L’ALCHIMIE DANS L’ÉGLISE DE NOS PÈRES

Je vais vous faire entrer dans une église. Si vous êtes «bouffe curé» je ne vous invite pas mais vous pouvez écouter à la porte et de l’extérieur crier vos injures. Si vous êtes anti dogmatique je vous invite puisque je n’ai l’intention ni de vous faire le catéchisme et encore moins de vous évangéliser. Si vous êtes athée, agnostique ou mécréant aucun problème ce sont des maladies qui se soignent avec un coup du sort ou un coup de gourdin selon la chronicité. Elles peuvent guérir subitement comme le hoquet qui s’évapore en regardant notre affreuse bobine dans un miroir.

Silencieusement faufilons-nous entre des rangées de chaises. Pas de bruit s’il vous plait, c’est un temple consacré et non un parloir ou un terrain de pétanque. Trempez vos doigts dans le bénitier. Non ne vous lavez pas les mains et encore moins la figure. J’ai dis le bout des doigts. Ça n’en à pas l’air mais ça vous rend meilleur. C’est le curé qui le dit. Il appelle ça un sacramental. Vous avez raison, c’est le gourdin du saint esprit allié des culs-bénis. Mais nous ne sommes pas ici pour polémiquer ou philosopher sur la grandeur ou la décadence de l’Église. Contentons nous de regarder ce qui nous entoure. C’est bourré de symboles, ça dois vous plaire vous qui avez un faible pour les francs maçons. J’ai ouï dire que vous étiez un frère sans tablier. Ça me rappelle les sans culottes. Certains disent que le tablier et la culotte ont fait la Révolution. Mais laissons là les dérapages affriolants des mauvaises langues.

 

Venez dans l’allée centrale. Regardez tout au bout l’autel orienté vers l’Est comme l’est la nef. Il «regarde» le soleil levant. Et oui, dans l’Église de nos pères le Christ et le soleil, donneur de vie, ne font qu’un. C’est pour cela que l’on parle parfois de Christ Solaire entouré des signes du zodiaque, tandis que la Vierge, sa mère, est associée à la lune. La lune étant l’astre nocturne, c’est pourquoi sa chapelle est toujours orientée vers le Nord qui ne voit jamais le soleil. Évidemment le concept de Vierge Noire ne devrait pas surprendre.

  • Qu’est-ce qui vous chagrine ?
  • D’après ma boussole le cœur est certes orienté vers l’Est mais il n’est pas dans le prolongement de l’allée centrale et donc de la nef.
  • C’est le lot de toutes les Églises gothiques. Dans la pierre d’autel, sur laquelle le prêtre célèbre la messe, sont incrustées des reliques de saints. Prenons un exemple. S’il s’agit des celles de Marie-Madeleine, à la suite de cette dédicace l’église s’appellera Sainte Marie-Madeleine. Les premiers mots qui seront prononcés lors du chant d’Entrée seront : « Terribilis est locus iste : hic domus Dei est, et porta caelis : et vocabitur aula Dei » ce qui se traduit par : « Ce lieu est redoutable ; c’est la maison de Dieu et la porte du ciel ; on l’appelle le temple de Dieu » et le cœur sera orienté vers le lever du soleil le jour de sa fête le 22 juillet. D’où le décalage d’orientation de l’autel par rapport à l’Est véritable signalé par son apparition matinale lors des équinoxes du 21 mars ou 21 septembre car les levers de soleil se produisent toujours dans le quadrant nord-est entre l’équinoxe de mars et celle de septembre, et dans le quadrant sud-est entre l’équinoxe de septembre et celle de mars. Chaque saint du calendrier liturgique correspond donc, théoriquement, à une position du soleil à son lever. Dans les missels on appelle cela le cycle des saints ou cycle sanctoral. Il débute chaque année le 30 novembre. C’est le jour de la fête de saint André. André fut le premier, avec saint Jean à rencontrer le Christ sur le bord du Jourdain…
  • Je ne comprends rien. Pourquoi est érigé un second autel devant celui qui est orienté vers l’Est ?
  • C’est le résultat du concile de Vatican II qui a transformé autant la liturgie que les sacrements.
  • Pourquoi avoir réformé ? L’Église avant 1968 avait quelque chose qui clochait ?
  • Rien ne clochait, absolument rien. C’est un désir de retour aux sources maladroit sans tenir compte de la tradition bimillénaire qu’il avait derrière ; avec également un souhait de rapprochement avec les Protestants.
  • A quoi sert-il ce second autel ? Deux prêtres disent la messe en même temps ?
  • Non il n’y à pas deux messes en même temps. Le premier autel, celui orienté vers l’Est, est mis au rancard tandis que le second sert à dire la messe. Mais le prêtre ne regarde plus le soleil levant donneur de vie, il regarde cette bande de canaille qu’est le public. Il tourne le dos au Christ solaire. C’est à chacun de déduire le sens de cette inversion et de ses conséquences. En plus cet autel n’est pas pourvue de reliques sous le prétexte que c’est morbide cette pratique.
  • C’est vrai que ça en à tout l’air…
  • Je vous arrête ! Le rôle des reliques est de relier (il faut être attentif à la phonétique) aux plus hautes valeurs spirituelles par leurs intermédiaires.
  • Avec toutes les fausses reliques qui circulent…
  • Oui il y eut de fausses reliques pour alimenter des reliquaires plus ou moins bidons. Mais généralement elles furent authentifiées par le seing et le cachet des plus hautes autorités de l’Église, généralement des cardinaux. Quoi qu’il en soit l’autel est, dans le temple chrétien, ce point central, ce foyer à partir duquel s’ordonne la construction et, par la même, toute la symbolique ésotérique qui la sous-tend. Il est à l’image de l’axe polaire autour duquel pivote la coupole du firmament. L’autel central, le vrai qui est orienté vers l’est, on y accède par des marches dont le nombre est toujours impair, généralement 3, souvent 5, parfois 7 et exceptionnellement 9 ou 11.
  • C’est bizarre cet attachement au nombre impair de marches. C’est de la superstition ?
  • L’adoption de ces nombres remonte à Pythagore qui disait que le pair est toujours imparfait (il lui manque quelque chose disait-il) alors que l’impair est parfait. Comme l’autel est le summum de la perfection pour les chrétiens, le choix de ce nombre de marches est compréhensible.
  • J’imaginais que le 3 aurait supplanté tout les nombre puisqu’il représente la Sainte Trinité : le Père, le Fils et le Saint Esprit.
  • Évidemment puisqu’il y a le plus souvent trois marches et aussi, et surtout, trois nappes qui recouvrent l’autel. Dans ce cas il s’agit aussi des trois corps que symbolise ce linge appelé corporal parce que l’hostie, ou corps de Christ, est posé dessus lors de la messe qui se célébrait avant 1968. Ces trois corps sont aussi le sel, le soufre et le mercure utilisé par le prêtre alchimiste à l’occasion de la transsubstantiation, ou changement de l’hostie en corps du Christ, qui n’est autre que la transmutation.
  • Vous voulez dire que l’Autel est aussi la paillasse d’un alchimiste ?
  • Je ne l’aurais pas dit d’une manière aussi abrupte mais j’adhère au fait. L’orientation vers le soleil est des plus significatives car pour l’adepte le soleil est le donneur de vie, ce que ne saurait réfuter aucun géologue ou biologiste. Quoi qu’il en soit l’alchimie est essentiellement biologie dans le sens le plus global du terme. La messe comme l’alchimie reposent sur la vie. Elles sont liées comme le montre l’office lui-même qui recueille le « sang » du soleil à l’occasion de la messe célébrée à l’aurore.
  • C’est quoi le « sang du soleil » ?
  • C’est une métaphore qui désigne le rayonnement particulier du soleil, indépendamment de la chaleur et de la lumière qui diffuse la vie sur notre terre aidée en cela par la lune qui le réfléchit.
  • Si je comprends bien le fait que les autels actuels de nos églises catholiques soient tournés vers le peuple est une grave erreur.
  • Tourner le dos à la vie a une connotation symbolique et psychologique malheureuse à moins de tout rejeter avec ce que nos anciens accréditent depuis près de 2000 ans. Moderniser, adapter est une chose mais jeter le bébé avec l’eau du bain en est une autre. Pour moi la réforme a été faite avec une méconnaissance profonde de la symbolique christique, et de la symbolique tout court, et donc sans discrimination.
  • En apprenant cela les catholiques qui vous lisent vont être furax.
  • On heurte facilement une croyance quand on réfléchit un peu. Ce que je cherche c’est la vérité et non à blesser. Dans l’office ancien existait un passage particulier que l’on appelait Collecte. Le prêtre se tournait vers le peuple et s’asseyait le dos tourné vers l’autel et là il échangeait avec la collectivité ou les fidèles présents. Ceci pour dire qu’il n’était pas nécessaire de tout chambouler, et détruire le symbolisme bimillénaire, pour rendre l’office plus convivial… Qu’est-ce que vous regardez ?
  • La sur le mur il y a des tableaux. Ils représentent quoi au juste ? c’est la galerie des ancêtres ?
  • C’est ce que l’on appelle le chemin de croix. Chacun des tableaux représente une station située sur le chemin qui mène au calvaire au le Christ fut crucifié.
  • Vous n’allez pas me dire que là aussi il y a des particularités alchimiques !
  • Vous ne pensez pas si bien dire. Le nombre de fois ou le Christ s’effondre sous le poids de sa croix est représenté par les stations 3, 6 (souvent corrigée en 7 par les ecclésiastiques) et 9. Alchimiquement cela correspond aux trois teintures rouges de la pierre qui doivent s’effectuer à trois reprises, 3 jours, puis 6 et enfin 7 jours après le début de l’opération de rubéfaction.
  • Je ne vous contredirais pas parce que je n’y comprends rien. Si vous avez quelque chose de plus facile…
  • Je crois pouvoir vous satisfaire. Le chemin de croix est constitué par 14 tableaux. Pour travailler la pierre il est nécessaire de préparer 14 parts de cette substance que l’on utilise tout au long de la fabrication ou Grand Œuvre.
  • Je veux bien vous croire quand vous serez plus explicite.
  • Pour cela il vous faut devenir alchimiste.
  • C’est possible ça ?
  • Évidemment… Je reste à votre disposition.

PROPOS SUR L’ILLUMINISME

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L’illuminisme est devenu incompréhensible non seulement pour la spiritualité en générale mais aussi pour la franc-maçonnerie qui l’a longtemps gardé en son sein.
La raison en est simple : l’esprit avec lequel œuvrèrent ceux qui participèrent de ce courant spirituel du XVIIe et XVIIIe siècle, est devenu étranger à nos spiritualistes contemporains. Ils ont oublié l’aspiration fondamentale qui présida à l’élaboration des voies initiatiques, dont l’alchimie est le maître d’œuvre, à tel point qu’a pu fleurir marginalement un illuminisme négatif, qui dirige le monde matérialiste, lequel a pris le nom d’illuminatis. Sur ces dirigeants je ne m’attarderais pas car ils sont une conséquence directe de la corruption de notre société comme le sont le revers de la médaille de certaines inventions dont le prix Nobel nous rappelle en permanence la triste réalité.
Au XVIIIe siècle, l’illuminisme était d’une extraordinaire richesse et préfiguraient les découvertes des neurosciences actuelles. Ce courant ésotérique se caractérisait par une reconnaissance en l’homme d’un ensemble de faits de capacités et d’états qui dépassent largement l’aptitude, aussi subtile soit-elle, de notre intelligence discursive.
C’est exactement les mêmes constatations que firent les neurobiologistes quant aux étranges capacités de notre encéphale cérébral droit qui est capable de parvenir à la solution exacte d’un problème sans passer par un raisonnement logique. Son aptitude à saisir une totalité dans une partie de ce qui est observé renoue avec l’adage si souvent ironisé : « Un le tout, tout en tout » adage qui ignore combien la structure holographique de notre pensée est omniprésente sans parler de celle de notre univers dont les recherches sont en cours…
Le nom d’illuminisme fait référence à la lumière. Toute la difficulté, et aussi toutes les erreurs, reposent sur la définition que l’on donne à la lumière. Si nous croyons qu’elle est uniquement une science divine venant d’en haut et donc le fruit d’une mystique qui procède par révélation des connaissances du monde supérieur, nous avons raison si seulement nous savons d’où vient cette lumière et comment nous faire illuminer par elle.
Quoi qu’il en soit les individus insatisfaits par les dogmes et les cultes se livrent à des recherches sur le christianisme primitif pour tenter de discerner l’origine de cette lumière. La encore ils ont raisons seulement s’ils pensent que la connaissance d’un rit ne vas pas tout solutionner, et là je parle aussi des rit maçonniques. En d’autres termes ils ne peuvent porter leur fruit que s’ils ne sont pas le jouet de cette lettre servile qui occulte l’Esprit.
Tout cela est en accord avec la pensée de Joseph de Maistre. Quoi qu’il en soit la mystique fut toujours indépendante de tout cléricalisme établi, même au sein d’une Église. C’est un concept partagé par tous les illuminés mais qu’ignorent bien des Francs-Maçons qui se disent anti-dogmatique et par la même (par cette manière de penser dogmatique par essence) se barrent la route à l’illumination.
Comment jouir de cette intuition, de cette intelligence profonde des choses qui repose sur une illumination invisible ? Comment posséder la vision intime du principe de la réalité du monde ? Telle sont les questions que se posent tout adepte.
La seule réponse réside dans la signification du symbolisme alchimique des loges maçonnique qu’expliquent à leur manière bien des auteurs. Et qui plus est, seul le laboratoire alchimique rejeté par bien des loges, offre une compréhension et une solide technique mystique pour y parvenir.
Ceci étant dit Martinès de Pasqually, Saint-Martin, Willermoz, Johann Friedrich Kleuker et Gottlieb Heinrich von Schubert, furent tous admirateurs de la théosophie chrétienne de Jacob Boehme, qui révéla l’influence de l’alchimie.
Les fondateurs des grands courants spirituels ne sont lus qu’en fonction du crible de nos croyances qui sont, il faut le reconnaître, le pivot de l’expérience humaine à la racine de nos habitudes cognitives. C’est un fait qui n’échappe à personne, pas même aux biologistes spécialistes des neuroscience qui affirment, tel le célèbre professeur Américain de neurophysiologie Michael Gazzaniga : « Croire est ce que les humains font le mieux » in Le cerveau social : p13 Editions Odile Jacob.
Ainsi prévenus nous continuons à ne point nous méfier de nous-mêmes tout en fredonnant béatement : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les dieux » c’est ce que l’on appelle du verbiage qui nous occulte la lumière car nous ne faisons que réciter à l’aune de nos croyances et de nos coups de cœur.
Certains m’affirment péremptoirement que l’initiation permet de dégager le « moi intérieur », « l’étincelle divine » existant dans la personnalité humaine. Je veux bien le croire mais je n’ai jamais rencontré d’individu ayant réussi ce tour de force résultant d’une initiation sans être au préalable sérieusement formé. Car toute chose nécessite une formation même si nous sommes habités par une puissante intuition. Évidemment j’entends l’initiation dans le sens maçonnique, rosicrucien ou martiniste du terme.
Le père des lumières, pour paraphraser Fulcanelli, n’est autre que le soleil. Œuvrer avec la lumière n’est autre que l’alchimie qualifiée d’œuvre du soleil par Hermès Trismégiste. C’est dans ce sens que Jacob Boehme, révéla à l’avant-garde des illuministes l’influence, et donc la nécessité, de l’alchimie.
Celui qui au laboratoire n’a pas découvert la puissance créatrice de la lumière, et ne sait surnager dans l’océan des causes, ne saurait savoir ce qu’est réellement l’illuminisme.
La pratique au laboratoire provoque des réflexions, amène à des découvertes ainsi commence la formation qui inéluctablement conduit à rencontrer un guide autant pour le laboratoire que pour comprendre le sens profond de la lumière en soi et à travers l’Univers.
Ce qui précède n’est pas spéculatif.
C’est donc par un retour aux sources de l’illuminisme et de l’alchimie et par ceux qui souhaitent se mettre à son école en plaçant leurs pas dans les leurs, et non en ostracisant leur doctrine et leur façon de vivre le cheminement initiatique, que la maçonnerie pourra retrouver son authenticité perdue.
Je sais, c’est une vue de l’Esprit et je ne nie as que je suis un rêveur éveillé. Mais j’ai posé ma Pierre. C’est là l’essentiel.
Avec toute mon amitié.

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SACERDOCE ET ALCHIMIE

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 Le sacerdoce. A son propos se glisse un certain nombre de malentendus inhérents, bien souvent, à des croyances inculquées dès notre plus jeune âge. La plus importante étant celle de s’imaginer que l’Église et le sacerdoce sont une seule et même chose, ce qui n’est absolument pas le cas.

Les hiérarchies dans l’Église.

L’Église a toujours établie une distinction entre deux hiérarchies : celle de l’Ordre (issue des étapes du sacerdoce) comme sous diacre, diacre, prêtre et évêque, nécessitant une ordination, et celle de juridiction typiquement administrative, tels les chanoines, les vicaires épiscopaux, chorévèques, protonotaires… cardinaux et pape.

Un pape n’est pas supérieur à un évêque dans la hiérarchie d’Ordre car un pape ne reçoit pas une ordination. Il est intronisé, nommé ou élu, mais n’est pas Ordonné. Il n’existe pas une ordination pour le pape.

Les deux hiérarchies  n’interfèrent pas sauf pour le pape qui doit être évêque. Mais il a existé, pendant des siècles, des cardinaux non prêtres, n’ayant reçu aucune ordination même la plus mineure, tel le cardinal Mazarin, qui pouvaient être élus pape ! Et être consacré évêque ensuite. C’est d’ailleurs en se basant sur cette ancienne tradition que, de nos jours, le pape François va pouvoir introniser cardinal (sans les ordonner) certaines femmes.

 

Religion et alchimie.

Il est un fait universellement connu, c’est que les alchimistes ont souvent employé le symbolisme religieux pour parler de leurs travaux. Pourquoi ? Parce que l’éveil et l’illumination ne peuvent provenir que du créateur. Partout en tout pays, en toutes cultures la réussite de l’œuvre est liée au « Don de Dieu ». Inutile d’insister pour souligner l’importance du sacerdoce puisque l’alchimie est appelée art Sacerdotal :

« Tous les vrais alchimistes, écrit Claude d’Ygé à la page 123 de son Assemblée des philosophes chymiques (édition 1972), d’Orient et d’Occident ont surtout employé le symbolisme religieux dans leur exposé de la doctrine, aussi bien que dans leur traité théoriques et pratiques. Il ne pouvait en être autrement, puisque l’illumination ne peut venir que de Dieu seul, et que malgré les différnces apparentes de chacune des traditions c’est toujours la saule et unique vérité, que dépend le succes du grans œuvre spirituel et physique. Pour les sages de l’Egypte, de la Chine et d’Islam l’art est un « Don de Dieu », comme pour les adeptes chrétiens. »

 

L’étrange Melchisédech.

La dimension mystique et initiatique des étapes du sacerdoce sont liées au prêtre roi Melchisédech qui est nommé dans la prière eucharistique de la messe Tridentine (issue du concile de Trente – 1545-1563 – d’où son nom. Cette messe était célébrée avant le concile Vatican II, donc avant 1968) :

« Et comme il vous a plus d’accueillir les présents d’Abel le Juste, le sacrifice de notre patriarche Abraham, et celui que vous offrit Melchisédech votre grand prêtre, en signe du sacrifice parfait, regardez cette offrande avec bienveillance, acceptez-là. »

Melchisédech ou Melki-Tsedeq, « Roi charitable », selon la traduction courante, est un personnage biblique qui apparaît très brièvement dans l’histoire d’Abraham telle que la rapporte notamment le livre de la Genèse. Dans différentes littératures il porte les titres de « roi de justice », de « roi de Salem » (Paix), de « Roi du monde »… Ce qui ne manquera pas de stimuler la verve de René Guénon.

Revenant d’une campagne victorieuse, Abraham rencontre ce mystérieux personnage :

« Melchisédech, roi de Salem, apporta du pain et du vin ; il était prêtre du Dieu très haut. Il prononça cette bénédiction : « Béni soit Abraham par le Dieu très haut qui créa ciel et terre, et béni soit le Dieu Très Haut qui a livré tes ennemis entre tes mains ». Et Abraham lui donna la dîme de tout. » (Genèse XIV, 18-20).

Le nom de Melchisédech apparaît à nouveau dans le livre des Psaumes (110) :

« Le Seigneur l’a juré dans un serment irrévocable : Tu es prêtre à jamais selon l’ordre de Melchisédech. »

L’épître aux Hébreux (5, 6) et (7, 1-3) évoque à nouveau cette figure précurseur du Christ.

Melchisédech est généralement associé, dans le christianisme, comme le premier prêtre à mettre en place l’offrande du pain et du vin, symboles toujours utilisés aujourd’hui.

 

Melchisédech et les ordinations

Ce prêtre, nul ne sait comment et ou il fut ordonné car à son époque l’ordination chrétienne n’existait pas encore. En qualité de prêtre il est donc différent des prêtres qui seront ordonnée ou intronisés, bien plus tard, par l’Esprit Saint.

Je rappelle que les premiers prêtres chrétiens ordonnés furent les apôtres du Christ, donc des millénaires après l’apparition de Melchisédech.

Cette première consécration se déroula dans le cénacle le jour de le Pentecôte. Chacun reçut une langue de feu, ce qui n’est autre que la première consécration des évêques qui se transmettra ensuite par imposition des mains avec la phrase sacramentelle : « Reçoit le Saint Esprit ».

« Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. Tout à coup il vint03-ss-abel-and-melchisedek-basilica-di-san-vitale-ravenna-6th-c du ciel un bruit comme celui d’un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d’eux. Et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer. » (Actes II,1-4)

 Melchisédech est donc le fondateur d’une filiation mystique distincte de la succession des évêques caractérisant la « table apostolique » débutant seulement lors de la première pentecôte.

Telles est la raison pour laquelle l’alchimiste Von Eckartshausen, dans La nuée sur le sanctuaire, fait remarquer que le nom de Melki-Tsédeq signifie littéralement :

« L’instructeur dans la vrai substance de vie et dans la séparation de cette véritable substance de la vie d’avec l’enveloppe destructible qui l’enferme. »

Donc, un prêtre selon l’Ordre de Melchisédech est un séparateur de la nature pure d’avec la nature impure ; un séparateur de la substance qui contient tout, d’avec la matière destructible qui occasionne la douleur et la misère. Le sacrifice, ou ce qui a été séparé, consiste dans le pain et le vin. Pain veut dire littéralement la substance que contient tout, et vin la substance qui vivifie tout.

Saint Anne Catherine Émerik le désigne aussi, dans ses visions, comme ayant confié le calice du sacrifice eucharistique à Abraham. Ce vase sacré ne quittera pas l’humanité et réapparaitra à la mort du Christ sous le nom de Graal.

 

Le message de Melchisédech

Le message de Melchisédech est donc complémentaire de celui du Christ tout en le préfigurant. Cette complémentarité est de l’ordre le la mystique, plus exactement elle intègre l’ésotérisme chrétien dans le sacerdoce. Par certains aspects elle rejoint le mystère des rois Mages et de leur énigmatique étoile.

Telle est la raison pour laquelle le prêtre Ordonné par imposition des mains (réception du Saint Esprit) puis consacré (bénédiction) selon l’Ordre de Melchisédech. Ces deux consécrations lui donnent la dimension mystique nécessaire à l’exercice de son double magistère, l’un ésotérique, l’autre exotérique.

De ce fait l’Église est fortement marquée par le symbolisme ésotérique surtout alchimique.

En alchimie l’étoile apparait à la surface du compost comme elle apparait dans le ciel des rois Mages. Elle signale le point de départ (le matin) des opérations pratiques, concrètes du Grand Œuvre alchimique au laboratoire. Il en est de même pour le prêtre.

Revêtu de l’aube blanche (blancheur du matin) il croise sur sa poitrine (son cœur) l’étole qui n’est autre (cabalistiquement) que l’étoile qui apparaît dès le début (matin) de l’œuvre alchimique. Par ailleurs il porte sur son avant-bras gauche ce linge sacerdotal, de même couleur que l’étole, que l’on appelle manipule et qui signale sans ambages que la messe est une manipulation à l’instar des opérations qui se déroulent sur la paillasse de l’autel-laboratoire de l’alchimiste. Le laboratoire se superpose à l’oratoire illustrant ainsi un prêtre à la double consécration : celle de l’Esprit Saint de la pentecôte et celle transmise à Abraham par la bénédiction de Melchisédech.

« En obédience rigoureuse à la même raison scientifique, l’officiant porte sur l’aube (le matin) – vêtement long et blanc – l’étole (l’étoile) qui est une bande d’étoffe croisée en X sur sa poitrine et qui de la sorte, offre la figure simplifiée du rayonnement stellaire, marquant de son scel la matière canonique.

L’étoile apparaît, pour l’artiste, comme la certitude et le point de départ de ses opérations manuelles, et il n’en va pas autrement pour le prêtre qui, plus précisément, porte le manipule fixé à son bras gauche. Cet ornement est destiné à rapeler les délicates manipulations de la Sainte Messe, aboutissant à la miraculeuse transsubstantiation qui est l’image la plus exacte de la transmutation alchimique. » (Eugène Canseliet in Alchimie p 278. Editions J.J. Pauvert 1978)

Les ordinations, consacrent habituellement un prêtre seulement religieux et théologien, c’est le cas de la quasi-totalité des Églises y compris Orientales.

 

Le magistère d’un prêtre initié.

Si le prêtre reçoit des Ordinations accompagnées d’un enseignement ésotérique le conduisant à l’éveil (Métanoïa), dans le cadre du sacerdoce initiatique, il sera alors un prêtre initié, pleinement conscient de ce qu’il fait.

Son magistère sera très réellement magique, dans le sens le plus noble du terme. J’entends le mot magie comme la capacité d’établir des liens avec l’âme universelle ou esprit du monde qui occupe tout espace et toutes matières. Evidemment cela exige une formation mystique solide :

« La Magie, écrit l’alchimiste Eugène Canseliet dans un article de la revue La tour Saint-Jacques, (N°11-12, 1957, p. 176) est avant tout l’Art divin, qui consiste à prendre contact avec l’âme Universelle et, par elle, à dominer les forces spirituelles, invisibles dans l’espace comme dans la substance. Or ce pouvoir exige de l’homme l’absolue maîtrise de soi-même, le rigoureux contrôle de son psychisme et de ses facultés, en un mot, le développement de ses dons magiques à l’état latent. »

Le prêtre religieux assumera un enseignement intellectuel et dogmatique, le prêtre initié diffusera un enseignement mystique et ésotérique permettent à toute personnes de bonne volonté d’accéder au sacerdoce initiatique.

Pour le prêtre le magistère consistera donc à se pencher vers les autres pour leur permettre d’accéder à la spiritualité et saisir à travers cela les lois fondamentales de l’Univers. C’est la tache la plus noble de toutes qui leur permet de SERVIR. Car sans se pencher vers les autres nul ne saurait établis de contact avec l’âme Universelle. Nul alchimiste ne saurait réussir…

Les Ordinations sont au nombre de huit et leur origine est plus ancienne que le christianisme. Elles constituent une progression qui accompagne les étapes de l’enseignement de Métanoïa. Ces étapes sont liées au développement des adeptes vers leur « éveil » et leur « libération ». Cette formation n’est donc pas d’ordre religieux, dans le sens le plus étroit du terme. C’est une éducation mystique. Bref la succession des ordinations est une véritable Métanoïa qui repose sur le message Christique initial.

 

Avec toute mon amitié.

ÉPISTOLE SUR LES MYSTERES DU TEMPLE

 

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J’ai reçu des messages à propos de mon dernier article intitulé « Le Temple » me demandent des précisions sur cette phrase : « Passé, futur et présent coexiste, seule notre conscience se déplace ». Je vais essayer de répondre de mon mieux.

Cette phrase est capitale car elle montre que le temple, par sa structure particulière associée à une formation des hommes et des femmes qui célèbrent les offices permet de vivre dans un présent qui peut être issu du passé. Une cérémonie n’est plus alors de l’ordre de la commémoration mais de la participation. Le prêtre d’une église s’assied à la table de la Cène… et le Christ s’adresse à lui. Ce Christ n’a pas 2000 ans. Il est dans le présent. Certains m’affirmeront qu’ils le font déjà. Devant cette mauvaise foi, ne voulant comprendre que ce qui les arrange et refusant l’extraordinaire, je leur souhaite un bon vent.

Cette particularité permet de saisir deux choses : La première est que les maçons qui érigèrent de pareils édifices étaient des initiés non spéculatifs. La seconde est que les connaissances indispensables à l’initiation ne se sont jamais perdues, mais ne peuvent être entre les mains de ceux qui ne sont pas parvenus au stade d’éveil nécessaire. Et ceux-là, ces véritables éveillés, ne font partie d’aucun groupement initiatique. Ils portent le nom de Tchen jen (homme véritable) en Orient et de Rose-Croix en Occident.

Tout le monde peut parvenir  à l’éveil ?

Oui, sans l’ombre d’un doute mais des conditions doivent être remplies. L’Orient le traduit par : « La réalité du Tao commence au non avoir. »  (Hoei-nan-Tze). L’avoir en question est ici autant le désir de s’approprier, de découvrir que celui de posséder par la… pensée. Cela s’inscrit en opposition au : «Je pense dont je suis » de Descartes. En réalité c’est « je pense donc je ne suis pas » car la pensée permanente qui nous habite nous empêche d’accéder à notre véritable être. Donc, on ne saurait parvenir à la nom pensée par la pensée ! Telle est la raison pour laquelle je ne suis pas favorable aux principes de la psychanalyse qui, bien que pertinents sur le plan intellectuel, nous endorment au lieu de nous éveiller.

Évidemment, la pensée est indispensable dans notre adaptation à la vie qu’elle soit domestique ou professionnelle. Il ne s’agit donc pas de maudire la pensée et de devenir une sorte d’idiotie baveuse ! Si nous en sommes pourvus c’est qu’elle est nécessaire. La pensée non nécessaire, celle qui nous angoisse, nous fait déprimer et occupe notre tête en permanence, c’est celle-là qui est nocive et nous empêche d’être.

Comment parvenir à pratiquer un pareil glissement temporel ?

Le premier pas en ce sens est d’apprendre à accéder au silence des pensées pour s’écouter vivre et pour écouter vivre ce qui nous entoure. Progressivement cette écoute deviendra plus profonde et se transformera en véritable communion avec la puissance universelle, ou l’Esprit du monde que certains appellent Dieu, mais qui ne lui est pas étrangère… Cela s’apprend évidemment, tel était le rôle essentiel des antiques écoles de mystères et de la formation des ecclésiastiques (avant les multiples réformes des cinq siècles passés) tout au long des sept ordination qui caractérisait la progression vers la plénitudes du sacerdoce… On appelle cela l’initiation, dans le sens où c’est la condition initiale pour parvenir à l’éveil et accéder aux capacités de l’homme véritable dont le glissement temporel n’est qu’une des multiples facettes. L’homme est plus grand qu’on le pense à condition qu’il sache devenir rien… C’est le message des évangiles, celui de Dieu qui parle aux dieux déchus. Cela, Pascal l’avait compris en écrivant :

« L’Homme est un ange déchu qui se souvient des cieux »

Il y a donc tout un travail de réintégration, ou initiatique, à réaliser. L’initiation ne repose donc pas uniquement sur l’étude du symbole pour le symbole car dans ces conditions c’est (vous l’avez compris) une contre-initiation.

Dans le temple l’étude des symboles est nécessaire quand elle a un rôle précis. Par exemple celui de définir les grandes lois de la vie à travers la symbolique alchimique.

Par exemple, st Roch qui découvre sa cuisse et son genou. Outre que cela signifie, sur le plan phonétique, la cuisson du roc. Le roc étant ici la pierre des alchimistes, le fait de montrer le genou caractérise ceux qui sont initiés… pourquoi ?

L’initié en montrant le genou désigne plus précisément la rotule (petite roue) qui se nomme « patella » dans la terminologie anatomique. Ce nom signifie écuelle ou petit plat rond. C’est l’image ronde du soleil et de la lune indissociable celle, fondamentale, du symbole radiant de l’Esprit.

La cabale phonétique rapproche le mot « patella » de « patène ». La patène est un vase sacré rond et plat (dans les Églises orthodoxes, on l’appelle disque) généralement dorée ou même en or. Cette petite assiette plate accompagne le calice utilisé par le prêtre durant la messe tridentine ou de St Pie V (disparue depuis le concile de Vatican II). Dans cette patène le prêtre place l’hostie à l’occasion de l’offrande à Dieu de ce pain, d’où le nom d’offertoire de ce passage de l’office. La rondeur et la blancheur de l’hostie est très évocatrice de la lune. La patène dorée et circulaire est le soleil, l’hostie dans la patène élevée vers le ciel par le prêtre n’est autre que la conjonction du soleil et de la lune. Cette élévation est en réalité un appel à l’Esprit, qui est à l’origine de toutes causes, dont les deux luminaires sont dispensateurs sur notre globe. Cela est souligné par le nom du pain qui, selon l’étymologie grecque, signifie « tout » et le vin qui signifie « vie ». Le prêtre laisse tomber dans le calice un fragment d’hostie. L’union des deux dans le calice, est donc dispensatrice de toutes vies. Telle est la raison essentielle pour laquelle une communion doit se faire non pas avec l’hostie uniquement (communion « sèche ») mais avec le vin aussi.

Nous voyons là combien cette science de la vie qu’est l’alchimie est inséparable du viatique que l’Église donne à ses fidèles lors du dernier sacrement jadis appelé extrême-onction car c’est l’onction suprême par sa puissance.

Le temple ou église va donc être bâti en fonction de ces impératifs vitaux. L’autel sera orienté vers l’Est et le prêtre, tournant le dos aux fidèles, regardera le soleil levant pour sacraliser le pain et le vin.

Se mettre face aux fidèles pour célébrer l’office comme actuellement, c’est dévitaliser l’Église  tout entière, d’où le flux de chaises vides face à l’autel désacralisé car, de plus, dépourvu de reliques et donc d’autel consacré.

Les reliques n’ont rien de morbide, comme nos théologiens trop souvent dédaigneux l’affirment. Les vêtements où de minuscules parties du corps d’un être sanctifié sont un canal pour accéder à la divinité par son intermédiaire. Vouloir y distinguer autre chose marque la totale ignorance du sens profond de certains symboles qui manifestent les courants invisibles de l’Esprit. Car c’est de l’esprit qu’il s’agit et non de la puanteur des concessions funéraires perpétuelles.

Sur l’autel, le prêtre accomplit son magistère qui reproduit le magister alchimique. Il représente le rocher d’Horeb que Moïse frappa et d’où jaillit de l’eau qui permit au peuple juif de se désaltérer.

C’est l’eau-feu qui débarrasse les métaux de leur lèpre (les purifient). Évidemment, il n’est pas question ici de cette devise maçonnique si mal comprise et qui s’adresse au bénéficiaire de la connaissance en lui demandant de purifier ses métaux… Même si cette interprétation ne manque pas d’intérêt, elle reste tout de même une déformation quelque peu abusive et finalement erronée de la réalité alchimique.

Les trois nappes qui recouvrent l’autel ne sont autres que le sel, le soufre et le mercure.

Généralement l’autel a trois marches qui ont le même symbolisme que les trois nappes de l’autel. Cependant, le pythagorisme a fortement marqué le symbolisme des marches puisque l’autel ne peut avoir qu’un nombre imper de marches soit une seule ou trois, ou encore cinq et sept. Aucun autel ne doit comporter un nombre pair de marches. De même, pour être valide la pierre d’autel (contenant les reliques) doit être gravée de cinq croix rouges (une à chaque angle et une centrale) reflet de la quintessence.

Cette particularité de numérologie sacrée est liée à la puissance accordée à l’impair, ce qui sous-entend la puissance de l’Esprit Saint qui « supporte » et « habite » l’autel.

J’achèverais sur cette citation d’Eugène Canseliet qui illustre tout ce qui précède et le synthétise :

« Ceci est indéniable, qui fait la pérennité de l’Église, que devant la pierre sacrée de son autel – celle de l’angle et des vrais bâtisseurs – le prêtre, par le saint sacrifice de la messe, rend à Dieu le même culte suprême que l’alchimiste pratique dans l’attention constante, auprès de son athanor en activité. Tous deux poursuivent la même recherche de cette grâce divine qui est indispensablement nécessaire au salut de l’homme et gratuite essentiellement ; tous deux se livrent, quoique sur des matériaux différents, à l’élaboration secrète du physique et tangible agent de rénovation spirituelle.

Combien est-ce à tort que la légende populaire veut que l’alchimie consiste uniquement dans la production artificielle de l’or métallique, quand son but principal est la découverte de la médecine universelle qui, seule,est dispensatrice du triple apanage, de la connaissance, de la santé et de la richesse ! » (in Alchimie, p 270, éditions J. J. Pauvert. 1978)

Je vous souhaite un excellent week-end.

Avec toute mon amitié.

DIEU, LE GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS

 

maison-du-dr-edwardes-45-14-gSi je griffe parfois les francs Maçons (mais jamais la franc-maçonnerie que j’ai en très haute estime) je dois tout de même signaler  qu’il est, en leur Loge, un état d’esprit très louable. Je ne parle pas de la fraternité qui n’est souvent qu’une façade comme l’illustre si bien la mort solitaire et triste, dans une chambre d’hôtel à Montpellier, de leur « frère » Serge Hutin qui a tant œuvré pour l’ésotérisme et son histoire.

En fait, je trouve des plus heureux qu’il puisse exister, chez les maçons, des zones d’échange où chacun apporte sa conception particulière relative à n’importe quel problème. J’approuve donc complètement ce « landmark ». De ce fait, les échanges ont l’heureuse particularité de ne pas dégénérer en bagarre de chiffonnier mais de se dérouler dans l’harmonie.

Comme j’ai mauvais caractère, je dois vous avouer que j’aurais claqué la porte face à des psychologisants « spiritualo-dingos ». Je veux parler de ceux qui ne veulent pas sortir des rouages matérialistes de leur psyché qui « explique tout », et cela quelle que soit leur estampille, celle de Freud ou celle de Jung.  

L’étude de soi  est des plus heureuses pour rééquilibrer certains aspects de la personnalité. Mais une psychanalyse d’une durée qui dépasse cinq années est exagéré car c’est se soumettre à l’emprise d’un ego pervers qui adore contempler son nombril.

Alors comprenez, chères lectrices et chers lecteurs, que  la psychanalyse puisse s’assimiler à l’initiation, me fait sauter jusqu’au plafond ! Oui les intellos nous empoisonnent la vie en écrivant par exemple :

« Dans le monde moderne la psychanalyse rappelle le phénomène initiatique tant dans ses objectifs que dans sa démarche.» in Les maîtres de l’occultisme par André Nataf, p. 61, Éditions Bordas.

Ce « rappel » est en réalité une image inversée dans un miroir. Un peu comme la couleur rouge du plutonium, puissamment radioactif et mortel, est l’inverse de la pierre philosophale rouge. La première tue la vie, la seconde est donneuse de vie… et il ne s’agit pas d’une vue de l’esprit !

Alors quand j’entends dire que « la psychanalyse renoue avec la pensée préaristotélicienne, » c’est-à-dire avec cette époque ou rayonnaient de grands initiés et ou fleurissait les mystères que ce soit ceux d’Éleusis, de Samothrace ou autres, je suis perplexe car tout ce qui était dit ou fait pour la formation des initiés était secret et puni de la peine de mort en cas de divulgation… d’où peut donc sortir cette assurance qu’il existe une parenté de pensée ?

La raison tendancieuse d’un tel rapprochement contre nature se devine aisément. C’est celle d’intégrer la psychanalyse à l‘ésotérisme maçonnique sous le prétexte fallacieux de lui redonner la notoriété des antiques écoles de mystères et de celle de la philosophie platonicienne… N’en doutez pas, c’est le Vénérable Lacan qui doit être content !

Tout cela bien évidemment n’est que mon opinion et de ce fait ça se discute. Mais, de grâce, si vous m’écrivez un courriel, ne me noyez pas dans un roman-fleuve car je ne pourrais vous répondre.

Avec ce genre de dérive psycho-intello amorcée dès le XIXe siècle, il est aisément compréhensible que le Grand architecte de l’univers ait pris un sacré coup dans l’aile et que la maçonnerie matérialiste fasse les choux gras des politiciens ! Ainsi, le palais de l’Élysée les reçoit en grande pompe comme il reçoit les représentants du Vatican. Cela, dirait le roi Ubu célèbre docteur en pataphysique, c’est l’apothéose de la spiritualité. Restons rationaliste jusqu’au bout en imitant le célèbre professeur Faustroll : Comparons la surface de l’Élysée à celle de Dieu. Mais oui, c’est ça la spiritualité com-parée !

Trèves de rigolades… Eh oui, ce qui a brisé les ecclésiastiques a brisé les Francs maçon… Je pèse mes mots. Alors chères lectrices et chers lecteurs faites bien la différence entre les ecclésiastiques et l’Église comme entre les Francs maçons et la franc-maçonnerie. Je ne mélange jamais les deux. Et dans les deux cas la politique n’a pas droit de cité à moins de ne plus savoir ce que spiritualité veut dire.

Parmi tous les landmarks anglo-saxon, il en est un capital. « C’est la croyance en l’existence de Dieu, considéré comme le Grand Architecte de l’Univers » (Jules Boucher)

Osvald Wirth précise avec justesse que : « L’initié qui comprend bien l’art ne sera jamais un athée stupide, ni un libertin irréligieux » Le mot libertin étant pris ici dans son sens ancien d’affranchi de la discipline et de la foi religieuse.

Dans cette conception du grand architecte de l’univers se trouve l’un des substrats fondamentaux de la franc-maçonnerie, mais souvent mal compris par les francs-maçons. C’est celle d’évacuer toute croyance afin de s’épanouir dans la connaissance. C’est seulement dans ces conditions que progressivement les anciennes croyances se transfigurent puis disparaissent pour  devenir notre propre substance. N’est-ce pas une définition de la laïcité ?

C’est le même chemin que devrait suivre l’Église qui était une avec la franc-maçonnerie avant que sa mystique ne soit remplacée par un intellectualisme réducteur dont Abélard fut le précurseur.

Telle est le monde de spiritualité que nous devons retrouver pour renouer avec la mystique de nos pères que ce soit celle de l’Église, de la Maçonnerie ou de la chevalerie…

Avec toute mon amitié.

LE MYSTÈRE DE LA CATHÉDRALE DE MAGUELONE

À mon amie au casque d’argent… merci Miranda pour cette illustration.

Chevalier

La belle Maguelone médite en son temple. Du berceau des cieux, elle anime ses songes bleus sur le miroir ondulé de l’eau.

Sur l’aile des goélands se tend, de l’Est à l’Ouest un long fil d’argent. L’eau et l’azur s’y fusionnent. Alors, se  dessine une gracieuse silhouette  turquoise mouchetée de flamants roses.

Puissance magmatique de cet îlot de feu qui  roule ses flammes quand s’unissent les êtres à l’horloge des cieux. Vagissement des causes et naissance des légendes.

Nous sommes trop aveugles pour sentir au-delà du réel la magie du temple de Maguelone protégé par la lourde carapace de pierre soutenant la voûte des cieux.

Voûtes romanes sous lesquelles s’abritait une civilisation magique d’un Christ omniprésent en qualité de Dieu ou de prophète. Lieu sacré où fraternisent la saga du Graal et toutes les épopées chevaleresques qu’elles soient sous le miroir de la lune ou face au cercle du soleil posé sur la croix.

En ce lieu la belle Maguelone au geste impérial et gracieux tend son index vers cet arc de triomphe ou passe une voie royale une voie nouvelle qui conduit vers une réalité difficile à imaginer, car l’océan des causes peut à tout moment rompre ses digues et tout bouleverser.

À vous toutes, à vous tous qui êtes sous le pavillon de sang signé de la croix d’or cléchée, réveillez la belle  la   dame des troubadours endormie depuis sept siècles dans son île, l’Avalon sacrée.

C’est l’heure cabalistique ou va éclore l’œuf de pierre qui fut placé jadis au cœur d’une cité par les serviteurs sans âge de Parsifal et de l’éternel féminin.

Avant d’aborder les racines du savoir ésotérique et de danser avec la belle Maguelone en son île d’Avalon, ce mont St Michel de la Méditerranée, sondons les richesses de cette grande dame cousine de l’Église actuellement défigurée. C’est elle l’Église de Jean qui fut à l’origine des courants mystiques transmettant des trésors initiatiques et qui de nos jours est devenu verbiage, fadeur et insignifiance dans ses réformes nécessaires mais combien écervelées.

Pour la comprendre débarrassons-nous de nos souvenirs d’enfance, de ces faces grimaçantes de grenouilles de bénitier de ces curés pervers et surtout des pets parfumés de bigots endimanchés.

Posons la question hors de tous traumatismes psychologiques hors de tous rejets inscrit dans le génome de notre vie perturbée. Quant aux bons croyants, ils peuvent arrêter là leur lecture, car je ne voudrais avoir sur la conscience leur révolte de conditionnés répétant infiniment leur litanie de pauvre martyr incompris et cependant détenteur de l’unique et inaltérable vérité.

Alors, qu’est-ce que l’Église ?

Évidemment, il ne saurait être question de parler de l’église, avec un « e » minuscule comme initiale, en qualité d’édifice religieux, de bâtisse où se réunissent les fidèles, mais de l’Église, avec un « E » majuscule en initiale, qui désigne la communauté se réunissant dans l’église. Si l’église est une structure visible, L’Église est en partie invisible. C’est l’institution religieuse, son édifice intellectuel, ses structures philosophiques et théologiques, ainsi que ses fondements liturgiques. L’Église est  doctrines et discipline ecclésiastique, elle est analogue au règlement intérieur d’une Université ou d’une corporation.

Les premières structures invisibles de l’Église furent instituées par les précurseurs des évêques et leurs assistants ou diacres qui étaient ordonnés prêtres car les prêtres n’existaient pas avant le IVeme siècle. La lettre de saint Paul à Thimoté (Première épître de Paul à Timothé, chapitre III, versets 1 à 13) est suffisamment expressive car l’apôtre donne des conseils aux évêques puis aux diacres sans nommer les prêtres.

Pour éviter de commettre des erreurs dans l’interprétation des anciennes structures ecclésiales autant que dans la compréhension du Nouveau Testament, il ne faut donc pas négliger les glissements sémantiques. Comprenez, chères lectrices et lecteur que le jeu terminologique favorise les doctrinaires désireux d’imposer leurs lois. C’est ce qui s’est passé tout au long de l’histoire à tel point que l’Église, au fil de ses exégèses, a perdu ses liens avec ses racines qui ne sont pas de l’ordre doctrinaire ou encore dogmatique, de ces dogmes qui ne font que cristalliser un corpus de croyances.

Fort heureusement pour les bons chrétiens, quelle que soit leur obédience, la dimension caritative est au-dessus de ces combats de chef ou de scribes et reste payée en monnaie universelle indépendamment de ce que les doctrinaires peuvent raconter.

Non, l’Église ne saurait revendique l’aura d’un abbé Pierre, lequel n’hésita pas à la traiter de criminelle devant l’absurdité assassine, décrétée par les mitrés des hautes sphères du Vatican, qui firent déconseiller aux bons chrétiens le port du préservatif au risque d’être contaminé par le virus mortel du Sida.

Hélas, beaucoup de concepts modernistes de la doctrine catholique sont susceptibles de générer une sorte d’axiomatique criminogène autant pour la vie biologique que pour la dimension mystique.

Soyons brefs, les scribes intellectuels sont de véritables dangers pour la voie spirituelle comme tout théoricien d’une technique quelle qu’elle soit est à cent lieues de saisir les adaptations pratique dont fait preuve le génie d’un bon ouvrier qualifié. Et le théoricien est tellement désincarné qu’il finit par raconter des bêtises, voire des monstruosités, car il est incapable de faire la différence entre une carte et le terrain, entre la lettre et l’esprit. L’Esprit est un espace de liberté ou règne créativité et adaptabilité faisant dire fort justement aux anthropologues que l’Homme est adapté à l’adaptation. Quant à la croyance, quelle quelle soit, elle a pour fruit l’immobilisme. Ors l’immobilisme caractérise la mort.

Les premiers chrétiens n’ignoraient pas cela, ils n’ignoraient pas que la vie spirituelle ne saurait se traduire pas la dictée de règles de vie, car chaque individu a son histoire a sa perception particulière. Si l’individualisme est un danger qui disparaît cependant dans la rencontre de l’autre à travers (et par) la célébration d’une liturgie non moderniste, non issue d’un esprit d’artifice, et snobinard, sacrifiant à la mode. La véritable liturgie n’est pas de l’opéra ou de l’opérette elle est enracinée dans la vie biologique et mystique intemporelle et y pourvoit sans pour cela dicter des lois. Évidemment, je suis à cent lieues de parler d’un quelconque traditionalisme, je tente seulement d’exprimer l’harmonie avec la « musique des sphères » si chères à Pythagore… Oui, cette harmonie devrait être liturgie.

La religion véritable est mystique de ce fait, elle s’insère dans l’universalité et dépasse toute croyance, toutes directives, toutes règles canoniques ou théologiques. Mahomet le savait quand il décida que le Christ était un prophète.

Dire cela repose sur une logique suffisamment contradictoire et insoutenable pour qu’il n’y ait pas un sens caché révélé à ceux qui savent s’affranchir de la lettre.

Pour montrer l’incohérence souriante de la présence du Christ dans le Coran, voici une anecdote. Un de mes amis évêque gallican roman ou gallican ancien reçut un jour le recteur d’une célèbre mosquée. La conversation aborda la présence du Christ en qualité de prophète dans le Coran.

« Vous êtes sur » dit mon ami « que le Christ est pour vous un prophète ? »

Cela ne fait aucun doute Monseigneur.

Pour vous il n’est pas plus que cela ?

Absolument rien de plus et rien de moins.

Vous m’en voyez réjouis. Puis-je vous poser une question ?

Avec le plus grand plaisir.

Mon ami le regarda dans les yeux et dit :

Croyez-vous qu’un prophète puisse mentir ?

Aucun musulman ne saurait mettre sa parole en doute !

Alors dites-moi, cher ami, le Christ quand il a dit qu’il était Dieu, as-il menti ?

L’échec et math étaient tels, que le musulman pâlit et silencieux et digne se leva et gagna la porte. Mon ami en fut affecté, car l’échange à un niveau supérieur en fut confisqué.

Je raconte cela pour montrer une subtilité de ce livre dans le sens d’un œcuménisme mystique sous-jacent qui ne peut qu’être mal compris quand on l’aborde avec une logique cartésienne. Cette dimension est évidemment hors de portée de tous fondamentalismes.

L’islam à ses débuts le savait, c’est de cet esprit mystique fondamental, que sont issus (au début du VIIIeme siècle) les Ismaéliens.

La mentalité de l’ismaélisme est exactement la même que celle du gallicanisme Roman qui devait régner dans la cathédrale de Maguelone. Les deux religions prônaient essentiellement la liberté. Autant dans le Romanisme Gallican, que dans l’ismaélisme, était prôné la recherche du triomphe de l’esprit sur la lettre et celui de la vérité sur la loi.

Il ne pouvait donc y avoir qu’une entente profonde et la cathédrale de Maguelone était un lieu sacré autant pour les chrétiens que pour les Ismaéliens qui venaient de port Sarasin tout à côté.

Cela explique l’attitude de Charles Martel qui détruisit (en 737) non seulement les infrastructures du port Sarasin mais aussi la cathédrale. S’il avait ignoré cette connivence, il n’aurait pas détruit le temple chrétien. En réalité il a voulu punir autant les baptisés que les musulmans de cette entente sacrée qu’il jugeait hérétique par son esprit conditionné montrant par là que son nom de Martel fut choisi à bon escient par le bon peuple friand de jeux de mots… C’était autant un marteau militaire qu’un militaire marteau.

Ce lien entre la mystique chrétienne et la mystique musulmane est concrétisé par la présence, quelque peu incohérente dans le Coran, du Christ en qualité de prophète. C’est au-delà de la logique qu’il devient possible de saisir l’importance de sa présence.

La communion des Chrétiens et des Musulmans se réalise dans le silence qui court dans l’univers, c’est celui qui nous écoute et qui parle.

« Homme ! dit une mystérieuse voix goguenarde, tu t’imagines grand et superbement intelligent alors que tu es vermisseau et bourré de vanité. N’as-tu pas honte freluquet de t’imaginer que ton bagou mène à tout ? »

La prière n’est pas récitée, elle n’est pas non plus pensée mais communion dans l’ici et le maintenant, où les mots à peine formulés sont vapeur d’encens et s’élèvent au sein du silence sacré, de ce silence d’où monte en suavité un hymne rédempteur.

« En rien gît tout. » Disaient les vieux maîtres alchimistes à l’écoute des autres, à l’écoute de leur matière, à l’écoute de la profondeur de leur être.

À cette époque l’ésotérisme était indissociable des deux courants de pensée. D’où le partage des connaissances des lois de l’univers et de la vie si bien illustrées par l’alchimie, germe fécond, pour créer une faculté de médecine à Montpellier ou chrétiens, Juifs et musulmans allaient officiellement enseigner avec la bénédiction de l’évêque de Maguelone grand maître de l’université.

L’Église véritablement Universelle est l’Église Unie du premier millénaire, ou l’Orient et l’Occident vivait harmonieusement sous le même toit, avec ce que cela implique sur le plan de la formation mystique et initiatique. Cette église avait une autre vision du Christ et du monde alors que les Églises actuelles tendent a devenir des idéologies plus ou moins assujetties au pouvoir politique et qui raisonnent résonnent, alors qu’il faut crever le tambour…

Cette Église UNE était l’Église des Gaules, de toutes les Gaules c’est-à-dire de l’Europe et du bassin méditerranéen car les Gaules n’était pas uniquement celle de Versingétorix mais aussi celle d’Espagne d’Angleterre, de Belgique, d’Allemagne d’Autriche, d’Italie, de Constantinople des Balkans, des pays Baltes de Russie et de ses pays limitrophes, et aussi d’Afrique du Nord. C’était cela les Gaules spirituelles, celles du coq qui annonce la lumière et qu’il ne faut pas associer à notre petite Gaule d’Astérix. C’est d’ailleurs pour éviter des confusions entre les Gaules que notre pays s’appela la France.

Donc l’Église des premiers siècles s’appelait Eglise Gallicane qui n’a rien de commun avec les Églises Gallicanes actuelles issues de la Pragmatique Sanction de Bourges qui fut établie tardivement en 1438.

Cette Église Gallicane de Charles VII caractérise l’Église de France émancipée du Vatican collecteur d’impôts d’une manière outrancière dont la dégradation spirituelle commençait à s’amorcer sérieusement. Oui, le roi conscient de cette déchéance voulait se séparer d’elle,  car elle n’était déjà plus mystique. Cette Église au Christ désincarné, antinomique des puissances vitales génératrices de toutes causes, devenait imperméable aux lois de l’univers et de notre nature mais perméable aux discours fallacieux branchés au tout à l’égo.

Non, cette Église qui ose afficher sur les murs de ses temples sacrés des calicots à connotation syndicalistes et sacrifiant à la mode des musiques Rock n’a aucun rapport avec l’Église Gallicane éternelle du premier millénaire qui se juxtaposait avec la période historique de l’architecture romane ce qui en fait le « Gallicanisme ancien » ou « Gallicanisme Roman ».

Quant aux Églises qui, actuellement, portent le nom de Gallicane, elles sont proches de l’Église Catholique.

L’évêché de Maguelone fut créé au VIème siècle par les Wisigoths (Le premier évêque connu avec certitude est Boèce qui débutât son pontificat en 589). Il eut un prédécesseur dont on ignore le nom. Quoi qu’il en soit, cet évêché fut fondé plus d’un demi-millénaire avant la fondation de Montpellier. Ce sont les pontifes de cette île qui vont guider la jeune cité dans son développement. Ils vont lui insuffler son âme.

Ces premiers évêques vivaient, comme je l’ai dit, en bonne compagnie avec les Sarrasins (comme le feront plus tard les chevaliers du Christ devenus Templiers) qui avaient établi un port à côté de la cathédrale. Malgré la présence de musulmans, la liberté de culte est maintenue sans être perturbés par les mahométans. Nous avons là une énigme évidente. Une pareille cohabitation ne saurait s’instaurer sans tolérance mutuelle et probablement une connivence, et des échanges secrets. En tout cas cette ouverture d’esprit, ce respect mutuel, se perpétuera chez les évêques et chez les Sarrasins. Peut-on parler d’une forme discrète de collaboration ? Nul ne le sait, mais Charles Martel en fut convaincu et détruisit tout sans discrimination. Il aurait pu s’écrier, comme plus tard Simon de Monfort au massacre de Béziers : « tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! »

Montpellier est fille de la belle Maguelone, qui à façonné son esprit, elle a Inspiré ce haut lieux de connaissance. L’initié et évêque Jean Ier de Montlaur, grand maître de l’université, était à son chevet pour que musulmans, chrétiens et juifs suivent la même avenue des champs Élyséen. Les troubadours sont venus chanter sa beauté et l’évêque les a aussi protégés. Les poètes l’ont sublimée, même les plus grands tel Arioste, le grand Cervantès et notre Clément Marot et plus récemment Maurice Clavel né tout à côté à Frontignan.

Le félibre naissant en a fait un lieu sacré. Ainsi dans « Mireille » Frédéric Mistral compare son héroïne à « Magalouno » et le 21 mai 1900, il préside la fête de la « Santa Estella » à Maguelone.

Ainsi, s’imbriquent autour de l’œuf alchimique de Montpellier nouvellement né, sous l’inspiration cabalistique du Dr alchimiste Grasso et sous le ciseau du sculpteur Etienne Baussan, toute une dimension alchimique dont Folco de Baronchelli traduit la profondeur en son poème ou l’amour sublime décrit les principes fondamentaux sur lesquels repose la fin amour des troubadours et l’Art d’Amour ou alchimie :

« Jeunes gens qui parlez de l’amour

Comme de toute chose agréable et mortelle

Taisez-vous : l’amour est la grande force éternelle

Qui agrège les mondes et féconde les fleurs. »

L’amour s’avère être l’aspect essentiel des forces d’attraction qui constitue l’élément fondamental de l’univers. Il est la forme la plus haute de ce fil d’or qui est le « champ Unitaire » organisateur du cosmos. Il est donc la clé de l’alchimie autant au laboratoire qui se résume en un seul mot : Coagula ou coagulation ou agrégation… des mondes. Mais avant cela, il faut trouver la solution (solve) à bien des problèmes. Quelle épreuve pour notre pauvre cervelle malmenée puisque dispersée dans les tourments du sentimentalisme associé à notre friandise de  complexité.

Certaines légendes guident notre intuition vers le juste savoir. Devrais-je souligner que l’homme est ainsi conçu, physiologiquement, qu’il est capable de saisir le symbole d’un conte pour en conclure un fait ? Encore faut-il apprendre à extraire d’une partie la totalité, de savoir la déduire d’une fraction de donné, en un mot d’acquérir la pensée holoscopique comme je l’explique dans Holoscopie de la spiritualité occidentale.

Folco de Baronchelli se battit pour que les Gitans puissent sortir de l’église la vierge noire vénérée dans la  crypte pour la conduire chaque année vers la mer là où débarquèrent Lazare, Joseph d’Arimathie avec le Graal, Marthe, Marie-Madeleine et aussi la dépouille de Sainte Anne qui fut transférée à Apt. L’Église était réticente, car elle ne voulait pas accréditer la fondation d’une Église plus ancienne que celle de Rome. Aussi Rome traina les pieds et accepta de mauvaise grâce et ce n’est que depuis les années 50 que les prêtres accompagnèrent la procession. Telle est la raison pour laquelle l’Église de France est appelée Fille Aînée de l’Église.

Folco de Baronchelli était manadier, il aimait ses bêtes et tendait à les soustraire au drame de la corrida en participant activement à la naissance des courses camarguaises.

Le transfert de sa dépouille d’Avignon à la tombe actuelle au cœur des immenses prairies des Saintes-Maries-de-la-Mer marqua à jamais la mémoire de tout camarguais. Quand, le 21 juillet 1951 veille de la Sainte-Marie Madeleine, le convoi mortuaire traversa lentement le vaste espace où les taureaux paissaient en liberté, un phénomène étrange se produisit. Les animaux de son ancienne manade se regroupèrent et silencieusement s’approchèrent pour regarder passer la procession mortuaire puis lentement l’accompagnèrent, derrière les hommes profondément bouleversés, jusqu’à sa dernière demeure.

L’amour qui agrège les mondes a d’étranges sonorités qui vont au-delà de l’audible et parfois du compréhensible car il englobe tout ce qui est vivant.

Le golfes du Lion correspond non seulement au roi des animaux mais aussi , pour les astrologues et les grands médecins comme Paracelse, au soleil et surtout au cœur. Dans le golfe du soleil et du cœur est vénus, la belle Maguelone, car Vénus en occitan s’écrit et se prononce Maguelono. Magnifique spectacle céleste ne trouvez-vous pas ? Vénus est aussi Marie-Madeleine cette étrange « prostituée » à qui le Christ affirmait : « Il te sera pardonné, car tu as beaucoup aimé ».

Marie-Madeleine se serait-elle retirée sur l’îlot qui porta désormais son nom latin de Magdalena ? nul ne le sait.

Quoiqu’il en soit la légende de Maguelone est une belle histoire d’amour. La voici en résumé :

Au Moyen Âge, Pierre, fils d’un comte de Provence, aurait entendu parler de la beauté d’une princesse napolitaine qui s’appelait Maguelone. Dès qu’ils se virent, les deux jeunes gens tombèrent éperdument amoureux l’un de l’autre. Comme gage de son amour, Pierre offrit trois anneaux d’or à sa promise. Un soir, ils décidèrent de s’enfuir à cheval. Ils firent une halte au bord de la mer afin de se reposer. C’est alors qu’un corbeau déroba les trois anneaux d’or de la princesse et s’enfuit en direction du large. Pierre décida de poursuivit l’oiseau sur une barque, mais soudain, une tempête se leva et fit chavirer la petite embarcation. Heureusement, un navire maure venant d’Afrique passa par là et sauva Pierre d’une mort certaine.

Pendant ce temps, Maguelone attendait désespérément. Inquiète, triste, elle marchait sur la plage attendant le retour de son bien-aimé. Elle arriva sur une petite île qu’on appelait alors « Port Sarrazin ». Dans toute sa détresse, elle comprit qu’elle ne pouvait compter que sur Dieu, aussi décida-t-elle de fonder un hôpital et une église sur ce tout petit îlot. Lorsqu’elle donna un nom à l’église, elle n’hésita pas et ses pensées se figèrent sur son amour disparu : l’édifice allait s’appeler Saint-Pierre, en hommage à son courageux bien-aimé.

Pierre était quant à lui parvenu à accomplir de grands faits d’armes auprès de l’armée du sultan. Pour le récompenser, celui-ci lui redonna sa liberté.

Pierre partir pour retrouver sa princesse, mais il fut abandonné sur une île déserte par son propre équipage !   Là des pécheurs le retrouvèrent et le ramenèrent à l’hôpital de « Port Sarrazin » où il retrouva la belle Maguelone.

Ainsi naquit la cathédrale de Maguelone.

 Nul ne doit se tromper sur la dimension symbolique des trois anneaux après lesquels Pierre court et pour cela il surmonte des épreuves où la chance n’est pas étrangère. Les trois anneaux ne sont autres que les trois corps ou trois principes alchimiques : le soufre, le mercure et le sel. Pierre qui passe ses épreuves n’est autre que les épreuves subies par la Pierre des alchimistes ou Pierre philosophales. Histoire que ne saurait mieux illustrer la présence de l’art d’amour (qui est un nom de l’alchimie) à la cathédrale de Maguelone, ce que confirme l’attitude des évêques et la perpétuelle présence de l’alchimie et de la spagyrie au sein de la faculté de médecine.

Mystiques, poètes, romanciers, musiciens, troubadours et Félibres, glorifiaient le dame, le fin amour des troubadour dont la dimension céleste s’épanouit dans le légendaire.

Impossible de tout dire ici, mais soyez persuadé que ce lieu sacré est un endroit particulier pour accompagner les démarches spirituelles fondamentales pour ouvrir à tous mystique sincère une voie nouvelle. La belle Maguelone n’est autre que la via nova… Elle vous attend !

 

Avec toute mon amitié.

 

P. S. : À la demande de mes lecteurs et de ceux qui assistèrent à mes conférences et firent la balade alchimique dans Montpellier, voici des renseignements succincts sur les diverses Églises Gallicanes.

Le gallicanisme actuel est uniquement Français. Il est issu d’une doctrine religieuse et politique cherchant à promouvoir l’organisation de l’Église catholique en France de façon largement autonome par rapport au pape.

Cette Église est née officiellement, en 1438, avec la pragmatique sanction de Bourge promulguée par le roi Charles VII.

Ses prêtres et évêques peuvent se marier, cependant les femmes n’accèdent pas au sacerdoce. Leur droit est le même que celui des catholiques sauf qu’ils n’obéissent pas au pape. Ils rejettent tout ésotérisme et l’alchimie. C’est une Église de croyance, proche des Catholiques. Les différentes Églises gallicanes sont les suivantes :

l’Église gallicane, tradition apostolique de Gazinet.

l’Église Catholique Apostolique et Gallicane.

La paroisse Sainte-Rita à Paris 15eme

l’Église catholique gallicane de France.

l’Église catholique gallicane de Belgique.

Mission gallicane en Provence.

 

L’Église gallicane Romane est l’Église européenne antique. Comme les premiers évêques étaient mariés, leur clergé peut se marier. De même les femmes peuvent devenir prêtre, car à l’aube du christianisme, elles étaient prêtresses sous le nom de diaconesse et évêques sous la non d’abbesses mitrées. Cette Église considère que la spiritualité et l’ésotérisme , notamment l’alchimie bien comprise, sont des tremplins considérables pour se réaliser et découvrir la puissance christique en action dans la matière et l’univers.

Petite particularité par rapport aux autres Églises qu’elles soient gallicanes ou non : ses services sont gratuits (baptêmes, mariages etc.)

Cette Église Gallicane ancienne est une Église de Connaissance et non de croyance. Dans le cas contraire, elle n’aurait aucune raison d’exister, car c’est là son caractère fondamental.

Depuis 1972 il n’existe qu’une seule Église Gallicane ancienne au monde. Son siège central est à Montpellier. Son siège des Antilles (Guadeloupe, Martinique, st Martin et St-Barthélemy) est à la Martinique (le Robert).

Cette Église a choisi de privilégier la valeur de ses membres et non leur nombre.

L’évêque alchimiste fondateur (en 1972), Mgr Roger CARO 1992, lui a donné le nom d’Église Universelle de la Nouvelle Alliance.

L’ALCHIMIE SŒUR SIAMOISE DE L’ÉGLISE

 

Vittore-Carpaccio-The-Flight-into-EgyptL’alchimie est habituellement comprise comme « science » des transmutations et l’art de préparer un élixir d’immortalité. Au-delà de ces réalités quelque peu fantasmagoriques et fascinantes, elle est beaucoup plus difficilement assimilée à une « science » spirituelle nécessitant quelques efforts sur soi-même si bien définie comme une « mystique expérimentale » par le brillant philosophe et alchimiste René Alleau, (Aspect de l’alchimie traditionnelle. Éditions de Minuit, Paris, 1953 et article Alchimie de l’Ecyclopædia Universalis).

Ces deux aspects qui caractérisent le laboratoire et l’oratoire furent néfastes à l’alchimie et cela perdure de nos jours car le fantastique stimulé par certains auteurs avides d’exalter leur capital financier « surfèrent » en délirant opportunément sur ce besoin d’évasion qui caractérise notre société laquelle tend à  se vautrer dans cet hédonisme artificiel créé et exalté par les techniques agressives et liberticides de marketing. Ainsi s’établit, à la place d’un savoir vivre harmonieux, des pratiques sournoise de corruption, dont la face très obscure a pour nom escroqueries (légitime ou non), drogue, beuverie ou libertinage. L’amour se défigure en sentimentalisme impuissant à exalter en tendresse la libido. Ce misérable substitut à l’amour ne résiste à aucunes épreuves, ce qui multiplie les familles recomposées. Jeter l’éponge est devenu une caractéristique de notre société et l’un des signes de sa décadence.

L’unique rêve, des laborantins amateurs à la vie spirituelle marécageuse, est de surprendre l’éclair jaune du métal précieux et de voir refleuris leur jeunesse pour mener à bien leur désir insatiable de sexualité effrénée.

Peut-on demander des efforts de réalisation spirituelle à ce genre d’individu ?

Oui, j’exagère au point de caricaturer parfois un peu trop, mais comment peut-on se faire entendre sans amplifier fortement la tonalité du discours ?

L’alchimie, ainsi prise en otage par des charlatans qui exploitent uniquement sa dimension transmutatoire des métaux en or ou ses capacités bio-régénératrice, ne peut délivrer son véritable message qui est essentiellement spirituel et christique.

 Évidemment ici il ne saurait être question du profond encrier qui vit naître le littéraire Alchimiste de Paulo Coelho, petit cousin lointain de  Zenon l’alchimiste de L’œuvre au noir créé il y a plus de 45 ans par la talentueuse romancière Marguerite Youcenar (1968), dont le symbolisme élémentaire, subtilement exprimé, ne doit pas tromper puisqu’il n’aborde pas réellement la dimension alchimique.

 L’alchimie traditionnelle, et non romantique ou littéraire, ne fait qu’un avec l’esprit — le Saint Esprit même, — de l’Eglise universelle et cela dès le premier millénaire du christianisme unifié.

L’Esprit, ce donneur de vie qui procède du créateur, irrigue ce double concept de la mystique chrétienne : l’Écriture et la Nature. Ces deux livres sont sacrés, ils sont l’endroit et l’envers d’une même réalité. Le texte de l’un correspond à celui de l’autre même si les « alphabets » sont différents.

Ce concept existe encore d’une manière prégnante dans certaines Églises Orthodoxes comme il existait dans l’Église Gallicane ou Église catholique initiale et donc réellement universelle (comme le mot catholique — issu de grec — l’indique) puisque sous son règne, qui dura tout le premier millénaire, chrétiens Orientaux et chrétiens Occidentaux vivait sous les même voutes romanes.

L’écriture de la « Nature » fut évacuée progressivement de l’Église Catholique devenue hérétique (ajout illégal du « filioque ») et schismatique après sa séparation avec l’Église Orientale. Il convient d’insister : oui, c’est l’Église catholique (et donc le pape) qui s’est séparée des Églises Orthodoxes et non le contraire. D’ailleurs le terme orthodoxe (dans les règles) est suffisamment expressif.

Que les choses soient claires : l’Église catholique n’est pas catholique (c’est-à-dire universelle) même si elle porte —convenons-en en toute impartialité — ce nom. Son véritable nom est « Église Latine ».

Des prêtres estiment célébrer une messe sur le monde quand ils officient dans la nature et élèvent leur hostie ou leur calice vers de magnifiques montagnes enneigées ou de splendides forets. Évidemment ce n’est pas de cela que les Gallican anciens parlaient, mais de la racine de ces beautés naturelles de leurs atomes et molécules constituant leur substance ainsi qu’à  l’agencement musical de leurs espaces.

L’écriture de la nature n’est pas constituée de lettres ordonnées mais de substances et de mélodies harmonieusement assemblées. La langue humaine est une harmonique de la parole des choses, comme le chant des oiseaux répond au verbe des Hommes. Ce verbe va être tantôt musique accompagnant les modifications des structures moléculaires dans la mélopée intime de toute matières vivantes, tantôt silences et omniprésence sur un échiquier bigarré, tantôt appel d’un animal puis éclosion d’un chant d’oiseau.

Sur le chœur des becs chanteurs, sur le rythme vital des cœurs et la cadence éternelle des respirations s’est édifié le chant grégorien, cette grille de silence sur laquelle se trame l’hymne à la vie… Dissolution du langage humain dans le foisonnement rayonnant des multiples efflorescences du Verbe divin. Chant qui va au fond des être et des choses, qui atteint à leur substance même, à leur vérité, exhalant la force de vivre et la volonté d’agir, traduisant la réelle communion des personnes entre-elles et avec la nature, imitant la juste cadence du sang qui parcourt l’organisme, véhiculant les influx divins des puissances angéliques, charriant la tumultueuse sève christique.

Cet hommage grandiose s’est perpétué jusqu’au milieu du XXème siècle qui a vue se lézarder les valeurs morales et spirituelles.

Ne connaissant pas le Christ, si vous œuvrez au laboratoire sous les conseils éclairés d’un vieux maître, que découvrez-vous ? En ce lieu se dégagera un fait monumental, irréfragable, celui d’une PRESENCE exceptionnellement puissante, irradiante qui occupera pleinement « l’espace des vivants » et qui aimantera votre cœur et fera palpiter votre âme vous poussant fermement vers plus de bonté, de bienveillance, de compassion et de patience. C’est cela, cette présence vivante, qui fait dire que le laboratoire est plus spirituel que l’oratoire. En réalité l’oratoire est le parvis du laboratoire lequel est le véritable temple sacré ou se manifeste l’Esprit qui habite toutes choses y compris évidemment les matières minérales sur lesquelles œuvre l’alchimiste.

C’est le moment de mesurer l’absurdité d’un chimiste ou d’un physicien désireux de découvrir les secrets de la transmutation ! Tout au long de l’histoire de l’alchimie nous rencontrons ces feux follets de la connaissance, ces « souffleurs » ou « brûleurs de charbons » (souvent séduisant discoureurs reconnaissons-le) comme les appellent les véritables alchimistes hantés par l’étincelle divine au point de tout sacrifier pour entrer en communion avec l’indicible. C’était la dimension qui manquait à Jolivet-Castelot et celle qui manque aussi à Pierre Laszlo, professeur à l’Université de Liège (voir son Qu’est-ce que l’alchimie ? Édité chez Hachette en 1996)

L’œuvre de l’alchimiste sera calquée sur la Nature et la nature se révèlera être un duplicata de la vie et de l’œuvre du Christ, son Évangile secret… C’est cette reconnaissance du Christ Universel qui caractérise l’esprit de l’Église Gallicane ancienne et indivise. Cette Église n’est pas uniquement l’antique Église de France, mais aussi celle d’Afrique du nord, d’Espagne du Portugal, d’Italie de Sicile d’Allemagne de Belgique de Pologne et d’Angleterre… En un mot c’est la véritable  Église d’Europe, celle de l’empire de Charlemagne. Sons esprit se perpétuera durant plusieurs siècles notamment tout au long de moyen âge. Les Templiers en furent fortement imprégnés et certains monastères le perpétuèrent même jusqu’au début du XIXème siècle.

Les cloîtres conservèrent ce dépôt précieux « Christo-alchimique » pour deux raisons essentielles. La première pour la particularité de la spagirie de permettre la fabrication d’une pharmacopée si nécessaire sans ces milieux de vie collective et aussi pour soigner les populations alentour. Telle est la raison pour laquelle au moyen âge les médecins étaient souvent des moines.

Le lecteur doit être un peu désorienté par l’emploie du terme spagirie. La spagirie n’est pas l’alchimie, c’est la méthode alchimique appliquée sur les végétaux ou animaux (sur les phanères ou les mues de reptiles ou d’insectes qui contiennent des principes régénérateurs). Elle permet d’extraire la quintessence végétale et de la solidifier sous la forme de pierre végétale. Chaque plante produira une pierre spécifique avec une concentration maximale du principe thérapeutique. La fabrication de ces différents remèdes s’appelle iatrochimie. De ces préparations est issue l’homéopathie et les différentes phytothérapies.

Il ne faut donc pas confondre la spagyrie avec l’alchimie qui elle œuvre sur un minéral, donc plus ancien que la plante et contenant un PRINCIPE VITAL INDIFFERENCIÉ. De ce fait son médicament sera une substance (élixir) qui agira sur TOUT l’organisme, d’où l’appellation de médecine universelle.

La deuxième raison, et de loin la plus essentielle sont les rapports de l’alchimie avec le Christ. D’où ces décorations alchimique que l’on peut découvrir dans certains monastère comme celui de Cimiès au nord de Nice. Ils exaltent les valeurs de l’alchimie de cette alchimie qui fit dire à l’évêque Dom Belain in fine de ses Aventures du Philosophes Inconnu : « Et cette pierre était le Christ » en référence aux Écritures qui le disent en la première épitre de Paul aux Corinthiens (X,5). Magnifique jonction entre les « textes » des Écritures et les « textes » de la nature.

Vous pouvez me reprocher d’être tendancieux, alors tournez vous vers ce titre de livre ou Le mystère des cathédrales, de Fulcanelli quel est-il ce mystère ? Lisez l’œuvre d’Eugène Canseliet ou les rapports entre l’alchimie et l’Église sont permanents. Allez visiter le monastère de Cimiez et alors vous saisirez cette inséparabilité entre les lois universelles et le fondateur de l’univers que ne peuvent qu’exalter les moines en quête de communion avec le divin.

Le vase de cette énergie divine salvatrice n’est autre que la Vierge.

La Vierge Marie tient une place capitale autant dans l’Église catholique qu’en alchimie, on découvre d’ailleurs très facilement cette dimension extraordinaire dans l’Épître de l’Immaculée Conception qui est lue durant l’office du 8 décembre. J’ai été obligé de me référer à de vieilles Bibles contenant ce passage des Proverbes (8, 22-35) afin d’éviter les textes systématiquement mal traduits pour chercher à faire coïncider le sens de cette épitre avec des idées préconçues effaçant la dimension alchimique incontestablement présente chez les premiers rédacteurs.

Vous avez là l’occasion de vous rendre compte de cette déformation des textes originaux car tout les missels (même ceux du milieu du siècle dernier) ont des traductions aussi fantasques les unes que les autres, vous pourrez comparer avec le texte ci-dessous.

J’ai donc été obligé de me référer à la Bible du Chanoine Crampon éditée en 1938 pour que la dimension alchimique puisse apparaître d’une manière similaire à celle du Mystère des cathédrales (1922) de l’alchimiste Fulcanelli :

 « Le Seigneur m’a possédé au commencement de ses voies. J’étais avant qu’il formât aucune créature. J’étais de toute éternité avant que la terre fût créée. Les abîmes n’étaient pas encore, et déjà j’étais conçue. Les  fontaines n’étaient pas encore sorties de la terre ; la pesante masse des montagnes n’étaient pas encore formée ; j’étais enfantée avant les collines. Il n’avait créé ni la terre ni les fleuves, ni affermi la monde sur ses pôles. Lorsqu’il préparait les Cieux, j’étais présente ; lorsqu’il environnait les abîmes de leurs bornes et qu’il prescrivait une loi inviolable ; lorsqu’il affermissait l’air au-dessus de la terre ; lorsqu’il donnait leur équilibre aux eaux des fontaines ; lorsqu’il renfermait la mer dans ses limites et lorsqu’il imposait une loi aux eaux afin qu’elles ne passassent point leurs bornes ; lorsqu’il posait les fondements de la terre, j’étais avec lui et je réglais toutes choses. »

 Toutes les liturgies (avant 1968) sont structurées avec des citations des textes sacrés. On peu même dire que tous les offices sont des agencements, des « chapelets » de citation issues de l’ancien ou du Nouveau Testament. L’extrait des Proverbes ci-dessus en est un exemple.

Ainsi cette citation des Proverbes illustre sous un voile très transparent la corporification de l’Esprit Universel Christique au sein de toutes substances. Et l’alchimiste devra établir un échange avec cet esprit si bien exalté par les dévotions mariales et plus particulièrement les litanies, avec ces différents noms de la Vierge à connotations alchimiques et si proches des mantras Orientaux, rappels du christianisme oriental gallican.

Pour accéder à cet échange l’alchimiste devras choisir la substance la plus apte, la plus malléable en quelque sortes, dont l’interface matière-esprit sera la plus « transparente » possible, et à un tel degré que les diverses expressions de l’esprit qui participe à l’agencement de la matière choisie, manifeste ses états par un changement de couleur ou une variation de structure dont la forme étoilée est la plus évidente… Il s’agit là d’analogies pour exprimer l’inexprimable, que la lectrice et le lecteur veuille donc pardonner cette approximation quelque peu simpliste qui a l’avantage d’être expressive.

Des substances choisies est né le terme de matière première qui, somme toute a très peu d’intérêt par rapport à son contenu où première matière des mondes d’où les analogies expressives à propos de la Vierge Marie qualifiées de Vase Spirituel mettant en évidence le contenu qui va incarner le Christ. C’est de cette première matière divine qu’il est question dans cet extrait fascinant des Proverbes permettant par la même occasion de situer le véritable registre sur lequel s’exprime l’alchimie qui mérite bien son nom d’Art Royal.

 Bien souvent cet aspect est difficilement accepté par ceux qui prônent une alchimie musulmane ou encore taôiste qui leur semble n’avoir aucune accointance avec la dimension chrétienne. Certains suggèrent même une indépendance radicale de l’alchimie vis-à-vis des religions, opinion difficilement défendable.

Si le mot catholique veut dire universel, L’Église catholique n’est pas, comme je l’ai souligné, universelle. Elle est, malgré son nom et sa grandeur (en nombre de croyants seulement) une Église parmi toutes les autres car l’Église universelle est l’union de toutes les Églises non seulement celles d’Occident et d’Orient mais aussi avec les petites Églises sans exception du moment qu’elles célèbrent l’eucharistie (messe).

Le ciment mystique du silence plein de puissance étant perdu, ce n’est pas avec les chicaneries stériles et amphigouriques des théologiens matérialistes que cette union peut-être envisagée.

 La relation qui s’établit entre la pratique de l’art sacerdotal et la célébration du sacrifice chrétien est historiquement démontré, depuis que l’on a découvert que les plus anciennes liturgies de la Gaule (liturgie gallicane ancienne) comportaient des fragments entiers  de livres hermétiques alexandrins. Cet aspect est rappelé fort judicieusement par Bernard HUSSON, dans son commentaire de la planche XXVI du Vidarium chimicum ou Le Jardin Chymique. (Éditions Librairie de Médicis. Paris 1975).

Par ailleurs le célèbre alchimiste chrétien et Rosicrucien, d’origine allemande, Michel Maïer reconnait, dans le 11e chapitre de son Symbola Aureae Mensae que la messe est le lieu de jonction entre l’Église et l’art sacerdotal :

« Rien parmi les choses de la terre n’est plus semblable à ce grand œuvre céleste (la messe) que l’élaboration de la teinture ».

La teinture étant ici la pierre philosophale car elle est capable, comme la teinture communique sa couleur à un tissus, de communiquer sa puissance à tout ce qu’elle touche, tout comme l’hostie communique sa capacité régénératrice à l’âme du fidèle lors de la communion à l’occasion de la Messe.

La comparaison entre l’eucharistie et la pierre philosophale a souvent été faite bien souvent par les alchimistes de France et en particulier par Pierre Jean Fabre en son L’alchimiste Chrétien (Éditions S.E.H.A. Paris et ARCHE Milan 2001, p173)

L’œuvre de Fulcanelli, tout comme celle du pieux alchimiste parisien Nicolas Flamel (voir l’Alchimie de Flamel par le Chevalier Denis MOLINIER, édition d’Art Savary, Carcassonne 1989) présentent un aspect beaucoup plus significatif. En effet l’un et l’autre sont connus pour avoir réalisé le grand œuvre d’alchimie et sont donc parvenu à ce degré d’éveil comparable à l’ouverture du Satori des Orientaux. Aucun des deux adeptes couronné, ayant accès, par le fait de leur réussite, à une réalité absolu n’a voulu retirer de son œuvre tout ce qui concerne les analogies avec le Christ. Peut-on croire à un artifice ?

Le christianisme est essentiellement alchimie, il ne peut être compris hors du contexte alchimique. Il est l’alchimie réelle et totale. Suivre le Christ et devenir Adepte c’est tout un.

Qu’est-ce que l’alchimie ? Autant à l’oratoire qu’au laboratoire c’est la séparation d’avec l’impur d’un élément toujours plus pur, c’est la transmutation du mal en bien. D’opération en opération et de participation en participation à l’eucharistie, elle doit ainsi progresser sans fin. L’Art Magna , ou Art Royal, a pour but la libération et le déification de l’homme, la maitrise de l’énergie universelle, la transfiguration des corps, la régénération du cosmos car tout être humain est inséparable de l’immensité étoilée… La Pierre est, comme le pain et le vin eucharistique notre viatique pour le long cheminement de notre transmutation…

L’évangile doit devenir pour chacun de nous ce qu’il est en réalité : une musique supérieure de l’être, une source inépuisable d’énergie créatrice et d’intuition si nécessaire au laboratoire, un outil de puissance intégrale, autrement dit la clef de la christogénèse en notre monde sublunaire. En ce sens, et en ce sens seulement, évangile signifie bonne nouvelle, heureux message.

 

Avec toute mon amitié.

 

ÉGLISES SECTES ET PING PONG

Alchimie-N-Dame-de-Paris

Beaucoup de chrétiens affirment péremptoirement qu’il faut distinguer les sectes de leur religion ! Et cependant… il est impossible de différencier clairement les sectes des religions.

En notre triste monde sublunaire il est une sorte de lutte chauvine et insensée cherchant absolument une élévation glorieuse de notre opinion religieuse bien personnelle pour la couronner, aux yeux du monde entier, comme l’unique et inaltérable vérité.

Vacuité du monde sous les herbes folles qui s’enracinent avidement dans le terreau spirituel pour tenter de tout drainer vers leurs ego collectifs intolérants et surdimensionnés. Ah les orgueilleuses Églises phare de la chrétienté en réalité falote noctiluque bien incapable d’éclaire. Mais ne nous égarons pas dans l’obscurité des méandres théologiques ou dans les caves obscures et puantes de l’inquisition.

Précisons avec fermeté, et soulignons trois fois, que malgré les bonnes volontés quelque peu rageuses, face à leur vacuité, les pouvoirs civils comme religieux, sont incapables de donner une définition précise de la secte.

Non ! Et n’en déplaise aux sectes anti sectaire fanfaronnes et quelque peu liberticides, porte parole des pouvoirs muselés mais désireux de mordre rageusement, il n’y a pas de définition césarienne de la secte. Cependant… Si ! il y en est une de surréaliste et  abondement adoptée. Elle nous est livrée d’une manière quelque peu impudente et lapidaire par Odon Vallet :

« On est secte quand on ne vous aime pas, on est religion quand on vous admet. »

Le professeur des Religions (Sorbonne) Odon Vallet nous parle joliment du sens à accorder au terme « secte ». Les cabalistes ne pourront qu’apprécier :

« Car il n’y a pas de définition précise de la secte. Le mot a lui-même a une origine complexe. Il est issu du verbe latin sequi (suivre) mais il a été influencé par le latin secare (couper). Entre le sectateur qui suit son chef et le sécateur qui coupe la plante, le différence de son est minime et l’écart de sens réduit. Car suivre aveuglément un chef, c’est aussi se retrancher du monde ; suivre obstinément une ligne de conduite, c’est se couper du bon sens. » In Petit lexique des idées fausses sur les religions p 220, Éditions Albin Michel, 2002.

Le disciple d’une secte emprunte donc une voie qui fera de lui un adepte, quelqu’un qui a atteint le but (adeptus = ayant atteint). Il « suit » un maitre ; en même temps, il se coupe du reste de la communauté humaine… Évidemment cet aspect développé par le psychiatre Jean-Marie Abgrall (in La Mécanique des sectes, Éditions Payot 1996) reste aléatoire. En effet comment qualifier les adeptes du Christ et de Bouddha ?

Une religion est, comme l’on dit souvent et à juste titre, une secte qui a réussi. C’est un groupuscule devenu grand, un carré de fidèles transformé en légion et rebaptisée Église. Ne nous y trompons pas, l’aspect numérique ne définit pas l’appellation d’Église. Ce qui détermine ce terme c’est beaucoup plus la dimension mystique,  initiatique et pédagogique de l’assise « doctrinale » laquelle repose sur la responsabilité lucide de chacun et non sur des règlements ou dogmes contraignants.

Le Nouveau Testament parle de la secte de Jésus (Actes des Apôtres 24, 5 et 14 ; 28, 22) car le Christ avait pris la tête d’une dissidence, très minoritaire dans le judaïsme. Celle-ci était une « hérésie » (hairèsis), c’est-à-dire un choix contesté, une doctrine minoritaire.

Donc, ne l’oublions pas, le christianisme est, à son origine, un groupuscule sectaire d’hérétiques.

De même parle-t-on souvent des multiples « sectes » du bouddhisme qui sont plutôt des écoles de pensée, des groupements spirituels, des « véhicules » (yana) de progression morale. En ce sens, une religion peut être une somme de « sectes » qui ne sont pas sectaires, sinon pour leurs adversaires.

Les grandes sectes ou Eglises, surtout là Catholique, ne reconnaissent pas les petites Eglises, ou écoles de pensées, et voudrait que le sectarisme dangereux se définisse à partit d’un trop petit nombre de pratiquants afin de faire condamner ces « hérétiques » qui entravent leur suprématie.

Quand le christianisme fut en proie aux grandes controverses doctrinales sur la nature d Christ (IVe et Ve siècle), chaque opinion fut tour à tour orthodoxe et hérétique, officielle et sectaire.

Ainsi, l’Empereur Constantin, convoqua en 325 le Concile de Nicée. Voulant supprimer les évêques « Ariens », il expulsa 1730 évêques « Ariens » sur les 2048 qui se présentèrent, avec leurs femmes et leurs enfants (sic). Après les décisions de 318 évêques seulement les 1730 exclus durent signer les conclusions du concile sous peine d’exil. Dans les conciles suivants ce furent, à l’inverse, les non Ariens qui figurèrent parmi les expulsées… Ainsi va la balle de ping pong durant tous les conciles dits christologique, cherchant qui condamner ou non en fonction des pouvoirs politiques ou… de l’air du temps.

Dans cette lutte idéologique, les sectes prospérèrent sur l’irrationnel et l’indémontrable. Selon la formule de Voltaire, « Il n’y a point de sectes en géométrie : on ne dit point un euclidien, un archimédien. Quant la vérité est évidente, il est impossible qu’il s’élève des parties et des factions. Jamais on n’a discuté s’il fait jour à midi » (Dictionnaire philosophique).

Mais on a « disputé » (comme à l’occasion du concile de Nicée) pour savoir si le Fils était semblable ou identique au Père, car les Evangiles sont loin d’être explicites à ce propos et prêtent bien à controverse quant on veut que le Fils soit en communion et consubstantiel au Père alors qu’il déclare lui-même à propos du moment ou surviendra la fin du monde :

« Pour ce qui est du jour et de l’heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul » (Matthieu, 24, 36)

Donc, dirent les « Ariens », dans une logique que seul les rhétoriciens fallacieux détournent : Si le Christ ignore ce que mijote le Père, ils ne sont pas pareil… ce qui ne veut absolument pas dire que le Fils ne partage pas la divinité du Père. Telle était la théologie des Wisigots méridionaux.

Et c’est ainsi que les « Arien » furent accusés de nier la divinité du Christ et que Rome mandata un roitelet Belge à sa solde, alias Clovis, pour nettoyer le midi « arien » de la Gaule et le couronner Roi… Ce fut la première « croisade » contre des hérétiques Languedociens. Pays trop « libertaire » aux yeux des moralistes et formalistes venant du froid et de l’orgueilleuse Rome, ou la sanguine impériale se confond avec la charité chrétienne.

Pour distinguer une secte d’une religion, on a essayé le critère du nombre qui ferait d’une secte une religion de poche. En fin de compte si vos idées sont originales ou marginale vous pouvez être une secte à vous seul ! Heureusement que le ridicule ne tue pas.

Cependant il est vrai que la plupart des sectes ont du mal à prospérer à cause de leur intransigeance et que les grandes religions sont d’anciennes sectes qui ont accepté des compromis. Si une Eglise chrétienne exigeait de ses membres qu’ils suivent à la lettre l’ordre du Christ : « Viens, quitte tout et suis-moi », ce suivisme aveugle serait sectaire.

Ces compromis des Grandes Eglise ont engendré une certaine paresse chez les chrétiens. De ce fait si une petite Eglise à forte connotation ésotérique (sans pour cela être secrète) propose un effort en toute liberté, il est refusé ou noyé dans un verbiage inactif et les chrétiens préfèrent la quiétude du grand lit à roulette de plus en plus rembourré (pour les conduire jusqu’au ciel) que leur présentent les idéologues religieux (« cathocrates », disent les mauvaises langues en parlant des théologiens ). Ce genre d’attitude est évidemment de plus en plus étranger au christianisme. Tel est le replâtrage  des somptueux textes éternels trépassés sous leur blanc linceul.

Or, le suivisme aveugle est aujourd’hui exigé par certains organismes extérieurs aux grandes religions comme par d’autres qui leur sont liées telles ces communautés nouvelles du catholicisme qui ne diffèrent en rien d’une secte par leurs règles extrêmes. Combien les désertent la déception au cœur après avoir gâchées leurs jeunes années. Une de mes amies m’a confié sa profonde déception après avoir été participante enthousiaste  de la communauté de Notre Dame de Vie. Aujourd’hui, désemparée elle vit en couple dans une marginalité effrayante… avec un conditionnement si tenace qu’elle est incapable d’envisager un autre christianisme que celui qui lui a lavé le cerveau. De ces naufrages nul n’en parle car trop liés aux grandes Eglises dont le pouvoir permet une certaine dissimulation…

Le courant de Notre-Dame de Vie (dont la dimension alchimique n’aurait du échapper à personne) comme celui des communautés similaires se rattache à une philosophie chrétienne pervertie et cependant non séparée  du catholicisme qui de ce fait a d’importantes connotations sectaires dont le catéchisme actuel reste un perpétuel opprobre par la manière abstraite de sa rédaction. Les 676 pages du Cathéchisme de l’Eglise Catholique (Editions Mame et Plon 1992) sont un monument d’abstraction qui escamote les problèmes de fond rebutant les mieux intentionnés. Moralisme sans dimension suprasensible mais éveillant la sensiblerie comme les réseaux soucieux en témoignent.

Mais il est aussi des courants qui relèvent d’un syncrétisme inclassable. On peu fonder une secte néo-hindouiste en se réclamant de Krishna ou inaugurer un syncrétisme universel en se présentant comme le « Messies cosmo-planétaire », mais dans ces deux cas, ces créations sont distinctes des grandes religions traditionnelles.

Il n’en est pas de même avec certains mouvements charismatiques apparus au sein du catholicisme ou du protestantisme, souvent (comme Notre Dame de Vie) avec l’accord de la hiérarchie des Eglises. Certaines communautés nouvelles appliquent les recettes éprouvées de l’abus de pouvoir et de la manipulation mentale en pervertissant les règles des grands ordres religieux. Comment distinguer sûrement un dominicain sectaire d’un dominicain conciliaire aux idées ouvertes ? La multitude des congrégations (dans le catholicisme) et des Eglises (dans le protestantisme) favorise la confusion. Ajoutons à cela la prolifération des petites Eglises chrétiennes dont la tolérance n’est pas toujours au rendez-vous. Généralement elles sont traditionnalistes avec une tendance à refuser le sacerdoce féminin. Souvent elles ne font qu’imiter l’Eglise Catholique et ne présentent aucun danger sectaire sauf d’avoir érigé la croyance en lieu et place de la connaissance. Il y a aussi quelques Eglises alchimique libérales difficile à apprécier comme les Eglises gnostiques. Dans le lot se trouvent de gais lurons qui, sous les caméras de télévision, grimpent sur les femmes pour les exorciser. Bref un salmigondis généralement peu dangereux avec de gentils fumistes.

Des critères de discernement ont été proposés par une commission d’enquête parlementaire sur les sectes, en relation avec les enquête quelque peu suggestive des anciens Renseignements Généraux qui n’ont pu condamner l’Anthroposophie, crée en 1913 par Rudolph Steiner,  car le juge a tiré les oreilles des espions des R.G. qui colportait des calomnies. Devant leur impuissance ils ont classé rageusement l’Anthroposophie dans les sectes qui pourraient être dangereuses. Vous l’avez compris nous sommes en plein jeux de pouvoirs et de recherche de destruction massive. Cela est confirme car « la secte qui a réussi » propose par la voie de Mgr Vernette, des critères qui ont pour seul but d’exonérer l’Eglises catholique de toutes suspicions. Personne ne peut, mystiquement parlant, définir une secte. Et bien les tribunaux l’on fait lors d’un jugement de la Scientologie diffusé au journal télévisé. L’expert auprès du tribunal a dit que l’Eglise de scientologie n’était pas une Eglise. Tout aurait pu être crédible si cette opinion émanait d’un historien des religions, d’un psychologue ou encore d’un sociologue. En réalité cet expert était un prêtre catholique, ce qui m’a fait bondir de ma chaise et pourtant je n’aime pas la scientologie, mais là c’est le pompon d’une manipulation… Une grosse secte qui juge une petite, une chrétienne qui juge une non chrétienne, c’est effarant, surréaliste. C’est du guignol mal attifé. Les magouilleurs, devrait être plus discret !

Donc, aucun spécialiste sérieux des sectes  ne retient comme critère le petit nombre des adeptes (les zoroastriens sont à peine cent mille dans le monde mais sont les ultimes représentants d’une grande religion), ni la nouveauté du mouvement (le caodaïsme vietnamien n’a pas cent ans mais n’est surement pas une secte, pas plus que l’Eglise Libérale des Anglo-Saxons). Pour compliquer le tout, il ne peut exister, en droit français, aucune définition d’une religion et, donc, d’une secte. En effet, selon l’article 2 de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation de l’Eglise et de l’Etat, « La république ne reconnaît aucun culte ».

Et elle ne reconnaissait aucun religieux sous la Révolution. L’article 12 de la Constitution du 5 fructidor an III (22 août 1795) comme l’article 6 du titre 2 de la Constitution du 3 septembre 1791 précisent que la qualité de citoyen se perd par « l’affiliation à une corporation étrangère qui exigerait des vœux religieux ». Entre le vœu et le vote il fallait choisir et l’obéissance à une règle de vie était jugée aliénante, le père abbé ou la mère abbesse apparaissaient aussi illégitime que le gourou d’une secte. La confession la plus répandue au monde, l’Eglise catholique, était alors tenue pour aussi nuisible aux libertés qu’un groupuscule sectaires.

Raisonnablement on ne peut distinguer une religion d’une secte. La question que vous devez vous poser est : pourquoi cet article ? J’ai voulu dire que chacun est libre de choisir sa religion et dans ce choix le rapport parlementaire des sectes est illégitime et même pas digne de confiance donc nul et non avenu. Il est fait pour influencer d’une manière illégale les individus crédules et apeurés et les diriger vers le giron protecteur des grandes religions.

Un de mes amis que j’ai connu sur les bancs de la Fac à achevé une brillante carrière professionnelle dans une opulence certaine. Je lui ai demandé s’il avait poursuivi ses recherches dans l’ésotérisme et en particulier l’alchimie. Il m’avoua avoir abandonné tout cela car c’était dangereux pour sa vie professionnelle… ais-je raison de verser une larme ?

Avec toute mon amitié. 

 

LE BLASON PAPAL DE RENNES LE CHATEAU

J’ai à votre disposition, chère lectrice et cher lecteur, un troisième épisode sur mon analyse du livre de Daniel Dugès « Rennes le Château un chapitre maçonnique secret ». L’éditeur doit être content car je fais de la pub gratuite. Il va falloir que je lui réclame une petite aumône pour m’acheter une cuisinière… non, pas une cuisinière en chair et en os !

Dans cet article j’ai étudié succintement le blason qui est au fronton de l’église de Rennes le Château, histoire de rafraichir mes connaissances en héraldique et aussi pour vous les faire partager tout en jouant sur les mots… et les émaux aussi !

Ce livre est pour moi un vrai trésor car il me permet d’exprimer ce que j’ai compris ou cru comprendre non seulement sur Rennes le Château, mais aussi sur l’Église et la franc Maçonnerie. Si vous avez lu mes précédents articles où j’insiste  sur leur difficulté à saisir le sens profond de la spiritualité ainsi que celui des symboles vous partagerez mon intérêt pour cet ouvrage qui est écrit semble-t-il, par l’un des leurs.

Ce livre m’a livré, si je puis dire cela sans jeux de mots, la solution à mes interrogations sur la Maçonnerie et surtout a mieux saisir les raisons essentielles de cette difficulté qu’ont les Maçons à interpréter les symboles dans leur plénitude non intellectuelle. Bien souvent ils sont adeptes de René Guénon qui malgré, ou à cause, de sa grande érudition reste la parfaite illustration de ce qu’il ne faut pas faire. Car n’en doutons pas, la simplicité pure reste le seul sentier capable de se faufiler jusqu’aux cieux.

Cette érudition qui s’entasse au fil des exposés ou « planche » (exposé périodique fait par chaque franc maçon) reste un leurre sans racines, et donc sans intérêt réel sur le plan spirituel, même si elle ne manque pas de séduction. Car la spiritualité est desservie par les mots.

Ces abstractions, qui tissent les ouvrages de René Guénon, enracinent la pensée de l’auteur dans la cervelle des lecteurs admiratifs. C’est ainsi que naissent de fausses croyances ou manière de penser. Cette attitude d’attachement ne peux que conduire à établir des idéologies partiales. C’est ainsi qu’est refusé le bien fondé de l’alchimie au laboratoire parti pris qui conduit à ignorer la véritable dimension de l’oratoire.

Telle est la raison pour laquelle Bouddha disait de ne placer aucune lumière au-dessus de sa tête.

C’est parce que cet ouvrage est sérieux et original que j’ai pu réaliser cette synthèse. Donc, merci monsieur Dugès.

Petite note: 

Cet article est la suite des deux premiers qui sont les suivants dans l’ordre de leur publication:

COMMENTAIRES AUTOUR D’UN LIVRE sur Rennes le Château.

COMMENTAIRES AUTOUR D’UN LIVRE sur Rennes le Château (suite)

Ce que dit l’auteur…

L’auteur présente le blason du pape Léon XIII (1810-1903), gravé sur la clé de voûte dominant la porte d’entrée de l’église, comme hautement significatif. Pour lui c’est un indice de la présence en ces lieux d’un chapitre chrétien maçonnique lequel use de l’église pour ses cérémonies.

Au XIXe siècle ce souverain pontife publia, en effet, la dernière bulle condamnant la « Franc-maçonnerie » non chrétienne. Elle ne s’adressait donc pas aux Francs Maçons de Rennes le Château !

Le groupe qui officiait dans l’église revendiquait donc, par la présence de ces armoiries, une tradition maçonnique chrétienne opposée à la maçonnerie laïque condamnée à juste titre par celui qui est considéré comme le plus grand pape de la chrétienté et dont la longévité, pour un homme de constitution chétive laisse planer, si je puis dire, un point d’interrogation (Nota:l’auteur n’écrit pas les derniers termes qui sont de mon cru). 

En plaçant les armes de ce souverain pontife sur la clé de voûte Saunière illustre son antimaçonnisme républicain et par la même occasion son idéologie royaliste.  

En réalité, affirme l’auteur, cette disposition des armes pontificales montre qu’ « il s’agit bien là de la lutte d’une maçonnerie chrétienne contre une maçonnerie laïque. »

 

Dans le blason officiel de Léon XIII, l’étoile de la comète possède six raies (branches) et elle se dirige vers la gauche (vers l’ouest) et donc vers le couchant.

Disons en passant que j’ai signalé précédemment la correspondance de l’étoile avec l’arcane 17 du jeu de tarot qui s’appelle « l’étoile »…

Chez Saunière, à l’entré de l’église, cette étoile n’a plus que 5 raies et se dirige en sens inverse vers la droite et donc vers l’est, vers le levant. Ce serait donc, d’après l’auteur, l’étoile maçonnique à 5 branches dite « étoile flamboyante ».

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Armes officielles de Léon XIII

D’azur au cyprès de sinople planté sur une plaine de même accompagné au francs quartier d’une comète d’or et en pointe de deux fleurs de lys d’argent, à la fasce d’argent brochant sur le tout

La formule  « Lumen in coele »  (une lumière dans le ciel) est inscrite sous les armes. Elle correspond à la formule associé à ce pape dans la prophétie de St Malachie que l’Église met en doute.

La devise est en réalité, nous dit toujours Dugès, le nom du chapitre qui devait donc s’appeler « Une lumière dans le ciel ».

Le blason de Léon XIII s’avère être un prétexte pour placer  l’étoile maçonnique et le nom du chapitre dès l’entrée de l’église, annonçant ainsi, si je puis dire, la couleur ! C’est, là encore une brillante interprétation.

Mes commentaires…

Ce blason ecclésiastique met en évidence l’opposition du maçonnisme gallican avec le maçonnisme républicain(condamné par le propriétaire de ces armes), car cette maçonnerie liée idéologiquement à la république, n’est qu’un artefact de la maçonnerie gallicane puissamment mystique. Elle est une adaptation, considérablement appauvri, d’une connaissance bi-millénaire, transmise par le Christ, de processus initiatiques, symboliques et spirituels.

La maçonnerie révolutionnaire, vestigiale pourrait-on dire, n’a pas d’histoire ni d’héritage et n’a pu dépasser la lettre et ses abstractions. Le discours anti-dogmatique et trop souvent politico-social ne correspond pas aux exigences de l’être, pas plus que le spiritualisme spéculatif. Prisonnier des mots le néo-maçonnisme révolutionnaire est devenu lettre morte,  un « attachement » frein du développement diraient les orientaux. Ceci étant dit la maçonnerie actuelle reste une fraternité non dépourvue d’intérêts sur d’autres plans que celui de la connaissance.

De la même manière que la religion décadente la croyance a effacé la connaissance. Tout est fait, par des équilibristes de la rhétorique, pour transformer en synonymes ces deux termes diamétralement opposés…

L’écusson va donc êtres chargé de sens afin de montrer, dans la mesure du possible, la présence de cette maçonnerie christocentrique inséparable du roi chef de l’Église de France. Je rappelle que l’ Église attachée au souverain est l’Église gallicane. Le chef de l’État français (souverain ou non !) était chef et protecteur de l’Église. Il reste quelques vestiges de cette tradition puisque pendant longtemps le chef de l’état français remettait à un prélat la barette cardinalice. J’ai vu une photo où le président de la République René Coty remettait dans les salons du palais de l’Élysée la barette cardinalice à Mgr Roncalli, le futur pape Jean XXIII.  

Cette Église des Gaules avait deux faces l’une maçonnique réservée à « l’élite » l’autre aux simples « croyants ». Sa particularité résidait au fait qu’un « croyant » pouvait devenir « connaissants » et qu’un « connaissant » pouvait accéder au sacerdoce et à l’épiscopat (consécration d’évêque) car avant le Concile de Trente (1545-1563) et même jusqu’au XVIIIe siècle les séminaires étaient souvent embryonnaires et n’existaient pas dans tous les diocèses. Seule les Université dispensaient un véritable enseignement de théologie.

Arrivé à la fin de son périple initiatique (dans la sacristie de l’église) le chevalier Rose Croix est face à un vitrail représentant la crucifixion. Derrière la croix on remarque un immense pont, allusion au pont qui menait à Jérusalem mais qui ici prend un autre sens. C’est celui de pontife, nom latin que portait les prêtres rois (et Melchisédek). Ce nom de pontife fut donné ensuite aux aux évêques. Car les évêques sont censés établir un « pont » entre le ciel et la terre, le visible et l’invisible a l’instar de tout alchimiste digne de ce nom, ce qu’était notre Rose-Croix.

Cela veut-dire que secrètement, comme l’indique cabalistiquement le nom de sacristie, le chevalier Rose Croix était intronisé évêque. Remarquons ici que St Jean et la Vierge Marie ont la tête proche de ce pont, ce qui souligne leur qualité de pontife et les désignent comme représentant ESSENTIELS de l’Église.

Cet écu papal a donc sa raison d’être pour signaler un chapitre monarchique et gallican détenteur d’une tradition de grande portée mystique.

Je précise, à qui qui me soupçonne de vouloir propager une idéologie royaliste ou d’extrême droite, qu’il faut comprendre ici le monarchisme beaucoup plus dans le sens de protection par le chef de l’état (qu’il porte une couronne ou non) que politique.

Sur le plan initiatique le changement de régime politique du monarchisme à la République ne s’est pas fait sans mal, en réalité il ne s’est pas fait du tout ! 

 J’imagerais ce fait par une grossière analogie. La maçonnerie chrétienne devenue laïque c’est comme si, à un charretier, on confisquait cheval et charrette, chargée d’un lourd fardeau,  pour les remplacer par une trottinette ! Nous somme donc loin du compte pour pouvoir véhiculer un pesant charroi (chargé ici des connaissances et de « techniques » mystiques millénaires).

Donc le charretier désespéré cherchera un autre « cheval » (Bérenger Saunière) et une autre « charrette » (L’église de Rennes le château). La trottinette c’est évidemment la maçonnerie républicaine (intellectuelle abstraite et, à son corps défendant, matérialiste) bien incapable de véhiculer les valeurs essentielles de la mystique caractérisant l’initiation Occidentale, ce que certains appellent la tradition primordiale, en ignorant de quoi il s’agit. Ainsi, à la suite de Saunière, ces connaissances furent-elles perdues et se réfugièrent-elles en quelques rares officines discrètes d’alchimistes que l’on pourrait appelé des « aigles blancs »… à la retraite !

Cette Église royaliste (je répète: royaliste pour des raisons non politiques) véhiculait donc de précieuse « techniques » mystiques ancestrales pour favoriser le développement de certains êtres demandeur de connaissances au-delà des dogmes qui imprègne l’esprit des croyants qui ont une foi du « charbonnier »… Mais tout le monde n’a pas l’esprit « charbonnier » !

En ces temps là, et depuis l’Église primitive, cohabitaient donc harmonieusement une Église de croyance (exotérique) liée aux rituels tels la messe et les divers sacrements avec une Église discrète de connaissance (ésotérique) liée aux rituels maçonniques. Les deux rites étant complémentaires ils ne pouvaient que cohabiter puisque l’un est la structure de l’autre et l’un est la lumière de l’autre.

De ce fait il est normal de trouver une concordance entre les sept ordinations de l’Eglise et les sept étapes initiatiques maçonniques, tout comme il y a sept heures « canonniales » dans la journées c’est-à-dire sept heure de prières (différentes l’une de l’autre) réparties dans la journée d’un moine. Ces étapes étant le reflet d’une connaissance intuitive des lois de la matière dont les sept champs énergétiques de l’atome, sur lequel gravitent les électrons, est une belle illustration.

Le temple maçonnique était donc généralement l’église… Tout en célébrant certaines cérémonies en des oratoires privés, cela dans certaines conditions.

Ces oratoires privés se sont transformés en temple maçonnique républicain dès la révolution. Et les Maçons n’ont plus jamais mis les pieds dans les Églises et se sont mis bien souvent à « bouffer du curé » ! Et les curés le leur on bien rendu en disant que le diable était en goguette dans les loges ! Nous atteignons là le summum de l’absurde…

C’est d’ailleurs pour avoir un oratoire privé que Bérenger Saunière avait aménagé, dans sa villa, une véranda avec un autel surmonté de la statue de Marie Madeleine dans la même posture que sous l’autel de l’église (cette statue de la sainte accroupie avec les doigts croisés sur ses genoux a disparue mais je l’ai vue sur ce petit autel il y à plus de 35 ans. Il n’est pas impossible qu’à l’origine elle devait figurer dans la grotte du jardin de l’église mais j’en doute vu le parfait état des peintures lorsque je l’ai examinée).

C’est ce processus de réalisation spirituelle, en marge des Écritures (Bible) mais sous-entendue par elles comme dans les paraboles du Christ— que l’Église attribuait à la tradition orale,— qui fut véhiculée par la maçonnerie chrétienne.  De ce fait, elle ne pouvait avoir la moindre accointances avec la maçonnerie laïque de pure invention lié à une adaptation à un gouvernement laïque qui, actuellement, offre divers couleurs allant de la politique psychologisante à une tradition chrétienne biaisée comme dans différents rites tel Memphis Misraim que Rudolph Steiner a tenté en vain de faire renouer avec le christianisme ésotérico-mystique des « élites » de l’Église initiatique.

Les élans brisés, pour diverses raisons, aboutirent à tout un spectre de petites Églises « gnostiques » (souvent éphémères ou rococo) qui ne sont que des projets avortés se dissolvant dans l’inutilité et l’indifférence générale en servant tout au plus à assouvir le besoin d’autorité de quelques évêques avides de notoriété et bien souvent autoproclamés.

A ces deux courants de connaissances parallèles et complémentaires  (esotérique= maçonnisme et éxotérique= religion)  correspondent deux moyens de transmission de la tradition, l’une écrite (exotérique) l’autre verbale (ésotérique)

On ne peut nier l’existence d’une tradition orale dans l’Église des premiers temps, puisque nous en percevons les échos depuis Saint Paul :

«Retenez les traditions que nous vous avons données soit par notre parole soit par notre lettre.» (2 Thessaloniciens III, 6, 1 Corinthiens XI, 2).

Dans les évangiles, il apparaît très clairement que le Christ était un enseignant, et tout spécialement dans sa relation avec ses disciples. Cela signifie bien plus que le simple fait de prêcher en leur présence. Il les a instruits, et en cela il fait penser mutatis mutandis à la méthode des rabbins. Cela implique que Jésus a entraîné ses disciples, en particulier les douze, à apprendre, et plus encore, il les a entraînés à apprendre par cœur… mais quelle quantité de connaissance leur as-t-il inculqué comme le dit très clairement St Jean en TERMINANT son évangile :

 « Jésus a fait encore beaucoup d’autres choses ; si on les écrivait en détail, je ne penses pas que le monde même pût contenir les livres qu’on écrirait. » (St Jean XXII, 25… ou Évangile de Jean Chapitre 21, verset 25)

Certes, il n’y eut rien de secret… pour les apôtres ! Et de cette immense bibliothèque verbale croyez-vous que nous connaissons tout ? Croyez-vous que le Christ n’a pas livré a ses apôtres, sans faire de secret, certaines lois fondamentales de la réalisation des Hommes ? Des connaissances que l’on croit oubliées ne pourrait-il rester des parties précieusement conservées pour structurer cette Église de Jean qui n’est autre que la maçonnerie christique protégée par les rois et alliée à celle de la « pierre » ou de Pierre ?

L’Église Gallicane ancienne (à ne pas confondre avec les Églises Gallicanes actuelles) n’était pas formée uniquement de croyants, comme actuellement, mais aussi de connaissant. Et la « sainteté » des connaissant a toujours échappée, comme elle échappe encore aux commandeurs des croyants.

Les connaissant ayant maintenant  disparus de l’Église, elle est de ce fait en très grand péril car la demande de savoir est, chez les âmes qui s’incarnent, de plus en plus forte et, en ce moment, autant l’Église que la maçonnerie et les multiples centres d’ésotérisme sont incapable d’étancher leur soif.

Abordons maintenant l’analyse du blason du pape Léon XIII…

A dextre (à droite correspondant à la gauche quant on regarde le blason) se trouve une comète dont l’étoile comporte 5 branches ou rais, alors que sur le blason officiel il est de 6 rais.

Précisons que le nombre de rais de la comète n’est pas toujours de 6 puisqu’il est parfois de 5 si l’on en croit le blason gravé en 1902, du vivant de Léon XIII, sur un mémorial de Toulouse. L’étoile du blason de Rennes le château est de ce fait difficilement imputable, d’une manière certaine, à un désir de signaler une étoile maçonnique à 5 branches.

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Dans les manuels d’héraldique le « meuble » que l’on appelle comète obéit à des règles précises fixant le nombre de raies.

 Ainsi quant la comète est radiée de 8 pointes on ne signale pas le nombre dans le texte qui accompagne le blason. Si ce nombre est supérieur ou inférieur à 8, il doit être signalé dans le texte : Etoile radie de 5 ou 6 pointes… Dans l’écu de ce pape le nombre de raies n’étant pas signalé, l’étoile a obligatoirement 8 pointes. Comme ce n’est pas le cas il y a donc une erreur soit dans le texte soit dans la représentation des armes. Cela fragilise donc considérablement l’interprétation du sens symbolique de la comète de Rennes le Château et il est donc aléatoire de lui attribuer in petto le statue d’étoile flamboyante des francs maçons.

Remarquons en passant qu’exceptionnellement un héraldiste français accepte la présence de 6 raies ou 8 à une comète. C’est le cas du Comte Alphonse O’Kelly de Galway dans son  Dictionnaire archéologique et explicatif de la science du blason qui fut publié en 1901, c’est-à-dire après la reproduction du blason papal au fronton de l’église de Rennes le Château.

Le lecteur aura remarqué que dans le texte qui décrit la comète d’or il est spécifié qu’elle se situe en FRANC Quartier, c’est-à-dire que sa lumière se manifeste au lieu ou résident (quartier) les Francs. Ce sens est souligné  par l’inversion du l’orientation de la comète qui au lieu de se diriger vers l’occident (à gauche de la porte) se dirige vers l’Orient (à droite de la porte) et nous savons que la queue d’une  comète est toujours orientés à l’opposé de l’endroit ou brille le soleil. Elle désigne donc le soleil levant ou, « l’Orient de Rennes le Château » ce qui signifie qu’il s’agit du lieu maçonnique de rencontre du village. Par exemple si un FM veut désigner un lieu de rencontre à  Couiza il dira « à l’orient de Couiza ». L’orient a aussi un sens très important pour le laboratoire des alchimistes. C’est également  pour cette raison que le prêtre était tourné vers l’orient pour célébrer la messe.

Il y a trois sources essentielle d’énergies cosmiques pour l’alchimiste, celle provenant du nord issue de la Terre Mère, et c’est l’une des raisons pour lesquelles la chapelle de la vierge est orientée vers le nord. Dans la littérature médiévale cette importante particularité fut immortalisée par l’épopée du roi Arthur dont le nom désigne le pole Arctique ou le pôle nord…. C’est une autre histoire. Ce « feu » particulier est symbolisé par une étoile à 5 branches liée à la Vierge.

Nous avons aussi l’énergie solaire qui est parfois nécessaire et enfin son filtre nocturne, si indispensable, qui est la lune.

Le blason de Rennes le Château, tout comme celui de Toulouse, présente donc une importante anomalie par rapport aux armes officielles.

Une barre horizontale appelée « fasce » par les héraldistes est infléchie vers le haut pour être transformée en arc-en-ciel dans les blasons de Rennes le Château et celui de Toulouse. Il semble que cette forme arquée ait voulue faire coïncider le sens avec la 102e prophétie de St Malchie : Lumen in caelo « Lumière dans le ciel » puisque l’arc en ciel s’écrit « arcus caelestis » qui signifie aussi « météore en forme d’arc » cette lumière « météoritique » étant pourtant déjà représentée par la comète. C’est donc une insistance dans le sens de « feu du ciel », marquant par la l’importance de la « manne » céleste des alchimistes, ce qui est confirmé par la devise sous les armes.

En effet « Lumen in caelo » est écrit ici vec une orthographe différente « Lumen in coelo ».  Le a est remplacé par la lettre o, ce qui exprime cabalistiquement que « le A est comme le O » ou plus clairement « le bas est comme le haut ». Le lieu est donc hermétique puisque la table d’Emeraude, texte alchimique par excellence dit :

« Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut 

Et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas »

Nos alchimistes Rennais ont même précisé qu’ils recueillaient l’O (eau) du ciel, ce qui est spécifié par les chardons représentés sur la tapisserie de la villa Béthanie.

Ce chapitre maçonnique était donc dépositaire de la science sacerdotale inséparable du christianisme mystique bien compris.

 

Avec toute mon amitié.

EXORCISTE QUI ES-TU ?

PICT0148Un matin je flânais devant les étals hétéroclites du marché aux puces de Montpellier, quand mon attention fut attirée par un petit livre rouge perdu dans les paperasseries d’un bouquiniste maigrichon. Son prix modique autant que son titre m’encouragea à l’acheter. Il s’agissait d’un ouvrage du talentueux Gérard de Sède, bien connu pour ses diverses publications sur le mystère de Rennes le Château. Le titre eu le don d’éveiller une vieille passion  qui m’incita à l’ouvrir sans plus tarder, et cela au milieu d’une foule nonchalante de chineurs. En un instant leur procession s’effaça. Ils devinrent des ombres puis disparurent dans le nuage bienfaisant de ma béatitude dominicale. Ainsi balloté par des bousculades et des « pardons m’sieur! », je m’enfonçais dans la lecture du bouquin Les Templiers sont parmi nous.

Le premier chapitre m’accrocha par son curieux titre : Un exorciste dans l’étable.

L’auteur décrit sa rencontre avec un vieil homme jardinier du château de Gisor. La première chose qui l’intrigue, chez ce paysan, est sa mauvaise maitrise de la peur des cochons. Cet être simple et étrange cachait un chercheur de trésor pugnace et renseigné énigmatiquement par une source inconnue mais sure. Il devait être le seul au monde à découvrir le fabuleux trésor des templiers qui par la suite ne fut jamais  retrouvé un peu comme s’il se dissimulait dans un autre continuum spatio-temporel. Cet être étrange s’appelait Roger Lhomoy.

Ce mystique discret ne manqua pas d’intriguer Gérard de Sède qui lui fit part, en riant, de son étonnement à fuir les porcs. Rien ne vaut le témoignage de l’auteur pour traduire la curieuse réponse de l’énigmatique porcher :

« — Sait-on jamais, répondit Lhomoy, plaisantant lui aussi. Ces bêtes sont peut-être bien les démons de l’Evangile que Jésus changea un jour en pourceaux. Remarquez, enchaina-t-il sur le même ton, que si c’est le cas je ne serai pas en peine pour les chasser.

Et à ma profonde stupéfaction il se mit à réciter en latin la formule de l’exorcisme.

 Ou diable, Roger, avez-vous été cherché ça ?

 C’est bien simple, répondit-il calmement. Vous me voyez aujourd’hui porcher, mais jadis j’ai été ecclésiastique. J’ai même reçu les ordres mineurs et l’un de ceux-ci, vous ne l’ignorez pas, est celui d’exorciste. » (Edition J’ai Lu, L’Aventure mystérieuse, Paris 1962, p.10.)

 

Sur mon nuage je m’entendis héler d’un bistro ambulant.  Mon ami Hermophyle attablé sirotait béatement son café matinal. La mine réjouie il me fit signe, avec des moulinets du bras, de venir m’asseoir.

 —Ben dis donc, heureusement que je t’ai appelé sans ça avec ton bréviaire à la main tu as failli te faire étrangler pas une opulente poitrine qui te fonçait dessus !

Mon ami était toujours à l’affut d’une bonne blague, parfois un peu épaisse mais toujours de bon aloi. Le bruit courrait qu’il rédigea un blog qui ressemblait parfois aux farces des gaités de l’escadron.

      —Tu vois bien que ce n’est pas un bréviaire !

« T’a raison, t’as pas la tête d’un curé », il se mit à rire et ajouta en faisant semblant de regarder attentivement mon bouquin : « Mais oui ! C’est le petit livre rouge de Mao Zetoung !».

Je le jetais sur la table. Il s’en empara et l’ouvrit à la première page en lisant à haute voie : 

« Un exorciste dans l’étable… bigre, le pauvre hère est comme Job sur son fumier. »

Je lui résumais le chapitre et lui confiait que cette histoire d’ordre mineur m’était totalement inconnue et je m’attendais à ce qu’il abonde dans mon sens.

A mon grand étonnement il m’apprit qu’il y avait quatre ordinations mineures qu’il cita dans l’ordre croissant: Clercs, Portiers, Lecteurs, Exorciste et Acolyte, et  s’empressa d’ajouter que la cléricature n’était pas un ordre mais une cérémonie d’adoption par l’Eglise.

Je le regardais médusé car je n’aurais jamais soupçonnés chez lui si hilare et même parfois un peu mal embouché, ce genre de connaissances. Imperturbable il poursuivi son explication en spécifiant que les ordres mineurs s’appelaient ainsi car ils préparaient aux ordres majeur qui sont le sous-diaconat, le Diaconat et la Prêtrise. Inconsciemment j’eu la même apostrophe que Gérard de Sède à l’égard  de Lhomoy.

– Ou diable Hermophyle est-tu allé chercher ça ?

– C’est simple, ton copain celui que tu regardes en ce moment, est évêque des plus valides qui soit !

– Toi évêque ? La bonne blague, tu as été marié et je ne t’ai jamais vu à l’évêché de Montpellier.

Il se mit à rire, puis reprenant son souffle il m’expliqua qu’il n’était pas évêque de l’Eglise catholique. Qu’il ne pouvait être catholique car cette Eglise refusait de l’entendre et n’acceptait pas sa philosophie à caractère trop gnostique. Ordonner prêtre des hommes ou des femmes mariés (au nom de l’Eglise des premiers siècles) avait le don d’irriter l’Elise Catholique. Il était donc illicite, rejeté  par le Vatican, une sorte de brebis galeuse. Mais toutes les ordinations qu’il célébrait étaient considérée comme valides par Rome, même s’il était illicite ! Cette remarque eut le don de déclencher en moi un rire inextinguible. Les larmes aux yeux je lui demandais si ce n’était pas un plagia de Marcel Pagnol. Reprenant mon souffle je lui dis :

– Si tu baptise ma fille Amélie et qu’elle aille dans l’Eglise Catholique. Ils la rebaptiseront ?

– Non ! 

– Ils considèrerons qu’elle a été baptisée comme si un prêtre catholique l’avait fait ?

– Sans l’ombre d’un doute !

– Si tu célèbre mon mariage, Rome considérera qu’il est valide?

– Bien sur que oui !

– Si j’assiste à ta messe et que je communie, ce n’est surement pas valide.

– Détrompe-toi c’est valide aussi.

– Mais alors, leur attitude de te considérer comme illicite est absurde…

– Je ne te le fait pas dire ! J’ajouterais que si je désire devenir Catholique ils garderont mon grade d’évêque et ne me réordonnerons pas.

– Raconte-moi Hermo. comment est ordonné un exorciste.

La tasse à ses lèvre il me regarda avec c’est air espiègle qui effaçait la moitié de son âge, et  repris comme s’il professait un cours :

« Après avoir reçu les ordinations de Clerc, Portier et Lecteur, on envisage alors l’ordination à l’exorcistat. Ces trois ordres mineurs préparent l’ecclésiastique à cette importante ordination. La cérémonie est courte mais très puissante. Personnellement j’ai choisi de la célébrer en français, d’autre préfèrent le latin, c’est au choix car l’efficacité est identique. D’autre part le célébrant doit être évêque. Avant le concile Vatican II, tout cela se déroulait de la même manière dans l’Eglise catholique. Je les perpétue car beaucoup de passages proviennent des premiers siècles. En cela je suis en désaccord avec l’Eglise Catholique qui les a bazardés car elles ont un sens profond qu’elle ne comprend plus et trop proche de la gnose. D’ailleurs c’est pour cela que certains centres initiatiques les ont adoptés en leur donnant un nom particulier. Mais tu t’imagine aisément que l’effet n’y est pas et ne peut y être.

L’évêque qui ordonne a la particularité d’être inscrit dans ce que l’on appelle une table de succession apostolique. En d’autres termes les évêques qui l’ont précédé sont reliés par transmission de l’Esprit, par imposition des mains, à des cardinaux, à des papes et à des Apôtres du Christ. Il y a donc une diffusion de l’Esprit provenant du cénacle quand les Apôtre reçurent les langues de feu. Inutile de préciser que c’est sur ce même Esprit que travaille l’alchimiste au laboratoire et il le cajole cet Esprit car même s’il est donneur de vie (ou parce qu’il l’est) il est d’une fragilité extrême. C’est la raison pour laquelle l’alchimiste possède un oratoire, afin de se purifier pour pouvoir être digne d’approcher la manifestation terrestre la plus pure et la plus extraordinaire qui soit. »

—Ca alors, je croyais que l’alchimiste était un joyeux dingue essayant de renflouer sa bourse en cherchant bêtement à transmuter du plomb en or ! Tu dérapes tout de même car, à ma connaissance les seules relations de l’Eglise avec l’alchimie c’est pour la condamner.

—C’est normal puisque de petits rigolos et faux monnayeurs vendaient de l’or « alchimique » ou or de la sainte farce.

—L’alchimie, la véritable, s’appelle art sacerdotal. Ou trouver le sacerdoce si ce n’est dans l’Eglise ? J’ouvre une parenthèse pour te signaler que les prêtres alchimistes exorcisent, puis bénissent touts les matières qu’ils utilisent. Dans les rituels il existe des exorcismes pour des substances comme le soufre.

Revenons à notre exorciste.

Lors de l’ordination d’un exorciste il est nécessaire que l’évêque prononce certaines paroles et fasse certains geste sans cela l’ordination n’est pas valide. Deux points essentiels doivent être respectés :

1 – L’instruction préparatoire.

2 – La collation de l’Ordre.

L’instruction préparatoire spécifie au futur exorciste que son devoir est de chasser les démons, d’éloigner ceux qui ne communient pas à la messe (service « d’ordre ») et surtout de veiller à l’eau, c’est-à-dire l’eau bénite qu’il peut exorciser avec le prêtre lors de sa fabrication. Il s’occupe aussi de l’eau baptismale. En dernier lui, à l’occasion de chaque messe l’exorciste devra exorciser l’eau et le vin des burettes, eau et vin qui seront ensuite bénis par le prêtre.

La collation de l’Ordre a le don de transformer le Lecteur en exorciste. Dans sa simplicité cette ordination est capitale.

L’ordinant touche de la main droite le livre des exorcismes. Ce contact n’est pas banal car il va imprimer à l’ordinant un lien puissant avec ce rituel spécifique. Cela va être amplifié par la bénédiction de l’évêque. Les physiciens actuels diraient que s’établit un lien d’inséparabilité ou intrication. De ce fait à partir de cet instant l’exorciste porte un lui une sorte d’exorcisme puissant, mais muet et permanent qui indispose les esprits mauvais par sa seule présence. Au bout d’un lap de temps, les mauvaises pensées de ceux qui côtoient l’exorciste subissent aussi des réflexes de recul. Evidemment encore faut-il que l’exorciste œuvre sur lui-même.

Pour que ce processus d’imprégnation se réalise l’évêque doit prononcer les paroles conservatoires particulières, ainsi qu’une bénédiction, qui se trouve dans les « statuta » gallicanes du Ve siècle.

Voici ce que dit l’évêque :

 

« Recevez ce livre, confiez-en le contenu à votre mémoire, et recevez le pouvoir d’imposer les mains aux énergumènes, qu’ils soient baptisés ou simplement catéchumènes. »

 

Et les bénédictions suivantes très anciennes :

 

« Dieu tout puissant, sœurs et frères bien aimés, qu’il daigne bénir (l’évêque bénit l’exorciste ses serviteurs (ou servantes) dans leur office d’exorciste, afin que désormais ils (ou elles) soient comme des empereurs spirituels, choisis pour chasser du corps des possédés les démons, avec leur malice et leur fourberies… »

 

« Dieu éternel, daignez bénir vos nouveaux serviteurs (servantes) dans l’Ordre des exorcistes, afin que, par l’imposition de leurs mains et par leurs paroles ils puissent victorieusement chasser les esprits immondes et qu’ils soient dans votre Eglise comme des médecins expérimentés, réputés pour leur guérisons multiples et pour leur puissance toute céleste…. »

 

 —L’exorciste est aussi guérisseur ?

—Partout ou il y a le mal il y a le malin, d’où le mot mal diminutif de malin. Ne prend pas ça à la lettre. Mais pour devenir guérisseur l’Exorciste doit grandir en sagesse. La cérémonie ne fait pas tout. Son effet dépend de sa préparation.  Etre exorciste dépend aussi de l’attitude après l’ordination.

—Comment se prépare l’exorciste pour recevoir son ordination ?

—Je t’ai dis que les ordinations situées avant celles d’exorciste jouaient un rôle essentiel. La formation de l’exorciste commence par se familiariser avec plusieurs exorcismes. Pour pouvoir adapter l’un d’eux à la circonstance rencontrée. Ca commence par la prière de saint Cyprien qui est très  puissante pour lier et conjurer le Malin. Si cela ne suffit pas l’exorciste peut utiliser celui de Léon XIII orienté contre Satan. Enfin, dans les cas grave est employé le Grand Exorcisme de l’Eglise Romaine ou le grand exorcisme du rituel de Maline. Il y en a d’autres qui s’appliquent autant aux individus qu’aux maisons hantées. L’exorciste doit être familiarisé avec le plus grand nombre possible.

Ensuite, et surtout, l’exorciste  doit connaître la mystique diabolique, apprendre la liturgie du sabbat, étudier les visions infernales des Saints.

Il doit prendre garde à ne pas faire de confusion et pour cela être en rapport avec un psychiatre.

Finalement l’exorciste doit connaitre ce que l’on appelle actuellement les phénomènes paranormaux.

 

—Que penses-tu des exorcistes et guérisseurs non ordonnés exorcistes ?

—Ils ne peuvent être efficaces que s’ils sont de réels mystiques. Sils ne le sont pas c’est à leur risque et péril car l’Ordination est une puissante protection. Ceux qui disent faire des rituels de protection ne sont pas protégés. Cela ne veut pas dire qu’ils n’obtiennent pas de résultat, jusqu’au jour ou… se manifeste leur impuissance. Alors cela peut dégénérer en maladie grave ou en folie d’énergumène.

—Tu as déjà exorcisé ?

—Oui mais c’est désagréable pour deux raisons, c’est celle de voir des manifestations très étranges et ensuite c’est extrêmement fatiguant quand les forces obscures refusent de vider les lieux.

Une fois l’exorcisme a duré plus de huit heures. Les forces noires refusaient de quitter cette femme qui se tordait comme si elle était en couche. J’ai donné l’ordre au démon de sortit par la bouche. Cette femme eut des rictus affreux comme si une entité invisible sortait par l’orifice buccal. D’un seul coup une odeur de corne brûlée à envahit la pièce…

—Tu me ferrais presque peur ! Le diable sent réellement le soufre c’est impressionnant ! Là on ne peut pas parler d’imagination ou d’hystérie…Oui le rôle d’exorciste n’est pas réjouissant.

—Il peut parfois être très dangereux pour ceux qui on un égo trop important. J’ai vu un exorciste (médecin de son état) poser des questions à une possédée qui répondait en faisant d’extraordinaires révélations. Il était fasciné et continuait à l’interroger. Il a fallu que je l’attrape  par le colbac car il était à deux doigts d’être convaincu. Tu comprends pourquoi cet homme n’est pas resté dans l’Eglise ?

—Il y a beaucoup de cas de possession ?

—Non car beaucoup de « possessions » sont imaginaires et concernent la psychiatrie.

—Et bien monseigneur tu m’en as appris des choses.

—Je te demanderais de ne jamais m’appeler monseigneur. Laissons ce titre aux évêques catholiques licites. En qualité de hors la loi ou illicite je suis un ami et non un seigneur.

—Que ferais-tu si je continuais à t’appeler Monseigneur.

—Pas grand-chose, je t’étranglerais !