PROPOS SUR L’ILLUMINISME

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L’illuminisme est devenu incompréhensible non seulement pour la spiritualité en générale mais aussi pour la franc-maçonnerie qui l’a longtemps gardé en son sein.
La raison en est simple : l’esprit avec lequel œuvrèrent ceux qui participèrent de ce courant spirituel du XVIIe et XVIIIe siècle, est devenu étranger à nos spiritualistes contemporains. Ils ont oublié l’aspiration fondamentale qui présida à l’élaboration des voies initiatiques, dont l’alchimie est le maître d’œuvre, à tel point qu’a pu fleurir marginalement un illuminisme négatif, qui dirige le monde matérialiste, lequel a pris le nom d’illuminatis. Sur ces dirigeants je ne m’attarderais pas car ils sont une conséquence directe de la corruption de notre société comme le sont le revers de la médaille de certaines inventions dont le prix Nobel nous rappelle en permanence la triste réalité.
Au XVIIIe siècle, l’illuminisme était d’une extraordinaire richesse et préfiguraient les découvertes des neurosciences actuelles. Ce courant ésotérique se caractérisait par une reconnaissance en l’homme d’un ensemble de faits de capacités et d’états qui dépassent largement l’aptitude, aussi subtile soit-elle, de notre intelligence discursive.
C’est exactement les mêmes constatations que firent les neurobiologistes quant aux étranges capacités de notre encéphale cérébral droit qui est capable de parvenir à la solution exacte d’un problème sans passer par un raisonnement logique. Son aptitude à saisir une totalité dans une partie de ce qui est observé renoue avec l’adage si souvent ironisé : « Un le tout, tout en tout » adage qui ignore combien la structure holographique de notre pensée est omniprésente sans parler de celle de notre univers dont les recherches sont en cours…
Le nom d’illuminisme fait référence à la lumière. Toute la difficulté, et aussi toutes les erreurs, reposent sur la définition que l’on donne à la lumière. Si nous croyons qu’elle est uniquement une science divine venant d’en haut et donc le fruit d’une mystique qui procède par révélation des connaissances du monde supérieur, nous avons raison si seulement nous savons d’où vient cette lumière et comment nous faire illuminer par elle.
Quoi qu’il en soit les individus insatisfaits par les dogmes et les cultes se livrent à des recherches sur le christianisme primitif pour tenter de discerner l’origine de cette lumière. La encore ils ont raisons seulement s’ils pensent que la connaissance d’un rit ne vas pas tout solutionner, et là je parle aussi des rit maçonniques. En d’autres termes ils ne peuvent porter leur fruit que s’ils ne sont pas le jouet de cette lettre servile qui occulte l’Esprit.
Tout cela est en accord avec la pensée de Joseph de Maistre. Quoi qu’il en soit la mystique fut toujours indépendante de tout cléricalisme établi, même au sein d’une Église. C’est un concept partagé par tous les illuminés mais qu’ignorent bien des Francs-Maçons qui se disent anti-dogmatique et par la même (par cette manière de penser dogmatique par essence) se barrent la route à l’illumination.
Comment jouir de cette intuition, de cette intelligence profonde des choses qui repose sur une illumination invisible ? Comment posséder la vision intime du principe de la réalité du monde ? Telle sont les questions que se posent tout adepte.
La seule réponse réside dans la signification du symbolisme alchimique des loges maçonnique qu’expliquent à leur manière bien des auteurs. Et qui plus est, seul le laboratoire alchimique rejeté par bien des loges, offre une compréhension et une solide technique mystique pour y parvenir.
Ceci étant dit Martinès de Pasqually, Saint-Martin, Willermoz, Johann Friedrich Kleuker et Gottlieb Heinrich von Schubert, furent tous admirateurs de la théosophie chrétienne de Jacob Boehme, qui révéla l’influence de l’alchimie.
Les fondateurs des grands courants spirituels ne sont lus qu’en fonction du crible de nos croyances qui sont, il faut le reconnaître, le pivot de l’expérience humaine à la racine de nos habitudes cognitives. C’est un fait qui n’échappe à personne, pas même aux biologistes spécialistes des neuroscience qui affirment, tel le célèbre professeur Américain de neurophysiologie Michael Gazzaniga : « Croire est ce que les humains font le mieux » in Le cerveau social : p13 Editions Odile Jacob.
Ainsi prévenus nous continuons à ne point nous méfier de nous-mêmes tout en fredonnant béatement : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les dieux » c’est ce que l’on appelle du verbiage qui nous occulte la lumière car nous ne faisons que réciter à l’aune de nos croyances et de nos coups de cœur.
Certains m’affirment péremptoirement que l’initiation permet de dégager le « moi intérieur », « l’étincelle divine » existant dans la personnalité humaine. Je veux bien le croire mais je n’ai jamais rencontré d’individu ayant réussi ce tour de force résultant d’une initiation sans être au préalable sérieusement formé. Car toute chose nécessite une formation même si nous sommes habités par une puissante intuition. Évidemment j’entends l’initiation dans le sens maçonnique, rosicrucien ou martiniste du terme.
Le père des lumières, pour paraphraser Fulcanelli, n’est autre que le soleil. Œuvrer avec la lumière n’est autre que l’alchimie qualifiée d’œuvre du soleil par Hermès Trismégiste. C’est dans ce sens que Jacob Boehme, révéla à l’avant-garde des illuministes l’influence, et donc la nécessité, de l’alchimie.
Celui qui au laboratoire n’a pas découvert la puissance créatrice de la lumière, et ne sait surnager dans l’océan des causes, ne saurait savoir ce qu’est réellement l’illuminisme.
La pratique au laboratoire provoque des réflexions, amène à des découvertes ainsi commence la formation qui inéluctablement conduit à rencontrer un guide autant pour le laboratoire que pour comprendre le sens profond de la lumière en soi et à travers l’Univers.
Ce qui précède n’est pas spéculatif.
C’est donc par un retour aux sources de l’illuminisme et de l’alchimie et par ceux qui souhaitent se mettre à son école en plaçant leurs pas dans les leurs, et non en ostracisant leur doctrine et leur façon de vivre le cheminement initiatique, que la maçonnerie pourra retrouver son authenticité perdue.
Je sais, c’est une vue de l’Esprit et je ne nie as que je suis un rêveur éveillé. Mais j’ai posé ma Pierre. C’est là l’essentiel.
Avec toute mon amitié.

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BROUILLON ROMANESQUE

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Je n’ai pas le temps d’écrire un article car j’essaye de traduire ce que j’ai observé et compris, depuis des années, à travers la trame d’un roman. Comme je suis un néophyte en ce domaine il me faut du temps pour synthétiser toutes ses observations et opinions.
Je me suis dit que vous méritiez la primeur même si mon texte est en état de brouillon. Aussi je vous sers ici un nouveau passage en prenant bien soin de ne pas déflorer le mystère que j’essaye de faire le plus musclé possible sans pour cela tomber dans le délire. Voici donc ma prose :

Guy et Odile se précipitèrent pour la relever. Elle n’était pas blessée, seulement un peu sonnée. Ils la soulevèrent à eux deux en l’aidant à monter par le petit escalier de la tour. Dans la pièce gravée du tribann Guy ouvrit, sous l’escalier, une porte dissimulée par la petite bibliothèque coulissante. Apparut alors une grande pièce chaleureuse lambrissée de chêne avec, au milieu, une grande table. Le long des murs un buffet et une desserte du XIXe siècle s’harmonisait avec la boiserie murale. A une extrémité un feu de bois crépitait et sur la cheminée une petite pendule comptait le temps avec son balancier doré.
Ils installèrent Sylvie, qui semblait groggy, dans l’un des confortables fauteuils Empire tournés vers l’âtre. Guy fit assoir Odile dans l’autre fauteuil et tirât entre les deux sièges une tablette marquetée. Disparaissant par une petite porte il réapparut avec une bouteille de Schrups, ce rhum très sucré et fruité, à la mandarine et à l’orange, qui permettait aux travailleurs des siècles passé de surmonter bien de misères. Il servit copieusement Sylvie et Odile qui reniflèrent la boisson en le regardant d’un œil méfiant.
– Quoi ! je ne vais pas vous empoisonner ! Je vais me servir à la même bouteille en qualité de testeur de ses dames. Si je tombe raide mort de grâce, ne buvez pas.
Elles goutèrent ensemble du bout des lèvres en se regardèrent en se léchant les babines.
– C’est bon ce poison ! s’exclama Odile. Tu as des trésors dans ton armoire de sorcier apothicaire.
Sylvie ne disait rien et dégustait les yeux fermés.
– Ça, c’est un remontant ! Tu l’as trouvé ou ?
– Je le fais venir de la Martinique où, à l’unanimité des gûstateurs, se fabrique le meilleur rhum et shrubb du monde.
Elle se pencha vers Guy et interrogea:
-Tu n’aurais pas inverti dans les rhumeries de la Martinique par hasard ?
– Non. Il fit miroiter la liqueur devant la lumière du lampadaire, mais comme j’aime cette ile je suis parfois cocardier.
Sylvie souriait en reprenant rapidement des couleurs et plaisanta en se tirant dans la tempe avec son index en disant:
– Je l’ai échappée belle ! et toi aussi Odile car ces deux tordus était capables de tout. Mais alors, quel langage !
Ils furent secoués d’un rire inextinguible activé par la chaleur bienfaisante du rhum. Le stress s’évacuait dans la paix du lieu et les bienfaits de la liqueur dorée.
En levant la bouteille Guy leur annonça en les regardant l’une et l’autre:
-Les filles je vous invite au resto. Il y a tout ce qu’il faut pour passer une bonne soirée ici, à quelques pâtés de maisons.

Le serveur jovial d’un petit restaurant, au style vieillot des années 70, les accueillit avec le sourire quand il reconnut Guy qui serra des mains à la ronde. Il s’inclina profondément devant les dames en disant:
– Mesdames, nous sommes tous ici à votre entière disposition.
Guy le regarda intrigué et se tourna vers Odile et Sylvie en disant:
– Quelle classe notre sympa maitre d’Autel ? Vous êtes traitées comme des princesses. Je vais devenir jaloux !
Sylvie le regarda avec les deux auriculaires levés verticalement en disant:
– A tout seigneur tout honneur, il faut bien compenser les injures et menaces par quelques prévenances.
– Tu vas très bien en princesse mais arrêtons là le petit doigt levé avec ça je serais collés par l’étiquette et ne pourrais rien avaler achevât-il en pouffant.
Ils continuèrent leurs échanges sous l’œil singulièrement attentif du maitre d’hôtel.
Sylvie regarda tout à tour Guy puis Odile.
-Vous vous connaissez ?
Guy allait répondre quand Odile le devança:
– Nous nous sommes rencontrés le 22 avril dernier à l’occasion d’une conférence sur l’alchimie donnée par Guy au Corum de Montpellier.
– Guy tu es conférencier ? Interrogea Sylvie.
– Ça m’arrive à mes moments perdus. Je donne quelques conférences pour des associations.
– Tu es alchimiste ?
– Non, j’ai étudié l’histoire de l’alchimie et aussi certains auteurs.
– Donc tu ne transmutes pas du plomb en or !
– Arrête avec ce cliché des siècles passés qui voient une inéluctable corrélation du mot alchimie avec l’or. J’ai l’impression que des auteurs de haut niveau tel Mircéa Eliade n’ont pas existé et que des livres comme Forgerons et alchimistes n’ont jamais été écrits !
Sylvie souriait avec un air taquin en prenant un malin plaisir à tourmenter Guy. Le regard en coin elle ajouta:
– Tu ne roules pas sur l’or alors tu ne m’intéresses pas. Elle acheva sa phrase dans un rire enfantin qui détendit Guy puis le fit sourire et enfin rire à son tour.
Odile souriait difficilement car jamais elle ne s’était réellement intéressée à l’alchimie si ce n’est d’une manière superficielle, à titre de curiosité. Elle n’avait pu poursuivre sa relation avec Guy car elle se sentait de plus en plus mal à l’aise face à son refus d’approfondir associé à un certain solipsisme. Elle n’avait besoins de personne pour avancer. La philosophie libertaire et disparate du Nouvel Age lui convenait. Elle se sentait néanmoins mal dans sa peau. Sylvie semblait la comprendre et lui dit:
– Tu t’intéresses à l’alchimie ?
– Oui, car j’ai l’intuition, uniquement l’intuition, que c’est une vieille science qui devait être extraordinaire.
-Tu ne l’as pas étudiée ?
– Non ! Par où commencer ? Les textes sont tellement obscurs que n’importe qui s’y perd.
– Guy aurait pu t’aider…
Le maitre d’Autel s’approcha en faisant une révérence à Sylvie pour poser sur la table le dessert. Odile et Guy regardèrent Sylvie et lui dirent ensemble en inclinant la tête en riant:
– Votre Altesse est servie !
Après s’être écarté, le maitre d’Autel, qui ne les quittait pas du regard, eut un sourire amusé.
– J’ai un service à te demander, dit Sylvie en se tournant vers Guy. Paul, mon mari, a voulu venir quand je lui téléphoné que j’ai été agressée. Il ne va pas tarder à arriver. Pourrais-tu héberger Odile et la ramener, demain matin, à Fleury ?
– Ne t’inquiète pas je la ramènerai, elle disposera de la chambre du sénéchal. C’est la meilleure chambre à donner qui fut jadis occupée par le maitre d’arme des Templiers responsable du petit fort que j’occupe et qui surveillait l’entrée de la ville.
Elle se tourna vers Odile:
– Voilà pour toi l’occasion de mieux apprécier la tour. Je suis certaine que tu ne le regretteras pas.
Odile ne dit rien et eut un petit sourire crispé.
Sylvie s’approcha d’elle et lui glissant à l’oreille:
– Désolée de te laisser entre les griffes de l’ours, ce qui eu le don de dérider Odile qui lui répondit à haute voix en la prenant dans ses bras:
– Repose-toi bien et à demain.

Fin de l’amuse gueule…

Conférence

Ce soir 20 février à 19h 45

au 134 de l’Avenue de Toulouse à Montpellier, salle KARIS.

 sera présenté dans une 1ère conférence d’une série de trois : ce qu’est l’ALCHIMIE, par Léon Gineste.

Cette 1ère approche est pour nous permettre de découvrir l’Alchimie.

La 2ème sera pour nous proposer une visite guidée de « Montpellier alchimique »

Et la 3ème, nous emmènera en voyage du côté de Rennes le Château, toujours dans l’axe de l’Alchimie.

 

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IN MEMORIAM

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Rassurez-vous je n’ai pas l’intention de prononcer un éloge funèbre soporifique. Il n’ y a personne à enterrer mais j’ai l’intention de faire un petit laïus sur la mémoire, notre mémoire. Je parle de celle qui est sensée avoir élue son domicile secret dans nos circonvolutions cérébrales.

A son propos, deux opinions s’affrontent : celle qui considère que le processus de mémorisation réside quelque part dans notre cerveau et le camp opposé qui reste persuadé que son siège n’est pas dans nos neurones cérébraux ou autres.

Depuis que vous lisez mes bavardages papillonnants d’un sujet à l’autre vous avez du remarquer que je ne vous ai jamais abreuvé d’un discours académique sans qu’il débouche sur une remarque qui dépasse le matérialisme pour aboutir sur des données utiles sur le plan « initiatique ». Je ne vais pas déroger à la règle car dans le cas de la mémoire il y a bien confrontation entre les tenant d’une mémoire ayant son substrat dans notre matière cérébrale et ceux qui affirment que le support mémoriel est immatériel.

Cela revient à considérer le cerveau de deux manières différentes. Pour les matérialistes il est le siège de la pensée et de la mémoire, pour les autres il ne serait qu’un relai. Dans ce cas la pensée et la mémoire seraient stockées ailleurs dans un continuum spatio-temporel particulier. Cela revient à dire que notre mémoire est immense et indestructible… même si nous la perdons par accident ou maladie, même si notre corps est devenu poussière… En réalité nous ne perdons que des pièces du relais nous connectant à l’immatériel.

C’est un sujet d’actualité, cette recherche de la localisation de nos souvenirs, et diverses expériences furent réalisées soit dans les laboratoires soit sur des patients ayant des troubles cérébraux.

Un fait devient de plus en plus évident au fur et à mesure que les recherches neurophysiologiques progressent, nous ne pouvons être comparés à un ordinateur avec des disques durs matériels sur lesquels la mémoire est stockée. Il existe des sortes de circuits wifi, sans câblages nerveux qui nous relient à un lieu de stockage immatériel. Arrivé à ce stade nous flirtons avec un réalisme fantastique sans perdre pour cela les pédales.

Personnellement je suis persuadé que des organes, tel le cœur, sont reliés à des sortes de circuits « bio-wifi ». J’ai déjà signalé la remarque du professeur Assenmacher qui disait, à l’occasion de ses cours auxquels j’assistais béat, qu’il existait des relais nerveux non matériel du muscle cardiaque. Il donnait comme exemple l’action volontaire des yogis sur la fréquence cardiaque.

Je ne vais pas m’appesantir sur les différents aspects des recherches scientifiques. J’irai donc droit au but.

Je vais donc parler de l’hydrocéphalie. Dans cette maladie, une grande partie du cerveau est remplacée par du liquide (liquide céphalo-rachidien) Certains sont des handicapés profonds mais d’autres sont normaux. Quelques-uns ont même un QI supérieur à la moyenne. Le neurologue britannique John Lorber signale le cas d’un jeune homme au QI de 126, diplômé en mathématique de l’université de Sheffield qui n’avait pratiquement pas de cerveau. La surface interne de son crane était recouverte d’une fine couche de cellule cérébrale d’environ un millimètre d’épaisseur, et tout le reste était rempli de liquide[1].

Dans ce cas nous voyons que toute tentative pour trouver des câblages nerveux est inutile. La mémoire et la pensée sont ailleurs…

Si je raconte cela c’est essentiellement pour montrer que nous sommes susceptibles de nous connecter à notre mémoire indestructible dans son immatérialité.

Chez un être à cerveau normal cette capacité est essentiellement rassemblée dans notre encéphale cérébral droit, celui qui est capable de trouver le résultat d’un problème sans passer par un raisonnement logique car la « réflexion » se fait ailleurs dans un milieu immatériel ou les données ne peuvent qu’être immenses…

Et pour se rattacher à cette dimension une seule solution existe : le silence. Le cerveau vide peut alors communiquer avec sa véritable grandeur. Tel est le but essentiel de toute « initiation » qui se trouve aux antipodes des bavardages lénifiants des spiritualistes bidon qui spéculent jusqu’à court-circuiter les neurones.

Avec toute mon amitié.

 

 

LE MESSAGE DE FULCANELLI

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Depuis 1960 l’alchimiste Fulcanelli fait couler beaucoup d’encre et alimente bien des spéculations quant à sa véritable identité. Cela est bien tout en n’étant pas très heureux car, ce faisant est éclipsé le rôle véritable, et très important de cet Adepte du XXe siècle.

Ce qui est le plus surprenant, et décevant il faut bien le dire, c’est que des alchimistes puissent adhérer à ce courant d’enquête sur une identité, démarche qui a uniquement sa place dans les polars comme l’a fort bien fait Henri Loevenbruck (Le mystère Fulcanelli) avec l’aide de Jacques Sadoul, connu pour ses vulgarisations romanesque de l’alchimie, alors que leur effort devrait s’inscrire en totalité dans l’appui inconditionnel et sans faille de cette prise de conscience sociale que provoqua l’œuvre décisive de ce grand alchimiste.

 

Le nom de Fulcanelli fut découvert par le public en 1960 à l’occasion d’un livre écrit par Louis Pauwel et Jacques Bergier : Le matin des magiciens. Ce best-seller eut un succès phénoménal qui lança la mode de l’ésotérisme car la société avait besoin de renouer avec le merveilleux. Dans ce livre, destiné au grand public, il y certes, comme l’on dit, « à boire et à manger ». Seuls quelques chapitres sont intéressants. Notamment celui ou Jacques Bergier relate sa rencontre avec Fulcanelli qui rendit visite au physicien Helbonner avec lequel il travaillait. Il était venu le mettre en garde contre le danger du nucléaire.

Cette démarche peut paraitre curieuse. Pourtant elle s’inscrit dans une démarche entreprise par les alchimistes depuis plus de trois siècles.

Durant le XVIIe et le XVIIIe les alchimistes parcouraient l’Europe pour réaliser des transmutations sous les yeux des scientifiques de l’époque. La plus marquante fut celle faite, en 1666, à Helvétius (Johann Feiedrich Schweitzer) médecin du prince d’Orange. Cet homme cultivé et intègre fit un rapport circonstancié de l’évènement qui eut une répercussion dans l’Europe entière au point d’en perturber Spinoza lui-même.

Malgré l’évidence des transmutations « à froid », pour employer la terminologie actuelle, rien n’y fit. Et des érudits tels Louis Figuier, s’empressent de crier à l’esbroufe en avançant des raisons tellement tendancieuses et indéfendables qu’elles tournent au ridicule leur auteur qui devient lui-même un faussaire. Nous retrouvons les mêmes affirmations à propos de Nicolas Flamel dont l’article sur l’encyclopédie en ligne Wikipédia est un bel exemple de supercherie néo cartésienne à bénédiction scientifique.

Par ces transmutations les alchimistes cherchaient à démontrer que le chemin emprunté par le matérialisme scientifique naissant ne pouvait conduire à la connaissance des lois universelles.

Malgré cet effort généralisé qui mobilisa les plus grands adeptes de ces deux siècles, ce fut un échec.

Deux siècles plus tard Fulcanelli délivra le même message en spécifiant dans Le Mystère des cathédrales,(1926) que les choses commencèrent à se dégrader à l’occasion de la Renaissance.

Cependant au milieu du XXe siècle, dont 1968 fut la manifestation d’une prise de conscience sociale, les choses changèrent face aux dangers engendrés par le nucléaire et la pollution en général.

C’est à cette période charnière que se situe l’influence de l’œuvre de Fulcanelli qui tenta, encore une fois à la suite de ses nombreux prédécesseurs, d’infléchir l’esprit matérialiste des scientifiques.

Cette fois l’échec ne fut pas total puisque par l’intermédiaire de ses porte-paroles, plus ou moins conscients, que furent Jacques Bergier et Louis Pauwel, l’ésotérisme repris de l’importance et beaucoup de scientifiques furent officieusement convaincus. En effet, le progrès des neurosciences allait dans ce sens puisque fut mis en évidence, durant les années 1970, la capacité chez l’homme de parvenir à une réponse juste, lors d’une interrogation d’ordre scientifique, sans passer par un raisonnement logique. Il existe donc une autre manière de résoudre des problèmes et de comprendre le monde, que celle de l’esprit scientifique du siècle des lumières.

Actuellement l’académie refuse la neuro-pédagogie qui multiplie par dix (voire par vingt) les capacités mémorielles et facilité bien des compréhensions car le verbiage est un paradis qui lui colle à la peau.

Cette attitude de rejet est compréhensible car par ce biais serait accrédité le rôle traditionnel de la cabale phonétique et celui de l’intuition. Ce rejet égoïste, par les institutions, même s’il doit durer longtemps, n’est en réalité qu’un combat d’arrière garde. Et cette bataille sera gagnée grâce à l’action déterminante de Fulcanelli ! ! ! C’est là-dessus que je voudrais insister car trop souvent passé sous silence par ceux qui comprennent l’alchimie comme uniquement œuvre au laboratoire ou qui papillonnent à la recherche de son identité.

En qualité d’élève issu du giron de Roger Caro et donc « hérétique » pour les adeptes de l’antimoine avouez que c’est plutôt original de porter aux nue Fulcanelli que je devrais ignorer comme les « fulcanelliens » m’ignorent[1]. Normal je suis Charlie !

 

Avec toute mon amitié.

 

LE GRAND SECRET DE RENNES LE CHÂTEAU

 rennes-le-chateau-diableVoici un brouillon qui est un court extrait de mon futur roman, dont le titre de cet article n’est que son sous-titre pour éviter de déflorer le mystère. Si je l’ai écrit c’est que les articles de mon blog ne me permettaient pas de tout dire dans les meilleures conditions. Il était nécessaire d’effectuer une synthèse à travers une fiction qui permet d’exprimer, au-delà du rationnel, bien des choses qu’il est difficile de formuler autrement. Si vous être intéressé. Je puis vous prévenir lorsque le livre seras imprimé. Me prévenir par mon E-mail personnel. D’ici là soyez patient(e) car non seulement il me faut l’achever mais encore trouver un éditeur, ce qui risque de prendre des mois voire des années. Cependant le fait de signaler votre intérêt ne peut que favoriser la décision d’un éditeur.

Évidemment l’important n’est pas le style (en gestation avant de trouver sa facture définitive) mais les sujets traités.

 

« …En réponse à son interrogation une Opel Corsa se rangea doucement à côté de sa petite C1. Un homme le salua d’une brève inclinaison de tête et s’approcha du monument en tenant à la main un bouquet de fleur champêtre. Guy salua à son tour d’un « Bonjour Monsieur » et  dit et guise de bienvenue la première phrase qui lui vint à l’esprit:

– Curieux monument !

Un peu bête, se dit Guy, mais bon il faut dire quelque chose à moins de vouloir passer pour butor. Heureusement que la bienséance pardonne les paroles vides. Il avait toujours été fâché avec ses phrases jugées nécessaires pour entretenir de bonnes relations.

L’homme le regarda avec un léger sourire et répondit en posant sa main sur le haut de la grille :

– Oui, en effet, c’est un curieux monument qui fut érigé à la mémoire de l’un des fondateurs de l’Ordre ésotérique de Menphis Misraîm.

– Excusez mon ignorance. S’agirait-il d’un groupe folklorique ?

L’homme le fixa surpris puis se mit à rire.

– Ah cher monsieur, confondre l’ordre Maçonnique de Menphis-Misraim avec un groupe Folklorique à quelque chose de si inapproprié que j’en parlerais à mes amis qui ne manquerons pas de partager mon hilarité. Votre méconnaissance est déroutante, mais toute excusable.

Cet homme en complet bleu nuit dans un paysage bucolique avec sa manière de s’exprimer vieille France rayonnait la saveur d’un autre âge. Guy l’appréciait comme ce suc de la petite aristocratie terrienne qui avait su garder sa grandeur pendant que la noblesse de Cour s’enfonçait dans le mensonge et la prévarication jusqu’à en perdre la tête dans tous les sens du terme.

– Je suis confus d’avoir… L’homme l’interrompit d’un geste de la main pour poursuivre:

– Ce n’est pas grave d’ignorer l’histoire de l’ésotérisme de la région. J’ai seulement été tellement surpris par votre interprétation que j’ai crue à une plaisanterie.

Guy se sentait dépité et voulu défendre sa mauvaise interprétation.

– Memphis est pourtant Égyptien !

L’homme le regarda d’une manière étrange, comme s’il comprenait ce désir puéril de ne pas avouer une ignorance que notre société actuelle déshumanisée assimile à de la faiblesse que tout individu se doit de surmonter.

– Oui mais il n’est pas folklorique ! rétorqua l’homme en souriant.

Lui rendant son sourire Guy ajouta en pinçant les lèvres:

– J’ai de la difficulté à croire qu’un groupe se référant à Memphis, cette capitale de l’Égypte de l’ancien Empire, puisse être autre chose que folklorique puisque chacun sait que certaines connaissances des égyptiens sont perdues à jamais depuis 4000 ans.

L’homme le regarda surpris par ce désir immodéré de vouloir à tout prix descendre dans l’arène aussi décidât-il de ne plus lui offrir de raison pour débuter un duel moucheté:

– Vous m’étonnez d’avoir situé Memphis dans l’histoire d’Égypte au lieu de vous référer, comme à l’accoutumée pour beaucoup de nos contemporain, à la ville du Tennessee, aux États-Unis, ou à la fameuse discothèque Parisienne et même à la célèbre chanson d’Eddy Mitchell. L’homme s’inclina et posa son bouquet au pied de l’obélisque et se releva lentement, évidemment c’est pour moi une agréable surprise de savoir qu’existent des gens quelque peu éduqués en dehors de ce que racontent les médias. Je me présente René de Chefdebien et il lui tendit la main.

Guy la prit et se présenta à son tour, ce qui fit rire une seconde fois l’aristocrate qui s’écria:

– Quelle coïncidence ! Carl Gustav Jung parlerait de synchronisité… Si votre nom a un rapport avec le fameux curé de Rennes le Château du XIXe siècle, nos ancêtres se sont rencontrés et ont même entretenus des liens d’amitié. Avec de pareilles coïncidences il est difficile de ne pas supposer que l’histoire est parfois un recommencement.

– Sait-on jamais ! Dans la nature tout n’est que cycles, tout meurt et tout renait plus particulièrement les végétaux. En tout cas vous êtes là au bon moment car je m’interrogeais justement sur l’origine de ce monument que, manifestement, vous devez bien connaitre. Seriez-vous un descendant de ce Chefdebien qui est honoré ici ?

– Mon illustre ancêtre, vicomte d’Armissan est, en effet, célébré ici. De temps en temps je viens me recueillir en ce lieu pour lui rendre hommage car son rôle sur le plan spirituel fut considérable. Des évènements importants, liés à l’ésotérisme, et à la spiritualité, sont inséparables de ce  petit édifice car mon ancêtre, tout comme ses ascendants et descendants, eut une vie occulte riche que ne saurait traduire complètement cette brève inscription commémorative pourtant élogieuse.

*

Ne nous trompons pas sur la ville de Narbonne. Tout en état la plus importante ville du département de l’Aude elle à toujours été une petite cité qui fut, et reste d’une manière discrète, capitale dans le domaine de la sagesse et de la spiritualité. L’imposant archevêché en témoigne qui fut d’un grand rayonnement à l’époque des papes d’Avignon. Même si cette cité a l’air de somnoler, en réalité elle ne fait que couver des richesses qu’il serait mal venu de confondre avec la routine ou l’ennui. Le cœur de Narbonne attend le moment opportun pour se mettre à battre.

Mon ancêtre François-Marie, le premier à avoir reçu ce prénom, est né en 1753, sous le règne de Louis XV. Il fonda ici en 1780 l’Ordre de Philadelphe de Narbonne qui n’est pas un Ordre ésotérique quelconque puisque sa création fut ordonnée, en 1779, par la roi Louis XVI, en souvenir de la bibliothèque d’Alexandrie fondée par Ptolémée Philadelphe, afin de  sauvegarder une connaissance que l’entourage du monarque savait en péril. Narbonne fut choisi avec le village d’Armissan retiré aux pieds des montagnes de la Clape sous l’égide de la vieille famille du vicomte. Cet endroit retiré fut jugé suffisamment éloigné de la Capitale pour que les précieuses archives soient protégées de tout mouvement populaire avec, en dernier ressort, la possibilité de se réfugier en Espagne… ou ailleurs.

Ces documents sont très anciens. Ils s’ajoutent à un fond considérable de connaissances transmis par les plus vieilles familles aristocratiques des Corbières. Ces textes décrivent, en particulier, des procédés pour guider l’homme vers sa  réalisation totale, ce qui ferait pâlir de jalousie nos modernes psychanalystes, et aussi nos spiritualistes bavards !

– Les groupements ésotériques tels… Memphis-Misraim, que vous venez d’évoquer, ne devraient-ils pas être dépositaires de ses connaissances ?

– Cela fut vrai un bref laps de temps… penché au-dessus du socle de l’obélisque étouffé  sous des entrelacs de branches il ajouta: fort heureusement les faits sont têtus, et les lois fondamentales, sont imputrescibles. Ils sont durs et inébranlables comme le socle de ce mémorial malheureusement ils ont été, peu à peu, recouverts par les branches et le lierre touffu des adaptations et interprétations. Ces diverses transformations furent le terreau malsain dans lequel a germé la plante vénéneuse du mensonge et de la divagation. Fort heureusement la sauvegarde eut lieu par l’intermédiaire de la famille Chefdebien, et d’autres, qui perpétuèrent la fière devise suffisamment expressive:

« Je suis Homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger».

L’homme est plus grand que nous le croyons puisque le Christ lui même nous a dit selon l’évangile de Jean: « vous êtes des dieux »… Ce qui sous entend que l’homme doit s’éveiller à sa vraie nature et non se laisser emprisonner par des croyances.

Cette connaissance, tout ce qu’elle sous entend, fut désignée par l’expression latine arcana arcanarum ou AA, ce qui signifie arcane des arcanes. C’est donc le secret des secrets, plus exactement le secret alchimique qui, vous vous en doutez, ne peut qu’être  capital.

Quoi qu’il en soit cette société de Philadelphe de Narbonne donna naissance, en 1838, à l’Ordre de Memphis qui s’associa à celui de Misraim pour donner en 1899 l’Ordre de Memphis-Misraim. Il s’agissait de Franc Maçonnerie qui était déjà à son déclin par la perte de ses valeurs et en particulier des Arcana Arcanarum. La véritable connaissance ne saurait se transmettre, comme dans une école, à un groupe mais à des individus en particulier. Telle était la manière de procéder des Arcana Arcanarum qui ne se délivrait qu’a la suite d’un long cursus d’étude de l’ésotérisme. Le savoir fondamental s’il est ouvert à tous n’est pas démocratique. Tous les adolescents peuvent entrer au Lycée nul ne peut leur certifier l’obtention du bac. Dans les deux cas le travail individuel s’avère nécessaire. Face à la dégradation du savoir lié à plusieurs facteurs, dont celui de la rétention d’information, les Arcana Arcanarum se sont dégradés et perdus.

Guy s’appuya à son tour sur la grille du monument et interrogea en regardant l’obélisque :

– Quel serait alors le rôle des sociétés tels les francs Maçons et les Rose-croix qui fleurissent de nos jours ?

– Je vais vous surprendre et surtout ne le dites à personne, il eut un sourire matois et un éclair de malice traversa ses yeux, c’est le même que celui des religions: Tenter de garder les individus dans un minimum de morale et de bienséance. Leurs connaissances ésotériques et symbolique est superficielle et restent, d’une manière globale, des lieux communs. Tout leur « enseignement » reste verbal et théâtral sans atteindre l’être par le biais de « techniques » adaptées et précises.

La véritable connaissance n’est l’apanage que de ceux qui s’en montrent réellement désireux. Pour se donner bonne conscience les sociétés ésotériques répètent à souhait qu’il y à beaucoup d’appelés et peu d’élus. Évidemment cette maxime est fausse car tous les appelés sont élus. Cependant les appelés, formatés par les sociétés ésotériques, se fourvoient bien souvent par leur propre faute, par leur manière de concevoir la liberté, la spiritualité et l’univers. Un appelé formaté par un quelconque groupement s’il a réponse à tout et est attiré par le mystère et le désir d’acquérir des pouvoirs n’a aucune chance d’être élu. C’est une huitre fermée à jamais. Tel est le sort de 90,9% des spiritualistes de notre époque dont l’harmonique la plus basse est celle du « Nouvel Age » et des groupements se consacrant au « développement personnel ».

– Sans vouloir être indiscret, cette connaissance votre ancêtre François-Marie en était dépositaire ?

Chefdebien sorti la main de sa poche et croisa ses doigts en coupe pur répondre un peu embarrassé:

– Évidemment. C’est d’ailleurs l’une des raisons d’être de ce petit monument qui marque essentiellement l’emplacement d’un évènement capital et aussi le rattachant autant à la quintessence du celtisme par ses croix qu’aux racines des mystères égyptien par son obélisque. Tout cela est synthétisé par les fameux Arcana Arcanrum. L’un de vos ancêtres, cher monsieur Saunière, le savait puisqu’il avait accès aux archives de ma famille. De ce fait, vous vous en doutez, cet endroit, qui conduit au pied de Rennes le Château, est en étroite relation avec l’énigme de votre arrière Grand oncle le prêtre Bérenger Saunière.

Chefdebien fouilla dans sa poche et sortit les clés de sa voiture. En les faisant rouler dans sa main il poursuivit:

-je suis obligé de vous quitter, et soyez persuadé que je suis heureux d’avoir fait votre connaissance.

Il s’éloignait quand Guy lui lança vivement:

-Pourrions-nous nous revoir? »

 

 

Avec toute mon amitié dans le souhait d’une année merveilleuse pour vous.

 

BÉRANGER SAUNIÈRE CURÉ ALCHIMISTE

rennes-le-chateauBéranger Saunière? Quel curé de campagne !

Bon vivant, un pactole à ses pieds et trousseur de sa servante et à l’occasion, de la cantatrice du moment… Un épouvantail pour grenouille de bénitiers, bigots et intégristes.  Une salissure incontestable, mais incompréhensible, dans ce paysage religieux du XIXe siècle. Avait-il un esprit si affûté qu’il connaissait les dessous secrets de la religion, et ses dérives, au point de la moquer ?

Depuis près d’un siècle il en a fait couler des fleuves d’encre de toutes les couleurs et les pages des brochures et livres écrits à son sujet s’accumulent. Un Himalaya ! N’en doutez pas, le mont sur laquelle est perché son village de Rennes le Château à son équivalent en tonnes de papier.

En ce lieu, ou le mystère vous fait la nique, tout le monde observe et s’observe, tout le monde s’exprime tant bien que mal. En haut sur le piton il y a du monde au balcon pour crier « j’ai raison ! » ou « eurêka j’ai trouvé… » Aussi les librairies ne manquent pas pour vendre les chefs-d’œuvre du moment. C’est un vrai théâtre de boulevard qui fait chaud au cœur. Diantre ! Nous ne sommes pas dans le midi pour rien !

La température du lieu varie en fonction des évènements, tantôt en ébullitions quand parait le livre mythique Da Vinci code et tantôt c’est l’explosion lorsque Bugarach, tout à côté est intronisé, par une bande de cinglés, haut lieu de la fin du monde. Et puis la pression retombe, tout se dégonfle, tout le monde souffle et tout le monde cherche encore sans discontinuer tandis qu’afflue du monde entier des bus bourrés de touristes en mal de mystères.

Je ne me place pas en marge des barjos car pour chercher il faut être passionné et la passion est un grain de folie. Qu’elle s’adresse à une femme ou à une feuille de papier elle reste analogue à une poussée  hormonale qui vous comble de bonheur mais vous rend aveugle.

A rennes-le-Château les chercheurs les plus assidus finissent souvent par devenir non-voyant par excès d’hormone, même si leur verve est toujours en action et ne se tarit jamais pour faire grandir, encore et encore, l’Himalaya de papier.

Le porche de l’église du village m’a toujours intrigué par son grand triangle de céramique en flammes jaunes reproduisant le symbole du feu dans l’ancienne nomenclature chimique qui est restée celle des alchimistes.

Gra4tEOUwKy2qR8AD8VFAA7UpgE@236x565Porche de l’église de Rennes le Château surmonté de son triangle de feu.

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Symbole des quatre éléments selon la nomenclature De l’ancienne chimie et de l’alchimie.Le triangle du feu se superpose auTriangle jaune qui orne la toiture du porche.

 

Évidemment cette seule particularité pourtant criarde, ne saurait permettre d’affirmer que notre curé fut alchimiste. Disons que cela m’a mis la puce à l’oreille sans pour cela trouver un fait significatif, un fait incontestable.

J’ai donc attendu béatement, car je ne suis pas pressé, jusqu’au jour ou j’ai visité le petit musée, attenant à l’église, endroit quelque peu désert contenant des écrits, considérés sans grande valeur, de notre curé richissime. Il faut dire que dans ce village très particulier les textes originaux ou les objets significatifs sont soustrait du lieu par crainte qu’un hurluberlu plus intelligent que les autres découvre, grâce à eux, une piste du trésor. Alors on élimine jusqu’à transformer ce lieu payant en une visite saharienne pour gogos. C’est l’un des charmes du lieu ou personne ne cherche mais où tout le monde est à l’affut.

XBYLL8-gA9JJKBnA2esF9qJF1pc@500x375La page du cahier de Béranger Saunière. On peut voir sa signature sous UNIVER SEL. 

En quittant cet étrange musée ma nuque se mit à vibrer. Signe qui m’est coutumier quand se présente quelque chose d’intéressant. Je ne levais pas la patte comme un chien à l’arrêt ou intéressé par la bas d’un lampadaire. Non. Je m’immobilisais, au garde-à-vous, comme tétanisé, devant une vitrine qui pouvait paraître sans grand intérêt puisque notre curé désœuvré s’était apparemment amusé à griffonner n’importe quoi sur deux pages d’un grand cahier comportant cependant la signature de notre abbé comme gage d’authenticité.

u_niLe mot « univer sel » avec la signature de Saunière qui confirme que cette « faute » est revendiquée.

Sur la page de gauche notre ecclésiastique s’était appliqué à parfaire ses pleins et ses déliés. A la plume d’oie il avait calligraphié, en gros caractères, le mot UNIVERSEL. Ce qui m’intrigua c’était la forme inusitée en deux mots distincts : « UNIVER » suivi plus loin de « SEL ».

Le mot SEL est manifestement  mis en évidence par cette curieuse scission du mot UNIVERSEL. Chacun sait que le « sel[1] » est l’ingrédient le plus important de la pratique alchimique et de sa fameuse triade alchimique : soufre + mercure + sel, qui n’est pas sans rapport avec les fameux trois points des Francs Maçons. Comprenez donc pourquoi je remis sur le tapis l’interrogation suivant : Béranger Saunière était-il alchimiste ? Et la page de droite alla dans ce sens.

Elle était ornée d’une grande fleur de lys noire (qui ne connait l’œuvre au noir des alchimistes ?) aux contours doublés d’un trait fin ; tandis que de son sommet une ligne verticale s’élevait pour aboutit à une étoile à six branches ou sceau de Salomon qui n’est autre, dans la nomenclature alchimique, que le symbole de la pierre philosophale. Ce n’était pas banal, et là je ne pouvais fermer les yeux.

fleur de lysLa fleur de lys noire surmontée d’une étoile symbole de la pierre philosophale.

Généralement cette étoile à six branches n’est pas retenue comme significative en qualité de symbole alchimique car le sceau de Salomon est l’étoile des juifs, celle que les Nazis de la guerre de 39-45 faisaient coudre sur les vêtements des hébreux pour les reconnaitre et puis hélas les anéantir dans la cruauté la plus atroce.

Une chose est incontestable : La fleur de lys est, en notre pays, Le symbole royal. Et tout le monde sait que notre turbulent curé était royaliste. Il manifestait son opinion tambour battant jusques en  chaire, ce qui lui valut d’être exilé, un temps, au séminaire de Narbonne.

Cette fleur n’est-elle que la manifestation de son choix politique ? Peut-être, mais alors, pourquoi la couleur noire et son lien avec l’étoile qui est au-dessus, comme si l’un était lié à l’autre, si ce n’est pour affirmer la dimension alchimique de son dessein ?

Comment ne pas faire le lien avec ce vitrail alchimique qui se trouvait près de la sacristie de l’ancienne église Saint-Jean à Rouen.

« Ce vitrail figurait, nous dit Fulcanelli en son Mystère des cathédrales (les éditions étant multiple et paginées différemment… voir l’index à « Etoile et conception »), la conception de saint Romain.

Son père, Benoit, conseiller de Clotaire II, et sa mère Félicité, étaient couchés dans un lit,  entièrement nus, selon l’usage qui dura jusqu’au milieu du XVIe siècle. La conception étant figurée par une étoile qui brillait sur la couverture en contact avec le ventre de la femme… »

Il existe une voie alchimique, chère à Irénée Philalèthe et à Isaac Newton, qui fut pratiquée par Fulcanelli et qui est décrite abondement dans ses ouvrages Le mystère des Cathédrales et Les demeures philosophales, c’est la voie dite du régule étoilé. Le régule c’est l’étoile Regulus de la constellation du Lion. C’est l’une des quatre « étoiles royales » des Perses, il y a environ 5 000 ans, et qui  constitue aujourd’hui avec Arcturus  (constellation du Bouvier) et Spica (constellation de la Vierge) le triangle du printemps. Et chacun sait que le printemps est la date favorite des alchimistes pour commencer leurs travaux.

Régule, Régulus… c’est toujours le petit roi, qui ne saurait être mieux représenté par une fleur de lys (seule, les multiples fleurs de lys sont pour le blason du roi). Quant à l’étoile conduisant à la pierre philosophale, et qui se manifeste à la surface du creuset, et donc au dessus de l’enfant roi (voir la citation précédente de la naissance de Saint Romain), elle ne saurait être mieux représentée par le sceau de Salomon symbole de la pierre philosophale.

Cela m’a semblé des plus évident car notre curé, frais émoulu du séminaire, fut vicaire à Alet les bains, cet ancien évêché dont le curé, son supérieur, n’était autre qu’un érudit : l’abbé Lasserre lequel fut informé de bien des mystères, comme le montre sa brochure sur Notre-Dame de Marceille. Évidemment les archives de l’ancien évêché ne lui furent pas étrangères.

Cet ancien évêché s’enorgueilli d’avoir eu à sa tête Mgr Nicolas Pavillon, ami de l’alchimiste Vincent Depaul (sic) dont on peut admirer les ostensoirs très particuliers. En effet leur habitacle recevant l’hostie n’est pas circulaire, comme à l’accoutumée, mais en forme d’hexagramme inscrivant un sceau de Salomon. Faut-il s’étonner si les vitraux de la cathédrale saint André sont en forme de sceau de Salomon ?

Mh1i10bLjP0UL_ngT2VQVo6IgZ4@500x375Vitrail, en étoile, de l’église saint André, ancienne cathédrale de Mgr Nicolas Pavillon, d’Alet-les-bains.

Cette étoile est omniprésente dans le Razès on la trouve aussi bien sculptée sur un avant solier d’une maison d’Alet-les-bain, à une centaine de mètres de la cathédrale, que dans l’église saint Martin de Limoux ou les vitraux sont aussi en forme d’étoile à six branches.

 

tHsPoX7vHUwRAd1JAMDmzeM1GDQ@500x375Sceau de Salomon sur l’avant-solier d’une maison d’Alet-les-bains.

 A103ICD72bJYbU0kjUe8SwQWsyg@412x476Blason d’un évêque alchimiste à Limoux (église saint Martin) Soleil, lune et les trois corps dans le creuset.

Evidemment là encore les historiens peuvent rétorques qu’il s’agit de là mise en évidence des racines judéo-chrétiennes de l’Eglise. Cette opinion étant battue en brèche par les égyptologues qui affirment que nous somme égypto-chrétiens. Béranger Saunière le savait-il ? Les vieilles habitudes encroutent, et tuent, tous ceux qui ne remettent jamais en cause les axiomes…

Malgré ces correspondances troublantes, il manquait encore un élément flagrant pour confirmer que notre curé était alchimiste.

Et cet élément je l’ai trouvé sous le porche de l’église. En fait il fallait s’y attendre si le beau triangle flamboyant avait, très réellement, un sens alchimique en signalant que l’église était la demeure d’un philosophe par le feu (nom donné aux alchimistes car leur feu est particulier et généralement tenu secret) il se devait donc d’y avoir, à cet endroit, des renseignements supplémentaires.

ZIkjlDmikaU0Wc0oQvVXRWiHSRE@500x375Clé de voûte de la porte de l’église de Rennes le Château. Elle porte le blason du pape Léon XIII avec sa devise Lumen in cœlo, lumière dans le ciel.

L’anomalie qui se présente ici c’est la présence du blason d’un pape particulier alors qu’il devrait y avoir les armes génériques de la fonction, comme dans la cathédrale de Narbonne, ou se trouve uniquement la tiare et les clés de saint Pierre. Il est vrai que Léon XIII était membre de l’Académie des Arcade qui fleurait l’alchimie… Dans ce cas le blason est en adéquation avec le triangle de feu. Encore un clin d’œil ?

La présence de la devise, qui n’a aucune raison d’être là si ce n’est pour spécifier quelque chose de précis, est vraiment mise en évidence. En d’autre terme elle est une clé (comme la clé de voute qui la supporte) pour saisir le message de notre curé.

Je n’avais pas appréhendé complètement le sens de ces quelques mots latins jusqu’au jour où, en parcourant un petit ouvrage de l’alchimiste Grillot de Givry (1874-1929), je lu ce passage sur le feu alchimique, de son Grand Œuvre :

« Il est l’influx astral, l’éclair cœligène jaillissant de la nue sur l’athanor. » p. 26, Editions Traditionnelles, 1978.

L’athanor c’est le « fourneau » des alchimistes. Dans ce « fourneau » la pierre philosophale est en préparation. Mais le plus important n’est pas là. C’est cet « influx astral, cet éclair coeligène qui jaillit de la nue ». C’est le feu secret, et sacré, imagé  par le grand triangle jaune du porche qui pointe vers les cieux… LUMEN IN CŒLO  se superpose exactement à l’éclair cœligène (éclair généré par le ciel). Est-il nécessaire de poursuivre ?

u_niCahier de Béranger Saunière représentant « l’éclair cœligène » descendant des nues universelles vers l’enfant royal représenté par la fleur de lys. Cette descente de l’esprit astral se superpose au triangle de feu jaune qui orne le porche de l’église.

L’inscription qui court sur le cintre, au-dessus de la porte, confirme ce que dit le blason, en clé de voûte:

« Hic domus Deil est et porta coeli. », ici est la maison de Dieu et la porte du ciel.

Cette porte est, comme nous venons de le voir, une porte que « l’éclair cœligène » permet d’ouvrir pour entrer dans la maison de dieu. Nous avons là toute la transcendance de l’alchimie. C’est entrer dans le sacré, dans la maison de Dieu. Ceux qui ne sont pas prêts, et tripatouillent au laboratoire, ne peuvent que rencontrer le diable derrière la porte que l’on ne peut vaincre que par le signe de croix, c’est-à-dire le creuset[2]… Belle leçon de Béranger qui, à n’en pas douter, fraternisait avec l’athanor.

Y a-t-il de l’or ? Peut être bien que oui, peut-être bien que non ! mais quand est découverte la puissance astrale l’or pâlit, s’estompe et disparaît, au profit de la bonté et de la vérité.

Avec toute mon amitié.

 

[1] Le sel alchimique n’est par le chlorure de sodium utilisé pour la cuisine. La seule analogie avec le contenu d’une salière est la couleur blanche de la substance cristallisée.

[2] Le mot creuset provient de croix car dans la basse latinité, crucibulum, creuset, a pour racine crux, crucis, croix.

 

 

 

L’IMPOSTURE d’OSWALD Franc-maçon

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Vous n’ignorez pas, depuis longtemps déjà, que même si mes propos sont parfois acerbes, je ne suis pas un démolisseur de la Franc-maçonnerie car je la respecte. Elle mérite cette considération car elle a longtemps été le vecteur d’une tradition fondamentale qui fut initiatique dans tout les sens du terme.

J’entends par initiatique, au sein de la maçonnerie ou de toute autre fraternité, l’indispensable cérémonie symbolique d’imposition d’un grade, ou de toute autre chose. J’entends surtout et essentiellement une formation mystique individuelle solide correspondant aux valeurs intrinsèques et ésotériques qui caractérisent la fraternité ou une pratique ancestrale comme l’alchimie.

Cela sous entend que la maçonnerie est d’abord et surtout une école dispensant une véritable formation structurée aux néophytes. Ces néophytes que l’on appelle  « bleus » ; la bleusaille « faisait ses classes » pendant trois ans… N’était pas maître le premier qui bousculait l’autre au portillon ou qui déclamait un discours mémorable, mais celui qui avait fait ses preuves dans sa manière de vivre et devant un jury de trois sages.

En disant cela je n’invente rien car de tout temps comme à Eleusis ou à Delphes les écoles initiatiques ont toujours fonctionnées de la même manière. En d’autres termes s’il n’y à pas de formation individuelle de la bleusaille, la fraternité est bidon.

Je n’ignore pas que l’enseignement d’un néophyte s’est progressivement effiloché au fil des décennies. Seul subsiste actuellement quelques vestiges  comme celui d’un exposé, appelé planche, qui permet un échange de connaissances théoriques et surtout un contact avec la société dans ses avancées diverses. Quant à l’étude des symboles elle a perdu progressivement son sens sous la pression d’individus, s’imposant en référence, tel qu’Oswal Writh.

Oswald Wirth (1860-1943) était sincère dans son désir de réforme de la franc-maçonnerie qui en avait bien besoin et en a encore besoin. Mais son louable élan ou son exaltation, soutenant une spiritualité biaisée, lui a fait dépasser certaines limites. En voulant prouver coute que coute le bien fondé de sa démarche il est devenu arbitraire. Le résultat en est une distorsion de la vérité pour accréditer à tout prix son opinion anti-alchimique de la pratique au laboratoire.

Oswald à voulu démontrer mordicus que l’alchimie est UNIQUEMENT spirituelle.

Je dis bien que l‘opinion d’Oswald est anti-alchimique pourtant elle est spirituelle. Cette opinion ne peut qu’être anti-alchimique car l’alchimie n’est pas uniquement spirituelle tout comme elle n’est pas uniquement un travail de laboratoire ou une introspection psychologique.

L’alchimie est tout à la fois : spirituelle ET concrète au laboratoire ET symbolique & cabalistique. Si on lui attribue un seul de ces aspecte seulement, il ne s’agit plus d’alchimie, et cela quelle que soit la terminologie employée pour la désigner.

Oswald Wirth évolue donc dans le domaine d’une « alchimie » spirituelle qui n’est donc pas de l’alchimie. Pour ce faire il va commenter une reproduction de la gravure du fameux REBIS du moine alchimiste Basile Valentin (in La symbolique hermétique p.99. Editions Dervy-livre. 1969.) qu’il affirme avoir reproduite fidèlement:

« Comme on peut en juger par la copie que nous donnons ci-dessous de la gravure sur bois originale… »

Curieuse copie fidèle « à la gravure sur bois originale » qui est signée, en bas, des initiales, de l’auteur, OW superposée. Cette reproduction n’est pas fidèle comme le montre ci-dessous (à droite) la reproduction de la FIGVRA  XCVIII (48) du Viridarium chimicum (1624) de Daniel Stolcius, réplique fidèle et incontestable à l’original publiée par Basile Valentin.

 

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 Reproduction d’O. Writh               

 

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Original de B. Valentin 

                                                        

Étrange cette boule volante n’est pas sans rappeler le disque solaire de certains pharaons. De cette boule Oswald Whirh ne dit rien alors qu’elle est la représentation graphique des quatre premiers nombres triangulaires que Pythagore appelait Tétraktys.

Ne peut-on lire leur série: 1, 2, 3 et 4.

Le 1 et le 2 représentent les deux branches de la croix centrale, le 3 un triangle avec ses trois côtés et le 4 un carré avec ses quatre côtés. Ces figures émanent du même centre.

Je ne vous ferais pas l’injure de vous rappeler ce que signifie la boule en argot (ou cabale) soulignant par là que tout se déroule dans notre tête, autant la compréhension spirituelle que la pratique de l’alchimie au laboratoire.

Cette série 1, 2, 3 et  4 est un classique de l’alchimie.

 

tetraktysLa Tétracktys de Pythagore ou les quatre premiers nombres triangulaires reproduisant le triangle symbole alchimique du feu.

 

Le 1 est la matière première, un minerai.

Le 2 est la structure binaire de ce minerai constitué de soufre et de mercure.

Le 3 est l’adjonction d’une troisième substance ou sel constituant ainsi la fameuse triade alchimique : sel, soufre et mercure.

Le 4 représente les quatre éléments issus du sel qui permet la volatilisation de la pierre ou sphère. Telle est la raison de la présence d’ailes issues des angles du carré ou quatre éléments.

C’est donc sur cette boule volante que tout repose, boule que l’alchimiste Roger Caro appelle granule et Fulcanelli bille. Elle a la particularité de se former en l’air répondant ainsi à l’affirmation du texte de la Table d’Emeraude d’Hermès Trismégistes disant : « le vent la porté dans son ventre ».

C’est pourquoi l’alchimiste et chanoine anglais Georges Ripley, du XVe siècle, écrit en ses douze portes : « Notre enfant doit naître en l’air c’est-à-dire dans le ventre du vent. »

Bon je n’insiste pas car les références autant scripturales qu’iconographiques ne manquent pas.

Une signification aussi évidente que l’alchimie spirituelle commence par la tête (boule) a pu échapper à Oswal Writh reste surprenant.

La « tête » doit être « ventilée » pour accéder au silence et donc à la mystique dont l’étymologie repose sur le mot muet.

En effet, l’étymologie révèle le sens du terme mystique (mystès) datant du XIVe siècle ; qui désigne l’initié aux valeurs divines. Cette connaissance sur l’absolu étant ésotériques, l’adepte est tenu, de ce fait, de garder le silence à leur propos. Muein ou Myrein, signifie « fermer », « être fermé », « fermer les yeux » aussi bien que « la bouche ». Selon Plotin, le mystique a les yeux fermés. Il voit donc, dans le silence intérieur, avec les yeux de l’âme, alors que les yeux physiques sont clos. Le verbe grec myô (qui donna mystikos) veut dire en effet aussi bien « fermer les yeux » que « la bouche ». Myô est formé par l’onomatopée mu, qui symbolise un son inarticulé que l’on retrouve dans le mot « muet ».

Cette dimension échappe complètement au bavardage spiritualo-spéculatif d’Oswald alors qu’elle est le fondement de toutes spiritualités, comme elle est le fondement symbolique de cette gravure.

Le dragon qui est sur la boule crache du feu. Autant dire que le feu alchimique est ici un feu naturel ou résultant d’une réaction chimique exothermique. C’est cette chaleur qui va permettre d’élaborer le sang du dragon ou quintessence. C’est pour cela que le dragon est sur la boule car, en quelques sortes, il fait suite au quaternaire (le carré) qui est sous son ventre pour devenir le cinq ou quintessence.

Ce feu du dragon et la quintessence vont permettre d’élaborer le corps double ou REBIS qui est la future pierre philosophale.

Cependant l’élément essentiel pour réaliser ce REBIS est le mercure céleste dont les vibrations sont nécessaires. Telles est la raison pour laquelle cette étoile sommitale rayonne des ondulations marquant par la l’importance du phénomène vibratoire dans la « soudure » du REBIS.

VOI7TSmHGwnNoHAM0f19SCSoREw@150x168Détail de la gravure de Basile Valentin

 

C’est là que nous voyons combien Oswal With à transformé les choses puisque à la place de l’étoile à six branches il a dessiné une étoile à cinq branches afin de placer un laïus d’une page sur une étoile du microcosme qui n’a pas sa place ici.

 ilkOyFs9CPcUPcKxqHZZ8dqKNIQ@150x127Détail de la gravure frelatée par O. Wirth

C’est ainsi qu’il développe une spiritualité moralisante qui ressemble à s’y méprendre aux conseils que l’on trouve dans les vieux missels disant péremptoirement : « mettez-vous en présence de Dieu ». Evidemment les prêtres se gardent de vous dire comment il faut faire.

Je ne perds pas de vue qu’Oswald est d’une époque qui avait besoins de cette dimension particulière et superficielle de la spiritualité. Je ne blâme donc pas cet aspect de son ouvrage. Ce que je lui reproche c’est d’avoir sciemment transformé la gravure de Basie Valentin pour tenter de faire confondre ses désirs avec la réalité.

Le fait d’avoir transformé une étoile à six branches, ou sceau de Salomon (sel du mont ou des hauteurs), en une étoile à cinq branches détruit le symbolisme alchimique de la gravure. En plus la disparition des vibrations ondulatoires qui rayonnent de cet astre sommital lui enlève toute la dimension ésotérique fondamentale.

En effet, les vibrations célestes en questions, ou mercure universel, sont essentielles à l’alchimiste autant pour son oratoire que pour son laboratoire.

La gravure montre que ces vibrations sont inséparables des deux luminaires : le soleil et la lune. En effet le soleil, et plus particulièrement la lune irradient ce genre de vibration qu’il ne faut pas confondre avec la lumière polarisée. Telle est la raison pour laquelle Basile Valentin a souligné cet aspect de la lune croissante en doublant le trait de la concavité du croissant lunaire.

Oswald Wirth, toujours polarisé par son interprétation, univoque, ne représente pas cette particularité fondamentale. Pour lui, obnubilé pas son unique spiritualité verbale, ce détail de la gravure est secondaire et n’a pas de sens.

Voici un exemple de la prose d’Oswald :

« L’adepte ne peut réaliser le Rebis qu’après avoir dominé les attractions élémentaires. Tout ce qu’il y a en lui d’inférieur, de brutal et de bassement instinctif doit être dompté, avant qu’il lui soit permis d’attirer le feu du ciel pour se l’incorporer. » p. 99, in Le symbolisme hermétique.

Voila des belles généralités qui ne sont que des mots dont la ressemblance avec l’homélie d’un curé est des plus remarquables.

L’adepte dira plus simplement d’être honnête et de se garder étroitement de faire souffrir qui que ce soit. Mais encore pour parvenir à cela faut-il prendre conscience de soi. Cette aptitude passe non pas par une psychanalyse mais par une formation aboutissant à un éveil.

En comparant ces deux gravures on distingue immédiatement qu’Oswald a voulu mettre en évidence l’équerre et le compas. Ce faisant il leur a donné une dimension que ces deux outils n’ont pas. Une telle disproportion ne pouvait qu’engendrer une erreur.

Ainsi la grandeur exagérée du compas fait que sa pointe, dans la gravure d’Oswald Wirth, est au dessous de l’étoile renfermant le symbole de mars. En réalité la pointe du compas est sur la pointe de flèche du symbole martien.

Mars représente le fer. Le fait que la pointe du compas soit sur la pointe de la flèche de mars signifie qu’il faut utiliser des pointes ou des clous de fer car Mars correspond au fer. 

 

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Wta38l_6FBWTID2MnmVp0sGr6Xo@126x141Basile Valentin

                                                                                                                       

C’est la particularité de la voie dite du « régule étoilé » dans laquelle le fer est nécessaire :

« Faite rougir, dit Philalèthe en sa préparation de l’antimoine martial, en un creuset 250g de pointe de clou de maréchal, et quand vous croyez qu’ils veulent fondre, jetez dans le creuset 15g d’antimoine… »

La correspondance de la pointe du compas avec la pointe de la flèche de Mars est donc significative et ne pouvais qu’être ignorée par Oswald Wirth désireux d’accréditer ses idées sur une « alchimie » spirituelle spéculative.

Le bras gauche du REBIS tient une équerre. Face à l’équerre est une étoile renfermant le symbole de Jupiter. Oswalt a omis de représenter une branche de cette étoile soulignée en traits gras et donc mise en évidence à dessein par Basile Valentin.

 

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GFFO6RHmXx1pD73_18NIqTy-HiM@150x168 B. Valentin

 

 

Cette étoile est à côté de l’équerre. Le mot équerre est significatif puisqu’il vient du latin quadrare, « rendre carré », il désigne donc un carré lié à  Jupiter contenu dans l’étoile tout à côté de l’équerre. Paracelse en son Archidoxe magique signale que chaque planète du système solaire est associée à un carré magique. Chaque carré ayant un nombre de cases définies. Ainsi le carré de Saturne a 9 cases, celui de Jupiter en compte 16, celui de mars est pourvu de  25 cases, celui de soleil 36, vénus 49, mercure 64 et la lune 81.

Evidemment l’équerre met en évidence le carré magique de Jupiter. C’est le seul carré de 4 cases de côté. Il signale que la clé temporelle de l’alchimie du cinabre qui permet de fabriquer, ou « équarrir », la pierre philosophale est un multiple de 4. En effet, Solve dure 8 mois philosophiques et Coagula 16.

Les mois philosophiques sont des mois symboliques liés à la lunaison. Chaque chercheur doit découvrir, par ses propres moyens, la durée réelle de ce « mois » particulier. En alchimie l’étudiant doit découvrit lui-même les différentes étapes de la fabrication d’une pierre philosophale. L’accompagnateur se limite à confirmer quand l’étudiant est sur la bonne voie.

Nous sommes donc loin des cours professés et des stages de formation. Quoi qu’il en soit, à moins d’être une arnaque, l’alchimie ne saurait s’intégrer à des cours pour expliquer ce qu’est cette pratique ou encore faire partie d’une formation style « développement personnel ».

Aussi certains qui s’imaginaient pourvoir apprendre l’alchimie auprès d’un maître discoureur sont déçus car généralement leur motivation n’est pas suffisante pour affronter un travail de recherche.

Les vieux maîtres ont souvent mélangé les voies alchimiques dans un même symbole. Évidemment cela ne facilite pas la tache des chercheurs et les font pester, parfois avec raison, car certains alchimistes ajoutent à la confusion en créant de fausses pistes (on dit qu’ils sont « envieux »). Le but recherché est d’éloigner les curieux et superficiels, les impatients, les non motivés et ceux qui s’imaginent tout savoir.

Revenons à notre gravure de Basile Valentin.

Toutes les étoiles de la gravure sont des étoiles à six branches qui représentent, dans la symbolique alchimique et la nomenclature de l’ancienne chimie, une structure radiées apparaissant à l’occasion de certaines manipulations au laboratoire. Ce signe caractérise ce que les adeptes appellent la voie du régulé étoilé. Voie chère à Newton, à Fulcanelli et à Béranger Saunière le célèbre curé de Rennes le Château (Aude)… Et de  bien d’autres encore.

L’étoile est la marque canonique de la réussite du grand œuvre. Elle doit se manifester plusieurs fois à la surface du creuset. Tel est le sens des quatre étoiles contenant le symbole de Mars, de Vénus de Jupiter et de Saturne. Ces réitérations sont les conditions sine qua non de la réussite de l’œuf alchimique qui est représenté par la forme ovoïde générale de la gravure.

Qu’Oswald repose en paix dans son orient éternel.

Avec toute mon amitié.

ÉQUERRE & COMPAS des Francs-maçons & L’O D’ODILE

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   Ruelle de l’Or à Prague où logeaient les alchimistes

Si les Franc-maçons actuels mènent leur vie et leur « initiations » à leur manière selon les aléas des pressions philosophiques et politico-spirituelles du moment, leurs concepts sont ce qu’ils sont. Cet aspect n’est pas au coeur de mon propos.

La Franc-maçonnerie, indépendamment des individus qui disent la constituer actuellement et depuis sa réforme du XVIIIè siècle, m’intéresse car elle reste immuable et prend ses racines dans le néolithique des pêcheurs-cueilleurs et peut-être même dans le paléolithique. Cette civilisation de la pierre taillée, ou des tailleurs de pierre, donna naissance mystérieusement aux plus anciennes civilisations.

Cet aspect échappe à la maçonnerie moderne qui établit ses fondements au XVIIIè siècle seulement en faisant table rase du passé dans sa dimension spirituelle et initiatique directement issues, non pas d’un clergé mais de l’enseignement verbal du Christ lui-même. C’est cette particularité qui fit écrire à Saint-Jean, en conclusion de son Évangile, les lignes significatives suivantes:
« Jésus a fait encore beaucoup d’autres choses; et si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde même pût contenir les livres qu’on écrirait ».

J’ignore si le Christ fit un discours sur l’équerre et le compas, mais à coup sûr, sur leur signification profonde, rejoignant ainsi les préoccupations de « l’alchimiste de Bethléem – écrit Eugène Canseliet (disciple de Fulcanelli) à la page 159 de son ouvrage L’alchimie expliquée sur ses textes classiques – qui proposa l’arcane à ses disciples, en les identifiant avec la lumière du monde et le sel qui, malgré toute apparence, n’est évidemment pas le chlorure de sodium utilisé pour la cuisine:
Vous êtes le ciel de la terre. Car si le sel perdait sa force, avec quoi salerait-on? Il ne vaut rien de plus que d’être jeté et foulé aux pieds des hommes. (Mathieu, V, 13)

La parabole magistrale est reprise par Marc et Luc qui lui, la ponctua de la remarque fameuse et familière aux Évangiles: Qui a des oreilles pour entendre, entende. (Luc XIV, 34)

En maçonnerie l’équerre et le compas sont deux éléments scellés qui symbolisent à eux seuls la maçonnerie. Toujours collés ensemble, comme l’est en alchimie le soufre et le mercure, le troisième élément salin que l’on doit s’attendre à découvrir (à l’instar des trois points) est invisible comme l’est le sel de la terre encore appelé pertinemment médium, cette lumière du monde qui surgit chaque matin à l’orient dans la lumière du soleil levant, telle est la raison pour laquelle chaque prêtre disait sa messe matinale face au lever de l’astre…

L’équerre et le compas caractérisent, lorsqu’ils sont ensemble et disposés l’un sur l’autre, les outils privilégiés des Francs-maçons. Depuis l’aube de la maçonnerie moderne, au début du XVIIIe siècle,  ces deux outils sont étudiés symboliquement. Leurs diverses dispositions : l’équerre sur le compas, l’équerre et le compas entrecroisés, et le compas sur l’équerre, caractérise les trois premiers grades qui sont celui d’apprenti (équerre sur le compas), de Compagnon (équerre et compas entrecroisés) et de Maitre (le compas sur l’équerre).

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Disposition de l’équerre et du compas d’après Jules Boucher in La symbolique Maçonnique.

Les différents auteurs s’accordent pour que ces symboles soient aussi anciens que la maçonnerie elle-même.

Cependant un malaise surgit à propos d’une représentation des plus anciennes de ces deux instruments dans une  gravure ovoïde illustrant le fameux Traité de l’Azoth du moine alchimiste Bazille Valentin.

Disons en passant que la pierre philosophale des alchimistes est appelée Œuf, ce qui justifie cette forme de la gravure qui peut se tracer avec le compas.

Le problème le voici :

Dans un œuf[1], est une représentation du corps double à double tête ou REBIS, qui tient dans la main droite un compas et la main gauche une équerre.

Je souligne en passant qu’il est une correspondance liée à l’omniscience des Adeptes qui sont des êtres en voie de transformation, de métamorphose. En effet, les progrès des neurosciences depuis les années 1970 ont permis de montrer que l’encéphale cérébral gauche (main gauche tenant l’équerre) caractérise essentiellement les particularités intellectuelles, rationnelle de notre intelligence.

Le mot équerre est significatif puisqu’il vient du latin quadrare, « rendre carré ». Le raisonnement de  l’encéphale cérébral gauche est bien « à l’équerre ». Son intelligence est « carré » c’est-à-dire bien structurée, rigoureuse.

L’encéphale cérébral droit est représenté par la main droite tenant le compas. Cet encéphale est pourvu d’une ouverture d’esprit sans égale qui lui permet d’accéder à la créativité, à l’intuition et la mystique et finalement à la connaissance et à la sagesse.

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«Le compas symbolise, dit fort justement Jules Boucher dans La symbolique maçonnique, L’esprit et l’équerre la matière» p.8 Edition 1948

Cela est en total accord avec ce que je viens de dire car l’encéphale cérébral droit avec le compas est bien « spirituel » et le gauche « matériel ».

Une interrogation ne manque pas de surgir quand on sait que la gravure précédente date de 1659 pour Jules Boucher et pour Oswald Wirth. Cette date est fausse puisque cette gravure fut d’abord recopiée en 1624, d’un texte plus ancien, par Daniel Stolcius en son Vivarium chimicum Qui est un recueil de séquences iconographiques tirée des traités classiques les plus réputés.  Ce livre reproduit donc une image paru des dizaines d’années auparavant.

L’auteur, Basile Valentin, serait né en 1394 ce qui lui fait écrire son traité de l’Azoth au milieu, du 15e siècle.

Oswald Wirth qui ne tolère pas que l’alchimie au laboratoire (non sérieuse pour lui) puisse exister écrit sans ciller :

« On est surpris de rencontrer ces emblèmes capitaux de l’art royal dans un opuscule qui prétend enseigner « le moyen de faire l’or caché des philosophes » et dont l’auteur vivait à une époque de beaucoup antérieure à la renaissance de la Franc-maçonneries moderne. » p.99 in Le symbolisme hermétique.

Que de sous entendus dans ce court extrait ! « Un opuscule qui prétend… » classe le grands Basile Valentin, l’auteur de la fameuse devise V.I.T.R.I.O.L.[2] que le futur Franc-maçon doit méditer dans le « cabinet de réflexion », aux rangs des prétentieux… pour les certitudes d’Oswald.

Deuxième point d’irritation : comment l’équerre et le compas ont-il pu exister, dans un ouvrage d’alchimie (hérétique pour Oswal) avant la Franc-maçonnerie moderne de… 1717 qui renierait (toujours d’après Oswald) l’alchimie au laboratoire ! Certes c’est une date arbitraire mais la vraie maçonnerie, celle des adeptes qui œuvraient au fourneau est bien antérieure et fut tout bonnement exclue à cette date. C’est l’une des la particularités de la maçonnerie moderne.

D’ailleurs pour se convaincre de la nécessité du laboratoire il suffit de suivre les Adeptes de ces époques (XVIe siècle, XVIIe siècle et XVIIIe siècle) qui transmutèrent à travers l’Europe, dont la plus célèbre et impossible à critiquer est celle effectuée en 1666 par Helvétius médecin, à la Haye, du prince d’orange et qui laisse coi les historiens.

Alors une question se pose : la maçonnerie moderne est-elle légitime ? Est-elle en droite ligne de celle qui fleurissait avant 1717 et qui avait de forte chance d’être chrétienne, mystique et alchimique?

Personnellement, avec la connaissance que j’ai de la fraternité des trois points, je tends (sans aucune animosité) à situer la maçonnerie actuelle à proximité de la philosophie du « Nouvel âge » et de celle du « développement personnel ». C’est, pour l’instant, mon opinion qui vaut ce qu’elle vaut.

De grâce n’allez pas chercher des diplômes et certificats au fond de vos tiroirs. La légitimité sur le plan spirituel se mesure à l’aune de la sagesse acquise par une solide formation mystique et pratique au sein des loges ou de tout autre lieu.

A vous de juger si les spéculations symboliques intellectuelles et les discours accompagnés de bonnes intentions font grandir au point de faire accéder à l’éveil ou à la libération dont parlent tout les spirituels du monde entier.

Il est incontestable que la franc-maçonnerie avant 1717 était différente, pensait autrement. La preuve en est la gravure ci-dessus qui semble s’égarer (pour O. Wirth et la majorité des maçons actuels) dans un laboratoire de misérable faiseur d’or !

Mais tous les Francs Maçons ne pensent pas de la sorte. Ainsi Jules Boucher se garde bien d’aller dans le même sens qu’Oswald Wirth. Il se contente de signaler que la gravure ovoïde de Basile Valentin est antérieure à la date admise pour la création de la Franc Maçonnerie moderne de 1717.

Il y a une raison à cela, c’est qu’il était ami de Fulcanelli. Il pratiquait l’alchimie et œuvrait au laboratoire. Yves Artéro dans son remarquable blog sur Julien Champagne le démontre sans ambages.

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Remerciement, pour ce document, à Yves Artéro, source http://www.archerjulienchampagne.com/

Ce faisant Jules Boucher s’inscrit à contrario des concepts alchimiques généraux de la Franc Maçonnerie et plus particulièrement de la philosophie de René Guénon.

Pourtant Boucher à su rédiger un ouvrage remarquable (La symbolique maçonnique) sur la Maçonnerie qui fait encore autorité depuis 1948. Il est très dommage qu’il n’a pu parler librement de l’alchimie sans prendre le risque d’être discrédité par ses frères en tablier fervent adeptes d’une alchimie psycho-spirituelle. Pour les « alchimistes » disciple de C. G. Jung ou adorateur de René Guénon ou encore d’Oswald Wirth il est impossible à faire entendre quoi que ce soit sur l’alchimie au laboratoire.

Revenons donc à l’équerre et au compas superposés qui caractérise l’apprenti quand l’équerre est sous le compas. L’interprétation alchimique est que la matière masque l’esprit. L’apprenti se doit donc d’apprendre à découvrir l’existence de l’esprit dans toutes matières non seulement en l’homme mais aussi en toutes substances. Pour y parvenir, en lui-même, l’école initiatique y pourvoi par des exercices particuliers accompagnés d’une théorie logique et adaptée qui n’existe plus en maçonnerie.

Pour apprendre à découvrir l’esprit en la matière Fulcanelli s’y évertue en ses Demeures Philosophales. L’index du livre permet de découvrit les multiples pages qui lui sont consacrées.

Quand l’équerre et le compas sont entrecroisés pour désigner le Compagnon. C’est là une ouverture, une prise de conscience. Au laboratoire cela se manifeste par la couleur verte :

« En ces instants, l’alchimiste affermit son accession ; il est entré dans le domaine transcendant, dont nul ne prend soucis à l’ordinaire. Non seulement il sait désormais que l’esprit du cosmos est de couleur verte, mais encore il a vérifié que l’insaisissable agent de la vie se montre néanmoins pondérable et, conséquemment, de matérielle gravité. » Eugène Canseliet in L’alchimie expliquée sur ses textes classiques. P200. Editions J. J. Pauvert. 1972.

Quand le compas est au-dessus de l’équerre correspondant au grade de maître, l’esprit domine la matière. L’adepte sait ce qu’est l’esprit, ou « lumière du monde » et réalise alors que l’œuvre au laboratoire est plus spirituelle que la méditation à l’oratoire. Certes, l’un ne va pas sans l’autre. Le but de l’oratoire est de préparer l’adepte à acquérir la pureté nécessaire pour pouvoir côtoyer l’esprit.

Car l’esprit peut tout. Alors les transmutations d’où peuvent-elle venir ? La vie d’où sort-elle ?

Quand on a saisi cela et qu’on pratique au laboratoire l’esprit prend tout son sens. Il est au-dessus de tout comme le compas (Esprit) est au-dessus de l’équerre (matière).

Alors comprenons une foi pour toute que l’esprit scientifique ne peut, pour l’instant, rien comprendre à l’alchimie pas plus que l’esprit des spéculatifs et celui des dogmatiques qu’ils soient politique, scientifique ou religieux. Pour tous ceux-là l’alchimie ne peut qu’être hérétique.  

Je vous laisse méditer sur le compas et le cercle d’Odile En n’oubliant pas que l’eau est notre mère à tous.  

Avec toute mon amitié.

 

 

[1] Les sept antiennes qui se chantent pendant sept jours du 17 au 23 décembre servent comme introduction solennelle à la fête de Noël. Elles commencent toutes par l’interjection O. Elles datent du VI° siècle : O Sagesse; O Adonaï et Chef de la maison d’Israël ; O Rejeton de Jessé ; O Clef de la maison de David; O Orient ; O Roi des nations ; O Emmanuel. Elles glorifient le ventre rond de la Vierge qui va enfanter. De ce fait les Odile (« fille de la lumière ») héritent des mêmes prérogatives (exaltées sur le plan de la créativité et de la mystique dont sainte Odile est la plus illustre représentante. Evidemment cela reste lettre morte s’il n’y a pas un désir d’aller dans ce sens. 

[2] V.I.T.R.I.O.L. sont les initiales de l’expression latine : Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultem Lapidem = Visite l’intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée. Oswald Wrih en donne une interprétation lourdement prisonnière de ses idées préconçues. Ses certitudes le pousse à dire des âneries : « Cette pierre est un symbole essentiellement maçonnique, et il semble que les alchimistes en ait primitivement emprunté l’emblème aux initiés constructeurs. Une pierre n’est pas normalement à sa place dans un symbolisme de métallurgiste… » L’alchimie une métallurgie alors que c’est une biologie ! Et la médecine, ou pierre philosophale réduite à une purification de l’homme sur le plan moral ! Mesurons la dégradation de la Noble Science entre les mains de spéculateur, ce qui justifie amplement sa protection par le secret.

LES AVALEURS DE SABRE

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Vous vous doutez que je ne vais pas vous parler des cirques Pinder et Bouglionne où entre les acrobates et les dompteurs on avale des sabres. En réalité je vais vous parler de la comédie humaine, celle qui nous fait avaler des couleuvres et toutes sortes de joyeusetés.

A l’école nous connaissons ceux qui avalent les connaissances pour les recracher ensuite à l’occasion d’un examen. Les profs appellent ces individus des éponges.

Qui n’a jamais rencontré ce genre d’encyclopédie sur patte ?

Généralement brillant, baratineurs hors pair et obtenant leurs examens avec mention. Certains sont incapables de rédiger, autre que médiocrement, une thèse de doctorat ou un mémoire d’ingénieur. La raison en est que nos éponges doivent chercher, inventer et non recracher.

Avaler et recracher est leur domaine. S’ouvrir au souffle de l’esprit les dépasse.

C’est ce genre d’individu que j’appelle « avaleurs de sabre ». Ils me font penser aux requins qui suivent les bateaux pour avaler  tout ce qui tombe à la mer, de la poubelle au matelot emporté par les flots…

Les avaleurs de sabres n’ont aucune discrimination et sont souvent incapable d’originalité. Ils sont formatés selon les desiderata de notre société ou des divers gourous. Mon maître, l’alchimiste Mgr Roger Caro, les classait dans la catégorie de ceux qui savent tout mais ne comprennent rien.

Si j’écris cet article ce n’est pas pour enfoncer une porte ouverte. C’est pour dire combien les avaleurs de sabre sont légion dans le domaine de la spiritualité. Inutile de vous dire combien il est difficile d’échanger avec eux car leur formatage les ferme à tout échange réel.

Généralement issus du Nouvel Age ou du courant tant prisé de « développement personnel », ils vont, funambulesques, de stages en stages. Bon, c’est leur choix, à cela rien à dire ils sont libres de jeter leur argent par les fenêtres.

Rien à dire ? Certainement pas quand ils affirment œuvrer spirituellement et que leur attitude ne correspond absolument pas à un soupçon de sagesse.

Remarquez que l’on trouve cette attitude fréquemment. L’essentiel n’est pas de la dénoncer mais d’essayer de comprendre pourquoi il en est ainsi. Mettons de coté la psychanalyse de midinette et allons plus loin.

Souvent sont confondu le goût de l’étrange et du mystère avec une recherche spirituelle. Et les individus ayant des dons comme ceux de « voyance » ou de perception des auras se croient élevés spirituellement. Je suis catégorique : ces dons n’ont rien à voir avec l’élévation spirituelle. C’est un don comme celui des maths ou de toute autre chose. La spiritualité c’est un chemin différent qui demande un effort personnel au-delà de notre petite personne.

Le chemin spirituel je l’ai compris en ce sens. Évidemment peut-être est-il possible de le comprendre autrement. Dans ce cas j’aimerais bien savoir comment.

La spiritualité est un chemin UNIVERSEL qui aboutit à un état particulier, et permanent, de conscience. Les anciens parlaient d’illuminés. Évidemment c’était bien avant qu’existe l’aspect péjoratif du terme.

Les bouddhiste zen Japonais parlent de Satori et les chinois de . L’individu ayant atteint sa réalisation est appelé, par les taoïstes, tchen jen ou homme véritable. Car la véritable humanité n’est pas ce que nous sommes habituellement. Elle s’ouvre donc à une autre vision et compréhension du monde que nous retrouvons autant chez les mystiques chrétiens que chez les sages orientaux.

Les avaleurs de sabre affirment qu’ils n’ont point besoin de tout cela pour s’élever spirituellement et jugent cette démarche contraignante et inadaptée. Ils préfèrent parler, rien que parler.

Chacun a ses opinions mais je maintiens que le chemin de la spiritualité ne passe ni par une opinion, ni par le merveilleux, même s’il y accède in fine.

Avec toute mon amitié.