L’ALCHIMIE DANS L’ÉGLISE DE NOS PÈRES

Je vais vous faire entrer dans une église. Si vous êtes «bouffe curé» je ne vous invite pas mais vous pouvez écouter à la porte et de l’extérieur crier vos injures. Si vous êtes anti dogmatique je vous invite puisque je n’ai l’intention ni de vous faire le catéchisme et encore moins de vous évangéliser. Si vous êtes athée, agnostique ou mécréant aucun problème ce sont des maladies qui se soignent avec un coup du sort ou un coup de gourdin selon la chronicité. Elles peuvent guérir subitement comme le hoquet qui s’évapore en regardant notre affreuse bobine dans un miroir.

Silencieusement faufilons-nous entre des rangées de chaises. Pas de bruit s’il vous plait, c’est un temple consacré et non un parloir ou un terrain de pétanque. Trempez vos doigts dans le bénitier. Non ne vous lavez pas les mains et encore moins la figure. J’ai dis le bout des doigts. Ça n’en à pas l’air mais ça vous rend meilleur. C’est le curé qui le dit. Il appelle ça un sacramental. Vous avez raison, c’est le gourdin du saint esprit allié des culs-bénis. Mais nous ne sommes pas ici pour polémiquer ou philosopher sur la grandeur ou la décadence de l’Église. Contentons nous de regarder ce qui nous entoure. C’est bourré de symboles, ça dois vous plaire vous qui avez un faible pour les francs maçons. J’ai ouï dire que vous étiez un frère sans tablier. Ça me rappelle les sans culottes. Certains disent que le tablier et la culotte ont fait la Révolution. Mais laissons là les dérapages affriolants des mauvaises langues.

 

Venez dans l’allée centrale. Regardez tout au bout l’autel orienté vers l’Est comme l’est la nef. Il «regarde» le soleil levant. Et oui, dans l’Église de nos pères le Christ et le soleil, donneur de vie, ne font qu’un. C’est pour cela que l’on parle parfois de Christ Solaire entouré des signes du zodiaque, tandis que la Vierge, sa mère, est associée à la lune. La lune étant l’astre nocturne, c’est pourquoi sa chapelle est toujours orientée vers le Nord qui ne voit jamais le soleil. Évidemment le concept de Vierge Noire ne devrait pas surprendre.

  • Qu’est-ce qui vous chagrine ?
  • D’après ma boussole le cœur est certes orienté vers l’Est mais il n’est pas dans le prolongement de l’allée centrale et donc de la nef.
  • C’est le lot de toutes les Églises gothiques. Dans la pierre d’autel, sur laquelle le prêtre célèbre la messe, sont incrustées des reliques de saints. Prenons un exemple. S’il s’agit des celles de Marie-Madeleine, à la suite de cette dédicace l’église s’appellera Sainte Marie-Madeleine. Les premiers mots qui seront prononcés lors du chant d’Entrée seront : « Terribilis est locus iste : hic domus Dei est, et porta caelis : et vocabitur aula Dei » ce qui se traduit par : « Ce lieu est redoutable ; c’est la maison de Dieu et la porte du ciel ; on l’appelle le temple de Dieu » et le cœur sera orienté vers le lever du soleil le jour de sa fête le 22 juillet. D’où le décalage d’orientation de l’autel par rapport à l’Est véritable signalé par son apparition matinale lors des équinoxes du 21 mars ou 21 septembre car les levers de soleil se produisent toujours dans le quadrant nord-est entre l’équinoxe de mars et celle de septembre, et dans le quadrant sud-est entre l’équinoxe de septembre et celle de mars. Chaque saint du calendrier liturgique correspond donc, théoriquement, à une position du soleil à son lever. Dans les missels on appelle cela le cycle des saints ou cycle sanctoral. Il débute chaque année le 30 novembre. C’est le jour de la fête de saint André. André fut le premier, avec saint Jean à rencontrer le Christ sur le bord du Jourdain…
  • Je ne comprends rien. Pourquoi est érigé un second autel devant celui qui est orienté vers l’Est ?
  • C’est le résultat du concile de Vatican II qui a transformé autant la liturgie que les sacrements.
  • Pourquoi avoir réformé ? L’Église avant 1968 avait quelque chose qui clochait ?
  • Rien ne clochait, absolument rien. C’est un désir de retour aux sources maladroit sans tenir compte de la tradition bimillénaire qu’il avait derrière ; avec également un souhait de rapprochement avec les Protestants.
  • A quoi sert-il ce second autel ? Deux prêtres disent la messe en même temps ?
  • Non il n’y à pas deux messes en même temps. Le premier autel, celui orienté vers l’Est, est mis au rancard tandis que le second sert à dire la messe. Mais le prêtre ne regarde plus le soleil levant donneur de vie, il regarde cette bande de canaille qu’est le public. Il tourne le dos au Christ solaire. C’est à chacun de déduire le sens de cette inversion et de ses conséquences. En plus cet autel n’est pas pourvue de reliques sous le prétexte que c’est morbide cette pratique.
  • C’est vrai que ça en à tout l’air…
  • Je vous arrête ! Le rôle des reliques est de relier (il faut être attentif à la phonétique) aux plus hautes valeurs spirituelles par leurs intermédiaires.
  • Avec toutes les fausses reliques qui circulent…
  • Oui il y eut de fausses reliques pour alimenter des reliquaires plus ou moins bidons. Mais généralement elles furent authentifiées par le seing et le cachet des plus hautes autorités de l’Église, généralement des cardinaux. Quoi qu’il en soit l’autel est, dans le temple chrétien, ce point central, ce foyer à partir duquel s’ordonne la construction et, par la même, toute la symbolique ésotérique qui la sous-tend. Il est à l’image de l’axe polaire autour duquel pivote la coupole du firmament. L’autel central, le vrai qui est orienté vers l’est, on y accède par des marches dont le nombre est toujours impair, généralement 3, souvent 5, parfois 7 et exceptionnellement 9 ou 11.
  • C’est bizarre cet attachement au nombre impair de marches. C’est de la superstition ?
  • L’adoption de ces nombres remonte à Pythagore qui disait que le pair est toujours imparfait (il lui manque quelque chose disait-il) alors que l’impair est parfait. Comme l’autel est le summum de la perfection pour les chrétiens, le choix de ce nombre de marches est compréhensible.
  • J’imaginais que le 3 aurait supplanté tout les nombre puisqu’il représente la Sainte Trinité : le Père, le Fils et le Saint Esprit.
  • Évidemment puisqu’il y a le plus souvent trois marches et aussi, et surtout, trois nappes qui recouvrent l’autel. Dans ce cas il s’agit aussi des trois corps que symbolise ce linge appelé corporal parce que l’hostie, ou corps de Christ, est posé dessus lors de la messe qui se célébrait avant 1968. Ces trois corps sont aussi le sel, le soufre et le mercure utilisé par le prêtre alchimiste à l’occasion de la transsubstantiation, ou changement de l’hostie en corps du Christ, qui n’est autre que la transmutation.
  • Vous voulez dire que l’Autel est aussi la paillasse d’un alchimiste ?
  • Je ne l’aurais pas dit d’une manière aussi abrupte mais j’adhère au fait. L’orientation vers le soleil est des plus significatives car pour l’adepte le soleil est le donneur de vie, ce que ne saurait réfuter aucun géologue ou biologiste. Quoi qu’il en soit l’alchimie est essentiellement biologie dans le sens le plus global du terme. La messe comme l’alchimie reposent sur la vie. Elles sont liées comme le montre l’office lui-même qui recueille le « sang » du soleil à l’occasion de la messe célébrée à l’aurore.
  • C’est quoi le « sang du soleil » ?
  • C’est une métaphore qui désigne le rayonnement particulier du soleil, indépendamment de la chaleur et de la lumière qui diffuse la vie sur notre terre aidée en cela par la lune qui le réfléchit.
  • Si je comprends bien le fait que les autels actuels de nos églises catholiques soient tournés vers le peuple est une grave erreur.
  • Tourner le dos à la vie a une connotation symbolique et psychologique malheureuse à moins de tout rejeter avec ce que nos anciens accréditent depuis près de 2000 ans. Moderniser, adapter est une chose mais jeter le bébé avec l’eau du bain en est une autre. Pour moi la réforme a été faite avec une méconnaissance profonde de la symbolique christique, et de la symbolique tout court, et donc sans discrimination.
  • En apprenant cela les catholiques qui vous lisent vont être furax.
  • On heurte facilement une croyance quand on réfléchit un peu. Ce que je cherche c’est la vérité et non à blesser. Dans l’office ancien existait un passage particulier que l’on appelait Collecte. Le prêtre se tournait vers le peuple et s’asseyait le dos tourné vers l’autel et là il échangeait avec la collectivité ou les fidèles présents. Ceci pour dire qu’il n’était pas nécessaire de tout chambouler, et détruire le symbolisme bimillénaire, pour rendre l’office plus convivial… Qu’est-ce que vous regardez ?
  • La sur le mur il y a des tableaux. Ils représentent quoi au juste ? c’est la galerie des ancêtres ?
  • C’est ce que l’on appelle le chemin de croix. Chacun des tableaux représente une station située sur le chemin qui mène au calvaire au le Christ fut crucifié.
  • Vous n’allez pas me dire que là aussi il y a des particularités alchimiques !
  • Vous ne pensez pas si bien dire. Le nombre de fois ou le Christ s’effondre sous le poids de sa croix est représenté par les stations 3, 6 (souvent corrigée en 7 par les ecclésiastiques) et 9. Alchimiquement cela correspond aux trois teintures rouges de la pierre qui doivent s’effectuer à trois reprises, 3 jours, puis 6 et enfin 7 jours après le début de l’opération de rubéfaction.
  • Je ne vous contredirais pas parce que je n’y comprends rien. Si vous avez quelque chose de plus facile…
  • Je crois pouvoir vous satisfaire. Le chemin de croix est constitué par 14 tableaux. Pour travailler la pierre il est nécessaire de préparer 14 parts de cette substance que l’on utilise tout au long de la fabrication ou Grand Œuvre.
  • Je veux bien vous croire quand vous serez plus explicite.
  • Pour cela il vous faut devenir alchimiste.
  • C’est possible ça ?
  • Évidemment… Je reste à votre disposition.

DE RENNES LE CHÂTEAU Á L’ALCHIMIE

Voici l’extrait d’une conversation très récente avec une journaliste.

JOURNALISTE: Vous avez écrit deux livres sur Rennes le Château. Pour quelle raison développé-vous un discours supplémentaire sur ce même sujet ? Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire de nouveau, à travers votre roman Le secret des Corbeaux de rennes le château, alors que la production littéraire sur Béranger Saunière est inflationniste?

LEON GINESTE : Vous vous doutez que si j’écris c’est que j’ai quelque chose à dire. Bref, J’ai essayé d’approfondir certains points qui me paraissent fondamentaux et qui ouvrent des perspectives. Peu importe l’inflation des publications sur ce sujet. J’informe sur ce que j’ai compris ou cru comprendre. Le lecteur décidera du bien fondé de mes publications.

Les deux premiers ouvrages, qu’il s’agisse de Rennes le château la carte des trésors ou Ermestine, restent des livres de synthèse très généraux sur le sujet, à l’instar de Holoscopie de la spiritualité Occidentale qui l’est pour les fondements de l’alchimie avec l’alchimie expliquée par son langage. Les deux ouvrages sur l’énigme du Razes sont, en réalité, de brefs comptes rendus de recherches. Ils sont loin de traduire ma pensée. Pour y parvenir j’ai du écrire un roman. Pourquoi un roman ? C’est un genre littéraire qui permet de s’appuyer sur tout ce que je connais sur l’énigme de l’abbé Saunière avec en bonus la possibilité d’imaginer, de la manière la plus réaliste plausible des liens entre les faits de cette étrange histoire. Le roman permet une broderie adaptée aux évènements sans trahir l’esprit qui me semble le plus adapté. Par ailleurs ce nouveau livre est inséparable de deux points essentiels : l’alchimie et l’origine de cette même alchimie. Cette orientation fait passer le récit d’un plan purement romanesque d’aventure à celui d’anticipation-fiction. En d’autres termes j’ai voulu en faire un mélange d’informations sérieuses et de distractions pour aborder des problèmes existentiels tout en se délectant d’une histoire de trésor…

Pourquoi parler d’alchimie à propos de l’énigme de rennes le château ? Parce qu’elle est la clé de ce qu’à voulu dire Bérenger Saunière à travers l’agencement de son église. J’insiste en ce sens car bon nombre de chercheurs refusent catégoriquement la dimension alchimique de cette histoire alors que l’évidence crève les yeux. Cette cécité a le don de m’agacer quelque peu car elle repose sur une véritable ignorance (ou refus ?) de la mentalité des « honnêtes hommes » du XIXe siècle rompus aux jeux de mots et aux allusions. Béranger Saunière n’y échappais pas, pas plus que son collègue, de Rennes les Bains, l’abbé Boudet !

J. : Pouvez-vous être plus précis et démontrer cette évidence des symboles alchimiques, accommodés par l’abbé Saunière dans son église de Rennes le Château ?

L.G. : La démonstration est simple et pour cela il n’est même pas nécessaire de pénétrer dans l’église. Le porche lui-même est suffisamment expressif. Rappelons d’abord que l’alchimiste œuvre sur les quatre éléments. Chacun d’eux est symbolisé, dans l’ancienne nomenclature chimique avant 1813, par un triangle. Sur le porche nous voyons un grand triangle le sommet dirigé vers le haut qui n’est autre que celui de L’ELEMENT FEU. Pour préciser le sens les plaques de céramiques qui le constitue sont de couleur jaune avec des involutées qui soulignent l’analogie avec les flammes. Précisons que l’alchimie est appelée PHILOSOPHIE PAR LE FEU, ce qui est une belle démonstration du sujet abordé dans la symbolique de l’église. Mais le plus important n’est pas là. A la base de ce triangle de céramique flamboyante nous avons deux gargouilles, les deux seules de l’édifice, dont on peut se demander ce qu’elles font là. De simples rigoles de pierre non ouvragés auraient pu suffire. L’une représente un homme irrévérencieux qui tire la LANGUE, l’autre un OISEAU. La lecture de ce rébus est évidente. Le sens symbolique de cet édifice repose non seulement sur l’alchimie des éléments mais aussi, et surtout, sur la LANGUE DES OISEAUX. Cette langue se réfère à la phonétique, aux anagrammes, aux inversions et étymologies approximatives issues du grec ou du latin. C’est la raison pour laquelle elle est aussi appelée langue du cheval ou cabale. Le terme de cheval sous-entend « cheval de somme ». Animal qui porte LA SOMME… DES CONNAISSANCES. Et les connaissances transmises dans cette église dépassent ce que l’imagination sait concocter de mieux.

J. : Pourriez-vous expliquer ce qu’est l’alchimie ?

L.G. : Auriez-vous l’intention de me faire écrire un quatrième livre ? Evidemment je plaisante ! Mais le sujet est si vaste qu’il nécessiterait la rédaction d’un ouvrage. Expliquer ce qu’est l’alchimie est une chose, mais rectifier les idées erronées à son propos, et il en circule des tonnes, en est une autre. Les deux réunies font un Himalaya de rectifications ! Je vais malgré tout tenter de vous répondre sans trop flirter avec le succinct.

L’alchimie œuvre fondamentalement avec les phénomènes vitaux, avec la vie. C’est pour cela qu’elle est d’abord médecine. Elle n’est donc pas une métallurgie et encore moins de la chimie, même si en arabe le mot alchimie signifie « la chimie » avec une connotation sacrée dont nos scientifique n’ont cure. C’est art s’appelle en effet « art sacerdotal », ce qui le relie aux racines de la spiritualité, et plus particulièrement du christianisme, indépendamment de toute sphère ecclésiale.

Quand on évoque la vie on a tendance à considérer la nature avec les champs, les fleurs et les forets avec les animaux qui la peuple et puis, évidemment, l’humanité qui la cultive. La vie est incontestablement cela mais n’est pas que cela. C’est une sorte d’énergie qui est à l’origine d’un courant de pensée qui eut ses beaux jours à la faculté de médecine de Montpellier. C’est le vitalisme dont le représentant, sur le plan national, fut le brillant professeur Bartez au caractère exécrable ! Mais cela n’entrave pas sa valeur et sa statue trône, avec celle du professeur Lapeyronnie à la porte de la faculté de Médecine. Pour les vitalistes les phénomènes biochimiques trouvent leur moteur dans une énergie vitale qui les animent et les entretiens. « L’énergie » VIE dynamise la matière biologique.

Somme toute cette particularité pourrait rester une sorte de querelle de chapelle entre la physiologie moderne inaugurée par Claude Bernard et les anciens friands du concept phlogistique dépassée. Tout cela change si je dis que, pour l’alchimiste, la vie dépasse spatialement notre biosphère terrestre. Elle enveloppe notre système solaire, elle lui est intimement liée. C’est cette particularité qui a donné naissance à l’astrologie car les astres, chacun à leur manière, sont des donneurs de vie.

Cette correspondance avec ce que l’on appelait l’astrologie judiciaire (jugement de Dieu annoncé par les astres) s’inscrit dans une tradition très ancienne liée à la vie. Cette fois il ne s’agit plus uniquement de la vie biologique mais de la vie événementielle. Que les choses soit claires : Il n’y a qu’une vie inscrite dans l’espace organique en même temps que dans le temps à l’origine de l’histoire d’un individu ou d’une société ou même d’une planète. L’une est inséparable de l’autre, l’une est le reflet de l’autre. L’astrologie est née du concept vitaliste de l’alchimie que les adeptes cherchaient à mieux comprendre. La biologie spatio-temporelle reste à redécouvrir depuis que l’astrologie s’est séparée de l’alchimie. La vie est une pulsion basale organique en même temps qu’un océan de causes.

La thérapie ne saurait procéder de l’astrologie. Je pourrais faire une analogie grossière en comparant l’astrologie à l’écran d’un ordinateur qui traduit en image ce que lui dicte l’unité centrale analogue à l’alchimie.

Seule l’alchimie, ou la carte mère et le processeur de notre ordinateur, permet d’agir, de guérir, et non l’image qui est sur l’écran. Réaliser des travaux sur une image, tel certain astrologues actuels, est sans aucune répercutions sur la réalité. Seule l’unité centrale est capable de rectifier l’image qui est sur l’écran de l’ordinateur et donc d’élaborer un autre ciel à son patient ! Paracelse parle de « transplantation » ou soustraction de l’effet nocif d’une planète :

« On ne peut forcer le ciel, dit Paracelse, mais il est possible à l’Art (alchimie) de faire un autre ciel à l’homme dans ses maladies ; les arcanes (les secrets alchimiques) existent à cet effet. C’est pourquoi les Arcanes sont un ciel puissant dans la main du médecin. L’autre médicament consiste à libérer l’homme de la sphère et de la puissance de Saturne. Cela s’accomplit par la transplantation de l’homme ; on doit le soustraire à une planète et le soumettre à une autre.»

Vaincre le déterminisme, traduit dans un thème astrologique, à l’aide des remèdes alchimiques, telle est l’idée de Paracelse qui n’est qu’une conséquence logique de la multi dimension du phénomène vital. Guérir une maladie par l’alchimie c’est rectifier un destin, lui extirper une « maladie » existentielle. En qualité d’alchimiste Paracelse ne pouvait penser autrement. Je le répète : un thème astrologique est une image analogique dont le code secret d’interprétation est dans le laboratoire de l’alchimiste, dans cette énergie vitale avec laquelle il œuvre pour fabriquer sa pierre philosophale qui transmute autant les vies que les métaux, ce qui rend négligeable, et même méprisable, la dimension métallo génétique de la transmutation.

Au plaisir de vous retrouver à travers histoire des mystérieux et puissants CORBEAUX qui sont au cœur de l’énigme de Rennes le château.

PANPSYCHISME ET ALCHIMIE

bre04Le mot panpsychisme provient du grec « pan » qui signifie « tout » ou « partout » et « psyché » désigne l’Esprit. C’est donc un terme qui exprime la présence de l’Esprit en toutes choses. Nous devons cette expression au philosophe britannique Galen Strawson (né en 1952).
Aussitôt que ce concept fut connu, les électrons et les protons furent déclarés spirituels par les fans de l’ésotérisme et du Nouvel Age. Bref, la présence partout de l’Esprit se répandit comme une trainée de poudre. L’ésotérisme entier s’en gargarisait dans ses cénacles délirants. Ce fut la découverte du siècle, une percée mystique de la pensée matérialiste, une victoire glorieuse des spiritualistes bidons qui lui donnèrent un relief surréaliste et l’assimilèrent ipso facto au dénouement d’une grande enquête à la Rouletabille ou à l’Arsène Lupin. Ainsi les rosicruciens, et d’autre sociétés initiatiques, en firent leur grand secret ! Secret de polichinelle évidemment qui servait à enduire de miel, leur philosophie fatiguée, pour attirer les mouches.
Face aux longues plaintes des gentils frères ou frater que je torture sous le fer rouge de mon langage peu châtié, J’exécute un rétablissement sportif dans le domaine du raisonnable pour ne plus martyriser ces âmes malheureuses de croyant indéfectible en leur philosophie universelle… Qu’est-ce que je suis méchant !

Galen Strawson était frustré, avec beaucoup de ses collègues contemporains, face au problème matérialiste du dualisme. Je rappelle que le dualisme prône que les phénomènes mentaux sortent du champ de la physique et donc de la matière.
La version la plus connue du dualisme a été formulée en 1641 par René Descartes qui a soutenu que l’esprit était une substance immatérielle qui va donc s’opposer à la matière et ne rien à voir avec elle.
Le panpsychisme ne prétend pas que les atomes soient conscients au sens ou nous le sommes. Mais seulement que certains aspects relevant du mental ou de l’intégration du vécu (donc une mémoire comme la manifeste l’eau) sont présents dans les systèmes physiques les plus simples. Des formes d’Esprit ou d’expériences plus abouties émergent dans les systèmes plus complexes. Nous retrouvons ici le concept complexité-conscience de Teilhard de Chardin quand il établit un parallélisme entre l’augmentation de complexité de la matière avec, à chaque étape de sa complexification, un surplus de conscience jusqu’au fameux «pas de la réflexion» qui caractérise les hommes (in L’apparition de l’homme).
En 2006 Strawson précisait certains points de sa philosophie. Et en particulier la différence qui existe entre un système manufacturé, comme une table, et un système auto-organisé fruit des poussées naturelles, et que l’on trouve donc autour de nous sans que l’homme ne l’ait fabriqué en maison, automobile, avion ou chaise.
Les agrégats constituant les objets manufacturés qui ne s’organisent pas eux-mêmes ne peuvent avoir de but ni d’intention propre. Mais nul ne saurait prédire les manufactures du futur susceptible de créer des objets capables d’avoir des volontés individuelles. Il semble que l’IA (Intelligence Artificielle) en soit l’une des premières manifestations. Mais cela est une autre histoire.
Dans les systèmes auto-organisés les agrégats subissent des expériences et s’organisent spontanément en formes de plus en plus complexes par différents processus dont la sélection naturelle.

Le panpsychisme n’est pas une idée neuve. La plupart des gens y croyaient autrefois et beaucoup le font encore et parmi eux les alchimistes. Partout dans le monde, les peuples traditionnels voyaient l’univers comme vivant et, en un certain sens, conscient et présent à lui-même : les planètes, les étoiles, la terre, les plantes et les animaux avaient tous un esprit, une âme. De ce concept cher à nos aïeux a émergée l’astrologie, l’alchimie minérale, et la spagyrie et les diverses phytothérapies. Tout comme les Archidoxes de Paracelse, les concepts fondamentaux de l’Anthroposophie, de Rudolf Steiner, reposent sur ce vitalisme universel.
L’alchimiste dans son laboratoire œuvre sur un minéral qui comme tout minéral s’est auto-organisé au sein de la terre. De ce fait il est pourvu d’esprit. Mais son organisation, et donc sa progression, est freinée par le manque d’esprit générateur d’organisation. Aussi le rôle essentiel de l’alchimie sera de lui en fournir afin de la faire progresser. D’où cette parole, que l’on trouve dans nombre de grimoires, qu’adresse la matière à l’alchimiste clairvoyants:
« Aide-moi et je t’aiderais ! »
Là où le mystère demeure complet est comment une matière faiblement organisée comme un minéral peut-elle aider un homme si ce n’est par l’intermédiaire de l’Esprit qu’ils partagent ?

« L’Esprit-Saint vous enseignera » dit le Christ à ses apôtres…
Toute la dimension transcendante de l’alchimie se trouve là indissolublement liée, en Occident, au christianisme mystique.

Avec toute mon amitié.

PROPOS SUR L’ILLUMINISME

VISION-DE-L-UNIVERS2

L’illuminisme est devenu incompréhensible non seulement pour la spiritualité en générale mais aussi pour la franc-maçonnerie qui l’a longtemps gardé en son sein.
La raison en est simple : l’esprit avec lequel œuvrèrent ceux qui participèrent de ce courant spirituel du XVIIe et XVIIIe siècle, est devenu étranger à nos spiritualistes contemporains. Ils ont oublié l’aspiration fondamentale qui présida à l’élaboration des voies initiatiques, dont l’alchimie est le maître d’œuvre, à tel point qu’a pu fleurir marginalement un illuminisme négatif, qui dirige le monde matérialiste, lequel a pris le nom d’illuminatis. Sur ces dirigeants je ne m’attarderais pas car ils sont une conséquence directe de la corruption de notre société comme le sont le revers de la médaille de certaines inventions dont le prix Nobel nous rappelle en permanence la triste réalité.
Au XVIIIe siècle, l’illuminisme était d’une extraordinaire richesse et préfiguraient les découvertes des neurosciences actuelles. Ce courant ésotérique se caractérisait par une reconnaissance en l’homme d’un ensemble de faits de capacités et d’états qui dépassent largement l’aptitude, aussi subtile soit-elle, de notre intelligence discursive.
C’est exactement les mêmes constatations que firent les neurobiologistes quant aux étranges capacités de notre encéphale cérébral droit qui est capable de parvenir à la solution exacte d’un problème sans passer par un raisonnement logique. Son aptitude à saisir une totalité dans une partie de ce qui est observé renoue avec l’adage si souvent ironisé : « Un le tout, tout en tout » adage qui ignore combien la structure holographique de notre pensée est omniprésente sans parler de celle de notre univers dont les recherches sont en cours…
Le nom d’illuminisme fait référence à la lumière. Toute la difficulté, et aussi toutes les erreurs, reposent sur la définition que l’on donne à la lumière. Si nous croyons qu’elle est uniquement une science divine venant d’en haut et donc le fruit d’une mystique qui procède par révélation des connaissances du monde supérieur, nous avons raison si seulement nous savons d’où vient cette lumière et comment nous faire illuminer par elle.
Quoi qu’il en soit les individus insatisfaits par les dogmes et les cultes se livrent à des recherches sur le christianisme primitif pour tenter de discerner l’origine de cette lumière. La encore ils ont raisons seulement s’ils pensent que la connaissance d’un rit ne vas pas tout solutionner, et là je parle aussi des rit maçonniques. En d’autres termes ils ne peuvent porter leur fruit que s’ils ne sont pas le jouet de cette lettre servile qui occulte l’Esprit.
Tout cela est en accord avec la pensée de Joseph de Maistre. Quoi qu’il en soit la mystique fut toujours indépendante de tout cléricalisme établi, même au sein d’une Église. C’est un concept partagé par tous les illuminés mais qu’ignorent bien des Francs-Maçons qui se disent anti-dogmatique et par la même (par cette manière de penser dogmatique par essence) se barrent la route à l’illumination.
Comment jouir de cette intuition, de cette intelligence profonde des choses qui repose sur une illumination invisible ? Comment posséder la vision intime du principe de la réalité du monde ? Telle sont les questions que se posent tout adepte.
La seule réponse réside dans la signification du symbolisme alchimique des loges maçonnique qu’expliquent à leur manière bien des auteurs. Et qui plus est, seul le laboratoire alchimique rejeté par bien des loges, offre une compréhension et une solide technique mystique pour y parvenir.
Ceci étant dit Martinès de Pasqually, Saint-Martin, Willermoz, Johann Friedrich Kleuker et Gottlieb Heinrich von Schubert, furent tous admirateurs de la théosophie chrétienne de Jacob Boehme, qui révéla l’influence de l’alchimie.
Les fondateurs des grands courants spirituels ne sont lus qu’en fonction du crible de nos croyances qui sont, il faut le reconnaître, le pivot de l’expérience humaine à la racine de nos habitudes cognitives. C’est un fait qui n’échappe à personne, pas même aux biologistes spécialistes des neuroscience qui affirment, tel le célèbre professeur Américain de neurophysiologie Michael Gazzaniga : « Croire est ce que les humains font le mieux » in Le cerveau social : p13 Editions Odile Jacob.
Ainsi prévenus nous continuons à ne point nous méfier de nous-mêmes tout en fredonnant béatement : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les dieux » c’est ce que l’on appelle du verbiage qui nous occulte la lumière car nous ne faisons que réciter à l’aune de nos croyances et de nos coups de cœur.
Certains m’affirment péremptoirement que l’initiation permet de dégager le « moi intérieur », « l’étincelle divine » existant dans la personnalité humaine. Je veux bien le croire mais je n’ai jamais rencontré d’individu ayant réussi ce tour de force résultant d’une initiation sans être au préalable sérieusement formé. Car toute chose nécessite une formation même si nous sommes habités par une puissante intuition. Évidemment j’entends l’initiation dans le sens maçonnique, rosicrucien ou martiniste du terme.
Le père des lumières, pour paraphraser Fulcanelli, n’est autre que le soleil. Œuvrer avec la lumière n’est autre que l’alchimie qualifiée d’œuvre du soleil par Hermès Trismégiste. C’est dans ce sens que Jacob Boehme, révéla à l’avant-garde des illuministes l’influence, et donc la nécessité, de l’alchimie.
Celui qui au laboratoire n’a pas découvert la puissance créatrice de la lumière, et ne sait surnager dans l’océan des causes, ne saurait savoir ce qu’est réellement l’illuminisme.
La pratique au laboratoire provoque des réflexions, amène à des découvertes ainsi commence la formation qui inéluctablement conduit à rencontrer un guide autant pour le laboratoire que pour comprendre le sens profond de la lumière en soi et à travers l’Univers.
Ce qui précède n’est pas spéculatif.
C’est donc par un retour aux sources de l’illuminisme et de l’alchimie et par ceux qui souhaitent se mettre à son école en plaçant leurs pas dans les leurs, et non en ostracisant leur doctrine et leur façon de vivre le cheminement initiatique, que la maçonnerie pourra retrouver son authenticité perdue.
Je sais, c’est une vue de l’Esprit et je ne nie as que je suis un rêveur éveillé. Mais j’ai posé ma Pierre. C’est là l’essentiel.
Avec toute mon amitié.

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L’ALCHIMIE ET RENNES LE CHÂTEAU A TRAVERS MON INTERVIEW PAR UNE JOURNALISTE

Q : Lorsque nous évoquons l’alchimie aujourd’hui, nous viennent en tête des images de gravures du Moyen Age. Or elle est vivante aujourd’hui (les trois livres que vous avez fait paraître en sont la preuve)

R :Les enluminures et les gravures généralement incompréhensibles du moyen-âge ont beaucoup contribuées à faire de l’alchimie une science secrète et disons-le, maudite. Son image fut pervertie par des charlatans ou des individus avides de s’enrichir en transmutant du plomb en or. D’où, cette réputation peu flatteuse de l’adepte un peu fou cherchant à fabriquer une pierre capable de changer les métaux en or. Actuellement quand on avoue (car on l’avoue comme une tare) que l’on s’intéresse à l’alchimie, c’est le tollé général ! Plus personne ne vous prend au sérieux. Vous pouvez aisément comprendre qu’il est toujours désagréable d’être pris pour un cinglé ! Alors, nous sommes discrets.

L’alchimie à toujours été vivante, mais actuellement elle se manifeste davantage car les esprits changent, deviennent plus ouverts depuis que des vulgarisateurs scientifiques montrent que les transmutation ne sont pas utopiques. Curieux paradoxe, les spiritualistes de l’alchimie qui rejettent le laboratoire, sont beaucoup plus en retard que les scientifiques agnostiques.

 

– Pouvez-vous nous en donner une définition ? Est-elle encore aujourd’hui, ce qu’elle était hier ? Qu’est ce qui demeure et qu’est-ce qui évolue ?

Définir l’alchimie est en réalité simple et, pour les partisans de l’alchimie transmutatoire, assez déconcertant. En effet, l’alchimie est la science de la vie. C’est pourquoi les grands médecins tel Paracelse, Arnaud de Villeneuve, Rabelais, Nostradamus, et dans l’Aude, Pierre-Jean Fabre, étaient tous des alchimistes.

Actuellement beaucoup de scientifiques s’intéressent à l’alchimie, surtout depuis la mise en évidence, au début des année 90, par des physiciens anglo-saxons, de la réalité des transmutation à la température ambiante, ce qui a valu à ce procédé le nom de « fusion froide ». Le cas le plus connu de scientifique de haut niveau, s’intéressant à l’alchimie, est celui de Pierre Lazlo chimiste belge professeur à l’école polytechnique et à l’université de Liège. Le progrès que l’on doit à ce scientifique est de ne pas avoir cédé au dénigrement positiviste sans pour cela accréditer l’occultisme.

L’image de l’alchimie est en train de changer, mais l’alchimie elle-même, son esprit et sa pratique ne peuvent changer puisque c’est une connaissance parvenue à son plus haut degré de perfection. Donc elle est aujourd’hui comme elle était hier ! Cependant, certaines techniques modernes peuvent faciliter sa pratique. Je pense en particulier au densitomètre optique qui permet de suivre les variations de longueur d’onde des rayons solaires. Ce qui demeure immuable dans l’alchimie c’est le processus de fabrication de la pierre, ses étapes, ses tours de main. En cela rien n’est différent depuis les civilisations antiques. Ce qui évolue, c’est l’utilisation d’appareils qui peuvent permettre d’agir avec plus de sûreté. Je le répète, rien n’a changé dans la « technique » alchimique car on ne change pas un procédé qui gagne.

 

En quoi apporte-t’elle une réponse pertinente à la crise que traverse l’humanité et la planète aujourd’hui ?

Je viens de dire que le procédé alchimique est immuable, ce qui signifie que l’alchimie est la même sur toute la planète. Les conséquences sont évidentes : Un alchimiste chrétien est le frère d’un alchimiste musulman, hébreux, indou, taoïste ou bouddhiste… De ce fait elle est un puissant vecteur de fraternité entre les hommes. Avec la fraternité n’est-il pas possible de trouver une issue à bien des crises ?

On a trop souvent oublié que la réforme de l’humanité commence d’abord par soi-même.

 

Certains pensent aujourd’hui que Science et Spiritualité sont sur le point de se rencontrer. Qu’est ce que l’Alchimie peut apporter à la Science et à la Spiritualité ?

Oui, il y a du vrai dans cette croyance de la rencontre entre science et spiritualité. Cependant si la science se définit aisément, la spiritualité est plus difficile à cerner. Tout le monde peut se rendre compte que celle qui est liée au christianisme est à l’agonie. En réalité, comme je le montre dans Holoscopie de la spiritualité occidentale, la spiritualité associée à une religion plus ou moins conditionnante a finie de vivre. L’émergence des intégrismes revendicateurs assassins ou terroristes en est l’illustration. Il s’agit là d’une maladie incurable annonciatrice de la mort prochaine.

C’est maintenant que va se définir la spiritualité et le nouvel esprit scientifique tout deux détachés de toute loi et contraintes imposée par les « pontes » et les « prélats », qu’ils soient directeurs de recherche, évêque, rabbins ou ayatollahs.

La spiritualité alchimique est totalement libre et repose, comme le bouddhisme primitif non religieux, sur le silence intérieur et la communion directe avec l’absolu. L’apprentissage du total silence intérieur est la clé de ce sanctuaire. Cette pratique permet de constater que le corps, par son rayonnement, a une action sur la matière. L’alchimie peut donc apporter à la science une redécouverte de ces effets. À mon avis, elle conduira la science à analyser plus finement le principe anthropique (effet de l’expérimentateur sur l’expérience qu’il réalise et sur l’univers) et donc à révisiter les lois physiques et biologiques. Cette révolution est inévitable. L’alchimiste maîtrise ce phénomène intuitivement et l’amplifie. Ce que les scientifiques ignorent, pour l’instant, c’est qu’il est étroitement assujetti à la spiritualité.

 

Vous vous réclamez d’une école particulière puisque vous avez succédé à Mgr Caro.

Pouvez-vous nous dire qui était Mgr Caro ?

Si vous êtes élève d’un lycée ou d’une université, pouvez-vous vous réclamer d’une école particulière ? Évidemment non ! Vous êtes formé dans un centre d’enseignement où le programme est le même dans tous les autres. Il en est de même en alchimie, il n’y a pas d’école particulière mais des lieux de formations qui ont le même programme dans tous les pays du monde. Je me considère comme un enseignant qui doit transmettre une connaissance aux générations futures. Mgr Roger Caro pensait et faisait de même.

Mgr Roger Caro était avec Fulcanelli, et Eugène Canceliet l’un des plus grands alchimistes du XXe siècle. C’était un chercheur et expérimentateur infatigable au solide bon sens. Pour perpétuer l’enseignement qu’il reçut de ses prédécesseurs, il écrivit plusieurs livres destinés à guider les élèves tant en alchimie qu’en théologie. Par un travail sur lui-même il était capable de réaliser – grâce à sa parfaite maîtrise du phénomène anthropique – le Grand Œuvre (réalisation de la pierre philosophale), là où les autres échouaient. Il nous démontra l’importance de cet effet. Pour cela, il se plaça autour d’une table avec un ami et son épouse et prirent chacun un ballon de verre identique et utilisèrent la même matière. Roger Caro réalisa avec succès la manipulation qui fit naître la pierre philosophale alors que les deux autres échouèrent. Ensuite il réussit une manipulation réputée impossible en prenant les ballons contenant les fruits des échecs, dans lesquels il fit naître en chacun la pierre philosophale… Sa capacité à comprendre les symboles alchimiques de tous âges et de tout lieu était confondante. Sa simplicité, sa générosité et sa bonté dépassaient celle de nombreux « spiritualistes ». Je suis persuadé qu’il n’aurait pas aimé que j’en dise plus.

 

Qu’est-ce que l’Église gallicane ? dans quelle tradition s’inscrit-elle ? sa représentativité aujourd’hui ?

Elle est l’oratoire privilégié des alchimistes. Comme son nom l’indique, elle est l’Église des Gaules qu’il ne faut pas confondre avec l’Église Anglicane d’Angleterre.

Cette Église est la plus ancienne de toutes, plus ancienne que celle de Rome et que toutes les Églises d’Orient. Elle est née le jour où les apôtres du Christ et les « Saintes Femmes » débarquèrent aux Sainte-Marie de la Mer. Ils évangélisèrent d’abord le sud de la Gaule où presque tous s’installèrent. À cet endroit est également née la saga du Graal puisque Joseph d’Arimatie était dans la fameuse barque. En ce lieu a commencé aussi l’énigme de Rennes le Château avec la venue de Marie-Madeleine la fort probable épouse du Christ « Vrai Dieu et vrai homme » affirme l’Église ! Mais là n’est pas mon propos…

Cette Église Gallicane naissante avait un rituel, ou messe, particulière. Elle était constitué par des textes alchimiques d’Alexandrie. Cela ne saurait mieux exprimer la tradition dans laquelle s’inscrit l’Église Gallicane ancienne. Elle est plusieurs fois centenaire et fut déclarée officiellement par Mgr Roger Caro en 1972 à la Préfecture du Var, sous le nom d’Église Universelle de la Nouvelle Alliance. Actuellement son siège est à Montpellier.

Nous sommes très peu. Pour nous le nombre est sans importance, c’est la qualité de chacun qui compte. Jamais, au grand jamais la loi de la quantité ne pénétrera dans notre sanctuaire, mais bel et bien celle de la qualité. Quand on me demande le nombre de membres de l’Église alchimique, j’ai envie de répondre que je ne sais pas compter !

 

Comment devient-on alchimiste aujourd’hui ?

  Pour devenir alchimiste, il faut être vrai, simple, et savoir garder sa langue. C’est tout ! Pour devenir alchimiste, il faut être motivé et ne pas hésiter à demander l’enseignement.

 

À qui s‘adresse cette « voie de connaissance » ? Quelles sont les qualités « requises » où « à développer » pour tirer parti de cette voie ?

 L’alchimie s’adresse à tous et à toutes. Comme je viens de le dire l’essentiel est la motivation. Les qualités requises ? Aucunes, si ce n’est un minimum d’équilibre psychologique. Dans le domaine de l’ésotérisme, cet équilibre n’est pas toujours certain. Ce que l’on appelle les « allumés » pullulent ainsi que ceux qui sont attachés d’une manière inconditionnelle et presque pathologique à un gourou ou à une école de pensée.

 

-« La sagesse commence dans la cuisine » m’avez-vous dit, « la quête alchimique n’est pas uniquement symbolique mais bien concrète ». Quelle est l’importance de cette pratique concrète ?

Quand un « fils de science » (élève alchimiste) comprend que la matière peut être sublimée, alors il entre au laboratoire pour œuvrer sur elle. Cette constatation est capitale car elle offre une possibilité de libération à ceux qui pensent que la matière est mauvaise ou sous l’emprise des forces négatives. Cette possible évasion est au cœur du « trésor » cathare. Elle était connue par l’alchimiste Rudolf Steiner et son excellent élève Déoda Rocher d’Arques, non loin de Rennes le Château. C’est pourquoi le symbole de la libération est la colombe.

 

Pouvez-vous nous en dire quelques mots de cette pratique ?

La fabrication de la Pierre philosophale s’appelle, comme je l’ai dit, le Grand Œuvre. Il ne nécessite pas un matériel important, seule une cornue solide en verre boro-silicaté (Pyrex) est nécessaire et quelques ballons suffisent. J’ai vu un adepte musulman se servir d’une cornue et d’une bouteille à la place d’un ballon ! Les joints étaient assurés avec de vieux chiffons ! L’alchimie est le règne de la « bidouille » et de la « débrouille ». La rencontre entre adeptes ressemble parfois à un club de bricoleur ! Avec un frère en la Sainte Science (alchimie) j’ai passé récemment un bout de temps à essayer de trouver un support de filtre assez résistant pour finalement jeter notre dévolu sur un vieux trempoline ! S’il y avait eu parmi nous un « Saunière » ou un « Boudet », il aurait placé sur la tête des saints de son église des auréoles « trampoline ». Bien souvent, les chercheurs oublient la dimension humoristique des messages cryptés, et c’est dommage !

 

Autrefois cette pratique se transmettait sous le sceau du secret, Peut-on en parler plus ouvertement aujourd’hui ?

Je puis vous assurer que l’alchimie n’a jamais été secrète mais discrète. Ce que l’on vous enseigne vous n’avez pas à le raconter. J’appelle ce genre de discrétion nécessaire le secret de l’école. Si vous êtes à l’école maternelle, on ne vous délivrera pas le programme de Terminale. Ce programme sera secret pour vous et les maîtres auront beaucoup de difficulté à vous explique qu’il est trop tôt pour aborder l’étude des formules gérant les courbes logarithmiques, trigonométriques ou exponentielles. Apprenez d’abord à compter !

Les cœurs purs qui veulent apprendre à compter sont reçus à bras ouvert. Où est le secret ?

 

Vous avez choisi d’écrire des livres et donc de vous mettre, ainsi que l’alchimie, un peu sous les feux de la rampe ? pourquoi ce choix ?

Vous savez maintenant que mon rôle est d’enseigner l’alchimie. Pour cela il faut des livres adaptés à l’époque et aux intérêts du moment. J’écris pour permettre aux élèves d’avoir une bonne formation avec l’aide d’un Tuteur qui leur donne une référence dans mes livres lorsqu’ils trébuchent. Évidemment tout le monde peut lire mes ouvrages, c’est pour donner une dimension plus attractive, et rencontrer de futurs alchimistes à former que je dispense l’enseignement à travers des énigmes comme celle de Rennes le Château. Ceci étant dit je suis personnellement très impliqué dans l’histoire de Rennes le Château. Cette histoire attire beaucoup d’êtres qui s’interrogent tôt ou tard sur les mystères de l’univers, le devenir du monde et leur propre devenir. Nous sommes prêts à leur fournir des outils pour qu’ils puissent trouver les réponses eux-mêmes !

 

– Au-delà du « travail intérieur », la pratique alchimique peut-elle apporter des solutions concrètes à des problèmes bien réels aujourd’hui, comme le traitement des déchets nucléaires par exemple où la fabrication de « médicaments ou « remèdes » non toxiques pour l’être humain ?

Oui, l’alchimie pourrait apporter des solutions concrètes à des problèmes bien réels de la société. Quand je dis qu’elle pourrait, j’entends que la société ne lui en donne pas l’autorisation. Son arsenal juridique favorise la pénalisation de tout ce qui génère une incertitude risquant de mettre en péril les pôles politico financiers du moment.

La chape pénale qui emprisonne l’alchimie et toutes les thérapies parallèles lui rend impossible l’approche d’une substance irradiée et donc de l’étudier. De ce fait je ne puis répondre à votre question.

En ce qui concerne les thérapies, l’alchimie atteint d’excellents résultats. Elle peut guérir d’une manière rapide dépourvue d’effets secondaires. Il convient d’être prudent car un exercice illégal de la médecine est lourdement sanctionné. Donc inutile, pour l’instant, de solliciter un soin auprès d’un alchimiste.

 

-Votre second livre s’intitule « Rennes le château, les cartes des trésors » Il semble que les étapes de la quête alchimique soient représentées dans l’église de Rennes-le-Château, ainsi que dans la basilique ND de Marceille à Limoux.

Avant de traiter cette question je voudrais préciser que « Rennes le château, les cartes des trésors » n’est pas mon second livre mais mon quatrième. En ce qui concerne l’alchimie, j’ai écrit un livre qui est appréciée par beaucoup de lecteurs. Il est édité chez Dervy. Son titre est : « l’alchimie expliquée par son langage ». Passons à votre question.

Certaines étapes seulement du Grand Œuvre sont représentées dans l’église de Rennes le Château et dans le prieuré de N.-D de Marceille. Dans les deux églises, l’accent est mis, comme dans tout bon livre d’alchimie sur la substance qui va permettre de cuire la matière. Cela est fort bien expliqué dans les médaillons de N.-D. de Marceille.

 

-Pensez-vous que l’abbé Saunière connaissait et pratiquait « l’art royal » ?

À Rennes le château, si Saunière ne s’est pas fait aider ou conseiller, il ne pouvait que connaître l’art royal. S’il fût aidé, comme le pense l’Adepte Pumaz, c’est probablement à l’abbé Boudet qu’incombe la connaissance. Quoi qu’il en soit, la décoration de l’église ne peut qu’être l’œuvre d’un praticien doublé d’un remarquable cabaliste. J’aborde cela dans mon prochain livre.

 

Le « trésor » consistait-il en « connaissances » qu’il fallait absolument garder secrètes ? sous peine de mettre en péril les pouvoirs et les possessions du roi de France et des « grands » de ce monde ? ou de l’église romaine ? et qu’il est toujours d’actualité de garder secrètes aujourd’hui ?

Les « grands » de ce monde ont toujours eu peur de ce qui risquait de les dépasser. Ils n’hésitent pas à tuer quand leur pouvoir est menacé. J’ai lu quelque part que le bon roi Henri IV aurait été assassiné pour avoir voulu révéler un secret de taille. Cela ne m’étonne pas pour ce libéral qui a estimé que Paris valait bien une messe ! La légitimité de ceux qui nous gouvernent est moins évidente qu’elle n’y parait. Je n’irai pas plus loin sur ce terrain glissant !

Oui, le trésor est dangereux pour tout homme de pouvoir, surtout s’il est illégitime, car il ne s’agit pas seulement d’espèces sonnantes et trébuchantes.

Ne parlons pas de l’Église. J’ai démontré que la légitimité du pape en tant que chef des catholiques et en qualité d’homme infaillible ne tient pas la route pour des chercheurs sérieux non assujettis aux desideratas des ecclésiastiques.

À mon avis beaucoup de choses ne tarderont pas à s’effondrer afin que se régénère le monde. Finis Gloria mundi aurait dit Fulcanelli. Mais avant ce dénouement, qui ne peut être joyeux, notre rôle est de donner un espoir à celles et ceux qui y voient clair et veulent sincèrement œuvrer à leur propre régénération et à celle de la planète.

 

DIALOGUE ALCHIMIQUE

Parler d’alchimie sur Internet est difficile. On peut certes échanger des « recettes de cuisine », mais comment parler de cette partie de l’alchimie, trop souvent minimisé, qu’est l’alchimie interne ?
pour être sincère, je ne sais par où commencer tellement le sujet est immense. J’ai choisi d’adopter la forme d’un dialogue.
Tous ceux qui liront ces lignes sont donc invités à poser des questions.

Question : Vous allez parler d’alchimie, qu’est-ce qui vous autorise à le faire? rien ne me dit que vous n’allez pas m’induire en erreur avec tous ceux qui vous écoutent.

Réponses : Rien, absolument rien, ne me donne une quelconque autorité. Le rôle que j’essaye de jouer de mon mieux est celui-ci de donner éventuellement quelques idées aux chercheurs. Soyons clairs, Je ne prétends pas être dépositaire de la vérité. je puis seulement vous dire, que j’ai reçu un double enseignement, pendant 10 ans, de la part de l’alchimiste Roger Caro. Le premier étant d’ordre spirituel, le second d’ordre « technique ». En alchimie on parle d’Oratoire et de Laboratoires, les deux vont de pair pour réussir les phases de fabrication de la pierre philosophale que l’on appelle Grand OEuvre. Je ne vous demande pas de me faire confiance, mais de glaner çà et là les choses qui pourraient vous intéresser. Par ailleurs, vous avez raison d’inciter les internautes à la prudence, car j’ai visité de nombreux sites sur l’alchimie qui me semblent dépourvue d’intérêt.

Question : Je suis très étonné que vous puissiez parler d’alchimie sur Internet. Il est de notoriété publique que la recherche alchimique est essentiellement individuelle et secrète.

Réponse : Vous avez tout à fait raison la recherche alchimique est une recherche individuelle. D’ailleurs il en est de même pour toutes les disciplines de cet ordre. Mais Internet a cette particularité de pouvoir alimenter la recherche personnelle. C’est pour cela que j’ai créé ce blog. Je voudrais tout de même signaler qu’en alchimie, comme en beaucoup de matière, l’individualisme fini par devenir un obstacle ! Cela est traduit, dans le christianisme, par cette expression : « nul ne se sauve jamais seul ! ».
L’alchimie n’est pas secrète. J’ai souvent enseigné, ou tenté d’enseigner, cette « matière » a des personnes qui se disaient intéressées. J’ai découvert au fil de mon expérience que beaucoup ne l’étaient pas réellement, car aussitôt que se présente un travail sérieux, ils abandonnent. Je dois spécifier que tout est fait pour que ce genre individus soit éloigné. Je sais que la paresse est la chose au monde la mieux partagé, mais en ce domaine la motivation est nécessaire. Soyez-en sur, Il existe très peu de motivation réelle, mais beaucoup de curiosité. Les individus qui ne peuvent être formés disent alors que l’alchimie et secrète.

Question: Si, comme vous le dite, l’alchimie n’est pas secrète, pourquoi les ouvrages d’alchimie sont-ils incompréhensibles si ce n’est pour dissimuler cette connaissance?

Réponse: Le rôle de la littérature alchimique n’est pas de décrire clairement les procédés employés par les alchimistes. Pour s’approcher de la compréhension d’un texte écrit, il est quelque lois à respecter. La première et de se placer dans le contexte historique. Mon instructeur, disaient qu’on ne pouvait pénétrer le sens d’un texte issu du Moyen Âge en pensant de la même manière qu’actuellement. Le but de ses ouvrages appelés à juste titre hermétique est d’attirer l’attention. Le contenu étant cohérent sous une apparence incohérente, il existe donc un code de décryptage ! Ce code est donné par ce que l’on appelle la cabale, qu’il ne faut pas confondre avec la kabale hébraïque. Alors, pourrez-vous dire, étudions les lois de la cabale ! Eh bien non cela ne peut se faire car ces lois ne peuvent être définies par une pensée discursive. C’est une tournure d’esprit, une intuition, qui doit s’acquérir. Pour cela, il faut approfondir le symbolisme, non pas d’une manière spéculative, mais en tenant compte de la phonétique et des étymologies grecques et latines.
(A suivre)