BAGATELLES SUR LA LETTRE G.

Vous ne me croirez pas si je vous dis que l’idée de parler de cette lettre ne m’est pas venue en lisant le bon vieux livre de Jules boucher sur la symbolique maçonnique. D’ailleurs le pauvre est en si piteux état que je dois prendre moult précaution pour qu’il ne tombe en morceaux entre mes mains inexpertes.

L’idée m’est venue en pratiquant ce sport en vogue de nos jours et cela depuis des temps immémoriaux : celui de me regarder le nombril et de m’extasier dans la contemplation de mon patronyme dont l’initiale est la lettre G. Mon délire mystique atteint son paroxysme lorsque me sauta aux yeux, si je puis dire, cette curieuse coïncidence : l’initiale de mon prénom se superposait à la lettre gamma grecque (G) retournée, équerre des francs maçons ! Imaginez ma stupeur de constater ces concordances. N’en doutez pas, elles firent frétiller de plaisir mon égo voluptueusement caressé ! J’étais un super G !

A la suite de quoi je saisi délicatement mon Jules Boucher pour savoir ce qu’il racontait sur cette lettre car je me sentais concerné.

ob_212151_etoile-10J’ai ainsi appris que cette lettre était inscrite dans une étoile à cinq branches que les Franc Maçons appellent l’étoile flamboyante. Et là mon sang ne fit qu’un tour ! Cet ensemble avait une valeur universelle seulement par le jeu des nombres. Il fallait ajouter au 5 du nombre de branches de l’étoile le 7 qui est la position de la lettre dans l’alphabet. Le total 12 lui donne une universalité, comme le soulignent les signes du zodiaque ; qu’il convient de regarder de plus prés en évitant les discours sans fondement. Et les discours sans fondements ils font légion ! C’est le passe-temps favoris de ceux qui prennent leurs désirs pour la réalité. Le monde est ainsi fait qui fait grimper ses héros d’un jour sur les épaules de sous développés. Les fans des campagnes électorales, ayant perdu toute raison devant les caméras d’un journal pour hurler avant le dépouillement du scrutin « on a gagné », sont là pour nous le rappeler. Ma concierge, cette femme à la sagesse infuse m’a dit un jour en regardant un duel politique accompagné de braillards : « Gueuler est le propre de l’homo politicard il casse les oreilles et les pieds en croyant que ça le propulse au septième ciel. » J’ignore ce qu’elle pense de l’homme sportif mais je ne vais par tarder à le savoir. Tout ce que je sais c’est qu’elle ne les range pas parmi les homos sapiens mais parmi les pithécanthropes. Il est vrai que ses connaissances en anthropologie sont des plus sommaires. Elle a du relever ce nom parmi les célèbres injures du capitaine Haddock.

L’homme ainsi survolté parvient à voir ce que personne ne voit pour se construire le monde dont il a besoin.  Tel est le grand G visible dans le ciel nocturne. Il est constitué de neuf étoiles : Bételgeuse, Bellatrix et Rigel, toutes trois de la constellation d’Orion et situées au centre, et Sirius (Grand Chien), Procyon (Petit Chien), Pollux et Castor (Gémeaux), Capella (Cocher) et Aldébaran (Taureau)

ob_ce9942_g-celeste

Voilà la G maçonnique exalté jusqu’aux cieux, signature indélébile de Grand Architecte de l’Univers. C’est grisant n’est-ce pas ?

Peut être faudrait-il rappeler que dans l’astronomie populaire ce regroupement d’étoiles est appelé un astérisme.

L’astérisme est une figure remarquable dessinée par des étoiles particulièrement brillantes. En général, ces étoiles n’on rien d’autre de commun que la brillance. Elles ne sont liées ni par une interaction gravitationnelle significative, ni par une gestation commune. Conclusion l’astérisme est un objet céleste plutôt arbitraire et subjectif. En d’autres termes, avec un petit effort ceux qui affirment que nos ancêtres sont les gaulois pourraient admirer, à la place du G maçonnique, les moustaches de Vercingétorix !

Le fameux Oswald Wirth, inventeur de la géométrie philosophique et spécialiste des graphismes liée aux anciens symboles chimiques et alchimique fait remarquer dans son Mystères de l’art Royal. (1931) son rapprochement avec le sel alchimique : un cercle traversé par un diamètre horizontal. Et pour lui le sel signifie « La sagesse qui conçoit ». Allez raconter cela à un alchimiste, il vous rira au nez ! Mais par charité il exaltera la dimension spirituelle de son art qu’il sait associée à une pratique, que l’on appelle les Grand Œuvre, dont le sel est essentiel car étroitement liée, une foi correctement préparé, aux puissances universelles… Et, croyez-moi si vous le voulez, ce n’est pas une vue de l’esprit ! L’alchimiste travaille avec des matériaux concrets afin de saisir les énergies fondatrices. La matière importe peu l’important est ce qu’elle permet de faire au-delà de notre réel. Ceci étant dit vous pouvez replonger dans l’alchimie symbolique ou spirituelle, elle n’a fait de mal à personne. Je ne sais pas trop ou cela mène, je m’y suis jamais intéressé, que voulez-vous personne n’est parfait, mais que les mânes d’Hermès me gardent d’aller fourrer mon nez là-dedans !

En me replongeant dans la symbolique maçonnique de Jules Boucher. J’ai lu avec beaucoup de plaisir ce passage inspiré par son ami Fulcanelli :

«  L’étoile flamboyante, active, entourant la lettre G, montre le chemin qui conduit à l’hexagramme, étoile équilibrée, idéogramme classique de la pierre philosophale.

L’étoile flamboyante est alors la quintessence, au sens hermétique du terme, et la lettre G devient l’initiale de Graal, de ce Graal qui est le voile du feu créateur, feu qui rayonne et qui « flamboie ». 

Oui la lettre G est bien l’initiale de Graal et c’est là le message essentiel qui est lié à Genèse, car l’alchimie est genèse. Car seules les forces universelles sont génitrices, ce qui provoque, au sein de la matière, une granule à l’image de la structure intime de toutes matières.

Libre à vous de méditer sur Gravitation, Géométrie, Génie et Gnose comme le préconisent les rituels maçonniques. Certains ont écrit des traités entiers sur leurs élucubrations concernant ces seuls mots. Evidemment il n’en est sorti qu’un morne ennui.

Ce que je veux dire ici, et le souligner trois fois, c’est que la compréhension de la plupart des symboles est inséparable d’une alchimie bien comprise et non pas cantonné à sa seule dimension analogique ou spirituelle. Ceci étant dit je retourne dans mon laboratoire pour préparer le printemps. Je suis toujours en avance car je lambine en chemin.

Avec toute mon amitié.

LA COLOMBE DES CORBEAUX de Rennes le Château

Fee

LA FEE DE ROC DE FA linteau d’une maison du village.

Je dois dire pour la énième fois que mes articles sont le résultat de ma compréhension, à un moment donné, de certains faits ou de certains concepts. Ils ne sont donc que le reflet de ce que j’ai cru saisir au moment ou je les écrits. Comprenez qu’ils sont en perpétuelle évolution et ne sont donc pas le duplicata de ce que j’ai exprimé hier où dirais demain… reflets, ils le sont surtout de ce que j’ai envie de dire un peu comme si je m’imaginais lequel, parmi vous tous, allait faire l’effort de lire.

Oui il y a parfois une sorte de communion avec vous qui fréquentez mon terrier et de cela, j’en suis profondément heureux car, avec cette étrange communion, vous devenez, toute et tous, mes amis.

Je ne suis pas attaché à mes écrits, ils ne sont pas inscrits dans la pérennité et c’est la raison pour laquelle je les laisse à votre disposition pour que vous puissiez en profiter au mieux, et leur donner même une suite selon vos goûts, sans pour cela vous les approprier…

Ce que j’apprécie le plus, ce sont les critiques car du moment qu’elles sont dénuées de cette agressivité qui caractérise les constipés et plus particulièrement les snobinards qui se disent « branchés ». Je dois avouer que  j’ignore si le branchement lumineux en question se fait par-devant ou par-derrière, étrange dilemme car nous sommes à l’époque des prises universelles. Eh oui, notre société dépravée  négocie un retour in petto aux activités vénériennes de Sodome et Gomorrhe. C’est là, vous vous en doutez, une constatation et non un jugement.

Parmi ces naufragés outre les fofolles gravement atteintes figures ceux qui cherchent à me faire dire que c’est « la queue qui remue le chien ». Décidément, vous pouvez le constater, l’appendice de contentement semble à l’origine de bien des méfaits.

Exception faite de ces deux cas gravissimes de recherche insensée du plaisir à pavaner en affichant une différence souvent artificielle, les critiques sont pour moi fructueuses. C’est une matière à réflexion qui efface cette impression, difficile à assumer, d’être le seul à parler.

Sans vous connaître toutes et tous, je pense souvent à vous car j’ai parfois envie de vous faire des cadeaux. Certaines et certains m’écrivent pour me dire qu’ils ont, en effet, reçu un cadeau. C’est un bref moment ou comme un vieux corbeau, je me lisse un peu l’ego. Ah l’esprit ! il fait communier et laissez-moi rigoler quand certains affirment qu’il vient aux tables et je ne crois pas qu’il soit question des « saintes tables » de nos chapelles. Car la sainteté de nos jours a bien triste mine puisque naufragée quelque part dans cette mer de chaises vides qui inonde  nos églises.

Dans les églises le tabernacle contenant les hosties ne furent pas toujours au centre de l’autel, pour des raisons sanitaires, car les rats vecteurs de la peste pullulaient et pouvaient endommager la « présence réelle » ou réserve d‘hosties. Elle était donc enfermée dans un récipient en métal précieux accroché au plafond, du côté de l’Épître (côté droit en regardant l’autel lorsque le prêtre tourne le dos aux fidèles en regardant l’Est) par une longue chaîne. C’était la colombe de l’eucharistie ou péristère.

Les religieux des siècles passés associaient dont la colombe avec le saint Esprit comme le souligne les évangiles lors du baptême du Christ, dans le Jourdain, par Jean-Baptiste (Luc III, 21).

Cette forme symbolique du péristère, qui sera appelé plus tard le ciboire et deviendra une coupe, non sans analogie avec le Graal, est significative quant au sens intrinsèque des hosties. Pour nos anciens la communion était essentiellement une réception de la colombe de l’Esprit saint à travers le sacrifice du Christ. Ce fait étant le prolongement de cette affirmation du Christ : « L’Esprit Saint, vous enseigneras ».

Cela étant dit pour ceux qui confondent la communion avec du cannibalisme… manger de la viande humaine, celle du Christ, et boire son sang comme Dracula et les vampires. J’ai souvent entendu cela y compris chez des gens censés être cultivés comme cette jeune femme, major de science po., fille d’une amie. Je ne vous cache pas que cette belle femme m’a laissé les bras ballants pour tout autre chose que pour l’harmonie suggestive de son personnage.

J’ai souvent entendu des incohérences par ceux qui ne seraient pas supposés, vu leur culture, ne pas analyser les faits au premier degré.

Que les choses soient claires : Je ne cherche pas à défendre une position doctrinale, Je me limite à souligner l’importance de l’Esprit saint (si étroitement assujettit au laboratoire alchimique) chez nos pères et surtout leur manière de le comprendre.

Le mot colombe contient de multiples sens qui indiquent combien les Églises de connaissance (et non les Églises de croyance telle les Églises Catholiques Orthodoxes ou Protestantes ) savaient mettre en exergue des sens ayant trait aux travaux d’alchimie interne (physio-psycho-spirituelle) et plus précisément au laboratoire ou l’alchimie externe qui est donc une résultante ou s’exalte une spiritualité à l’état pur. Ce qui veut dire que parvenu à ce stade l’œuvre au laboratoire devient plus spirituelle que celle de l’oratoire. C’est pourquoi d’Opéra, il devient grand opéra ou Grand Œuvre.

Beaucoup d’alchimistes restent au stade de l’Opéra car ils ne savent pas faire la jonction avec l’esprit.

Évidemment, les spiritualisant ne sauraient accepter ce genre de manipulations qui leur paraissent pour le moins curieuses et même incongrues par rapport au confort béat de l’édredon qu’est  la spiritualité méditative ou l’être dialogue souvent avec lui-même dans un bien-être douillet. Impossible, dans ce cas, de saisir la transcendance de la matière, Impossible, de surprendre l’Esprit en action dans les fondements de la matière à travers ses pulsations vitales.

Cela étant dit pour ceux qui confondent la communion avec du cannibalisme… manger de la viande humaine, celle du Christ, et boire son sang comme Dracula et les vampires. J’ai souvent entendu cela y compris chez des gens censés être cultivés comme cette jeune femme, major de science po., fille d’une amie. Je ne vous cache pas que cette belle femme m’a laissé les bras ballants pour tout autre chose que pour l’harmonie suggestive de son personnage.

J’ai souvent entendu des incohérences par ceux qui ne seraient pas supposés, vu leur culture, ne pas analyser les faits au premier degré.

Que les choses soient claires : Je ne cherche pas à défendre une position doctrinale, Je me limite à souligner l’importance de l’Esprit saint (si étroitement assujettit au laboratoire alchimique) chez nos pères et surtout leur manière de le comprendre.

Le mot colombe contient de multiples sens qui indiquent combien les Églises de connaissance (et non les Églises de croyance telle les Églises Catholiques Orthodoxes ou Protestantes ) savaient mettre en exergue des sens ayant trait aux travaux d’alchimie interne (physio-psycho-spirituelle) et plus précisément au laboratoire ou l’alchimie externe qui est donc une résultante ou s’exalte une spiritualité à l’état pur. Ce qui veut dire que parvenu à ce stade l’œuvre au laboratoire devient plus spirituelle que celle de l’oratoire. C’est pourquoi d’Opéra, il devient grand opéra ou Grand Œuvre.

Beaucoup d’alchimistes restent au stade de l’Opéra car ils ne savent pas faire la jonction avec l’esprit.

Évidemment, les spiritualisant ne sauraient accepter ce genre de manipulations qui leur paraissent pour le moins curieuses et même incongrues par rapport au confort béat de l’édredon qu’est  la spiritualité méditative ou l’être dialogue souvent avec lui-même dans un bien-être douillet. Impossible, dans ce cas, de saisir la transcendance de la matière, Impossible, de surprendre l’Esprit en action dans les fondements de la matière à travers ses pulsations vitales.

Méditez et prévenez-moi quand vous saurez ou vous en être et si vous estimerez avoir parcouru un chemin important sans être assujetti à des puissances que vous êtes incapables de reconnaître. Bonne chance.

La voie initiatique occidentale qu’est l’alchimie demande autant d’effort que les autres voies et ceux qui ne foutent rien et bricolent dans leur coin, ceux qui veulent affirmer leur liberté d’en faire à leur guise car ils savent tout ou pire encore sont des « chanels » divinement inspirés, ou presque, ceux là ne risquent pas de décrocher le pompon. De grâce Non ! vous n’allez pas me parler du Nouvel Age !

La langue grecque étant celle de la rédaction initiale des Évangiles, c’est dans l’étymologie grecque que le mot colombe livre toutes ses acceptions.

Ne voulant pas survolter vos neurones (ni les miens), je ne vais donc pas étaler les multiples bravades gaillardes d’un étymologiste vétéran, je vais me cantonner à résumer le strict nécessaire à la compréhension pour les fatigués que nous sommes depuis notre sortie de la classe terminale… de maternelle ou lire est devenu une perte de temps et un ennuie souverain.

 En grec le mot colombo ce n’est pas un flic célèbre (ça, vous le savez déjà mais je n’ai pu résister à le dire) mais un oiseau aquatique  que l’on appelle le plongeon.

Donc colombo est aussi bien la colombe qu’un oiseau qui plonge pour poursuivre le poisson dans l’eau.

Ces deux sens se complètent car dans l’iconographie religieuse l’oiseau qui survole le baptême du Christ et donc la descente de l’Esprit est souvent représentée à la façon d’un oiseau plongeant… à la manière d’un faucon, ce qui ne caractérise pas (vous vous en doutez) la blanche colombe !

Je signale en passant que le colombin est un minerai de plomb à ne pas confondre avec des crottes.

Le terme Péristéra est synonyme de phassa qui se dit aussi phatta en grec, terme voisin de l’ancien français fata = fée (occitan fada, fado ou fa. ) le village Roc de fa (rocher des fées) dans l’Aude en est l’illustration d’autant que l’on peut rapprocher ce terme de phasma (grec) ayant le sens d’apparition, vision, signe des dieux, phénomènes céleste extraordinaire dont la descente de l’Esprit réjouit le cœur des alchimistes.

Roc de fa est donc un lieu particulier ou le fantasme (invisible) se superpose à la réalité. Mais cela a une raison d’être en ce  royaume de l’antique société initiatique des corbeaux.

Mais ce prétendu fantasme ne serait-il pas la descente de cet esprit, ce columbos dont les alchimistes de la région avaient nécessairement besoin pour que leur matière puisse se faire pêcher afin de pouvoir être mondifiée ?

Alors, nous comprenons mieux la colombe qui survole la vierge et l’enfant Jésus dans ce tableau de la sacristie d’Arques non loin de Roc de fa. Au fait ce rocher sacré ne serait-il pas cette pierre qui nous vient de la blanche colombe, laquelle plonge en ce lieu pour lui donner une dimension qui ne demandait qu’à être découverte… par les petits corbeaux !

Avec toute mon amitié.

RENNES LE CHATEAU L’esprit de Brénac, trésor de Saunière

Etre chercheur de trésor se conçoit aisément tant les mystères qui nous entourent et nous constituent sont de grands et immenses trésors. Ces trésors ne peuvent, si nous ne sommes pas trop obtus, que nous passionner. Nous sommes aussi bougrement intéressés par la chasse aux lingots d’or parce que nous ne sommes pas riches (si vous l’êtes la suite ne vous concerne pas !).

Dans notre monde de crapules les politiques et les financiers sont au balcon pour nous rendre la vie dure non seulement en nous délestant de notre patrimoine personnel (la demeure campagnarde de mes grands-parents du Razès, habitée par mes rêves d’enfant, appartient maintenant à une famille allemande) mais surtout parce qu’ils détournent habilement le flux monétaire, secrètement amassé dans des caves anonymes dont ils ont les clés.

Bon, voilà c’était ma petite crise introductive dédiée aux lingotières de la banque de France !

 Je ne m’attarderais pas sur ceux qui croient être les maîtres du monde alors qu’ils sont incapables d’allonger leur vie d’un iota. Pourtant leur impulsion meurtrière leur fait assassiner les trouveurs pour les remplacer par des chercheurs. L’affaire du biologiste Mirko Beljanski en est un bel exemple (voir le livre de son épouse Monique Beljanski : Mirko Beljanski Chronique d’une « fatwa » scientifique, édité chez Trédaniel en 2003).

L’avidité de richesse qui leur fait surveiller fiévreusement leur trésor, les rend prédateurs inconditionnels. Tout est bon à bouffer comme ces requins qui avalent les poubelles qui flottent dans le sillage des navires. Oui, ils sont tellement dominés qu’ils n’hésitent pas à tuer la poule aux œufs d’or et donc à s’autodétruire.

Cela caractérise l’époque-charnière de notre histoire. Elle est d’autant plus heureuse que le phénomène s’accentue et de plus en plus de « picsous » s’investissent bien malgré eux dans des œuvres philanthropiques. Nous assistons à l’émergence du pôle opposé des « antpicsou » dont les mouvements écologiques font partie ainsi que l’intérêt mondial suscité par le mystère de Rennes le Château. Les premiers veulent protéger notre terre et pensent à leurs enfants. Les seconds sont divisés en deux clans : les minables « picsous » qui se baladent avec une pelle et une pioche, et l’écrasante majorité des autres qui sentent que ce mystère repose sur une énigme en rapport direct avec les « erreurs » profondes des Églises et surtout en étroite harmonie avec les lois de « l’univer sel », comme l’écrit Béranger Saunière dans un de ses manuscrits et que j’ai signalé à la page 147 de mon livre Rennes le Château, les cartes des trésors, puis repris et interprété par Aline Ximénès dans son beau livre : Etude de la biographie de Béranger Saunière. Ce développement s’effectue dans son ouvrage qui étudie autant la dimension psychologique que spirituelle permettant de découvrir un nouveau visage de ce curé et de comprendre que l’alchimie a pu être son pôle d’intérêt.

BIOGRAPHIE ORIGINALE DE BERANGER SAUNIERE.

 Le ressentir particulier d’une autre dimension et du spirituel, qui, pour l’alchimiste siège en toute matière, ne manque pas d’attirer des sociétés dites sociétés initiatiques qui prennent conscience que leur substrat ésotérique demande à être relié aux sources, relié à la lumière.

Après avoir parlé d’une centaine manière de l’art d’Hermès au point de laisser dans l’expectative certains élèves de l’école de Fulcanelli et Canseliet, je puis ici, pour clore cette étude, aborder les fondements de l’alchimie en espérant que cessent certaines incompréhensions.

Pour illustrer ce substrat essentiel de l’alchimie le plafond peint de l’église de Brenac, non loin de Montazel (où naquit Béranger Saunière ), s’y prête à merveille tant les médaillons symboliques sont expressifs. J’ai déjà développé le sens alchimique de certains.

RENNES LE CHÂTEAU : LES 3 OISEAUX DE BRENAC 

RENNES LE CHÂTEAU : LES 2 VAISSEAUX DE BRENNAC

RENNES LE CHÂTEAU : LA CHAPELLE INITIATIQUE DE BRENNAC

 

Je vais maintenant poursuivre et terminer l’explication des images qui agrémentent ce plafond.

  Le sujet central de l’alchimie est l’énergie. Cependant la notion telle que la conçoit la physique actuelle est étrangère à l’idée qu’en a la philosophie alchimique. En effet, la force expérimentée par les alchimistes est encore insaisissable par les procédés expérimentaux des physiciens actuels. Et pourtant… ça tourne ! aurait dit un astronome célèbre.

Par ailleurs peut-on parler de « philosophie alchimique » ? Je ne crois pas puisque les concepts de l’alchimie découlent directement d’expérience et d’états intérieurs, plus exactement d’états spirituels. De ce fait l’appellation de « mystique expérimentale » comme le prône fort justement René Alleau (voir son livre Aspects de l’alchimie traditionnelle aux éditions de Minuit) me semble plus approprié.

Le médaillon suivant permet de mieux saisir ce que j’essaie de dire.

 bre04

Sortant des nuées célestes, la main et l’esprit ou lumière de Dieu

planent sur la création après avoir plané sur les eaux.

Photo Christian Attard http://www.reinedumidi.com/rdm/brenac3.htm

 

 

Une main va se saisir d’un animal couché qui semble être un loup[1]. Autour de lui quatre volatiles. Les deux qui sont à droite regardent le loup. Alors que les deux qui sont à gauche regardent la main. Le triangle d’or rayonne sur tout avec une moindre intensité après avoir traversé les nuages.

Ici est exprimé clairement un conseil prodigué aux alchimistes : un ciel nuageux fait écran aux rayonnements, que pour l’instant j’appelle « rayonnement cosmique ».

Quant à l’interprétation religieuse elle semble exprimer la création faite par Dieu dès les premières pages de la Genèse :

C’est donc de la genèse qu’il nous faut partirpour constater que Dieu créa les oiseaux le cinquième jour avec les autres animaux tel le loup. Avec ces cinq animaux, c’est de ce cinquième jour qu’a voulu parler le peintre, cinquième jour qui correspond aux cinq doigts de la main. Cela ne saurait mieux désigner les manipulations.

 

Tous les alchimistes sont unanimes pour assimiler l’œuvre de l’alchimiste à la création de l’univers.

Entendons-nous bien, le travail au laboratoire est similaire à la création, mais il n’est pas identique, le mot comparable est plus approprié.

Donc, pas d’ambiguïtés : l’alchimiste ne cherche pas à s’introniser créateur comme Dieu, a être l’égal de Dieu lui-même. Donc prière aux psychologues qui sont en embuscade entre les cuisses de Freud de ne pas se précipiter pour vilipender des désirs d’érections immodérés (là ça chauffe !)

Certes, parmi ceux qui se disent alchimistes il en existe d’assez fous pour affirmer leur position de démiurge. Dans ce cas vous aurez compris que nous sommes aux portes de l’hôpital psychiatrique.

L’alchimiste va donc imiter l’œuvre de création de Dieu dans le modèle réduit que constitue le Grand Œuvre, ce qui n’a pas échappé à Serge Hutin :

« Le Grand Œuvre alchimique se trouve traditionnellement assimilé à l’organisation du chaos terrestre par la lumière divine : dans la cornue ou le creuset, l’adepte contemplerait donc – estime-t-il – ce qui s’est passé à l’origine même du présent cycle terrestre. Il ne s’agit pas là d’une simple formule symbolique, mais d’un processus concret, tangible, palpable : l’alchimiste se construit une sorte de véritable modèle réduit animé de la création, avec reproduction sur ce globe en miniature du jeu même des cycles solaires, lunaires et planétaires qui régissent la Terre. L’alchimiste Canseliet nous racontait ainsi comment, une nuit, il vit se reproduire sous ses yeux, en petit, tout le déroulement de l’éclipse de lune qui se produisait dans le même temps sur la voûte céleste.

Les alchimistes occidentaux n’ont pas manqué de faire un parallèle entre le déroulement du Grand Œuvre et les étapes successives du processus cosmogonique décrites dans la Genèse. » (Serge Hutin, Histoire de l’alchimie, p 45-46, Éditions Marabout ? Vervier Belgique 1971. Les parties soulignées le sont par moi-même)

Cette citation à elle seule pose les fondements de l’alchimie comme l’a bien illustré l’abbé Courtade au plafond de son église de Brénac.

Mais la réussite d’une pareille expérience ne saurait reposer seulement sur un mélange d’ingrédients. D’autre part il serait naïf de s’imaginer qu’il s’agit là d’une influence du psychisme de l’alchimiste sur la matière. Une histoire pareille est bonne pour faire briller les yeux des crédules qui ne cherchent qu’à titiller leur insatiable besoin de mystère. « Faite moi peur que je puisse me régaler » est leur devise !

Aujourd’hui la mode, chez les « allumés », est de se « shooter » à l’étrange et au surnaturel. Croyez-moi car je vois cette jouissance, à faciès de perdition, dans beaucoup d’yeux. À la moindre de mes causeries elle s’éveille et puis s’envole comme une sorcière sur son balai ! Je sais alors que les disciples d’Harry Potter ne pourront maîtriser leurs fascinations. Ainsi naissent des fantasmes, qui ont la redoutable particularité de piéger dans un univers artificiel. C’est de cette manière que se dresse un obstacle obstruant l’accès à un réel intérêt seul capable d’ouvrir les portes de l’initiation. Les questions qui me sont posées démontrent ce naufrage irréversible dans les brumes de l’imaginaire.

Il faut le dire : tout le monde est appelé mais tout le monde ne répond pas et reste bloqué, en qualité de non élu, dans la couche épidermique du phénomène mystérieux. Le reste est une affaire de sieste. Si l’on se régale, pourquoi faire un effort ? De ce fait on vient quémander son biberon au ventilateur qui passe et l’on ingurgite goulûment les absurdités du premier venu pourvu qu’il y ait, dans son discours, moult mystères. Le livre Da Vinci Code le démontre avec ses aberrations qui vont jusqu’à tordre (de rire peut-être) le méridien de Paris pour qu’il puisse se balader dans la blanche Albion.

À la place de la « puissance » de notre misérable psychisme pour faire se promener des planètes dans l’athanor il faut quelque chose de plus sérieux et de plus conséquent que l’activité d’un petit dieu à la pensée étriquée s’imaginant être l’égal du créateur lui-même. Ça sent le dingue tout ça ! ! ! Et comme le dit si justement mon amie la judicieuse Marie-Thérèse c’est digne du « nouille-age ».

Le petit dieu doit accepter d’être un singe, le singe de la création, disent les alchimistes. Imiter, tel est le fin mot de l’histoire. L’alchimiste passe sur les empreintes du créateur en utilisant une matière déjà crée par lui, un chao originel (ou matière première) qui lui reste à modeler. Oui, l’homme est créateur, mais n’est pas LE Créateur ! De ce fait il entre dans l’Église de Pierre avec sous le bras la mystique de Jean.

J’espère avoir été suffisamment explicite pour dissuader les exaltés de la carafe qui rêvent de chaparder le sceptre à Jupiter.

«  C’est que l’alchimiste, dans son patient travail, doit être le scrupuleux imitateur de la nature, le singe de la création, suivant l’expression génuine de plusieurs maîtres. Guidé par l’analogie, il réalise en petit, avec ses faibles moyens et dans un domaine restreint, ce que Dieu fit en grand dans l’univers cosmique. Ici, l’immense ; là, le minuscule. À ces deux extrémités, même pensée, même effort, volonté semblable en sa relativité. Dieu fait tout de rien : il crée. L’homme prend une parcelle de ce tout et la multiplie : il prolonge et continue. Ainsi le microcosme amplifie le macrocosme. Tel est son but, sa raison d’être ; telle nous paraît être sa véritable mission terrestre et le cause de son propre salut. En haut, Dieu ; en bas, l’homme. Entre le Créateur immortel et sa créature périssable, toute la Nature crée. Cherchez : vous ne trouverez rien de plus ni ne découvrirez rien de moins, que l’Auteur du premier effort, relié à la masse des bénéficiaires de l’exemple divin soumis à la même volonté impérieuse d’activité constante, d’éternel labeur.

Tous les auteurs classiques sont unanimes à reconnaître que le Grand Œuvre est un abrégé, réduit aux proportions et aux possibilité humaines, de l’Ouvrage divin. » (Les demeures Philosophales, tome 1, pages 255-256. Éditions J. J. Pauvert. Paris 1973)

Donc il nous faut revenir à la Bible au moment de la création. André Chouraqui traduit le premier verset de la sorte :

« La terre était tohu-et-bohu,

une ténèbre sur les faces de l’abîme,

mais le souffle d’Elohims planait

sur la face des eaux. »

(Bible d’André Chouraqui, la genèse verse 1)

 

Le tohu-et-bohu est le chao primordial. Le souffle d’Elohims désigne toutes sorte de déplacement d’air (air qui n’existait pas encore) mais ici le souffle[2] d’Elohims est le souffle de la vie et de l’esprit source de toute création et de toute vie.

Ainsi, le souffle ou l’esprit divin imprègne le chaos primordial est de ce fait la matière première qui permettra de réaliser le Grand Œuvre alchimique capable de réaliser une nouvelle création.

D’où l’expression de récréation hermétique employée parfois par les alchimistes pour désigner leur nouvelle création ou recréation hermétique. C’est pourquoi récréation hermétique est le titre d’un manuel d’alchimie très prisé par les « amoureux de science » ou alchimistes en herbe.

Ne croyez surtout pas que je vous balade hors sujet. Je n’ai jamais perdu de vue la description de l’image précédente.

Ainsi l’esprit divin qui planait sur la création est-il bien représenté sur cette peinture par le nuage d’où sort la main pour bien spécifier que cette nuée est bien celle du souffle de Dieu à l’aube des temps. Cet esprit est représenté ici corporifié dans le règne animal, mais il l’est également dans le règne végétal minéral et humain. Ne soyez pas étonné si je ne fais pas descendre l’homme du singe ! Ne soyez pas non plus étonné si je n’ai pas prêché une « fatwa » à mort contre Darwin et les évolutionnistes… Il faut que « connerie » passe ! Mais là n’est pas, pour l’instant, mon propos et je n’ai pas l’intention de caresser quelqu’un à rebrousse-poil.  Ce qu’il faut retenir ici c’est que TOUTE MATIERE possède, en potentiel, la possiblilité de réaliser le Grand Œuvre. D’où des expressions disant qu’on foule la matière première aux pieds. Évidemment un choix judicieux doit être fait correspondant aux capacités des minéraux, et au climat. On n’œuvre pas de la même manière à Paris que dans le midi ou en Amérique du sud. Mais le message des alchimistes du monde entier et de toutes les époques ne changera pas d’un iota car le principe est immuable est le restera à jamais dans… Les siècles des siècles !

Il serait temps de prendre conscience du sens de l’Église solaire ou mystique à séparer impérativement des caricatures que sont (hélas) nos religions chrétiennes actuelles ! L’église de Courtade est si expressive en ce sens que l’on peut supposer que cette église abritait une Église indépendante de l’Église catholique regroupant les ecclésiastiques initiés. La chapelle initiatique l’accrédite et l’ancienne photo de plusieurs prêtre autour d’un livre , dont Béranger Saunière, (voir l’article sur la chapelle initiatique LIEN) est probablement le livre de la genèse qui s’inscrit dans la logique de ce que je dit.

Si vous croyez que je vous dit cela parce que je vois des mystères partout, c’est à désespérer… Revenons à la toison d’or de nos moutons…

 

L’esprit divin corporifié est appelé « esprit astral » par cet alchimiste anonyme du début du XIXe siècle qui signa son célèbre opuscule du pseudonyme Cyliani, que vous trouverez dans toutes les librairies. Il est également appelé « or astral, dont le centre est dans le soleil »

Dans l’un de mes précédents articles je développe la particularité de la lumière dorée du soleil qui donnait lieu à une initiation Rose+Croix non folklorique comme dans nos actuelles sociétés bidon. Tout alchimiste est Rose+Croix sans adhérer à quoi que ce soit et payer une cotisation, et il est Rose+Croix dans le sens ou seul il sait  cueillir les roses de la création. Le praticien de cet Art « dialogue » avec l’esprit astral primordial qui imprègne tout et se laisser guider par lui, imite Dieu avec humilité, comme tout brave singe qui se respecte ! Après cela notre artiste singe mais confident de Dieu obtient la rose (pierre rouge) sur sa croix (creuset). Un rose+Croix est celui qui est capable de cueillir la Rose pour explorer les mystères de tout l’univers, et croyez-moi sur parole il y a des choses à voir à faire pâlir de jalousie les meilleurs auteurs de science fiction !

LUMIERES SUR L’ALCHIMIE ET L’ASTROLOGIE 

 

Ce « dialogue » avec la lumière solaire permet de saisir que l’Esprit est véhiculé par la lumière, comme le montre fort bien l’image que je décris. Donc il n’est pas surprenant que certains auteurs affirment parfois que l’esprit et la lumière désignent la même chose et comme l’abbé Courtade l’illustre dans les symboles de son église ou ses rayonnement jaune d’or sont dans toutes les images.

Ainsi peut-on parler de l’eau primordiale ou onde , ce qui se représente par des ondulations comme celles que l’on peut observer quant on jette une pierre dans une mare. En mer les vagues en sont de belles illustrations.

Le symbole alchimique du sel en est l’expression lorsque les deux parties sont décalées constituant ainsi le schéma d’une sinusoïde qui caractérise toutes les ondes qu’elles soient visibles ou non comme les ondes sonores.

SEL-SINUSOIDE

À Brenac l’onde est représentée symboliquement par l’ancre qui plonge dans l’eau, ce qui est une illustration d’autant plus judicieuse qu’elle est baignée d’une lumière ne provenant plus d’un triangle mais d’une étoile qui ne saurait mieux représenter l’éther du firmament nocturne ou l’Esprit. Mais c’est aussi le signe distinctif de la Vierge mère. La fixation (ou coagulation) est ici figurée par l’ancre organe stabilisateur des vaisseaux (vaissels). Ce phénomène est à l’origine de la fable du rémore, ce petit poisson capable d’arrêter, selon la légende, les plus grands vaisseaux. La symétrie de l’ancre montre son lien, si ce n’est son identité, avec le « rebis » ou corps double.

 « Cette eau, nous dit Eugène Canseliet, donne naissance à l’homuncule alchimique, au tout petit poisson que les hermétistes dénommèrent rémore et qu’ils nous conseillent sans cesse, avec leur coutumier amour du jeu d’esprit, de pêcher dans leur mer, cabalistiquement, leur mère. » (Alchimie, p 130, éditions J. J. Pauvert, Paris 1978)

 Nota : Le lecteur notera le double sens du jeu d’esprit, qui ne se cantonne pas seulement aux jeux de mots mais à la matière fondamentale dépositaire de l’esprit.

bre10L’encre noire qui s’accorde avec la nuit.

  Photo Christian Attard http://www.reinedumidi.com/rdm/brenac3.htm

 

  La matière première de l’alchimie est donc en dormance en attendant le printemps provoqué par l’adepte et l’éveil de la nature. Pour désigner cette particularité l’expression végéter est employer. Cela n’a évidemment pas de rapports avec le règne végétal. Fulcanelli l’exprime sans ambages :

 « C’est un fruit vert et acerbe, comparé au fruit rouge et mur. C’est la jeunesse métallique, sur laquelle l’Évolution n’a pas ouvré, mais qui contient le germe latent d’une énergie réelle, appelée plus tard à se développer. C’est l’imperfection actuelle d’où sortira la plus grande perfection future. » (Le mystère des cathédrales p 121 Éditions J-J. Pauvert, Paris 1964)

 Mais le symbole de l’ancre est, comme de nombreux symboles alchimiques polysémiques. Ainsi il désigne aussi la voie alchimique dite voie humide.

L’ancre a aussi, comme je l’ai dit, le sens d’œuvre au noir, ce qui est montré par l’étoile qui brille la nuit.

Une autre signification est liée à l’anagramme du mot ancre qui est crâne. Les alchimistes parlent de caput mortum ou tête morte. C’est un résidu sans vie et donc sans valeur qui est séparé et rejeté ou jeté… comme l’ancre. Dans la sténographie alchimique la tête morte ou caput mortum est représentée par un crâne.

Chacune de ces significations prête leurs sens à des niveaux différents de l’œuvre et à différentes voies. Leur signification précise se définit en fonction de ce qui est réalisé.

L’éveil va donc se réaliser dans l’athanor souvent représenté par une tour, une tour qui loge l’or ou tour de l’horloge comme le nom premier de la tour Magdala de Béranger Saunière curé de Rennes le Château. Endroit particulièrement prisé par notre ecclésiastique pour préparer différentes « sauces » à chacun des trois niveaux dont j’ai explique le sens dans mon livre Rennes le Château : la carte des trésors.

bre07La tour athanor recevant l’esprit.

Photo Christian Attard http://www.reinedumidi.com/rdm/brenac3.htm

  

La tour désigne aussi le tour de main nécessaire pour les travaux au laboratoire que Rabelais appelle Trinc. Si la tour désigne l’athanor avec son immense porte afin que pénètre largement l’indispensable lumière ou esprit, la main qui lui est associée est celle du créateur qui sort des nues dans la première image de cet article.

À gauche de cette tour est un palmier dont le stipe semble brisé dans sa partie supérieure comme si le végétal se redressait après avoir été avachi. À côté on devine un personnage appuyé contre son « tronc ». L’explication nous est fournie par l’évangile de l’enfance de Kessæus qui narre l’accouchement de Marie et que cite Fulcanelli à la page 274 du tome 2 des Demeures Philosophales (op. cit.):

 « Lorsque le moment de sa délivrance approcha, elle sortit au milieu de la nuit de la maison de Zacharie, et elle s’achemina hors de Jérusalem. Et elle vit un palmier desséché ; et lorsque Marie se fut assise au pied de cet atbre, aussitôt il refleurit et se couvrit de feuilles et de verdure, et il porta une grande abondance de fruits par l’opération de la puissance de Dieu. Et Dieu fit surgir à côté une source d’eau vive, et lorsque les douleurs de l’enfantement tourmentaient Marie, elle serrait étroitement le palmier de ses mains. »

 Il s’agit ici de la matière première (Marie) ayant l’esprit en son sein qui ranime le palmier avec l’esprit qui est en elle. Comment dire autrement que seul l’esprit peut agir ? Rien n’est plus clair pour désigner la dimension alchimique de cette tour-athanor ayant à sa droite une arche de pierre qui sert de portique naturel à l’entrée du terre-plein qui est au pied de l’athanor de pierre. Il s’agit ici d’un jeu cabalistique qui fait corresponde l’arche de pierre avec l’art de la pierre ou alchimie. Je ne saurais passer sous silence le rôle essentiel de la ville d’Arque non loin de Rennes le Château avec sa tour et ses autres particularités.

 Cette précieuse énergie présente ici-bas dès les premières lignes de la genèse est conserve dans le saint des saints qui n’est autre que l’Arche d’alliance… Cet Art qui fait alliance avec Dieu.

 bre05L’arche d’alliance qui crée un lien permanent entre le Créateur et les hommes.

Photo Christian Attard http://www.reinedumidi.com/rdm/brenac3.htm

 

 L’arche ou l’arque d’alliance gardée par les chérubins, est Arche de Noé salvatrice pour ceux qui suivent la route pleine d’épines de leur rédemption individuelle. Car l’alchimie est bien là route de rédemption par excellence pour les hommes de bonne volonté qui œuvrent autant au laboratoire qu’à l’oratoire avec l’esprit.

 À la place du triangle divin habituel on voit au-dessus de l’arche un disque solaire rayonnant, montrant que lumière et esprit sont confondus pour irradier l’arche sur le couvercle de laquelle sont agenouillés deux Chérubins. Les chérubins étant la hiérarchie spirituelle la plus élevée et la plus proche de Dieu et que les mystiques voyaient comme les autres membres de la hiérarchie dont les anges occupent le plus bas niveau et sont donc les plus proches des hommes. Elle renferme les tables de la loi qui, lorsqu’elles seront respectées par tous les hommes alors apparaîtra la Jérusalem céleste décrite pas saint Jean.

Ici le message nous dit, je le répète, que la rédemption peut être individuelle. L’esprit aidera, revivifiera à la condition d’œuvrer au laboratoire la matière pétrie de vie portant l’empreinte du Créateur et aussi qu’entre les manipulations l’oratoire voit la purification de notre propre esprit. Qui se doit d’être esprit saint.

 L’esprit est lumière ce que confirme l’abbé Courtade en utilisant en dominante la couleur jaune signe de son omniprésence. Elle s’exprime avec plus de force dans la chapelle initiatique où le néophyte s’incline vers le Christ couché à ses pieds pour lui prêter une allégeance éternelle.

 Et l’abbé Boudet, me direz-vous, comment a-t-il manifesté son statue de « Fil de Science » ? Je ne vous surprendrais pas en vous disant qu’il a dévoilé ses batteries avec son livre La vraie langue celtique et le Cromleck de Rennes-les-Bains.

Dès le titre il nous parle de l’expression du vrai sel (vaissel) alchimique qu’il appelle vraie langue celtique et dont il donne la composition comme composé lié au potassium.

C’est pourquoi dès les premières lignes de son avant-propos il affirme sans ambage :

« Le titre de cet ouvrage semble, au premier abord, trop prétentieux pour être rigoureusement exact. »

 En effet, son titre n’est pas rigoureusement exact puisqu’il écrit Cromleck, au lieu de Cromlech. Il attire ainsi notre attention sur le k, dont on se demande ce qu’il vient faire là ! sauf si on l’associe au symbole chimique du potassium. Ici le k est mis à la place de la lettre h qui aurait du y figurer.

Le H étant le signe de l’esprit invisible, de l’esprit qui est donc dans le sel de K. La forme circulaire du cromlech, ou œuvre de pierre, se superpose au symbole solaire, reliant ainsi l’esprit à la lumière. Il insiste sur le H de l’esprit de la genèse dont il développe dans son livre les faits en disant que :

 « Dieu s’oblige et s’astreint pour ainsi dire à faire servir sa puissance à la conservation des choses crées. » (p. 30),

 La puissance de Dieu pour conserver (si l’on peut dire !) les choses crées est symbolisée par H, son éternelle présence. Boudet  confirme cela en écrivant menhir au lieu de menhir… toujours une œuvre de pierre., toujours un H invisible dans la pierre, pierre sur laquelle, n’en doutez pas, le Christ a construit son Église. Actuellement cette pierre est détruite et les portes de l’enfer claquent dessus à tout vent.

Quant au sieur Pomiés éditeur fantôme, il porte la même pomme que l’enfant Jésus que Bérenger Saunière a découpé dans le journal La Croix pour le coller sur son cahier. Cette pomme avec une croix au-dessus se trouve dans la nomenclature alchimique comme symbole de l’antimoine et du cinabre.

Je laisse aux chercheurs érudits le soin de décrymper l’ouvage de Boudet qui nous signale fort à propos :

« Qu’il ne faut pas descendre fort longuement dans la généalogie des enfants d’Adam pour y rencontrer la science des métaux. » (p 40)

Mais admirez la suite :

« Les hommes habitaient le monde depuis seulement trois cent quatre-vingt-quinze ans. Adam était encore au milieu de ses descendants pour les aider de ses conseils et les initier aux travaux industriels… Adam assistait aux travaux de ses enfants, et sa présence indique suffisamment d’où venait les connaissances acquises. »

Inutile de savoir lire entre les lignes pour trouver le secret de la longévité d’Adam, 389 ans s’il vous plait ! Adam, un véritable dieu de la forge, porté à travailler les métaux (Boudet ne nous parles pas d’objets manufacturés) et surtout à transmette son savoir dont l’origine est due à qui ? Question à 1 euro !

Je vais vous faire une confidence, j’ai bien rigolé en lisant Boudet. À la suite de quoi on comprend aisément que les aristocrates, souvent initiés à l’alchimie, aient reçu ce livre avec beaucoup de déférence. Quant à nos barbes académiques, toujours à côté de la plaque, elles ont démontré leur proverbiale cécité.

 

Que vous souhaiter de plus sinon que vous puissiez voir l’esprit comme les anciens le voyait ?

 

Avec toute mon amitié.

 

FIN.

 

P. S. Je ne saurai trop vous inciter à relire mes articles en ne perdant pas de vue ce que je viens de dire. Car il est de rigueur, comme le veulent les noces de Cana, de garder le meilleur pour la fin.

bre09

Photo Christian Attard http://www.reinedumidi.com/rdm/brenac3.htm

 

[1] L’antimoine, appelé par les alchimistes « Loup gris », est capable de purifier de sa gangue métallique le plus noble des métaux qui est l’or. L’image se traduit donc par : « dans ma création prenez le loup gris et rendez-le volatil. »

[2] Le livre de Jasher le Juste (Jasher portait le bâton de commandement de Moïse) il est dit :

« Au commencement les ténèbres s’étendaient sur toute la nature.

Et l’éther s’élevait à la surface du chaos. »

De là est venu le terme éther des anciens physiciens (cher à l’alchimiste Newton) pour désigner une structure  fluide immatérielle remplissant l’espace à priori vide. Un moment abandonnée après l’avènement de la Relativité, la physique actuelle tend à réacréditer ce concept.

TOM POUCE conte alchimique

Bonjour, à toutes et à tous. Le printemps est exigeant car c’est le moment où il pétrit les chairs et toute matière vivante pour la régénérer. Aussi j’ai tenu à assister à cela dans l’isolement. Les conséquences furent donc l’arrêt de ma correspondance et l’arrêt de la rédaction de mes articles. À cela est venu se greffer une panne informatique qui m’a totalement isolé. Je demande donc à celles où à ceux qui m’ont écrit un courriel et n’ont pas reçu de réponse de ma part de bien vouloir réitérer leur message.

 

They-Gave-Him-Plenty-Of-Food-But-He-Never-Grew-Bigger,-Illustration-To-Tom-Thumb,-From-The-Worlds-Fairy-Tale-Book,-Pub.-By-G.-Harrap-$26-Co.-Ltd,-LondonCet article aborde le conte de Tom Pouce dans sa symbolique alchimique. Il est précédé par des considérations marginales ayant trais à ma découverte d’une ancienne traduction connue de ce conte au marché aux puces de la ville de Montpellier.

Tout exposé sur l’alchimie n’est jamais un exposé linéaire qui explique de A jusqu’à Z la manière de procéder pour élaborer la pierre philosophale. Attendez-vous donc à une sorte de puzzle où votre rôle seras de mettre à leur place respectives les parties éparses.

Autre point essentiel : la partie pratique qui concerne le laboratoire n’est jamais isolée de la symbolique et surtout de l’aspect moral et spirituel.

Cet article portera tous ses fruits si vous avez compulsé au préalable mon dictionnaire L’alchimie expliquée par son langage.

Pour faciliter la lecture je n’ai pas reproduit le texte en une seule fois mais en le divisant pour faire suivre chaque partie par son interprétation.

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne lecture et d’excellentes vacances si vous devez bientôt partir.

 

Hors d’œuvre

Le chaud soleil méridional, celui qui fait chanter à tue-tête les cigales, n’éclaire pas seulement les joyeusetés de la vie. Psalmodier quand on est heureux, c’est une expression de la chair vivante et chaude; bref c’est naturel. Mais quand des nuages noirs s’amoncèlent, les chœurs se taisent et le silence devient lourd et presque douloureux.  

Actuellement un nuage fait une grosse tache d’encre noire sur le bleu éclatant du ciel. Oyez braves gens un fait apparemment bénin: Le marché aux puces de la ville a perdu ses libertés pour la gente trotte menue.

C’est à Montpellier que cet évènement apparemment banal a eu lieu. Certes, le marché est toujours là, mais en réalité c’est son fantôme ! Ce lieu paisible, cette promenade du dimanche matin qui absorbait les fatigues et tourments de la semaine n’offre plus, comme ces dernières années, ces belles opportunités de la découverte d’objets hétéroclites ou de vieux bouquins bistrés. C’était la surprise à chaque pas, un émerveillement à l’ombre fraîche des platanes, oui, c’était le repos du guerrier, la messe solennelle des mécréants.

De profondis, ce bazar est mort fliqué dans ce qu’il avait de plus vivant et inattendu. Je ne le fréquente plus comme beaucoup de mes amis, car les antiquaires et professionnels de la vente ont pris ombrage vis-à-vis des, excusez l’expression, peignes cul miséreux qui leur font une concurrence déloyale en vendent le peu qu’ils ont pour offrir à maman un cadeau, ou pour s’acheter l’indispensable en débarrassant sa maison. Cette vente à prix imbattables faisait donc ombrage au portefeuille des nantis qui osent affirmer, aux politiques étrangement crédules, souffrir davantage de la misère que ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté. Ceux qui vendent tout ce qui peut améliore d’un seul euro le contenu de leur assiette sont des voleurs de clientèle. Ainsi la gamelle des plus démunit rétrécit chaque jours d’avantage alors que le Secours Populaire ou la Croix Rouge n’arrivent plus à les aider.

C’est ainsi que disparaissent les traditions, les endroits de rencontre inopinée entre les gens et les choses, voilà comment s’éteint une mémoire par étouffement d’un lieu de liberté où beaucoup de petites gens trouvent un bonheur nécessaire à leur survie.

Ici, ce n’est pas la seule catastrophe de ce genre ayant provoqué l’enterrement d’un endroit vital irremplaçable. Nous avons l’exemple de l’œuf de Montpellier, ce rond-point qui était présent à la fin des années 60. C’était un endroit de rencontre ou le traulet, cahin-caha, déversait chaque soir des grappes d’étudiants. Actuellement il est devenu une trace, un souvenir qui disparait par abandon pour devenir une ligne symbolique sur le carrelage d’une place, rendant ridicule la présence des célèbres trois grâces qui n’ont de sens symbolique profond qu’au centre d’un œuf surélevé et peuplé de bouquinistes ou d’autres activités.

Cet œuf a disparu sous le nom éviscéré (on a vidé son sous-sol pour en faire un parking) de comédie qui ne veut plus rien dire sinon, peut-être : mascarade ! Tout le monde traverse la place mais plus personne ne s’arrête pour se balader sur  l’œuf comme à Narbonne, à cent kilomètres de là, on fait les barques sur le quai du canal de la Robine entre la rue du Pont des marchants et celui de la Liberté.

Au nom de la loi, ou des parkings, fini ces larges trottoirs à dimension humaine, fini ces carrefours ou s’élaborent une mémoire de la cité, qui construit sa particularité sur des échanges hétéroclites et cela depuis que les galées de Jacques Cœur déversaient en joyeux désordre, sur les quais du port de Latte, leur fabuleux trésor d’Ali Baba qui allait redonner du baume au cœur à une France épuisée par la guerre de 100 ans.

La réalité de cette mémoire vitale, j’ai pu le découvrir en rédigeant mon livre sur le trésor alchimique de Montpellier, trésor qui a pu se perpétuer grâce à certains lieux de rencontre comme l’université et la place royale du Peyrou, site de balade aussi précieux pour la ville que l’est le marché aux puces pour la misérable banlieue de la Paillade, trop vite associé à la pègre de la cité.

La Paillade dites-vous ? Je ne connais pas ce lieu sordide aujourd’hui disparu !

Ce nom honteux d’un ghetto ou s’entassent les misères silencieuses, au milieu desquelles je respire les souffrances, fut remplacé récemment par celui de Mosson, qui est celui du stade de foot qui rayonne sa gloire et sa probité. Mais il faut mouiller sérieusement son maillot pour éclipser cette indigence qui ronge les berges de l’avenue de l’Europe, dans tous les sens du terme évidemment…

 

Introduction

En parcourant les puces défuntes j’ai déniché un vieux livre jauni, à la couverture dentelée par l’érosion des ans, intitulé Contes choisis des frères Grimm. Sur sa page de garde est écrit un nom à la plume gauloise. Dans son  graphisme flexible ou s’harmonisent gracieusement les pleins et les déliés se dégage un sens du beau que l’usage actuel du stylo à bille a définitivement aboli.

L’encre palie par les décennies dessine en courbes gracieuses le nom d’un propriétaire aujourd’hui pratiquement centenaire si Dieu lui prête encore vie.

Édité chez Flammarion, au début du XXe siècle, j’ai découvert que cette traduction de l’allemand par Henri Mansvic est celle utilisée de nos jours dans les beaux livres à jolie couverture colorée que l’on trouve dans les rayons pour enfants. Imaginez ma joie de pouvoir puiser à la source d’une excellente traduction dans laquelle j’ai découvert des contes que je ne connaissais pas. C’est là que j’ai trouvé l’histoire de Tom Pouce, merveilleuse de symbolisme dont je voudrais vous faire partager la saveur. Je ne suis pas psychologue aussi pardonnez-moi de ne point aborder l’interprétation dans cette dimension. D’ailleurs existe-t-il réellement une volonté de leurs auteurs en ce sens ?  Il est vrai que les créateurs sont inconnus puisque les frères Grimm ne les ont pas rédigés puisqu’ils les recueillirent durant la première décennie du XIXe siècle dans les campagnes allemandes en écoutant les illettrés dont ils transcrivaient scrupuleusement les paroles, mots pour mots en se gardant bien d’altérer la naïveté du récit.

Et là combien j’ai été heureux de découvrit que la tradition alchimique, telle que je la comprends, surnage dans ces textes comme elle enveloppe de son mystère certaines maisons et monuments de l’architecture urbaine. Je vais tenter de vous faire écouter la mémoire qui monte du fond de cette histoire simple.

 

vrai_grimm Les frères Grimm

 

Voici le début du conte suivi de son commentaire. Les mots en bleu sont importants.

Texte 1 :

« Un pauvre laboureur assis un soir au coin de son feu dit à sa femme qui filait à côté de lui :

— Quel grand chagrin pour nous de ne pas avoir d’enfants. Notre maison est si triste tandis que la gaieté et le bruit animent celle de nos voisins.

Hélas ! dit la femme, en poussant un gros soupir, quand nous n’en aurions qu’un gros comme le pouce, je m’en contenterais, et nous l’aimerions de tout notre cœur.

Sur ces entrefaites, la femme devint souffrante et mit au monde au bout de sept mois un enfant bien conformé dans tous ses membres mais n’aya nt qu’un pouce de haut. »

 

Commentaires :

Dans un conte où une légende le laboureur désigne un alchimiste qui œuvre sur sa terre ou travaille sa terre.

Fulcanelli le précise en son Mystère des cathédrales quand il écrit :

« L’alchimie portait le nom d’Agriculture céleste, et ses adeptes de laboureurs. » p 118, édition 1964 chez J. J. Pauvert.

Pour souligner le fait qu’il s’agit bien d’alchimie, le laboureur est au coin du feu. En effet, les alchimistes outre le nom de laboureur sont aussi appelés philosophes par le feu  Eugène Canseliet l’exprime en ces termes :

« Au reste, entre l’alchimiste et la matière, le contact physique doit s’établir dès le début et constamment se maintenir. Tout de suite le toucher n’est pas peu de choses, par lequel s’installera l’échange du magnétisme, allant bientôt en augmentant, et  en s’intensifiant avec l’aide du feu. Celle-ci se montre tant décisive, quant au résultat, que l’opérateur deviendra bientôt le philosophe par le feu des anciens traités. » L’Alchimie expliquée sur ses textes classiques, p 151, chez J. J. Pauvert 1972.

Ainsi comprenons-nous pourquoi le conte gravite autour du toucher, et donc d’un doigt : le pouce ! Ce pouce qui permet la préhension et aussi la con-préhension et donc l’intelligence des manipulations.

 Le non de Tom, diminutif de Tomas, est déjà significatif puisqu’il est en rapport avec l’apôtre St Tomas qui ne croit que ce qu’il voit. En d’autres termes il va s’agir, dans ce conte, de choses concrètes et visibles.

Pouce dérive du latin pollex qui a donné pollicis. Ce mot est apparenté au grec polios qui signifie blanchir. Hors tout l’effort de l’alchimiste sera orienté vers le blanchiment de la pierre. Blanchiment qui nécessite une certaine dextérité que François Rabelais appelait le trinc de sa dive bouteille (bouteille = cornue ou ballon de verre = vaisseau et vaisselle) qui correspond au truc argotique.

Mais Tom signifie aussi la mésange azurée ou charbonnière, ce qui confirme les étroits rapports avec la langue des oiseaux qui est confirmé par le terme « mot » qui est Tom lu à l’envers. En effet, la langue des oiseaux repose sur des jeux de mots. Et ici les jeux de Tom s’avère être de mauvaises farces pour les gens mal intentionnés.

Et voilà que Tom Pouce nait au bout de sept mois au lieu de neuf. C’est donc mettre l’accent sur le nombre sept. Et l’on sait qu’il est présent dans la Bible à plusieurs reprises. Plus exactement 7 apparait 77 fois… pas question de vous écrire une litanie sur ce nombre.

Pour éviter le risque d’être piégé par des spéculations sur le sept, la seule issue est de constater les relations de ce nombre avec les lois de la nature.

Ainsi le critère de pureté d’une substance est le cristal. Certains cabalistes y distinguent une relation avec le nom du Christ, mais cela est évidemment anecdotique, même si la cristallisation se déroule en alchimie, alchimie que les adeptes appellent chimie de « Al » ou chimie de Dieu… Christ-Al.

Quoi qu’il en soit, les cristaux ne se solidifient pas en des formes désordonnées puisque les cristallographes finirent par découvrir qu’ils se classent, selon leurs axes de symétrie, en sept systèmes différents. La non-plus ne restons pas piégés par des analyses symboliques spéculatives sur ces formes en relations plus ou moins fidèles avec les fameux cinq solides de Platon. Cependant certains adeptes firent la relation, comme Képler en son Mystérium cosmographicum, avec les quatre éléments : le Feu, la Terre, l’Air et l’Eau.

Cette correspondance, impossible à expliquer autrement que par des analogies géométriques, nous pousse, – encore et toujours,– vers la spéculation.

 La réalité est tout autre et extrêmement simple, comme d’ailleurs beaucoup de choses apparemment complexes que se complaisent à nous servir, avec art, les alchimistes cachottiers. Nos adeptes joueurs font comme nos administrateurs, ils exercent l’art de faire compliqué ce qui est simple mais les raisons sont diamétralement opposées, l’une a un caractère sordide l’autre est bon enfant.

Tout cela pour dire qu’une substance cristallisée va être à l’origine des quatre éléments. Il faut se souvenir que dans le temps toute substance à l’état gazeux était de l’air, tout liquide de l’eau, tout solide de la terre… De ce fait les quatre éléments correspondent au changement d’état d’une même substance qui se présente à l’origine sous forme cristalline, c’est-à-dire à l’état pur.

Tous chercheurs comprendront l’importance de cette recommandation des vieux maître qui insistent pour que nous lisions les textes d’alchimie (ou autres) en nous plaçant dans l’esprit et la culture de l’époque où ils furent écrits.

Il ne faut pas négliger non plus que les sept variétés de cristaux ne furent découvertes qu’au début du XXe siècle. À la fin de XIXe on n’en dénombrait que six, comme le dit expressément A. de Lapparent à la page 10 de son classique Cours de minéralogie publié en sa seconde édition, de 1890, qui est devenue une véritable « Bible » des cristallographes actuels, notamment pour les arrangements géométriques étudiés avec une cohérence mathématique inégalée.

Cette précision m’a paru nécessaire pour montrer l’intuition nécessaire, et en perpétuel développement, pour accéder à certaines connaissances « avant l’heure » en utilisant harmonieusement les capacités surrationelles de notre cerveau.

Tel est le sens de l’or (hors) du temps que fit inscrire André Breton sur sa tombe (« Je cherche l’or du temps »). En bref, l’hors du temps précède, et permet, d’extraire l’or de l’absolu ou or du non-temps qui n’est autre que l’éternité… Ainsi s’exprime le concept de repos éternel et d’immortalité.

 Mais là ne s’arrêtent pas les analogies du sept avec les lois fondamentales de la matière. Si les cristaux sont constitués d’arrangements d’atomes dont la disposition est à l’origine de la classification en sept familles (tien ! le jeu de sept familles est issu de là ? mystère aussi profond que celui des sept boules de cristal !) l’atome lui-même est entouré par sept champs énergétiques sur lesquels gravite ces « nains » que sont les électrons.

Le sept est donc en relation étroite avec le fondement de toutes substances, c’est pourquoi il revêt un caractère sacré en directe relation avec les sept jours de la création selon la Bible et que ce même sept apparaît 77 fois dans ce livre.

Telle est aussi l’apparition de ce septénaire dans les cycles de la vie comme au niveau biologique, en effet le renouvellement cellulaire s’effectue tous les sept ans, ce qui correspond à des cycles de développement et évènementiels de notre vie qui sont à l’origine de l’age de raison à sept ans. Cela fut traduit en astrologie par les cycles lunaires aux multiples de sept correspondants à 28 jours ou 28 ans liés au temps d’enfantement de la pierre philosophale qui n’est autre ici que Tom Pouce né après sept mois de grossesse de sa mère au lieu de neuf comme on aurait pu s’y attendre.

Telle est la raison fondamentale pour laquelle Fulcanelli commence son livre Le mystère des Cathédrales par cette phrase des plus significative : 

« La plus forte impression de notre prime jeunesse, – nous avions sept ans, – celle dont nous gardons encore un souvenir vivace, fut l’émotion que provoqua, en notre âme d’enfant, la vue d’une cathédrale gothique. »

 Si vous souhaitez approfondir cette dimension psychobiologique des septaines humaines je vous renvoie à l’ouvrage en cours d’édition d’Aline Ximénès (accompagnatrice en biographie) dont vous trouverez les coordonnées dans un article précédent.

 La représentation géométrique du nombre sept est généralement symbolisée par un carré (4) surmonté par un triangle (3).

 

À La lumière de ce j’ai dit sur les quatre éléments, ainsi que sur la triade alchimique (sel, soufre et mercure), on peut dire que cette figure est très expressive et se résume en quelques mots :

Le sel soufre mercure constituant la minière sur lequel œuvre l’alchimiste va être sublimé (d’où la place du triangle sur le côté supérieur du carré) grâce à l’action des quatre éléments.

Cette particularité se trouve dans l’idéogramme astrologique et astronomique du mercure ou l’union du soleil= soufre (cercle) et de la lune = mercure (cornes) se réalise au dessus du creuset (croix)

mercure_symbole

Telle est la raison pour laquelle le feu sulfureux aérien est représenté par un triangle de feu (sommet orienté vers le haut) se manifestant au-dessus du creuset symbolisé par une croix.

soufre-symbole-1-

En effet, l’action des éléments a la propriété de maintenir, dans la partie supérieure du ballon (airs, ou vent) la substance trine (à l’apparence duelle). Cela permet de comprendre pourquoi le matras doit être bouché. Telle est l’origine de cette expression alchimique que l’on peut lire sur le célèbre texte appelé Table d’émeraude :

« Et le vent l’a porté dans son ventre ». Ici le ventre est la panse du ballon, panse dont on aura l’occasion de parler durant les pérégrinations de Tom Pouce.

 Le conte du nain Tom pouce est tout entier consacré au métal jaune qu’est l’or. Sa particularité, – qui est rappelons-le universelle,– se retrouve exprimée autrement en d’autres domaine.

C’est ainsi que le jeu du nain jaune a le même sens. L’ancien nom : lindor est significatif puisque sa phonétique n’est autre que nain d’or. Dans le centre du jeu de forme quadrangulaire est un nain de couleur jaune. qui tient en main un sept (sceptre) de carreau (ko…). Tout cela montre non seulement que le nain jaune a un rapport avec l’or, mais aussi que ce nain est lié, comme Tom Pouce, au nombre sept. Cela confirme que le nain d’or a un rapport avec l’alchimie car le fait qu’un joueur rafle toutes les mises et gagne, on dit qu’il fait Grand Opéra, c’est-à-dire le Grand Œuvre. Ce terme de Grand Œuvre, au masculin, caractérise le travail alchimique indispensable pour fabriquer la pierre philosophale.

Telle est l’universalité du conte de Tom Pouce ce nain d’or fils de laboureur faisant le Grand Œuvre tout en étant lui-même le  symbole de la pierre philosophale.

Reprenons maintenant la suite du conte ou nous l’avons laissé à la suite de la naissance du nain Tom Pouce.

 

Texte 2:

« Ils dirent :

Il est tel que nous l’avons souhaité et nous ne l’aimerons pas moins de tout notre cœur.

Ils l’appelèrent Tom Pouce à cause de sa taille… Ils ne le laissèrent manquer de rien ; cependant l’enfant ne grandit pas et conserva toujours sa petite taille, il avait les yeux vifs, la physionomie intelligente et se montra bientôt avisé et adroit, de telle sorte que tout ce qu’il entreprit réussit.

Le paysan s’apprêtait un jour à aller abattre du bois dans la forêt et il se disait à lui-même : « Ah ! si j’avais quelqu’un qui voulut conduire ma charrette ! »

Père, s’écria Tom Pouce, je la conduirai bien, vous pouvez vous reposer sur moi, elle arrivera dans le bois à temps.

L’homme se mit à rire.

Comment cela est-il possible, dit-il, tu es trop petit pour conduire le cheval par la bride.

Ca ne fait rien, si maman veut atteler je m’installerais dans l’oreille du cheval et je crierai où il faudra qu’il aille.

Eh bien dit le père nous allons essayer.

La mère attela et installa Tom pouce dans l’oreille du cheval. Le petit homme lui cria le chemin qu’il fallait prendre. « Hue ! dia ! Hue ! dia ! » et le cheval marcha ainsi, comme s’il eût été guidé par un véritable charretier ; la charrette arriva dans le bois par la bonne route. »

 

Commentaires :

Tout ce qu’entreprenais notre lindor, alias Tom Pouce, était une réussite, comme le laisse supposer la pierre philosophale qu’il personnalise, car c’est une petite pierre qui n’a rien de commun avec un gros galet de rivière, mais tout ce que cette petite pierre « entreprend » est couronné de succès, en particulier les transmutations métalliques.

Nous relevons ensuite une première anomalie qui devrait donne matière à réflexion à nos parapsychologues et noéticiens : Notre petit bonhomme pratique la transmission de pensée !

Ainsi notre paysan se disait à lui-même , et j’imagine mal qu’il puisse le dire à haute voix devant son fils, à moins de faire montre d’une maladresse pour le moins blessante à l’égard de sa petite taille et à son incapacité pour assurer certains travaux : « Ah ! si j’avais quelqu’un qui voulut conduire ma charrette ! ». Et voila que Tom Pouce lui répond comme s’il avait entendu prononcée tout haut cette pensée. Certains pourront attribuer cela à des erreurs de traductions ou à des abus de langage. Je les laisse à leurs supputations…

Soulignons au passage que la pierre philosophale n’est pas uniquement la transmutation métallique qui n’est absolument pas un but en soi mais seulement la mise en évidence d’une réelle action de la pierre philosophale sur certaines constantes universelles. N’omettons pas que les effets physiologiques ne sont pas négligeables. Ils sont loin devant le concept de transmutation des métaux, car la transmutation peut se conjuguer à plusieurs genres, temps et… règnes.

 

Tom s’installa dans l’oreille du cheval pour lui crier ses ordres. Ici sont associés deux termes complémentaires dans la symbolique alchimique : le cheval et l’oreille. Cela répond au fait que la phonétique est appelée cabale par les alchimistes. Cette cabale ne doit pas être confondue avec la Kabbale hébraïque qui veut dire tradition alors que la cabale des alchimistes signifie cheval. En effet, le cheval s’appelait caval en occitan, qui se prononce cabal, nom du cheptel en Languedoc, d’où est issu le mot cabale, la langue secrète des chevaliers qui se transmettaient un noble savoir.

La cabale est un parler reposant sur la phonétique qui fut mis en lumière par Grasset d’Orcet et ensuite par Fulcanelli. Il s’agit donc d’identité plus ou moins parfaite de son. Par exemple, cette poudre d’écorce de chêne destinée au tannage est appelée tan. Pour le cabaliste il s’agira aussi du temps. Donc la cabale est l’instrument de transmission orale qui ne s’appuie pas sur le texte écrits. C’est ce que véhiculent les contes et légendes propagés verbalement de chaumière en chaumière. Ici Tom Pouce et le petit Poucet sont le petit poussin, plus connue sous le nom d’enfant royal qui va donner naissance à l’oiseau d’hermès. Cet oiseau d’hermès est appelé cygne (signe).

Dans son hymne à Délos (vers 250 à 255) Gallimaque écrit en parlant des cygnes :

« Ils tournèrent sept fois autour de Délos… et ils n’avaient pas encore chanté la huitième fois, lorsqu’Apollon naquit. »

Nous comprenons pourquoi le conte insiste sur le nombre sept. En effet cet oiseau va voler à sept reprises pour permettre la conjonction du corps double (soufre-mercure) appelé rebis  qui sera petit au départ et poussé vers le haut du ballon…

 

Texte 3:

« Au moment où la voiture tournait au coin d’une haie, tandis que le petit criait : Dia, Dia ! deux étrangers vinrent à passer.

Grand Dieu, s’écria l’un d’eux voilà une charrette qui marche sans que l’on voie le charretier et cependant on entend sa voix.

C’est étrange, en effet dit l’autre, suivons-là et voyons où elle s’arrêtera.

Elle poursuivit sa route et s’arrêta juste à l’endroit ou se trouvait le bois abattu.

Quand Tom Pouce aperçu son père, il lui cria :

Vois-tu, père, me voilà avec la voiture, maintenant viens me faire descendre.

Le père saisit la bride du cheval de la main gauche et de la main droite retira de l’oreille son fils et le déposa à terre. Celui-ci s’assit sur joyeusement sur un fétu. En voyant Tom Pouce les deux étrangers ne surent que dire dans leur étonnement. L’un d’eux prit l’autre à part et lui dit :

Ecoute, ce petit être ferait notre fortune si nous l’exhibions pour de l’argent dans les grandes villes. Achetons-le.

Ils s’adressèrent au paysan et lui dirent :

Vendez-nous ce petit bonhomme, nous en aurons bien soin.

Non répond le père, c’est mon enfant et il n’est pas à vendre pour tout l’or du monde.

Cependant, en entendant cette proposition, Tom Pouce avait grimpé le long des plis des vêtements de son père. Il se posa sur son épaule et de là lui souffla dans l’oreille :

Livrez-moi toujours, père, je saurai bien revenir.

Son père le donna donc aux deux hommes pour une belle pièce d’or.

Où veux-tu te mettre ? lui demandèrent-ils.

Posez-moi sur le bord de votre chapeau, je pourrai m’y promener et voir le paysage ; je ne tomberais pas.

Ils firent comme il le demanda et quand Tom Pouce eut fait ses adieux à son père ils l’emmenèrent avec eux. Ils marchèrent ainsi jusqu’au soir. A ce moment le petit homme leur dit :

Posez-moi un peu par terre, j’ai besoins de descendre.

Reste là-haut, dit l’homme, qui le portait sur la tête, ça n’a aucune importance, les oiseaux ne se font pas non plus faute d’y laisser du leur.

Non pas, dit Tom Pouce, je sais ce que je veux, descendez-moi au plus vite.

L’homme ôta son chapeau et en retira Tom Pouce qu’il déposa dans un champ près de la route. Aussitôt il s’enfuit parmi les mottes de terre, puis il se glissa dans un trou de souris qu’il avait cherché exprès.

Bonsoir, mes amis, rentrez sans moi, leur cria-t-il moqueur.

Ils voulurent le rattraper et fourragèrent avec des baguettes le trou de souris, mais ce fut peine perdue. Tom Pouce s’y enfonçât toujours plus avant, et, comme la nuit était venue tout à fait, ils durent rentrer chez eux les mains vides.

Quand ils furent partis, Tom Pouce sorti de sa cachette souterraine. Il est si dangereux de s’aventurer la nuit dans les champs, on a vite fait de se casser une jambe. Il rencontra par bonheur une coque vide de limaçon.

Dieu soit loué, dit-il, ici je pourrais passer la nuit en sureté ; et il s’y installa. »

 

Commentaires :

Ce texte montre que Tom Pouce vaut de l’or non seulement parce qu’il rapporte à son père une « belle pièce d’or » mais aussi parce qu’il refuse (au premier abord) de le vendre « pour tout l’or du monde ». Nous restons là dans le contexte alchimique que représente Lindor ou le nain d’or.

Don Tom Pouce va truander les deux acolytes avides de richesse, ce qui est un message pour ceux qui pratiquent l’alchimie dans une visée mercantile…

Lorsqu’il fut acheté notre petit bonhomme désira s’installer sur le bord d’un chapeau. C’est une demande curieuse qui ne peut être compris qu’avec la cabale ou langue des oiseaux, ce que précise celui qui porte ce couvre chef en répondant à Tom Pouce qui voudrait descendre:

« Reste là-haut, dit l’homme, qui le portait sur la tête, ça n’a aucune importance, les oiseaux ne se font pas non plus faute d’y laisser du leur. »

 

En d’autres termes : « Laisse là tes fèces ! », mais cette opération nécessite le chapeau = k-eau ou ko, dont tout amateur de chimie minérale élémentaire aura tôt fait de définit l’identité dont le k-eau précise l’état liquide.

A la suite de quoi la petite pierre s’enfoncera sous terre comme Tom Pouce dans un trou de souris. Cela  se réalisera durant l’œuvre au noir, comme l’indique la nuit tombée qui provoque l’abandon des recherches de nos deux lascars.

Ensuite la pierre se revêtira d’une coque, ce que ne saurait mieux exprimer Tom Pouce dans sa coquille de limaçon, c’est-à-dire d’escargot dont la forme spirale analogue à celle du jeu de l’oie est suffisamment expressive et dont les diverses cases ont un sens alchimique, comme le spécifie Eugène Canseliet en son Alchimie édité chez J.J. Pauvert (Paris) en 1978 :

« Et l’on connait le noble jeu de l’oie ou se remarque le puits, l’hostellerie, le labyrinthe, la mort, la prison, lesquels ont tous une signification hermétique. »

 oie1097a

 Enfin, le même auteur spécifie dans le même ouvrage :

« Et c’est ici le lieu de rapprocher cabalistiquement, de son homophone français chêne, non chuinté en langue d’oïl, le terme grec khen, qui désigne l’oie et dont le radical kaaino, signifie s’ouvrir, s’entrouvrir, être béant. »

 Telle est la raison pour laquelle Tom Pouce se cache dans un trou de souris qui s’ouvre devant lui, et aussi dans le labyrinthe d’une coquille spiralé dont le resserrement des spires contigües, comme celle du jeu de l’oie, marquent la contraction du temps au fil des réitérations.

Mais l’oiee désigne l’ouïe en ancien français. C’est ainsi que nous l’apprend Frédéric Godefroy en son Lexique de l’ancien Français édité en 1994 à Paris chez Honoré Champion.

Quant à l’oïe, c’est l’action d’entendre, c’est un son perçu par l’oreille… Cela évidemment nous oriente vers la phonétique omniprésente en ce conte. Mais l’intérêt de ce mot réside en son second sens qui le rattache à celui de petite ouverture pour aérer un lieu quelconque. Ainsi retrouvons nous notre trou de souris indissolublement lié au soupir (soupirail) et donc à la respiration et à la phonétique.

 Poursuivons notre conte interrompu au moment ou Tom Pouce est sur le point de s’endormir en toute sécurité dans sa coquille spiralée d’escargot :

 

Texte 4:

« Sur le point de s’endormir, il entendit passer deux hommes dont l’un dit :

Comment s’y prendre pour dérober son or et son argent au riche curé ?

 Je vais vous le dire, interrompit Tom Pouce.

Que veut dire ceci ? s’écria l’un des voleurs effrayé ; j’ai entendu quelqu’un parler.

          Ils s’arrêtèrent et prêtèrent l’oreille. Tom Pouce répéta :

Emmenez-moi et je vous aiderai.

Mais qui es-tu ?

Cherchez par terre, répondit-il, à coté d’où vient la voix.

Les voleurs finirent par le trouver.

Comment peux-tu avoir la prétention de nous être utile, petit drôle ? lui demandèrent-ils.

Je me glisserai à travers les barreaux dans la fenêtre du curé, et je vous passerais tout ce que vous voudrez.

C’est bien, répondirent-ils, nous allons voir ce que tu sais faire.

Quand ils furent arrivés au presbytère, Tom Pouce se coula dans la chambre du curé, puis il se mit à crier de toutes ses forces :

Vous voulez tout ce qu’il y a ici ?

Les voleurs furent effrayés et lui dirent :

— Parle plus bas, tu vas éveiller tout le monde.

Mais Tom Pouce feignit de ne pas avoir entendu et cria de nouveau :

— La servante qui reposait dans la chambre contigüe entendit ces mots, elle se leva sur son séant et prêta l’oreille. Les voleurs avaient commencé à battre en retraite, mais ils reprirent courage, et, pensant que la petit drôle voulait s’amuser à leurs dépends, ils revinrent sur leurs pas et lui dirent tout bas :

Allons, sois sérieux et passe-nous quelque-chose.

Alors Tom Pouce cria encore une fois, le plus fort qu’il put :

Je vous passerai tout ; tendez-moi les mains.

Cette-foi, la servante entendit bien nettement, elle sauta à bas de son lit et se précipita vers la porte. Les voleurs s’enfuirent comme si le diable eut été à leur trousses, mais n’ayant rien remarqué, la servante alla allumer une chandelle. Quand elle revint, Tom Pouce alla se cacher dans le foin, et la servante, ayant fouillé partout sans avoir rien pu découvrir, cru avoir rêvé les yeux ouverts et alla se recoucher. »

 

Commentaires :

Tom Pouce récidive en roulant des gens mal intentionnés. Il leur empêche de commettre leur larcin en les dénonçant sans pour cela être délateur. Tout cela ne serait que banalités si le conte ne disait pas qu’il s’agit de l’or et de l’argent d’un riche curé.

C’est donc de l’or et de l’argent sacré, puisqu’il est prémédité de dévaliser un presbytère ou se trouve outre les crucifix et objets de piété comme le baiser de paix mais aussi les vases sacrés tels les calices, les patènes, les ciboires et les ostensoirs ainsi que les navettes et encensoirs. Ces objets sont pour la majorité sacrés et leur argent et leur or est aussi sacré que l’argent et l’or d’origine alchimique. En réalité les métaux précieux du presbytère sont ceux de l’alchimie, c’est ce que le conte veut dire. De ce fait les malfrats sont tenus à l’écart. Tel est le sens symbolique de l’attitude de Tom Pouce qui réveille la gardienne du lieu en faisant fuir les voleurs.

Cette particularité importante étant soulignée, « Tom Pouce-Pierre philosophale » va poursuivre sa maturation dont les étapes se superposent au chemin initiatique du petit bonhomme.

 

Texte 5:

 « Tom Pouce s’était blotti dans le foin et s’y était arrangé une bonne place pour dormir ; il comptait s’y reposer jusqu’au jour et puis retourner chez ses parents. Mais il dut en voir bien d’autre, car ce monde est plein de peines et de misères. La servante se leva dès l’aube pour donner à manger aux bestiaux. Sa première visite fut pour la grange où elle prit une brasée de foin là où se trouvait précisément endormi le pauvre Tom. Mais il dormait d’un sommeil si profond qu’il s’aperçut de rien et ne s’éveilla que quand il fut dans la bouche d’une vache qui l’avait pris avec son foin.

— Mon Dieu ! s’écria-t-il, me voilà dans le moulin à foulon.

Mais il se rendit bientôt compte où il se trouvait réellement. Il prit garde de ne pas se laisser broyer entre les dents, et finalement glissa dans la gorge et dans la panse. « Les fenêtres ont été oubliées dans cet appartement, se dit-il, et l’on n’y voit ni le soleil ni chandelle ». Ce séjour lui déplut beaucoup et, ce qui aggravait encore la situation, c’est qu’il arrivait toujours de nouveau foin et que l’espace qu’il occupait devenait de plus en plus étroit. Il se mit alors à crier le plus haut qu’il put :

— Ne m’envoyez plus de fourrage, ne m’envoyez plus de fourrage !

La servante à ce moment était justement en train de traire la vache. En entendant parler sans voir personne, et, reconnaissant nt la même voix que celle qui l’avait déjà éveillée la nuit, elle fut prise d’une telle frayeur qu’elle tomba de son tabouret et répandit son lait.

 Elle alla de toute hâte trouver son maître et lui cria :

— Ah ! grand Dieu, monsieur le curé, la vache parle.

— Tu es folle, répondit le prêtre.

Ils se rendirent cependant à l’étable afin de s’assurer de ce qui se passait.

À peine y eut-il mis le pied que Tom Pouce s’écria de nouveau :

Ne m’envoyez plus de fourrage, ne m’envoyez plus de fourrage.

 La frayeur gagna le curé lui-même et, s’imaginant qu’il y avait un diable dans le corps de la vache, il dit qu’il fallait la tuer. Ainsi fut fait, et l’on jeta au fumier la panse où se trouvait la pauvre Tom Pouce. »

 

 Commentaires :

Tom Pouce ou la pierre philosophale en préparation est donc dans le foin, ce qui ne saurait mieux désigner la couleur verte ou ce produit issu du végétal qu’est le sel alchimique dissimulé derrière la célèbre phrase des Francs Maçons : « L’acacia m’est connu ». En réalité, le sel alchimique est contenu dans tous les végétaux, mais seuls sont aptes certains parmi eux à procurer cette substance. L’alchimie est un art, ne l’oublions pas, et de ce fait les impuretés spécifiques à certains végétaux vont être nécessaires. C’est sur ce critère que furent recommandés le robinier, l’acacia, le chêne et la fougère. C’est cela qui fit dire, en langue des oiseaux, au grand alchimiste de Bethléem :

« Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent rien dans des greniers ; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie ? Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement ? Considérez comment croissent les lis des champs : ils ne travaillent ni ne filent ; cependant je vous dit que Salomon, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux. Si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs, qui existe aujourd’hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi ? » (Sixième chapitre de l’évangile de Mathieu, versets 26 à 31)

  Prenant conscience qu’il est entre les mâchoires d’une vache Tom s’imagine être dans un moulin à foulon.

 À ce moment, inutile d’être grand clerc pour comprendre qu’il s’agit du concassage préliminaire du minerai appelé matière première par des alchimistes. Cela laisse supposer que les étapes de la fabrication de la pierre philosophale sont analogues à celles qui se déroulent dans un tube digestif.

 L’alchimiste et médecin anglais Robert Fludd (1574-1637)                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              est des plus explicite à ce propos dans son De mystica sanguinis anatomie (section 1, partie 3 libellé 1 des pages 223 à 224) :

 « Le vrai alchimiste imite la nature. En commençant son œuvre il réduit d’abord la matière en parcelles, il la broie et la pulvérise ; c’est la fonction des dents. La matière ainsi divisée, il l’introduit par un tuyau dans la cornue ; ce tuyau représente l’œsophage ; la poche de la cornue c’est la poche stomacale.

 Ensuite il mouille la matière avant de la soumettre à l’action de la chaleur humide égale et modérée en la plaçant dans un bain Marie et dans du fumier de cheval… »

 Robert_Fludd

Nous voyons là pourquoi la panse de la vache (panse du ballon)  sacrifiée est jetée au fumier.

Je signale au passage que mon petit dictionnaire L’alchimie expliquée pas son langage (édition Dervy) approfondie cette manière d’interpréter les textes hermétiques.

 Nous avons laissé Tom Pouce sur son fumier toujours enfermé dans la panse de la vache :

 

Texte 6:

 « Il eut beaucoup de mal à se démêler de là et il commençait à passer sa tête quand survint un nouveau malheur. Un loup affamé qui passait par là avala la panse de la vache avec le petit bonhomme d’une seule bouchée. Tom Pouce ne perdit pas courage. « Peut-être se dit-il, ce loup sera-t-il traitable ». Et de son ventre où il était enfermé il lui cria :

— Cher loup, je vais t’indiquer un bon repas à faire.

— Et où cela ? dit le loup.

— Dans telle et telle maison ; tu n’auras qu’à te glisser dans le soupirail de la cuisine, et tu trouveras des gâteaux, du lard, des saucisses à bouche que veux-tu.

Et il lui indiqua exactement la maison de son père. Le loup ne se le fit pas dire deux fois. Il s’introduisit de nuit dans le soupirail et s’en donna à cœur joie dans le buffet aux provisions. Quand il fut repu et qu’il voulut sortir il s’était tellement gonflé de nourritures qu’il ne put venir à bout de repasser par la même voie. C’est là-dessus que Tom Pouce avait compté. Aussi commença-t-il à faire dans le ventre du loup un vacarme effroyable, hurlant et gambadant tant qu’il put.

— Veux-tu te tenir en repos, dit le loup, tu vas éveiller le monde.

— Eh quoi ! répondit le petit bonhomme, tu t’es régalé, je veux m’amuser aussi moi.

Et il recommença son tapage.

Il finit par éveiller son père et sa mère qui se mirent à regarder dans la cuisine par la serrure. Quand ils virent le loup, ils coururent s’armer, l’homme d’une hache la femme d’une faux. »

 

Commentaires :

 Quand le loup avale la panse de la vache jetée dans le fumier Tom Pouce commençait à passer la tête pour en sortir. Tel est le caput mortum, ce qu’exprime à sa manière Eugène Canseliet à la page 80 de son Alchimie (Chez J. J. Pauvert 1964) :

 « Dans le riche chaos, universel et gros de naissance latente, dont les anciens auteurs répètent à l’envi, qu’il est la vraie matière de leur ouvrage gigantesque, il est permis de concevoir que préexiste également le fumier nécessaire à toute germination, ce caput mortuum, cette tête morte qui se sépare de la substance mondée sous-jacente. »

 

Basilius_Valentinus-PortraitBasile Valentin en ses 12 clefs de la philosophie est des plus explicite quant à la nécessité que Tom Pouce soit avalé par un loup :

 « C’est pourquoi, si tu veux travailler par nos corps prend le loup très avide (…) en proie à une faim la plus violente. Jette, à ce Loup même, le corps du roi, afin qu’il en reçoive sa nourriture… »

Quand l’opération est terminée, il devient possible de regarder par le goulot du ballon qui et ici le trou de la serrure puisque le goulot est analogue à une porte puisqu’il permet de fermer le ballon.

 Donc les parents de Tom Pouce accourent armés d’une hache et d’une faux :

 

Texte 7:

 « Reste derrière dit l’homme, à la femme au moment d’entrer, je vais lui asséner un coup avec ma hache, et s’il n’en meurt pas du coup, tu lui coupera le ventre.

Tom Pouce qui entendit la voix de son père lui cria :

— Cher père, c’est moi, je suis dans le ventre du loup.

— Dieu soit loué ! s’écria le père plein de joie, notre cher enfant nous est rendu.

Et il ordonna à sa femme de mettre la faux de côté afin de ne pas blesser Tom Pouce. Puis il leva sa hache et porta au loup un coup qui l’étendit mort.

Il lui ouvrit ensuite le ventre avec des ciseaux et un couteau et en tira le petit Tom.

 — Ah ! dit le père, que nous avons été inquiets sur ton sort !

 — Oui père, j’ai beaucoup couru le monde, heureusement que je puis enfin reprendre l’air frais.

 — Où as-tu été ?

 

— Ah père, j’ai été dans un trou de souris, dans la panse d’une vache et dans le ventre d’un loup. Mains maintenant je veux rester avec vous.

 

— Nous ne te vendrons plus pour tout l’or du monde, dirent les parents en l’embrassant et le serrant contre leur cœur.

 Ils lui donnèrent à manger et à boire, et ils firent confectionner d’autres vêtements, car les siens avaient été gâtés pendant le voyage.

 

  FIN

 

Commentaires :

 Rien n’est plus expressif pour dire que la pierre est sortie du ballon. Pour effectuer cette opération il faut le casser en faisant bien attention de ne pas abîmer la pierre en frappant sur la panse. Cela correspond bien à l’exécution du loup pour tirer Tom Pouce emprisonné dans son ventre.

L’échange entre le père et le fils ressemble étrangement aux dialogues que l’on trouve dans le catéchisme du Cosmopolite (début du XVIIe siècle) repris par le baron de Tchoudy en son rituel alchimique puis expurgé par les Francs Maçon dans le texte intitulé l’Étoile Flamboyante dont les commentaires par l’honorable société sont malheureusement biaisés par l’unique optique spirituelle :

  « Question : Êtes-vous voyageur ?

 Réponse : J’ai parcouru toute la mésopotamie et la Palestine.

 Question : Prouvez-le-moi.

 Réponse : j’ai vu mon maître… »

 

Il est aisé de comprendre que la Mésopotamie qui signifie « région entre deux fleuves » symbolise les deux liquides alchimiques abreuvant la terre des philosophes qui n’est autre que leur pierre.

Quant à la Palestine, son nom signifie « Pays des Philistins » dont le véritable nom hébreux ancien est : « Pays de Canaan ».

 Mais ici seule la dimension cabalistique est significative. Le préfixe « pal » signifie changement de couleur.

 Cette dernière définition s’accorde avec « l’eau » des deux « fleuves » qui font changer de couleur la pierre. L’un la fait passer du noir au blanc, l’autre du blanc au rouge.

Quant à Tom Pouce relatant son voyage, il dit avoir été en premier lieu dans un trou de souris. Évidemment ce nom ne doit pas être pris dans son sens étymologique mais cabalistique. Ainsi, « sous » qui a donné « saut » va désigner un mouvement de bas en haut, ce qui caractérise la première phase de l’œuvre si bien suggérée par Fulcanelli dans sa description de l’alchimiste de Notre Dame de Paris (Le mystère des cathédrales). C’est cette poussée alternée qui va placer sous terre, dans son trou de souris, Tom Pouce.

Son passage dans le ventre de la vache est sa réception du sel blanc comme le lait mis en évidence par le seau de lait de la servante du curé en train de traire la vache et qui renverse à terre le lait quant elle entend la vache parler. D’ailleurs, les adeptes parlent de lait de vierge et de nourriture lactée.

Ce sel blanc il le reçoit quand il est enfermé dans la panse d’un ballon de verre dur (verdure du fourrage avalé par la vache).

Le voyage dans le ventre d’un loup signale le changement de couleur du blanc au rouge, ce qui est symbolisé par le carnivore qu’est le loup. La pierre aura augmenté de volume et sera de couleur rouge mais sentira mauvais, c’est pourquoi ses parents lui font confectionner des vêtements neufs, qui montrent que la coque de l’œuf est parvenue à la perfection. L’œuf étant évidemment Tom Pouce habillé de neuf.

En résumé : la pierre étant fixée (sèche) pour la seconde fois alors elle peut prendre l’air, c’est ce que veut dire Tom Pouce quand il dit à ses parents qu’il peut enfin prendre l’air. 

Pour lui parfaire le vêtement on la pose généralement dans une assiette et on l’abreuve pour la troisième et dernière fois. C’est pourquoi les parents de Tom Pouce lui donnèrent à manger et à boire et lui confectionnent des vêtements neufs qui sont ceux de la pierre philosophale achevée ou oeuf.

 

Conclusion

L’histoire de Tom Pouce qui est constamment privé d’air pour achever son voyage dans la lumière caractérise autant un périple initiatique que la fabrication de la pierre philosophale. En réalité les deux ne font qu’un. Toute la problématique de bon nombre de milieu spirituel consiste à ignorer cette unité et de poursuivre un chemin qui ne peut que se désagréger s’il n’est plus le reflets des lois de la natures. Tout comme l’ouroboros, ce serpent que se mord la queue, la loi fondamentale est celle du recommencement. Le grand œuvre alchimique doit être réitéré et la vie humaine doit l’être aussi. C’est cela qui explique combien certains théurges n’ont pas besoins du laboratoire puisqu’ils y sont déjà passés.

 

L’Église ancienne, avant 325 étaient acquise au concept de réincarnation. Elle ne saurait se perpétuer sans revenir à cette évidence. Sans cela la vie se présente comme un couloir de la mort dans lequel nous entrons dès la naissance pour aboutir à l’exécution finale. Ce qui se déroule entre l’alpha (la naissance) et l’oméga (notre mort) est notre degré de liberté, notre chemin initiatique qui pourra fleurir au-delà du visible et du temps. Il est là pour nous faire découvrir la manière de sortir de la panse de la vache sacrée ou du ventre du loup pour retrouver ceux que nous aimons au-delà des limites de notre univers aussi étouffant et « obscur » que « pédagogique ». L’Église actuelle vous dira la même chose… en êtes-vous sur ?

 

  En toute amitié de la part de Tom Pouce.

 

 

 

 

 

 

UN ASPECT DE L’ENSEIGNEMENT ALCHIMIQUE

Je me suis levé tard ce premier janvier après avoir discuté âprement de problèmes liés à l’Anthropie et à l’évolution des espèces, pas celle de Charles Darwin ni celle de la Bible. Décidément pas de repos pour le guerrier fatigué et toujours pressuré ! Mais ce fut un repas de réveillon du nouvel an très agréable. Merci à la cuisinière Claudine qui dit souvent avoir loupé ses plats alors qu’elle nous régale ! Je sais qu’elle me traitera d’hypocrite, mais qu’elle soit rassurée car je persiste et signe. Nous avons non seulement bien mangé et… bu, mais surtout beaucoup gambergés sur la trame du futur roman de mon ami Jean-Pierre dont le nœud papillon m’hypnotisait car voyez-vous je ne sais même pas faire un nœud de cravate ! Lui est homme du monde, hélas, moi pas. Il a toute la prestance qu’il faut, moi je ne l’ai pas. Je suis un chien dans un jeu de quilles. C’est sûrement regrettable de ne pas savoir jouer comme l’exige la société et pour aggraver la situation, je ne suis pas mélomane puisque je confonds du Mozart avec un tir de mitrailleuse. Bon, ça va j’exagère un peu et peut être beaucoup ! Ce qui me rassure tout de même, quant à ma marginalisation, c’est qu’Albert Einstein était hisute, tirait la langue et ne mettait pas de chaussettes !

 Allez, je vais vous révéler un secret. Mon armoire contient de vieilles cravates toutes nouées prêtes à l’emploi dans le but de me rendre présentable illico presto devant une notoriété qui me réclame. Heureusement cela n’arrive jamais et j’en suis fort aise. Soyons net : dans ma grosse normande il y a plus de cravates pré-nouées en dormissions attendant leurs services pour orner le col de mes chemises mal repassées. Pour éviter cette déchéance de ma notoriété j’achète des chemises qui restent impecs quand on ne les repasse pas. Mes amies me disent toutes que je ne suis présentable que sous le nom de clodo, ou de mendigot. Tout ça pour vous dire que je ne suis pas aimable du tout et encore moins sortable. Comme en plus je n’ai ni l’age ni la geule pour être sélectionné à Hollywood, vous voyez le tableau mesdames ! Quelque part ça me réjouit, non pas parce que je suis fier de ma prestance quelque peu médiocre et probablement répréhensible, mais parce que je me demande parfois si c’est moi ou la société qui doit changer. Je sais depuis l’école élémentaire que la juste raison fuit toutes extrémités. Sans vouloir édicter une loi universelle il semble que de nos jours seules les extrémités sont occupées et elles jouent à la balançoire. Comme le disait mon humoriste préféré « Ma poule, c’est normal le coup de la balançoire puisque tout le monde s’en balance ! »

 Ne buvant habituellement que de l’eau la première coupe de champagne m’a rendue bavard comme une concierge pipelette qui fut abandonnée pendant trois mois sur une ile déserte. Imaginez, après cet exil, la diarrhée verbale… à maintenir à distance comme un chien qu’on amène à la fourrière ! Maintenant que je prends le temps de respirer avant de parler, je dois vous confier mon désarroi devant les conversations amicales et les messages reçus dans mon blog.

 

 Ceux qui m’écrivent me posent de multiples questions sur le grand œuvre alchimique auxquelles je ne réponds pas toujours. Soyons net : s’ils veulent progresser en alchimie ils sont à côté de la plaque, bien à côté, car ce n’est pas du tout la manière de procéder.

Outre qu’ils oublient que je corne à qui veut l’entendre que je ne suis pas un enseignant, ils n’entendent dont rien. Ils sont sourds. Que voulez-vous dire à ces handicapés ? Certes, je puis concevoir les bonnes intentions, mais encore faut-il ne pas s’arrêter à la dimension mystérieuse, paranormale, étrange. Pour donner le frisson du mystère il existe des blogs beaucoup plus appropriés. De tout ça, j’en ai rien à battre (excusez mon franc parler), et tout alchimiste, quelle que soit la voie qu’il adopte, qui entre dans ces considérations a des soucis à se faire pour sa future réussite. Tel est le chant des sirènes qui ne lésine pas sur les amplis.

La question fondamentale consiste à s’interroger sur la manière dont cet enseignement se dispense. Réalisons qu’il ne saurait être identique à celui des académies dont l’orientation pédagogique est unilatérale. Il est essentiel de bien s’en convaincre, car l’alchimie n’est pas une science matérialiste alors que l’enseignement que nous recevons dans nos Universités est adapté à l’acquisition et à la compréhension de la science actuelle. À but différent enseignement différent. Si dans les universités vous avez un prof qui vous raconte un cours, en alchimie le cours n’existe pas, l’elève doit le découvrir par ses propres moyens. L’apprenti alchimiste est autodidacte, Il apprend seul tout en étant guidé. C’est l’un des sens des labyrinthes des cathédrales. Fini le jeu de l’éponge qui absorbe tout ce qu’on lui dit, fini l’exercice du perroquet qui récite bêtement ce qu’on lui a appris. Le rôle du prof est d’établir une relation de confiance non dépourvue d’affection et de dire seulement si ce que l’on a découvert est bon. S’il ne dit rien il faut continuer à travailler, mais l’accompagnateur veille à la manière d’un parrain (pas celui de la maffia). Et une loi est capitale et conservée depuis des millénaires : L’étudiant ne doit jamais poser de questions ! Seul le prof a le droit d’interroger et généralement il met le doigt là où ça fait mal !

Aussitôt qu’il commence à être enseigné un élève sait une chose capitale : les connaissances alchimiques ne sont pas pour sa poire (incurable!) et encore moins pour pavaner. Dès le début il cherche la perfection dans ce qu’il apprend car son rôle essentiel sera de transmettre l’alchimie à d’autres et de ce fait il doit TOTALEMENT posséder son sujet, toutes les subtilités, toutes les variantes.

Voilà pourquoi l’élève fait une promesse de silence non pas à son enseignant, mais à celui qui a mis sur sa route une pareille merveille. Si un petit rigolo (indécrottable !) se sent transformé en maître à la suite d’une étincelle dans un fusible usagé, ou si l’on veut, s’il a pété un plomb, le magistrat qui décide de son sort ne dépend d’aucune société.

Dans cette formation, les connaissances que l’on a acquise dans le domaine de l’ésotérisme peuvent un jour servir. Cependant il est un obstacle pratiquement insurmontable, c’est celui de ramener ce que l’on a appris en alchimie à ce que l’on vous a enseigné par ailleurs. Quand on apprend en comparant on court vers un échec lié au conditionnement qui rattache à autre chose comme un élastique, ou fil à la patte, qui ne donne qu’un petit degré de liberté illusoire. En bref, c’est quand on a terminé la formation que l’on peut comparer en toute lucidité.

Comme l’étudiant compulse des auteurs de toutes les périodes historiques, il doit s’évertuer à bien se souvenir qu’un texte de l’époque de Louis XIV ne peut s’interpréter avec l’esprit du XXIe siècle. De ce fait les dictionnaires d’ancien français s’avèrent nécessaires et la fréquentation de quelques textes d’époque, permettent d’éviter des erreurs monumentales. Les interprétations du travail de l’alchimiste abordées avec les idées des chimistes actuel caractérisent un mélange absolument indigeste et sans portée réelle. Cette démarche, par ailleurs honnête et bien intentionnée, est illustré par Pierre Laszlo dans son petit livre Qu’est-ce que l’alchimie édité chez Hachette en 1996.

Intituler un livre Qu’est-ce que l’alchimie ? en réduisant cette définition à 143 pages d’un carnet alors que Fulcanelli et Canseliet on consacrés plus de dix ouvrages et de multiples articles à établir cette définition sans compter les multiples livres des anciens, il y a de quoi s’interroger sur le bien fondé du texte ainsi présenté. André Savoret a écrit un article portant le même titre que le livre de Laszlo en étant parvenus à circonscrire son sujet car il savait de quoi il parlait.

Dan Brown dans son livre Le symbole perdu a fait connaître au  grand public la noétique, qui est un changement de direction de la science matérialiste vers une dimension spiritualisante ou l’étude des textes anciens prend une couleur déjà mise en exerge par la gnose de Priceton écrit en 1974 par Raymond Ruyer.
Ne soyez pas leurré par les avancées matérialistes dans le domaine de l’hermétisme car les travaux au laboratoire alchimiques et autres doivent leurs réussites au travail sur l’alchimiste. Donc, que les choses soient claires: un scientifique fut-il oréolé de notoriété peut se brosser (c’est pas littéraire ça) pour découvrir quelque chose d’important avec l’esprit matérialiste.

Pour terminer je me permettrais de dire avec la prétention d’usage que Dan Brown a fait des progrès en symbolisme depuis son Da Vinci Code, et que son œuvre très critiquable est plus importante, sur le plan social, que l’on croit généralement. Ceux qui savent voir les répercutions au-delà des imperfections comprendrons aisément.

 Je terminerais pour vous dire que mon prochain article sera retardé car j’entre dans une période dormance (comme les arbres) car mon travail ne me permetras pas durant deux semaines au minimum de vous raconter des histoires. Nous sommes dans un monde où tout est compressible y compris les hommes, d’où les crêpes de la chandeleurs, fête dont le pendant laïque est la fête du travail laquelle aurait du avoir lieu le premier avril mais on n’a pas osé pour ne pas avoir l’air de noyer le poisson (tout ça, c’est faux ! ! !) Mais le temps ne se réduit pas en crèpe. Lui reste immuable. et ne se mange pas mais on peut le perdre, ce que je ne vous conseille pas . Je vous dis à bientôt en vous promettant de répondre à vos commentaires.

 

SONATE ALCHIMIQUE POUR FRANCS-MAÇONS & SPÉCULATEURS PATENTÉS

© 2009 pour tout le site

 Vous avez dû remarquer que parfois je suis mal embouché. Je dois dire pour ma défense face aux gens biens (si j’ai une défense à assumer vis-à-vis de quelqu’un ou de quelque chose qui m’accuse) que dans ce blog je suis dans mon espace de liberté et donc je donne libre cours à mes humeurs du moment. Je suis ici chez moi et donc je vous reçois en toute simplicité parfois en pyjama. Quand vous me lisez, vous êtes immédiatement mon ami. Pourriez-vous me reprocher ça, cette familiarité bon enfant qui vous rend complices de mes envolées lyriques ou les fausses notes ne manquent pas ?

 Par ailleurs, et je suis sûr que vous l’avez toutes et tous compris, mes articles sont ce qu’ils sont, c’est-à-dire relatifs. Ils traduisent mon opinion du moment liée à ma compréhension du moment. Loin de moi le désir de vous les asséner comme une inaltérable vérité. En me lisant vous suivez mon chemin à la recherche d’une fenêtre sur moi-même et l’univers. Ne soyez donc pas bouleversé si mes concepts ne correspondent pas aux vôtres. Tout ça est relatif, soyez en convaincu et restons bons amis au lieu de traiter de stupide ce que j’écris. Vous avez peut-être raison et je sais depuis longtemps que je suis stupide en plus de mal embouché. Je pense cela très réellement. Comprenez-vous pourquoi je suis un inadapté au milieu de mes frères humains qui s’entourent de titres ronflants et de prétentions méritées !

Quant à ceux que je vise parfois pour secouer les puces, jamais je n’ai l’intention de leur envoyer une flèche empoisonnée. Cette manière de procéder n’est pas dans mon tempérament et sincèrement je m’excuse auprès de ceux qui saignent. Ma manière de vivre est là, libre sans agresser mais sans trahir la vérité. C’est une acrobatie difficile comme ceux qui ont le derrière sur deux chaises. J’aurais pu dire la phrase qui précède plus élégamment, mais j’aime choquer un peu les gens bien éduqués tout en leur conservant une réelle amitié, un amour même. Quel bonheur de les charrier !

 Mon meilleur ami était un aristocrate de haute lignée dont le cousinage avec le roi du Portugal et de France était incontestable. Le blason de sa mère, analogue à celui de Paris, figurait et figure encore, sur la coupole du parlement de Toulouse. Haut en couleur nous nous entendions à merveille. Un jour en sa gentilhommière il reçut un membre très aristo de sa famille dont le verbe affecté faisait naître chez mon complice un petit sourire moqueur, signe précurseur d’un se ses coups d’éclat qui firent de lui un être infréquentable par la haute société au sang bleue. La conversation vint sur les princes de l’Église, puis sur les évêques. C’est alors que son parent imbu de ses titres lui dit avec un sérieux admirable « cher comte, que pensez-vous de votre évêque ? ». Je sentis dans l’air comme un souffle de bonheur. Face à moi l’œil de mon ami brillait espiègle. Je m’enfonçais instinctivement dans mon grand fauteuil empire en prévision d’un coup de rapière ravageur. La bouche pincée il répondit guindé, le visage haut faussement énigmatique : « Notre évêque est en effet très particulier. » La mine interrogative de son interlocuteur montrait son désir d’en savoir d’avantage, alors qu’il tombait dans un piège grossier. Il insista manifestement très captivé, montrant par là que le poisson était ferré : « Vous avez donc une opinion précise sur ce saint homme ? pourriez-vous me le définir ?» À ce moment la joie de mon ami rayonnait quand il répondit avec emphase : « Oui, je puis vous le définir fidèlement en peu de mots ! » son œil ne me quittait pas et mon malaise grandissait tellement que j’étais sur le point de prendre congé. J’esquissais un geste pour me lever quand il fit un signe discret de la main me demandant de rester pour assister à l’épilogue sanglant pour la haute société. « Cher baron, je puis vous dire que mon évêque est, comme beaucoup de braves évêques, n’en doutez surtout pas, de la vraie chiasse en bas de soie (sic) ».

 Vous voyez, j’ai été à la bonne école chez un véritable aristocrate… comme je les aime évidemment ! Et croyez-moi si vous le voulez, avec lui nous parlions abondamment d’alchimie et de réalisation spirituelle en des domaines non disciplinés par les lois de ceux qui veulent tout régenter.

 À Narbonne, dans l’Aude, quand j’usais mes fonds de culottes sur les bancs de l’école communale Montmorency, j’étais là en qualité de cancre et de lanterne rouge de ma classe. En ce lieu de supplice pour mon besoin de liberté, je me souviens que mon institutrice de CM1 a un jour défini l’alchimie avec un mépris qui a fait sursauter mon âme d’enfant et l’a marquée à jamais. Plus d’un demi-siècle plus tard cette définition est restée gravée dans ma mémoire au milieu des cadavres de règles d’orthographe défuntes depuis des lustres. Elle a dit avec mépris : « C’est l’art, pratiqué par des rêveurs, voulant fabriquer une pierre capable de transmuter les métaux en argent ou en or. » Allez savoir pourquoi cette phrase m’est restée alors que tout le reste s’est évaporé ?

Bien plus tard j’ai pu lire que l’alchimie est une pseudoscience du Moyen Age, plus exactement une science occulte chimérique. Disons le tout net, c’est un piège à c… ou plus poliment à fous, à cupides et à insensés. Son royaume est celui des dupes et des crédules.

La seule chose positive à son actif est sa qualité d’ancêtre de la chimie. Les chercheurs hallucinés ou détraqués découvrirent, en maniant au hasard leur verrerie, des substances chimiques seuls résultats tangibles de leurs folles prétentions. Avouez que ce n’est pas glorieux pour l’auréole de nos fondateurs des sciences de la matière !

 En résumé, l’un des objectifs de l’alchimie est le grand œuvre, c’est-à-dire la réalisation de la pierre philosophale permettant la transmutation des métaux, notamment des métaux « vils », comme le plomb ou le mercure, en métaux nobles, l’argent, l’or.

Un autre objectif est la recherche de la panacée (médecine universelle) et la prolongation de la vie avec un élixir de longue vie.

 Pour revenir à mon institutrice abhorrée, monument légendaire de sévérité, je suis surpris aujourd’hui de sa connaissance d’une pierre capable de transmuter. Cela laisse supposer que sa culture en la matière était loin d’être superficielle. Son développement du sens de l’alchimie a du être plus important que m’a mémoire réticente à sa pédagogie violente et catastrophique, a bien voulu me restituer.

 

Sens du terme alchimie.

 Peut-on définir l’alchimie en peu de mots ? L’étymologie permet d’en esquisser un contour très général. C’est déjà une approche globale même si la signification de ce terme est entaché d’incertitudes. Ce nom provient de l’Arabe, ce qui n’est pas surprenant puisque les musulmans furent les vecteurs de cette connaissance issue de l’Égypte hellénisée. El-kimya signifiait donc la chimie, puisque el est l’article. Le mot « chimie » n’est pas d’origine arabe, mais est issu de l’égyptien Kam-it ou kam-it qui signifie « noir ». Ce qualificatif était le nom de l’Égypte dont la terre devenait noire par les alluvions du Nil. Ce nom apporte donc d’utiles renseignements quant à l’origine de cet art sacré.

 Ajoutons enfin que par un jeu phonétique les alchimistes disent que l’alchimie est la chimie de Al ou chimie de Dieu. Al étant pris ici dans le sens d’Aloim ou Eloim, puisque les voyelle sont permutantes. Ce sens a la particularité d’attacher une dimension spirituelle à l’alchimie, sens trop souvent oublié de nos jours ou le laboratoire est mis trop souvent en exergue, alors que sa pratique unilatérale conduit inexorablement à l’échec par manque de maturité et de pertinence spirituelle. Car la spiritualité est aussi une « technique » dont il est nécessaire de ne pas négliger la dimension qui n’a rien de commun avec des discours confiturés comme l’a mis à la mode le culte du sacré cœur de Jésus.

La spiritualité est inséparable de l’exploration de la partie invisible de l’univers dont il convient de découvrir non seulement l’organisation, mais aussi notre place. C’est l’indispensable complémentarité de l’alchimie au laboratoire qui œuvre sur l’univers visible. Œuvrer la matière sans dimension spirituelle c’est œuvrer en aveugle à l’instar des souffleur qui ignorent ce qu’il faut faire au laboratoire. Quand on ignore l’oratoire on est aussi un souffleur !

 

La philosophie hermétique.

 L’alchimie étonne la philosophie, car – comme je viens de le dire, – l’objet de la recherche des alchimistes s’appelle pierre philosophale. Certes, cet adjectif indique qu’il ne s’agit pas du domaine de la philosophie, mais d’une très ancienne tradition qui appelle philosophes, philosophes par le feu les alchimistes. Quant à l’enseignement il se nome philosophie. Le célèbre livre du moyen age La tourbe des philosophes en est un témoignage ainsi que Le livre de la philosophie naturelle des métaux (1567) de Bernard le Trévisan et Les douzes clefs de la philosophie (1624) de Basile Valentin et aussi, plus près de nous, Les clefs de la philosophie spagyrique (1722) de Le Breton.

 Le fameux Vocabulaire technique et critique de la philosophie d’André Lalande n’élude pas le fait (depuis la première édition de 1902 à 1903) dans son article philosophie où il signale à la page 773 de la dixième édition de 1968 (Presses Universitaires de France) :

 [ Au Moyen âge, les alchimistes. « Le sel, le soufre et le mercure des philosophes… » De là, les expressions « pierre philosophale », « Lampe philosophique », etc. ]

  Je rappelle qu’il y a, en alchimie, quatre appellations sous le vocable de philosophie : Philosophe, philosophal et philosophique qui constituent une sorte de progression marquant les principales étapes de l’évolution de la matière dans l’athanor. Quant au terme philosophale il s’applique seulement à la pierre réalisée.

Le mot philosophe, comme pierre des philosophes, caractérise les substances brutes issues du minerai et non œuvrées. Il caractérise aussi les substances issues du premier œuvre ou séparation.

Le terme philosophal est intermédiaire entre philosophe et philosophique.

L’expression philosophique caractérise essentiellement le sel préparé selon les procédés chimiques, d’où l’appellation sel philosophique (dans un premier temps) et les substances du second-œuvre dans l’opération de solve (dissolution) ou se forme le rebis, ou matière double ignée. Cette matière à double complexion n’étant pas parvenue à maturité prendra le nom de soufre philosophique. Quant au soufre des philosophes il qualifie la matière sulfureuse séparée du mercure et du sel dans la première partie du Grand Œuvre.

Le soufre philosophique est capital en alchimie car parvenu à maturation il prend le nom de pierre philosophale. Soulignons ici que le sel philosophique s’intègre harmonieusement au soufre philosophique et accompagne sa maturation.

L’importance capitale de ce corps double, appelé aussi rebis, ou androgyne, et telle que les alchimistes des siècles passés lui avaient consacré un symbole à doubles significations. La première désigne le tartre des tonneaux (lie de vin solidifiée) d’où peut s’extraire aisément le carbonate nécessaires à la fabrication du sel philosophique. La seconde est celle du soufre philosophique lui-même à triple constitution. D’où, dans la nomenclature des anciens chimistes, le symbole formé d’un triangle avec trois tiges lancéolées partant du milieu de sa base. Nous laissons la parole à Eugène Canseliet en son ouvrage l’alchimie expliquée sur ses textes classiques :

 « Le fils de science notera que le triangle et ses trois tiges lancéolées, qui expriment la lie de vin solidifiée, désignent également le soufre philosophique. » p 169.

 Spécifions ici que le sel des alchimistes n’est pas le chlorure de sodium de notre salière, mais une substance ionique double qui lui est analogue par deux points : la couleur blanche et la cristallisation. Dans le Grand Œuvre cette substance est utilisé durant la cuisson de la même manière que le sel de cuisine, c’est-à-dire à petite dose raisonnable. En cuisine comme en alchimie un excès rend impropre à la consommation le résultat final. Dans les deux cas les substances trop salées rejoignent la poubelle.

Signalons en outre les mois philosophiques qui caractérisent la durée symbolique des philosophes œuvrant dans le cadre du Grand Œuvre pour fabriquer le pierre philosophale (28 mois).

 Il importe de souligner ici un fait capital. Si André Lalande, signale, dans son vocabulaire, le sens alchimique de philosophie, il renvoie tout de même à un « savoir rationnel, science, au sens le plus général du mot. ».

Donc, il ne dit pas pourquoi le terme philosophal s’est différentié de philosophique, ni ce qui justifie que l’alchimie soit considérée, comme philosophie en qualité de savoir rationnel.

 N’oublions pas que ce vocabulaire volumineux qui fait encore autorité en la matière, fut rédigé dès les premières années du XXe siècle. La première édition a plus d’un siècle, ce qui signifie que l’auteur est issu d’une époque a la mentalité différente de la nôtre où l’intuition jouait, malgré l’apparente rationalité, un rôle non négligeable. Le testament spirituel de Bergson (1859-1941) en est un bel exemple quant il disait : « L’univers est une machine à fabriquer des dieux. » Les dieux meurent. Où sont donc leurs couronnes ? Telle est la question à laquelle l’alchimie répond…

Le terme philosophie a donc deux faces. L’une est rationnelle véhiculée par la philosophie « académique ». L’autre plonge dans le sur rationnelle attaché au sens alchimique.

 Bernard Joly en son beau livre Rationalité de l’alchimie au XVIIe siècle, (Éditions Librairie philosophique J. Vrin, Paris 1992) ne manque pas de relever cette opposition dès la deuxième page de l’introduction :

 « Prendre au sérieux la solidarité que les mots ont imposé entre la philosophie et l’alchimie, voila la tache que nous nous sommes fixée.

Cela ne va pas, bien sur, sans difficulté, tant est enraciné dans nos mentalités contemporaines l’opposition entre la rationalité du discours philosophique, rationalité qui constitue son essence même, et l’irrationnel des entreprises alchimiques. D’un côté, le travail rigoureux du concept et l’usage prudent et réfléchi des catégories logiques de la pensée ; de l’autre, le déploiement de la rêverie et de l’imaginaire, porté par le jeu des symboles et des analogies. »

 La philosophie alchimique apparaît comme irrationnelle alors qu’en réalité elle est surrationnelle. Cette méprise est pardonnable puisque le rationnel est incapable de saisir ce qui le dépasse, comme une intuition juste ou une synchronicité.

Dans ces remarques nous avons l’exemple d’une ignorance entretenue par les mandarins depuis la condamnation sans appel, durant les années 80, de la dimension holoscopique de l’homme, notamment son espace psychique, et celui de l’univers.

 Si Bernard Joly avait été informé des découvertes des neurosciences il aurait proposé une réponse satisfaisante et constructive à ces oppositions dans le concept de philosophie. En effet, la cohabitation dans notre psychisme d’une dimension rationnelle et d’une autre surrationnelle, confondue, comme je viens de le spécifier, avec l’irrationnel, est tout à fait normale.

En d’autres termes la philosophie est autant celle des philosophes rationalistes que celle des alchimistes. C’est l’union des deux qui est la philosophie. Telle est la raison pour laquelle André Lalande manifeste une contradiction qu’il ne parvient pas à résoudre et que seule les neurosciences expliquent.

Je ne saurais exposer ici un long développement sur la physiologie du système nerveux central sans prendre le risque d’endormir la galerie. Aussi, comme je l’ai déjà fait, je vais vulgariser et résumer avec le risque que cela comporte de laisser supposer des faits simplistes qui n’existent pas.

Nous savons depuis les années 70 que nos deux encéphales cérébraux n’ont pas les mêmes rôles, ils ne fonctionnent pas de la même manière. Ainsi quand nous dessinons un objet, l’encéphale gauche traduit les détails et le droit les formes générales, la globalité. La particularité de l’encéphale droit est sa capacité de réaliser des extractions d’invariantes, en d’autres termes de « voir » de l’ordre là ou pour notre cerveau rationnel il n’y en a pas. Les hémisphères cérébraux fonctionnent naturellement par le croisement de ces deux capacités que les biologistes appellent logique cruciforme.

Il est bien évident que l’hypertrophie du rationnel ou celle du sur rationnel forment des êtres déséquilibrés, des sous-hommes manipulables ! Un intellectuel spéculateur est un inadapté, ce qui fait des exposés maçonniques ou « planches » des procédés de « contre initiation ». Le déséquilibre est aussi présent chez le « non-penseur » qui ne peut vivre en permanence dans le sur rationnel sans prendre le risque de se « déconnecter » de la société et surtout de se tromper.

Le milieu social actuel fabrique des sous-hommes en favorisant la dimension rationnelle au détriment de celle qui ne l’est pas.

Ceci pour dire que la philosophie alchimique est autant rationnelle que surrationnelle. Cet équilibre étant fondamental pour éveiller l’intuition et la compréhension de l’univers grâce à la cabale qui va au-delà des mots et se caractérise comme verbe de notre encéphale cérébral droit alors que le gauche a comme verbe la parole « académique ».

À partir de là on peut saisir pourquoi les alchimistes se disaient dépositaires de la science par excellence, contenant les principes de toutes les autres, expliquant la nature, l’origine et la raison d’être de tout ce qui existe y compris l’univers et sa destinée. C’est cette capacité qui fut gardée secrète et mise à l’actif du personnage réel ou imaginaire Hermès Trismégiste (le Thoth des Égyptiens).

Telle est la raison pour laquelle la philosophie des alchimistes s’appelle Philosophie hermétique.

 

L’alchimie théorique.

 L’alchimie comporte une pratique au laboratoire, in vitro, qui doit être précédé d’une connaissance théorique du déroulement des opérations ou Grand Œuvre. Une partie de l’alchimie est donc une technique nécessitant non seulement de la dextérité, mais aussi une logique aussi rigoureuse que celle des scientifiques.

Contrairement à ce qu’affirment de nombreux auteurs, l’alchimiste n’est pas un théoricien. Son art ne repose pas sur des postulats. Dans son athanor il ne s’imagine pas que telle réaction est due à tel phénomène ou à tel autre. Il se limite a appliquer son protocole expérimental que lui a enseigné un maître. C’est pour cela qu’il est appelé le singe de la création, terme qui n’implique nullement la bêtise, mais l’art d’oublier ce que l’on sait, et d’apprendre à partir de ce que l’on observe. Donc ne pas attendre tel ou tel phénomène, surtout si l’on est chimiste.

La théorie ne s’élabore qu’après avoir avancé dans la pratique, mais surtout pas avant. Elle est le reflet, le miroir, de l’alchimiste, de ce qu’il a observé et compris, et non le résultat de ce que les autres on dit. Elle est donc en perpétuel changement et progresse en même temps que l’alchimiste et en fonction de lui-même. Étant individuelle à un alchimiste, son alter ego en quelque sorte, elle ne peut donc faire l’objet d’un livre sans prendre le risque d’être toujours biaisée. Les livres sur les théories alchimiques doivent donc être lus avec beaucoup de circonspection…

En clair l’univers est immuable, mais l’alchimiste ne l’est pas et sa perception des théories universelle ne peut être complète et donc vraie que lors de sa réussite finale.

 

L’alchimie pratique.

 L’alchimie pratique repose sur une série de manipulations ou Grand Œuvre appelé aussi Grand Opéra qui se réalise sur une paillasse de laboratoire ou à défaut dans une cuisine. Le but de ce travail est de fabriquer la pierre philosophale.

1345216743L’outillage est des plus rudimentaires : un fourneau, une bassine, un entonnoir, une cornue, deux ballons, des bouchons en caoutchouc ou en plastique, un mortier et son pilon, un filtre en tissu, une passoire non métallique. Les fours sont là par tromperie. Ils peuvent cependant servir à fabriquer la chaux en « cuisant » des coquillages. Un conseil, si vous désirez un four à chaux servez-vous d’un grand bidon enterré ou alors utilisez un four électrique.

Durant ces travaux l’adepte doit observer une succession de couleurs précises. Certaines sont intermédiaires et ne se manifestent pas longtemps. La première est la couleur noire, ensuite vient la blanche. Les dernières sont la jaune, l’orangé et la rouge. La couleur rouge caractérise la pierre philosophale qui peut également être jaune comme l’intérieur de la pierre. C’est d’ailleurs pour cela que la pierre philosophale est appelée œuf.

C’est durant l’œuvre au noir que l’alchimiste récolte la première médecine ou quintessence.

La pierre au blanc permet de transmuter les métaux en argent. La pierre rouge transmute en or. Les métaux transmutés sont laminés au marteau et plongés dans de l’alcool. Cette macération métallique transforme l’alcool en élixir de longue vie ou médecine universelle. Celle contenant l’argent est réservée aux femmes. Celle contenant l’or est réservée aux hommes.

Je n’ai abordé ici qu’une manière de procéder pour réaliser le Grand Œuvre qui s’appelle voie humide. Il existe d’autres voies dont la voie dite sèche car le sel est utilisé sous forme de cristaux. Nous avons aussi la voie brève ou sacerdotale, etc.

La première phase des travaux est appelée travaux d’Hercule. C’est une phase capitale qui donne une première maîtrise du Grand Œuvre. C’est la clé de l’alchimie impossible à réaliser sans l’acacia ou des végétaux similaires. Elle caractérisait, dans la Franc-Maçonnerie primitive l’accession à la maîtrise. Le récipiendaire pouvait dire en toute vérité : « l’acacia m’est connu. », ce qui n’est plus le cas de nos jours et rend caduque la maîtrise qui n’est plus une initiation. Q’Iram m’entende !

 

L’alchimie spirituelle.

 Tout en ignorant ce qui précède les cénacles de francs-maçons ont décrété que l’alchimie était uniquement spirituelle. C’est comme si l’alchimie, règne de l’unité pouvait se décliner en tout domaines jusqu’à l’incohérence.

Les frères à trois points ont choisi la déclinaison spirituelle, condamnant l’alchimie pratique qui n’existe pour eux qu’en qualité d’occultisme de bas étages. Nous voilà donc embarqué dans la spéculation pure et simple ou la terminologie alchimique prend uniquement un sens figuré, ce qui donne du grain à moudre aux bavards de toute obédiences. Ainsi fabriquons-nous de l’or spirituel. Le but de l’alchimie devient l’épuration de l’âme et les métamorphoses de l’esprit pour parvenir à la pierre philosophale analogues à l’homme transformé, transmuté.

La question que je me suis posée en lisant ces spéculations alchimiques, qui pour moi sont non seulement fausses dans leurs affirmation, mais déroutantes dans leurs complexités : « Est-il nécessaire d’utiliser la terminologie alchimique pour baliser le progrès spirituel ? » Depuis longtemps j’ai répondu « non ! ». Et j’imagine que tout le monde peut parvenir à la même conclusion. Cela met en évidence que le symbolisme alchimique des Loges est utilisé dans un but qui n’est pas de l’ordre de la spiritualité. Son rôle est de rendre inoffensive l’alchimie véritable. L’intégrer en la déformant (l’Église à suivi une démarche analogue en christianisant dolmen et menhir) était le meilleur moyen de s’en débarrasser. Cela devenait d’autant plus urgent que le symbolisme des loges est basé sur l’alchimie et que la connaissance alchimique spirituelle et surtout celle du laboratoire des premiers temps est perdue… comme la Parole, dite perdue, qui est concomitante à l’alchimie et plus particulièrement à l’alchimie du verbe et de la linguistique ou langue des oiseaux ou encore langue verte. Cette philosophie est simple : spéculons et condamnons ce que nous ne comprenons plus !

Les convaincus de la dimension uniquement spirituelle de l’alchimie citent fréquemment comme preuve ce passage des Sept chapitres d’Hermès :

 « L’Œuvre est avec vous et chez vous, de telle sorte que, le trouvant en vous-même, où il est continuellement, vous l’avez aussi toujours quelque part que vous soyez, sur terre et sur mer. »

 Cette citation justificative de l’homme athanor, de l’homme creuset du Grand Œuvre spirituel ne tient pas debout quant on est un peu versé en alchimie. N’oublions pas que le but essentiel de la dimension matérielle de l’alchimie est l’étude de la vie assoupie sous l’épaisse écorce des choses. C’est la raison pour laquelle de nombreux alchimistes étaient médecins. Si l’alchimie est inséparable de la vie, elle est inséparable de tout être vivant, d’où cette phrase, car les phénomènes vitaux suivent des processus alchimiques naturels. L’alchimiste et médecin Anglais Robert Fludd (1574-1637) le précise d’ailleurs fort bien à la page 223-224 de son De mystica sanguinis anatimia (sec. I, part. III, lib. I) :

 « Le vrai alchimiste imite la nature. En commençant son œuvre, il réduit la matière en parcelles, il la broie et la pulvérise ; c’est la fonction des dents. La matière ainsi divisée, il l’introduit par le bec dans la cornue ; ce tuyau représente l’œsophage ; la poche de la cornue est la poche stomacale.

Ensuite il mouille la matière avant de la soumettre à l’action de la chaleur, comme le suc gastrique humecte les aliments ingérés dans l’estomac. Enfin il ferme exactement l’appareil (à ce moment la matière est dans un ballon) et l’entoure d’une chaleur humide égale et modérée en la plaçant dans un bain-marie et dans du fumier de cheval (comprenez : dans le sel liquide qui entoure le soufre philosophique et dans le soufre non amalgamé). C’est ainsi que l’estomac est naturellement entouré par le foie, la rate, les intestins qui le maintiennent à une température égale. L’opération alchimique est assimilée à la digestion ; les parties élaborées (chyle) sont mises à part et servent à alimenter le Grand Œuvre (il s’agit ici le la récupération des trois corps séparés) tandis que les matières excrémentielles (parties non récupérables que les alchimistes appellent fèces – elles sentent comme les selles – et terrestreïtés) sont rejetées comme inutiles. »

 Cette étude analogique de la voie humide montre à elle seule que tout individus porte le Grand Œuvre avec lui et en lui où qu’il se trouve. Les connaissances actuelles confirment cet aspect par le rôle essentiel du potassium intracellulaire à l’origine de la conduction de l’influx nerveux (potentiel d’action) et donc solidaire non seulement de nos battements cardiaques, mais aussi de nos mouvements et de nos pensées. Je rappelle que le potassium est un métal fondamental en alchimie par sa présence sous forme d’hydroxyle dont il assume le bon déroulement tout comme il assume dans notre organisme, sous forme ionique, l’équilibre hydrominéral et le potentiel électrochimique nécessaire au bon fonctionnement nerveux et cardiaque (balancement des ions).

Je n’insisterais pas sur le rôle des carbonates dans les échanges gazeux et les transports ioniques, ni sur celui des sulfamides. Ceci étant dit pour les intellos… que les autres ne s’affolent pas, ça ne sert à rien si ce n’est pour que je ne sois pas pris, par l’intelligentsia, pour un débile qui vous raconte n’importe quoi !

Durant les processus biochimiques les molécules se rangent en couches contenant celles qui sont identiques. C’est une analogie importante avec les surnagea qui séparent trois couches moléculaires dans l’œuvre au noir.

Il faut cesser de vouloir justifier une attitude qui n’a pas sa raison d’être. L’alchimie est une, autant pratique que spirituelle, et psychologique. René Alleau la définit comme mystique expérimentale dans son unité. De grâce, cessons de la décliner dans des desideratas qui n’ont aucune raison d’être si ce n’est d’éluder notre incompréhension !

 

Le grand Art ou Art magna.

 Le qualificatif d’art royal ou d’Art Magna (Grand Art) ne désigne pas une super alchimie ou une alchimie particulière. C’est l’alchimie tout simplement.

Face à ces multiples déclinaisons de la philosophie hermétique il m’arrive de m’imaginer que l’alchimie se découpe en rondelles comme un saucisson. Et je suis stupéfait de voir qu’est confondue une tranche avec le saucisson entier ! Face à la multiplication des fines sections, ne soyons pas surpris s’il est impossible de dépasser le stade apéro.

J’ai envie de tirer les oreilles de Serge Hutin (paix à son âme) quand, dans son livre l’Alchimie de la collection Que-sais-je ? il qualifie l’Art Magna de « conception grandiose de l’alchimie. » Et voilà qu’il cite, au débotté, André Savoret (il aurait pu citer Fulcanelli ou Canseliet) en son fascicule très instructif Qu’est-ce que l’alchimie, réédité à moult reprises et dans lequel cet excellent auteur ne dit pas qu’il parles d’alchimie « grandiose » mais d’alchimie tout simplement !

Déclarer que l’Art Magna ou Art royal est une alchimie particulière, alors que notre célèbre spécialiste de l’ésotérisme ne manifestait pas cette opinion quand nous cheminions ensemble pendant que je lui faisais découvrir, il y a quinze ans de cela, les secrets alchimiques de Montpellier… C’est surprenant, à moins que les exigences sorbonarde de la collection ait réclamées un chapitre de plus ! N’en doutez pas, je me perds en conjecture en découvrant un chapitre intitulé Alchimie mystique (encore une rondelle !), alors qu’il fallait parler de la mystique de l’alchimie une et indivisible.

 André Savoret (1898-1977) donne donc une définition de l’alchimie qui dépasse amplement les bricoles au laboratoire :

 « L’alchimie vraie, l’alchimie traditionnelle, est la connaissance des lois de la vie dans l’homme et dans la nature, et la reconstitution du processus par lequel cette vie, adultérée ici-bas par la chute adamique, a perdu et peut recouvrer sa pureté, sa plénitude et ses prérogatives primordiales. »

 Il ne s’agit pas là d’une suprême Grand Œuvre, œuvre mystique, voie de l’absolu ou encore œuvre du phénix permettant grâce à sa pratique le réintégration de l’homme dans sa dignité primordiale. Non et non ! il existe un Grand Œuvre tout court, indivisible inaliénable et unitaire dans sa démarche. Désolé d’en décevoir certains, le Grand Œuvre, même si c’est une cuisine, ne se pratique pas a la carte !

Si vous voulez bidouiller dans un coin de votre cuisine, si vous voulez spéculer à perte de vue sur les symboles alchimiques d’une Loge Maçonnique ou rosicrucienne, éclatez-vous ! Si vous souhaitez vous mettre en présence de Dieu, comme le disent les vieux missels, allez-y ça vous fera du bien ! Si vous voulez pratiquer l’alchimie, c’est autre chose, elle est tout ce qui précède avec un oratoire à portée de main.

L’expérimentateur influence toujours par sa seule présence les expériences qu’il réalise. Il faut donc œuvrer sur l’expérimentateur pour qu’il puisse œuvrer sur la matière.

L’univers a intégré l’homme en son sein, ce qui veut dire qu’il s’est adapté pour que l’homme puisse vivre et n’a pas mis du cyanure dans l’air alors qu’il le pouvait. Cette adaptation est le phénomène anthropique des physiciens.

Pour sortir de ce trou, un seul chemin : Suivre les lois immuables de l’univers même si elles sont a contrario des lois sociales. Si vous adoptez un dogme, une croyance c’est l’échec assuré… Chrétiens, Bouddhistes, Musulmans, devenez Chrétiens, Bouddhistes, Musulmans autrement. Seul l’Univers est dépositaire de la réalité et peut vous aider à monter sur l’échelle à neuf barreaux que tient l’alchimie sculptée a la porte de Notre Dame de Paris.

 

FABULEUSE ALCHIMIE et l’inséparabilité quantique

Je vous livre ici un texte qui fait partie d’une conférence que je prépare pour le quatre juillet 2009.

Comme il doit être parlé et susciter des questions, de ce fait il n’a pas la même rigueur que s’il avait été écrit comme un article habituel.

Je vous demande donc de ne pas être trop sévères pour le juger.

J’analyse ici, d’une manière succincte, les premier éléments du récit d’une transmutation de plomb en or. J’ai essayé de montrer combien une analyse de ces lignes peut être enrichissante, quand on n’est pas obsédé par le sensationnel de la seule transmutation qui finalement s’avère être, et de loin, secondaire. Mais de cette transmutation je n’en parles pas !

Je vous l’ai dit, il s’agit d’un extrait de ma conférence et de ce fait vous pouvez rester sur votre faim. Je vous promets de vous livrer la suite quand j’en aurais le temps. Attention, vous aurez droit à la suite seulement si vous le demandez.

 L’enseignement spirituel et alchimique ne fut pas identique à travers les siècles, tout comme il est différent selon les cultures. Vous n’ignorez plus que la Renaissance est, comme je l’ai déjà dit, une période de décadence où commence à apparaître le sens de la matérialité univoque porteuse du culte du progrés inséparable de celui de l’égo. Voir à ce propos Le mystère des cathédrales de Fulcanelli. 

Ce changement correspond au début d’une érosion des valeurs spirituelles et d’une clairvoyance inhérente aux hommes. Cela implique évidemment un changement dans la manière d’enseigner des maîtres spirituels des XVIIe et XVIIIe siècles. On ne parles pas de la même manière à un clairvoyant et à un aveugle de plus en plus borné.

 Après le « drame » de la Renaissance les alchimistes tentèrent d’infléchir l’orientation de la pensée débutant sa plongée dans l’intellectualisme devant accoucher d’un matérialisme de plus en plus aveugle.

 C’est la raison pour laquelle il y eut durant ces deux siècles de nombreuses transmutations publiques en Europe que l’on peut qualifier de pédagogiques.

C’est une période unique dans l’histoire, c’est celle ou les maîtres alchimistes prodiguèrent un enseignement public de l’alchimie, non pas en fondant des écoles, mais en effectuant des démonstration de transmutation accompagnées d’un discours explicatif sur les principes généraux de la fabrication de la pierre philosophale, allant de le dimension spirituelle nécessaire à ses effets sur les minéraux, son action thérapeutiques etc.

 La globalité de leur message est le suivant :

 « La chimie est en train de naître avec Lavoisier. C’est une fausse route, une fausse manière de comprendre la matière qui engendrera une fausse compréhension de la vie et de l’homme, et donc une science matérialiste. Nous allons vous montrer qu’existe une voie qui conduit vers la compréhension de l’univers indépendemment de celle que vous allez suivre.»

 Ils ne furent pas écoutés, mais les rapports écrits restent et peuvent encore infléchir nos concepts scientifiques vouées, tôt ou tard, à une stagnation certaine.

Je le répète, à travers les transmutations, les maîtres diffusèrent un véritable enseignement général qu’il serait peut-être temps de regarder de plus près.

 

 L’enseignement des maîtres alchimistes.

Je ne puis ici relater toutes les transmutations réalisées à travers Europe durant le XVIIe et le XVIIIe siècle. J’en choisirais donc une qui résume bien ce que les autres adeptes ont dit où fait. Il s’agit de la transmutation effectuée en 1666 par Helvétius médecin du prince d’Orange. Disons pour fixer les idées qu’il était l’équivalent du président de notre académie des sciences.

Ce scientifique n’accordait aucune créance à des absurdités telle la pierre philosophale !

Si je le l’ai choisi, c’est parce que les historiens et les enquêteurs sont mal à l’aise et préfèrent réserver leur jugement. Voici le début du récit d’Helvétius :

 «  Le 27 décembre 1666, dans l’après-midi, un étranger se présenta chez moi à la Hayes, l’air d’un plébéien, d’une honnête gravité et d’une autorité pleine de sérieux ; il était de pauvre stature avec un visage menu et allongé marqué de quelques trous de petite vérole, une chevelure presque toutes noires sans aucune boucle, le menton rasé, âgé, me semble-t-il, de 43 à 44 ans, et natif de la Hollande du Nord. »

 La date choisie n’est pas quelconque, c’est le chiffre de la bête 666 précédé de l’unité qui caractérise Dieu qui a toujours été représenté autant pas la primauté que par l’unité. Sur un certain plan qui échappe trop souvent aux lecteurs, c’est un choix significatif. C’est l’année du combat de l’Archange contre la bête. À ce moment l’Archange va être obligé de reculer, si je puis dire, jusqu’au pieds de la croix.

 Ce portrait montre qu’un quadrat a réussi le Grand Œuvre et non un vieillard, ce qui signifie que contrairement à la croyance générale il n’est pas nécessaire de passer toute sa vie à fabriquer la pierre philosophale, ce que cet adepte ne tarderas pas à confirmer.

D’autre part, c’est un plébéien, c’est-à-dire un être de basse condition, qui n’a pas utilisé son or pour s’acheter de beau vêtement et aller rendre visite à une sommité de la science. Vérité, Simplicité et jeunesse, tel est le premier enseignement. (attention les « vieux » ne sont pas exclus ! ! !)

 « Après m’avoir salué, il me pria très respectueusement de lui pardonner la grossièreté de son aspect du fait qu’il était grand amateur de l’art pyrotechnique. Il me dit qu’il avait lu quelques-uns de mes petits traités, particulièrement celui contre la poudre sympathique de sir Kenelm Digby ; Il s’était ainsi rendu compte de mes doutes au sujet du mystère philosophique, ce qui était la cause de sa démarche, et il me demanda s’il m’était impossible de croire que la nature renfermât un grand mystère capable de soigner tous les maux. »

 Ainsi, ce plébéien, qui ne manque pas d’urbanités, lit les publications des scientifiques, ce qui en fait non seulement un homme vrai, jeune et simple mais aussi cultivé et sociable.

Notre pyrotechnicien ou philosophe par le feu veut donc réhabiliter la valeur de la poudre de l’anglais Kenelm Digby en particulier et les capacités thérapeutiques de la pierre philosophale en général.

f5.highres D’abord, qu’est-ce que l’effet de la poudre de Digby ?

 C’est le même que celle de Paracelse et de l’anglais Robert Fludd (1574-1637) qui expérimentèrent avec grand succès, l’ « onguent des armes ». Appliqué sur l’épée ou le poignard ayant infligé la blessure, il avait pour effet de cicatriser celle-ci à distance et d’une manière presque instantanée.

Digby popularisa ces « cures de sympathiques » opérant à distance et, qui guérissaient les blessures rien qu’en mettant cette poudre en contact avec des linges ayant touché la plaie.

Remarquons que ce mystérieux visiteur d’Helvétius lie les effets de la poudre de Digby avec ceux de la pierre philosophale.

Est-il possible de comprendre quelque chose à propos de ces effets à distance ?

 

Un retour à l’actuel.

 Je dois au préalable rappeler une expérience physique que je décris en détail (avec moult autres choses) dans mon livre Holoscopie de le spiritualité occidentale. Je résume :

Si on fait interagir deux protons (particules du noyau atomique), ce choc produira deux photons (sans masse) qui s’éloigneront l’un de l’autre à la vitesse de la lumière. Cependant, quand on modifie la polarité d’un des deux photons, l’autre situé à plusieurs millions de km est immédiatement informé et subit instantanément le même changement de polarité. Ces deux particules sont donc reliées à distance, sans aucun lien physique entre-elles.

Les 2 particules sont donc inséparables et constituent un système unique, malgré leurs distances considérables. C’est ce que les physiciens appellent inséparabilité (anciennement appelé « intrication »). 

Cette expérience fut réalisée en 1982 par Alain Aspect (directeur de recherche au CNRS, professeur à l’Ecole polytechnique et membre de l’académie des sciences.)
 

Revenons au XVIIe Siècle.

 Vous pourriez me rétorquer qu’à ces siècles reculés les alchimistes ignoraient le phénomène d’inséparabilité. Erreur, ils le savaient et l’enseignaient dans leurs écrits. Nous en avons un bel exemple avec l’alchimiste Don Belin (1610-1677), évêque de Bellay, qui faisait l’admiration de Louis XIV, et écrivait en 1658 dans son Traité des Talismans ou figures astrales :

   « Vous devez savoir qu’entre tous univers et toutes ses parties, il n’y a pas une moindre liaison et continuité qu’entre un corps entier et ses parties ni une moindre sympathie entre l’esprit universel et tout l’univers qui va partout, qui environnent tout, pénètre tout, anime tout, meut tout, compose tout, vivifie tout, féconde tout et les parties qui compose ce même univers qu’entre un corps particulier et les parties qui le composent.»

 

Une histoire mystérieuse de pierre philosophale.

 En d’autres termes, les alchimistes connaissaient les liens d’inséparabilité et la pierre philosophale avait une action sur ces liens. C’est ce que met en évidence un évènement survenu en Allemagne dans l’église désaffectée d’un monastère qui servait de terrain de jeux à des enfants. Je résume les faits qui furent révélés par Eugène Canseliet à la page 71 de son introduction aux Douze clefs de la philosophie de Basile Valentin :

 Un jour que les enfants jouaient, l’un d’eux fut retenu par les pieds sans pouvoir se dégager, même aidé par ses camarades. Le précepteur n’y parvint pas non plus. Le jeune garçon remarqua des signes inscrits sur un mur et à l’instant il fut libéré.

La nuit le précepteur dégagea du mur une boîte qui contenait une pierre philosophale, et il s’enfuit avec.

La pierre aurait-elle non seulement une action sur la pesanteur, mais serait-elle capable d’agir sur des champs de force, et donc des liens invisibles ?

Donc, en parlant de la poudre de Digby, l’alchimiste qui s’adressait à Helvetius enseignait l’action de la pierre philosophale sur ces liens d’inséparabilité. En d’autres termes l’alchimie n’est pas que la transmutation ! C’est déjà un enseignement qui vaut son pesant d’or si je puis dire.

 

Conclusion pour les amateurs de Science Fiction.

 Avant que l’univers fût, la matière qui allait lui donner naissance était toute concentrée en un point. En ce lieu les particules génératrices des atomes et de toutes substances des planètes aux galaxies étaient en contact les unes avec les autres.

Lors de l’explosion du fameux Big Bang, la matière fut projetée de tous côtés dans l’espace. Imaginez des élastiques qui joignent toute particule entre elle. Et imaginez encore (attention ne délirez pas !) qu’un artiste puisse jouer sur ses élastiques, les étirer, les contracter, s’y promener comme un funambule. Ne croyez-vous pas qu’il puisse se jouer des années-lumière avec la poudre perlin-pain-pain ?

Voilà, j’ai fini ma crise de folie, et je vous quitte pour embarquer sur mon vaisseau spatial direction l’étoile polaire… Je vous enverrais des cartes postales, car il ne faut négliger aucun liens, surtout pas ceux de l’amitié !

 


P.S. Certains lecteurs pourront comprendre pourquoi je devais rédiger, à la demande de l’auteur Roger Caro, la post-face de son ouvrage Bible science & alchimie.
 

LETTRE OUVERTE À CEUX QUI OEUVRENT AU LABORATOIRE

Il est un fait important en alchimie, c’est celui de la réussite du Grand Œuvre au laboratoire. Si certains ne parviennent pas à blanchir leur pierre, évidemment ils n’ont pas réussi et ce fait les renvoie à eux-mêmes. Mais il y a plus, certains adeptes parviennent à la couleur blanche et à la rouge et pourtant le résultat n’est pas probant, la pierre obtenue ne vaut rien. Il ne faut pas oublier qu’en oeuvrant avec des matières « non canonique » pour « s’entraîner », on obtient aussi la pierre blanche et la rouge qui n’ont aucune valeur. Dans le cas où les matières convenables seraient utilisées, et en supposant que la quintessence ait été obtenue dans de bonnes conditions, il est évident qu’il faut incriminer trois phénomènes complémentaires trop souvent négligés. D’abord l’apprentissage du silence des pensées, avec une écoute particulière qui est trop souvent confondue avec une méditation quelconque. Quand on s’imagine que l’on est élevé spirituellement, alors c’est la catastrophe… Le silence fécond est un état long à acquérir et sans lequel il est absolument impossible que cette parole du Christ : « L’Esprit Saint vous enseignera » prenne tous son sens. Le deuxième point est la négligence du corps sur le plan bioénergétique. Quant au troisième point qui fait aboutir à un échec, c’est encore un sérieux problème avec soi-même qui empêche le phénomène anthropique de prendre toute sa dimension et ne favorise pas la « modification » de certaines constantes universelles et aussi la méconnaissance des conditions extérieures qui ne sont pas uniquement celles de l’époque de l’année durant laquelle il faut œuvrer. Il suffit de lire Récréations hermétiques, Cambriel et Eugène Canseliet pour être éclairé.

Enfin je voudrais dire que personne ne saura jamais rien de mon travail, cela me concerne. L’essentiel c’est VOUS ! ! !

 

Que le Christ et Hermès guident vos pas.

LA COULEUR VERTE EN ALCHIMIE

spritus

 

La présence du Spiritus Mundi (Esprit du monde) se manifeste toujours par la couleur verte, comme en témoignent les récits sacrés et les mythologies de tous les peuples. Elle est celle de l’émeraude, et devient, de ce fait, celle du saint Graal dont j’ai donné une description précise dans mon livre « Hermestine, Renne le Château. »

La totalité des spiritualistes donnent au Graal une valeur uniquement spirituelle. Certes, je ne renie pas cette analyse, mais j’affirme qu’elle est incomplète. Comme je le montre dans « Hermestine » j’ai de pertinentes raisons de croire que ce vase existe très réellement sur terre.

Le spiritus mundi féconde le sel des sages qui devient vert et végétatif.

En parlant de cela, les alchimistes disent que la racine de toutes choses est une herbe minérale sans racine. Que voulaient-il dire ?

Je dois rappeler d’abord que mon explication reste sur le plan concret, directement issue de l’observation in vitro. De grâce, épargnez-moi la sempiternelle répétition de redire pour la nième fois que ce que je raconte est observable !

La couleur verte n’est généralement pas signalée par les alchimistes car c’est une couleur qu’ils appellent intermédiaire, tout comme le jaune. Le vert se trouve exactement à la charnière entre solve, ou partie du Grand Œuvre qui travaille sur la matière en solution, et coagula, qui va, comme son nom l’indique « coaguler » ce liquide pour en faire la pierre philosophale. Difficile d’être plus clair n’est-ce pas ? À ce moment crucial la surface de nigrido est exposée à l’air et ne tarde pas à prendre la couleur verte, qui est bien minérale et sans racines (c’est une sorte de moisissure).

L’alchimiste Eugène Canseliet confirma ce que je vous dit en ces termes :

« Chacune des phases du Grand Œuvre physique, qu’elle soit principale ou intermédiaire, possède ses limites bien marquées…

En ces instants, l’alchimiste affermit son accession ; il est entré dans le domaine transcendant, dont nul ne prend souci à l’ordinaire. Non seulement il sait désormais que l’esprit du cosmos est de couleur verte, mais encore il a vérifié que l’insaisissable agent de la vie se montre néanmoins pondérable et, conséquemment, de matérielle gravité. » (L’alchimie expliquée sur ses textes classiques, p 200. 1972)

C’est cela qui a fait la fortune du vert-de-gris dont les symbolistes se sont emparés pour dire des choses étonnantes.

Si le vert est devenue la couleur de l’espérance, c’est qu’il indique que l’alchimiste est sur la bonne voie, et qu’il ne lui reste qu’à croiser les doigts (ou creuset) pour aboutir à la couleur blanche. C’est lui qui a donné son nom à la langue verte, laquelle parle en vérité au-delà des idiomes. C’est cette langue verte, qui par son utilisation intensive et intelligente va permettre une approche de la Parole Cachée ou VERBUM DIMISSUM, c’est-à-dire la Parole Perdue des Francs-Maçons médiévaux.

Digestion, feu et sexualité

Cet article est la troisième partie d’un texte qui en comporte quatre.

 

Quelques propositions sur l’alimentation

Nous disions que la fonction des dents est de réduire en parcelles les aliments. Beaucoup ignorent que la digestion commence là. Si la mastication est un phénomène important, il est souvent passé sous silence qu’à ce stade une enzyme agit sur les sucres, c’est l’amylase salivaire. Sa présence donne de l’importance à la mastication. Plus l’aliment est fragmenté, plus l’amylase peut agir, ainsi que toutes les autres enzymes, et a donc une action importante de préparation à la digestion stomacale. Faites une expérience, mangez une sardine sans trop la mastiquer. La digestion est longue. Mangez une sardine en mastiquant longuement, et vous pourrez constater une diminution de la durée de la digestion. Bien mâcher les aliments allège donc le travail de l’organisme. De ce fait c’est une économie d’énergie et donc une préservation de la santé. Autant le travail du suc gastrique que le transit intestinal (moins de flatulences) est favorisé. De ce fait vous pourrez constater que les pensées deviennent plus claires. La somnolence ou la lourdeur après le repas disparaissent, à la condition évidente de ne pas avoir bu trop de vin… Un dernier point, éviter dans la mesure du possible de manger du pain. Si vous ne pouvez vous en passer choisissez le pain d’épeautre. Au petit déjeuner des galettes de riz sont très adaptées. Pourquoi ce choix ? Parce que le blé actuel est issu de sélections successives (culture dite « recombinatoire ») pour améliorer la grosseur des épis, la rigidité de la tige, etc. qui en font un organisme génétiquement modifié dans le sens de la rentabilité et non dans celui du confort alimentaire. L’épeautre (ou blé des gaulois) en qualité d’ancêtre du blé produit un gluten qui n’a pas d’inconvénients nutritionnels. Certes, ce blé des pays montagneux à hivers longs et rudes est rustique, mais on s’y habitue facilement. Le pain odorant et croustillant que l’on trouve dans nos boulangeries, y compris le pain complet ou celui de campagne, n’est pas recommandé. Il en est de même pour les grillades qui mettent l’eau à la bouche. Lors de la cuisson les molécules de la viande se transforment en un poison à l’odeur délicieuse… Si vous ne pouvez résister au plaisir d’une grillade, alors, tenez le gril verticalement pour que s’écoule le jus et limitez le plus possible la durée de cuisson. D’une manière générale les viandes gagnent à être cuites le moins possible ou à la vapeur.

 

Le feu qui tue et la terre donneuse de vie

Là nous retrouvons la raison d’un adage alchimique disant que les minéraux utilisés pour réaliser le Grand Œuvre alchimique, ne doivent jamais avoir été passé par le feu car, disent les adeptes, « le feu tue ». Par exemple, c’est la raison pour laquelle un soufre issu des volcans n’a aucune valeur pour l’alchimiste.

Vous pourriez faire remarquer que dans la croûte terrestre les minéraux sont un jour ou l’autre passés par le feu de la terre. Cette remarque est pertinente. Alors, comment se fait-il qu’ils soient « vivants » ? La réponse est simple, la terre est donneuse de vie et possède la capacité de régénérer, au bout d’un laps de temps parfois considérable, les substances qui sont en son sein. C’est cette particularité qui est à l’origine des statues des Déesses Mères (et les rites de la fertilité qui les accompagnent) et aussi des Vierges noires souvent placée dans des cryptes. C’est pourquoi ces statuettes s’appelaient parfois « Notre-dame de dessous Terre » que l’on aurait pu appeler « Notre-dame de Vie ». Les anciens chrétiens, souvent pétris d’hermétisme, connaissaient cette dimension régénérative de la terre et donc l’importance du monde chtonien. C’est la raison pour laquelle l’Église s’est longtemps opposée à la crémation du corps des défunts. Le concept de seconde mort (par le feu) trouve là son origine. La condamnation au bûcher d’un sorcier était une mort atroce et pratiquement éternelle. Les restes tués et purifiés pouvaient alors êtres livrés à la terre sans risquer de la « polluer », car le souvenir du blasphème était effacé, « purifié » par le feu. Ils croyaient, et cela est confirmé par la biologie, que les tissus conservent une mémoire après la mort, mort qui est un changement d’état dans un processus de décomposition et non de destruction. La vie se poursuit sous une autre forme. C’est ce qu’écrit l’alchimiste Eugène Canseliet en sa préface de la troisième édition du Mystère des cathédrales[1] :

 « Voici qui est plus grave : Quand la Franc-maçonnerie recherche toujours la parole perdue (verbum dimissum), l’Église universelle (katholiké) qui possède ce verbe, est elle-même en voie de l’abandonner dans l’œcuménisme du diable. Nulle chose ne favorise davantage cette faute inexpiable, que la craintive obéissance du clergé, trop souvent ignorant, à la fallacieuse impulsion, soi-disant progressive, reçue de forces occultes ne visant qu’à détruire l’œuvre de Pierre. Le magique rituel de la messe, profondément bouleversé, a perdu sa valeur.

A la faveur de cette politique d’incessant abandon, l’hérésie funeste s’installe, dans la ratiocinante vanité et le mépris profond des lois mystérieuses. Parmi celles-ci, l’inéluctable nécessité de la putréfaction féconde, pour toute matière quelle qu’elle soit, afin que la vie s’y poursuive, sous la trompeuse apparence du néant et de la mort. Devant la phase transitoire, ténébreuse et secrète, qui ouvre à l’alchimie opérative, ses étonnantes possibilités, n’est-il pas terrible que l’Église consente, désormais, à cette atroce crémation qu’elle refusait absolument ?

Quel horizon immense, découvre cependant, la parabole du grain confié au sol que rapporta saint Jean :

« En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de froment, tombant en terre, ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits. » (XII, 24)

Semblablement par le disciple bien-aimé, cette autre indication précieuse de son Maître, à propos de Lazare, que la putréfaction du corps ne saurait signifier l’abolition totale de la vie :

« Jésus dit : ôtez la pierre. Marthe, la sœur du mort, lui dit : Seigneur, il sent déjà mauvais ; car il y a quatre jours qu’il est là. Jésus lui dit : Ne t’ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? » (XII, 69 et 40.)

Dans son oubli de la Vérité hermétique qui assura sa fondation, l’Église, pressentie pour l’incinération des cadavres, emprunte, sans effort, sa très mauvaise raison à la science du bien et du mal, selon laquelle la décomposition des corps, dans les cimetières de plus en plus nombreux, menacerait d’infection et d’épidémie, les vivants respirant encore l’atmosphère alentour. Argument combien spécieux, qui porte pour le moins à sourire, surtout quand on sait qu’il fut déjà avancé, fort sérieusement, voici plus d’un siècle, alors que florissait l’étroit positivisme des Comte et des Littré ! Attendrissante sollicitude enfin, qui ne s’exerça pas en notre temps béni, lors des deux hécatombes, grandioses par la durée et la multitude des morts, sur des surfaces plutôt réduites, ou l’inhumation se faisait attendre, souvent très loin du délai et de la profondeur réglementaires.

En opposition, c’est ici le lieu de rappeler l’observation, macabre et singulière, à laquelle s’appliquèrent, au début du Second Empire, dans un esprit fort différent, avec la patience et la détermination d’un autre âge, les célèbres médecins, toxicologues de surcroît, Mathieu Joseph Orfila et Marie Guillaume Devergie, sur la lente et progressive décomposition du corps humain. Voici l’issue de l’expérience conduite, jusque-là, dans la fétidité et l’intense prolifération des VIBRIONS :

« L’odeur diminue graduellement ; enfin il arrive une époque où toutes les parties molles répandues sur le sol n’y forment plus qu’un détritus bourbeux, noirâtre et d’une odeur qui a quelque chose d’aromatique. »

Nous ne nous arrêterons pas sur la chute vertigineuse de l’Église néo moderniste, mais sur l’inséparabilité dont seule l’analogie et le principe de correspondance permet de saisir toute la dimension. Eugène Canseliet montre l’universalité du processus de putréfaction aussi bien chez les nations, les institutions, les individus constitués de chair et les minéraux :

 « Quant à la transformation de la puanteur en parfum, il faut établir la saisissante similitude avec ce que déclarent les vieux Maîtres, à l’égard du Grand Œuvre physique, et parmi eux, en particulier, Morien et Raymond Lulle précisant qu’à l’odeur infecte (odor teter) de la dissolution obscure, succède le parfum qui est le plus suave, parce qu’il est de la propriété et de la vie et de la chaleur (quia et vitae proprius est et caloris). »

 En d’autres termes, un cadavre se dégrade et prend la couleur noire et verte en fonction de la même loi que celle qui régit les métaux et métalloïdes qui participent au Grand Œuvre des alchimistes. Les mêmes couleurs et les mêmes odeurs se manifestent, parfois liées à la pollution de notre globe recoagulé pour employer une expression de Paracelse. Il s’agit de cette phase appelée Œuvre au noir, qui dégage une odeur de sépulcre disent les adeptes. Que le lecteur me pardonne de parler de plusieurs plans à la fois.

 En Extrême-Orient la crémation est courante, cependant les bouddhistes pensent que la réincarnation en être humain est rare. L’individu doit parcourir un cycle de réincarnation dans les végétaux et animaux (métempsychose) avant de pouvoir redevenir humain. Ce long parcours est le prix à payer pour récupérer une mémoire biologique qui fut gravement démantelée et altérée par la crémation. A chacun de décider s’ils souhaitent brûler… les ailes des papillons. 

 

L’amour et la sexualité

Dans les milieux spirituels, le corps joue beaucoup trop souvent un rôle secondaire. Il est même parfois considéré comme un ennemi, notamment dans les monastères ou par certains prêtres de l’Église catholique Romaine. Les pulsions sexuelles étant réprimées par des abstinences forcées, il est difficile pour certaines femmes et certains hommes de se contenir, ce qui est à l’origine non seulement de sérieuses névroses mais aussi de crimes tel le viol ou la pédophilie. Ces graves problèmes trouvent leur origine dans l’Ordination des prêtres auxquels l’évêque demande, durant la cérémonie, non seulement l’obéissance absolue (promesse d’obéissance canonique) mais encore de rester célibataire et de pratiquer la chasteté.

Voilà donc nos prêtres castrés pour l’éternité ! Est-ce bien sûr ? Ce que l’on ne sait généralement pas, c’est que la chasteté n’est pas synonyme d’abstinence. La devise de la chasteté dans l’iconographie chrétienne est celle de la tempérance : « J’en use mais n’en abuse. »

En réalité un prêtre de l’Église Catholique Romaine peut donc fréquenter une compagne mais n’a pas droit au mariage, ce qui est humiliant et inadmissible pour les femmes.

Donc, pour son équilibre, le corps a besoin de vivre sa sexualité. Ceci étant dit, en sachant qu’il existe de véritables énuques capable de maîtriser totalement leurs fonctions sexuelles. Ces individus sont très peu nombreux. Mais vouloir transformer en énuque tous les hommes destinés au sacerdoce est un crime car c’est aller à contrario des lois de la nature, c’est « tuer » l’harmonie d’un être vivant qui doit sa vie à la rencontre d’un homme et d’une femme. C’est aussi « tuer » un esprit, cet esprit que les alchimistes appellent Magnésie, lequel est l’arcane majeur de l’alchimie pratique du Grand Œuvre au laboratoire. Et, nous dit Fulcanelli dans ses Demeures Philosophales[2] à propos de cet élève de François Rabelais que fut Louis D’Estissac auteur du symbolisme alchimique de son magnifique château de Coulonges-sur-Autize (Deux-Sèvres):

 « Sans lui, sans ce mercure tiré de notre magnésie, nous assure Philalèthe[3], il est inutile d’allumer la lampe et le fourneau des Philosophes. Nous aurons l’occasion de développer plus loin l’arcane majeur du grand art. »

 Ne voulant pas plonger le lecteur dans des textes obscurs, je résume en disant que cette magnésie est liée au magnétisme issu d’une substance bien définie qui est à l’origine d’une force qui attire et agrège les substances éparses pour former la future Pierre Philosophale. De cette observation est né le terme alchimique de Coagula.

Sachant que le mot aimer est issu du terme aimant nous comprenons pourquoi l’alchimie est parfois qualifiée d’Art d’Amour.

L’Amour est – trop souvent on l’oublie – une loi universelle qui est au cœur de toute création et donc aussi dans le couple humain capable de générer. Cette particularité fut magnifiquement traduite par le poète Folco de Baroncelli :

 

« Jeunes gens qui parlez de l’amour

Comme de toute chose agréable et mortelle

Taisez-vous : l’amour est la grande Force  éternelle

Qui agrège les mondes et féconde les fleurs. »

 

[1] Éditions J. J. Pauvert, Paris.

[2] Tome 1, p. 365. Éditions J. J. Pauvert, Paris 1964.

[3] L’alchimiste du XVIIe siècle Irénée Philalèthe est l’auteur de nombreux ouvrages dont le célèbre L’Entrée ouverte au Palais fermé du Roi. Il se disait anglais de naissance et habitant de l’Univers.