ESPRIT EST-TU LA ?

En ce XIXe siècle florissant le clergé scientifique partit à la conquête du monde pour regarder avec quelques dédains l’aube de l’humanité, son paléolithique. Si les anthropologues tentent de la connaitre, les scientifiques on tendance à la traiter avec une certaine désinvolture qui frise le mépris. Ces prêtres de la science triomphante ignorent les motivations profondes de ces êtres intuitifs que furent nos ancêtres inventeurs de l’élevage et de la médecine. Malgré le développement des neurosciences Ils ignorent même ce qu’est notre cerveau avec ses déroutants secrets. Notre tête est ainsi faite. Dans les méandres de milliards de neurones entrelacés, il nous est possible de naviguer à la corne de brume sans boussole ni carte marine pour trouver le bon port, la solution d’un problème. Nul raisonnement logique ne peut toujours expliquer le chemin vers cette vérité. Le plus étrange est que parfois il n’y a pas de chemin du tout, et ça marche !

LE GRAND GASTON.

Le grand Gaston Bachelard (1884-1962) lui-même s’y est cassé les dents et se retourne encore dans sa tombe car il n’a pas réussi à déterminer le raisonnement logique (et personne d’autre d’ailleurs) qui permis à Mendeleïev de classer les éléments chimique dans la fameuse table qui porte son nom. Cela, fichtre, ça dérange les bien pensants qui ne jurent que par le lit de Procuste dont la « thérapie » consiste à couper tout se qui dépasse de la manière officielle de raisonner. Evidemment ces amputations sont conformes aux désidératas de l’intelligentsia du moment, de l’air – des courants d’air – du temps dirions-nous !

Les scientistes mitrés, armés de leur doctrine idéologique, voulurent – selon la formule consacrée d’Ernest Renan (1823-1892) – « organiser scientifiquement l’humanité. » Et ils continuent, de nos jours de tenter de le faire comme ces vieilles marottes qui régentent nos radotages! Ce chancre doctrinal s’est implanté chez les culs bénis qui ne jurent que par les panels ces échantillons d’individus ou de choses que la langue occitane à assimilé au fond d’une chemise qui entre dans le fond du pantalon pour réchauffer les fesses.

LE CREDO DES BARBES ACADEMIQUES.

Le credo scientiste s’est mis à tout ronger excluant du monde la démarche sur-rationnelle qui est, comme son nom l’indique, au-dessus de la démarche rationnelle des scientifiques et calculateurs de tout genres. Ainsi partit le monde de guingois ou l’homme ne fut autorisé à réfléchir que d’une certaine manière imposée par les barbes académiques et leurs fidèles courbant l’échine tel Clovis recevant les lumières du baptême, prélude à son couronnant de monarque de droit divin partageant une infaillibilité avec le souverain pontife patriarche tardivement autoproclame supérieur aux autres tel celui d’Orient semant ainsi les germes de discordes qui deviendrons, 500 ans plus tard, le schisme Oriental.

Le scientisme a donc évacué, et jeté à la géhenne, toutes les manières de penser qui ne sont pas rationnelles que ce soit les révélations religieuses, les superstitions, les traditions et coutumes ainsi que les idées reçues. Evidemment il y à là de l’ivraie mais aussi du bon grain que le raisonnement logique ne saurait discriminer. C’est à cet endroit que le bât blesse et révèle les limites du lit de Procuste qui s’avère autant bienfaisant qu’handicapant dans son impitoyable sélection. Un rejet systématique, qu’elle qu’en soit sa raison, est toujours aveugle et à l’origine de bien des erreurs ce que traduit fort bien l’adage d’origine alchimique, disant de prendre garde à ne point rejeter le bébé avec l’eau du bain. Le bébé étant ici la pierre philosophale naissante dont l’aréopage des doctes ne veut entendre parler.

A LA DECOUVERTE DES « REVEURS GENIAUX ».

Actuellement certains scientifiques qu’ils soient intrigués ou avide de notoriété en explorant une terre de persona non grata se hasardèrent à l’étude de l’alchimie. Il est vrai que depuis la découverte de la radioactivité et donc des transmutations naturelles, et artificielles, les scientifiques sont tellement perturbés qu’ils finissent par octroyer aux alchimistes le titre de « rêveurs géniaux ». Maintenant ce qui turlupine, ces marginaux de la recherche, c’est comment diantre une transmutation s’avère possible sans déployer l’énergie colossale d’un réacteur nucléaire.

Ils sont légion, autour de l’alchimie, pour tenter de la comprendre ou d’expliquer, à leur manière, le processus de transmutation. Evidemment sont exclue de cette tentative, certains de leurs copains à l’œillère étriquée, ceux qui disent avoir résolu l’équation en criant : bêtises des « bas du front », vue de l’esprit, petit délire d’aspirant à la richesse. Ceux là, ces extrémistes, méprisent les concepts souvent irrationnels (ou peut-être sur-rationnels) qui ont guidé les débuts de l’humanité. Ils ne peuvent s’apercevoir que l’alchimie n’est pas uniquement la transmutation des métaux mais essentiellement médecine, de cette médecine qui fit la notoriété de la faculté de médecine de Montpellier à travers l’enseignement d’un Arnaud de Villeneuve ou d’un François Rabelais.

Certain scientifiques sont de bonnes foi et malgré le terrain instable sur lequel ils se sont engagés, ils ont donc tenté de comprendre ce qu’est l’alchimie. Cette tendance s’est manifestée chez certains scientifiques dès le XIXe siècle avec l’œuvre de ce chimiste célèbre, membre de l’Institut et de l’académie des sciences, Marcellin Bertelot (1827-1907) qui fut extrêmement documenté sur l’origine de l’alchimie. Il faisait remonter cette pratique jusqu’à l’Egypte antique. Les historiens confirmeront ce fait puisque le premier ouvrage d’alchimie (pysika ke mystika) fut découvert dans l’Egypte hellénisée. Il fut rédigé 200 ans avant notre ère. L’ancienneté des textes est incontestable, ce qui nous amène à nous poser la question suivante : scientifiquement, à l’heure actuelle, peut-on affirmer avec certitude que la pierre philosophale ne peut exister ? Si son impossibilité est démontrée, comme le voudraient les rationalistes de tout poil, on doit alors admettre que la philosophie hermétique représente la plus extraordinaire imposture de l’humanité par le nombre et la valeur des individus qui y ont participés, et dont les témoignages demeurent, jusque et y compris ceux qui attestent la réalité de transmutations historiques… 2200 ans de tromperies et de mensonges ! Cela laisse rêveur. Si, par contre, on ne trouve pas d’objection absolue à l’existence de cette Pierre, toute la critique des écrits alchimiques est à reprendre sur des bases nouvelles.

L’ALCHIMIE UNIFICATRICE DE TOUT

De nos jours certains chercheurs ont compris que l’ostracisme alchimique avait assez perduré et que le sujet devait être abordé sans idées préconçues. La plus grande honnêteté est de reconnaitre qu’elle n’est pas en contradiction avec la physique des particules qui postule l’unité, la simplicité ultime de l’ensemble du savoir. Aspect inséparable, notons-là bien, de la simplicité de l’individu lui-même dans ses diverses démarches qui assied une spiritualité particulière que caractérise la pureté juvénile que l’enfance représente le mieux : « Laissez venir à moi les petits enfants » disent les évangiles… Cela pour dire d’une manière plus concrète que l’alchimie, dans sa nécessaire simplicité, uni tous les objets de l’univers que ce soient les astres, les constellations, les métaux, les parties du corps… dans un vaste réseau de correspondances ou nul n’existe en qualité d’électron libre. Nous retrouvons là l’inséparabilité ou l’intrication de la physique quantique. Avouez qu’il y à la une raisons suffisante pour suspecter chez les alchimistes un processus mental différent de quelque ânonnements débiles et baveux de l’homme de Neandertal.

MONSIEUR PIERRE LASZLO.

Un chimiste de renom Pierre Laszlo a abordé la question avec honnêteté tout en étant sensible à la dimension poétique et littéraire que charrie ce monde en demie teinte par ses expressions et terminologies vieillottes. L’univers des alchimistes est quelque peu féérique dans l’incertitude du subliminal ou il se complait. Pourtant notre chimiste a tenté l’aventure d’y voir plus clair dans un pays ou règne la brume.

Notre chimiste, en son ouvrage Qu’est-ce que l’alchimie ? (éditions Hachette 1996 ISN 978212351905) s’est penché sur l’histoire de cet art à l’instar de son prédécesseur, œuvrant sur les paillasses de chimie, que fut Marcellin Bertelot.

La culture scientifique peut devenir mauvaise conseillère dans le sens ou un scientifique ne sais faire autre chose que d’être ce qu’il est c’est-à-dire un scientifique ni plus ni moins. De ce fait il lui est difficile de reprendre, sur des bases réellement nouvelles, toutes les critiques, toutes les interprétations de l’alchimie. L’œil du chimiste est en partie aveugle pour saisir l’alchimie. Il a de la difficulté à reconsidérer le phénomène énergétique différent de celui auquel il est accoutumé. La notion d’énergie inconnue le dépasse. Reconnaitre des réactions chimiques c’est de la chimie et rien que de la chimie, nous restons dans la dimension matérielle. Ors l’alchimie est un processus expérimental qui va au-delà de la sphère chimique. C’est là que se trouve la véritable particularité de cet Art et non dans son histoire, dans sa terminologie. Le problème central est celui de l’énergie mise en œuvre.

MONSIEUR GEORGES RANQUES.

Ce polytechnicien a de suite compris l’importance, et la particularité, de l’énergie mise en œuvre par les alchimistes. Dans son ouvrage La pierre philosophale (éditions Robert Laffont 1972 ISSN 0768-3294) il consacre un chapitre entier à cette recherche. Au lieu de tenter, en décryptant les vieux grimoires, de les comprendre grâce à des rapprochements avec les réactions chimiques ; il abandonne, fort opportunément, cette idée. C’est, selon lui, une action sur une énergie inconnue qui lui semble la plus à même de résoudre l’énigme. Et cette énergie serait plus ou moins liée à la matière. Cependant elle doit être d’abord être captée, « concentrée » avant de l’introduire dans le ballon pour réaliser le grand œuvre qui aboutira à l’élaboration de la fameuse Pierre philosophale. « Il est bien évident, écrit-il, que rien ne pourrait se passer, si n’intervenait pas un phénomène inconnu de la science actuelle. ». Et Georges Ranques de préciser que ce phénomène apparaît comme une sortes de vie. C’est n’est donc pas une « énergie » comme l’entendent les scientifiques car elle n’obéit pas au principe de conservation. Elle est fragile car elle ne se multiplie pas mais tend, au contraire, à s’affaiblir comme toutes « substances » vitale. De ce fait elle est facilement agressée et détruite par des énergies qui parcourent de plus en plus notre espace vital. Les ondes électromagnétiques parcourant les fils électriques leur sont particulièrement néfastes.

Pierre Laszlo a pourtant côtoyé l’énigme sans pour cela la considérer comme pièce maitresse et tenter de la définir. Pourtant il parle « d’opérateur universel absolument indispensable à l’œuvre. » (p 137). Mieux, il donne en référence le Dictionnaire hermétique de Guillaume Salmon (1695) qui ne s’embarrasse pas d’ambigüités : « Ce feu, celui du soleil est celui de l’énergie cosmique, d’un plasma pulsatile dont le battement harmonieux, réglé, anime l’univers. » (idem supra). Voila pourquoi le langage des oiseaux, par ses battements d’ailes et sa phonétique, fut choisi pour désigner le langage particulier des alchimistes. Evidemment les angelots participent de la même symbolique.

Nous comprenons là pourquoi le vitalisme eut son meilleur défenseur, que fut le professeur Bartez, à la faculté de médecine de Montpellier ce haut lieu européen de l’alchimie qui vit naître les premières thérapies efficaces liées à cet art ; les « grisettes de Montpellier » ces bombons à la réglisse et au miel sont les restes de ces douceurs qui enveloppaient les premiers comprimés contenant des fragments de Pierre philosophales administrés à des malades qui attendaient les soins, du grand Arnaud de Villeneuve, sous le bénitier de l’église jouxtant la célèbre Faculté.

QU’EN PENSEZ-VOUS MONSIEUR FULCANELLI ?

Quand j’écris des articles sur l’alchimie je suis immédiatement jugé bon ou nul. C’est la loi du tout ou rien. Cela dépend des noms en référence qui fleurissent mes textes. Si je parle de Roger Caro je suis un nul, je ne connais rien à l’alchimie. Si je parle de Fulcanelli, c’est l’apothéose, je suis un bon qui en connais un rayon ! La misère humaine s’infiltre partout ce qui permet de comprendre, sans un effort colossal, pourquoi si peu d’adeptes réussissent leur communion avec l’énergie universelle qui est faite de tolérance et de bienveillance, car la vie ne se propage pas dans la médisance jalouse ou la défense d’un pré carré. Quelque part c’est rigolo tout ça. Honoré, de son patronyme Balzac, parlerais de comédie humaine…

Concernant cette mystérieuse énergie, Fulcaneli est, dans ses demeures philosophales, des plus prolixe et, disons le mot, d’une charité hors du commun :

« Pour les alchimistes, les esprits sont des influences réelles, quoique physiquement presque immatériels ou impondérables. Ils agissent d’une manière mystérieuse, inexplicable, inconnaissable mais efficace, sur les substances soumise à leur action et préparé pour les recevoir. Le rayonnement lunaire est l’un de ses esprits hermétiques. »

Il ajoute plus loin :

« Seul les esprits métalliques possèdent le privilège d’altérer, de modifier et dénaturer les corps métalliques. Ce sont eux les véritables promoteurs de toutes les métamorphoses corporelles que l’on peut y observer. »

Est-il nécessaire d’insister ? Le sieur Ranques s’est approché le plus de la compréhension profonde de l’alchimie. Ici il fallait le dire afin que cessent ses parallélismes avec des réactions chimiques induisant en erreur les chercheurs. L’alchimie n’est pas de la chimie, et ne saurait être l’ancêtre de la chimie mais de la biologie. Il serait temps que les historiens des sciences ne fassent plus cette regrettable confusion qui freine considérablement l’essor d’une connaissance pleine d’avenir que les adeptes des siècles passés nous ont légués.

 

Je vous souhaite une merveilleuse année 2017, ce 17 que le jeu de tarot associe à cette étoile ou pulse cette énergie vitale maitresse du jeu.

BALANÇOIRE ENTRE FRANC MAC’ ET BIGOTS…

21692695Je dis souvent que la Franc Maçonnerie est un centre initiatique « qui pourrait » être extraordinaire si les franc Maçons n’étaient pas ce qu’ils sont. 

Je signale d’emblée que je ne suis pas le juge suprême et encore moins le nombril du monde. Je ne fais que constater selon ce que j’ai ressenti, compris ou cru comprendre, comme je le dis si souvent. Disons tout de même que je ne suis ni un émule de Léo Taxil (cet anti maçon d’opérette qui séduisit le pape au XIXe siècle) ni un « bouffe curé ». Cette dernière catégorie d’anticléricaux pullule bien souvent dans les centres initiatiques, signe indubitable qu’ils ont du chemin à faire. Il en est de même pour les antimaçonniques enragés dont l’orgueilleuse Eglise fait partie.

Traîner de pareilles casseroles ôte toute espérance d’évolution. Une rétrospective correctrice ne se réalisera jamais car les concepts biaisés sont tellement ancrés qu’ils rendent impossible tout retour en arrière malgré les meilleures volontés. La parole sacrée du maître et la facilité béate du confessionnal se retrouve partout car la routine en a bien huilé les gongs… Nous retrouvons le même cas de figure dans l’Eglise catholique romaine et apostolique dont le pontife souverain règne sur le Vatican et une multitude d’âmes crédules laissée sciemment dans l’ignorance du sens réel des fondements de leur religion.

Ce peuple ingénu et de bonne foi, fervent du catéchisme des homélies et des encycliques, est donc abusée autant par les Églises que par les centres initiatiques. Et cela d’une manière telle que j’en ai des frissons dans le dos.

Écoutez les curés orateurs, ils sont le reflet des maçons discoureur. Tout deux enseignent la vérité et ne peuvent que se « bouffer le nez ».

L’Église mystique, l’Église institutionnelle ne sait plus ce qu’elle est, tout comme la maçonnerie a oublié les fondements de la spiritualité. Ces deux institutions ont le même ennemi commun que je résumerais en un seul mot : LES MOTS.

Ce que l’on nomme « baratin » est un ennemie terrible car sa dimension spéculative associé à la langue de bois en fait l’outil de conquête du pouvoir des plus nuls mais de plus dégourdis, futée et brillant orateurs et rhétoriciens, qui tiennent de ce fait le haut du pavé et distillent des discours harmonieusement pernicieux pour « éduquer » leurs fidèles. Ainsi s’élaborent des lignées spéculatives fausses que certains psychologues baptisent fort justement « filiation menteuse ».

Je ne vais pas m’attarder sur des détails, aussi irais-je directement à ce qui me parait essentiel. Quoique ce qui précède mérite attention…

Autant dans la maçonnerie que dans l’Église n’existe de formation structurée et efficace à la spiritualité et à la mystique autrement que par des mots. On parle abondement avec des phrases profondes (ce qui est bien) mais rien n’est fait pour apprendre à appliquer INDIVIDUELLEMENT dans la vie courante ce genre de conseils. C’était pourtant le programme des anciennes « écoles de mystère », que ce soit celles d’Égypte ou de Delphes et Eleusis ou encore de Samothrace ! Et plus tard les Templiers firent de même sous l’impulsion de ce grand saint qui fut Bernard de Clervaux.

Comme si, à cet interface avec l’absolu, l‘homme était capable de trouver son chemin seul. Les solipsistes marquent le triomphe de leur petit « moi ». Quel orgueil cet individualisme forcené au nom de la liberté… que même la psychanalyse ne partage pas !

Que nous le voulions ou non, nous avons besoin d’être suivi non pas par un maître ou un gourou mais par un formateur, un ami, un guide qui nous aide pour nous laisser ensuite voler de nos propres ailes pour aller ou bon nous semble.

Réfléchissons un instant à ce qui faisait dire à Newton : « Je suis sur des épaules de géants »…

La mystique comme la spiritualité repose essentiellement sur la non-pensée, non pensée difficile à apprendre, à moins de considérer que quelque secondes de silence intérieur, ou une petite ronflette, suffisent pour se croire au septième ciel. Et, grand dieu ces gens là pullulent et sont entretenus dans leurs croyances par leur miroir aux alouettes cérébral ou des gourous cousin de l’oncle pik-sous !

Autant chez les francs maçons que chez les catholiques, c’est l’ignorance totale et entretenue du sens réel de la mystique dont le seul nom contient le terme « muet ». Cette dimension nécessaire du silence intérieur dans lequel ils pataugent, et racontent des balivernes (dont la meilleure est la phrase qui émaille les vieux missels : « Mettez-vous en présence de Dieu ». Si vous savez comment faire je suis preneur !) Eh bien les neurosciences le leur conseillent. Elles mettent en évidence que le « cerveau mystique » qui est muet, est localisé « grosso modo » dans l’encéphale cérébral droit.  

Combien parlent du cerveau droit sans savoir ce qu’il est, c’est devenu un gargarisme comme le mot alchimie que les « branchés », de l’arrière boutique des universités, recrachent doctoralement de leur cervelle spongieuse.

Oui, le cerveau mystique existe bien chez l’homme. Il est pourvu d’une puissance extraordinaire. Hélas il a un défaut impardonnable : il permet d’accéder à la liberté. Et cela aucune société de l’accepte car elle distille sa propre vérité, son propre sens de la liberté qui est une cage bien aménagée.

Mais on n’écoute pas la science car en ce domaine de la spiritualité on n’a de leçons à ne recevoir de personne.

Les théologiens l’ignorent et les scientifiques ne l’aiment pas. Les uns parce que l’intuition permet de saisir le monde de l’absolu les autres parce que ce cerveau n’est pas raisonnable dans le sens terre à terre du terme. Vous vous imaginez son pouvoir de sauter directement aux conclusions sans passer par un raisonnement logique ? Cela rendait furieux et désespérait le grand Gaston Bachelard devant ce prodige d’intuition qu’est la « Table de classification des éléments » qui ne repose sur aucune logique mais qui structurent notre monde matériel… à méditer dirait Zarathoustra !

Alors je ne me fais pas d’illusion, cet article est un coup de bâton dans l’eau qui s’attirera des critiques aigris de la part des malheureux détenteurs de la vérité qui ne veulent pas être secoués dans leur quiétude béate.

Le bandeau sur les yeux c’est cela et c’est une utopie de croire qu’il soit tombé. C’est une phase du rituel Maçonnique qui est pourtant claire. Mais bon comme je ne suis pas Franc Maçon, je ne suis pas « passé sous le bandeau » et de ce fait je ne vais pas interférer avec les définitions officialisées par l’aréopage pontifiant au couvre chef ouvragé.

Je lis avec beaucoup d’intérêt les romans écrits par des francs maçons car ils traduisent le milieu sociétal dans lequel ils baignent.

Je me suis intéressé à l’œuvre d’Eric Giacometti & Jaques Ravenne (maître maçon). L’ouvrage qui m’est tombé sous la main, si je puis dire, est le septième Templier. (Edition Fleuve noir. Pocket, Univers Poche. N°15166. 2011).

Si j’étais gêné par la structure du récit, écrit à deux mains, filant dans trois directions différentes (trop découpé à mon goût dans le balancement temporel, de 1307 à nos jours, ou l’on sent que chacun des auteurs s’est attribué un côté du balancier). Je me sentais mal à l’aise par l’inévitable manque de fluidité lié à des ruptures temporelle parfois agaçantes. Mais laissons cela puisque l‘essentiel n’est pas là.

Dès la page 12 j’ai été surpris par le passage suivant ou un Templier exprime son attachement à la théologie intellectuelle de Thomas d’Aquin:

« – Ne vous moquez pas. Seigneur ! Ici les pierres ont des oreilles et les arbres des yeux. Ils rapportent tout au Malin.

Malgré le froid qui figeait son visage, Foulque faillit éclater de rire. Depuis qu’il était entré au service de l’ordre du Temple, il avait entendu des milliers de fois de telles histoires ou la superstition l’emportait toujours sur la raison. Lui qui avait suivi à Paris les cours fameux de Thomas d’Aquin dont l’Eglise, disait-on, allait faire un saint. A cette époque, il n’était qu’un adolescent, mais il avait appris que l’exercice de l’intelligence se devait d’être la mesure de toutes choses, visible et invisible… »

La dernière phrase est des plus significatives. Elle traduit l’incompréhension de la mystique templière et aussi de celle qui fut à l’origine de la franc Maçonnerie.

Non, en mystique et en toute spiritualité digne de ce nom l’exercice de l’intelligence ne tient pas le haut du pavé. Elle est (peut-être, et c’est vraiment incertain.) la mesure des choses visibles mais pas du tout de celles des choses invisibles.

C’est sur le viol de cette évidence que reposent les « filiations menteuses » affirmatives de leurs concepts ou le psychisme spéculateur est roi. Elles cherchent à glorifier l’intelligence qui mesure tout mais qui a aliéné le sens de la liberté. Les « intelligents » par leurs discours tendancieux et brillamment démonstratifs entretiennent les mirages de la relativité du monde afin de nous en rendre dupe. Les tribuns politiques vont dans le même sens. Les seuls épargnés sont les artistes même si un certain art, dit moderne, est parfois le reflet délétère des discoureurs.

Ainsi sont dupes, depuis des siècles, les femmes et les hommes qui bâtissent notre société et plus particulièrement les fidèles chrétiens et les « loges bleues » des Francs Mac’.

De cela les Templier n’étaient pas dupe. Leur fondateur Bernard de Clairvaux leur avait tracé le chemin de la théologie mystique en s’insurgeant, tout comme François d’Assise, contre les spéculateurs ceux qui inféodaient la mystique à un catéchisme, à la réflexion intellectuelle. Si la théologie se présente actuellement comme un discours sur Dieu pour Bernard elle était un non-discours sur Dieu.

Ce grand saint a lutté toute sa vie pour préserver ce non discours et l’a inculqué à ses fils spirituels que furent les Templiers.

Sa lutte contre Pierre Abélard en est la preuve. Ce théologien intellectualisa la théologie, ce qui rendit furieux Bernard qui le fit condamner, avec l’appui de Guillaume de St Thierry, par deux conciles. Rien n’y fit, le poison fit son effet, et l’intellectualisme gagna la partie et finit par gangrener l’Eglise sauf les Templiers.

C’est pourquoi il a toujours existé une Eglise Templière. C’est pourquoi la Grand Maître était secondé par un « grand maître occulte » (qu’il connaissait) lequel présidait à la formation de certains chevaliers sur la plan mystique afin de les amener à quitter la relativité de notre monde pour devenir des « éveillés », des « Libérés » des « tchen gen », selon les orientaux, ou hommes véritables. Ce n’est qu’à partir de cet état qu’un certain Roncelain de Foss les formaient à l’utilisation de la « tête parlante » ou Baphomet » aux voyages astraux et différentes technique pour découvrir l’univers, dont l’alchimie occupait une place centrale par son échange avec la vie universelle.

Que dire de plus à ceux qui résonnent alors qu’il faut crever le tambour ?

Quelle vérité en cette sentence : « Il y en a qui savent tout mais ne comprennent rien »

 

Avec toute mon amitié.