ESPRIT EST-TU LA ?

En ce XIXe siècle florissant le clergé scientifique partit à la conquête du monde pour regarder avec quelques dédains l’aube de l’humanité, son paléolithique. Si les anthropologues tentent de la connaitre, les scientifiques on tendance à la traiter avec une certaine désinvolture qui frise le mépris. Ces prêtres de la science triomphante ignorent les motivations profondes de ces êtres intuitifs que furent nos ancêtres inventeurs de l’élevage et de la médecine. Malgré le développement des neurosciences Ils ignorent même ce qu’est notre cerveau avec ses déroutants secrets. Notre tête est ainsi faite. Dans les méandres de milliards de neurones entrelacés, il nous est possible de naviguer à la corne de brume sans boussole ni carte marine pour trouver le bon port, la solution d’un problème. Nul raisonnement logique ne peut toujours expliquer le chemin vers cette vérité. Le plus étrange est que parfois il n’y a pas de chemin du tout, et ça marche !

LE GRAND GASTON.

Le grand Gaston Bachelard (1884-1962) lui-même s’y est cassé les dents et se retourne encore dans sa tombe car il n’a pas réussi à déterminer le raisonnement logique (et personne d’autre d’ailleurs) qui permis à Mendeleïev de classer les éléments chimique dans la fameuse table qui porte son nom. Cela, fichtre, ça dérange les bien pensants qui ne jurent que par le lit de Procuste dont la « thérapie » consiste à couper tout se qui dépasse de la manière officielle de raisonner. Evidemment ces amputations sont conformes aux désidératas de l’intelligentsia du moment, de l’air – des courants d’air – du temps dirions-nous !

Les scientistes mitrés, armés de leur doctrine idéologique, voulurent – selon la formule consacrée d’Ernest Renan (1823-1892) – « organiser scientifiquement l’humanité. » Et ils continuent, de nos jours de tenter de le faire comme ces vieilles marottes qui régentent nos radotages! Ce chancre doctrinal s’est implanté chez les culs bénis qui ne jurent que par les panels ces échantillons d’individus ou de choses que la langue occitane à assimilé au fond d’une chemise qui entre dans le fond du pantalon pour réchauffer les fesses.

LE CREDO DES BARBES ACADEMIQUES.

Le credo scientiste s’est mis à tout ronger excluant du monde la démarche sur-rationnelle qui est, comme son nom l’indique, au-dessus de la démarche rationnelle des scientifiques et calculateurs de tout genres. Ainsi partit le monde de guingois ou l’homme ne fut autorisé à réfléchir que d’une certaine manière imposée par les barbes académiques et leurs fidèles courbant l’échine tel Clovis recevant les lumières du baptême, prélude à son couronnant de monarque de droit divin partageant une infaillibilité avec le souverain pontife patriarche tardivement autoproclame supérieur aux autres tel celui d’Orient semant ainsi les germes de discordes qui deviendrons, 500 ans plus tard, le schisme Oriental.

Le scientisme a donc évacué, et jeté à la géhenne, toutes les manières de penser qui ne sont pas rationnelles que ce soit les révélations religieuses, les superstitions, les traditions et coutumes ainsi que les idées reçues. Evidemment il y à là de l’ivraie mais aussi du bon grain que le raisonnement logique ne saurait discriminer. C’est à cet endroit que le bât blesse et révèle les limites du lit de Procuste qui s’avère autant bienfaisant qu’handicapant dans son impitoyable sélection. Un rejet systématique, qu’elle qu’en soit sa raison, est toujours aveugle et à l’origine de bien des erreurs ce que traduit fort bien l’adage d’origine alchimique, disant de prendre garde à ne point rejeter le bébé avec l’eau du bain. Le bébé étant ici la pierre philosophale naissante dont l’aréopage des doctes ne veut entendre parler.

A LA DECOUVERTE DES « REVEURS GENIAUX ».

Actuellement certains scientifiques qu’ils soient intrigués ou avide de notoriété en explorant une terre de persona non grata se hasardèrent à l’étude de l’alchimie. Il est vrai que depuis la découverte de la radioactivité et donc des transmutations naturelles, et artificielles, les scientifiques sont tellement perturbés qu’ils finissent par octroyer aux alchimistes le titre de « rêveurs géniaux ». Maintenant ce qui turlupine, ces marginaux de la recherche, c’est comment diantre une transmutation s’avère possible sans déployer l’énergie colossale d’un réacteur nucléaire.

Ils sont légion, autour de l’alchimie, pour tenter de la comprendre ou d’expliquer, à leur manière, le processus de transmutation. Evidemment sont exclue de cette tentative, certains de leurs copains à l’œillère étriquée, ceux qui disent avoir résolu l’équation en criant : bêtises des « bas du front », vue de l’esprit, petit délire d’aspirant à la richesse. Ceux là, ces extrémistes, méprisent les concepts souvent irrationnels (ou peut-être sur-rationnels) qui ont guidé les débuts de l’humanité. Ils ne peuvent s’apercevoir que l’alchimie n’est pas uniquement la transmutation des métaux mais essentiellement médecine, de cette médecine qui fit la notoriété de la faculté de médecine de Montpellier à travers l’enseignement d’un Arnaud de Villeneuve ou d’un François Rabelais.

Certain scientifiques sont de bonnes foi et malgré le terrain instable sur lequel ils se sont engagés, ils ont donc tenté de comprendre ce qu’est l’alchimie. Cette tendance s’est manifestée chez certains scientifiques dès le XIXe siècle avec l’œuvre de ce chimiste célèbre, membre de l’Institut et de l’académie des sciences, Marcellin Bertelot (1827-1907) qui fut extrêmement documenté sur l’origine de l’alchimie. Il faisait remonter cette pratique jusqu’à l’Egypte antique. Les historiens confirmeront ce fait puisque le premier ouvrage d’alchimie (pysika ke mystika) fut découvert dans l’Egypte hellénisée. Il fut rédigé 200 ans avant notre ère. L’ancienneté des textes est incontestable, ce qui nous amène à nous poser la question suivante : scientifiquement, à l’heure actuelle, peut-on affirmer avec certitude que la pierre philosophale ne peut exister ? Si son impossibilité est démontrée, comme le voudraient les rationalistes de tout poil, on doit alors admettre que la philosophie hermétique représente la plus extraordinaire imposture de l’humanité par le nombre et la valeur des individus qui y ont participés, et dont les témoignages demeurent, jusque et y compris ceux qui attestent la réalité de transmutations historiques… 2200 ans de tromperies et de mensonges ! Cela laisse rêveur. Si, par contre, on ne trouve pas d’objection absolue à l’existence de cette Pierre, toute la critique des écrits alchimiques est à reprendre sur des bases nouvelles.

L’ALCHIMIE UNIFICATRICE DE TOUT

De nos jours certains chercheurs ont compris que l’ostracisme alchimique avait assez perduré et que le sujet devait être abordé sans idées préconçues. La plus grande honnêteté est de reconnaitre qu’elle n’est pas en contradiction avec la physique des particules qui postule l’unité, la simplicité ultime de l’ensemble du savoir. Aspect inséparable, notons-là bien, de la simplicité de l’individu lui-même dans ses diverses démarches qui assied une spiritualité particulière que caractérise la pureté juvénile que l’enfance représente le mieux : « Laissez venir à moi les petits enfants » disent les évangiles… Cela pour dire d’une manière plus concrète que l’alchimie, dans sa nécessaire simplicité, uni tous les objets de l’univers que ce soient les astres, les constellations, les métaux, les parties du corps… dans un vaste réseau de correspondances ou nul n’existe en qualité d’électron libre. Nous retrouvons là l’inséparabilité ou l’intrication de la physique quantique. Avouez qu’il y à la une raisons suffisante pour suspecter chez les alchimistes un processus mental différent de quelque ânonnements débiles et baveux de l’homme de Neandertal.

MONSIEUR PIERRE LASZLO.

Un chimiste de renom Pierre Laszlo a abordé la question avec honnêteté tout en étant sensible à la dimension poétique et littéraire que charrie ce monde en demie teinte par ses expressions et terminologies vieillottes. L’univers des alchimistes est quelque peu féérique dans l’incertitude du subliminal ou il se complait. Pourtant notre chimiste a tenté l’aventure d’y voir plus clair dans un pays ou règne la brume.

Notre chimiste, en son ouvrage Qu’est-ce que l’alchimie ? (éditions Hachette 1996 ISN 978212351905) s’est penché sur l’histoire de cet art à l’instar de son prédécesseur, œuvrant sur les paillasses de chimie, que fut Marcellin Bertelot.

La culture scientifique peut devenir mauvaise conseillère dans le sens ou un scientifique ne sais faire autre chose que d’être ce qu’il est c’est-à-dire un scientifique ni plus ni moins. De ce fait il lui est difficile de reprendre, sur des bases réellement nouvelles, toutes les critiques, toutes les interprétations de l’alchimie. L’œil du chimiste est en partie aveugle pour saisir l’alchimie. Il a de la difficulté à reconsidérer le phénomène énergétique différent de celui auquel il est accoutumé. La notion d’énergie inconnue le dépasse. Reconnaitre des réactions chimiques c’est de la chimie et rien que de la chimie, nous restons dans la dimension matérielle. Ors l’alchimie est un processus expérimental qui va au-delà de la sphère chimique. C’est là que se trouve la véritable particularité de cet Art et non dans son histoire, dans sa terminologie. Le problème central est celui de l’énergie mise en œuvre.

MONSIEUR GEORGES RANQUES.

Ce polytechnicien a de suite compris l’importance, et la particularité, de l’énergie mise en œuvre par les alchimistes. Dans son ouvrage La pierre philosophale (éditions Robert Laffont 1972 ISSN 0768-3294) il consacre un chapitre entier à cette recherche. Au lieu de tenter, en décryptant les vieux grimoires, de les comprendre grâce à des rapprochements avec les réactions chimiques ; il abandonne, fort opportunément, cette idée. C’est, selon lui, une action sur une énergie inconnue qui lui semble la plus à même de résoudre l’énigme. Et cette énergie serait plus ou moins liée à la matière. Cependant elle doit être d’abord être captée, « concentrée » avant de l’introduire dans le ballon pour réaliser le grand œuvre qui aboutira à l’élaboration de la fameuse Pierre philosophale. « Il est bien évident, écrit-il, que rien ne pourrait se passer, si n’intervenait pas un phénomène inconnu de la science actuelle. ». Et Georges Ranques de préciser que ce phénomène apparaît comme une sortes de vie. C’est n’est donc pas une « énergie » comme l’entendent les scientifiques car elle n’obéit pas au principe de conservation. Elle est fragile car elle ne se multiplie pas mais tend, au contraire, à s’affaiblir comme toutes « substances » vitale. De ce fait elle est facilement agressée et détruite par des énergies qui parcourent de plus en plus notre espace vital. Les ondes électromagnétiques parcourant les fils électriques leur sont particulièrement néfastes.

Pierre Laszlo a pourtant côtoyé l’énigme sans pour cela la considérer comme pièce maitresse et tenter de la définir. Pourtant il parle « d’opérateur universel absolument indispensable à l’œuvre. » (p 137). Mieux, il donne en référence le Dictionnaire hermétique de Guillaume Salmon (1695) qui ne s’embarrasse pas d’ambigüités : « Ce feu, celui du soleil est celui de l’énergie cosmique, d’un plasma pulsatile dont le battement harmonieux, réglé, anime l’univers. » (idem supra). Voila pourquoi le langage des oiseaux, par ses battements d’ailes et sa phonétique, fut choisi pour désigner le langage particulier des alchimistes. Evidemment les angelots participent de la même symbolique.

Nous comprenons là pourquoi le vitalisme eut son meilleur défenseur, que fut le professeur Bartez, à la faculté de médecine de Montpellier ce haut lieu européen de l’alchimie qui vit naître les premières thérapies efficaces liées à cet art ; les « grisettes de Montpellier » ces bombons à la réglisse et au miel sont les restes de ces douceurs qui enveloppaient les premiers comprimés contenant des fragments de Pierre philosophales administrés à des malades qui attendaient les soins, du grand Arnaud de Villeneuve, sous le bénitier de l’église jouxtant la célèbre Faculté.

QU’EN PENSEZ-VOUS MONSIEUR FULCANELLI ?

Quand j’écris des articles sur l’alchimie je suis immédiatement jugé bon ou nul. C’est la loi du tout ou rien. Cela dépend des noms en référence qui fleurissent mes textes. Si je parle de Roger Caro je suis un nul, je ne connais rien à l’alchimie. Si je parle de Fulcanelli, c’est l’apothéose, je suis un bon qui en connais un rayon ! La misère humaine s’infiltre partout ce qui permet de comprendre, sans un effort colossal, pourquoi si peu d’adeptes réussissent leur communion avec l’énergie universelle qui est faite de tolérance et de bienveillance, car la vie ne se propage pas dans la médisance jalouse ou la défense d’un pré carré. Quelque part c’est rigolo tout ça. Honoré, de son patronyme Balzac, parlerais de comédie humaine…

Concernant cette mystérieuse énergie, Fulcaneli est, dans ses demeures philosophales, des plus prolixe et, disons le mot, d’une charité hors du commun :

« Pour les alchimistes, les esprits sont des influences réelles, quoique physiquement presque immatériels ou impondérables. Ils agissent d’une manière mystérieuse, inexplicable, inconnaissable mais efficace, sur les substances soumise à leur action et préparé pour les recevoir. Le rayonnement lunaire est l’un de ses esprits hermétiques. »

Il ajoute plus loin :

« Seul les esprits métalliques possèdent le privilège d’altérer, de modifier et dénaturer les corps métalliques. Ce sont eux les véritables promoteurs de toutes les métamorphoses corporelles que l’on peut y observer. »

Est-il nécessaire d’insister ? Le sieur Ranques s’est approché le plus de la compréhension profonde de l’alchimie. Ici il fallait le dire afin que cessent ses parallélismes avec des réactions chimiques induisant en erreur les chercheurs. L’alchimie n’est pas de la chimie, et ne saurait être l’ancêtre de la chimie mais de la biologie. Il serait temps que les historiens des sciences ne fassent plus cette regrettable confusion qui freine considérablement l’essor d’une connaissance pleine d’avenir que les adeptes des siècles passés nous ont légués.

 

Je vous souhaite une merveilleuse année 2017, ce 17 que le jeu de tarot associe à cette étoile ou pulse cette énergie vitale maitresse du jeu.

BAGATELLES SUR LA LETTRE G.

Vous ne me croirez pas si je vous dis que l’idée de parler de cette lettre ne m’est pas venue en lisant le bon vieux livre de Jules boucher sur la symbolique maçonnique. D’ailleurs le pauvre est en si piteux état que je dois prendre moult précaution pour qu’il ne tombe en morceaux entre mes mains inexpertes.

L’idée m’est venue en pratiquant ce sport en vogue de nos jours et cela depuis des temps immémoriaux : celui de me regarder le nombril et de m’extasier dans la contemplation de mon patronyme dont l’initiale est la lettre G. Mon délire mystique atteint son paroxysme lorsque me sauta aux yeux, si je puis dire, cette curieuse coïncidence : l’initiale de mon prénom se superposait à la lettre gamma grecque (G) retournée, équerre des francs maçons ! Imaginez ma stupeur de constater ces concordances. N’en doutez pas, elles firent frétiller de plaisir mon égo voluptueusement caressé ! J’étais un super G !

A la suite de quoi je saisi délicatement mon Jules Boucher pour savoir ce qu’il racontait sur cette lettre car je me sentais concerné.

ob_212151_etoile-10J’ai ainsi appris que cette lettre était inscrite dans une étoile à cinq branches que les Franc Maçons appellent l’étoile flamboyante. Et là mon sang ne fit qu’un tour ! Cet ensemble avait une valeur universelle seulement par le jeu des nombres. Il fallait ajouter au 5 du nombre de branches de l’étoile le 7 qui est la position de la lettre dans l’alphabet. Le total 12 lui donne une universalité, comme le soulignent les signes du zodiaque ; qu’il convient de regarder de plus prés en évitant les discours sans fondement. Et les discours sans fondements ils font légion ! C’est le passe-temps favoris de ceux qui prennent leurs désirs pour la réalité. Le monde est ainsi fait qui fait grimper ses héros d’un jour sur les épaules de sous développés. Les fans des campagnes électorales, ayant perdu toute raison devant les caméras d’un journal pour hurler avant le dépouillement du scrutin « on a gagné », sont là pour nous le rappeler. Ma concierge, cette femme à la sagesse infuse m’a dit un jour en regardant un duel politique accompagné de braillards : « Gueuler est le propre de l’homo politicard il casse les oreilles et les pieds en croyant que ça le propulse au septième ciel. » J’ignore ce qu’elle pense de l’homme sportif mais je ne vais par tarder à le savoir. Tout ce que je sais c’est qu’elle ne les range pas parmi les homos sapiens mais parmi les pithécanthropes. Il est vrai que ses connaissances en anthropologie sont des plus sommaires. Elle a du relever ce nom parmi les célèbres injures du capitaine Haddock.

L’homme ainsi survolté parvient à voir ce que personne ne voit pour se construire le monde dont il a besoin.  Tel est le grand G visible dans le ciel nocturne. Il est constitué de neuf étoiles : Bételgeuse, Bellatrix et Rigel, toutes trois de la constellation d’Orion et situées au centre, et Sirius (Grand Chien), Procyon (Petit Chien), Pollux et Castor (Gémeaux), Capella (Cocher) et Aldébaran (Taureau)

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Voilà la G maçonnique exalté jusqu’aux cieux, signature indélébile de Grand Architecte de l’Univers. C’est grisant n’est-ce pas ?

Peut être faudrait-il rappeler que dans l’astronomie populaire ce regroupement d’étoiles est appelé un astérisme.

L’astérisme est une figure remarquable dessinée par des étoiles particulièrement brillantes. En général, ces étoiles n’on rien d’autre de commun que la brillance. Elles ne sont liées ni par une interaction gravitationnelle significative, ni par une gestation commune. Conclusion l’astérisme est un objet céleste plutôt arbitraire et subjectif. En d’autres termes, avec un petit effort ceux qui affirment que nos ancêtres sont les gaulois pourraient admirer, à la place du G maçonnique, les moustaches de Vercingétorix !

Le fameux Oswald Wirth, inventeur de la géométrie philosophique et spécialiste des graphismes liée aux anciens symboles chimiques et alchimique fait remarquer dans son Mystères de l’art Royal. (1931) son rapprochement avec le sel alchimique : un cercle traversé par un diamètre horizontal. Et pour lui le sel signifie « La sagesse qui conçoit ». Allez raconter cela à un alchimiste, il vous rira au nez ! Mais par charité il exaltera la dimension spirituelle de son art qu’il sait associée à une pratique, que l’on appelle les Grand Œuvre, dont le sel est essentiel car étroitement liée, une foi correctement préparé, aux puissances universelles… Et, croyez-moi si vous le voulez, ce n’est pas une vue de l’esprit ! L’alchimiste travaille avec des matériaux concrets afin de saisir les énergies fondatrices. La matière importe peu l’important est ce qu’elle permet de faire au-delà de notre réel. Ceci étant dit vous pouvez replonger dans l’alchimie symbolique ou spirituelle, elle n’a fait de mal à personne. Je ne sais pas trop ou cela mène, je m’y suis jamais intéressé, que voulez-vous personne n’est parfait, mais que les mânes d’Hermès me gardent d’aller fourrer mon nez là-dedans !

En me replongeant dans la symbolique maçonnique de Jules Boucher. J’ai lu avec beaucoup de plaisir ce passage inspiré par son ami Fulcanelli :

«  L’étoile flamboyante, active, entourant la lettre G, montre le chemin qui conduit à l’hexagramme, étoile équilibrée, idéogramme classique de la pierre philosophale.

L’étoile flamboyante est alors la quintessence, au sens hermétique du terme, et la lettre G devient l’initiale de Graal, de ce Graal qui est le voile du feu créateur, feu qui rayonne et qui « flamboie ». 

Oui la lettre G est bien l’initiale de Graal et c’est là le message essentiel qui est lié à Genèse, car l’alchimie est genèse. Car seules les forces universelles sont génitrices, ce qui provoque, au sein de la matière, une granule à l’image de la structure intime de toutes matières.

Libre à vous de méditer sur Gravitation, Géométrie, Génie et Gnose comme le préconisent les rituels maçonniques. Certains ont écrit des traités entiers sur leurs élucubrations concernant ces seuls mots. Evidemment il n’en est sorti qu’un morne ennui.

Ce que je veux dire ici, et le souligner trois fois, c’est que la compréhension de la plupart des symboles est inséparable d’une alchimie bien comprise et non pas cantonné à sa seule dimension analogique ou spirituelle. Ceci étant dit je retourne dans mon laboratoire pour préparer le printemps. Je suis toujours en avance car je lambine en chemin.

Avec toute mon amitié.

PROPOS SUR L’ILLUMINISME

VISION-DE-L-UNIVERS2

L’illuminisme est devenu incompréhensible non seulement pour la spiritualité en générale mais aussi pour la franc-maçonnerie qui l’a longtemps gardé en son sein.
La raison en est simple : l’esprit avec lequel œuvrèrent ceux qui participèrent de ce courant spirituel du XVIIe et XVIIIe siècle, est devenu étranger à nos spiritualistes contemporains. Ils ont oublié l’aspiration fondamentale qui présida à l’élaboration des voies initiatiques, dont l’alchimie est le maître d’œuvre, à tel point qu’a pu fleurir marginalement un illuminisme négatif, qui dirige le monde matérialiste, lequel a pris le nom d’illuminatis. Sur ces dirigeants je ne m’attarderais pas car ils sont une conséquence directe de la corruption de notre société comme le sont le revers de la médaille de certaines inventions dont le prix Nobel nous rappelle en permanence la triste réalité.
Au XVIIIe siècle, l’illuminisme était d’une extraordinaire richesse et préfiguraient les découvertes des neurosciences actuelles. Ce courant ésotérique se caractérisait par une reconnaissance en l’homme d’un ensemble de faits de capacités et d’états qui dépassent largement l’aptitude, aussi subtile soit-elle, de notre intelligence discursive.
C’est exactement les mêmes constatations que firent les neurobiologistes quant aux étranges capacités de notre encéphale cérébral droit qui est capable de parvenir à la solution exacte d’un problème sans passer par un raisonnement logique. Son aptitude à saisir une totalité dans une partie de ce qui est observé renoue avec l’adage si souvent ironisé : « Un le tout, tout en tout » adage qui ignore combien la structure holographique de notre pensée est omniprésente sans parler de celle de notre univers dont les recherches sont en cours…
Le nom d’illuminisme fait référence à la lumière. Toute la difficulté, et aussi toutes les erreurs, reposent sur la définition que l’on donne à la lumière. Si nous croyons qu’elle est uniquement une science divine venant d’en haut et donc le fruit d’une mystique qui procède par révélation des connaissances du monde supérieur, nous avons raison si seulement nous savons d’où vient cette lumière et comment nous faire illuminer par elle.
Quoi qu’il en soit les individus insatisfaits par les dogmes et les cultes se livrent à des recherches sur le christianisme primitif pour tenter de discerner l’origine de cette lumière. La encore ils ont raisons seulement s’ils pensent que la connaissance d’un rit ne vas pas tout solutionner, et là je parle aussi des rit maçonniques. En d’autres termes ils ne peuvent porter leur fruit que s’ils ne sont pas le jouet de cette lettre servile qui occulte l’Esprit.
Tout cela est en accord avec la pensée de Joseph de Maistre. Quoi qu’il en soit la mystique fut toujours indépendante de tout cléricalisme établi, même au sein d’une Église. C’est un concept partagé par tous les illuminés mais qu’ignorent bien des Francs-Maçons qui se disent anti-dogmatique et par la même (par cette manière de penser dogmatique par essence) se barrent la route à l’illumination.
Comment jouir de cette intuition, de cette intelligence profonde des choses qui repose sur une illumination invisible ? Comment posséder la vision intime du principe de la réalité du monde ? Telle sont les questions que se posent tout adepte.
La seule réponse réside dans la signification du symbolisme alchimique des loges maçonnique qu’expliquent à leur manière bien des auteurs. Et qui plus est, seul le laboratoire alchimique rejeté par bien des loges, offre une compréhension et une solide technique mystique pour y parvenir.
Ceci étant dit Martinès de Pasqually, Saint-Martin, Willermoz, Johann Friedrich Kleuker et Gottlieb Heinrich von Schubert, furent tous admirateurs de la théosophie chrétienne de Jacob Boehme, qui révéla l’influence de l’alchimie.
Les fondateurs des grands courants spirituels ne sont lus qu’en fonction du crible de nos croyances qui sont, il faut le reconnaître, le pivot de l’expérience humaine à la racine de nos habitudes cognitives. C’est un fait qui n’échappe à personne, pas même aux biologistes spécialistes des neuroscience qui affirment, tel le célèbre professeur Américain de neurophysiologie Michael Gazzaniga : « Croire est ce que les humains font le mieux » in Le cerveau social : p13 Editions Odile Jacob.
Ainsi prévenus nous continuons à ne point nous méfier de nous-mêmes tout en fredonnant béatement : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les dieux » c’est ce que l’on appelle du verbiage qui nous occulte la lumière car nous ne faisons que réciter à l’aune de nos croyances et de nos coups de cœur.
Certains m’affirment péremptoirement que l’initiation permet de dégager le « moi intérieur », « l’étincelle divine » existant dans la personnalité humaine. Je veux bien le croire mais je n’ai jamais rencontré d’individu ayant réussi ce tour de force résultant d’une initiation sans être au préalable sérieusement formé. Car toute chose nécessite une formation même si nous sommes habités par une puissante intuition. Évidemment j’entends l’initiation dans le sens maçonnique, rosicrucien ou martiniste du terme.
Le père des lumières, pour paraphraser Fulcanelli, n’est autre que le soleil. Œuvrer avec la lumière n’est autre que l’alchimie qualifiée d’œuvre du soleil par Hermès Trismégiste. C’est dans ce sens que Jacob Boehme, révéla à l’avant-garde des illuministes l’influence, et donc la nécessité, de l’alchimie.
Celui qui au laboratoire n’a pas découvert la puissance créatrice de la lumière, et ne sait surnager dans l’océan des causes, ne saurait savoir ce qu’est réellement l’illuminisme.
La pratique au laboratoire provoque des réflexions, amène à des découvertes ainsi commence la formation qui inéluctablement conduit à rencontrer un guide autant pour le laboratoire que pour comprendre le sens profond de la lumière en soi et à travers l’Univers.
Ce qui précède n’est pas spéculatif.
C’est donc par un retour aux sources de l’illuminisme et de l’alchimie et par ceux qui souhaitent se mettre à son école en plaçant leurs pas dans les leurs, et non en ostracisant leur doctrine et leur façon de vivre le cheminement initiatique, que la maçonnerie pourra retrouver son authenticité perdue.
Je sais, c’est une vue de l’Esprit et je ne nie as que je suis un rêveur éveillé. Mais j’ai posé ma Pierre. C’est là l’essentiel.
Avec toute mon amitié.

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IN MEMORIAM

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Rassurez-vous je n’ai pas l’intention de prononcer un éloge funèbre soporifique. Il n’ y a personne à enterrer mais j’ai l’intention de faire un petit laïus sur la mémoire, notre mémoire. Je parle de celle qui est sensée avoir élue son domicile secret dans nos circonvolutions cérébrales.

A son propos, deux opinions s’affrontent : celle qui considère que le processus de mémorisation réside quelque part dans notre cerveau et le camp opposé qui reste persuadé que son siège n’est pas dans nos neurones cérébraux ou autres.

Depuis que vous lisez mes bavardages papillonnants d’un sujet à l’autre vous avez du remarquer que je ne vous ai jamais abreuvé d’un discours académique sans qu’il débouche sur une remarque qui dépasse le matérialisme pour aboutir sur des données utiles sur le plan « initiatique ». Je ne vais pas déroger à la règle car dans le cas de la mémoire il y a bien confrontation entre les tenant d’une mémoire ayant son substrat dans notre matière cérébrale et ceux qui affirment que le support mémoriel est immatériel.

Cela revient à considérer le cerveau de deux manières différentes. Pour les matérialistes il est le siège de la pensée et de la mémoire, pour les autres il ne serait qu’un relai. Dans ce cas la pensée et la mémoire seraient stockées ailleurs dans un continuum spatio-temporel particulier. Cela revient à dire que notre mémoire est immense et indestructible… même si nous la perdons par accident ou maladie, même si notre corps est devenu poussière… En réalité nous ne perdons que des pièces du relais nous connectant à l’immatériel.

C’est un sujet d’actualité, cette recherche de la localisation de nos souvenirs, et diverses expériences furent réalisées soit dans les laboratoires soit sur des patients ayant des troubles cérébraux.

Un fait devient de plus en plus évident au fur et à mesure que les recherches neurophysiologiques progressent, nous ne pouvons être comparés à un ordinateur avec des disques durs matériels sur lesquels la mémoire est stockée. Il existe des sortes de circuits wifi, sans câblages nerveux qui nous relient à un lieu de stockage immatériel. Arrivé à ce stade nous flirtons avec un réalisme fantastique sans perdre pour cela les pédales.

Personnellement je suis persuadé que des organes, tel le cœur, sont reliés à des sortes de circuits « bio-wifi ». J’ai déjà signalé la remarque du professeur Assenmacher qui disait, à l’occasion de ses cours auxquels j’assistais béat, qu’il existait des relais nerveux non matériel du muscle cardiaque. Il donnait comme exemple l’action volontaire des yogis sur la fréquence cardiaque.

Je ne vais pas m’appesantir sur les différents aspects des recherches scientifiques. J’irai donc droit au but.

Je vais donc parler de l’hydrocéphalie. Dans cette maladie, une grande partie du cerveau est remplacée par du liquide (liquide céphalo-rachidien) Certains sont des handicapés profonds mais d’autres sont normaux. Quelques-uns ont même un QI supérieur à la moyenne. Le neurologue britannique John Lorber signale le cas d’un jeune homme au QI de 126, diplômé en mathématique de l’université de Sheffield qui n’avait pratiquement pas de cerveau. La surface interne de son crane était recouverte d’une fine couche de cellule cérébrale d’environ un millimètre d’épaisseur, et tout le reste était rempli de liquide[1].

Dans ce cas nous voyons que toute tentative pour trouver des câblages nerveux est inutile. La mémoire et la pensée sont ailleurs…

Si je raconte cela c’est essentiellement pour montrer que nous sommes susceptibles de nous connecter à notre mémoire indestructible dans son immatérialité.

Chez un être à cerveau normal cette capacité est essentiellement rassemblée dans notre encéphale cérébral droit, celui qui est capable de trouver le résultat d’un problème sans passer par un raisonnement logique car la « réflexion » se fait ailleurs dans un milieu immatériel ou les données ne peuvent qu’être immenses…

Et pour se rattacher à cette dimension une seule solution existe : le silence. Le cerveau vide peut alors communiquer avec sa véritable grandeur. Tel est le but essentiel de toute « initiation » qui se trouve aux antipodes des bavardages lénifiants des spiritualistes bidon qui spéculent jusqu’à court-circuiter les neurones.

Avec toute mon amitié.

 

 

LE MESSAGE DE FULCANELLI

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Depuis 1960 l’alchimiste Fulcanelli fait couler beaucoup d’encre et alimente bien des spéculations quant à sa véritable identité. Cela est bien tout en n’étant pas très heureux car, ce faisant est éclipsé le rôle véritable, et très important de cet Adepte du XXe siècle.

Ce qui est le plus surprenant, et décevant il faut bien le dire, c’est que des alchimistes puissent adhérer à ce courant d’enquête sur une identité, démarche qui a uniquement sa place dans les polars comme l’a fort bien fait Henri Loevenbruck (Le mystère Fulcanelli) avec l’aide de Jacques Sadoul, connu pour ses vulgarisations romanesque de l’alchimie, alors que leur effort devrait s’inscrire en totalité dans l’appui inconditionnel et sans faille de cette prise de conscience sociale que provoqua l’œuvre décisive de ce grand alchimiste.

 

Le nom de Fulcanelli fut découvert par le public en 1960 à l’occasion d’un livre écrit par Louis Pauwel et Jacques Bergier : Le matin des magiciens. Ce best-seller eut un succès phénoménal qui lança la mode de l’ésotérisme car la société avait besoin de renouer avec le merveilleux. Dans ce livre, destiné au grand public, il y certes, comme l’on dit, « à boire et à manger ». Seuls quelques chapitres sont intéressants. Notamment celui ou Jacques Bergier relate sa rencontre avec Fulcanelli qui rendit visite au physicien Helbonner avec lequel il travaillait. Il était venu le mettre en garde contre le danger du nucléaire.

Cette démarche peut paraitre curieuse. Pourtant elle s’inscrit dans une démarche entreprise par les alchimistes depuis plus de trois siècles.

Durant le XVIIe et le XVIIIe les alchimistes parcouraient l’Europe pour réaliser des transmutations sous les yeux des scientifiques de l’époque. La plus marquante fut celle faite, en 1666, à Helvétius (Johann Feiedrich Schweitzer) médecin du prince d’Orange. Cet homme cultivé et intègre fit un rapport circonstancié de l’évènement qui eut une répercussion dans l’Europe entière au point d’en perturber Spinoza lui-même.

Malgré l’évidence des transmutations « à froid », pour employer la terminologie actuelle, rien n’y fit. Et des érudits tels Louis Figuier, s’empressent de crier à l’esbroufe en avançant des raisons tellement tendancieuses et indéfendables qu’elles tournent au ridicule leur auteur qui devient lui-même un faussaire. Nous retrouvons les mêmes affirmations à propos de Nicolas Flamel dont l’article sur l’encyclopédie en ligne Wikipédia est un bel exemple de supercherie néo cartésienne à bénédiction scientifique.

Par ces transmutations les alchimistes cherchaient à démontrer que le chemin emprunté par le matérialisme scientifique naissant ne pouvait conduire à la connaissance des lois universelles.

Malgré cet effort généralisé qui mobilisa les plus grands adeptes de ces deux siècles, ce fut un échec.

Deux siècles plus tard Fulcanelli délivra le même message en spécifiant dans Le Mystère des cathédrales,(1926) que les choses commencèrent à se dégrader à l’occasion de la Renaissance.

Cependant au milieu du XXe siècle, dont 1968 fut la manifestation d’une prise de conscience sociale, les choses changèrent face aux dangers engendrés par le nucléaire et la pollution en général.

C’est à cette période charnière que se situe l’influence de l’œuvre de Fulcanelli qui tenta, encore une fois à la suite de ses nombreux prédécesseurs, d’infléchir l’esprit matérialiste des scientifiques.

Cette fois l’échec ne fut pas total puisque par l’intermédiaire de ses porte-paroles, plus ou moins conscients, que furent Jacques Bergier et Louis Pauwel, l’ésotérisme repris de l’importance et beaucoup de scientifiques furent officieusement convaincus. En effet, le progrès des neurosciences allait dans ce sens puisque fut mis en évidence, durant les années 1970, la capacité chez l’homme de parvenir à une réponse juste, lors d’une interrogation d’ordre scientifique, sans passer par un raisonnement logique. Il existe donc une autre manière de résoudre des problèmes et de comprendre le monde, que celle de l’esprit scientifique du siècle des lumières.

Actuellement l’académie refuse la neuro-pédagogie qui multiplie par dix (voire par vingt) les capacités mémorielles et facilité bien des compréhensions car le verbiage est un paradis qui lui colle à la peau.

Cette attitude de rejet est compréhensible car par ce biais serait accrédité le rôle traditionnel de la cabale phonétique et celui de l’intuition. Ce rejet égoïste, par les institutions, même s’il doit durer longtemps, n’est en réalité qu’un combat d’arrière garde. Et cette bataille sera gagnée grâce à l’action déterminante de Fulcanelli ! ! ! C’est là-dessus que je voudrais insister car trop souvent passé sous silence par ceux qui comprennent l’alchimie comme uniquement œuvre au laboratoire ou qui papillonnent à la recherche de son identité.

En qualité d’élève issu du giron de Roger Caro et donc « hérétique » pour les adeptes de l’antimoine avouez que c’est plutôt original de porter aux nue Fulcanelli que je devrais ignorer comme les « fulcanelliens » m’ignorent[1]. Normal je suis Charlie !

 

Avec toute mon amitié.

 

BÉRANGER SAUNIÈRE CURÉ ALCHIMISTE

rennes-le-chateauBéranger Saunière? Quel curé de campagne !

Bon vivant, un pactole à ses pieds et trousseur de sa servante et à l’occasion, de la cantatrice du moment… Un épouvantail pour grenouille de bénitiers, bigots et intégristes.  Une salissure incontestable, mais incompréhensible, dans ce paysage religieux du XIXe siècle. Avait-il un esprit si affûté qu’il connaissait les dessous secrets de la religion, et ses dérives, au point de la moquer ?

Depuis près d’un siècle il en a fait couler des fleuves d’encre de toutes les couleurs et les pages des brochures et livres écrits à son sujet s’accumulent. Un Himalaya ! N’en doutez pas, le mont sur laquelle est perché son village de Rennes le Château à son équivalent en tonnes de papier.

En ce lieu, ou le mystère vous fait la nique, tout le monde observe et s’observe, tout le monde s’exprime tant bien que mal. En haut sur le piton il y a du monde au balcon pour crier « j’ai raison ! » ou « eurêka j’ai trouvé… » Aussi les librairies ne manquent pas pour vendre les chefs-d’œuvre du moment. C’est un vrai théâtre de boulevard qui fait chaud au cœur. Diantre ! Nous ne sommes pas dans le midi pour rien !

La température du lieu varie en fonction des évènements, tantôt en ébullitions quand parait le livre mythique Da Vinci code et tantôt c’est l’explosion lorsque Bugarach, tout à côté est intronisé, par une bande de cinglés, haut lieu de la fin du monde. Et puis la pression retombe, tout se dégonfle, tout le monde souffle et tout le monde cherche encore sans discontinuer tandis qu’afflue du monde entier des bus bourrés de touristes en mal de mystères.

Je ne me place pas en marge des barjos car pour chercher il faut être passionné et la passion est un grain de folie. Qu’elle s’adresse à une femme ou à une feuille de papier elle reste analogue à une poussée  hormonale qui vous comble de bonheur mais vous rend aveugle.

A rennes-le-Château les chercheurs les plus assidus finissent souvent par devenir non-voyant par excès d’hormone, même si leur verve est toujours en action et ne se tarit jamais pour faire grandir, encore et encore, l’Himalaya de papier.

Le porche de l’église du village m’a toujours intrigué par son grand triangle de céramique en flammes jaunes reproduisant le symbole du feu dans l’ancienne nomenclature chimique qui est restée celle des alchimistes.

Gra4tEOUwKy2qR8AD8VFAA7UpgE@236x565Porche de l’église de Rennes le Château surmonté de son triangle de feu.

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Symbole des quatre éléments selon la nomenclature De l’ancienne chimie et de l’alchimie.Le triangle du feu se superpose auTriangle jaune qui orne la toiture du porche.

 

Évidemment cette seule particularité pourtant criarde, ne saurait permettre d’affirmer que notre curé fut alchimiste. Disons que cela m’a mis la puce à l’oreille sans pour cela trouver un fait significatif, un fait incontestable.

J’ai donc attendu béatement, car je ne suis pas pressé, jusqu’au jour ou j’ai visité le petit musée, attenant à l’église, endroit quelque peu désert contenant des écrits, considérés sans grande valeur, de notre curé richissime. Il faut dire que dans ce village très particulier les textes originaux ou les objets significatifs sont soustrait du lieu par crainte qu’un hurluberlu plus intelligent que les autres découvre, grâce à eux, une piste du trésor. Alors on élimine jusqu’à transformer ce lieu payant en une visite saharienne pour gogos. C’est l’un des charmes du lieu ou personne ne cherche mais où tout le monde est à l’affut.

XBYLL8-gA9JJKBnA2esF9qJF1pc@500x375La page du cahier de Béranger Saunière. On peut voir sa signature sous UNIVER SEL. 

En quittant cet étrange musée ma nuque se mit à vibrer. Signe qui m’est coutumier quand se présente quelque chose d’intéressant. Je ne levais pas la patte comme un chien à l’arrêt ou intéressé par la bas d’un lampadaire. Non. Je m’immobilisais, au garde-à-vous, comme tétanisé, devant une vitrine qui pouvait paraître sans grand intérêt puisque notre curé désœuvré s’était apparemment amusé à griffonner n’importe quoi sur deux pages d’un grand cahier comportant cependant la signature de notre abbé comme gage d’authenticité.

u_niLe mot « univer sel » avec la signature de Saunière qui confirme que cette « faute » est revendiquée.

Sur la page de gauche notre ecclésiastique s’était appliqué à parfaire ses pleins et ses déliés. A la plume d’oie il avait calligraphié, en gros caractères, le mot UNIVERSEL. Ce qui m’intrigua c’était la forme inusitée en deux mots distincts : « UNIVER » suivi plus loin de « SEL ».

Le mot SEL est manifestement  mis en évidence par cette curieuse scission du mot UNIVERSEL. Chacun sait que le « sel[1] » est l’ingrédient le plus important de la pratique alchimique et de sa fameuse triade alchimique : soufre + mercure + sel, qui n’est pas sans rapport avec les fameux trois points des Francs Maçons. Comprenez donc pourquoi je remis sur le tapis l’interrogation suivant : Béranger Saunière était-il alchimiste ? Et la page de droite alla dans ce sens.

Elle était ornée d’une grande fleur de lys noire (qui ne connait l’œuvre au noir des alchimistes ?) aux contours doublés d’un trait fin ; tandis que de son sommet une ligne verticale s’élevait pour aboutit à une étoile à six branches ou sceau de Salomon qui n’est autre, dans la nomenclature alchimique, que le symbole de la pierre philosophale. Ce n’était pas banal, et là je ne pouvais fermer les yeux.

fleur de lysLa fleur de lys noire surmontée d’une étoile symbole de la pierre philosophale.

Généralement cette étoile à six branches n’est pas retenue comme significative en qualité de symbole alchimique car le sceau de Salomon est l’étoile des juifs, celle que les Nazis de la guerre de 39-45 faisaient coudre sur les vêtements des hébreux pour les reconnaitre et puis hélas les anéantir dans la cruauté la plus atroce.

Une chose est incontestable : La fleur de lys est, en notre pays, Le symbole royal. Et tout le monde sait que notre turbulent curé était royaliste. Il manifestait son opinion tambour battant jusques en  chaire, ce qui lui valut d’être exilé, un temps, au séminaire de Narbonne.

Cette fleur n’est-elle que la manifestation de son choix politique ? Peut-être, mais alors, pourquoi la couleur noire et son lien avec l’étoile qui est au-dessus, comme si l’un était lié à l’autre, si ce n’est pour affirmer la dimension alchimique de son dessein ?

Comment ne pas faire le lien avec ce vitrail alchimique qui se trouvait près de la sacristie de l’ancienne église Saint-Jean à Rouen.

« Ce vitrail figurait, nous dit Fulcanelli en son Mystère des cathédrales (les éditions étant multiple et paginées différemment… voir l’index à « Etoile et conception »), la conception de saint Romain.

Son père, Benoit, conseiller de Clotaire II, et sa mère Félicité, étaient couchés dans un lit,  entièrement nus, selon l’usage qui dura jusqu’au milieu du XVIe siècle. La conception étant figurée par une étoile qui brillait sur la couverture en contact avec le ventre de la femme… »

Il existe une voie alchimique, chère à Irénée Philalèthe et à Isaac Newton, qui fut pratiquée par Fulcanelli et qui est décrite abondement dans ses ouvrages Le mystère des Cathédrales et Les demeures philosophales, c’est la voie dite du régule étoilé. Le régule c’est l’étoile Regulus de la constellation du Lion. C’est l’une des quatre « étoiles royales » des Perses, il y a environ 5 000 ans, et qui  constitue aujourd’hui avec Arcturus  (constellation du Bouvier) et Spica (constellation de la Vierge) le triangle du printemps. Et chacun sait que le printemps est la date favorite des alchimistes pour commencer leurs travaux.

Régule, Régulus… c’est toujours le petit roi, qui ne saurait être mieux représenté par une fleur de lys (seule, les multiples fleurs de lys sont pour le blason du roi). Quant à l’étoile conduisant à la pierre philosophale, et qui se manifeste à la surface du creuset, et donc au dessus de l’enfant roi (voir la citation précédente de la naissance de Saint Romain), elle ne saurait être mieux représentée par le sceau de Salomon symbole de la pierre philosophale.

Cela m’a semblé des plus évident car notre curé, frais émoulu du séminaire, fut vicaire à Alet les bains, cet ancien évêché dont le curé, son supérieur, n’était autre qu’un érudit : l’abbé Lasserre lequel fut informé de bien des mystères, comme le montre sa brochure sur Notre-Dame de Marceille. Évidemment les archives de l’ancien évêché ne lui furent pas étrangères.

Cet ancien évêché s’enorgueilli d’avoir eu à sa tête Mgr Nicolas Pavillon, ami de l’alchimiste Vincent Depaul (sic) dont on peut admirer les ostensoirs très particuliers. En effet leur habitacle recevant l’hostie n’est pas circulaire, comme à l’accoutumée, mais en forme d’hexagramme inscrivant un sceau de Salomon. Faut-il s’étonner si les vitraux de la cathédrale saint André sont en forme de sceau de Salomon ?

Mh1i10bLjP0UL_ngT2VQVo6IgZ4@500x375Vitrail, en étoile, de l’église saint André, ancienne cathédrale de Mgr Nicolas Pavillon, d’Alet-les-bains.

Cette étoile est omniprésente dans le Razès on la trouve aussi bien sculptée sur un avant solier d’une maison d’Alet-les-bain, à une centaine de mètres de la cathédrale, que dans l’église saint Martin de Limoux ou les vitraux sont aussi en forme d’étoile à six branches.

 

tHsPoX7vHUwRAd1JAMDmzeM1GDQ@500x375Sceau de Salomon sur l’avant-solier d’une maison d’Alet-les-bains.

 A103ICD72bJYbU0kjUe8SwQWsyg@412x476Blason d’un évêque alchimiste à Limoux (église saint Martin) Soleil, lune et les trois corps dans le creuset.

Evidemment là encore les historiens peuvent rétorques qu’il s’agit de là mise en évidence des racines judéo-chrétiennes de l’Eglise. Cette opinion étant battue en brèche par les égyptologues qui affirment que nous somme égypto-chrétiens. Béranger Saunière le savait-il ? Les vieilles habitudes encroutent, et tuent, tous ceux qui ne remettent jamais en cause les axiomes…

Malgré ces correspondances troublantes, il manquait encore un élément flagrant pour confirmer que notre curé était alchimiste.

Et cet élément je l’ai trouvé sous le porche de l’église. En fait il fallait s’y attendre si le beau triangle flamboyant avait, très réellement, un sens alchimique en signalant que l’église était la demeure d’un philosophe par le feu (nom donné aux alchimistes car leur feu est particulier et généralement tenu secret) il se devait donc d’y avoir, à cet endroit, des renseignements supplémentaires.

ZIkjlDmikaU0Wc0oQvVXRWiHSRE@500x375Clé de voûte de la porte de l’église de Rennes le Château. Elle porte le blason du pape Léon XIII avec sa devise Lumen in cœlo, lumière dans le ciel.

L’anomalie qui se présente ici c’est la présence du blason d’un pape particulier alors qu’il devrait y avoir les armes génériques de la fonction, comme dans la cathédrale de Narbonne, ou se trouve uniquement la tiare et les clés de saint Pierre. Il est vrai que Léon XIII était membre de l’Académie des Arcade qui fleurait l’alchimie… Dans ce cas le blason est en adéquation avec le triangle de feu. Encore un clin d’œil ?

La présence de la devise, qui n’a aucune raison d’être là si ce n’est pour spécifier quelque chose de précis, est vraiment mise en évidence. En d’autre terme elle est une clé (comme la clé de voute qui la supporte) pour saisir le message de notre curé.

Je n’avais pas appréhendé complètement le sens de ces quelques mots latins jusqu’au jour où, en parcourant un petit ouvrage de l’alchimiste Grillot de Givry (1874-1929), je lu ce passage sur le feu alchimique, de son Grand Œuvre :

« Il est l’influx astral, l’éclair cœligène jaillissant de la nue sur l’athanor. » p. 26, Editions Traditionnelles, 1978.

L’athanor c’est le « fourneau » des alchimistes. Dans ce « fourneau » la pierre philosophale est en préparation. Mais le plus important n’est pas là. C’est cet « influx astral, cet éclair coeligène qui jaillit de la nue ». C’est le feu secret, et sacré, imagé  par le grand triangle jaune du porche qui pointe vers les cieux… LUMEN IN CŒLO  se superpose exactement à l’éclair cœligène (éclair généré par le ciel). Est-il nécessaire de poursuivre ?

u_niCahier de Béranger Saunière représentant « l’éclair cœligène » descendant des nues universelles vers l’enfant royal représenté par la fleur de lys. Cette descente de l’esprit astral se superpose au triangle de feu jaune qui orne le porche de l’église.

L’inscription qui court sur le cintre, au-dessus de la porte, confirme ce que dit le blason, en clé de voûte:

« Hic domus Deil est et porta coeli. », ici est la maison de Dieu et la porte du ciel.

Cette porte est, comme nous venons de le voir, une porte que « l’éclair cœligène » permet d’ouvrir pour entrer dans la maison de dieu. Nous avons là toute la transcendance de l’alchimie. C’est entrer dans le sacré, dans la maison de Dieu. Ceux qui ne sont pas prêts, et tripatouillent au laboratoire, ne peuvent que rencontrer le diable derrière la porte que l’on ne peut vaincre que par le signe de croix, c’est-à-dire le creuset[2]… Belle leçon de Béranger qui, à n’en pas douter, fraternisait avec l’athanor.

Y a-t-il de l’or ? Peut être bien que oui, peut-être bien que non ! mais quand est découverte la puissance astrale l’or pâlit, s’estompe et disparaît, au profit de la bonté et de la vérité.

Avec toute mon amitié.

 

[1] Le sel alchimique n’est par le chlorure de sodium utilisé pour la cuisine. La seule analogie avec le contenu d’une salière est la couleur blanche de la substance cristallisée.

[2] Le mot creuset provient de croix car dans la basse latinité, crucibulum, creuset, a pour racine crux, crucis, croix.

 

 

 

ÉSOTÉRISME ET ESBROUFE

gurdjieff

Georges Gurdjieff fut un « petit maitre » du siècle dernier. Ce qualificatif de « petit maitre » lui fut donné, en 1980, par l’un de mes instructeurs tibétain, quand je m’interrogeais sur cet étrange personnage. Sa « petitesse », m’a-t-il affirmé en souriant, provient de sa manière d’enseigner quelque peu décousue et surréaliste, telle que la traduite son fervent disciple le crédule Ouspensky en son fameux ouvrage Fragment d’un enseignement inconnu. (Editions Stock)

Ouvrage décousue et compliquée alors que tout enseignement sérieux de l’ésotérisme se doit d’être simple.

Vous avez là la raison pour laquelle je m’insurge périodiquement contre les aréopages de certaines écoles qui « recrutent » de fin lettrés en laissant tomber le terreau nutritif des simples au cœur pur. L’érudit qui ne jongle pas avec la rhétorique de l’expression verbale ou écrite est accueilli à bras ouverts, alors que ce verbiage savant est souvent géniteur d’esbroufe. Je parle là de certaines écoles issues de l’enseignement de l’Adepte Fulcanelli dont j’ai eu maille à partir sans pour cela pleurer si ce n’est sur la misère de ceux qui s’arrogent un pouvoir qu’il n’ont pas. L’absolu est justice fort heureusement…

Ce vulgum pecus ignare je l’ai été. Ce jeune désorienté que je fus dans la plus totale sincérité et convaincu de la noblesse des concepts alchimiques fut superbement méprisé par Eugène Canseliet.

Non je ne règle pas mes comptes (j’aurais disposé de trente ans pour le faire avant 2014). Si j’en parle actuellement c’est parce que chacun peut constater que cet état d’esprit détestable, proche de ce culte idiot du secret, perdure au sein de « l’honorable » fraternité !

Pour preuve de nos échanges épistolaire, l’enveloppe de lettre, reproduite ici, miraculeusement épargnée malgré les déménagements ou d’aucun reconnaitrons l’écriture de celui que l’on appelait le maitre de Savigny.

Pensez ce que vous voulez de Roger Caro, insurgez vous sur son alchimie mais je lui dois de m’avoir accueilli dans la plus grande simplicité et bonté. J’ai donc vite fait la différence quant à la valeur intrinsèque des alchimistes en question.

A cette époque, le trentenaire que j’étais avait un besoin viscéral d’établir un dialogue avec la Grande Dame génitrice de toute vie. Roger Caro m’a ouvert la porte du sanctuaire dans la plus grande simplicité, ce qui n’a pas exclu, de ma part, un travail personnel accompagné de la plus grande bienveillance.

 « En rien dit tout » disaient les vieux maitres. C’est vers le « rien » que « tout » évolue et non autour des centres culturels nombril du monde. Oui, un individu inculte peut receler un vrai trésor… Qui cherche ce trésor dans l’actuel milieu, souvent guindé, de l’ésotérisme lequel se dit gardien des valeurs spirituelles de l’humanité ?

Le costard, orné d’un tablier d’une écharpe et d’un sautoir, dans lequel se présentent les adeptes dans leurs temples n’habille généralement qu’un mirage.

Certains m’ont sortie des inepties, sous forme de sentence, telle que : « Celui qui doit rencontrer un formateur le rencontrera » ou « Quand le temple est prêt le maître apparait » et d’ajouter plein d’emphase : « le hasard n’existe pas ». Parbleu oui le hasard n’existe pas mais la bêtise elle existe !

La grande majorité des ésotéristes actuels sont en réalité gardiens d’un prés-carré réservé aux cultivés « universitaires », ou à tout ce qui y ressemble, dans l’espoir de récolter, peut-être, quelque crédibilité ou de former une « élite » pour honorer leur philosophie ou peut-être leur propre gloriole. Allons, soyons réaliste Finis gloria mundi, mettons fin à la gloire de notre petit monde.

Je dois tout de même exclure de ce détestable état d’esprit l’alchimiste René Alleau, dont la discrétion est autant significative que sa participation à des ouvrages de vulgarisation qui montrent son attachement au vulgum pecus, prenant ainsi, en toute discrétion, le contrepied de ses contemporains les plus illustres et néanmoins amis, adeptes de l’intelligentsia et du secret. Son livre Aspect de l’alchimie traditionnelle est un trésor qui complète, notamment en insistant sur la nécessité de « l’éveil » de tout alchimiste, le message de son maître Fulcanelli. Message qu’a fort bien compris et développé le couple Schvaller de Lubicz, amis de Fulcanelli, et plus particulièrement Isha avec des ouvrages fondamentaux que sont : Her-bak « pois chiche », Her-bak « disciple », La lumière du chemin et L’ouverture du chemin.

Non je ne vois pas de l’esbroufe partout mais chez Gurdjieff c’était devenu une science lucrative qui influença grandement certains penseurs du XXe siècle comme Louis Pauwels avec son livre, coécrit avec Jacques Bergier : Le matin des magiciens. (Gallimard, 1960) Fort bien rédigé, ce marécage de surréalisme eut tout de même de grandes qualités comme celle de faire connaitre Fulcanelli et d’en éveiller plusieurs à une autre perception du monde.

C’est cela l’influence d’un « petit » maître : une belle chose entachée d’incertitudes qui ne dit pas ou le disciple doit mettre les pieds.

Évidemment je vais vous entretenir de l’une de ses belles choses, si fondamentale, pour accéder à la spiritualité. Je l’ai extraite au hasard de ce fouillis qu’est ce livre singulier d’Ouspensky, cité précédemment. Et là on ne peut que constater combien un « petit maitre » ne met pas l’accent sur la bonne lettre qui de ce fait passe inaperçue.

Malheureusement, et pour « vendre » une formation par groupes de plusieurs individus, il diverge vers des spéculations syncrétiques qui dissimulent mal le fait qu’a contrario une formation réelle ne peut qu’être essentiellement solitaire sous les conseils d’un guide attentionné. Mais laissons cela et séparons le bon grain de l’ivraie.

Les questions que l’on se pose, dit Gurdjieff, se rapportent aux Évangiles et plus particulièrement du sens des paraboles… (En ce sens notre « petit maître » est au cœur du sujet qui caractérise certains passages du chapitre onze du recueil d’Ouspensky.)

gurdjieffC’est ainsi que notre bretteur de l’occultisme propose de lire un passage de l’évangile. Constatons que notre adepte Soufi anti dogmatique, spirite à ses heures, propose une telle lecture à ses disciples abonnés. Il est vrai que malgré ces mélanges indigestes notre homme propose un christianisme ésotérique de son eau… dans laquelle il noie allègrement le poisson.

C’est ce poisson que j’ai voulu pécher car il montre que notre homme pratiquait fort habilement une simagrée d’informations. Que les adeptes inconditionnels de l’ennéagramme[1], que notre bateleur a jeté en pâture aux crédules, veuillent me pardonner mon outrecuidance ou mon lèse-majesté.

Gurdjieff analyse le texte bien connu de l’Evangile de Jean (XII, 24) :

« Si le grain ne meurt après qu’on la jeté en terre, il demeure seul ; mais s’il meurt il porte beaucoup de fruits »

Ce texte a de multiples significations.

En alchimie il s’agit de la décomposition (mort et putréfaction) de la matière (œuvre au noir) et donc sa décomposition afin d’en laisser se manifester la vitalité qui pourra se multiplier et transformer la matière en pierre philosophale.

Cependant le principe qu’il renferme s’applique pleinement à l’homme et donc à l’alchimie interne (à l’homme) indispensable aux adeptes qui côtoient nécessairement l’esprit lors des manipulations au laboratoire. De ce fait l’alchimie au laboratoire est plus spirituelles que l’alchimie à l’oratoire ce que beaucoup de manipulateurs et de spirituels ne mesurent pas. C’est donc un art sacré… Un art sacerdotal. Et cela quelle que soit la religion, ou la philosophie, de l’opérateur. En ce sens l’alchimie est puissamment œcuménique, d’un œcuménisme non bavard évidemment !

Gurdjieff cite ensuite des aphorismes d’un livre qui est probablement le fruit de son imagination car tous les « initié » en saisissent l’évidence. Les voici :

« L’homme peut naître, mais pour naître il doit d’abord mourir, et pour mourir il doit d’abord s’éveiller. »

« Lorsque l’homme s’éveille, il peut mourir ; lorsqu’il meurt, il peut naître. »

Ces deux aphorismes sont une véritable clé de l’évolution des êtres que tout prétendant à la connaissance de l’ésotérisme et à la vie spirituelle ne saurait ignorer. Tous ceux qui pratiquent l’alchimie interne en saisiront l’importance, leur connaissance est incontournable, comme l’on dit maintenant. C’est là que Gurdjieff aurait du insister sur le plan pratique.

Il précise avec justesse:

Nous devons comprendre ce que cela signifie.

« S’éveiller », « mourir », « naitre » sont trois stades successifs.

J’ajouterais qu’il est impossible de s’éveiller sans « mourir » et que « l’éveil » est la face cachée de la mort, de la mort du « vieil homme » évidemment…

Que les philosophes et spiritualistes se calment, il ne s’agir pas d’une vue de l’esprit  mais d’un long chemin résumé en trois mots qui ne sont autre que la véritable triade alchimique et maçonnique… Le même esprit éveille l’être et la matière. En cela inutile de disserter à moins de vouloir perdre son temps.

En résumé je prie les spéculateurs de modérer leurs envolées lyriques car il y a du pain sur la planche puisque, comme vous le savez, les belles phrases nous flattent l’ego mais ne nous font pas avancer.

Revenons à notre génial marchand de tapis que fut Gurdjieff.

Au lieu de dire que l’éveil transforme profondément et irréversiblement l’être et donc le fait mourir à son ancienne condition, que cette mort étant une véritable renaissance, voici son discours qui étouffe le vulgum pecus :

« Si vous étudiez les Evangiles, avec attention, vous verrez qu’il y est souvent question de la possibilité de « naitre », mais les textes ne parlent pas moins de la nécessité de « mourir », et ils parlent très souvent de la nécessité de s’éveiller : « Veillez, car vous ne savez ni le jour ni l’heure… ».

Mais ces trois possibilités : s’éveiller (ou ne pas dormir), mourir, et naître, ne sont pas mises en rapport l’une avec l’autre. Là est cependant toute la question. Si un homme meurt sans être éveillé, il ne peut pas naître. Si un homme naît sans être mort, il peut devenir « une chose immortelle ». Ainsi le fait de ne pas être « mort » empêche un homme de « naître » ; et le fait de ne pas s’être éveillé l’empêche de « mourir » ; et serait-il né avant d’être « mort », ce fait l’empêcherait d’ « être ».

Certes, tous ceux qui sont sur le chemin comprennent le sens profond de ce jeu verbal. Mais qu’en est-il du vulgum pecus ?

Gurdjieff finit tout de même par être plus clair :

« Naître  n’est qu’un mot  pour désigner le commencement de la formation de l’individu, le commencement de l’apparition d’un « Moi » indivisible. »

Ce que Gurdjieff ne dit pas c’est que ce « Moi » Indivisible n’a plus aucun rapport avec l’ancien moi ou petit moi. Sa dimension est la réalisation d’une véritable communion avec le « Moi » universel, c’est-à-dire l’accord avec tout ce qui vit. Les Orientaux parlent de tchen jen ou homme véritable.

Cette dimension est bien située par René Alleau dans son livre Aspect de l’alchimie traditionnelle, montrant par là que tout alchimiste digne de ce nom doit acquérir ce nouveau « Moi » universel. D’où les jeux cabalistique Univer-sel, c’est-à-dire l’union, ou « scel » (du Moi), avec l’univers… Disons en passant que l’abbé Bérenger Saunière, curé de Rennes le Château, a fort bien exprimé cet « Univer sel » alors que tout le microcosme, des chercheurs et allumés, se chamaille pour défendre son camp. Soit celui des « pour » ou celui des « contre » de la qualité d’adepte de notre célèbre curé.

Enfin Gurdjieff se fait plus explicite :

« Mais avant tout l’homme doit mourir ; cela veut dire qu’il doit se libérer d’une multitude de petits attachements et d’identifications qui le maintiennent dans la situation où il se trouve actuellement. Dans sa vie il est attaché à tout, attaché à son imagination, attaché à sa stupidité, attaché même à ses souffrances. Il doit se libérer de ces attachements. L’attachement aux choses, l’identification aux choses, maintiennent vivants dans l’homme un millier de « moi » inutiles.

Ces « moi » doivent mourir pour que le grand MOI puisse naître »

Le célèbre coach donne ensuite des clés théoriques pour tenter de se débarrasser de nos petits « moi ». C’est ressentir, dit-il, son insignifiance. Il est vrai que cela est impossible pour beaucoup tant les petits  « moi » sont multiples, bavards et vaniteux :

« Mais comment pouvons-nous être amenés à mourir ? Nos petits moi ne veulent pas mourir ! C’est ici que la possibilité de s’éveiller vient en aide.

S’éveiller signifie réaliser sa propre nullité, c’est-à-dire réaliser sa propre mécanicité, complète et absolu, et sa propre impuissance, non moins complète, non moins absolue.

Mais il ne suffit pas de le comprendre philosophiquement, avec des mots. Il faut le comprendre avec des faits simples, clairs, concrets, avec des faits qui nous concernent.

Lorsqu’un homme commence à se connaître un peu, il voit des choses en lui-même bien des choses qui ne peuvent pas ne pas l’horrifier. Tant qu’un homme ne se fait pas horreur, il ne sait rien sur lui-même.

Tel est le premier aboutissement qui devient le moteur d’une réforme profonde et nécessaire. Cependant il est bien évident que se faire horreur ne saurait être le substrat pathologique d’une manière de vivre et de se développer. C’est une étape salubre et indispensable pour aborder dans de bonnes conditions le changement de la pensée, et conséquemment de la manière de vivre, que les Evangiles appellent Métanoïa :

« Un homme a vu en lui-même quelque chose qui l’horrifie. Il décide de s’en débarrasser, de s’en purger, d’en finir. Quelques efforts qu’il face cependant, il sent qu’il ne peut pas, que tout demeure comme auparavant. C’est là qu’il verra son impuissance, sa misère et sa nullité ; ou encore, lorsqu’il commence à se connaître lui-même, un homme voit qu’il ne possède rien, c’est-à-dire que tout ce qu’il a regardé comme étant à lui, ses idées, ses pensées, ses convictions, ses habitudes, même ses fautes et ses vices, rien de tout cela n’est à lui : tout a été pris n’importe où, tout a été copié tel quel. L’homme qui sent cela peut sentir sa nullité. Et en sentant sa nullité, un home se verra tel qu’il est en réalité, non pas pour une seconde, non pas pour un moment, mais constamment, et il ne l’oubliera jamais.

Pour finir notre « petit maître » parvient à expliquer ce qu’est la mort dont il parle et livre la théorie du concept :

« Cette conscience  continuelle de sa nullité et de sa misère donne finalement le courage de « mourir », c’est-à-dire non pas simplement dans son mental, ou en théorie, mais de mourir en fait, et de renoncer positivement et pour toujours à tous ses aspect de lui-même qui ne présentent aucune utilité du point de vue de la croissance intérieure, ou qui s’y opposent. Ces aspects sont avant tout « Faux Moi ».

Voila de belles choses dites par notre marchand de tapis. Et ses choses sont vraies. Si l’auteur a suivi cette route de la renaissance, il se contente d’en parler fort bien mais ne livre pas la manière de procéder. Les élèves sont ainsi confrontés à une recherche qui ne peut qu’aboutir à une psychothérapie. C’est là qu’est l’esbroufe. La séduisante théorie est exposée, et on reste en admiration devant la théorie car point de clé pour la concrétiser. Mieux encore un piège. En effet nul ne saurait transformer PROFONDÉMENT ET DÉFINITIVEMENT sa manière d’être par ses propres réflexions et « prises de conscience ». Ce que Gurdjieff ne dit pas c’est que nous somme piégés par notre intellect. Et le fait de proposer d’utiliser l’intellect pour transformer l’intellect est une utopie.

Ceux qui sont sur ce chemin savent qu’il faut passer par le corps.

C’est pour avoir exposé des concepts vrais et séduisant, à un Occident avide de merveilleux et de pensées profondes, sans fournir la solution pour les concrétise, que notre « petit maître » se pose en roi de l’esbroufe.

Il est vrai que nous sommes tellement endormis que notre marchand de tapis a eu la tache facile, ce qui lui a permis d’être le premier coach de l’ésotérisme et de se remplir les poches.

 

Avec toute mon amitié.

 

LA FAUSSE FIN DES TEMPLIERS

ob_377834_09-univer-sel-03Cette histoire fut publiée en 1970, par mon instructeur l’alchimiste Roger Caro, qui l’exhuma de ses archives pour rédiger un ouvrage intitulé Légenda des Frères Aînés de la Rose Croix. Cependant, au fil de nos dix années d’amitié et de coopération il me confia certains aspect de cette histoire qui ne sont qu’esquissés dans son ouvrage somme toute très général. Je préviens donc les lecteurs habitués à des histoires plus ou moins crédibles sur les Templier que celle qui suit n’est pas issue de mon imagination mais bien d’archives privées qui pour moi ne sauraient être sujet à caution face à leur grand âge et aux diverses traduction nécessaires faites au fil des siècles pour informer correctement les nouveaux alchimistes de leur rang.

Si j’écris cette histoire, qui peut paraître assez banale, c’est pour éveiller l’attention des adeptes eux même sur deux point : l’inanité de rejet de l’alchimie du cinabre par ceux qui pratiquent celle de la stibine ou autre avec leur régulé étoilé ou non. Je m’adresse aussi à ceux qui tendent à dévaloriser la voie du cinabre. Peut-être changerons-t-ils d’avis en découvrant l’origine de l’alchimie de Fulcanelli que laisse supposer cet anneau particulier qu’il portait au doigt à l’occasion de ses conférences.

Enfin je réponds à ceux qui bavardent inutilement sur de forums, qui bien souvent sont des conglomérats de mégères, que l’alchimie en qualité de voie initiatique ne repose pas sur une spiritualité faite de mots, mais d’actions précises et efficaces comme ce fut le cas à l’époque de saint Bernard, avant qu’Abélard ne vienne, au cœur du Moyen âge, intellectualiser la théologie.

 En 1307 quand les Templiers furent arrêtés, certains parvinrent à s’échapper et à se réfugier à la Commanderie Templière de Londres. Cependant le Roi Edouard d’Angleterre avait l’intention de les séquestrer. Ils décidèrent donc de rejoindre d’autres Templiers réfugiés en Écosse, dans l’île de Mull.

Le groupe insulaire le plus ancien était là depuis 1307 et nous étions en 1314. La communauté s’était structuré et avait adopté une nouvelle constitution. C’est à cette occasion, dit la légende, que Pierre AUMONT (ancien grand Maître provincial d’Auvergne) fut élu Grand Maître (le grand Maître fut Roncelin de Fos pour les uns ou Geffroy de Gonneville pour d’autres). A ce moment pris naissance L’IDEE de ce qui deviendra la maçonnerie Écossaise.

Ce concept ne faisait pas l’unanimité des chevaliers car les Grands Maitres (et aussi les Maîtres) étaient d’abord, comme leurs nom l’indique, des enseignants qui possédaient des connaissances en alchimie qui devait être transmises. AUMONT, et ses compagnons, choisirent de pérenniser l’Art Royal essentiellement par des symboles, ce qui provoqua progressivement, au fil des générations, la perte des connaissances alchimiques dans sa dimension initiatique (qui était proche de celle de l’ouverture du Satoris, ou éveil, des Taoïstes, obtenu par la pratique le za-zen) et, perte également, de la nécessaire pratique au laboratoire qui permet à l’éveillé de saisir les lois universelles et les puissances qui y résident…

 

Naissance de l’alchimie des ex templiers.

Dans le groupe, nouvellement constitué, l’un des chevaliers érudit : Guy de Montanor avait été reçu brillamment docteur es alchimie. Il avait reçu l’enseignement, théorique et pratique du laboratoire, d’un maître du Temple. Au sein de cette communauté écossaise Il rencontra d’autres condisciples ayant reçu le même enseignement dont Gaston de la PIERRE PHOEBUS qui n’avait pas achevé son instruction.

Guy de MONTANOR mena à son terme sa formation et ils décidèrent de constituer un groupe capable de perpétuer l’alchimie. Vu l’importance de l’enseignement, la logique et la sécurité voulaient que tout resta secret comme s’était le cas au sein de l’Ordre du Temple.

 

Naissance de l’Eglise Templière.

Vingt chevaliers formèrent un groupe homogène. Parmi eux se trouvaient d’anciens prieurs Templiers ordonnés prêtres. Révoltés contre l’attitude du pape CLEMENT V à l’égard du Temple, ils fondèrent une Église indépendante du souverain pontife avec les mêmes rites, mais dont la hiérarchie s’arrêterait aux cardinaux (à cette époque les cardinaux n’étaient pas obligatoirement ordonnés prêtres ou évêques comme de non jours). Guy de MONTANOR en fut le premier Patriarche. Ainsi naquit l’Église templière qui se perpétua jusqu’à nos jours sous le nom associatif d’Église Universelle de la Nouvelle Alliance comportant maintenant des évêques mais point de cardinaux.

 

Le blason de l’Église templière et du centre alchimique.

Quatre ancien Templiers possédaient maintenant la connaissance alchimique : Guy de MONTANOR, Gaston de la PIERRE PHOEBUS, Pierre LE BON DE LOMBARDIE et RICHARD, dit RICHARD L’ANGLOIS, parce qu’il était issu de la Commanderie de LONDRES…

Comme cette Commanderie les avaient bien accueillis dans leur exil, ils adoptèrent son blason avec l’agnus Dei portant un bâton à la croix pattée (figurant sur les clés de voûte du château de TORTOSE en Terre Sainte. en lui ajoutant le Beauceant.

 

Le pape alchimiste Jean XXII

En cette année 1316, Le Pape JEAN XXII vient d’être élu à Avignon.

En Ecosse les compagnons alchimistes désirent revoir la France et se rendre à Avignon dans l’espoir de pouvoir s’intégrer à l’Église pour former un Ordre particulier comme il en exista tant. Ils quittent donc l’écosse mais ils débarquèrent en Bretagne dans la baie de Lorient (Morbihan)  pour remonter l’estuaire de la Blaye, rivière qui traverse Saint-Gonery pour se rendre à Pontivy. La rivière cesse d’être navigable aux portes de l’ancienne commanderie d’Hennebont. Ils débarquèrent donc car devaient se trouver, parmi eux, des anciens templiers du lieu qui eurent le temps, en 1302, de prendre la fuite en mer pour gagner l’Angleterre ou l’Écosse…

A Hennebont le groupe put donc se pourvoir en monture pour se diriger vers le nord, aux portes de l’actuel département des Côtes d’Armor. Ils suivirent les berges de la rivière Blaye jusqu’à Saint-Gonnery. C’est là, évidemment, une direction aberrante pour se rendre au sud de la France.

Point n’est besoin d’être grand clerc pour supposer qu’il s’agit d’une étape préliminaire nécessaire pour visiter quelques caches templières. La plus prosaïque des suppositions est celle de se procurer de l’or pour les frais de voyage. Ce qui confirme qu’un personnage important de l’ancienne commanderie d’Hennebont était parmi eux car le secret de l’emplacement d’un dépôt précieux n’était pas divulgué à tous, très loin de là !

Je rappelle que, d’après Eugène Canseliet, l’alchimiste Fulcanelli partait la bague du supérieur de cette commanderie Templière. Cela laisse supposer que cet anneau s’est transmis grâce au supérieur, de cette commanderie, qui échappa à l’arrestation des Templiers… La conclusion coule de source et chacun pourra la faire. Il n’est donc pas impossible que Fulcanelli ait fait partie, au XIXe siècle, des descendants de ce groupe d’alchimistes. Je ne puis me hasarder plus loin  dans les suppositions à moins d’écrire un roman. Cela fut fait en 2011 pour les lecteurs amateurs inconditionnel de merveilleux.

C’est donc à partir de Saint-Gaunery que le groupe prit la route du sud vers Avignon ou ils arrivèrent en novembre 1316. Ils sollicitèrent une entrevue avec Jean XXII. L’entretient fut loin d’être chaleureux, au point que nos chevaliers craignaient pour leur sécurité et même pour leur vie. Il semblait donc que leur aventure s’arrêtait là quand il y eut un changement aussi brusque que radical dans l’attitude du pape. Que c’était-il passé ? Incidemment Guy de Montanor venait de prononcer le nom du célèbre montpelliérain Arnaud de Villeneuve. Ce dernier n’était-il pas ce fameux médecin qui enseignait l’alchimie à Barcelone, puis à la Faculté de Médecine de Montpellier ou il révolutionna la médecine en la rendant indépendante des doctrines Arabes, où il eut comme élève le Bienheureux Raymond Lulle ? N’était-il pas ce professeur de médecine que les Cours d’Europe s’arrachaient ? N’avait-il point été appelé par Clément V pour qu’il le soigne de la gravelle ? Clément V  n’avait-il pas publié une encyclique dans laquelle il adjurait de lui faire savoir ou était son Traité de la pratique de la médecine ?

Habilement manœuvrée, la conversation permis de convaincre le pape que le groupe était possesseur des connaissances alchimiques chère à Arnaud et à l’origine de ses miraculeuses guérisons à travers l’Europe. Dès lors le souverain pontife fut des plus réceptifs et très avenant. Il finit même par leur proposer de  les organiser en Ordre religieux particulier avec comme unique mission de perpétuer la philosophie alchimique.

Passionné au-delà de toutes espérances, Jean XXII leur proposa de loger en son palais. En contrepartie Guy de Montanor et Pierre le Bon de Lombardie leur enseigneraient l’alchimie. Leur Ordre serait en réalité une fraternité et son nom fut décidé : Frères Aînés de la Rose-Croix.

La croix est ici celle du Christ, avec toute la mystique que cela suppose, et la rose rouge était la pierre philosophale qui nait au cœur du Chris, etc. Ce fut donc un groupement d’alchimistes chrétiens comme c’était le cas lorsqu’ils étaient Templiers.

Le pape suggéra alors à Gaston de la Pierre Phébus d’agrandir la fraternité et de retourner en Ecosse pour quérir de nouveaux compagnons.

Sur le chemin du retour le groupe des 17 chevaliers qui l’accompagnaient furent attaqués aux environs du Mans par une troupe de brigands. Il y eut un véritable carnage. En ce lieu est, encore actuellement, une ferme que se nomme La Massacrerie car Il y eut 47 cadavres ! 13 furent des seigneurs et parmi eux Gaston de la Pierre Phébus.

Les cinq survivants arrivèrent à Avignon.

Afin de garder la main mise sur le groupe, le pape mit à leur tête son neveu le cardinal de Vias. Cela évitait aussi que se perpétue cette Eglise Templière SANS LE PAPE.

Le pape avait donc bien manœuvré car il tenait à sa merci cet Ordre secret.

Mais les choses se retournèrent contre le pape. Le cardinal de Vias mourrait assassiné. Et le pape échappa de justesse à l’empoisonnement de sa nourriture. Les empoisonneurs étaient Hugues Géraud (évêque de Cahors) et d’autres ainsi que le médecin Jacques d’Amant.

Le siège du responsable de l’Ordre étant vaquant les frêres se réunirent pour élire leur nouveau chef. Ils quittèrent Avignon et vivent encore de nos jours en perpétuant l’enseignement alchimique aux femmes et aux hommes sincères, motivés et de bonne volonté.

Voila c’est une histoire très résumée que je viens de vous conter. J’ai choisi les points à développer et atrophié ceux qui seraient trop longs à exposer au risque de vous endormir béatement.

J’espère que ce fut agréable et peut être, sait-on jamais, quelque peu instructif…

Mais ne doutez pas un seul instant que je sois devenu conteur non pas pour vous endormir mais pour entretenir notre amitié.

VOUS DITES SURRÉALISME ?

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Rassurez-vous, je n’ai pas l’intention de vous asséner une analyse de texte du Manifeste du surréalisme d’André Breton (1896-1966) ou de vous parler des pensées de Paul Éluard (1895-1952). D’ailleurs, je serais bien ennuyé pour faire un pareil  exposé puisque j’ai perdu ce genre de bouquins à l’occasion de mon déménagement.

Alors, je m’assieds confortablement au coin du feu en mâchonnant un bâton de réglisse tout en me vautrant dans mon fauteuil préféré, je vais vous livrer mes états d’âme sur cette bande d’utopistes révolutionnaires des années 20, ou le communisme européen (1917-1989) était tout neuf et l’ésotérisme encore effervescent tandis que Fulcanelli (1839- ?) surgissait de l’ombre.

Ainsi, à côté de Freud (1856-1939) et de Marx (1818 -1883), les surréalistes Magnifièrent Nicolas Flamel (1330-1418), Éliphas Lévi (1810-1875) et bien d’autres.

L’amour et la révolution forment avec l’alchimie (et quelques bribes de magie) le triptyque du surréalisme. Le but en est de libérer la créativité de toute contrainte et de toute logique.

 

Quel philosophe ignore l’intérêt d’André Breton, et de tous les poètes et peintres groupés autour de lui, pour le rêve, l’alchimie et l’amour ? Ce mouvement surréaliste fut essentiel dans l’art du XXe siècle. Il eut comme adhérents Éluard, Aragon, Desnos, Artaud, Char – pour n’en citer que quelques-uns – qui découvrirent l’ésotérisme.

Le plus curieux, c’est que cette rencontre s’est faite avec une intention étrangère au monde de l’hermétisme, de celui de la franc-maçonnerie ou du rosicrucianisme pourtant en vogue en ce début de siècle où fleurissant la théosophie.

Les surréalistes voulaient libérer les forces créatives que l’aliénation sociale empêche de s’éveiller.

Cependant, le concept révolutionnaire devint utopique lorsque Breton et ses amis se réclamèrent de Marx et de Freud car le marxisme et la psychanalyse sont incompatibles avec leur démarche. Ceux qui me lisent régulièrement savent pourquoi.

L’épanouissement du surréalisme s’est réalisé dans la conjugaison de deux motifs apparemment contradictoires : l’ésotérisme et la révolution.

L’appellation de surréaliste indique que ces artistes s’étaient mis en quête d’une « sur-réalité », c’est-à-dire d’une réalité « autre », d’une réalité invisible qui structure le réel, qui le crée. En ce lieu, nous sommes au cœur de l’alchimie qui œuvre au-delà du réel.

Les surréalistes cherchèrent à accéder et à explorer cette réalité. Ils voulurent changer la vie en l’inscrivant dans leur projet révolutionnaire qui hélas ne pouvait leur être d’une grande utilité par leur dimension intellectuelle. En effet une idéologie, ou un concept, ne peut qu’obscurcir la silhouette de la surréalité. Cela est dû à la structure même du cerveau humain qui ne peut saisir « l’envers du miroir » en intellectualisant sans prendre le risque d’être confronté au mensonge. C’est ce qu’ont observés les expérimentateurs dans les laboratoires des neurosciences : l’encéphale intellectuel (gauche) cherche à donner une explication à tout sans reculer devant le mensonge.

De ce fait, le concept révolutionnaire choisi fut incompatible avec l’approche de la surréalité. Un grand bénéfice en résultat malgré tout car le marxo Freudisme en devenant une véritable religion dans les milieux intellectuels, il permit au surréalisme de se faire connaître tout en le desservant… étrange paradoxe !

C’était le moment où Kandinsky inventait l’art abstrait en voulant rendre visible cet invisible qui structure toutes choses dont l’art figuratif ne représente qu’un habillage. L’invisible est permanent dans l’art quand Watteau et Poussin utilisent le nombre d’or, eux aussi travaillaient, avec discrétion, sur l’invisible.

Le problème est que l’invisible qui imprègne l’art du passé a, autour des années 20, fait exploser ce dernier exactement comme s’il voulait signifier qu’il devenait urgent de le situer vis-à-vis du cosmique.

Intégrer toute forme d’art dans le cosmique est le défi du futur qui ne saurait se réaliser qu’en utilisant harmonieusement nos capacités cérébrales révolutionnaires que nous ignorons encore.

Cette communion de la création avec les forces universelles ne caractérise pas uniquement l’art mais notre vision du monde y compris dans les divers domaines scientifiques.

En qualité de science des causes l’alchimie a donc son rôle à jouer, comme l’avaient bien compris les surréalistes. Ce mouvement est le vagissement d’une humanité nouvelle et révolutionnaire qui aurait enchanté Teilhard de Chardin…

L’humanité est une fleur, … nous n’avons pas fini de compter ses pétales.

Avec toute mon amitié.

De METENOÏA au TRIANGLE des Francs Maçons

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Métanoïa est, à la foi, un terme biblique et initiatique dans le sens le plus absolu. Sa présence dans les textes sacrée se conçoit car il met en exergue ce joyau incomparable qui s’avère être à la fois le plus noble et extraordinaire. C’est un don le plus précieux de l’esprit mais aussi le plus envahissant qui soit: la pensée.

Cette pensée, roule dans notre tête sans jamais s’arrêter (et que certains appellent à juste titre la « folle du logis ») et parfois ne nous rend pas la vie facile quand nous voudrions dormir. Il lui arrive de perturber notre quiétude somnolente en s’activant, à mauvais escient — et cela contre vent et marées —, jusqu’aux pointes de l’aurore. Indomptable, elle analyse des sujets futiles, ou angoissants, qui disparaissent au chant du coq. Peut-être faudrait-il voir là un rapport avec le mythe des vampires ?

Le premier pas de l’initié seras d’apprendre à se débarrasser de ses nuisances nocturnes (ou diurnes) en ritournelles harassantes fruit d’une pensée maitresse chez elle et qui se manifeste à tout moment en ignorant superbement la volonté de l’individu qui l’héberge.

La pensée est parfois un cheval emballé qu’il faut apprendre à remballer car elle est génératrice d’angoisses et de tourments. Cet acte est un premier pas vers la maitrise de nous même. Que le Christ lui-même préconise de mettre à notre ordre du jour.

N’ayons pas peur des mots. Prenons le terme qui émaille toutes phrases sous le soleil méridional (et d’ailleurs) celui servant de ponctuation dans les phrases. C’est le mot « putain ». Hors de ce conteste, de vocabulaire de chantiers, il sonne, de façon très grossière et méprisante. Curieusement il témoigne éloquemment du rôle de la pensée. C’est un peu comme si des « éveillés » ou initiés voulurent marquer au fer rouge les habitudes populaires… et cela pour indiquer une piste. En effet, ce terme est issus du verbe latin « puto, putas, putare, putaui, putatum » ( que l’on retrouve dans « supputer ») qui signifie : « je pense ». Que le nom désignant le fait de penser, « je pense », soit devenue synonyme de « prostituée » en dit long sur la nature et la valeur de mes pensées!!!

Cala laisse supposer que la pensée est souvent une mauvaise coucheuse ?

Tout réside donc dans elle. D’où la parole du Christ :

« Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur. » (Matthieu V,28)

Voila qui est clair à propos de ce que nous devons apprendre à maîtriser !

Mais cela ne concerne par uniquement le côté sexuel car je n’ai point l’intention de vous transformer en fleur bleu ou en bigot ou bigote aguerrie… Laissons la lettre à qui est aveugle à l’Esprit.

Pourquoi est-ce si difficile à saisir que notre seule bonne volonté ne puisse nous mener à bon port ? Parce que tout simplement nous avons tendance à nous imaginer (permettez-moi d’incriminer, dans cette déviance, les Églises et les centres qui se disent spirituels ou initiatiques) que la méditation, ou les lectures édifiantes, qui nous changent intérieurement et nous bouleversent même, vont régler le problème et nous faire avancer dans notre progression vers les portes de l’absolu. Faux, archi-faux ! Le problème ne peut être réglé si, d’une manière ou d’une autre, la pensée (ou l’image, car l’image est l’ancêtre du mot) joue un rôle ! Restons réaliste : il est impossible de maitriser, ou domestiquer la pensée par la pensée elle-même ! Être juge et partie quel beau rôle pour nous faire rouler dans la farine par cette « folle du logis » !

Trop souvent quand je parles de métanoïa nombreux sont ceux qui font référence à un maître à penser oubliant que l’initiation ne doit placer aucune lumière au dessus de sa tête sans s’imaginer, pour cela, être au-dessus du panier.

Etre ouvert à tout mais ne croire en rien et expérimenter, toujours expérimenter, voila le seul critère qui conduit à la réussite en tout domaine. Ceux qui écoutent, ceux qui réfléchissent superbement, ceux qui parlent, jugent et ne vérifient pas, n’expérimentent pas et croient tout ce que leur dit un « sage » ou qu’ils considèrent comme tel, ceux là ne réussirons jamais même s’ils écrivent des livres brillants et faisant preuve de culture immense.

Ma concierge, parfois fruste en ses paroles lapidaires mais poète à ses heures, est pétrie de cette vérité rude et « terreuse » qui transcende toutes subtilité sémantique… Cette grande Dame, et précieuse amie, me disait récemment dans sa lumineuse lucidité quelque peu béotienne (souffrez que je vous la cite sans adaptation ni préambules): « l’érudition ne change pas un couillon ! »(sic)

Métanoïa…Quel mot barbare ! Si j’aborde ce sujet qui peu paraître une lubie de linguiste ou d’étymologiste, en mal de bavardage, c’est que le sens de ce vocable grec (généralement mal traduit) est fondamental sur le chemin de TOUTES spiritualités que ce soit celle d’Occident ou d’Orient. Ce SEUL terme indique le SEUL chemin possible reposant sur une évidence trop souvent passée sous silence car non significative aux yeux de beaucoup : l’homme, tous les hommes qui peuplent notre planètes sont pourvues (physiologiquement parlant) du même cerveau et du même système nerveux central et possèdent donc les mêmes « outils » intellectuels et spirituels. Si le milieu culturel varie, le fonctionnement cérébral reste un dénominateur commun par la « sécrétion » d’un phénomène invisible et impondérable mais fondateur de notre ego hyperdimentionné : la PENSÉE.

« JE pense dont JE suis » disait notre cher champion tricolore René Descartes. Que les philosophes me pardonnent mon outrecuidance d’incompétent en ce domaine marginal de l’ergothérapie, même si métanoïa entre dans le cadre d’une rééducation de la PENSÉE ou le JE s’annonce comme misérable dans son hypertrophie emphysémique.

 

Le traduction habituelle du mot métanoïa.

Selon l’éthymologie grecque la plus pure (la trop pure comme nous le verrons), montre que dans le mot métanoïa il y a «noïa» que l’on rencontre dans d’autres termes comme celui désignant cette maladie mentale qui est la paranoïa car «noïa» provient du Grec «noos» qui signifie PENSÉE.

Cette interrogation, à propos du sens de ce vocable grec rarement employé, si ce n’est dans la Bible, concerne essentiellement les courants philosophiques ou religieux, surtout chrétiens. Il est bien souvent compris, et donc traduit, différemment. Cette incertitude provient essentiellement de la difficulté de plus en plus grande à accepter cette locution qui traduit une transformation libératrice de la pensée dans un milieu doctrinaire guindé qui désire non pas transformer cette pensée, mais la canaliser, la guider pour finalement l’aliéner à une foi, à une cause. Tout cela évidemment place une majorité d’individus sous la « coupe » d’une minorité et s’avère être une démarche carcérale et donc contre-évolutive. En ce lieu le verbiage subtil du clergé dominateur, rompu à la rhétorique, s’efforce brillamment de prouver le contraire… Écoutons le rire gargantuesque de Rabelais en son abbaye de « Telaime ».

Mais avant de poursuivre achevons d’analyser le sens de ce mot qui contient le préfixe « méta » que l’on trouve dans métamorphose ou changement de forme. Ainsi métanoïa signifie en grec « changement de la pensée », « changement de la manière de penser » ou encore « changement de mentalité », ce que les religieux ont souvent interprété comme « conversion ».

Nous verrons combien les diverses interprétations reposent le plus souvent sur des concepts désireux d’accréditer, surtout dans le milieu religieux, des interprétations en accord avec les préceptes du moment. La doctrine chrétienne change au cours des siècle (la langue française également) en fonction des dogmes adoptés au fil des conciles. Nous arrivons ainsi au curieux phénomène que la traduction du terme proposé par les  Églises chrétiennes soit « repentance ». Quel mot que voilà ! D’où sort-il ? Mystère ! C’est un mot qui n’existe pas dans le dictionnaire ! Mieux encore, il n’est même pas dans le Cathéchisme de l’Église Catholique édité en 1992 (chez Mame/Plon) sous la signature du pape Jean-Paul II !

La canalisation de la pensée, des fidèles d’une Église, aboutit donc à un néologisme incompréhensible. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y a là une incongruités qui fait perdre toute valeur à une « repentance » surréaliste qui s’avère n’être qu’une canalisation percée.

Faut-il s’étonner de ce genre de dérive ?

 

Métanoïa à la lumière de différentes traductions.

L’erreur, très grave, qui aboutit à une absurdité, repose sur la mauvaise interprétation du texte grec des évangiles en particulier et du Nouveau Testament en général. C’est ce qu’a fort bien démontré André Chouraqui en ses remarquables traduction néotestamentaires.

Les traducteurs des Évangile oeuvrent comme si les textes étaient rédigées en Grec le plus pur de l’empire. Erreur ! Car, les Apôtres, « même lorsqu’ils écrivaient directement en grec, pensaient tous en sémites. » (in l’Évangile selon Marc p. 17  Éditions Lattès. 1992) De ce fait les écrits évangéliques ne sont pas des textes grec pur mais une sorte de patois (grec-sémite) : la koînê, écrit et parlé à l’époque du Christ. Des générations de traducteurs (et cela depuis des siècles) n’ont pas assez tenue compte du milieu linguistique dans lequel furent rédigées les Écritures. Le « grec » des Évangiles est en réalité de l’hébreu ou de l’araméen et même du samaritain « grécisé ». Il ne s’agit pas de quelques mots ça et là conservés de la langue parlée à l’époque du Christ comme le fameux « éphpheta » utilisé à l’occasion du sacrement de baptême ou encore « skandalizein » ; ce sont beaucoup de locutions qui ne sont compréhensibles qu’en se référant à l’hébreu ou à l’araméen. Même la construction des phrases est fortement marquée par l’esprit sémitique. Cette sortes de dialecte, n’est donc qu’apparemment une langue identique à celle des autres provinces de l’empire.

Comme beaucoup d’exégètes ne connaissaient bien que le grec ou l’hébreu MAIS RAREMENT LES DEUX LANGUES, les traductions usuelles (surtout la TOB ou traduction œcuménique de la bible) prêtent le flanc à de sérieuses critiques et surtout a des « adaptations » n’ayant plus de rapport avec le sens des textes initiaux.

Dans l’évangile de Matthieu nous avons au huitième verset du troisième chapitre la phrase suivante selon les traductions habituelles (Bible de Jérusalem ou de Segond):

« Produisez donc du fruit digne de la repentance (metanoia), »

Si nous compulsons la traduction d’André Chouraqui nous obtenons la phrase suivante :

« Faites donc un fruit qui vaille pour le retour (métanoïa) »

 

Métanoïa et le retour aux origines

 Ce mot retour (qui est un changement axé sur une inversion) est en directe relation avec la métamorphose qui commence par un être « normal » pour passer par des étapes de structure différentes et enfin retourner (ou redonner) un être analogue (mais non identique) à l’être initial. L’embryologie des grenouilles en est un exemple avec les différentes étapes de têtards qui finissent par se transformer en grenouille. Le monde des insectes est extrêmement riche de ces transformations comme la libellule qui devient un terrible prédateur avant de se métamorphoser en gracieuse fée des ruisseaux et des jardins.

Mais le milieu végétal est plus représentatif du phénomène. Les fleurs se présentent d’abord isolées, éparses sur une branche.. A l’étape suivante elles se regroupent pour former des grappes d’abord très aérées, puis de plus en plus serrées pour finir par former une fleur qui les contient toutes comme dans la marguerite ou le cœur jaune et les pétales sont de petites fleurs. En 1952 le botaniste Henri Gaussen appela ce phénomène, de la condensation multiflorale pour un retour à une seule fleur, la SURÉVOLUTION. C’est un retour au origines, à un niveau supérieur à la manière d’une spirale, après une restructuration, une « métamorphose ».

Métanoïa revêt, dans la Bible, le sens d’un retour « métamorphoseur ».

 

L’homme et son « retour » dans sa métanoïa

Mais commençons par l’origine du phénomène en question. L’homme de la préhistoire vivait très bien en harmonie avec son milieu car avant que se manifestent la dernière glaciation (celle dite de Wurm pour les Alpes) le climat était très doux pour ne pas dire tropical et les hommes se nourrissaient facilement. Il vivaient en harmonie avec la nature dont ils percevaient, par leur pensée intuitive, tous les mouvement, toute la vie. Il n’éprouvaient pas la nécessité de développer un outillage. Bâtons et pierres suffisaient pour chasser ou se défendre. L’essentiel de leur pensée n’était pas intellectuel comme de nos jour, mais intuitif, en communion permanente avec tout ce qui est vivant dans un univers informel et peu de mots suffisaient à leur vocabulaire. La pensée intellectuelle, rationnelle, spéculative n’était presque pas utilisée. Certes ils auraient pu la développer mais il pensaient autrement un peu à la manière des chaman. C’était en fait le règne de la pensée mystique (dans une sorte d’« âme groupe » car l’individu n’existait pas, de même que l’ego) en harmonie avec l’univers entier. Ils étaient la conscience de la nature et même de l’univers. Une conscience informelle mais puissante. Cela ressemble étrangement à l’Éden biblique…

Vous commencez maintenant à deviner le sens de retour… Que certains appellent réintégration. Il ne diffère en rien de celui proposé par les Écritures. Mais, poursuivons le récit.

Vint alors progressivement le froid. La vie devint plus difficile, il fallut se protéger de la baisse des températures en se réfugiant dans des grottes d’où il fallait parfois déloger un ours. La chasse devenait ardu aussi l’outillage se dévelopa et les hommes devinrent stratèges pour piéger les bêtes et éviter de se faire attaquer par la tribus voisine. C’est ainsi par nécessité que se développa notre pensée rationnelle. Et au fil du temps elle fini par effacer et réduire au silence la pensée intuitive qui harmonise l’être avec ses congénères et avec la nature et l’univers.

Métanoïa est le retour à la pensée préglaciaire en maitrisant la pensée rationnelle pour lui donner sa juste place qui est celle de nous servir seulement quand nous en avons besoin. C’est un retour en pleine conscience de ce que signifie cette capacité, qui n’appartient qu’à l’humain.

Retrouver, avec la pleine conscience de sa valeur, la pensée intuitive en sortant de la dimension grégaire des moutons (ce qui est bien signifié dans l’Église, par le symbole polysémique qu’est la sacrifice de l’agneau pascal).

Depuis le début du XXe siècle ce processus d’inversion, de RETOUR, est en marche. Cela correspond au fait que l’intellectualisme n’est plus une nécessité vitale et nous avons le loisir et la possibilité de développer ce que nous avions exclu. La raison de cette démarche ? Elle est capitale non seulement à titre individuel mais surtout pour l’humanité entière qui se doit de franchir ce cap pour aborder une autre phase de son évolution. Ce retour est en réalité un renversement une convergence de surévolution, ou évolution convergente, fort bien traduite par Pierre Teilhard de Chardin avec son point oméga au sommet d’un cône ou d’un triangle, sommet ou se réalise la surévolution fusionnante et donc la divinisation de l’être.

Métanoïa est bien un acte de retour à la maitrise de la pensée spéculative pour l’amener à sa propre antériorité sans le grégarisme (ou sans son « âme groupe ») provoquant ainsi une conscience individuelle nouvelle ; un « éveil » une libération de l’être de son excès de rationalité provoquant la venue du « royaume des cieux » qui libère de toutes les injustices et de toutes les tyrannies du monde…

Nous sommes loin du concept de la misérable et douteuse « repentance » inconnue de nos dictionnaires et de nos académies.

Le retour n’est pas une pirouette. Ce n’est par le retour à l’individu que nous étions hier, avant la glaciation de Wurm, ou à la suite d’une lecture ou d’une conversation… Certes, à la suite d’une conférence, d’une lecture ou d’une homélie nous pouvons nous sentir changés au plus profond de nous-même, plein d’une spiritualité nouvelle, converti même à une religion… nous changeons notre manière de vivre mais nous ne changeons pas notre manière d’être. Cela n’est donc pas le retour ou métanoïa.

Métanoïa est un retour aux origines, un changement d’état de conscience, et de ce fait une transformation beaucoup plus profonde que celle reposant sur les actions et exactions de notre pensée rationnelle. Notre réflexion dit précisément que nous somme face à notre reflet dans un miroir, que ce que nous voyons est virtuel. Métanoïa c’est retourner de l’autre côté du miroir… et voir la réalité.

 

Le chemin du retour

Alors un seul chemin existe : celui qui passe par notre corps, par notre physique. C’est cela la particularité de Métanoïa. Parvenir à réapprendre à laisser s’exprimer notre pensée intuitive jugulée par notre pensée rationnelle grâce aux particularités de notre corps. C’est le seul chemin possible qui fut toujours employé par les Orientaux avec le Yoga, le Qi Gong ou les arts martiaux. Ce passage par le corps, avec des postures particulières, existait aussi dans les centres initiatique d’Éleusis, de Delphes ou de Samotrace… Les choses n’ont pas changées sauf que les premiers chrétiens ont constituée le centre initiatique de « retour » ou métanoïa à travers les étapes du sacerdoce (qui n’existent plus depuis 1968) dont les étapes sont : la Cléricature, l’Ostiarial, le Lectorat, l’Exorcistat, l’Acolytat, le Sous Diaconat, le Diaconat, la Prêtrise et l’Épiscopat.

Évidemment ses étapes sont devenues au fil du temps uniquement régentées par la pensée spéculative. Le « retour » de l’Église préconisé par le pape Jean XXIII n’avait pas d’autre but, mais son successeur Paul VI fut un intellectuel…

Métanoïa c’est donc un retour au-delà du nous-même actuel, au-delà de l’intellect qui nous envahis, de notre raison résonnante comme le dit fort justement René ALLEAU à la page 101 de son Aspect de l’alchimie traditionnelle : « Qui raisonne, résonne : il faut crever le tambour. ». C’est à cette seule condition que peut s’amorcer un mouvement de métamorphose engendrant un changement d’état de conscience véritable retournement par lequel l’homme est changé et rendu sensible aux forces universelles. Ainsi l’homme peut-il s’ouvrir à plus grand que lui-même en lui-même et à l’extérieur de lui-même. Et cette ouverture n’est pas une vue de l’Esprit…

J’insiste…Ne confondons pas cela avec les bienfaits de la lecture d’un grand spirituel. Car ce grand spirituel a fait ce chemin de retour et nous donne seulement les repaires pour que nous sachions si notre « éveil » est là ou non. Les auteur le plus significatif à ce propos sont Goethe, Rudof Steiner, Isha et René-Adolphe Schvaller de Lubic, Fulcanelli et René Alleau…

Parfois il est possible de discerner des filiations initiatiques. Ainsi en 1768, le docteur Metz, médecin spagyriste (et donc alchimiste) sauve la vie du jeune Goethe (cf. Goethe, Poésie et vérité, livre VIII. Gray, Goethe the Alchimist, Cambridge Universsity Press, 1952 et Alexander von Bernus, in Alchimie et médecine p 173, 184-185)

Le docteur Metz transmis très probablement le concept de Métanoïa au jeune Goethe. On se rend compte de l’omniscience du génie allemand par ses intuitions fulgurant dont la plus impressionnante fut celle, à mon avis, de la connaissance de l’hélice d’ADN support de la vie.

Nul n’ignore que le jeune Rudolf Steiner étudia minutieusement la vie et l’œuvre de Goethe. Il eut accès à des documents inédits. Peut-être faut-il voir là un lien initiatique débutant avec le médecin alchimiste Metz et transmis à Rudolf Steiner par des documents ayant appartenu à Goethe ?

Quant à René Alleau il traduit fort bien le début de son éveil à la page 132 de son livre Aspects de l’alchimie traditionnelle publié en 1953 (l’auteur est décédé en 2013) :

« L’illumination ouvrait à l’adepte les portes d’un royaume auprès duquel l’or, la santé, le pouvoir temporel, la célébrité mondaine, ne représentent que des hochets indignes d’un philosophe. Ce royaume était — et il est encore — celui de la transconscience ou de l’éveil que l’on doit, plus simplement considérer comme l’état « VÉRITABLE », « MUR » et « ADULTE » de la conscience sinon de la conscience actuelle.

Or cet état, comme le prouve de trop rares éclairs produits en nous en certaines circonstances par des intuitions d’une beauté, d’une vérité, d’un accord enfin PARFAIT, ne représente dans notre condition habituelle qu’un accident imprévisible, une série de chances heureuses, de rencontres bouleversantes dont nous doutons dès qu’elles cessent tant elles sont fugitives. » (j’ai souligné deux mots.)

Tous on bénéficié, d’une manière ou d’une autre, d’une formation de base (que von Bernus qualifie – en parlant de Goethe – de « rencontre primordiale » suivie d’une formation menant à l’éveil) pour accéder à ce retour.

C’est d’abord cette démarche qui doit être accomplie sans cela nous restons dans notre pauvreté et surtout piégés par notre pensée rationnelle et tentaculaire que n’effraie pas le mensonge, et cela à notre corps défendant, comme cela fut prouvé abondamment, par les neurosciences. Mais c’est une autre histoire…

 

Le triangle divin des églises et le delta lumineux maçonnique

Évidemment les symboles les plus anciens, issus d’une pensée omnisciente, de l’Église ne peuvent que traduire la connaissance de métanoïa, puisque le retour, que ce terme signifie, est fondamental irréfragable pour donner accès à la véritable mystique.

Le triangle religieux est la représentation de la Sainte Trinité : le Père, Le Fils et le Saint Esprit.

Quant aux Francs Maçons, il rattachent cette tripartition à la formule : éminemment intellectuelle rationaliste et… catastrophique ! : Bien penser, bien faire, bien dire ou à la devise utopique de la république des français : Liberté, Égalité, Fraternité… Avouons qu’il y a là matière à ergoter sur les idéologie de tout poil.

Mesurez combien face au « retour » préconisé par métanoïa ces interprétations restent pauvres, superficielles et anti-spirituelles même si on ajoute à la trinité divine celle des triades memphite, osirienne ou thébaine et même les trois molécules de l’ADN et d’autres agrégats atomiques énergétiques en triades. Baratin, baratin… On s’écoute parler pour le plaisir des dieux.

Autant dans l’Église que dans la Maçonnerie ces différentes explications ne sauraient aiguiller le lecteur, désireux de méditer toutes les significations possibles, vers un nouvel état de conscience, ou une « ouverture du Satori, comme le disent les praticiens du Zen… ou encore vers l’ouverture du « troisième œil » comme le disent, en nos antres secrets et mystérieux, beaucoup de de « rigolos ». Je reparlerais, dans un article à venir de ce très réel « troisième œil ».

La physiologie moderne nous éclaire beaucoup plus que des billevesée symboliques enrichissant un catalogue de sens et de non sens.

Le sieur La palisse dirait qu’un triangle isocèle ou équilatéral (ou presque) a un côté droit et un gauche. Le droit concerne les capacités perceptives surrationnelles. Du gauche émanent nos capacités intellectuelles, rationnelles. Le troisième sommet représente la rencontre de ces deux capacités cérébrales de ces deux genres de pensées. Les côtés qui convergent vers le sommet, pour se rencontrer au sommet lui-même, représentent ce que les neuro-physiologistes appellent la pensée cruciforme car il se trouve à la rencontre des deux manières de cogiter. C’est cette pensée cruciforme qui donna tout son sens à l’antique Rose Croix alchimique (la vraie et non pas celle de nos société qui portent ce nom).

Au point de rencontre de ces deux genre de pensée (donc au centre de la croix) jaillit la rose rouge qui conduit à la rose mystique et à l’escarboucle qui est la pierre philosophale.

Il est donc tout à fait logique d’ajouter une croix sous le triangle, ce qui lui donne le sens de soufre dans la nomenclature de l’ancienne chimie et de l’alchimie. Et le soufre correspond au corps et à la souffrance (cabalistiquement parlant)

 

Mon formateur, Roger Caro, fut le premier à mettre en évidence les rapports entre le soufre et le corps, entre le mercure et l’âme (intellect) et entre le sel et l’esprit. Dans la cohérence de ces rapport aucun adepte praticien au laboratoire ne saurait s’inscrire à contrario.

Donc le soufre correspond à la souffrance du corps et de l’âme (l’esprit en est exclu). Évidemment cette souffrance ne doit pas être mal comprise au point de se flageller dans un masochisme sanguinolent. La souffrance en question concerne l’observation de nos ressentir plus ou moins douloureux pour prendre conscience de leur existences, qu’ils soient moraux ou physique des plus bénins au plus forts. En fait il s’agit de se sentir vivre, d’être présent à travers nos perceptions et donc à travers notre corps. Notre intellect tend à négliger notre organisme. Il convient donc de remédier à cela pour pouvoir avancer sur le plan spirituel et mystique. Évidemment cela nécessite des exercice bien précis car cette perception doit s’encrer définitivement dans notre inconscient.

Ce triangle symbolisant la trinité divine porte souvent, à l’intérieur, une inscription les quatre lettre hébraïques du nom divin qui se lisent de gauche à droite: yod, hé, vov, hé.

Cette inscription ne fait que confirmer que les trois côtés et les trois sommets du triangle correspondent bien à la trinité divine. Je n’entrerais pas ici dans les détails de ce que les occultistes appellent le trétragrammaton et ses pouvoirs occultes ou magiques. Tout cela favoris beaucoup plus l’endormissement que l’éveil et n’entre donc pas dans mon programme. Je dois dire au passage que tout ce qui est orienté vers le merveilleux et le magique superficiel dénote chez l’individu soit une fuite de la réalité (c’est « réparable ») soit une fascination pour le merveilleux et les pouvoirs (c’est très difficilement « réparable »).

Dans un autre genre de triangle nous avons un œil que la majorité identifie comme étant l’œil de Dieu. Ce qui déplais fort à certains Francs Maçons qui n’aiment pas parler de Dieu, car associé aux religions et donc au dogmatisme qu’ils repoussent avec un grondement dans la voie prêt à mordre. Il le regardent d’un mauvais œil (excusez ce mauvais jeux de mots) car il semble aller dans le sens « dogmatisé » des Églises en oubliant qu’eux même sont dogmatisés car intégrés dans un système. Inutile d’ergoter puisque chacun voit midi à sa porte.

 

L’interprétation de ce triangle « occulé » ne correspond pas obligatoirement à l’œil de Dieu qui observe tel l’ancien « œil de Moscou » des soviets…

L’œil de la trinité divine peut être aussi l’œil de la trinité humaine (corps, âme et esprit) les deux trinités se superposent au point que l’œil de l’homme peut devenir l’œil de Dieu et ce devenir est d’autant plus évident que Dieu, immatériel par définition, n’est pas pourvu d’un œil comme celui dessiné dans le triangle.

Cet œil est donc soit la manifestation d’un anthropocentrisme soit pire encore l’homme se considère comme étant Dieu. Certains n’hésitent pas à franchir le pas car en ésotérisme on trouve le meilleur mais aussi tous les tableaux cliniques de délires plus ou moins mystiques fumeux ou farfelus.

Revenons à nos moutons…Cette particularité de l’œil de la trinité humaine capable de connaitre son créateur est confirmé par les mystiques chrétiens, avant qu’Abélard ne viennent intellectualiser la théologie. Ce fus le cas d’Hugues de Saint-Victor (+1142). Dans son œuvre sur les sacrements :

« Hugues enseigne que l’image de Dieu en l’homme rend la créature rationnelle capable de connaître son créateur et que cette image est trinitaire » (Hilda Graef Histoire de ma mystique, p 147 (édition « livre de vie »)

Le même auteur poursuit à la même page :

« Au-delà de l’œil du corps et de l’œil de la raison, il y a un troisième œil qui voit Dieu au dedans de l’âme, et qui est « l’œil de la contemplation ». Les deux, l’œil de la raison et l‘œil de la contemplation on été aveuglé par la chute. »

La chute étant, évidemment, l’envahissement de notre paix par la raison résonnante qui génère toute les transgressions.

Le triangle est le symbole de la pensée cruciforme. Quand cette pensée est active l’individu « éveillé » ne s’en sert qu’en fonction du besoin. Quand cette pensée n’est pas nécessaire il entre dans un silence. Dans ce silence monte un bien être, une joie d’observer le monde ou toutes choses sont découvertes pour la première fois. Tout cela est liée à l’inexistence de l’ego qui laisse sa place aux puissances universelles qui enfin peuvent observer leur création avec l’œil de l’homme. En d’autre termes Dieu observe sa création grâce à notre œil. Et de ce fait, nous comprenons d’une manière surationnelle les mécanisme de l’univers et le Grand Œuvre alchimique, au laboratoire, devient alors un jeu d’enfant… car nous sommes réellement enfant puisque le monde est tout neuf pour nous car nous ne nous posons pas de questions comme le font ces gamins prétentieux, bouchés et handicapés que sont les adultes. Cela nécessite une nouvelle naissance, ce qu’a fort bien expliqué l’historien Mircée Éliade (1907-1986) tout au long de son œuvre extrêmement riche.

Quand notre œil devient disponible pour que le Créateur puissent observer sa création, c’est une nouvelle naissance avec un supplément d’âme qui n’est autre que l’omniscience émanant naturellement du commerce avec les puissances créatrices. Telle est la surévolution, ou nouvelle naissance. Cela est traduit par le troisième chapitre de l’évangile de St-Jean :

« Il y avait un pharisien nommé Nicodème ; c’était un notable parmi les Juifs.

Il vint trouver Jésus pendant la nuit. Il lui dit :

« Rabbi, nous le savons bien, c’est de la part de Dieu que tu es venu nous instruire, car aucun homme ne peut accomplir les signes que tu accomplis si Dieu n’est pas avec lui. »

Jésus lui répondit : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de renaître, ne peut voir le règne de Dieu. »

Nicodème lui répliqua : « Comment est-il possible de naître quand on est déjà vieux ? Est-ce qu’on peut rentrer dans le sein de sa mère pour naître une seconde fois ? »

Jésus répondit : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu.

Ce qui est né de la chair n’est que chair ; ce qui est né de l’Esprit est esprit.

Ne sois pas étonné si je t’ai dit qu’il vous faut renaître. »

Nous retrouvons le concept de retour dans renaissance. André Chouraqui (1917-2007) traduit les versets sur la renaissance de la manière suivante :

« Amen, amen, je te le dit : nul s’il ne nait d’en haut, ne peut voir le royaume de Dieu »

Remarquons le terme VOIR qui a remplacé celui d’ENTRER des traductions courantes de la Bible. Ce n’est pas du tout la même chose car il s’agit de la vision du Royaume dès l’ici et le maintenant. Nous retrouvons donc le symbole fondamental de l’œil dans le triangle. Vision divine dans l’oeil humain et vision humaine dans « l’œil » divin. Perceptions qui s’inversent et s’harmonisent au fil le la promiscuité des deux « oeils ».

Cet œil dans le triangle, René Alleau en a saisi toute l’importance et l’exprime en ces termes à la page 141 de son livre « Aspects de l’alchimie traditionnelle » :

« Nous avons indiqué déjà que les principales opérations liées à l’élaboration du Grand6Oeuvre ont été divisées en trois stades distinct ou en trois « œuvres ». Ces trois « œuvres » répondent à leur tour à une triade « matière première-mercure-soufre »…

Il s’agit donc de pénétrer dans un labyrinthe symbolique à trois dimensions, dans un espace virtuel et dans un temps « sacré » qui, par rapport aux conditions habituelles de l’entendement, se trouvent situées de l’AUTRE côté du miroir. Cet AUTRE monde dans le monde du rêve est l’image inversée mène à l’éveil comme le songe à la veille, si bien que, par un reversement des valeurs, dans ce cas, c’est le monde de l’état de veille qui devient onirique et dont il convient de tenter de s’éveiller »

Cette nouvelle vision liée à l’éveil, est la conséquence d’une renaissant à un degrés supérieur. En réalité c’est une nouvelle genèse qui vas engendrer une nouvelle exégèse qui n’est autre que l’exploration et la conquête d’un nouveau monde. Nous retrouvons la SURÉVOLUTION, où naissance d’un être nouveau en ce point oméga cher à Teilhard de Chardin.

Ce concept n’était pas étranger aux mystiques et alchimistes musulmans. Ainsi, le grand Jabir ibn Hayyan (Géber en latin) né au VIIIe siècle fut membre d’un groupe mystique appelé « Frères de la Pureté et de la Fidélité » qui est à l’origine d’une science dite Science de la « balance » (mizan) pour laquelle il ne s’agissait pas de masses à peser (maza est un ancien nom de l’alchimie, en langue franque, qui est devenu massa, masse, d’où pesée et balance) mais de constater qu’à toute genèse correspond une exégèse (du grec « mener hors de… »).

De genèse en genèse, l’homme s’élève jusqu’à la transfiguration. Spirale évolutive dont les échelons sont des genèses et donc de nouvelles naissances. L’Église ancienne (avant 1968) a conservé ce concept à travers les sept ordinations ou chacune est une genèse suivie d’une exégèse (ou temps d’études et de méditation) qui une foi achevée aboutit à une nouvelle « ordination-genèse ».

Le concept de renaissance est indissolublement lié à toute progression spirituelle, à chaque nouvelle vision du monde, ou à chaque étape naît un homme nouveau de la dépouille d’un vieil homme, comme le dit si bien Paul de Tarse dans ses épitres.

Avec toute mon amitié.

 

Que l’année 2014 soit pour vous un grand pas en avant vers votre retour avec cette joie et ce bonheur qui lui sont indéfectiblement associé. Ceci étant dit je déboucherais le champagne pour vous éclabousser de joie. BONNE ANNÉE ! ! !

 

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