AU RYTHME DES MANTRAS ET DES LITANIES

ob_d3a897_l-etoile-a-six-branchesL’unité des religions ne saurait se découvrir dans le discours des philosophes de bonne volonté, tel celui de Frithjof Schuon, ou des théologiens qui sont aussi nombreux que les mouches à viande au froufroutement d’hélicoptère ! Leur ego intello ne saurait fournir que des concepts qui ressemblent au lit de ses rivières asséchées. Les scribes, par leurs spéculations matérialiste, sont les furoncles de l’œcuménisme et de l’ésotérisme qu’ils ne peuvent comprendre dans leur vitalité. Aucun mot ne remplace un battement de silence qui nous relie à l’indicible. Les contes de fée sont parfois plus instructifs qu’un manuel de théologie à l’usage des neurones affamés. Les légendes, telle celle du Graal, ouvrent mille fois plus l’horizon qu’un morne exposé de sorbonnard sur la création. Aussi je ne vais pas me priver pour emprunter les chemins minés par les biens pensants et tenter de découvrir d’autres horizons vers cette unité et cette philosophia perrenis que certains réclament à corps et à cris.

 

Dans diverses circonstances, liées au sens de la vie spirituelle, les Hindous comme les Soufis et les chrétiens ont une tradition commune celle de la répétition de mots sacrés ayant une influence sur le psychisme et le mental des fidèles : le mantra en Inde, le wasifa soufi chez les soufis musulmans et les litanies chez les chrétiens primitifs.

Chacune, de ses répétitions scandées, a une action particulière qui supporte d’une manière informelle une action symbolique qui lui est personnelle.

Un des plus connu à notre époque est le Ya Fata qui dirige son action vers le devenir de l’homme, tout comme les litanies, lors de l’ordination d’un prêtre visaient, dans l’Eglise primitive, au devenir, et à la protection du futur ecclésiastique.

La raison et l’effet de pareils rituels sont communs.

Le mot Fata a comme en Orient, plusieurs significations complémentaires. Il désigne la porte à ouvrir ainsi que la flèche ou le javelot, la lance dont la projection facilitera l’accès. Ce jet se retrouve dans les litanies qui sont des oraisons jaculatoires successives chez les chrétiens primitifs. Ce genre d’oraison se caractérise par sa brièveté ardente. Nous retrouvons dans le rite du jet un rite qui remonte aux atlantes, qui lançaient chaque jour une flèche vers le soleil pour en attirer les bienfaits et surtout l’énergie créatrice et vitale. Le même rite connu des Mazdéens fut également pratiqué à l’ouverture des premiers jeux olympiques en Grèce et se pratique encore actuellement chez certaines tribus indiennes d’Amérique.

J’ai plusieurs fois signalé les rapports cordiaux sur le plan ésotérique et initiatique qu’entretenaient au moment des croisades les chevaliers chrétiens, et plus particulièrement les Templiers avec leurs homologues musulmans, lorsqu’ils n’avaient pas à les combattre sur le plan temporel. C’était au cœur de cette sorte d’université que l’on appelait Maisons de la Sagesse et dont les fonds documentaire exceptionnels provenaient de la bibliothèque d’Alexandrie, comme je l’ai expliqué à plusieurs reprises qu’un héritage ésotérique provenant du fond des âges (la bibliothèque fut crée en 332 avant Jésus-Christ) fut transmis à la chevalerie occidentale et orientale aussi. L’idée même de la chevalerie serait née bien antérieurement dans cet Iran à qui l’Occident  devait faire tant d’emprunts… Même sur le plan religieux.

Le mot Fata dans son sens de porte à ouvrir servait de mot de passe pour pénétrer dans les salles de réunions chevaleresques et fraternellement œcuméniques. Tel fut le cas notamment dans les assemblées que Frédéric II de Hobenstaufen réunissait dans son fameux château ésotérique des Pouilles.

Certaines légendes médiévales considérées comme d’origine celtique : le cycle du roi Arthur, Les chevaliers de la Table Ronde, La Queste du Graal, etc. proviendraient en réalité de prototype iranien. A noter même que ce patronyme, comme Parsifal (devenu Parseval ou Perseval au cours des siècles), est composé de deux mots persans anciens Parsi et Whal signifiant l’homme pur et purifié par la lumière. Voici qui n’est pas sans rapport avec le terme de Cathare, qui signifie « pur », que l’on retrouve dans le midi de la France où par ailleurs existeraient divers toponymes aux consonances iraniennes, tel le comté du Razès, venant généralement se juxtaposer à des suffixes courants en France comme ois et ais dont le sens et l’origine sanskrits sont déjà bien connus.

Pour en revenir à l’esprit d’amour et chevaleresque manifesté dans les romans médiévaux, je rappelle une anecdote ou plutôt une des épreuves de Parsifal chevalier chrétien, qui doit combattre Bérénis, un chevalier musulman… à la lance naturellement ! Mais laissons là cette allusion à Fata.

Au milieu du combat, dans un instant de repos, ils en viennent à parler de leur origine et s’aperçoivent qu’ils ont le même père, celui de Parsifal ayant eu aussi un enfant d’une arabe. Le combat cesse et ils s’embrassent fraternellement, jurant de poursuivre ensemble la queste du Graal, car dit la légende, ils ne pourront pénétrer qu’ensemble dans le château abritant le Graal.

L’un est dit Chevalier Blanc et l’autre Blanc et Noir à cause de son origine. Voila qui nous entraîne vers tout un symbolisme de l’unité templière que d’aucuns pourraient confondre avec un manichéisme mal compris.

Depuis la tradition et le rituel des Atlante, des points de repères sont laissés aux disciples de la lumière symbolisée par les religions solaires prônant la marche de l’humanité vers les portes à ouvrir sur l’amour et la connaissance. Les mantras comme le wasifa soufi et les litanies scandent cette marche de l’Homme vers la lumière du soleil dont la puissance et le rôle est, pour le plus grande part, encore inconnue par nos modernes physiciens.

Avec toute mon amitié.

BAGATELLES SUR LA LETTRE G.

Vous ne me croirez pas si je vous dis que l’idée de parler de cette lettre ne m’est pas venue en lisant le bon vieux livre de Jules boucher sur la symbolique maçonnique. D’ailleurs le pauvre est en si piteux état que je dois prendre moult précaution pour qu’il ne tombe en morceaux entre mes mains inexpertes.

L’idée m’est venue en pratiquant ce sport en vogue de nos jours et cela depuis des temps immémoriaux : celui de me regarder le nombril et de m’extasier dans la contemplation de mon patronyme dont l’initiale est la lettre G. Mon délire mystique atteint son paroxysme lorsque me sauta aux yeux, si je puis dire, cette curieuse coïncidence : l’initiale de mon prénom se superposait à la lettre gamma grecque (G) retournée, équerre des francs maçons ! Imaginez ma stupeur de constater ces concordances. N’en doutez pas, elles firent frétiller de plaisir mon égo voluptueusement caressé ! J’étais un super G !

A la suite de quoi je saisi délicatement mon Jules Boucher pour savoir ce qu’il racontait sur cette lettre car je me sentais concerné.

ob_212151_etoile-10J’ai ainsi appris que cette lettre était inscrite dans une étoile à cinq branches que les Franc Maçons appellent l’étoile flamboyante. Et là mon sang ne fit qu’un tour ! Cet ensemble avait une valeur universelle seulement par le jeu des nombres. Il fallait ajouter au 5 du nombre de branches de l’étoile le 7 qui est la position de la lettre dans l’alphabet. Le total 12 lui donne une universalité, comme le soulignent les signes du zodiaque ; qu’il convient de regarder de plus prés en évitant les discours sans fondement. Et les discours sans fondements ils font légion ! C’est le passe-temps favoris de ceux qui prennent leurs désirs pour la réalité. Le monde est ainsi fait qui fait grimper ses héros d’un jour sur les épaules de sous développés. Les fans des campagnes électorales, ayant perdu toute raison devant les caméras d’un journal pour hurler avant le dépouillement du scrutin « on a gagné », sont là pour nous le rappeler. Ma concierge, cette femme à la sagesse infuse m’a dit un jour en regardant un duel politique accompagné de braillards : « Gueuler est le propre de l’homo politicard il casse les oreilles et les pieds en croyant que ça le propulse au septième ciel. » J’ignore ce qu’elle pense de l’homme sportif mais je ne vais par tarder à le savoir. Tout ce que je sais c’est qu’elle ne les range pas parmi les homos sapiens mais parmi les pithécanthropes. Il est vrai que ses connaissances en anthropologie sont des plus sommaires. Elle a du relever ce nom parmi les célèbres injures du capitaine Haddock.

L’homme ainsi survolté parvient à voir ce que personne ne voit pour se construire le monde dont il a besoin.  Tel est le grand G visible dans le ciel nocturne. Il est constitué de neuf étoiles : Bételgeuse, Bellatrix et Rigel, toutes trois de la constellation d’Orion et situées au centre, et Sirius (Grand Chien), Procyon (Petit Chien), Pollux et Castor (Gémeaux), Capella (Cocher) et Aldébaran (Taureau)

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Voilà la G maçonnique exalté jusqu’aux cieux, signature indélébile de Grand Architecte de l’Univers. C’est grisant n’est-ce pas ?

Peut être faudrait-il rappeler que dans l’astronomie populaire ce regroupement d’étoiles est appelé un astérisme.

L’astérisme est une figure remarquable dessinée par des étoiles particulièrement brillantes. En général, ces étoiles n’on rien d’autre de commun que la brillance. Elles ne sont liées ni par une interaction gravitationnelle significative, ni par une gestation commune. Conclusion l’astérisme est un objet céleste plutôt arbitraire et subjectif. En d’autres termes, avec un petit effort ceux qui affirment que nos ancêtres sont les gaulois pourraient admirer, à la place du G maçonnique, les moustaches de Vercingétorix !

Le fameux Oswald Wirth, inventeur de la géométrie philosophique et spécialiste des graphismes liée aux anciens symboles chimiques et alchimique fait remarquer dans son Mystères de l’art Royal. (1931) son rapprochement avec le sel alchimique : un cercle traversé par un diamètre horizontal. Et pour lui le sel signifie « La sagesse qui conçoit ». Allez raconter cela à un alchimiste, il vous rira au nez ! Mais par charité il exaltera la dimension spirituelle de son art qu’il sait associée à une pratique, que l’on appelle les Grand Œuvre, dont le sel est essentiel car étroitement liée, une foi correctement préparé, aux puissances universelles… Et, croyez-moi si vous le voulez, ce n’est pas une vue de l’esprit ! L’alchimiste travaille avec des matériaux concrets afin de saisir les énergies fondatrices. La matière importe peu l’important est ce qu’elle permet de faire au-delà de notre réel. Ceci étant dit vous pouvez replonger dans l’alchimie symbolique ou spirituelle, elle n’a fait de mal à personne. Je ne sais pas trop ou cela mène, je m’y suis jamais intéressé, que voulez-vous personne n’est parfait, mais que les mânes d’Hermès me gardent d’aller fourrer mon nez là-dedans !

En me replongeant dans la symbolique maçonnique de Jules Boucher. J’ai lu avec beaucoup de plaisir ce passage inspiré par son ami Fulcanelli :

«  L’étoile flamboyante, active, entourant la lettre G, montre le chemin qui conduit à l’hexagramme, étoile équilibrée, idéogramme classique de la pierre philosophale.

L’étoile flamboyante est alors la quintessence, au sens hermétique du terme, et la lettre G devient l’initiale de Graal, de ce Graal qui est le voile du feu créateur, feu qui rayonne et qui « flamboie ». 

Oui la lettre G est bien l’initiale de Graal et c’est là le message essentiel qui est lié à Genèse, car l’alchimie est genèse. Car seules les forces universelles sont génitrices, ce qui provoque, au sein de la matière, une granule à l’image de la structure intime de toutes matières.

Libre à vous de méditer sur Gravitation, Géométrie, Génie et Gnose comme le préconisent les rituels maçonniques. Certains ont écrit des traités entiers sur leurs élucubrations concernant ces seuls mots. Evidemment il n’en est sorti qu’un morne ennui.

Ce que je veux dire ici, et le souligner trois fois, c’est que la compréhension de la plupart des symboles est inséparable d’une alchimie bien comprise et non pas cantonné à sa seule dimension analogique ou spirituelle. Ceci étant dit je retourne dans mon laboratoire pour préparer le printemps. Je suis toujours en avance car je lambine en chemin.

Avec toute mon amitié.

SACERDOCE ET ALCHIMIE

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 Le sacerdoce. A son propos se glisse un certain nombre de malentendus inhérents, bien souvent, à des croyances inculquées dès notre plus jeune âge. La plus importante étant celle de s’imaginer que l’Église et le sacerdoce sont une seule et même chose, ce qui n’est absolument pas le cas.

Les hiérarchies dans l’Église.

L’Église a toujours établie une distinction entre deux hiérarchies : celle de l’Ordre (issue des étapes du sacerdoce) comme sous diacre, diacre, prêtre et évêque, nécessitant une ordination, et celle de juridiction typiquement administrative, tels les chanoines, les vicaires épiscopaux, chorévèques, protonotaires… cardinaux et pape.

Un pape n’est pas supérieur à un évêque dans la hiérarchie d’Ordre car un pape ne reçoit pas une ordination. Il est intronisé, nommé ou élu, mais n’est pas Ordonné. Il n’existe pas une ordination pour le pape.

Les deux hiérarchies  n’interfèrent pas sauf pour le pape qui doit être évêque. Mais il a existé, pendant des siècles, des cardinaux non prêtres, n’ayant reçu aucune ordination même la plus mineure, tel le cardinal Mazarin, qui pouvaient être élus pape ! Et être consacré évêque ensuite. C’est d’ailleurs en se basant sur cette ancienne tradition que, de nos jours, le pape François va pouvoir introniser cardinal (sans les ordonner) certaines femmes.

 

Religion et alchimie.

Il est un fait universellement connu, c’est que les alchimistes ont souvent employé le symbolisme religieux pour parler de leurs travaux. Pourquoi ? Parce que l’éveil et l’illumination ne peuvent provenir que du créateur. Partout en tout pays, en toutes cultures la réussite de l’œuvre est liée au « Don de Dieu ». Inutile d’insister pour souligner l’importance du sacerdoce puisque l’alchimie est appelée art Sacerdotal :

« Tous les vrais alchimistes, écrit Claude d’Ygé à la page 123 de son Assemblée des philosophes chymiques (édition 1972), d’Orient et d’Occident ont surtout employé le symbolisme religieux dans leur exposé de la doctrine, aussi bien que dans leur traité théoriques et pratiques. Il ne pouvait en être autrement, puisque l’illumination ne peut venir que de Dieu seul, et que malgré les différnces apparentes de chacune des traditions c’est toujours la saule et unique vérité, que dépend le succes du grans œuvre spirituel et physique. Pour les sages de l’Egypte, de la Chine et d’Islam l’art est un « Don de Dieu », comme pour les adeptes chrétiens. »

 

L’étrange Melchisédech.

La dimension mystique et initiatique des étapes du sacerdoce sont liées au prêtre roi Melchisédech qui est nommé dans la prière eucharistique de la messe Tridentine (issue du concile de Trente – 1545-1563 – d’où son nom. Cette messe était célébrée avant le concile Vatican II, donc avant 1968) :

« Et comme il vous a plus d’accueillir les présents d’Abel le Juste, le sacrifice de notre patriarche Abraham, et celui que vous offrit Melchisédech votre grand prêtre, en signe du sacrifice parfait, regardez cette offrande avec bienveillance, acceptez-là. »

Melchisédech ou Melki-Tsedeq, « Roi charitable », selon la traduction courante, est un personnage biblique qui apparaît très brièvement dans l’histoire d’Abraham telle que la rapporte notamment le livre de la Genèse. Dans différentes littératures il porte les titres de « roi de justice », de « roi de Salem » (Paix), de « Roi du monde »… Ce qui ne manquera pas de stimuler la verve de René Guénon.

Revenant d’une campagne victorieuse, Abraham rencontre ce mystérieux personnage :

« Melchisédech, roi de Salem, apporta du pain et du vin ; il était prêtre du Dieu très haut. Il prononça cette bénédiction : « Béni soit Abraham par le Dieu très haut qui créa ciel et terre, et béni soit le Dieu Très Haut qui a livré tes ennemis entre tes mains ». Et Abraham lui donna la dîme de tout. » (Genèse XIV, 18-20).

Le nom de Melchisédech apparaît à nouveau dans le livre des Psaumes (110) :

« Le Seigneur l’a juré dans un serment irrévocable : Tu es prêtre à jamais selon l’ordre de Melchisédech. »

L’épître aux Hébreux (5, 6) et (7, 1-3) évoque à nouveau cette figure précurseur du Christ.

Melchisédech est généralement associé, dans le christianisme, comme le premier prêtre à mettre en place l’offrande du pain et du vin, symboles toujours utilisés aujourd’hui.

 

Melchisédech et les ordinations

Ce prêtre, nul ne sait comment et ou il fut ordonné car à son époque l’ordination chrétienne n’existait pas encore. En qualité de prêtre il est donc différent des prêtres qui seront ordonnée ou intronisés, bien plus tard, par l’Esprit Saint.

Je rappelle que les premiers prêtres chrétiens ordonnés furent les apôtres du Christ, donc des millénaires après l’apparition de Melchisédech.

Cette première consécration se déroula dans le cénacle le jour de le Pentecôte. Chacun reçut une langue de feu, ce qui n’est autre que la première consécration des évêques qui se transmettra ensuite par imposition des mains avec la phrase sacramentelle : « Reçoit le Saint Esprit ».

« Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. Tout à coup il vint03-ss-abel-and-melchisedek-basilica-di-san-vitale-ravenna-6th-c du ciel un bruit comme celui d’un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d’eux. Et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer. » (Actes II,1-4)

 Melchisédech est donc le fondateur d’une filiation mystique distincte de la succession des évêques caractérisant la « table apostolique » débutant seulement lors de la première pentecôte.

Telles est la raison pour laquelle l’alchimiste Von Eckartshausen, dans La nuée sur le sanctuaire, fait remarquer que le nom de Melki-Tsédeq signifie littéralement :

« L’instructeur dans la vrai substance de vie et dans la séparation de cette véritable substance de la vie d’avec l’enveloppe destructible qui l’enferme. »

Donc, un prêtre selon l’Ordre de Melchisédech est un séparateur de la nature pure d’avec la nature impure ; un séparateur de la substance qui contient tout, d’avec la matière destructible qui occasionne la douleur et la misère. Le sacrifice, ou ce qui a été séparé, consiste dans le pain et le vin. Pain veut dire littéralement la substance que contient tout, et vin la substance qui vivifie tout.

Saint Anne Catherine Émerik le désigne aussi, dans ses visions, comme ayant confié le calice du sacrifice eucharistique à Abraham. Ce vase sacré ne quittera pas l’humanité et réapparaitra à la mort du Christ sous le nom de Graal.

 

Le message de Melchisédech

Le message de Melchisédech est donc complémentaire de celui du Christ tout en le préfigurant. Cette complémentarité est de l’ordre le la mystique, plus exactement elle intègre l’ésotérisme chrétien dans le sacerdoce. Par certains aspects elle rejoint le mystère des rois Mages et de leur énigmatique étoile.

Telle est la raison pour laquelle le prêtre Ordonné par imposition des mains (réception du Saint Esprit) puis consacré (bénédiction) selon l’Ordre de Melchisédech. Ces deux consécrations lui donnent la dimension mystique nécessaire à l’exercice de son double magistère, l’un ésotérique, l’autre exotérique.

De ce fait l’Église est fortement marquée par le symbolisme ésotérique surtout alchimique.

En alchimie l’étoile apparait à la surface du compost comme elle apparait dans le ciel des rois Mages. Elle signale le point de départ (le matin) des opérations pratiques, concrètes du Grand Œuvre alchimique au laboratoire. Il en est de même pour le prêtre.

Revêtu de l’aube blanche (blancheur du matin) il croise sur sa poitrine (son cœur) l’étole qui n’est autre (cabalistiquement) que l’étoile qui apparaît dès le début (matin) de l’œuvre alchimique. Par ailleurs il porte sur son avant-bras gauche ce linge sacerdotal, de même couleur que l’étole, que l’on appelle manipule et qui signale sans ambages que la messe est une manipulation à l’instar des opérations qui se déroulent sur la paillasse de l’autel-laboratoire de l’alchimiste. Le laboratoire se superpose à l’oratoire illustrant ainsi un prêtre à la double consécration : celle de l’Esprit Saint de la pentecôte et celle transmise à Abraham par la bénédiction de Melchisédech.

« En obédience rigoureuse à la même raison scientifique, l’officiant porte sur l’aube (le matin) – vêtement long et blanc – l’étole (l’étoile) qui est une bande d’étoffe croisée en X sur sa poitrine et qui de la sorte, offre la figure simplifiée du rayonnement stellaire, marquant de son scel la matière canonique.

L’étoile apparaît, pour l’artiste, comme la certitude et le point de départ de ses opérations manuelles, et il n’en va pas autrement pour le prêtre qui, plus précisément, porte le manipule fixé à son bras gauche. Cet ornement est destiné à rapeler les délicates manipulations de la Sainte Messe, aboutissant à la miraculeuse transsubstantiation qui est l’image la plus exacte de la transmutation alchimique. » (Eugène Canseliet in Alchimie p 278. Editions J.J. Pauvert 1978)

Les ordinations, consacrent habituellement un prêtre seulement religieux et théologien, c’est le cas de la quasi-totalité des Églises y compris Orientales.

 

Le magistère d’un prêtre initié.

Si le prêtre reçoit des Ordinations accompagnées d’un enseignement ésotérique le conduisant à l’éveil (Métanoïa), dans le cadre du sacerdoce initiatique, il sera alors un prêtre initié, pleinement conscient de ce qu’il fait.

Son magistère sera très réellement magique, dans le sens le plus noble du terme. J’entends le mot magie comme la capacité d’établir des liens avec l’âme universelle ou esprit du monde qui occupe tout espace et toutes matières. Evidemment cela exige une formation mystique solide :

« La Magie, écrit l’alchimiste Eugène Canseliet dans un article de la revue La tour Saint-Jacques, (N°11-12, 1957, p. 176) est avant tout l’Art divin, qui consiste à prendre contact avec l’âme Universelle et, par elle, à dominer les forces spirituelles, invisibles dans l’espace comme dans la substance. Or ce pouvoir exige de l’homme l’absolue maîtrise de soi-même, le rigoureux contrôle de son psychisme et de ses facultés, en un mot, le développement de ses dons magiques à l’état latent. »

Le prêtre religieux assumera un enseignement intellectuel et dogmatique, le prêtre initié diffusera un enseignement mystique et ésotérique permettent à toute personnes de bonne volonté d’accéder au sacerdoce initiatique.

Pour le prêtre le magistère consistera donc à se pencher vers les autres pour leur permettre d’accéder à la spiritualité et saisir à travers cela les lois fondamentales de l’Univers. C’est la tache la plus noble de toutes qui leur permet de SERVIR. Car sans se pencher vers les autres nul ne saurait établis de contact avec l’âme Universelle. Nul alchimiste ne saurait réussir…

Les Ordinations sont au nombre de huit et leur origine est plus ancienne que le christianisme. Elles constituent une progression qui accompagne les étapes de l’enseignement de Métanoïa. Ces étapes sont liées au développement des adeptes vers leur « éveil » et leur « libération ». Cette formation n’est donc pas d’ordre religieux, dans le sens le plus étroit du terme. C’est une éducation mystique. Bref la succession des ordinations est une véritable Métanoïa qui repose sur le message Christique initial.

 

Avec toute mon amitié.

CHEVAL ET GRAAL : de Montpellier à Rennes le Château.

Sainte_Barbe_Heures_de_Toul_XVLa patronne des alchimistes est sans conteste sainte Barbe, celle qui trône discrètement dans cette ancienne chapelle castrale du village en ruine de Périllos. Malgré l’usure du temps ce lieu reste sacré, c’est un germe de vie, niché dans le massif des Corbières, qui pose l’énigme du feu secret des alchimistes. C’est un lieu à l’image de cette grotte ou vécu le plus vieil homme d’Europe (homme de Tautavel) découvert dans la grotte dite « Caune de l’Arago » nom suffisamment suggestif — désignant, par analogie paillarde, un creuset — pour me dispenser de philosopher sur des grossièretés et surtout de me faire déchiqueter par les dames vertueuses en furie.

À Périllos, les mannes de son richissime châtelain Raymond de Perillos, d’hermétique mémoire, plane en ce lieu où il repose au sein d’un espace sacré, beaucoup plus sacré que l’île de Malte dont il fut le souverain Grand Maître. Ce village abandonné est maintenant fusionné à Opoul. C’est ainsi que disparaît le flamboyant passé d’un des plus grands seigneurs du roi d’Aragon qui eut juste le temps, dans un message d’outre-tombe, de transmettre la flamme des trois poires alchimiques de son blason au garçonnet François Cambriel né tout à côté à la Tour de France.

Raymond de Perrillos était le dignitaire d’une prestigieuse société d’alchimistes des Corbières : les Frères Aînés de la Rose-Croix. C’était le bras droit d’une fameuse adepte en alchimie: Thérèse de Lubac. J’y reviendrais.

Je rappelle au passage que le corbeau était le premier grade des sept d’une initiation pré chrétienne et puissamment mystique, laquelle avait son temple dans les Corbières. Le second grade s’appelait l’occulte, avec ce que cela suggère comme formation. Le troisième grade était le guerrier qui s’est fusionné par la suite avec l’exorciste dans l’initiation chrétienne. Car être guerrier c’est combattre les forces du mal avec les armes de toutes les connaissances de l’occultes. Le quatrième niveau était le Lion ou l’accès au premier degré de l’illumination et donc une première manifestation de haute maîtrise. Le nom de golfe du lion est l’une des marques de ce degré comme les corbières sont la marque des corbeaux. Le cinquième niveau était un nom générique, c’était celui du peuple dans lequel vivait l’initié : Narbonne, Carcassonne, Gaulois, Occitan, Provençal, Razès… Certains de ces noms sont restés comme patronymes. Le sixième degré était le héros solaire… Je vous dispense du dernier degré en précisant que ces initiations n’avaient rien d’un tourniquet cérébral, et que le moi devait être un peu moins majestueusement et tonitruant que celui de nos bretteurs en occultisme, toutes catégories confondues.

Beaucoup plus tard, à partir de l’an mil environ le centre de formation alchimique fut Montpellier autour de la faculté de Médecine ou la dimension altruiste nécessaire pouvait se manifester en toute efficacité. De ce fait, les personnalités de la ville furent des hauts dignitaires de la science d’Hermès. Ce fut le cas pour le Lieutenant Général du Languedoc, le comte de ROURE qui fut, en 1697, à la tête du petit groupe d’alchimistes des Frère Aines de la Rose-Croix. Son bras droit était LAMOIGNON de BASSEVILLE, chef de la maréchaussée.

C’est Basseville qui insista pour que la future place royale de Montpellier, que l’on peut admirer de nos jours, porte le nom de Peyrou. Cette appellation n’est pas anodine et signifie beaucoup plus de choses que « la pierre » selon l’expression occitane. Elle désigne la pierre alchimique, et cela d’une manière géographiquement précise. Le mont du Peyrou de Montpellier est l’écho d’un autre Peyrou qui donne un certain relief à l‘énigme de Rennes le Château inséparable des mystères alchimiques.

Le responsable successeur de ROURE fut, en 1706, Thérèse de LUBAC qui eut la réputation d’être une grande adepte admirée de tous pour son grand savoir et qui n’était pas sans rappeler celui de la reine Christine de Suède décédée quelques années plus tôt en 1689. Cette grande dame de l’hermétisme eut comme bras droit le grand seigneur aragonais, Raymond de Périllos qui fut aussi grand maître de l’ordre de Malte. Sa fortune fut aussi brusque que mystérieuse, fortune qui rendit soudain richissime une modeste famille de petit châtelain du village de Tautavel dans les Corbières.

Lamoignon de Basseville ne pouvait que connaître son sucesseur Raymond de Périllos puisqu’ils étaient ensemble dans le même groupement. Il y eut donc des échanges et des secrets confiés à des frères en Hermès, car Perillos était sans descendance. (voir mon livre Rennes le Château le carte des trésors)

Entre les villages de Opoul et Vingrau, au bord de la route départementale D8 (ancienne D9) est un mont de 351 mètres qui jadis s’appelait Pilou Mont PEYROU, c’est-à-dire Tas du Peyrou. Dans les cartes IGN actuelles ce lieu est devenu mystérieusement Sarrat de Montpeyrous, c’est-à-dire Colline du Mont Peyrou.

Il semble que nos géographes se soient renseignés à des sources locales qui employèrent différents termes occitans pour désigner la même chose. Ces noms qui changent d’une année à l’autre sont révélateurs de la carence linguistique de nos géographes paumés qui font valser les terminologies sans pitié pour ceux qui s’égarent en consultant  leur chef-d’œuvre lyrique.  

Si mon délire paranoïde exprime ses états d’âme, il vous parle de complot car en plus de changer le nom de lieu de Pilou mont Peyrou en Sarrat Montpeyrous, l’entrée de cette zone est interdite car c’est un champ de tir pour bombe atomique, enfin presque ! alors il est bien gardé comme s’il était une succursale du palais de l’Élysée.

Quoi qu’il en soit, le mont du Peyrou (ancien mont de l’Echine) de la place royale du Peyrou à Montpellier rappelle ce «mont creux» (Mont cau en occitan) ou aiguille creuse du pays de Caux de Maurice Leblanc, dans lequel Arsène Lupin découvre la cache des trésors du royaume de France. Fin du délire aussi sévère qu’aigu !

Cela étant dit le mont Peyrou, non loin de Périllos, n’est pas sans attirer l’attention car l’alchimiste Lamoignon de Basseville, cet amis de Raymond de Périllos,  aurait pu choisir un autre nom pour perpétuer la mémoire des rois de France à Montpellier. Croyez-le ou non je digère mal cette coïncidence qui provoque chez moi des bouffées délirantes.

Je me suis égaré quelques instants dans les méandres de l’énigme de Rennes le château. J’espère que vous me pardonnerez ce bavardage qui vous a fait perdre le fil d’un propos axé sur les saints dépositaires du feu secret des alchimistes comme saintes Barbes du château de Périllos.

 

À côté de sainte Barbe saint Éloi apparaît dans toutes hagiographies comme le maître du feu. Il est analogue à Prométhée qui déroba ce feu mystérieux des forges de Vulcain (lire feu du ciel ou du soleil) et dont les alchimistes ne peuvent se passer.

À ce feu provenant de Vulcain et Hélios (Ellie), Fulcanelli (union de Vulcain et Hélie) rendit le plus juste hommage en son pseudonyme signant ses deux chefs-d’œuvre sur l’Art d’Hermès.  

Oui, ce feu est aussi simple qu’évident et dont les « branchés » — je me demande d’ailleurs à quoi peuvent être branchés les snobinards — incorrigibles bavards le comparent à celui aussi furieux que destructeur de nos centrales nucléaires.

12_Saint-Eloi_XVe-siecleÉloi est tout à la fois orfèvre et forgeron, il est celui qui travaille exclusivement sur l’enclume. De ce fait, certains alchimistes eurent un patronyme prédestiné (ce qui ne doit surprendre personne), tel le docteur Pierre-Jean Fabre (fabre = forgeron en occitan) de Castelnaudary qui fit son apprentissage spagyrique en la Faculté de Montpellier en ces années, de poule au pot, où régnait le bon roi Henry IV.

En qualité de forgeron, notre saint changeait très souvent les fers des bœufs et des chevaux. Pour y parvenir il lui fallait placer la bête dans un appareil appelé « travail » afin de la maintenir pendant qu’on lui clouait ses fers

Notre orfèvre forgeron quelque peu fatigué de se baisser pour attraper une patte ne trouva rien de mieux, nous dit la légende, que :

« afin de ferrer plus à son aise un cheval rétif, saint Éloi lui aurait coupé une patte de devant, l’aurait placé sur son enclume et après avoir ferré le sabot, l’aurait rajustée. D’après une variante ce miracle aurait été accompli par son compagnon qui n’était autre que le Christ déguisé » (in Iconographie de l’art chrétien, tome 1, page 422 PUF, Paris 1955)

Notre bon st Éloi est au-dessus des lois et nous coupe les chevaux en quatre. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il insiste sur les pieds de la cavale ou groupe phonétique pour s’exprimer en vers et contre tout (secrètement). En d’autres termes st Éloi va forger, en bon orfèvre qu’il est, des mots reposant sur la phonétique, pratique linguistique encore appelée cabale bien connue sous le nom de langue des oiseaux.

Une peinture pariétale de la cathédrale de Bayeux montre par ailleurs l’orfèvre en train de travailler un calice tandis qu’à côté de lui un enfant lui tend l’extrémité d’une jambe de cheval.

Tout cela rappelle certes la légende. Mais au-delà de la puérilité populaire cette œuvre recèle, on s’en doute, une dimension éminemment symbolique.

Le mot sabot est utilisé en symbolique alchimique car ce mot est polysémique et permet donc de tenir un double langage. Celui qui s’adresse à une chaussure en bois ou celui qui s’adresse à une toupie.

Si le sabot du cheval possède un plan solaire, (partie concave de la voûte plantaire formée de corne sèche) c’est-à-dire une sole en forme de lune, il unit symboliquement le soleil et lune non pas pour jouer sur les mots et en faire un discours intelligent et surtout pléthorique mais pour désigner le rayonnement des deux luminaires dans ce qu’ils ont de nécessaire au laboratoire. L’un était le relais et le filtre de l’autre afin que la matière puisse s’en rassasier. C’est grâce à l’effet de ces deux astres que la dimension spirituelle du laboratoire grandit de jour en jour. Le sabot a donc sa raison d’être dans l’iconographie religieuse.

Le sabot est aussi une toupie dont le profil est en forme de croix. Elle reproduit le signe graphique correspondant au nom vulgaire de la matière utilisée. C’est le globe crucifère, inverse de celui de Vénus, que Dieu, le Christ et quelques empereurs (y compris celui du tarot) sont représentés tenant dans la main.

Je vais être un poil folichon en affirmant, avec mes gros sabots, que l’alchimie consiste à prendre son pied !

Quant au graal, il semble totalement étranger au sabot. Le mot graal dérive de l’occitan grasal qui désigne un plat en terre cuite, ce qui me dispense d’explication après ce que je viens de dire sur la toupie. Graal et sabot sont une seule et même chose.

Mais le graal est aussi d’ordre mystique et bien concret fort bien décrit par la mystique sainte Catherine Emerik. C’est un calice à deux anses qui fut cédé à Abraam par le souverain prêtre Melchisédech. Il existe bel et bien sur terre en un lieu verrouillé. Le chemin passe d’abord par la découverte du graal alchimique.

Excusez-moi si j’arrête là mon petit topo car il y a devant moi une barrière que je ne puis franchir.

Un conseil cultivez une humeur chevaline et vous avancerez au triple galop !

Avec toute mon amitié.

UN DÉLIRE SUR RENNES LE CHÂTEAU

En 1931, dans Philosophies vivantes, Albert Einstein disait avec beaucoup de pertinence que :

« La plus belle expérience que nous puissions vivre est celle du mystère. »

La seule migration des anguilles vers la mer des sargasses ou se situe le légendaire triangle des Bermudes pose une interrogation sérieuse, non pas parce que des bateaux ou des avions disparaissent mais parce que aussi bien les courants marins que les « courants » biologiques se rencontrent en un vaste tourbillon dont le Gulf stream sort étrangement régénéré après avoir soulevé le niveau de la mer d’une vingtaine de centimètres, et cela en permanence. Oui c’est le seul endroit au monde où tout en étant en mer nous sommes au-dessus de son niveau. Dans ce tourbillon, face aux étranges pyramides à degrés du Yucatan, certains navires ont peut-être été emportés vide de leur occupant submergé après une violente tempête qui attacha quelques sargasses dans leur mâture. Ainsi a pu naître la légende du navire fantôme qui se balade au gré des courants, mais ce ne sont pas les sargasses qui emprisonnèrent le bateau. Ces végétaux sont rares, trop rares pour être des obstacles à la navigation. Par ailleurs une étude botanique montre qu’ils furent enracinés mais que leur support terrestre a un jour disparu.

Disons qu’il y a là mystère, mystère entre niveau de la mer, celui de la migration des anguilles et des saumons et l’étrange présence des sargasses qui surnagent une terre qui leur fut confisquée.

La dogmatique science officielle qui a pourtant constaté toutes ces anomalies ne veut pas se prononcer (je dis bien « ne VEUT pas) car seuls les pontes donnent le feu vert pour publier de pareils résultats. Aucun éditeur scientifique ne saurait déroger à cette règle sans prendre le risque d’être destitué.

 Mais là n’est pas le cœur du sujet que je voudrais aborder ici. Si les caps qui s’enfoncent dans la mer possèdent souvent par leur nom et leur histoire des dimensions que la géologie ou l’océanographie ne saurait expliquée, il en est de même pour certains golfes.

Le cap Finistère de notre Bretagne avec sa baie des trépassés (fin de la vie terrestre) qui marque la fin de la terre laquelle s’enfonce comme un coin dans l’Atlantique est un lieu immuable, à la manière du cap Finistère d’Espagne ou se trouve saint Jacques de Compostelle.

Ce que l’on sait moins c’est que ce qui est actuellement Finistère était lié à l’Angleterre et la Manche n’existait pas. Seul surnage de cet enfoncement le mont Saint Michel. Regardez la presqu’île du Cotentin et son cap de la Hague et peut-être que vous comprendrez…

Ainsi trouvons-nous des alignements de menhir sous-marins aussi important que ceux de Carnac (humez le relent d’obélisques d’Égypte). Ne me dites pas que nos ancêtres avaient inventé les bouteilles de plongée… Ne soyez pas étonné de cet enfoncement récent puisque notre hexagone subit la poussée vers le nord du « radeau africain » qui écrase les Pyrénées d’une manière telle que leurs racines sont plus importantes que celles de l’Himalaya. Toutes ces pressions absorbées ont l’avantage de laisser dormir nos volcans du Massif Central. Jusqu’à quand ?

Certains golfes partagent les mêmes mystères, tel le golfe du Mexique dont je viens de parler. Je voudrais parler du golfe du Lion en méditerranée, dont la phonétique est si proche du pays de Léon du Finistère. Une interrogation subsiste. Pourquoi les grands mystiques qui « voyaient » loin dans l’espace et le temps choisirent ce lieu pour atterrir avec le Graal aux Saintes Maries de la mer ?

Pourquoi des siècles plus tard un lieu se mit à attirer des hommes et des femmes du monde entier, je dis bien du monde entier, autour de l’énigme d’un humble curé de campagne qui fut curé desservant (au XIXe siècle) du village de Rennes le Château ? Étrange histoire ou le porteur du Graal ainsi que Marie-Madeleine reprennent vie au-delà des arcanes du temps. Socialement cela peut s’expliquer par une littérature magistralement orchestrée. Mais au-delà de ce phénomène subsiste l’interrogation essentielle : « Pourquoi les chercheurs ne se lassent jamais ? Pourquoi certains de plus en plus nombreux découvrent au-delà du trésor l’existence d’un trésor qui les concernent intimement ? » En ce lieu des corbières, qui abritait le centre initiatique pré-christique des corbeaux, la terre est parsemées d’abbaye : Alet-les-Bains, Saint Hilaire, saint Papoul, Rieunette, Lagrasse etc. Tous sont de véritables caps s’enfonçant dans les cieux. Vous voulez mon opinion ? La voici dépourvue de fioritures. Cette attraction a pour rôle de faire prendre conscience à l’humanité du sens réel de la spiritualité INDÉPENDANTE DE LA RELIGION. En ce sens si vous voulez comprendre je vous renvoie à l’ouvrage d’Aline Ximénès qui a su montrer le rôle de cet homme, sa véritable dimension liée au futur des humains. Et croyez-moi si vous le pouvez, ce n’est pas un coup de pub car il y a longtemps que je connaissais ce processus, mais cette dame a sue le formuler à travers sa connaissance des cycles universels. Je m’arrête là car je risque d’être accusé de plagia ! ! !

 

Fin du délire.

NOTES POUR UNE CONFÉRENCE CHEZ LES TEMPLIERS

Soyons clair, le chapitre suivant ne fait pas partie du résumé de ma future conférence, c’est un jeu de vilain qui survient chez moi par crises épisodiques. Puissiez-vous me pardonner deux fautes graves. La première qui consiste à introduire un sujet sérieux par une plaisanterie, la seconde mon langage assez peu protocolaire pour les puristes.

 

Discours désabusé d’un dinosaure aux grenouilles enflées.

 Mes chers amis, j’ai coutume de dire que je suis un dinosaure enfermé au fond d’un placard. Je fais de mon mieux pour que l’horizon de ma vie ne se borne pas à celui d’un écran d’ordinateur. J’essaye d’élargir mon domaine en faisant sauter de temps en temps l’une des neuf étagères de mon réduit à balais. Aussi, c’est avec joie que j’accepte périodiquement de préparer une conférence. C’est pour moi l’occasion de voir des têtes de tous les calibres où se manifeste la vie de différentes manières. Il en est comme dans mon courrier, des jaloux, des contents des heureux. Je les accepte tous car ils sont la vie, la beauté de la vie, sa bêtise incarnée aussi. Rassurez-vous je ne me mets pas au dessus du panier. Je n’ai pas du sang bleu comme celui de certains mollusques pourvus en vanadium au lieu de fer et je présume que les aristocrates de toutes les époques ne pouvaient pas travailler avec du sang azur de pareille origine.

Dans mon placard les bruits du monde me parviennent lointains et j’ai parfois l’impression qu’il s’agit d’un sacré cirque. Dans tous les domaines, ils se racontent des balivernes pour faire briller les yeux des autres et se faire mousser. La mousse est telle qu’elle fait sauter le bouchon comme celui d’une bouteille de champagne. Et oui, ils finissent par perdre la tête, ce que traduit à sa manière désobligeante ma concierge qui dit à qui veut l’entendre : « ils deviennent aussi c… qu’une valise sans poignée ». Il faut dire qu’elle en voit passer de tous les calibres dans sa « loge » ma veuve gardienne ! Franchement ce n’est pas de la haute philosophie, mais ça veut dire ce que ça veut dire. À force d’inventer des paradigmes plus délirants les uns que les autres on finit par perdre de vue les axiomes. On en rajoute avec des anglicismes débile style Free-lance qui remplace le simple mot indépendant, on en perd totalement les pédales et un dinosaure comme moi qui ne connaît pas un traître mot d’anglais est projeté dans un monde qui perd son identité. Je préfère encore le langage des ados avec leur SMS. La phonétique de notre langue a le mérite d’être vectrice de messages sensé et même spirituel. Celui de nos bellâtres rigolos qui vous regardent avec mépris car vous utilisez le mot guide, conseiller, entraîneur ou nautonier à la place de coach. Cette fleur de bêtise qui vous parle la bouche en oviducte avec une emphase idiote me stupéfie ! Cela suffit pour comprendre pourquoi notre économie s’est effondrée. Les phénomènes sociaux ne sont que le reflet de la superficialité confondante de chacun de nous. Quand règne l’esbroufe et le vent on récolte la tempête, et ça commence à chauffer dans tous les sens du terme !

 

Heureusement qu’aucun coach en alchimie n’a pu ouvrir mon placard. S’il l’avait fais, il aurait eu droit au frisson de la mort comme dans le film Parc du jurassique. Dois-je vous confesser que je lui aurais mordu le derrière férocement, pour l’humilier dans sa bêtise affectée, le cuistre ! Coach, coach…seules les grenouilles savent de quel gargarisme il s’agit. Dans notre société grégaire, c’est la mode du franglais. Notre troupeau est coaché par l’individu alpha. « Dites, vous m’avez regardé ? J’avais bien la bouche en cul-de-poule quand j’ai dit coaché ? »

 Toutes bonnes intentions ont une fin, la récréation est finie. Maintenant que vous avez bien rigolé, car rire est nécessaire pour une bonne santé, c’est une autre page qui se tourne. Je vais être sérieux comme un pape puisque je vais vous parler d’alchimie, d’Ordre du Temple et d’histoire en général où le graal est omniprésent. Ce qui suit est la préparation d’une conférence pour mes grands amis Belges. Cela leur évitera de prendre des notes et d’être un peu plus attentif au langage non verbal.

 

C’est quoi le Graal ?

 Le célèbre livre PercevalLe roman du Graal de Chrétien de Troyes (1135-1183) fut écrit en 1180 sur la demande de Marie de Champagne (fille d’Aliénor d’Aquitaine et du roi de France Louis VII), dont le fils Henri II (1166-1197), fut roi de Jérusalem.

Aliénor d’Aquitaine femme lettrée qui protégea, avec sa fille Marie de Champagne, Chrétien de Troyes er Robert de Boron. Marie commanda au poète Chrétien de Troye la queste du Graal. Remarquons qu’Aliénor fut d’abord reine de France puis reine d’Angletaire, ce qui explique peut-être que la queste du Graal ait traversé le chanel.

L’histoire – romancée pour satisfaire aux cours lettrée d’Aliénor et de Marie,– se déroule en Bretagne et l’auteur dit avoir trouvé son sujet dans un livre mystérieux que de nombreux historiens s’acharneront ensuite à identifier. Ce livre, Wolfram von Eschenbach (1170-1220) l’a trouvé.

  Miniature du templier souabe Wolfram von Eschenbach.
Quand j’ai vu cette illustration les oreille de Wolfram on eu le don d’éveiller mon illarité. Jusqu’au moment ou j’ai compris que notre illustre chevallier voulait attirer l’attention sur la phonétique cabalistique.

Codex_Manesse_149v_Wolfram_von_EschenbachWolfram d’Eschenbach, était un Templier allemand que l’on appelait le Templier Souabe, originaire de la région qui vit naître, en 1193, Albert le Grand, comte de Bollstädt, alchimiste de l’école de Montpellier, maître de st Thomas d’Aquin et évêque de Ratisbonne. Wolfram reprit le sujet, en 1207, soit 27 ans après Chrétien de Troyes, Son œuvre maîtresse est Perceval. Il semble que notre Templier allemand ait puisé, aux mêmes sources que son prédécesseur, ce qui lui fait affirmer que ces drames correspondent à une réalité historique. Pour lui ces évènements ne se déroulent pas en Bretagne, mais dans le midi de la France.  Cette particularité fut mise en évidence en 1979 par Paulette Duval qui relève dans l’histoire des expressions d’origine espagnoles (La pensée alchimique et le conte du Graal. Edition Honoré Champion, Paris 1979)

Cette particularité ne surprend pas quand on sait que Perceval fut, d’après certains textes, couronné Roi Pécheur gardien du Graal dans la cité du roi en Corbière. Et nous savons que Corbière, près de la Méditerranée, est très réellement un lieu montagneux méridional chargé de mystères, où résidait le centre initiatique, pré chrétien, des corbeaux. Il n’est donc pas anodin de remarquer que le nom de Wolfram est composé de wolf, qui signifie loup en langue germanique et de hramm qui a le sens de corbeau. Dans cette région des Corbières ou se trouve Narbonne et Carcassonne, le vicomte de Carcassonne, ville sise aux pieds du massif, s’appelait Trencavel, ce qui en langue occitane signifie exactement Perceval.

Il existe deux descriptions du Graal : une coupe et une pierre.

La coupe est le graal pour Chrétien de Troyes.

La pierre est le graal pour Wolffram d’Eschenbach.

Et Wolffram fait le lien entre le graal et les Templiers. Mieux, pour lui les templiers sont les gardiens du Graal. Voici ce qu’il écrit :

 «  je connais bien le Graal. Il est défendu à Montsalvage parent de braves et nombreux Templiers qui souvent s’éloignent pour courir les aventures…

Ils forment une troupe redoutable. Ils ont un mode particuliers de se nourrir que je dois vous apprendre ; leurs vivres proviennent d’une pierre, dont la nature est incorruptible et qui ce nombre lapis exillis. C’est par la vertu de cette pierre que le Phénix se consume et renaît de ses cendres, oui, le Phénix jette sa dépouille aux Flammes et, revêtu de plumes étincelantes, en sort plus beau qu’auparavant. Point de malade et elle empêche également la vieillesse.

Cette pierre se nomme aussi le Graal. »

 Toutes ces qualités du bétyle appelé lapis exillis (petite pierre ou encore pierre d’exil) correspondent à celles de la pierre philosophale, exilée d’un autre espace. Et des termes tel le phénix, cet oiseau imaginaire au corps écarlate renaissant de ses cendres, sont couramment employés en alchimie. Fréquemment cet oiseau figure dans les frontispices des livres d’adeptes de cet art.

Gravure du phénix, XIXe siècle.

Remarquons que le mot phénix est synonyme de cinabre et aussi conséquemment de vermillon issu du cinabre, car le mot grec phoinix signifie rouge. Il faut dire en passant que les rubriques écrites en vermillon dans le missel, reposant sur l’autel de l’église chrétienne latines, ont aussi le sens de résurrection.

De cela il faut en conclure que le sang du Christ coagulé (coagula alchimique) recueilli dans sa coupe est le graal. Si l’on voit le contenant, le graal est la coupe. Si l’on voit le contenu le graal est la Pierre rouge. Il n’y a donc pas d’incompatibilité entre les deux définitions. Cela est d’autant plus évident puisqu’il ne peut exister de graal-pierre sans le vase comme il ne peut exister de graal-vase sans la pierre. L’alchimie le démontre, lorsque la Pierre naît dans la verrerie ou vaisseau ou vaissel qui tangue violemment sous la poussée des vagues de la mer rouge.

   Illustration du Roman du Roi Arthur et des Chevaliers de la Table ronde d’Alfred W Pollard, 1917.

Si les templiers gardent la pierre, probablement contenue dans un vaisseau ou coupe, c’est que les techniques de fabrication et la dimension spirituelle qui accompagnent sa fabrication étaient transmises par le grand maître au sein de l’enseignement de l’Ordre du Temple. De ce fait Wolfram von Eschenbach savait de quoi il parlait et le dit quand il assimile les gardiens du Graal aux Templiers dépositaire d’une connaissance plusieurs fois millénaire.

 

Origine de la connaissance alchimique des Templiers.

 Tout à commencé un siècle avant que ne paraisse les textes de Chrétien de Troyes, en 1118, au moment ou le roi Baudoin II de Jérusalem pactise avec l’Ismaélien Aboul-Fawa et échange Tyr contre Damas.

 Baudoin II, cousin de Baudoin I, donne aux pauvres chevaliers du christ une maison proche du temple de Salomon, d’où leur nom de Templier.

 Cette entente entre l’islam et la chrétienté ne peut se comprendre que si l’on connaît mieux l’ismaélisme d’où sont issus les fatimides.

 

1 L’ismaélisme.

 L’Ismaélisme est un mouvement révolutionnaire islamique dont la chrétienté actuelle aurait bien besoin. Il est né au milieu du VIIIe siècle, fondé sur le principe de l’imama, c’est-à-dire sur la reconnaissance de l’autorité d’un chef non élu, mais désigné par son prédécesseur.

Ce mouvement religieux est issu des Chiites en 765. Le calife est choisi parmi les descendants d’Ali, cousin et gendre de Mahomet.

Leur philosophie était un hymne à la tolérance préconisant une pluralité de voies pour accéder au salut.

Ce qui nous intéresse ici c’est la réforme sur laquelle il repose et qui consiste à faire triompher l’Esprit sur la Lettre et la vérité sur la loi.

Dans le domaine intellectuel l’Ismaélisme libère l’esprit de tous ce qui pourrait lui faire obstacle ou le conditionner.

Cette réforme s’exprime aussi par l’élévation de la fois et de la pensée à un niveau tel que disparaissent toutes oppositions entre l’une et l’autre et qu’elle deviennent alors complémentaires dans la poursuite du même but : l’intégration complète de l’homme à l’existence. Sur le plan politique et social, ce mouvement réformateur lutte pour mettre en œuvre l’égalité et la justice, au profit de tous ceux qui vivent dans la société islamique, qu’ils soient arabes ou non arabes, musulmans ou non musulmans.

Durant le califat fâtimide, les Ismaéliens acceptèrent dans leur administration toutes personnes choisies selon le mérite et la compétence. Ainsi les membres des autres obédiences de l’Islâm ainsi que les Juifs et les Chrétiens étaient admis aux plus hautes fonctions.

En 1004 le sixième calife fatimide Al-Hakim bi-Amr Allah fonde au Caire la Maison de la sagesse, Dâr al-Hikma, dans laquelle sera favorisée l’étude des sciences hellénistique. Juristes, médecins, astronomes, astrologues, mathématiciens et alchimistes fréquentent son importante bibliothèque. Si l’on considère toute la période fâtimide dans son ensemble, on doit souligner que Musulmans, Juifs, et Chrétiens ont vécu paisiblement et ont travaillé ensemble.

Ces lieux sont des sortes d’universités[5], dans la lignée de la bibliothèque d’Alexandrie de l’Époque hellénistique.

À partir de 1060, le territoire des fâtimides se réduisit jusqu’à ne plus comprendre que l’Égypte.

Il est aisé de découvrir d’où provient cette connaissance des Fatimides.

 

2 De la bibliothèque d’Alexandrie aux Maisons de la Sagesse

 Alexandrie, l’an 332 avant JC. Le roi d’Égypte Ptolémé construit une gigantesque bibliothèque à Alexandrie contenant tout ce que la terre peut livrer de document dans tous les secteurs de la connaissance. En ce lieu se réunissent pour enseigner tous les plus grands savants du monde connu.

L’importance de la bibliothèque est telle que plusieurs centres verront le jour dans des localités du delta éloignées de plusieurs kilomètres. Ces centres posséderont des copistes pour dupliquer les documents de la grande bibliothèque. Ils deviendront à leur tour d’importants centres ou enseigneront des maîtres. C’est dans l’un d’eux que Bolos Démocritos enseigna l’alchimie en 144 avant JC. Il aurait écrit un livre Physika kai Mustica, qui est probablement le premier livre d’alchimie.

Les Fatimides qui règneront plus tard sur l’Afrique du Nord de 910 à 969 chez les Berbères (ce qui explique leur actuel rejet par les musulmans algériens) devinrent maître de l’Égypte de 969 à 1171, où ils fondent le Caire. Dans cette ville le calife fatimide Al-Hâkil fonde une maison de la sagesse. Ils eurent à leur disposition un véritable duplicata de la bibliothèque d’Alexandrie qui avait brûlé, mais dont les documents, ou leur reproduction, n’avaient pas disparu dans les agglomérations situées à la lointaine périphérie de la capitale.

Les maisons de la sagesse (en arabe بيت الحكمة, transcrit par Dâr al-Hikma, Bayt al-Hikma ou Beit Al-Hikma) étaient donc des hauts-lieux du savoir puisé dans les plus anciennes connaissances. Dès le VIIIe siècle La maîtrise de la fabrication du papier permis de rédiger de nombreux livres que l’on trouve par milliers, encore de nos jours, dans des châteaux du désert, notamment en Mauritanie. Fort heureusement, la communauté européenne se préoccupe actuellement de leur sauvegarde.

 

3 Les maisons de la sagesse et le savoir des Templiers.

 Les juifs et les Templiers fréquentèrent les maisons de la Sagesse. Les « cadres » de l’Ordre furent formés non seulement à l’alchimie, mais aussi à la spiritualité fondamentale qui n’a pas de frontières religieuses. C’est probablement là qu’ils connurent l’existence de l’Amérique.

Au sein de l’Ordre l’alchimie se transmettait en sept degrés, comme le dit fort clairement Johann Valentin Andreae (1586-1654) en ses Noces chymiques de Chritian Rose-Croix., en ses sept jours constituants chacun un chapitre du livre.

Chez les Templiers, les futurs alchimistes étaient formés par les maîtres de commanderies.

La dimension spirituelle prenait tous son sens universel indépendant de tous préceptes religieux. Il était capital que l’alchimiste soit prêt au moment de la mondification, ou création des mondes. Sans cette préparation le risque est grand de sombrer dans la folie. Il ne s’agit par là d’un effet d’annonce mélodramatique. En effet, ce moment crucial de la naissance des mondes tournant sur eux-mêmes (roue-bis) est celui où l’adepte devient la matière qu’il œuvre. On appelle cela les noces chimiques. Christian Rose-croix s’en est fait l’écho dans son livre Les noces chymiques. divisées en sept étapes correspondant aux sept degrés de formations dont je viens de parler. Ce sont ces noces qui inspirèrent les troubadours et leurs cours d’amour.

Cette fusion nécessite d’abord un amoindrissement considérable de l’ego et surtout une prise de conscience génératrice de notre métamorphose provoquant la paix de l’âme vis-à-vis de nos inévitables transgressions. Les Orientaux diraient que le karma dans ce qu’il a de nécessaires rachats est vécu ici et maintenant dans le creuset d’une âme en plein bouleversement. Dans un certain sens c’est déjà l’œuvre au blanc. Ce n’est qu’à cette condition que la conscience peut être enlevée pour le voyage initiatique fondamental qui n’a rien de folklorique et rien de cérémonieux dans quelques temple secret truffé de symboles qu’ils soient fondamentaux ou non.

La quasi-totalité des sociétés dites initiatiques ne font que singer (excusez ma dureté) le voyage initiatique réel dont elles ont perdu jusqu’aux notions les plus élémentaires concernant la mystique.

Il est donc possible de juger si un alchimiste l’est réellement dans son attitude dans la vie. Il est bien évident qu’un violent, revendicateur, médisant etc, imbu de ses connaissances et dépositaire de la vérité jusqu’à devenir gourou est, pour employer la terminologie de ma technicienne de surface, « à côté de la plaque. » Les « alchimistes » fous ou délirants abondent, j’en connais. Si certains parviennent à se ressaisir, et je les applaudis du fond du cœur, je pense en particulier à Jean Laplace qui fut un moment hypnotisé par l’aigle universitaire. Malheureusement beaucoup d’autres sombrent corps et biens.

Quant un adepte vous affirme « mon heure est venue afin de révéler la vérité » vous pouvez dire que le bonhomme est complètement sonné. Les tentatives réitérées de la sublimation ou se consomment des noces chymiques systématiquement ratées, les précipitent progressivement dans l’abîme car il ne sont pas prêts et n’obtiennent que le rire homérique des dieux.

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Johann Valentin Andreae a publié en 1616 à Strasbourg Les Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz. 

Christian Rose Croix le spécifie en son premier jour de noces chymiques :

« Prend garde à toi,

Examine-toi toi-même ;

Si tu ne t’es pas purifié assidûment

Les noces te feront dommage.

Malheur à qui s’attarde ici-bas.

Que celui qui est trop léger s’abstienne. »

 

4 Que s’est-il donc passé chez ceux qui perdent la raison ?

La mondification est le moment crucial où la conscience de l’être est aspirée vers le haut. Suivre le courant ascendant n’est pas une mince affaire. Christian Rose-croix en donne une image avec une corde à laquelle il faut s’accrocher :

« On descendra une corde : celui que s’y suspendra, sera délivré. »

À peine eut-elle achevé ce discours, que la vieille dame ordonna à ses serviteurs de lancer la corde dans la tour à sept reprises et de la ramener avec ceux qui auront pu la saisir. »

Toute la difficulté réside à saisir la corde et à rester accroché pour que les forces supérieures puissent nous hisser jusqu’au sommet.

Évidemment il s’agit là du symbole de la verticalité de l’être. Mais son sens n’est pas théorique puisque c’est la réussite de cette épreuve de « sublimation », quand le « résidu stérile » ou compost retombe, qui conditionne la réussite du Grand Œuvre. On ne peut saisir toute l’importance de cette phase ascensionnelle si on ignore le sens des neuf hiérarchies spirituelles et par la même occasion notre aventure consciente post mortem.

C’est pour souligner cette extraordinaire dimension que Violet Leduc a fait figurer l’alchimie à l’entrée de la cathédrale de Notre Dame de Paris. Assise sur son cathèdre et tenant une échelle à neuf barreaux, elle délivre deux puissants messages. D’abord que l’évêque peut être une femme, comme dans l’Église des Gaules et ensuite que tout alchimiste doit connaître les neuf étapes du Grand Œuvre. La réussite n’est totale que lorsque l’adepte, propulsé par le feu de la sublimation, monte les échelons de l’échelle, c’est-à-dire est suffisamment pur pour rencontrer une à une les neuf hiérarchies céleste dont la plus basse est celle des anges et celle qui la précède les Archanges, et un échelon plus haut les Archées… J’ai déjà parlé de ces neuf hiérarchies que l’on retrouve dans les neuf carrés du corporal, ou linge blanc, sur lequel le prêtre posait l’hostie quand il célébrait avant 1968 le sacrifice eucharistique (messe). Une telle rencontre ne se fait, comme je l’ai dit, que post mortel, mais ici, c’est avec les yeux ouverts que l’adepte monte à l’échelle.

Petit aparté, l’épée excalibur du roi Arthur a le même sens cabalistique que celui d’échelle, contraction du mot « escalier » et « pur » avec reversement – comme celui de la boule – du b en p. C’est ainsi que la boule est devenue poule. Cela donna naissance à la haute lignée des Hautpouls sise dans les Corbières et dépositaire des secrets de Rennes le Château étroitement liée à l’initiation des corbeaux et à celle de l’alchimie.

Quant à cette ascension dans les sphères célestes, je n’ai pas de texte à soumettre à votre jugement, mais seulement la dernière gravure du Mutus liber, ou livre muet, ce livre d’image relatant par des planches toutes les étapes du Grand Œuvre. La quinzième et dernière a le même sens que la quinzième et dernière station du chemin de croix des églises qui se fait face à Dieu, devant l’autel. Pour les puristes, l’échelle devenue inutile et couchée à terre est pourvue de 11 barreaux au lieu de neuf car dans ce livre sont pris en considération les deux étapes du hors d’œuvre (d’où le terme culinaire puisque l’alchimie est une « cuisine »). La première est la fabrication du sel et la dernière la projection qui provoque la transmutation, nécessaire à la préparation d’élixirs.

Dans cette planche deux phylactères portent chacun la même inscription (inscription bissée donc à double sens) : Oculatus abis, c’est à dire « tu t’en vas clairvoyant. ». J’invite le lecteur à lire cette inscription « l’œil d’Apis », dieu égyptien qui porte le soleil entre ses cornes et réside à Memphis. De même l’anagramme de l’auteur Jacobus Sulat marque la signature du Sieur des Marez.

Je m’égare un peu puisque mon but n’est pas de commenter le Mutus Liber, si bien réalisé, depuis des lustres, par Eugène Canseliet, F. C. H. qui continu à apprendre dans la lumière glorieuse de la bienfaisante éternité.

Quand l’adepte revient de ses neufs étapes, sa besace n’est pas vide. Il est devenu Adepte (avec un A majuscule) et ne peut que quitter l’endroit où il vivait, car sa divinisation est accomplie.

Rêvons un peu. On peut dire que certains templiers sont parmi nous. Vous pouvez les croiser dans la rue. Mais ils se gardent bien de s’intégrer à une société initiatique. Ils sont des électrons libres aidant celles et ceux qui sont réellement avides d’avancer. Fort heureusement pour eux, il n’y en a pas beaucoup, et de ce fait le coach free-lance a un bizness cool ! ! !

 

Des maisons de la sagesse à la papauté d’Avignon et à Montpellier.

En 1314, la fin tragique de l’Ordre du Temple n’a pas affecté la transmission des connaissances issues de la Bibliothèque d’Alexandrie et des Maisons de la Sagesse. La liberté de l’esprit se paye toujours très cher. Les cathares le savent. Les Fatimides le savent aussi qui sont encore persécutés par les intégristes musulmans algériens jusque dans leur réminiscence en basse Kabylie au pays des Berbères.

Donc, l’Ordre du Temple fut persécuté, torturé, brûlé… Cependant beaucoup se réfugièrent dans d’autres Ordres religieux ou s’exilèrent notamment en Allemagne, Espagne ou Angleterre. Ces proscrits, détenteurs de la connaissance des sciences spirituelles cherchèrent à transmettre leur savoir. C’était leur devoir sacré, même si la difficulté paraissait très dangereuse. En effet, ceux qui s’étaient intégrés à d’autres ordres religieux ne pouvaient transmettre leur savoir car lié par les règles de leur communauté d’adoption. Épisodiquement quelque moinillon recevait une formation dans le laboratoire d’une pharmacie-infirmerie du monastère. C’est probablement de cette lignée qu’est issu en Allemagne le célèbre moine-alchimiste Bazille Valentin. Le laboratoire dans l’oratoire était pour eux une extraordinaire opportunité qui ne pouvait qu’engendrer des Adeptes dignes de ce nom. Cependant la lignée de transmission restait difficile à perpétuer. Ce rôle vital, essentiel, reposait donc sur les épaules des exilés, libres de leurs activités.

Certains se réfugièrent en Angleterre, mais le roi ne tarda pas à les traiter en bannis, de telle sorte que leurs biens et aussi leur sécurité étaient menacés. Certains se réfugièrent en Écosse. En ce lieu paisible les dépositaires de la connaissance alchimique (un était docteur ès alchimie) purent faire le point sur leurs savoirs et éventuellement compléter celui de leurs compagnons d’infortune. Ces échanges durèrent plusieurs mois. Ainsi, dans cette école écossaise, se forma un groupe de 25 chevaliers dépositaire d’une solide connaissance des sciences spirituelles et alchimiques héritées de l’Égypte antique, des Grecs d’Alexandrie et des Ismaéliens Fatimides du Caire et d’ailleurs. En 1317 le groupe d’alchimiste décida de revenir en France sous le nom de Frères aînés de la Rose+Croix. Ce nom marquait leur origine qui était celle de la Fille aînée de l’Église ou Église des Gaules (Église Gallicane ancienne) et celle des mystiques Roses+Croix dépositaires des sciences spirituelles et de l’alchimie.

Leur mission fut de perpétuer la connaissance mystique et alchimique. Donc il ne fut pas question de restaurer l’Ordre du Temple, mais de pérenniser les connaissances templières sans se rallier à des groupements portant l’étiquette de Templiers ou de Rose+Croix. Très mystique, mais indigné par le comportement du pape à leur égard, ils créèrent une Église indépendante de la papauté. Ainsi naquit l’Église templière (qui existe encore de nos jours sous le nom d’Église Universelle de la Nouvelle Alliance) et dont le siège social est à Montpellier. Ils prirent comme blason celui du cardinal du Luxembourg comportant un pélican nourrissant ses trois petits. Il est encore à l’honneur actuellement.

Le 7 août 1316, JEAN XXII est élu pape à Avignon. Le 17 novembre le groupe sollicitait une audience de Sa Sainteté. À La suite de cet entrevue il les logea au palais et le souverain Pontife fut formé à l’alchimie. Le groupe garda son rôle d’enseignant et leur Église persista, ce qui ne manque pas de paradoxe.

Le groupe quitta Avignon 1333, et s’installa dans le Var dans la commanderie templière de Montfort-sur-Argens. Ils quittèrent la commanderie en 1334, et se séparèrent pour perpétuer leur mission.

À La suite de quoi des imperators se succédèrent à la tête de l’Ordre jusqu’à nos jours.

 

 

Salut dinosaurien tonitruant à tous ceux qui eurent le courage de lire la présente.                                     

 

 

FLASH SUR LES SOUFIS ET LA QUESTE DU GRAAL

Jacques Duchossoy raconte qu’au cours d’un entretien avec le Président de l’Ordre International Soufi et de l’Institut Universel Soufi pour la France, il a obtenu confirmation que le soufisme, d’où sont issus de nombreux alchimistes arabes, n’est pas une gnose. L’exemple le plus connu est celui de Jabir ibn Hayyan qui est connu en occident sous le nom de Géber. Jamais l’alchimie arabe ne dépassa le niveau extraordinaire auquel Géber l’avait fait accéder.

Jabr ibn Hayyan signifie Jabir, fils de Hayyan. Par la suite il est appelé Al-Soufi, d’où on peut conclure qu’il était membre d’une communauté mystique pratiquant le soufisme. Contrairement à une idée répandue, le Soufisme n’est pas une gnose hérétique issue du Coran, comme se plaisent communément à l’affirmer de nombreux spécialistes, notamment le célèbre Henry Corbin. Le soufisme est indépendant de l’Islam. C’est un des aspects de la gnose qui existait déjà en Iran à l’époque du premier Zoroastre, qui le tenait d’une tradition orale préhistorique. Le soufisme fut adopté par les nombreux penseurs et poètes musulmans lors de l’invasion de la Perse et les Parsis adorateurs du feu, de la lumière et du soleil, durent se réfugier en Inde, laissant seuls deux petits villages tolérés par les musulmans, tout au moins jusqu’à la révolution iranienne.

Nous savons tous les rapports cordiaux, sur le plan ésotérique, qu’entretenaient au moment des croisades les chevaliers chrétiens avec leur homologue musulman. L’idée de la chevalerie serait née bien antérieurement dans cet Iran à qui l’occident devait faire tant d’emprunts… même sur le plan religieux.

Au Coeur soufisme3Certaines légendes médiévales considérées comme d’origine celtique : Le cycle du roi Arthur, les chevaliers de la Table Ronde, la Quête du Graal, etc. proviendrait en réalité de prototypes iraniens. À noter même que ce patronyme, comme Parsifal (devenu Parseval ou Perceval au cours des siècles), est composé de deux mots persans anciens Parsi et Whal signifiant l’homme pur et purifié par la Lumière. Ces remarques n’enlèvent absolument rien à sa dimension cabalistique (Per = pierre et Val=laver). Voici qui n’est pas sans rapport avec le terme de Cathare (les purs) que nous retrouvons dans le midi de la France où par ailleurs existeraient divers toponymes aux consonances iraniennes, venant se juxtaposer à des suffixes courants en France comme ois et ais dont le sens et l’origine sanskrits sont déjà bien connu.

Pour en revenir à l’esprit chevaleresque des romans médiévaux, voici une anecdote ou plutôt une épreuve de Parsifal, chevalier chrétien, qui doit combattre Bérénis, un chevalier musulman…Au milieu du combat, dans un instant de repos, ils en viennent à parler de leur origine et s’aperçoivent qu’ils ont le même père, celui de Parsifal ayant eu aussi un enfant d’une arabe. Le combat cesse et ils s’embrassent fraternellement, jurant de poursuivre ensemble la quête du Graal, car dit la légende, ils ne pourront pénétrer qu’ensemble dans le château contenant le Graal. L’un est dit Chevalier Blanc et l’autre Blanc et Noir à cause de son origine. Voilà qui nous entraîne vers tout un symbolisme de l’Unité templière que d’aucun pourrait confondre avec un manichéisme mal compris et qui traduit aussi cette fraternisation des chevaliers chrétiens et musulmans dans ces maisons de la sagesse où ils échangèrent l’alchimie.