DE RENNES LE CHÂTEAU Á L’ALCHIMIE

Voici l’extrait d’une conversation très récente avec une journaliste.

JOURNALISTE: Vous avez écrit deux livres sur Rennes le Château. Pour quelle raison développé-vous un discours supplémentaire sur ce même sujet ? Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire de nouveau, à travers votre roman Le secret des Corbeaux de rennes le château, alors que la production littéraire sur Béranger Saunière est inflationniste?

LEON GINESTE : Vous vous doutez que si j’écris c’est que j’ai quelque chose à dire. Bref, J’ai essayé d’approfondir certains points qui me paraissent fondamentaux et qui ouvrent des perspectives. Peu importe l’inflation des publications sur ce sujet. J’informe sur ce que j’ai compris ou cru comprendre. Le lecteur décidera du bien fondé de mes publications.

Les deux premiers ouvrages, qu’il s’agisse de Rennes le château la carte des trésors ou Ermestine, restent des livres de synthèse très généraux sur le sujet, à l’instar de Holoscopie de la spiritualité Occidentale qui l’est pour les fondements de l’alchimie avec l’alchimie expliquée par son langage. Les deux ouvrages sur l’énigme du Razes sont, en réalité, de brefs comptes rendus de recherches. Ils sont loin de traduire ma pensée. Pour y parvenir j’ai du écrire un roman. Pourquoi un roman ? C’est un genre littéraire qui permet de s’appuyer sur tout ce que je connais sur l’énigme de l’abbé Saunière avec en bonus la possibilité d’imaginer, de la manière la plus réaliste plausible des liens entre les faits de cette étrange histoire. Le roman permet une broderie adaptée aux évènements sans trahir l’esprit qui me semble le plus adapté. Par ailleurs ce nouveau livre est inséparable de deux points essentiels : l’alchimie et l’origine de cette même alchimie. Cette orientation fait passer le récit d’un plan purement romanesque d’aventure à celui d’anticipation-fiction. En d’autres termes j’ai voulu en faire un mélange d’informations sérieuses et de distractions pour aborder des problèmes existentiels tout en se délectant d’une histoire de trésor…

Pourquoi parler d’alchimie à propos de l’énigme de rennes le château ? Parce qu’elle est la clé de ce qu’à voulu dire Bérenger Saunière à travers l’agencement de son église. J’insiste en ce sens car bon nombre de chercheurs refusent catégoriquement la dimension alchimique de cette histoire alors que l’évidence crève les yeux. Cette cécité a le don de m’agacer quelque peu car elle repose sur une véritable ignorance (ou refus ?) de la mentalité des « honnêtes hommes » du XIXe siècle rompus aux jeux de mots et aux allusions. Béranger Saunière n’y échappais pas, pas plus que son collègue, de Rennes les Bains, l’abbé Boudet !

J. : Pouvez-vous être plus précis et démontrer cette évidence des symboles alchimiques, accommodés par l’abbé Saunière dans son église de Rennes le Château ?

L.G. : La démonstration est simple et pour cela il n’est même pas nécessaire de pénétrer dans l’église. Le porche lui-même est suffisamment expressif. Rappelons d’abord que l’alchimiste œuvre sur les quatre éléments. Chacun d’eux est symbolisé, dans l’ancienne nomenclature chimique avant 1813, par un triangle. Sur le porche nous voyons un grand triangle le sommet dirigé vers le haut qui n’est autre que celui de L’ELEMENT FEU. Pour préciser le sens les plaques de céramiques qui le constitue sont de couleur jaune avec des involutées qui soulignent l’analogie avec les flammes. Précisons que l’alchimie est appelée PHILOSOPHIE PAR LE FEU, ce qui est une belle démonstration du sujet abordé dans la symbolique de l’église. Mais le plus important n’est pas là. A la base de ce triangle de céramique flamboyante nous avons deux gargouilles, les deux seules de l’édifice, dont on peut se demander ce qu’elles font là. De simples rigoles de pierre non ouvragés auraient pu suffire. L’une représente un homme irrévérencieux qui tire la LANGUE, l’autre un OISEAU. La lecture de ce rébus est évidente. Le sens symbolique de cet édifice repose non seulement sur l’alchimie des éléments mais aussi, et surtout, sur la LANGUE DES OISEAUX. Cette langue se réfère à la phonétique, aux anagrammes, aux inversions et étymologies approximatives issues du grec ou du latin. C’est la raison pour laquelle elle est aussi appelée langue du cheval ou cabale. Le terme de cheval sous-entend « cheval de somme ». Animal qui porte LA SOMME… DES CONNAISSANCES. Et les connaissances transmises dans cette église dépassent ce que l’imagination sait concocter de mieux.

J. : Pourriez-vous expliquer ce qu’est l’alchimie ?

L.G. : Auriez-vous l’intention de me faire écrire un quatrième livre ? Evidemment je plaisante ! Mais le sujet est si vaste qu’il nécessiterait la rédaction d’un ouvrage. Expliquer ce qu’est l’alchimie est une chose, mais rectifier les idées erronées à son propos, et il en circule des tonnes, en est une autre. Les deux réunies font un Himalaya de rectifications ! Je vais malgré tout tenter de vous répondre sans trop flirter avec le succinct.

L’alchimie œuvre fondamentalement avec les phénomènes vitaux, avec la vie. C’est pour cela qu’elle est d’abord médecine. Elle n’est donc pas une métallurgie et encore moins de la chimie, même si en arabe le mot alchimie signifie « la chimie » avec une connotation sacrée dont nos scientifique n’ont cure. C’est art s’appelle en effet « art sacerdotal », ce qui le relie aux racines de la spiritualité, et plus particulièrement du christianisme, indépendamment de toute sphère ecclésiale.

Quand on évoque la vie on a tendance à considérer la nature avec les champs, les fleurs et les forets avec les animaux qui la peuple et puis, évidemment, l’humanité qui la cultive. La vie est incontestablement cela mais n’est pas que cela. C’est une sorte d’énergie qui est à l’origine d’un courant de pensée qui eut ses beaux jours à la faculté de médecine de Montpellier. C’est le vitalisme dont le représentant, sur le plan national, fut le brillant professeur Bartez au caractère exécrable ! Mais cela n’entrave pas sa valeur et sa statue trône, avec celle du professeur Lapeyronnie à la porte de la faculté de Médecine. Pour les vitalistes les phénomènes biochimiques trouvent leur moteur dans une énergie vitale qui les animent et les entretiens. « L’énergie » VIE dynamise la matière biologique.

Somme toute cette particularité pourrait rester une sorte de querelle de chapelle entre la physiologie moderne inaugurée par Claude Bernard et les anciens friands du concept phlogistique dépassée. Tout cela change si je dis que, pour l’alchimiste, la vie dépasse spatialement notre biosphère terrestre. Elle enveloppe notre système solaire, elle lui est intimement liée. C’est cette particularité qui a donné naissance à l’astrologie car les astres, chacun à leur manière, sont des donneurs de vie.

Cette correspondance avec ce que l’on appelait l’astrologie judiciaire (jugement de Dieu annoncé par les astres) s’inscrit dans une tradition très ancienne liée à la vie. Cette fois il ne s’agit plus uniquement de la vie biologique mais de la vie événementielle. Que les choses soit claires : Il n’y a qu’une vie inscrite dans l’espace organique en même temps que dans le temps à l’origine de l’histoire d’un individu ou d’une société ou même d’une planète. L’une est inséparable de l’autre, l’une est le reflet de l’autre. L’astrologie est née du concept vitaliste de l’alchimie que les adeptes cherchaient à mieux comprendre. La biologie spatio-temporelle reste à redécouvrir depuis que l’astrologie s’est séparée de l’alchimie. La vie est une pulsion basale organique en même temps qu’un océan de causes.

La thérapie ne saurait procéder de l’astrologie. Je pourrais faire une analogie grossière en comparant l’astrologie à l’écran d’un ordinateur qui traduit en image ce que lui dicte l’unité centrale analogue à l’alchimie.

Seule l’alchimie, ou la carte mère et le processeur de notre ordinateur, permet d’agir, de guérir, et non l’image qui est sur l’écran. Réaliser des travaux sur une image, tel certain astrologues actuels, est sans aucune répercutions sur la réalité. Seule l’unité centrale est capable de rectifier l’image qui est sur l’écran de l’ordinateur et donc d’élaborer un autre ciel à son patient ! Paracelse parle de « transplantation » ou soustraction de l’effet nocif d’une planète :

« On ne peut forcer le ciel, dit Paracelse, mais il est possible à l’Art (alchimie) de faire un autre ciel à l’homme dans ses maladies ; les arcanes (les secrets alchimiques) existent à cet effet. C’est pourquoi les Arcanes sont un ciel puissant dans la main du médecin. L’autre médicament consiste à libérer l’homme de la sphère et de la puissance de Saturne. Cela s’accomplit par la transplantation de l’homme ; on doit le soustraire à une planète et le soumettre à une autre.»

Vaincre le déterminisme, traduit dans un thème astrologique, à l’aide des remèdes alchimiques, telle est l’idée de Paracelse qui n’est qu’une conséquence logique de la multi dimension du phénomène vital. Guérir une maladie par l’alchimie c’est rectifier un destin, lui extirper une « maladie » existentielle. En qualité d’alchimiste Paracelse ne pouvait penser autrement. Je le répète : un thème astrologique est une image analogique dont le code secret d’interprétation est dans le laboratoire de l’alchimiste, dans cette énergie vitale avec laquelle il œuvre pour fabriquer sa pierre philosophale qui transmute autant les vies que les métaux, ce qui rend négligeable, et même méprisable, la dimension métallo génétique de la transmutation.

Au plaisir de vous retrouver à travers histoire des mystérieux et puissants CORBEAUX qui sont au cœur de l’énigme de Rennes le château.

PANPSYCHISME ET ALCHIMIE

bre04Le mot panpsychisme provient du grec « pan » qui signifie « tout » ou « partout » et « psyché » désigne l’Esprit. C’est donc un terme qui exprime la présence de l’Esprit en toutes choses. Nous devons cette expression au philosophe britannique Galen Strawson (né en 1952).
Aussitôt que ce concept fut connu, les électrons et les protons furent déclarés spirituels par les fans de l’ésotérisme et du Nouvel Age. Bref, la présence partout de l’Esprit se répandit comme une trainée de poudre. L’ésotérisme entier s’en gargarisait dans ses cénacles délirants. Ce fut la découverte du siècle, une percée mystique de la pensée matérialiste, une victoire glorieuse des spiritualistes bidons qui lui donnèrent un relief surréaliste et l’assimilèrent ipso facto au dénouement d’une grande enquête à la Rouletabille ou à l’Arsène Lupin. Ainsi les rosicruciens, et d’autre sociétés initiatiques, en firent leur grand secret ! Secret de polichinelle évidemment qui servait à enduire de miel, leur philosophie fatiguée, pour attirer les mouches.
Face aux longues plaintes des gentils frères ou frater que je torture sous le fer rouge de mon langage peu châtié, J’exécute un rétablissement sportif dans le domaine du raisonnable pour ne plus martyriser ces âmes malheureuses de croyant indéfectible en leur philosophie universelle… Qu’est-ce que je suis méchant !

Galen Strawson était frustré, avec beaucoup de ses collègues contemporains, face au problème matérialiste du dualisme. Je rappelle que le dualisme prône que les phénomènes mentaux sortent du champ de la physique et donc de la matière.
La version la plus connue du dualisme a été formulée en 1641 par René Descartes qui a soutenu que l’esprit était une substance immatérielle qui va donc s’opposer à la matière et ne rien à voir avec elle.
Le panpsychisme ne prétend pas que les atomes soient conscients au sens ou nous le sommes. Mais seulement que certains aspects relevant du mental ou de l’intégration du vécu (donc une mémoire comme la manifeste l’eau) sont présents dans les systèmes physiques les plus simples. Des formes d’Esprit ou d’expériences plus abouties émergent dans les systèmes plus complexes. Nous retrouvons ici le concept complexité-conscience de Teilhard de Chardin quand il établit un parallélisme entre l’augmentation de complexité de la matière avec, à chaque étape de sa complexification, un surplus de conscience jusqu’au fameux «pas de la réflexion» qui caractérise les hommes (in L’apparition de l’homme).
En 2006 Strawson précisait certains points de sa philosophie. Et en particulier la différence qui existe entre un système manufacturé, comme une table, et un système auto-organisé fruit des poussées naturelles, et que l’on trouve donc autour de nous sans que l’homme ne l’ait fabriqué en maison, automobile, avion ou chaise.
Les agrégats constituant les objets manufacturés qui ne s’organisent pas eux-mêmes ne peuvent avoir de but ni d’intention propre. Mais nul ne saurait prédire les manufactures du futur susceptible de créer des objets capables d’avoir des volontés individuelles. Il semble que l’IA (Intelligence Artificielle) en soit l’une des premières manifestations. Mais cela est une autre histoire.
Dans les systèmes auto-organisés les agrégats subissent des expériences et s’organisent spontanément en formes de plus en plus complexes par différents processus dont la sélection naturelle.

Le panpsychisme n’est pas une idée neuve. La plupart des gens y croyaient autrefois et beaucoup le font encore et parmi eux les alchimistes. Partout dans le monde, les peuples traditionnels voyaient l’univers comme vivant et, en un certain sens, conscient et présent à lui-même : les planètes, les étoiles, la terre, les plantes et les animaux avaient tous un esprit, une âme. De ce concept cher à nos aïeux a émergée l’astrologie, l’alchimie minérale, et la spagyrie et les diverses phytothérapies. Tout comme les Archidoxes de Paracelse, les concepts fondamentaux de l’Anthroposophie, de Rudolf Steiner, reposent sur ce vitalisme universel.
L’alchimiste dans son laboratoire œuvre sur un minéral qui comme tout minéral s’est auto-organisé au sein de la terre. De ce fait il est pourvu d’esprit. Mais son organisation, et donc sa progression, est freinée par le manque d’esprit générateur d’organisation. Aussi le rôle essentiel de l’alchimie sera de lui en fournir afin de la faire progresser. D’où cette parole, que l’on trouve dans nombre de grimoires, qu’adresse la matière à l’alchimiste clairvoyants:
« Aide-moi et je t’aiderais ! »
Là où le mystère demeure complet est comment une matière faiblement organisée comme un minéral peut-elle aider un homme si ce n’est par l’intermédiaire de l’Esprit qu’ils partagent ?

« L’Esprit-Saint vous enseignera » dit le Christ à ses apôtres…
Toute la dimension transcendante de l’alchimie se trouve là indissolublement liée, en Occident, au christianisme mystique.

Avec toute mon amitié.

LES RÈGNES DES COACHS ALCHIMISTES

f1.highresUn jour des années 70 j’achetais chez un bouquiniste de Montpellier  Les sept livres de l’archidoxe magique de Paracelse. J’avais été attiré par la vétusté de l’ouvrage soigneusement relié et traduit pour la première fois en français sous les auspices de l’Ordre Kabbalistique de la rose+croix. Il fut édité en 1909 par la Librairie du Merveilleux de Pierre Dujols de Valois dont tous les alchimistes connaissent les accointances avec Fulcanelli…

Et bien de ce livre je ne vais pas vous parler !  Avant d’en avoir lu une ligne une coupure de journaux s’en échappa. C’était deux pages de l’Écho du Merveilleux jaunies à souhait mais parfaitement lisible. Je les dépliais précautionneusement avec cette déférence que l’on doit aux choses centenaires.

Les feuilles contenaient un article fort bien documenté sur Paracelse, de cela je pouvais m’y attendre. Je retournais les pages et là je lis une courte rubrique en italique intitulée « Notre courrier », c’est ainsi que j’appris que le prince de Ligne disait dans ses lettres que le duc d’Orléans (Philippe-Égalité) était superstitieux et un jour ce bon prince le conduisit chez un sorcier (sic) domicilié 5 rue Froidemanteau ou ils allèrent consulter le « grand Etteilla » (sic) Après mainte ironie sur la rouerie du cartomancien il se fit également tirer les cartes en précisant que le voyant s’était trompé… curieuse attitude d’un prince qui conduit directement le duc d’Orléans chez Etteilla alors qu’il était sensé ne pas l’apprécier! Et en plus notre sceptique accepte de se « faire tirer les cartes »…  Vous y croyez à ce scepticisme ? Moi non !

Etteilla, provenant de la lecture inversée de son nom Alliette, a écrit des ouvrages sur le tarot. Eugène Canseliet parle, en son Alchimie expliquée sur ses textes classiques (page 70), de ce cartomancien-alchimiste en de mauvais termes comme il le fit à propose de l’alchimiste méridional Cambriel offrant, contre une somme d’argent, de montrer  les phases du Grand Œuvre par la voie humide.

Si l’alchimiste ne doit pas tomber dans un tel piège car cela n’est pas un exemple à suivre, et bien actuellement nous avons des individus qui n’hésitent pas à le faire sous forme de stage en devenant des coachs en la sainte science !

Il est vrai qu’Eugène Canseliet a fait machine arrière à propos de l’offre de Cambriel, je reste persuadé que la même révision d’opinion s’applique pour Etteilla, lequel a laissé un opuscule de valeur à propos de la voie humide.

Mais actuellement nos formateurs se font grassement rémunérés dans leurs stages et ne laissent, à ma connaissance, aucun ouvrage valable sur l’alchimie.

Je voudrais surtout souligner ici que dans ces circonstance l’essentiel de l’alchimie ne peut être communiqué à l’étudiant qui en n’a pas effectué le nécessaire effort pour comprendre, de plus il est privé de l’accès à l’indispensable spiritualité puisque l’Esprit est trahis. Comment voulez-vous que la puissance de l’Esprit se manifeste au laboratoire dans de pareilles conditions ?  Ne soyons pas extrémiste, oui des alchimistes peuvent parfois œuvrer ensemble, être très charitables même pour inciter l’étudiant à avancer. Cependant, comme en toutes choses, œuvrer ensemble nécessite que chacun de son côté ait fourni les efforts nécessaires.

Je l’avoue : Les marchands du temple sont les pires ennemis de l’alchimie ;  ils me désolent et me révoltent aussi.

C’était mon petit coup de blues… Avec toute mon amitié !

LUMIÈRES SUR L’ALCHIMIE ET L’ASTROLOGIE

Vous connaissez ma manie de culbuter ceux qui traitent leur sujet par un seul bout de la lorgnette. Rassurez-vous je ne vais pas déroger à mes habitudes qui sont pour moi un prétexte pour me distraire en votre agréable compagnie.

 

Oui, je manque de charité chrétienne, mais j’ai choisi de me ranger derrière celui qui disait toujours : « En vérité je vous le dis ». La Vérité avant tout ! Souvenez-vous de cet étrange individu, marginal, ce SDF que les cathos regardent la larme à l’œil avec componction. Il traînait ses savates en Palestine, un clodo réellement non-conformiste puisqu’il quittait la route pour aller se balader sur l’eau ! Il racontait toujours des histoires au nom de la vérité. Charité sans vérité = zéro, vous vous souvenez ? Prenez ce zéro et mettez un mouchoir (sale) par-dessus !

 

Nota : Chers amis chrétien, le respect est une chose qui ne doit pas se confondre avec l’idôlatrie. L’irrespect ne doit pas être confondu avec le sacrilège. Dans ce dernier cas nous sommes en pleine étroitesse d’esprit qui caractérise la bêtise. L’irrespect peut être une forme de lucidité comme l’a fort bien montré Rabelais.

Je ne suis pas théologien, et donc je ne puis parler au nom du clodo de Nazareth, aussi je ne vais pas vous donner des indigestions de racontars comme ces brillants universitaires qui s’imaginent mener le monde.

Les pauvres, s’ils savaient combien leur discours est une pellicule de surface que s’envole au moindre courant d’air.

Ceux-là, côté vérité, ça craint comme les politiciens, car ils ont élu domicile sous une cascade de flagorneries, envers leur saint dogme, ou pour la gloire du parti. Tout ça plus ou moins savamment distillé en fonction du bagout des orateurs qu’ils soient en aube ou en costume de député.

 

Actuellement, pour nos spécialistes des sondages ayant choisi un panel d’enragés, la notoriété et l’intelligence sont directement proportionnelle à l’ouverture de la gueule. Choisissez : requin ou brochet ?

 

Et ne croyez surtout pas que les petits saints en aube blanche soient épargnés car pour grimper au dessus du tabernacle il faut apprendre la langue de bois et la manier avec brio. Quand ils en arrivent là ils sont tout de rouge vêtu. Ben oui, ça transmute gaillardement les braillards dans la chapelle Sixtine !

 

Nota: Le tabernacle est, pour l’Église catholique, l’endroit sacré fermé à clé,  le « placard » comme disait mon filleul Mickael (5ans), contenant les hosties consacrées par le prêtre et donc « placard » de Dieu.

 

Je m’amuse, je m’amuse et je suis hors sujet. Avant que je devienne iconoclaste, raccrochons les wagons…

 

La mortalité est grande dans le domaine des idées. J’ai la tache ardue de tenter de montrer que ces feuilles mortes s’envolent en automne pour aller pourris quelque part. Ce n’est pas toujours une réussite, puisque je ne suis ni paysan ni ouvrier de la voirie pour les ramasser à la pelle afin de faire des quotas comme tous sondages qui se respectent. Quant au résultat c’est à vous de juger.

Je dois dire que côté feuille je suis servi outre d’être dur de la feuille je fus bizuté en automne dans une cour de récré pleine de gros platanes. Et là je dus ramasser les feuilles par paquets de 25. J’en cauchemarde encore !

Allons, un peu d’organisation pour que vous, chères lectrices et chers lecteurs, vous puissiez vous y retrouver.

Donc le texte qui suit comprend :

 

Une définition de certains termes essentiels pour l’hermétisme.

L’origine hermétique de l’astrologie et de l’alchimie.

La pensée dite mystère de la Roses+Croix.

Le drame des alchimistes médiévaux.

L’astrologie et l’alchimie dans les anciennes écoles de mystères.

 

Nota: Le mot hermétique provient d’Hermès Trismégiste (le trois fois grand) le fondateur mythique de l’alchimie qui serait d’origine égyptienne. Remarquons que de ce nom est issue le terme de fermeture hermétique, en rapport très étroit avec la fermeture étanche du ballon des alchimistes.

 

Ces chapitres (non signalés dans le texte) permettent de saisir les fondements de l’alchimie interne et de l’astrosophie (ou astrologie interne) nécessaire à l’astrologie.

 

Nota: Le mot astrosophie provient de l’étude des astres (astro) et de la sagesse (sophie) qu’ils espriment. Actuellement le « logos » des astrologues est une « science » qui ne décolle pas de la dimension matérialiste reposant sur des synthèses intellectuelles. La sagesse ne peut pas prendre conscience dans le rationalisme mais dans le sur-rationnel (au-dessus du rationnel).

 

En alchimie se dégage essentiellement la compréhension profonde des correspondances entre le soleil et l’or et surtout le sens mystico-matérialiste de l’œuvre au noir.

 

Maintenant, attention, je saute à pieds joints dans le cœur du sujet. Je deviens sérieux comme un pape. Regardez.

 

L’anglais Éric John Holmyard (1891-1959) fut enseignant au Clifton College, où il se spécialisa dans l’histoire des sciences et plus particulièrement l’histoire de l’alchimie.

À la fin de la traduction de son livre l’Alchimie (édité chez Artaud en 1979) se trouve des notes originales de différents auteurs dont la notoriété n’est plus à faire comme Eugène Canseliet, René Alleau ou Serge Hutin. J’ai retenu l’article du docteur Henri Hunwald intitulé :  Origine et destiné de la médecine hermétique, l’héritage de Paracelse. Ce texte sera ma toile de fond, dans les définitions essentielles et bien connues qui caractérisent les premières pages de cet article.

 

Avant de m’engager dans une explication quelconque, entendons-nous sur les mots, notamment le sens du terme « hermétisme » qui va être au cœur de mon propos.

Cette expression désigne un ensemble de doctrines qui remonte à l’ancienne Égypte par le biais d’un personnage peut-être légendaire : Hermès Trismégiste. Le mot-clé de l’hermétisme est : Théorie des Correspondances. D’après elle l’univers tout entier serait composé de règnes analogues dont les éléments correspondent chacun à chacun et peuvent ainsi se servir mutuellement de symbole, révéler leurs propriétés respectives ou même agir les unes sur les autres.

 

Nous voyons là combien les anciens avaient conscience de l’holographie universelle selon laquelle une partie de l’univers contient le tout. C’est ce qui leur faisait dire cette phrase apparemment  absurde avant la découverte de l’hologramme vers les années 1960: « Un dans tout, tout dans un » (voir mon livre Holoscopie de la spiritualité Occidentale).

 

Mais la Théorie des Correspondances est une théorie seulement pour les  incultes que nous sommes dans le domaine du surrationnel et du spirituel. Nous allons voir sur quelle véritable initiation elle repose, initiation qui en fait une évidence.

Nota : Ne pas confondre surrationnel et irrationnel. Le surrationnel est au-dessus du rationnel alors que l’irrationnel est dépourvu de rationnel.

 

Le texte fondamental de l’hermétisme est la Table d’Emeraude :

  « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. 

De ceci sortiront d’admirables adaptations, desquelles le moyen est ici donne »

Nota : Le texte cité ici est le passage de référence des astrologues. Cependant il est isolé de l’écrit entier, écrit qui résume l’oeuvre des alchimistes. Les premières lignes signifient pour l’alchimiste qu’il faut être attentif aux conditions céleste afin d’harmoniser l’oeuvre avec l’univers.

 

L’unité du Cosmos et l’interdépendance de toutes les parties de ce vaste ensemble, la correspondance et l’analogie entre le Macrocosme (l’univers) et le Microcosme (ce qui nous entoure et nous même) s’y trouvent clairement énoncés et constituent le fil conducteur de toutes les manifestations théoriques et pratiques de l’hermétisme, de toutes ses « adaptations ».

 

Le docteur Hunwald affirme que l’une des plus anciennes de ces adaptations est l’astrologie. L’autre « adaptation » dont parle la Table d’Émeraude est l’Alchimie.

 

Nota: L’adaptation astrologique est ici en exergue alors qu’elle est une condition nécessaire à l’oeuvre alchimique. La table d’émeraude par son texte lapidaire est la pierre de fondation de l’alchimie occidentale.

 

Nous voilà donc avec deux « adaptations » de la Table d’Émeraude (astrologie et alchimie) alors qu’en réalité les deux ne sont qu’un et sont partie intégrante de la même voie initiatique de l’hermétisme. C’est ce que je vais montrer, mais évidemment l’astrologie en question ici n’a qu’un lointain rapport avec celle que nous connaissons.

 

Au moyen age, entre le Xe et le XVeme siècle, il y eut un effort de l’esprit dont les cathédrales sont un vibrant témoignage et des hommes tel l’alchimiste Jacques Cœur à l’intelligence vive (pour ne citer que lui) illustrent cette impulsion.

Nota: Pour mieux situer le sens « d’intelligence vive » voir la suite du texte.

 

Cette pensée orientée vers la conquête de l’esprit est désignée sous le nom de mystère de la Rose Croix dont j’ai donné un aperçu dans mon article sur Janus. (DE JANUS A LA ROSE+CROIX voir LA NAISSANCE des Roses+Croix & des Francs-Maçons.) Il me faut souligner ici que cette appellation n’a aucun rapport avec les manifestations de charlatanisme qui sévissent depuis le XIXe siècle.

 

L’âme de ces chercheurs médiévaux qui travaillaient dans leurs laboratoires à totalement été oblitéré, dans sa profondeur, par les historiens de l’ésotérisme qui n’ont su approfondir et dépasser sérieusement le concept de transmutations. Ils parlent du laboratoire en ignorant les bases élémentaires de la mystique qui dépasse le discours religieux ou spirituel à bon marché. Quant aux historiens des sciences ils n’ont saisi que l’obscure naissance de la chimie.

 

Ces êtres studieux étaient étreints par une puissante émotion. Ils savaient qu’ils devaient atteindre l’élément créateur le plus élevé dans l’Homme, mais que leurs efforts ne portaient pas toujours ses fruits non pas pour des erreurs au laboratoire ou d’oratoire mais pour une difficulté de l’ordre du suprasensible à saisir cette connaissance du cœur et de l’âme non seulement des Hommes, mais de tout ce qui est vivant dans notre univers.

La chaîne d’or était rompue. Une coupure, dans une transmission essentielle, obscurcissait le sens profond de toutes correspondances et analogies. Ce phénomène affectait la dimension subtile des liens que notre physique quantique appelle « intrication » ou inséparabilité. Le cœur du problème était la montée progressive d’une pensée abstraite associée à un matérialisme émergeant préparant cet âge sombre qui culmine de nos jours.

 

Exceptionnellement certains alchimistes, grâce à l’aide du très petit groupe des premiers Roses+croix, retrouvèrent la vraie nature de ces liens qui parcourent l’univers. Ce fut le cas pour Nicolas Flamel NICOLAS FLAMEL, LE FAISEUR D’OR et bon nombre d’alchimistes que la littérature signale. Mais quel infime pourcentage ils représentent par rapport aux milliers qui œuvraient au fourneau !

D’où cet artefact pouvait-il provenir ? Essentiellement d’une difficulté, aujourd’hui parvenue à son paroxysme, à se dégager d’une manière matérialiste d’analyser le monde en fermant les yeux de l’âme et du cœur. Le degré de cécité est tel que les êtres bienveillants et bon sont pris pour des faible ou (excusez l’expression) des cons. Je le sais parce que ça m’est arrivé plus souvent qu’à mon tour. Ben oui, il y a des baffes qui se perdent.

 

L’ancien savoir ne consistait pas à observer les planètes, à calculer leurs déplacements et différentes orbites pour les matérialiser sur un schéma que les astrologues actuels appellent « carte du ciel ».

Leur « raisonnement » était diamétralement opposé. Ils ne calculaient nullement leurs différents paramètres pour en extraire une interprétation de l’ordre du rationnel.

 

Ils partaient d’un axiome qui n’en est pas un pour nous mais qui confine, toujours pour nous, à la superstition et à la bêtise. Le voici : Chaque corps céleste est un être vivant, et donc doué d’une âme et d’un esprit !

 

C’est pour cette raison essentielle que Paracelse a élaboré les carrés magiques planétaires et non pour des histoires sombre de magie. Et pour chacune des planètes les nombres traduisent des formes qui sont les signes d’un caractère ou d’une intelligence. Le tout étant lié à la hiérarchie céleste par le biais d’un ange ou d’un archange. Cette interprétation planétaire est confirmée, dans sa globalité, par les anciens.

Évidemment cela observé avec notre lorgnette nous paraît dingue au dernier degré. C’est là le signe indubitable de notre profonde misère spirituelle.

 

Les vieux maîtres savaient que comme une parenté de sang unissent les membres d’une même famille, de même une parenté intime unit les membres d’un système planétaire. Ainsi, entre l’Homme et ce qui se manifeste dans le cosmos, l’analogie est entière.

 

Tout cela reste évidemment théorique pour nous, cependant les anciens procédaient à une véritable initiation pour acquérir concrètement cette connaissance à partir de l’observation du ciel et surtout du soleil.

 

Les enseignants (généralement des prêtres) qui vivaient bien avant le Xeme siècle, aménageaient une salle initiatique sous le toit, ou au sommet de leur temple avec une ouverture vers le ciel pour permettre d’observer, à certaines heures de la journée, le soleil.

 

Nos archéologues ont confondu ces ouvertures avec des observatoires astronomiques, ce qui est totalement erroné, puisque le terme d’observation des astres n’avait pas la même signification qu’actuellement.

 

La lumière de l’astre était fortement atténuée par une matière, afin de pouvoir l’observer sans prendre le risque de brûler la rétine. D’autre part la durée de l’observation était limitée à un très petit déplacement du soleil dans le ciel.

Cet exercice ayant laissé des traces dans les grimoires, il y eut des interprétations erronées parlant de religions adoratrices du soleil. C’est ainsi que de nos jours certains se brûlent la rétine dans un salut au soleil. Cependant les positions de yoga saisissent un caractère de l’astre par la forme de la posture sont en harmonie avec les émanations solaires sans pour cela établir un échange.

 

Avant cette observation le néophyte était préparé dans le temple afin que, le moment venu, il se trouve dans une disposition d’âme voulue. Il devait accéder au silence afin de savoir écouter les grands espaces de leurs âmes inséparables de celui du cosmos.

Le but de ce préambule était d’augmenter sa réceptivité afin de le rendre capable de perceptions exaltées (sans faire usage de drogues) quand son œil sensibilisé se pose sur la lumière affaiblie du soleil. Dans ces conditions il recevait une impression, un message, dont il avait pleinement conscience.

 

Je signale au passage que cette préparation avait lieu pour l’observation des plantes et des minéraux. Pénétrer la « coque » des choses faisait partie intégrante de la voie initiatique fondamentale, que certains appellent « voie du milieu » aussi bien en Orient qu’en Occident.

 

Actuellement certains examinent le soleil à travers un verre fumé ou des lunettes spéciales notamment pour observer les éclipses. Dans ces circonstances ceux qui regardent le disque solaire n’ayant pas reçu la préparation nécessaire, ils ne peuvent donc percevoir l’impression particulière laissée sur leur conscience. Impression que se rapproche d’un échange verbal sur le mode poétique ou les analogies deviennent les touches d’un piano.

 

Pour les élèves de ces mystères, l’empreinte reçue persistait grâce aux exercices préparatoires. Elle était pourvue d’une grande précision à un tel degré que celui qui en avait été le bénéficiaire ne pouvait l’oublier.

 

Les conséquences de cette contemplation d’Hélios, le dieu solaire, dont Fulcanelli parle à demi-mot mais d’une manière, si je puis dire, lumineuse, était une compréhension accrue pour certaines choses. Réfléchissez un peu à l’œuvre de cet adepte qui domine le XXe siècle, songez à l’intrication des idées des mots et des sous entendus, comprenez qu’il y avait là des éclairs de lucidité assez peu commun…

 

Préparés à recevoir l’empreinte majestueuse et grandiose du dieu, les élèves étaient amenés à laisser agir sur eux la qualité particulière, suprasensible, d’inséparabilité qui unit le soleil à l’or. La préparation solaire donnait à l’élève la profonde compréhension de la qualité or.

Combien d’astrologues et d’alchimistes ignorent cela !

 

Quand on est pénétré de cela, on prend douloureusement conscience de la trivialité avec laquelle les ésotéristes de tout poil prétendent expliquer pourquoi les anciens penseurs rattachaient l’or au soleil et le caractérisait avec le même signe qui est aujourd’hui un cercle avec un point au centre qui n’est autre que la prunelle de l’œil fermée par l’excès de luminosité.

De nos jours on ignore que cette connaissance était le résultat de longs exercices préparatoires dont le soubassement consistait à changer sa manière de penser ou métanoia. Ce n’est pas avec l’esprit mathématique que l’on va dialoguer avec ces liens d’inséparabilité qui parcourent l’univers.

 

N’en doutez pas, c’était en plongeant son regard PENÉTRÉ D’AME dans la lumière solaire tamisée, que l’étudiant était préparé à comprendre non seulement l’or de la terre mais aussi son cœur et l’essence même de certaines plantes comme le tournesol.

 

L’astrologie teintée de sagesse ou astrosophie permet de comprendre un thème astral. De même l’œuvre du soleil ou alchimie ne peut être saisie dans son essence sans une communion avec Hélios. Et oui, comprenez-vous pourquoi les frères d’Héliopolis (voir la page de garde des livres de Fulcanelli) se comptent sur les doigts d’une seule main ?

 

Peut-on aller plus loin dans la compréhension de ce phénomène perceptif que l’on pourrait qualifier d’« ailes de la perception »?

Après sa préparation l’attention de l’étudiant se portait sur la particularité de l’or qui n’est pas réceptif à l’air qui n’est pas terni (oxydé) par l’action de l’oxygène.

Ici il faut faire appel à la logique et non au rationalisme.

 

Cette résistance particulière d’inaltérabilité par rapport au gaz qui entretient la vie de l’homme exerçait une profonde impression sur les élèves des anciens centres initiatiques.

 

L’information retenue par l’élève était qui ni l’or ni le soleil n’ont DIRECTEMENT accès à la vie. Ils ont même une certaine nocivité comme Fulcanelli l’explique fort bien à propos de l’indispensable obscurité (lumière tamisée) pour que se développe une graine ou un embryon animal dans le ventre de sa mère et, pour un ovipare, abrité par la COQUE d’un œuf…

 

En langage actuel nous dirions que la néguentropie nécessite l’obscurité ou une faible lumière.

 

Mais l’élève comprenait que l’or n’étant pas un gaz, il n’était pas apparenté dans son action à l’oxygène. Disons cependant en passant que l’oxygène devient mortel à trop forte dose.

 

À dose spécifique l’action de l’or sur l’organisme humain a une action très particulière sur la pensée. C’est dans ce sens qu’il faut entendre le terme et l’action de  « l’or potable » des alchimistes.

 

Nous pouvons penser, mais cette pensée abstraite n’a pas d’action consciente sur l’organisme, car elle est trop éloignée de la vie. J’exclus évidemment les phénomènes psychosomatiques dont je laisse pour l’instant l’étude aux spécialistes de la psyché…

 

Donc, en l’Homme la pensée est devenue de plus en plus impuissante vis-à-vis du corps. En étant vautré dans un fauteuil avec votre ordinateur sur les genoux vous pouvez reconstruire le monde mais… vous resterez avachi ! La pensée semble coupée de votre organisme.

 

Et cela malgré les méditations prolongées de nos adeptes de différentes écoles initiatiques bidon. Oui, certains, parmi lesquels il faut compter les alchimistes qui ont réussi, parviennent à rendre la pensée agissante car ils ont compris ce qui précède.

 

L’or potable ou l’or introduit dans l’organisme à dose convenable revivifie l’Homme DANS SA PENSÉE (Je n’ai pas dit qu’il revifiait le cerveau).

 

Oui, la pensée humaine est ranimée par l’or. À partir de là elle prend sa dimension réelle. Tel était le secret des anciens centres initiatiques, secret de l’or et de l’exaltation de la psyché qui redevient vivante et active en liaison avec le soleil. C’est ici l’un des grands secrets de « La belle au bois dormant ». Soyez en sûr, la pensée réintégrée dans sa véritable dimension dépasse tout ce qu’imagine la science-fiction par sa clairvoyance (prière de ne pas associer ce mot à madame Irma la voyante de votre quartier) et son action sur le corps.

 

Donc nous pouvons dégager un but essentiel de l’alchimie qui est d’élever l’Homme au-dessus de l’animal pour devenir un être raisonnable. Les historiens, préhistoriens et paléontologues affirment  que nous sommes au sommet de la courbe de l’évolution humaine. Grand dieu oui les bipèdes sans poil ou a-poil (a privatif) que nous sommes sont au sommet d’une courbe biologique d’évolution, mais il leur reste à crever le plafond avec les capacités sur-rationnelles inutilisées. Point n’est besoin de s’imaginer que l’Homme dérive vers un stade ultra-humain puisqu’il l’est déjà ! Oui, nous roupillons depuis que nous croyons que notre intelligence rationnelle est capable de découvrir les clés de l’univers ! En réalité les plus cartésiens sont aux prises avec le délire monomaniaque de tous croyants intégristes. En d’autres termes nous dormons et nos opinions de rationaliste nous maintiennent les yeux fermés et les pieds à côté de nos baskets.

 

VISION-DE-L-UNIVERS2

Sous le regard du soleil l’alchimiste passe sa tête à travers la voûte étoilée et découvre les rouages de l’univers grâce à la revitalisation de sa pensée. D’après le liber chronicum, 1493, Hartman Schedel (1440-1514)

 

À la lumière de ce qui précède le texte suivant de Jacques Bergier ne doit pas être pris au sérieux car il raisonne en scientifique « libéré », le pire des obstacles :

« La matière est changée, prend une forme nouvelle. Une influence : « radiation » ? champ de forces ? neutrino ? émanation non encore découverte par la physique ? part du creuset pour atteindre le cerveau et le système nerveux de l’expérimentateur. Si celui-ci n’est pas tué sur le coup, il est changé, modifié, rendu plus sensible aux forces universelles. » (Préface de l’alchimie de E. J. Holmyard. Edition Arthaud. Paris 1979.)

 

N’oublions pas que Bergier est l’auteur, avec Louis Pauwels du livre Le matin des magiciens (Gallimard, 1960) qui est une introduction au réalisme fantastique. Toute la dimension initiatique et le sens profond de l’alchimie lui échappent, d’où des interprétations qui ne peuvent dépasser les lois de la matière. Restons raisonnable et ne croyons pas à l’alchimie en qualité d’art maudit ou mortel. Point n’est besoin de risquer sa vie pour devenir sensible aux forces universelles.

 

D’une manière analogue, le néophyte des mystères arrivait à saisir comment agit le pôle opposé de l’or. L’or donne une impulsion vivifiante à la pensée humaine. Je ne saurait vous en dire plus si ce n’est de tenter l’aventure… Et le pôle contraire, quel est-il ?

 

L’or s’oppose, si je puis dire, à l’oxygène, le repousse, le refuse et ne s’allie jamais à l’oxygène comme le fer ou d’autres métaux. Il est inaltérable, inoxydable. Mais le carbone, qui caractérise les organes et tissus biologiques, est au pôle opposé car il s’unit immédiatement à l’oxygène pour former le CO2 ou gaz carbonique.

Ce CO2 sera nécessaire aux plantes qui seront à l’origine des dépôts géologiques de charbon.

 

Le carbone agit donc dans un sens opposé à celui de l’or. Il avait, pour cela, un très grand rôle dans les mystères primitifs. D’un côté on parlait de l’or comme d’une substance particulièrement importante pour l’Homme, et de l’autre on parlait aussi du carbone.

Dans les anciens mystères on appelait le carbone la pierre des sages ou pierre des philosophes. L’or et la pierre des philosophes étaient des choses très importantes. Sur la terre le carbone prend un grand nombre de formes : le diamant est un carbone pur, le grphite, la houille, l’anthracite sont du carbone. Il peut aussi être associé à d’autres molécules comme dans le carbonate de potasse (K2CO3) de couleur blanche.

 

Je souligne au passage que les grands mystiques avaient souvent des os aussi durs que le diamant, je pense en particulier à Philippe de Lyon qui vivait entre la fin du XIXe siècle et le début du XXeme. Je ne saurais vous dire avec certitude si le calcium des os s’était transformé en diamant car je n’ai pas fait d’autopsie !

 

Sur la terre le carbone prend donc les formes les plus diverses. Mais les anciens disaient qu’il existait d’autre forme de carbone selon les formes connues dans notre espace. Dans ces autres dimensions il prenait une structure totalement différente.

Comprendre ces changements nécessitait une autre préparation psychique, différentes de celle du soleil, qui fut appelée préparation lunaire.

 

Pour ne plus ennuyer le lecteur par mon trop long discours, j’arrête là mes pérégrinations à travers une face trop souvent ignorée de l’alchimie et de l’astrologie qui permet de saisir le sens profond de l’œuvre au noir liée aux « nôtres dames de dessous terre ». Nous pouvons ainsi saisir pourquoi après l’œuvre au noir se manifeste l’œuvre au blanc ou pierre lunaire.

 

Il faut travailler mes cocos et non chercher des recettes qui vous plantes immanquablement ! Les écoles ne sont que des échos, et les échos on ne sait pas d’où ils viennent… En qualité de mec gonflé je me suis permis de vous tirer les oreilles ! Si ça fait mal c’est bon signe…

 

Disons tout de même que pour les anciens la lune était liée à la transmutation en argent, ce que ne contredit pas l’alchimie.

Je dois insister pour que les choses soient claires. La connaissance que donnaient les anciens mystères était :

Une substance quelconque, telle qu’elle se présente extérieurement, n’est telle qu’en un certain lieu et à un certain moment.

 

En d’autres termes soit l’on change de dimension soit, on ajuste autrement les constantes universelles, « comme ti veut ti choise ! »

 

Quant à l’astrologie inutile de dire qu’elle est à cent lieues de nos modernes praticiens qui utilisent un ordinateur pour crée les cartes du ciel ou thème astral. Tout ça est infiniment abstrait à côté de ce qu’on pouvait apprendre autrefois sur les étoiles.

 

On ne pouvait acquérir l’ancienne sagesse, la véritable astrologie que par une relation vivante avec l’intelligence du cosmos.

Ainsi finissait-on par découvrir que les intelligences lunaires étaient en étroite relation avec la hiérarchie céleste. L’ANGE chez les Francs-Maçons & dans l’ésotérisme. De là diffusent des connaissances pour que nous puissions sortir de notre trou grâce à notre huile de coude. Mais cela est une autre histoire.

 

Vous voulez que je vous dise ? Et ben mes gaillardes et surtout mes gaillards, nous sommes dans un sacré pétrin royaume de l’oviducte qui est confondu par beaucoup avec celui de l’ouroboros !

 

Que la lumière du soleil de la lune et des étoiles, soit avec vous.

 

Avec toute mon amitié.