes cela est possible dans la fraîcheur matinale en cette période proche du solstice d’été, mais il semble plus raisonnable de supposer que notre abbé ne se levait pas si tôt pour arriver suant, sentant mauvais, somnolent, et épuisé marchant à quatre pattes !

Si vous ne connaissez pas bien la région, regardez la carte, le chemin de Bérenger passe par Montazels son lieu de naissance où résident ses parents et qui de surcroît est très proche d’Antugnac. Donc il n’est pas insensé de croire que Bérenger devait descendre de Rennes le Château la veille pour passer la nuit chez ses parents ou des amis. Cela explique sa présence si tôt le matin, et en forme, pour faire le catéchisme aux enfants.

Vous devez vous demander où je veux en venir avec ces mégotages !

Je veux dire que le dimanche soir il ne regagnait pas obligatoirement Rennes puisque aucune messe importante ne l’attendait.

Au XIXe siècle, et jusqu’en 1968, tout prêtre devait dire une messe chaque matin. Dans ce dessein il devait se rendre dans une église. Mais laquelle ?

C’est là que je subodore que notre curé alpiniste ne retournait pas dans son nid-de-pie mais se rendait à Brénac chez son vieil ami le curé Courtade avec lequel il échangeait, d’ailleurs, une correspondance régulière. C’était donc son ami ? Que dis-je son frère spirituel à l’instar des l’abbés Gélis et Boudet ses voisins immédiats.

Pour se convaincre de cette mystérieuse fraternité il suffit de se rendre à l’église de Brénac ou officiait l’abbé Courtade et de visiter, à droite de la porte, la chapelle symétrique de celle (à gauche) qui contient les font baptismaux.

Pour plus de clarté dans la disposition de ces lieux il faut se référer à l’autel principal qui est du côté opposé, là où le prêtre disait la messe en tournant le dos aux fidèles et en regardant l’est ou se lève le Christ solaire.[1]

Le côté gauche de cet autel était le côté évangile car à cet endroit le prêtre ou le diacre lisait l’évangile. Il est donc normal qu’à ce même côté, et au fond de l’édifice soient les font baptismaux puisque le baptême se fait au nom du Christ.

À droite de l’autel est le côté épître car en ce lieu le prêtre ou le sous-diacre lisait les épîtres ou lettres des apôtres.

Constatons que La chapelle du fond est du côté épître. Elle correspond donc à la transmission de la tradition (qui peut-être verbale) par les apôtres, ce qui en fait donc une chapelle initiatique, ésotérique et cachée puisqu’on ne s’attend absolument pas à la trouver là ! En tout cas j’ai failli l’ignorer si une âme charitable n’était allée pousser un interrupteur en ce lieu pour éclairer l’édifice.

Elle est orientée à l’ouest, c’est-à-dire diamétralement opposés à l’autel central, et préside donc à l’entrée dans la nuit, dans l’occulte.

Mais est-ce réellement une chapelle ?

La réponse est non ! car aucune messe n’a pu y être célébrée, puisque mis à part le tabernacle la table d’autel n’existe pas. Elle est remplacée par une estrade sur laquelle est allongé un Christ à sa descente de croix.

Le tabernacle est donc symbolique puisqu’il n’a jamais contenu de ciboire avec des hosties.

Ce qui intrigue est la position des mains du Christ, la gauche sur le cœur, la droite le long du corps, la paume tournée vers l’extérieur. Cette attitude pourrait être celle d’un futur initié qui se présente la main gauche sur le cœur pour prononcer devant le Christ et la vierge royale son serment initiatique de silence.

Par la suite la décoration symbolique de l’église, notamment son plafond, servait de « livre » pour former l’alchimiste chrétien les yeux tournés vers le ciel…

Que les choses soient claires la connaissance dispensée en cette chapelle prenait vie, transformait la vie des adeptes et ne restait pas simple connaissance. Il ne s’agissait donc pas d’une société pour la frime car tous avaient consacré leur existence à la spiritualité. Chose inexistante, avec cette conviction et cette puissance dans les sociétés « initiatiques » bidon et folkloriques de nos contrées.

La couleur rouge des tentures évoque la pierre philosophale incarnat, comment ne pas évoquer ce cri du cœur qui fit dire, à l’alchimiste Dom Belin, évêque du Bellay (1666-1677), à la fin de son ouvrage Les aventures du philosophe inconnu[2] : « Petra autem era Cristus », « Et cette pierre était le Christ » (I Cor.,X,5) et ici, à Brénac, la pierre rouge sanguinolente sur son estrade parée de tentures écarlates, cette pierre qui est le Christ ne pouvait être mieux représentée.

Au mur de la chapelle initiatique sont trois statues dorées. À droite et à gauche elles sont posées sur un socle mural, alors que la vierge centrale est posée directement sur le tabernacle.

Sur son socle on peut lire :

COURTADE FRÈRES.

Il peut s’agir d’une entreprise familiale et probablement de généreux frères. La structure initiatique de la chapelle donne le sens à à cette fratrie dont le patrimoine génétique n’entre pas en ligne de compte. Il s’agit évidemment d’une fraternité alchimique. Alchimique car le mot frère est inscrit sur le socle de la vierge. Hors la vierge est, en alchimie, la matière, matrix, mère. La matière première qui, après avoir reçu la couronne au-dessus d’une mer écarlate, en fin de solve, va générer en son sein la pierre philosophale naissante ou enfant royal porté par la vierge.

C’est ainsi que l’alchimiste Fulcanelli traduit le sens de la Vierge en son Mystère des Cathédrales :

« Ainsi, la cathédrale nous apparaît basée sur la science alchimique, investigatrice des transformations de la substance originelle, de la Matière élémentaire (lat. materea, racine mater, mère). Car la Vierge-Mère, dépouillée de son voile symbolique, n’est autre chose que la personnification de la substance primitive dont se servit, pour réaliser ses desseins, le principe créateur de tout ce qui est[3]. » p. 90 édition J.J. Pauvert, Paris  1964.

 

Courtade est évidemment le nom du curé Jean-François Courtade. Quant au terme FRERES, il désigne les membres de la fraternité alchimique utilisant cette « chapelle » pour les initiations, suivie d’une messe à l’autel principal célébrée par le prêtre nouvellement initié et concélébrée avec les ecclésiastiques de la fraternité, concrétisant ainsi l’intercommunion dans le silence et la coopération indéfectible.

Cette fraternité fut immortalisée par une photo ou 5 prêtres ont posés à côté de Bérenger Saunière.

Pour bien mesurer l’importance de cette photo il faut savoir qu’au XIXeme siècle pour qu’un groupe pose c’est qu’il voulait immortaliser un évènement. Quel évènement ? D’abord perpétuer une fraternité ecclésiastique. Mais sur l’image Saunière pose la main sur son genou gauche et l’autre est posée sur un livre fermé ou une boite plate  dont tous semblent vouloir immortaliser la découverte.

 Cinq-curesLa société initiatique d’ecclésiastiques, du Razès.

À gauche et assis Bérenger Saunière. Derrière lui l’abbé Gélis.

 

Revenons à la chapelle initiatique. La vierge centrale ayant à sa droite et à sa gauche des personnages indéfinissables. Elles ont un point commun, c’est celui de mettre en évidence leurs genoux droits.

 

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La chapelle initiatique néogothique au fond de l’église de Brénac.

Photo Christian Attard. http://www.reinedumidi.com/rdm/brenac3.htm

 

Vous pourrez me rétorquer que c’est le genou gauche qui est celui de l’initié, et non pas le droit. C’est exact, mais n’en concluez pas trop vite que cette chapelle n’est pas initiatique puisque cette fraternité avait la fâcheuse habitude de tout inverses (comme le verlan). L’exemple en est chez Saunière qui fait faire une génuflexion à l’envers à l’ange qui est au-dessus du bénitier de l’église de Rennes le Château, tout comme le pilier « visigotique » qui sert de socle à la vierge qui trône dans le jardin est placé à l’envers. Le plus significatif est la lettre N du mot INRI tracée à l’envers sur la croix qui dominait la tombe de Bérenger Saunière.

 

ANGES-DU-BENITIERÉglise de Rennes le château. Ange faisant la génuflexion à l’envers

 

TOMBE-SAUNIERE-02Le N a l’envers au sommet de la croix sur la tombe de Bérenger Saunière

 

Sur le vêtement doré qui recouvre la cuisse droite et le genou de la vierge, on peut remarquer un blason à bordure contenant une ancre. Il est entouré par quatre étoiles. C’est manifestement une sorte de message qui s’adresse aux initiés.

Brenac--chapelle-fond2Au bas de la cuisse de la Vierge est un écusson à bordure contenant une ancre. Il est entouré par 4 étoiles disposées en demi-cercle.

Photo Christian Attard http://www.reinedumidi.com/rdm/brenac3.htm

La photo précédente des cinq curés laisse supposer que quatre sont représentés là et que le cinquième est symbolisé par l’ancre. Cela indique que quatre curés sont rattachés (comme le signifie l’ancre) à un cinquième.

Dans ce cas cet individu jouerait un rôle central dans la société initiatique et les quatre autres l’entoureraient à la tête du groupe, ce que souligne la bordure du blason.

L’un des anagrammes du mot ancre étant crâne, cela est en rapport avec Sainte Marie-Madeleine qui est représentée dans l’église de Rennes le Château, en méditation à côté d’un crâne. Donc notre curé à l’ancre a de fortes chances de se nommer Bérenger Saunière.

 Une autre anagramme d’ancre est écran, ce qui se passe de commentaire quand on parle d’ésotérisme qui est par définition caché.

 L’ancre a donc été choisie très, très judicieuse car en plus elle montre que nos adeptes ont choisi la voie humide et souligne qu’il s’agit de savoir ancrer le vaisseau ou vaisselle qui n’est autre que le ballon de verre dans lequel se déroule le Grand Œuvre.

L’ancre se jette dans la mer, ce qui ne saurait mieux désigner cabalistiquement la mère et donc la vierge mère. Judicieux donc l’ancre du vaisseau sur la mère, que dis-je DANS la mère !

De plus l’ancre est analogue à l’encre des encriers, ce qui signifie que l’adepte central est vêtu de noir. En d’autres termes c’est un prêtre portant soutane noire capable de réaliser l’œuvre au noir dans le vaisseau ancré.

Donc ne soyons pas surpris de trouver l’ancre au dessus du rétablie de saint Roch en l’église de Palairac dans laquelle oeuvrait L’alchimiste Raymond de Perillos grand Maitre de l’ordre de Malte.

La représentation étoilée n’est pas banale. Les étoiles sont autour de leur ancrage, elle l’entoure. En d’autres termes l’ancre des étoiles du ciel est l’étoile polaire. La polaire est-elle le nom de cette association ? Peut-être. Mais, quoi qu’il en soit elle a son importance en alchimie :

« Il faut savoir maintenant que l’influence astrale se fait préférablement sentir vers le nord, que c’est vers le nord que se tourne constamment l’aiguille aimantée, et que c’est aussi vers le nord que les fluides électriques, galvaniques et magnétiques portent tous leurs effort. C’est donc aussi vers cette région que vous tournerez votre appareil, car l’expérience a prouvé que de tout autre côté vous ne trouveriez point cet esprit. » Récréations Hermétiques, p. 241 Bernard Usson, in Deux traités alchimiques du XIXe siècle. Éditions La Table d’Émeraude, Paris 1988.

À la suite de cela se comprend le N inversé sur la tombe de Béranger qui se comprend comme l’inversion des pôles (basculement de la boule ou granule) que l’on peut observer dans le vaisseau… spatial !

 Après ça vous devez saisir un peu les pirouette à faire pour débusquer le sens caché des choses banales que nous disent les alchimiste.

La chapelle initiatique a encore des choses à dire, mais je ne puis m’éterniser en ce lieu car l’église de Brénac a bien des trésors à nous révéler.

 Je vous quitte pour me rendre sur Sirius histoire d’expérimenter mon vaisseau spatial !

En toute amitié.

 

[1] Si j’insiste sur le Christ solaire, comme le font les anciens missels, c’est que les messages christiques des initiés anciens passaient par le soleil d’où l’orientation à l’est des églises. Voir mon article à propos de la dimension initiatique du soleil.

[2] Éditions Retz, Paris 1976.

[3] Ce principe créateur de la matière, y compris notre corps, sont les Trônes de la hiérarchie spirituelle. Donc inutile d’œuvrer sur la matière sans établir un dialogue avec l’ange.