ANALOGIE ET ALCHIMIE 3

(Les articles intitulés ANALOGIE ET ALCHIMIE se lisent dans l’ordre de leurs numérotations : 1, 2, 3,… Car la suite de ces articles forme un tout cohérent et progressif.)
 

Le sens de l’analogie et la théorie des correspondances.

L’analogie, est le mode de raisonnement le plus facile et le plus naturel, notamment pour les enfants, Son emploie est incontestablement fructueux dans la pédagogie. Sur le plan historique son rôle fut fondamental jusqu’au début du XVIIe siècle. Il est incontestable que la ressemblance a joué un rôle capital dans l’élaboration de la culture occidentale.

Même si l’actuelle science n’est plus ce qu’elle était il y a quatre siècles, il est incontestable que la pensée analogique n’a pas disparu.

Ainsi les paraboles ne sont pas seulement des exposés poétiques ou esthétiques, mais bel et bien des outils analogiques irremplaçables, dont le Christ connaissait la dimension profonde et les processus psychiques particuliers lui correspondant. Mais on a trop rabâché à la suite de Gaston Bachelard que l’image était un obstacle épistémologique, comme le montre l’impossible représentation mentale de la structure de l’atome. Vouloir se le représenter dans toute sa complexité est évidemment source d’erreur.

Cependant, dans la littérature et l’art, la loi de correspondance est toujours à l’honneur. Son efficacité dépasse largement la fameuse théorie des correspondances de Swedenborg.

Mais cette théorie est très ancienne et ne saurait devoir sa formulation à un individu particulier.

L’alchimie et la médecine hermétique, nées à l’aube des civilisations restent toujours vivantes. Elles reposent sur l’hermétisme, ou ensemble de doctrines et pratiques qui serait issues de l’ancienne Égypte, dont le personnage légendaire central est Hermès Trismégistes. Ces deux « sciences » trouvent leurs doctrines et leurs applications pratiques dans un même corpus, sorte de dénominateur commun qui est l’ancienne Théorie des correspondances. Pour elle, l’univers est constitué de règnes analogues, dont les éléments correspondent les uns aux autres.

Le texte fondamental de l’hermétisme et de l’alchimie est la table d’émeraude, dont voici les premières lignes :

« Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas.

De ceci sortiront d’admirables adaptations… »

Donc, le Cosmos est UN et toutes ses parties sont solidaires et interdépendantes. La correspondance et l’analogie entre le grand monde ou macrocosme et le petit monde (ici-bas) ou microcosme sont énoncées. C’est sur ces correspondances et analogies que reposent toutes les manifestations théoriques et pratiques de l’alchimie qui est la plus ancienne adaptation.

 

(Suite dans l’article intitule : Analogie et alchimie4. Attention les articles Analogie et alchimie1, 2, 3, 4… sont protégés car extrait d’un de mes livres)

ANALOGIE ET ALCHIMIE 1

(Les articles intitulés ANALOGIE ET ALCHIMIE se lisent dans l’ordre de leurs numérotations : 1, 2, 3,… Car la suite de ces articles forme un tout cohérent et progressif.)

Introduction

Pour aborder l’analogie il est nécessaire de l’arracher à la banalité de la simple ressemblance approximative ou d’un raisonnement facile et, finalement, de peu de valeur. Je souligne en passant que cette manière d’aborder l’analogie a gangrené de nombreux centres d’ésotérisme et écoles artistiques de différents horizons. Actuellement cette étude « mythico analogique » simpliste est présente dans bon nombre d’associations spirituelles, centres initiatiques et artistiques. De ce fait l’analogie a derrière elle une longue carrière spéculative dont elle a beaucoup de difficulté à se débarrasser. Ainsi elle continue à contaminer divers milieux qui ne savent plus comment s’en sortir.

Pour refonder le sens de l’analogie il est nécessaire de retourner aux sources. En réalité elle repose sur deux solides colonnes : une méthodologie des sciences et une herméneutique des symboles ou l’alchimie et la connaissance des lois de la nature jouent un rôle fondamental trop souvent ignoré et vilipendé par les cérébraux spéculatifs qui généralement ne veulent pas entendre parler de dimension concrète au laboratoire… Pour eux la Pierre Philosophale est l’homme lui-même et tout tourne autour de l’individualisme, dans le meilleur des cas de l’individuation, dont les rituels n’ont pas une force centrifuge suffisante pour arracher ces femmes et ces hommes de bonne volonté à la puissante attraction de leur trou noir qui est l’antithèse de l’œuvre au Noir des alchimistes.

Ce qui précède permet de comprendre pourquoi la quasi-totalité des membres de sociétés initiatiques contemporaines et des écoles d’esthétique ne peut accéder à l’alchimie universelle, ce qui par ailleurs ne diminue en rien leurs valeurs.

(suite dans l’article intitule : Analogie et alchimie, première approche de l’analogie)

PRINCIPE ANTHROPIQUE ET ALCHIMIE

Les astrophysiciens ont mis en évidence que le simple fait de l’existence des hommes impose des contraintes très précises à notre Univers et conséquemment à notre Terre, à la vie, à notre vie. Elles s’exercent sur ce que l’on appelle constantes physiques telle, par exemple, la vitesse de la lumière, la constante gravitationnelle ou les masses des particules atomiques (proton, neutron et électron) constituant toute matière…

Qu’est-ce que le principe anthropique ?

Cette influence sur l’univers et la matière, imposée par la présence des hommes, fut formulée par le physicien britannique Brandon Carter en 1974, sous la forme d’un principe appelé principe anthropique (du grec anthropos, homme) qui vise à évaluer les conséquences de l’existences de l’humanité sur les lois physiques.

Il existe trois énoncés du principe, il est essentiel d’en distinguer deux formes : Le principe anthropique faible et le principe anthropique fort.

Le principe faible dit que le simple fait de notre existence nous permet d’obtenir des effets sur les particularités de notre environnement immédiat et cosmologique. En d’autres termes le seul fait de notre présence nécessite un environnement particulier qui a des conséquences innombrables sur l’univers (âge, taille, densité moyenne de l’Univers, etc.). Cela signifie qu’il existe des ajustements fins parmi les constantes fondamentales, dont nous venons de parler.

Le principe fort est essentiellement finaliste, il peut se résumer en quelques mots : l’Univers doit posséder certaines particularités bien définies pour que la vie puisse apparaître et s’y développer. Cela signifie qu’il existe obligatoirement des complémentarités entre les différentes constantes fondamentales afin d’aménager un créneau précis pour permettre et favoriser l’apparition de la vie. Ces ajustements complexes et multiples ne peuvent être le fruit du hasard. Il existerait donc une finalité de l’évolution cosmique.

Il est capital de savoir que si les constantes physiques de l’Univers avaient été légèrement différentes, les conditions nécessaires à l’apparition de la vie n’auraient pas été remplies. Donc, le principe anthropique repose sur l’extraordinaire particularité, ou plutôt adaptabilité de notre univers. Évidemment on peut dire que c’est le fruit du hasard. Dans ce cas, nous ne pouvons que renoncer à comprendre l’Univers et à donner un sens à l’alchimie.

Si l’on s’interroge sur la valeur des constantes physiques fondamentales, par exemple le rapport entre la masse de l’électron, de charge électrique négative, tournant autour du noyau atomique et celle du proton, de charge électrique positive, entrant dans la constitution du noyau atomique, on reste perplexe. En effet, si on connaît leurs valeurs puisqu’on les a mesurés, on ne parvient pas à les comprendre ! Que se serait-il passé si elles avaient été différentes ? L’expérience a montré qu’une variation très faible de valeurs de ces constantes provoque un changement très important des structures et des propriétés de l’Univers.

Prenons un exemple reposant sur la constante de couplage des interactions fortes dont je vous épargnerais une explication ardue.

Le carbone et généralement l’oxygène sont indispensables pour former la matière vivante. Il est démontré que la genèse du carbone par la fusion de trois noyaux d’hélium au cœur du soleil est étroitement assujetti à cette constante de couplage des interactions fortes. Si cette valeur change d’un millimètre, les conséquences sont considérables. Tout le carbone disparaît en se transformant en oxygène, mais il peut aussi ne plus exister d’oxygène du tout.

Il y a donc dans notre univers un ajustement précis des paramètres physiques qui sont à l’origine de l’apparition de la vie et de ses formes évoluées. Évidemment le principe anthropique ne prétend pas résoudre l’énigme de la valeur des différentes constantes nécessaires pour l’apparition de l’homme.

 

Les rapports du principe anthropique avec l’alchimie.

Quel rapport le principe anthropique peut-il avoir avec l’alchimie, me direz-vous ?

Je rappelle le principe faible qui dit que : le simple fait de notre existence nous permet d’obtenir des effets sur les particularités de notre environnement immédiat…

Voici un exemple pour illustrer ce fait.

Un jour mon formateur en alchimie décida de nous montrer un aspect de l’alchimie, qu’à ses yeux beaucoup trop de ses elèves ne prenaient pas suffisamment en considération. Il fit donc une expérience. Il prépara les matières pulvérisées nécessaires pour réaliser le Grand Œuvre. Il en fit un tas au centre d’une table et chacun de ses deux compagnons se servit avec lui la même quantité de cette matière pour l’introduire dans un ballon. Ils oeuvrèrent ensemble en faisant les mêmes gestes. Seul, mon instructeur réussit.

La raison de cette réussite fut commentée à foison. La plus fréquente était qu’une substance avait été ajoutée par notre formateur (toujours la suspicion et l’accusation de malhonnêteté chez ceux qui n’acceptent pas l’échec.) Mais l’accusation d’ajout de substance perdit tout son sens puisque mon formateur prit chaque ballon dont l’expérience était manquée, et réussit avec chacun d’eux le Grand Œuvre !

Quelle est la raison de cette réussite ?

C’est la dimension que l’on peut qualifier de spirituelle. Évidemment, il convient de définir la spiritualité. Ce n’est pas celle qui consiste à réciter des prières ou à assister aux offices religieux. C’est, certes, fort heureux pour beaucoup mais largement insuffisant si l’on souhaite aller plus loin. Ce n’est pas non plus en s’alimentant à des textes d’une haute valeur spirituelle et en les déclamant seul ou devant d’autres avec un frémissement dans la voix et de la chair de poule plein les bras. Parler d’amour est insuffisant, l’essentiel est de le pratiquer et non de s’en gargariser ! Tout cela ne concerne que la sphère affective et ne saurait en rien être confondue avec la spiritualité.

D’abord un point capital : la spiritualité véritable n’est assujettie à aucune religion. Si dans le sanctoral de l’Église catholique on étudie les biographies des saints, on découvre immédiatement leur indépendance vis-à-vis des dogmes et de toutes sortes de dictats. Étudiez, par exemple, la vie de Padre PIO, vous serez vite édifié par son attitude vis-à-vis de l’armée.

La spiritualité est un ensemble de pratique et d’études qui traitent essentiellement de l’être vivant, de ses rapports avec lui-même, et avec l’Univers. Il faut souligner que la spiritualité n’a pas de rapport avec une croyance qui est généralement un conditionnement qui détruit cette liberté au cœur de la spiritualité.

Le cœur de la spiritualité est l’accession à la métanoïa que les Églises traduisent par conversion alors qu’il s’agit d’un changement (méta, cf métamorphose) de la manière de penser (noïa, cf paranoïa). Cela ne peut s’acquérir que par le silence de la pensée, ce qui nécessite un long apprentissage.

À partir de là, l’être change, se rapproche des forces créatrices. Les résultats sont parfois déroutants. Ainsi, lorsque j’étais étudiant, l’un de mes professeurs de biologie enseignant à la Faculté de médecines disait durant ses cours que les voies nerveuses de régulation des battements du cœur n’étaient pas toujours nécessaires. Il donnait l’exemple d’un yogi capable de moduler comme il le voulait son rythme cardiaque, jusqu’à un arrêt presque total des contractions. Certes, les battements cardiaques sont modulés par le parasympathique (pneumogastrique) qui est ralentisseur et le sympathique qui est accélérateur. Mais dans ce cas il s’agit d’autre chose puisque le cerveau est capable d’avoir une action sans utiliser de voies nerveuses. C’est là un bel exemple de l’effet du principe anthropique. Ne me demandez pas sur quelle constate biologique le yogi à agit !

Dans le laboratoire alchimique, il en est de même. La dimension spirituelle de l’expérimentateur est fondamentale. C’est pourquoi ceux qui sont prêts sont capables d’agir (consciemment ou non) sur diverses constantes de la matière. Ceux qui ne le sont pas seront toujours en échec même s’ils font exactement les mêmes gestes que ceux qui réussissent.

Alors je vais « pousser un coup de gueule », car des bricoleurs cherchent des secrets dans des carnets de laboratoire (cf expression de mon ami J.P. Wandemoère) oubliés dans quelques greniers, ou encore ceux qui viennent pour tenter de m’extorquer le nom de la matière première ou le nom vulgaire du sel alchimique… sous peine de me « tailler » une « veste ». Leur métier de journaliste leur permet de proférer de pareilles menaces ! Il serait temps que ses apprentis sorciers chercheurs d’or, avide de mystères comprennent qu’ils feraient bien de se tourner vers eux-mêmes. Certes, je suis prêt à aider les gens sincères (hommes ou femmes) mais de grâce épargnez-moi cette perte de temps à répondre à des songes creux !

Donc, à la lumière du principe anthropique il devient plus aisé de comprendre l’alchimie et surtout l’indispensable oratoire de celui ou celle qui oeuvre au laboratoire. La condamnation en bloc de manipulations apparemment défectueuses doit être précédée d’une interrogation : comment les alchimistes ont pu tirer des principes aussi justes d’opérations aussi fallacieuses. C’est au lecteur de répondre après avoir lu attentivement ce qui précède.

(Attention : article protégé car extrait d’un de mes livres)

Léon GINESTE.

MERCI MONSEIGNEUR GREGOIRE

L’abbé GREGOIRE

un évêque digne de ce nom

  gregoire

      L’abbé Grégoire (1750-1831), qui fut consacré évêque, mérité sans ambiguïté l’appellation de Monseigneur. Il était surnommé par les Parisiens « le plus honnête homme de France ». En accord avec son sacerdoce il fut l’ardent défenseur des juifs, des noirs et des esclaves. Courageux et généreux, il est resté fidèle à ses idées et à son sacerdoce jusqu’à son lit de mort. 

 

L’abbé Grégoire, l’agitateur. 

        L’abbé Grégoire, malgré les difficultés, a achevé son oeuvre en 1794 : abolir l’esclavage. Mais il la verra détruite en 1802 par NAPOLÉON 1er. Quand il mourra, en 1831, son oeuvre restait incomplète. Mais elle sera reprise et terminée par Victor Schoelcher, qu’on dit fils spirituel de l’abbé Grégoire. 

Lorsqu’il sentit venir sa fin prochaine, il demanda les derniers sacrements. L’archevêque de Paris – Monseigneur de Quelen – s’y opposa, il exigeait de Grégoire sa renonciation au serment de la Constitution Civile du clergé. Le vieil évêque refusa tout net. C’est alors qu’un Abbé Guillon, malgré les ordres de sa hiérarchie, accepta d’accéder sans condition aux désirs du mourant. Immédiatement l’autorité catholique ferma l’église à sa dépouille.

Mais c’était sans compter sur un homme, lui aussi chantre de la Liberté, qui contribua à la naissance des États-Unis d’Amériques. Il s’indigna publiquement du comportement inadmissible de l’Église romaine et appela le peuple parisien à passer outre les ordonnances de l’Église Catholique et de venir avec lui, rendre un dernier hommage à celui qui les avait tant servi. C’est alors que l’on vit se lever derrière le Général La Fayette une « troupe » de vingt mille parisiens indignés et reconnaissants. Parmi eux des évêques et des prêtres venant d’autres diocèses, qui – malgré l’interdit – célébrèrent des funérailles religieuses grandioses, et accompagnèrent dans le plus grand recueillement la dépouille de l’évêque gallican jusqu’au cimetière Montparnasse.

 
Conclusion :  

        Le 12 décembre 1989, à l’occasion du bicentenaire de la révolution, les cendres de Mgr Grégoire furent transférées au Panthéon aux côtés de V. Schoelcher. Ces deux grands personnages partagèrent beaucoup d’idées. Ils étaient abolitionnistes, contre la peine de mort, et fervents républicains. L’un était évêque, l’autre anticlérical et Franc-Maçon. Mais ils poursuivaient le même but : que les droits et les Libertés deviennent une réalité pour tous. 

Nous avons honte de devoir dire que l’Église Catholique qui prêche le pardon n’a pas pardonné. Oui, les ressentiments de l’Église ne sont pas éteints. L’archevêque de Paris, Mgr Lustiger, invité à la cérémonie d’entrée au Panthéon des cendres de Mgr Grégoire, par le président de la République François Mitterrand, refusa l’invitation. Le gallicanisme, sa mystique sa vérité et ses libertés, fait très peur à l’Église Romaine.

Les statues de Victor Schoelcher enlevant les fers aux esclaves sont « incomplètes », elles devraient toujours être accompagnées de celle de Mgr Grégoire tenant lui aussi les fers des esclaves libérés. Car leur libération, grâce à lui, dura huit ans. Sans l’intervention de Napoléon, Schoelcher n’aurait pas existé. Cette « négligence » est due à la prééminence de l’Église Romaine auprès des hommes politiques, car elle fait tout ce qui est en son pouvoir pour que Mgr Grégoire, et le gallicanisme garant des libertés, soit effacé des mémoires.

J’ai rencontré à la Martinique, non loin de Fort-de-France un évêque noir à la tête du diocèse Mgr Grégoire. Il m’a dit être gallican.

QUESTION : Vous êtes un évêque Martiniquais représentant de l’Église gallicane. Il existe beaucoup d’Églises Gallicanes en France. Quelle est votre particularité ?

RÉPONSE DE Mgr : Oui, il existe plusieurs Églises Gallicanes dont le droit canonique est celui de l’Église Catholique aménagé. Je résume leurs particularités : ils ordonnent les femmes jusqu’au diaconat, mais ne les consacrent ni prêtre ni évêque. Leurs prêtres et évêques peuvent se marier. Ils ne reconnaissent pas l’autorité du pape. Leur office est généralement la messe de saint PieV en latin.

Nous n’entrons pas dans cette définition car nous sommes plus exactement gallicans anciens. En d’autres termes notre esprit gallican n’est pas celui des cinq ou six siècles passés. L’esprit gallican que nous perpétuons est essentiellement celui de l’ancienne Église avant 1054. Époque de l’Église Universelle indivise, véritable Église Catholique (catholique veut dire universel), ou l’Église Latine et Orientale vivaient sous le même toit. Pour fixer les idées disons que cette époque extraordinaire correspond à la période de l’art Roman.

Q. Seriez-vous ennemis de l’Église Catholique ?

Mgr : Absolument pas. Elle a décidé d’être moderniste en mettant au goût du jour sa liturgie, comme d’autres sont traditionalistes. Chaque Église a un rôle à jouer. Au non de la liberté tant prônée par Mgr Grégoire, nous ne saurions en faire des ennemis, bien au contraire nous les considérons comme frères dans le Christ, même si la réciproque n’est pas vraie.

Q. L’Église catholique vous ignore donc et vous considère comme une fausse Église.

Mgr se mit à rire et finit par me dire :

Que l’Église catholique nous ignore est incontestable, elle s’y emploie avec beaucoup d’application.

Qu’elle nous considère comme une fausse Église cela est beaucoup moins vrai. Pour elle nous sommes exactement valides mais illicites. En d’autres termes elle est obligée de reconnaître la validité de nos sacrements : eucharistie, baptême, ordinations… Comme nous ne sommes pas catholiques ils nous considèrent comme hors de leurs lois et donc illicites ! Soulignons que nous ne considérons pas le personnel de l’Église Catholique comme illicite, car c’est vraiment insensé et ridicule. Ce procédé d’exclusion de frère chrétien ne devrait exister dans aucune Église. Chez nous aucune restriction de liberté car nous faisons confiance à la nature humaine.

Q. Vous accepteriez que vos fidèles fréquentent l’Église catholique ?

Mgr : Je viens de vous le dire, chacun est libre et je ne saurais avoirs une attitude dictatoriale au nom d’un article du droit canonique ou d’une peur de l’enfer. Ceux qui viennent auprès de nous savent ce qu’ils ont affaire. La confiance est l’édifice sur lequel repose nos relations. Pour répondre plus précisément à votre question, je ne saurais reprocher à l’un de nos membres d’assister à une messe catholique moderniste s’il en éprouve le besoin, notamment quand il n’y a pas d’office chez nous.

Q. Dernière question : Avez-vous des membres en France ?

Mgr : Évidemment puisque notre chef spirituel ou patriarche réside en métropole. Il nous rend visite de temps en temps et c’est pour nous l’occasion d’une grande fête. Il était parmi nous pour noël 2007.

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LE MONDE QUANTIQUE ET ALCHIMIQUE DE LOVECRAFT

lovecraft

C’était un clair dimanche d’avril, saupoudré de cette lumière joyeuse qui accompagne la montée de la sève. En ces instants de renouveau, le soleil méditerranéen souriait à tous les trilles d’oiseaux, à tous les nettoyages de printemps. Il souriait aussi, en ce lieu de « marginaux » et de « chineurs », à toutes les explorations dans le bric-à-brac des « vides greniers » étalés sous le jeune toit d’ombre des platanes verdoyants.

Je flânais au marché aux puces de Montpellier à la recherche de quelques vieux bouquins échappés de l’autodafé perpétrés par les bourreaux du Saint-Office ou par les puritains béni-oui-oui maniaques de l’index, dignes successeurs du féroce inquisiteur Torquemada.

Les hommes et les femmes, religieusement incorrects, et condamnables au bûcher ou à la potence, se rencontraient bien souvent devant l’étal de livres d’ésotérisme tenu par Henry, homme de spectacle attachant, au verbe intarissable et haut en couleur. Artiste il l’était jusqu’au bout des ongles, réservant ses tirades théâtrales au creux de l’oreille attentive de ses fidèles « clients spectateurs » dont j’ai l’insigne honneur de faire partie !

Les artistes dignes de ce nom ne sont jamais insensible aux mystères de l’univers et savent les chanter. Dans le cas contraire, ils occupent la place de ceux qui croupissent dans la misère et dont le sort s’acharne, par manque de copinage, à leur faire exercer une profession qui n’est pas la leur. Henry était de ces blackboulés du sort, attachant au possible, qui, à défaut de s’adresser à un public pour le faire vibrer, lui offrait des livres capables de lui garantir des jours meilleurs et à défaut de l’émouvoir, lui faisait découvrir certaines faces cachées de notre monde illusoire.

C’est là, chez ce joyeux et cultivé brasseur de mystère et d’étincelles que j’ai vu pour la première fois le jeune d’Erlette, déjà habité par les idées qui furent à l’origine de cet essai où il apparaît comme un apologiste éclairé de Lovecraft dit le « maître de Providence ». Le nom D’Erlette n’est pas quelconque puisqu’il est celui d’August William Derleth qui était un écrivain, et éditeur américain, connu pour avoir été le continuateur et l’éditeur de H. P. Lovecraft, qui le fera apparaître dans ses nouvelles sous le nom du Comte d’Erlette, gentilhomme français du XVIIIe siècle.

Chez Henry, les rencontres furent, et sont encore si riches et inattendues que certains n’hésitent pas à les qualifier de synchronicité, employant ainsi le terme consacré par le célèbre psychanalyste C. G. Jung vilipendé par Sigmund Freud et ses thuriféraires dont certains enseignaient à l’université Paul Valérie de Montpellier. Montpellier, qui fut au XXe siècle un fief « moscovite » formateur de générations de Marxos-Freudiens-Lananiens devenus orphelins après l’effondrement du sinistre mur de Berlin ! Oui, à cette époque rouge et quelque peu séditieuse, j’ai entendu un professeur de psychologie de l’université Paris VIII affirmer, à l’occasion d’une conférence au centre Lacordaire, qu’il n’avait pas lu une seule ligne de l’exécrable C. G. Jung !

La synchronicité gêne car insaisissable par la pensée discursive, ce qui insurge les tenants d’un cartésianisme totalitaire. Voici, pour mémoire, un petit exemple simple de ce curieux « synchronisme » :

Vous venez de Castelnaudary dans l’Aude où vous avez non seulement dégusté un délicieux cassoulet mais aussi visité un magnifique moulin-à-vent qui fait la fierté de la ville. De retour chez vous à Montpellier, vous rencontrez votre ami Desmoulin qui vous donne un jeu de construction pour le lendemain qui est l’anniversaire de votre filleul. En lisant la notice vous découvrez qu’il permet de construire un moulin et c’est alors que vous découvrez que la rencontre avec Desmoulin eut lieu dans la rue Jean Moulin.

Dès les premières pages d’Erlette tente de situer cet étrange phénomène qui est la clé d’une dimension fondamentale de la philosophie, de l’ésotérisme et même de la religion puisque la confusion avec le miracle est sciemment entretenue pour la plus grande gloire de Dieu. La bizarrerie de ces coïncidences semble en opposition avec la loi de cause à effet qui caractérise notre conception habituelle de la cohérence du monde.

Si la synchronicité peut se définir comme une rencontre fortuite (occurrence) au même moment (simultanée) de deux événements liés par le sens et non par la cause. Il s’agit de deux, ou plusieurs, événements qui coïncident dans leur signification et que rien ne semblent relier mais qui, associés, prennent un sens de répétition (redondance), souvent difficile à comprendre.

De multiples interrogations émanent de ce phénomène très particulier ou chacun de nous fut un jour confronté.

Schopenhauer a vu juste quand il considéra que le secret du monde réside dans l’unité fondamentale des êtres. Je pourrais ajouter dans l’unité fondamentale de l’univers. C’est d’ailleurs pour cette raison que les anciens et plus particulièrement les alchimistes définissaient l’univers comme l’unité renversée. Il ne s’agissait pas pour eux d’un simple jeu de mots. Les « faces » de l’univers peuvent s’inverse tout en restant mathématiquement identiques, à la manière du ruban de Möbius… « Tout dans un et un dans tout » disaient-ils montrant cette dimension unitaire et holoscopique[1] à la base de toute matière et aussi de tout esprit.

Depuis 50 ans, la physique ayant progressé considérablement, elle est devenue apte à montrer qu’il existe des relations entre les parties parfois très éloignées de l’univers. Cette particularité fut démontrée à plusieurs reprises. Les physiciens découvrirent qu’il existe d’inexplicables relations entre les grains de lumière que sont les photons quand ils s’éloignent l’un de l’autre dans des directions opposées. Si on change la polarité de l’un à l’aide d’un filtre optique l’autre est averti immédiatement de ce qui est arrivé à son compagnon et subit instantanément les mêmes changements. On peut donc dire que des photons éloignés de plusieurs millions de kilomètres font partie d’un même ensemble, ils sont un tout. Il existe donc entre eux un contact permanent. C’est ce qui fut appelé « inséparabilité de l’expérience quantique ».

Cette expérience montre que la séparation des choses n’est pas réelle. À la suite du big-bang initial qui marqua la naissance de l’univers, les étoiles, les galaxies et les supergalaxies furent projetées en tous sens (et le sont encore) dans l’espace cosmique, mais ne furent pas réellement séparées et communiquent en permanence. La fameuse expérience de Foucault montre en outre que toute vibration est assujettie à des forces non terrestres. Cette expérience fut réalisée à Paris en 1851 et reproduite ensuite la même année à Reims, New York, Rome, Bristol, Dublin, Londres, Ceylan et Rio de janeiro.

Foucault laissa pendre un long câble attaché au sommet de la coupole du Panthéon et accrocha à son extrémité une grosse boule métallique terminée par une pointe. Il lança le balancier et la pointe écrêtait à chacun de ses passages un tas de sable circulaire placé autour de l’axe de ce grand pendule. Après un peu plus de 24 heures, il oscillait toujours sur le même plan, – c’est-à-dire en conservant la même direction dans ses balancements – et avait écrêté la totalité du cercle de sable, ce qui prouvait la rotation de la terre sur elle-même.

En 1885, lors de l’Exposition universelle de Paris, on demanda à Foucault d’installer dans le palais de l’industrie un pendule assisté électromagnétiquement. C’est lui qui oscille de nos jours dans l’abbaye désaffectée de Saint-Martin-des-Champs, et fascine les visiteurs du Musée des arts et métiers. Parmi ces visiteurs, un certain professeur Umberto Ecco qui écrivit en 1988 un livre à son propos en ayant compris le sens capital de cette expérience de physique qui donne une valeur universelle, comprise par très peu de lecteurs, à l’énigme templière et alchimique ainsi qu’à certains de ses ouvrages si bien porté à l’écran tel Au nom de la Rose (1980)… qu’il faut lire Au nom de la rosée et Au nom d’éros, car l’alchimie templière est appelé art d’amour et a besoins, au laboratoire, de l’énergie contenue dans la rosée.

La valeur de cette expérience est immense sur le plan scientifique et celui de la synchronicité, témoin de l’inséparabilité, car non seulement elle montre la rotation de la terre sur elle-même, mais surtout que tout ce qui vibre et bouge dans l’univers est sous la dépendance d’un centre bien concret qui orchestre tout mouvements.

Dans l’expérience de Foucault, il s’avère que la seconde interrogation est : pourquoi le plan d’oscillation du pendule reste fixe ? Par rapport à quoi est-il fixe ? C’est cela qui fascine Umberto Ecco, cherchant à « débusquer le sens là où on serait porté à ne voir que les faits ! ».

La question devait être posée puisque tout, absolument tout est en mouvement ou en oscillation comme le montrent les champs électromagnétiques qui parcourent notre globe et l’entourent ainsi que nos électrocardiogrammes et aussi nos électroencéphalogrammes traduisant notre activité cérébrale.

Le pendule de Foucault reste indifférent aux masses considérables que sont le soleil et les galaxies les plus proches, Le plan d’oscillation du balancier tout comme l’ensemble de ce qui vibre, s’oriente vers des objets célestes situés à des distances considérables de la terre puisqu’ils se trouvent aux confins de l’univers !

Donc, l’apparent désordre du mouvement dit brownien, que manifeste, dans un liquide, des particules de matière aux dimensions inférieures à quelques microns, l’ordonnance dans l’espace biologique des substances élaborées par les étapes successives de tout métabolisme ou catabolisme, tout cela dépend d’un centre dont nous ignorons le lieu exact et la nature. N’en doutons pas, lorsque notre cœur bat, lorsque notre cerveau est actif ou en sommeil, tout cela est sous la dépendance de certains « objets célestes » situés à des distances astronomiques !

Quelque part l’homme vit dans des conditions carcérales fort bien traduites par le film Matrix… À partir de là, il est aisé de comprendre pourquoi certains orientaux parlent d’une démarche mystique appelée Libération. C’est un processus que l’on trouve sous diverses formes dans toutes les voies spirituelles. Cela implique donc que ce qui est appelé libération a une connotation non humain car hors d’atteinte de toute volonté et action humaine habituelle, puisque la condition de l’homme est le résultat d’une interférence entre nos désirs et un pôle qui nous est étranger dont la synchronicité et le rêve sont des manifestations qui, de ce fait, dépasse notre entendement. Nous sommes là au cœur des thèmes développés par l’américain Howard Philips Lovecraft de Providence (Nouvelle-Angleterre) dans son œuvre fantastique. Nous sommes là, également, au cœur de la démarche alchimique qui entre dans le cadre du réalisme fantastique à la manière de certains aspects de l’ésotérisme[2] et de la science-fiction.

Peut-on déceler dans l’œuvre de H. P. Lovecraft une démarche alchimique ? La lecture de cette cosmogonie fabuleuse qu’est le Mythe de Cthulu est édifiante quand l’attention s’arrête sur le nom de ce démon (Grand Ancien) appelé Azathoth. Il dissimule à peine le mot Azoth qui n’est autre que le nom de l’épée de Paracelse ! Et l’Azoth des alchimistes, tout comme celui du « maître de Providence », est le seigneur de toute chose et du Chaos informe qui a très réellement son trône dans les ténèbres puisqu’il est à l’origine de l’Œuvre au Noir des alchimistes…

L’essai remarquable et novateur d’Erlette ouvre donc des horizons à une nouvelle découverte du « rêveur américain » de Providence qui ne manque pas de soulever diverses interrogations philosophiques et psychologiques. Par ailleurs, il fera le délice des amateurs éclairés de fantastique et de science-Fiction.

 

Léon Gineste

 

 

[1] L’holoscopie traduit la présence de la totalité présente partout, à la manière de sa présence en chaque partie d’un cliché holographique brisé.

[2] L’ésotérisme ne doit pas être confondu avec la « spiritualité » verbeuse des occultistes, tireuse de cartes et parapsychologues de toutes obédiences. La voie initiatique Occidentale ne passe pas par de pareils chemins.

 

PARADIGME

Du grec paradeigma qui signifie exemple, modèle. Longtemps réservé à la grammaire pour désigner un verbe servant de modèle pour une conjugaison. Les différentes formes verbales de « avoir », « être », « aimer », « finir » sont des paradigmes ou modèles de la conjugaison française. Ils sont analogues aux constantes physiques qui caractérisent notre univers, d’où l’extension du sens à la modélisation, aux typologies, systèmes et structures. La théorie des quanta dont certains paradoxes sont élucidé par l’existence d’autres univers a donné au paradigme le sens de constantes définissant ces différents espaces. Le paradigme mental définit le modèle de penser d’une population donnée. Il en est de même pour l’espace religieux. Quant à la dimension mystique, elle ne se réfère à aucun paradigme et peut donc accéder à toutes les dimensions. D’une manière générale il est difficile de changer de paradigme car cela équivaut à changer d’univers. L’homme conditionné n’aime pas se détacher de ses paradigmes, ce qui l’empêche de découvrir le monde. Sortir de notre univers paradigmatique a le même sens que le terme libération selon la philosophie Orientale.

Un alchimiste ne saurait œuvrer correctement au laboratoire s’il est prisonnier de certains paradigmes qu’il a acquis sur les bancs des écoles ou d’un centre initiatique. Il lui faut donc apprendre à désapprendre. Ceux qui refusent cette démarche et restent attachés à des paradigmes religieux (dogmes ou spiritualité sirupeuse ou « l’amour » est à toutes les sauces), scientifiques (esprit rationaliste étriqué, qui raisonne à l’infini), initiatique (symboles et concepts pré définis qui agissent comme des soporifiques alors qu’on s’imagine être un sage) ne sauraient réussir d’une quelconque manière.

Selon les vieux maîtres, l’apprenti alchimiste doit donc assimiler progressivement l’art de reconnaître l’immuable dans son silence intérieur et en être tributaire. Ainsi s’éloigne l’égocentrisme parfois trompeur de la seule imagination que les anciens appelaient la « folle du logis ». En alchimie, la lucidité est une carte maîtresse. Elle n’exclut pas la passion qui est un moteur nécessaire, ni l’Amour à condition qu’il soit vécu (et uniquement vécu !) dans la discrétion excluant tout discours à son propos le séparant ainsi de son aspect codifié par les spiritualistes de tout poils, afin de le sortir d’un paradigme artificiel galvaudé et l’ouvrir réellement à l’humain et… au-delà de l’humain.

MYSTIQUE FONDAMENTALE

Mystique non théorique ou bavarde, reposant sur des faits. La mystique est universelle. Cependant en occident elle est inséparable du christianisme.

Depuis le XVIIIe siècle, à la faveur du mouvement occultiste, s’est amplifiée une « mystique sauvage », qui est le refuge de personnages chevelus aux yeux d’illuminés qui parlent d’amour jusqu’à l’écœurement. Ces marginaux cultivent l’exotisme et souvent se doguent. Ce genre d’individu est totalement étranger à la mystique fondamentale.

La pratique de la mystique exige de conserver le plein usage de la raison autant que de son intuition tout en gardant une grande prudence face aux manifestations paranormales. Saint Jean de la Croix conseille avec sagesse, tout comme le fera quelques années plus tard le religieux et exorciste bordelais Surin, de ne pas se laisser piéger par l’aspect extraordinaire des manifestations qualifiées aujourd’hui de phénomènes paranormaux. Il y aurait là le piège de l’illusion.

L’illusion guette en permanence les femmes et les hommes en quête de sagesse. L’alchimiste pratiquant l’alchimie interne ou manipulant dans son laboratoire n’échappe pas à ce risque, mais il possède un garde fou que beaucoup de spiritualistes souhaiteraient avoir et qui est l’une des raisons de l’alchimie pratique. Le grand œuvre s’appelle le miroir de l’art car il est le reflet de notre vérité. Si, par exemple, le grand œuvre ne parvient pas à dépasser l’œuvre au noir, c’est que le praticien patauge encore dans des problèmes d’ordre psychologiques ou spirituels qui bloquent autant sa propre progression que celle de la matière qu’il manipule. La mystique fondamentale n’élabore pas de concepts ni de raisonnements philosophiques ou rationalistes. Elle découvre spontanément le mystère initial de la vie sans avoir besoins de vapeurs d’encens, d’alcool ou de cannabis.

ALCHIMIE ET SCIENCE-FICTION

van gogt

VAN VOGT Alfred Elton (1912 – 2000)

Il peut paraître étrange qu’un auteur de science-fiction figure dans un article consacré à l’alchimie.

Mais, à la lecture de cet auteur, un historien de l’hermétisme découvre rapidement sa connivence avec l’alchimie. Il est indéniable que la science-fiction américaine et mondiale est redevable au Canadien Van Vogt de beaucoup plus de reconnaissance qu’elle le suppose. En transmettant un double message : celui du bon romancier et celui subliminal, substrat des connaissances de l’univers. Cela, seul notre encéphale cérébral droit peut le saisir d’une manière informelle mais tout de même réelle. Il est incontestable que c’est un bon auteur qui fit, durant les années 50 et 60, les plus beaux jours de l’âge d’or de la science-fiction, mais il est beaucoup plus que cela dira l’alchimiste qui se réjouit qu’un écrivain ait pu côtoyer d’aussi pré la réalité, dans lequel il évolue. Sachant que cette réalité est difficilement formulable par des mots, puisque le cerveau droit est généralement incapable d’exprimer ses trésors de connaissances par la parole ou l’écrit.

Considérée dans l’absolu, hors de tout style et de toute époque, l’œuvre de A.E. Van Vogt est comparable à celle des contes de Charles Perrault (1628-1703) dont la dimension alchimique est incontestable pour la totalité des exégètes avertis.

Il est fort probable que cet auteur doit la richesse de ses idées aux connaissances de l’un des habitants de la ville de Los Angele, où il s’installe en 1944. Il est normal qu’il ait rencontré un adepte en Californie car ce pays possède un climat propice à la pratique de l’Art Royal, si proche de celui des côtes méditerranéennes qui vit naître l’alchimie pour la raison essentielle qu’il en favorise la pratique. Cette métropole, carrefour de toutes sortes de religions, de sciences et autres cultes, fera connaître à Van Vogt certains concepts essentiels de l’alchimie interne* si bien formulés par la théorie d’Alfred Korzybsky sur la pensée non-aristotéliciennes et la sémantique générale. A.E. Van Vogt la plaça au cœur du cycle du non-A qui eut un immense succès, de même il situa les données hermétiques issues de l’expérience au laboratoire dans le cycle de Linn. Par ailleurs l’intrigue de l’ouvrage La faune de l’espace, écrit en 1952, plonge au cœur du laboratoire alchimique. Ce seul ouvrage suffirait amplement à désigner l’auteur comme un romancier très informé sur l’alchimie. Nous conseillons dont à tous les fils de sciences et à ceux qui aiment lire de ne pas ignorer cet auteur, même s’il est considéré de nos jours par certains comme un peu « rétro ». L’alchimie, que les adeptes dégusteront, a rendu son œuvre intemporelle à l’image des contes de Perrault dont nous venons de parler. Il a certainement été sagement et discrètement conseillé, et ce qui lui fut révélé sous le soleil californien était difficile à exprimer. Il y est parvenu brillement, c’est pour cela qu’il se disait technicien de l’écriture, et c’est la raison pour laquelle nous lui en somme profondément reconnaissant.

 

Clane est le héro des deux ouvrages, L’empire de l’atome (1956) et Le sorcier de Linn (1962). Issu d’une famille princière mais homme au physique ingrat, car atteint à sa naissance par des radiations radioactives mutagènes. Cependant son intelligence est des plus incisives et lui permet de déjouer les complots les plus machiavéliques visant à l’éliminer des prétendants à la couronne. Il est vrai que le milieu patricien dont il fait partie est gangrené par des mœurs proches de celle de l’empire romain ou l’assassinat est une pratique courante.

Mais ce qui caractérise cet homme au physique « inexistant » c’est l’extraordinaire dimension de sa compassion, en totale opposition au milieu dans lequel il évolue. Il était de pratique courante que le chef ennemi vaincu soit empalé et meure dans d’atroces souffrances. Lui l’épargnera et finira même par en faire un ami. C’est là une des valeurs fondamentales de l’alchimie interne. Et l’ouvrage montre combien la philosophie alchimique caractérisée par la la patience, la bonté, l’authenticité, la compassion et la bienveillance s’opposent au monde « ordinaire » dans lequel il évolue et hélas nous aussi nous évoluons de nos jours.

L’ennemi qu’il épargne est le chef des « barbare » qui s’appelle Czinczar, nom qui 81LCn9i5XwLinvite à supprimer, comme l’aurait fait dans son petit langage un certain Jonathan Swift, les redondances des lettres C et Z, le réduisant ainsi à « in ar », ce qui signifie dans l’art. Or l’alchimie s’appelle l’Art magna ou grand Art (d’où le nom d’artistes donné aux alchimistes) ce que représente bien ce grand colosse avec lequel Clane négocie tout au long des deux livres.

Czinczar est un double personnage, il représente à la foi son conseiller « es alchimie » oeuvrant sous le soleil californien et l’opposé de Clane dont le raisonnement rationnel est limité par le fait même que cette manière de penser repose uniquement sur l’encéphale cérébral gauche, siège de 10% seulement de nos capacités intellectuelles. En d’autres termes nous sommes tous des Czinczar, bien sympathique mais limités. A nous de savoir sortir de ce labyrinthe qui résonne si nous souhaitons devenir très réellement des homos sapiens et savoir enfin ce que signifie l’univers.

Mais l’essentiel des romans repose sur une étrange sphère qui permet au héro de dominer les ennemis de la Terre. Nous citons ici le passage le plus significatif que l’on peut lire au dernier chapitre (chapitre 24) p.302-304 de L’empire de l’atome[1] :

« De quoi est faite cette boule, par tous vos dieux ?

— Elle contient l’univers sidéral tout entier.

— Un univers… quoi ? demanda-t-il enfin.

— Lorsque vous l’examinerez à travers un tube, expliqua Clane patiemment, vous apercevrez des étoiles. C’est comme une fenêtre ouverte sur l’espace – à ceci près que ce n’est pas une fenêtre. Mais l’univers lui-même.

Le chef barbare montra un visage stupéfait.

— L’univers où nous vivons ? demanda-t-il.

Clane hocha la tête sans faire de commentaires. Il ne lui avait pas été facile d’appréhender un concept aussi vaste, même avec l’aide des explications qu’il avait découvertes.

— Czinczar secoua la tête.

— Vous voulez dire que la Terre se trouve là-dedans ?

Il montrait la sphère lumineuse.

— C’est un concept quadridimensionnel, dit Clane, toujours patient.

Il voyait que l’homme avait du mal à le suivre. Ce n’était pas le moment de pousser davantage l’explication.

Le barbare posa sur lui un regard scrutateur :

— Comment peut-on introduire un objet de grande taille dans un autre plus petit ?

Le ton de sa voix indiquait qu’il demandait une explication logique.

Clane haussa les épaules.

— Lorsque les dimensions des objets ne sont plus qu’un point illusoire, le problème cesse d’exister.

Czinczar fronça les sourcils et se redressa.

— Je pensais, dit-il, qu’au point où se trouvent nos relations, vous ne me diriez rien d’autre que la vérité. Évidemment, vous n’avez pas l’intention de me révéler le secret de votre arme. Et bien entendu, je rejette cette explication fantaisiste.

Clane secoua la tête mais n’ajouta mot. Il avait fourni à son adversaire la seule explication dont il disposait. Il comprenait d’ailleurs le scepticisme du barbare. Il s’était heurté à son splendide réalisme. Ce n’était d’ailleurs que petit à petit qu’il avait lui-même pu concevoir l’idée que la matière et l’énergie étaient différente de ce que la perception de ses organes sensoriels lui permettait d’entrevoir. »

Cette curieuse sphère contenant l’univers n’est pas étrangère à l’hermétisme. C’est ainsi que l’historien de l’alchimie Serge Hutin rapporte à la page 45 de son Histoire de l’alchimie[2] :

« L’alchimiste se construit une sorte de véritable modèle réduit animé de la création, avec reproduction sur ce globe en miniature du jeu même des cycles solaires, lunaires et planétaire qui régissent la Terre. L’alchimiste Canceliet nous racontait ainsi comment, une nuit, il vit se reproduire sous ses yeux, en petit, tout le déroulement de l’éclipse de lune qui se produisait dans le même temps sur la voûte céleste. »

La phase – se situant au début du Grand Œuvre et donc au début de l’opération de Solve, qui permet d’élaborer ce microcosme – fut appelée par les adeptes la mondification, ce qui se passe de commentaire. Fulcanelli décrit d’ailleurs ce stade initial avec précision :

« Quand vous percevrez dans le vaisseau un bruit analogue à celui de l’eau en ébullition, – grondement sourd de la terre dont le feu déchire les entrailles, – soyez prêt à lutter et conservez votre sang-froid[3]. Vous remarquerez des fumées et des flammes bleues, vertes et violettes, accompagnant une série de détonations précipitées…

L’effervescence passée et le calme rétabli, vous pourrez jouir d’un magnifique spectacle. Sur une mer de feu, des îlots solides se forment, surnagent, animés de mouvements lents, prennent et quittent une infinité de vives couleurs ; leur surface se boursoufle, crève au centre et les fait ressembler à de minuscules volcans. Ils disparaissent ensuite pour laisser place à de jolies billes vertes, transparentes, qui tournent rapidement sur elles-mêmes, roulent, se heurtent et semblent se pourchasser, au milieu des flammes multicolores, des reflets irisés du bain incandescent.

Sachons prévoir l’heure où les astres formeront, dans le ciel des fixes, l’aspect le plus favorable. Car ils se reflèteront dans ce miroir divin qu’est notre pierre et y fixeront leur empreinte. »[4]

 

Toujours en ses Demeures Philosophales,(idem supra p. 255) Fulcanelli donne les raisons de cette étonnantes réalisation de l’univers en miniature :

« C’est que l’alchimiste, dans son patient travail, doit être le scrupuleux imitateur de la nature, le singe de la création, suivant l’expression génine de plusieurs maîtres. Guidé par l’analogie, il réalise en petit, avec ses faibles moyens et dans un domaine restreint, ce que Dieu fit en grand dans l’univers cosmique. Ici, l’immense ; là, le minuscule. À ces deux extrémités, même pensée, même effort, volonté semblable en sa relativité. Dieu fait tout de rien : il crée. L’homme prend une parcelle de ce tout et la multiplie : il prolonge et continue. Ainsi le microcosme amplifie le macrocosme. Tel est le but, sa raison d’être ; telle nous paraît être sa véritable mission terrestre et la cause de son propre salut. En haut, Dieu ; en bas, l’homme. Entre le créateur immortel et sa créature périssable, toute la Nature crée. Cherchez : vous ne trouverez rien de plus, ni ne découvrirez rien de moins, que l’Auteur du premier effort, relié à la masse des bénéficiaires de l’exemple divin, soumis à la même volonté impérieuse d’activité constante, d’éternel labeur.

Tous les auteurs classiques sont unanimes à reconnaître que le Grand Œuvre est un abrégé, réduit aux proportions et aux possibilités humaines, de l’Ouvrage divin. » (idem supra p. 255-256)

Clane parvient à sauver la terre en agissant sur la sphère d’une manière précise afin de guérir la terre de cette peste que sont les Riss apparemment invincibles. Il va éperonner les villes ennemies avec une fine aiguille qu’il fait pénétrer dans la sphère en suivant l’opération sur un écran :

« — L’étape suivante consistera, dit Clane, à stabiliser notre aiguille-poignard. Rendez-vous comte que, lorsqu’on utilise contre une terre de la taille d’un grain de sable une aiguille dont la pointe possède un diamètre d’un dixième de millionième de millimètre, l’impact résultant prend des proportions d’une catastrophe. En conséquence, les instruments doivent être réglés minutieusement, afin que le coup porté soit d’une extrême précision ; voyez…

Sur l’écran, la cité de Denra se désintégra dans un nuage de poussière. Une partie de la montagne se trouvait entamée à une profondeur de quinze cents mètres, comme sous le coup d’un colossal marteau. »[5]

 

La possibilité de cette action est précisée sans ambiguïté par l’alchimiste-médecin maudit Paracelse :

« Car le médecin est semblable à un Olympien ; c’est un médecin qui tient le Ciel dans ses mains et dont les Arcanes sont les étoiles. »

Il poursuit :

« Il est possible de faire un autre ciel à l’homme. C’est pourquoi les Arcanes sont un Ciel puissant dans la main du médecin. »

« Comprenez enfin que l’astre supérieur et l’astre inférieur sont une même chose nullement séparés. »

Ainsi, grâce à la sphère[6] qui fait de l’alchimiste un olympien il est possible de vaincre le destin et donc les maladies en opérant des « transplantations » planétaires. C’est-à-dire en changeant une planète en une autre.

Clane plante une aiguille dans une ville ennemie (maladie) pour la détruire réalisant ainsi une « guérison » par « transplantation ».

Ne nous étonnons donc pas de ces paroles mystérieuse de Paracelse qui pourraient féconder l’imagination de bien des auteurs de science-fiction :

« J’accomplirai d’avantage après ma mort, qu’avant : Théophraste continuera à batailler sans son corps. »

Nous pourrions relever dans ses deux livres d’autre concordance avec l’alchimie, mais il semble qu’avec La faune de l’espace nous pouvons lever les doutes sur l’existence d’une école Californienne d’alchimie qui inspira Van Vogt :

On peut dire que Van Vogt n’a pas eu le destin qu’il méritait. Il convient d’insister pour dire que certaines de ses œuvres ont été pour beaucoup de lecteurs, une découverte, un plaisir et une introduction au monde extraordinaire de la science-fiction. Pour d’autres, dont nous faisons partie, ce fut aussi le début d’une aventure personnelle fantastique sur les terres mystérieuses de cette ville d’Héliopolis où tous les alchimistes résident au-delà du temps.

 

 

[1] Éditions J’ai lu, N° 418, traduit de l’américain par Pierre Billon en 1967. Dépôt légal février 1985. ISBN : 2 – 277 – 12418 – 4.

[2] Éditions Marabout Université, Gérard & Vervier (Belgique) 1971.

[3] Évidemment, il ne s’agit pas ici uniquement de cet état de calme qui caractérise l’arrêt du feu lévogyre, mais aussi de l’art de plonger dans l’eau froide le liquide de couleur rouge pour éviter que sa température n’augmente trop.

[4] Les demeures philosophales, tome 1, p.278-280. Éditions J. J. Pauvert. Paris 1964.

[5] Le sorcier de Linn, p. 302, éditions J’ai lu , N° 419. Dépôt légal 2e trimestre 1979. ISBN 2 – 277 – 11419 – 7.

[6] Beaucoup de médecins partisans de Paracelse ignorant l’existence de la sphère universelle sont persuadés que le déterminisme astrologique peut se vaincre à l’aide de remèdes alchimiques. Ils pensent donc que la médecine hermétique est née de la synthèse de l’astrologie et de l’alchimie.

Soulignons enfin que c’est grâce à cette sphère que prit naissance la Théorie des correspondances qu’illustre la Table d’émeraude en disant « Ce qui est en bas (la sphère) est comme ce qui est en haut… »

ATTENTION, cet article est protégé car intégré à l’ouvrage L’alchimie expliquée par son langage.

CATHOLICISME ET HERMÉTISME

Face aux neurosciences, il devient nécessaire de reformuler l’évolution religieuse en réfutant le dogmatisme sceptique se suffisant de son ignorance et de ses a prioris.

La possibilité de penser ensemble le « Catholicisme » est l’essentiel. Bien que tout soit forcément « discutable » en ces matières, elle me paraît indispensable pour ouvrir une discussion actuellement inexistante, mais qui est inévitable devant l’actualité. Ici, le rejet méprisant et silencieux n’est plus de mise car il sanctionne alors un intégrisme qui pourrait devenir dangereux. Nous formulons un appel à restaurer la fonction linguistique et « mystique » dans sa dimension religieuse. Prenons conscience (comme le disait le structuralisme) que nous devons mettre sur pied une métanoia particulière, de la structure de notre partie inconsciente afin de la modifier. Ce programme n’a jamais été mené à bien.

 La remise en cause sérieuse du christianisme exige de montrer sur quoi il s’appuie et ce qu’il a recouvert.

 Ce qui frappe dans l’étude de l’Antiquité, c’est qu’une grande différence de figurations, de préceptes, de civilisation, ne s’opposait pas à une grande unité de pensée des prêtres ou des sages, contacts réciproques et traductions des mythes pour aboutir, à l’époque hellénistique, au syncrétisme des religions d’Orient et d’Occident (on pourrait dire la même chose pour l’époque actuelle dominée par des monothéismes à la fois très ressemblants et attachés à leurs divergences.) 

 La dernière avancée de la physique et des neurosciences permet d’appliquer certaines connaissances à la spiritualité chrétienne. Si les théories du Chaos et celle des Cordes, ainsi que les objets Fractals permettent une représentation approximative du réel le plus quotidien, la théorie des catastrophes réussit à offrir un modèle général intelligible qui pourrait bien permettre l’unification de la science en remettant à l’honneur le principe d’analogie. La biologie y gagne beaucoup d’intelligibilité contre la poussée réductionniste que manifestent certains neurologues ou généticiens. Ce sont les évolutions récentes des neurosciences qui permettent d’obtenir des résultats considérables.

 

 

(Article en cours de rédaction)

 

 

DIALOGUE ALCHIMIQUE

Parler d’alchimie sur Internet est difficile. On peut certes échanger des « recettes de cuisine », mais comment parler de cette partie de l’alchimie, trop souvent minimisé, qu’est l’alchimie interne ?
pour être sincère, je ne sais par où commencer tellement le sujet est immense. J’ai choisi d’adopter la forme d’un dialogue.
Tous ceux qui liront ces lignes sont donc invités à poser des questions.

Question : Vous allez parler d’alchimie, qu’est-ce qui vous autorise à le faire? rien ne me dit que vous n’allez pas m’induire en erreur avec tous ceux qui vous écoutent.

Réponses : Rien, absolument rien, ne me donne une quelconque autorité. Le rôle que j’essaye de jouer de mon mieux est celui-ci de donner éventuellement quelques idées aux chercheurs. Soyons clairs, Je ne prétends pas être dépositaire de la vérité. je puis seulement vous dire, que j’ai reçu un double enseignement, pendant 10 ans, de la part de l’alchimiste Roger Caro. Le premier étant d’ordre spirituel, le second d’ordre « technique ». En alchimie on parle d’Oratoire et de Laboratoires, les deux vont de pair pour réussir les phases de fabrication de la pierre philosophale que l’on appelle Grand OEuvre. Je ne vous demande pas de me faire confiance, mais de glaner çà et là les choses qui pourraient vous intéresser. Par ailleurs, vous avez raison d’inciter les internautes à la prudence, car j’ai visité de nombreux sites sur l’alchimie qui me semblent dépourvue d’intérêt.

Question : Je suis très étonné que vous puissiez parler d’alchimie sur Internet. Il est de notoriété publique que la recherche alchimique est essentiellement individuelle et secrète.

Réponse : Vous avez tout à fait raison la recherche alchimique est une recherche individuelle. D’ailleurs il en est de même pour toutes les disciplines de cet ordre. Mais Internet a cette particularité de pouvoir alimenter la recherche personnelle. C’est pour cela que j’ai créé ce blog. Je voudrais tout de même signaler qu’en alchimie, comme en beaucoup de matière, l’individualisme fini par devenir un obstacle ! Cela est traduit, dans le christianisme, par cette expression : « nul ne se sauve jamais seul ! ».
L’alchimie n’est pas secrète. J’ai souvent enseigné, ou tenté d’enseigner, cette « matière » a des personnes qui se disaient intéressées. J’ai découvert au fil de mon expérience que beaucoup ne l’étaient pas réellement, car aussitôt que se présente un travail sérieux, ils abandonnent. Je dois spécifier que tout est fait pour que ce genre individus soit éloigné. Je sais que la paresse est la chose au monde la mieux partagé, mais en ce domaine la motivation est nécessaire. Soyez-en sur, Il existe très peu de motivation réelle, mais beaucoup de curiosité. Les individus qui ne peuvent être formés disent alors que l’alchimie et secrète.

Question: Si, comme vous le dite, l’alchimie n’est pas secrète, pourquoi les ouvrages d’alchimie sont-ils incompréhensibles si ce n’est pour dissimuler cette connaissance?

Réponse: Le rôle de la littérature alchimique n’est pas de décrire clairement les procédés employés par les alchimistes. Pour s’approcher de la compréhension d’un texte écrit, il est quelque lois à respecter. La première et de se placer dans le contexte historique. Mon instructeur, disaient qu’on ne pouvait pénétrer le sens d’un texte issu du Moyen Âge en pensant de la même manière qu’actuellement. Le but de ses ouvrages appelés à juste titre hermétique est d’attirer l’attention. Le contenu étant cohérent sous une apparence incohérente, il existe donc un code de décryptage ! Ce code est donné par ce que l’on appelle la cabale, qu’il ne faut pas confondre avec la kabale hébraïque. Alors, pourrez-vous dire, étudions les lois de la cabale ! Eh bien non cela ne peut se faire car ces lois ne peuvent être définies par une pensée discursive. C’est une tournure d’esprit, une intuition, qui doit s’acquérir. Pour cela, il faut approfondir le symbolisme, non pas d’une manière spéculative, mais en tenant compte de la phonétique et des étymologies grecques et latines.
(A suivre)